00:04Musique
00:12Fenêtre sur l'emploi pour faire une photographie un peu sombre, noir et blanc,
00:17de la situation des chefs d'entreprise et de leur perte d'activité, de leur arrêt d'activité,
00:22c'est-à-dire de la perte de leur emploi, même s'ils ne sont pas tous salariés, en 2025.
00:26Et j'accueille Hervé Kermarek. Bonjour Hervé.
00:28Bonjour.
00:29Ravi de vous accueillir. Président de l'association GSC, on s'était croisé au MEDEF pendant la REF à Roland
00:34-Garros.
00:34Vous distribuyez des documents aux chefs d'entreprise et là vous avez évidemment une vue globale de la situation.
00:40Les derniers chiffres sont inquiétants, révélés par les échos. 71 000 dépôts de bilan.
00:48Entre autres entreprises qui auraient déposé le bilan ou qui seraient en passe de le faire, c'est une projection
00:53sur l'année 2026.
00:54Ce que la GST constate sur l'année 2025, donc on a un an de décalage, c'est que le
01:00nombre de dirigeants qui ont perdu leur emploi a continué à augmenter.
01:05On avait dit l'année dernière que c'était les pires chiffres et que depuis que l'Observatoire existe et
01:09qu'on finirait bien par arriver sur un plateau,
01:10mais malheureusement nous sommes contredits puisque 61 000 dirigeants qui ont perdu leur emploi, c'est 168 par jour.
01:17Et quand on ramène ça au nombre de salariés qui ont été licenciés, puisque lorsqu'un dirigeant perd son emploi,
01:23c'est qu'il a fermé son entreprise,
01:25c'est plus de 140 000 salariés qui, du fait de la fermeture d'une entreprise, ont perdu leur emploi.
01:31– 73% de ces fermetures d'emploi ou de ces patrons qui mettent la clé sous la porte sont
01:37des TPE, des entreprises de moins de 3 salariés,
01:40c'est-à-dire quoi ? Peu de trésorerie, peu de capacité à résister ?
01:44– Plus fragile, alors d'abord ce dirigeant il a 46 ans, donc il n'est pas si jeune que
01:48ça, il a eu un passé de salarié et puis a décidé de monter son entreprise,
01:53et puis il est dans une phase d'ascension où il a 3 salariés, fait moins de 500 000 euros
01:57de chiffre d'affaires,
01:58donc avec une trésorerie qui est un peu plus fragile, des bons de commande qui le sont tout autant,
02:04et qui sont donc beaucoup plus exposés à des ralentissements d'activité.
02:08Donc en effet, les deux tiers des dirigeants qui perdent leur entreprise sont des entreprises de petite taille,
02:16et ce sont finalement les plus fragiles.
02:17– Un mot, même plusieurs, sur une fois qu'on a fait cette photographie, ce chiffre inquiétant,
02:22puisque vous avez évoqué 61, les échos évoquent 71 000, et les choses risquent d'ailleurs de ne pas aller
02:27en s'améliorant dans les mois à venir.
02:30On fait quoi ? Qu'est-ce que vous proposez ? Parce qu'on se souvient d'Emmanuel Macron qui
02:34avait évoqué l'idée de pouvoir toucher le chômage,
02:36je ne sais pas trop où on en est de cette très belle initiative.
02:39– Non, d'abord il faut redire à tous les dirigeants que lorsque vous vous lancez dans une aventure entrepreneuriale,
02:44vous n'avez pas d'assurance chômage.
02:46– D'accord, ça c'est clair, c'est net.
02:47– C'est rien, vous n'avez rien, c'est-à-dire que vous déposez le bilan, vous sortez du
02:50tribunal de commerce,
02:50vous n'avez que des dettes, vous devez rembourser les emprunts que vous avez contractés pour l'entreprise,
02:55vous êtes généralement caution solidaire sur les emprunts de la boîte, et donc vous vous retrouvez sans aucune ressource.
03:00– Et parfois on a embarqué sa maison aussi.
03:01– La famille, et donc voilà, et quand on a 46 ans, on a des enfants, on est propriétaire.
03:06Donc le premier conseil qu'on donne aux dirigeants, à ceux qui se lancent,
03:09c'est une aventure absolument extraordinaire, mais elle comporte des risques,
03:12et le premier risque c'est de déposer le bilan.
03:15Dans la culture anglo-saxonne, l'échec fait partie de la culture des anglo-saxons,
03:19et eux se préministent de ce risque-là.
03:21En France on dit non, c'est pas possible, ça ne peut pas nous arriver.
03:23– On ne regarde pas.
03:25– 168 par jour se sont retrouvés à la sortie du tribunal de commerce sans ressources.
03:30Donc ce que l'on dit aux dirigeants, c'est que, renseignez-vous sur ce qu'est l'association GAC,
03:36je vous donne deux chiffres, ça coûte 88 euros par mois pour vous garantir un revenu de 2000 euros.
03:42Patron de PME, TPE, je ne suis même pas sûr qu'il arrive à ce niveau de salaire.
03:46Donc si vous cotisez 88 euros tous les mois, si jamais l'aventure entrepreneuriale devait s'arrêter,
03:52vous avez, pendant une durée que vous aurez choisie, un matelas pour rebondir.
03:56Beaucoup de dirigeants, après avoir déposé le bilan…
03:58– Système assurantiel en quelque sorte.
04:00– Exactement, ça vous laisse le temps de réfléchir, de vous poser la question,
04:02de savoir ce que vous allez faire ensuite, soit de repartir salarié, soit de reprendre…
04:07– Ou de relancer.
04:07– Et généralement on relance la boîte d'ailleurs, mais pour le faire, il faut avoir pris un peu de
04:11temps,
04:11il faut être certain que sa famille est à l'abri,
04:14et donc ce système assurantiel, et c'est la mission qui est la nôtre à la GSC,
04:18c'est de dire, il ne faut pas que ce dispositif soit obligatoire,
04:21les dirigeants ont assez de contraintes, mais en revanche vous avez l'obligation de vous renseigner.
04:25Il y a un simulateur, il y a un calculateur sur le site de la GSC,
04:28qui vous permet de regarder en fonction de vos revenus combien ça vous coûte,
04:31faites-le, ça c'est gratuit, ça ne coûte rien, c'est du préventif.
04:35– Je rappelle que la GSC a été créée par le MEDEF, la CPME, l'UDEP,
04:39qui sont trois très grandes organisations qui regroupent l'ensemble de ceux qui ont géré une entreprise.
04:46Avant de nous quitter en quelques secondes, vous êtes inquiet sur les mois à venir ?
04:49– Oui, je le suis, parce que la croissance continue à être extrêmement à tonne,
04:54on voit les tensions géopolitiques, les tensions politiques,
04:56cette incertitude fiscale qui a pesé sur le projet de loi de finances,
05:00et qui en 2025 a mis les entreprises dans un vrai brouillard,
05:05et malheureusement la situation ne s'améliore pas, en tout cas sur le plan géopolitique,
05:09on a une menace du retour de l'inflation, de l'augmentation de la taux d'intérêt,
05:12donc il faut se préméliore d'un risque.
05:14– Merci Hervé Kermarey de nous avoir rendu visite, président de l'association GSC,
05:18avez-vous entendu le conseil du président de GSC ?
05:20Prenez cette assurance, ce paravent qui va peut-être vous aider à rebondir.
05:26– Merci de nous avoir rendu visite et allez jeter un œil sur le site de GSC
05:29avec cette étude qui est passionnante sur ces défaillances d'entreprise.
05:33Merci à vous, merci monsieur le président.
05:35– Merci à vous.
05:35– Merci à Nicolas Juchat évidemment qui m'accompagne dans cette belle émission,
05:38merci à Alexis Hausson, merci à Manny Pézèche à la réalisation,
05:42merci à vous pour votre fidélité, je vous dis à très bientôt, nous sommes en retard, bye bye.
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