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  • il y a 6 semaines
Chaque soir, Hélène Lecomte vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.ir.

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00:00Alors on va le faire ce bond de plusieurs milliers de kilomètres, Sergueï, et prendre la direction de la Corée
00:06du Nord.
00:06Elle a opéré des tirs de missiles balistiques à courte portée.
00:11Ils ont été observés depuis le Japon et depuis la Corée du Sud où se trouve Chloé Borgnon, correspondante de
00:17France 24 dans la région.
00:19On a eu la plupart des informations via le commandement sud-coréen et le Japon
00:24parce que les alliés, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon, font depuis quelques années le choix
00:28stratégique de partager leurs informations en temps réel entre armées
00:33pour pouvoir suivre au plus près ces différents tests balistiques nord-coréens.
00:37La Corée du Sud a également tout de suite condamné ce tir, rappelant qu'il viole les sanctions mises en
00:43place par le Conseil de sécurité de l'ONU contre la Corée du Nord et son programme balistique.
00:48Alors c'est aussi des tirs qui ont lieu dans une période particulière.
00:52C'est-à-dire qu'aujourd'hui à Séoul, les forces armées américaines et sud-coréennes se sont encore entraînées
00:58ensemble pour pouvoir faire des exercices militaires.
01:02Ils vont se terminer ce vendredi. Normalement, ils devaient aller encore pendant une semaine.
01:07Mais c'est à la demande de Donald Trump que les exercices ont été drastiquement réduits dans leur nombre, mais
01:13ceci dans leur durée.
01:14Alors Donald Trump, il a fait ça justement en espérant pouvoir mettre en place une sorte de signe de bonne
01:22volonté envers la Corée du Nord qui considère que ces exercices sont une menace et un message particulièrement hostile contre
01:29la Corée du Nord.
01:30La Corée du Sud, par la voix de son président, s'est voulu plutôt positive.
01:34H. J. Myung a indiqué qu'il respectait les efforts faits par Donald Trump pour tenter de mettre en place
01:40les éléments nécessaires pour une reprise du dialogue avec Pyongyang.
01:44Quand on voit la réaction de la Corée du Nord, il semble que le dialogue soit encore loin.
01:48Et on va voir tout de suite si ce qui s'est passé en Corée du Nord et ces images
01:53qui nous sont parvenues a eu un écho, Antoine Lard, à Washington, puisque, alors le timing n'est peut-être
01:59pas si surprenant que ça,
02:00mais en tout cas, il se trouve que ces tirs ont lieu au lendemain de ces déclarations de Donald Trump,
02:06alors déclarations à Kim Jong-un, mais surtout, surtout d'un Donald Trump qui dit mais oui, je veux le
02:11rencontrer, je veux discuter avec lui.
02:16Oui, exactement. Alors il n'y a pas eu vraiment de réaction aujourd'hui sur ces tirs de missiles nord
02:20-coréens, mais effectivement, Donald Trump, hier, a déclaré qu'il allait rencontrer Kim Jong-un avant la fin de l
02:26'année.
02:26Alors il n'y a pas de date précise qui a été communiquée ni par Donald Trump ni par la
02:30Maison-Blanche, mais selon certains médias américains, cette rencontre pourrait avoir lieu au mois de novembre, alors que Donald Trump
02:35a prévu à ces dates-là d'être en Asie pour le sommet de la PEC.
02:40Alors si Donald Trump veut rencontrer Kim Jong-un, c'est pour une seule et même raison, c'est pour
02:44essayer de le convaincre d'abandonner son arsenal nucléaire.
02:48Donald Trump dit que Kim Jong-un possède 57 armes nucléaires, il dit que ça n'est pas possible, qu
02:52'il faut faire quelque chose.
02:54Alors Donald Trump, ce n'est pas la première fois qu'il tente le coup. En 2018, déjà, il avait
02:58rencontré Kim Jong-un à trois reprises pour parler des nucléarisations.
03:02Ça n'avait débouché sur rien du tout. Au contraire, même à l'issue de ces rencontres, Kim Jong-un
03:06avait accéléré le programme nucléaire de son pays.
03:09Pour autant, malgré cet échec, la première fois, Donald Trump, aujourd'hui, reste convaincu qu'il peut parvenir à ses
03:14fins.
03:15En fait, Trump pense qu'il peut régler un peu tous les problèmes du monde grâce aux bonnes relations qu
03:19'il entretient avec certains dirigeants.
03:21Et justement, il dit qu'il a de très bonnes relations avec Kim Jong-un, que Kim Jong-un le
03:25respecte.
03:26Et c'est peut-être là aussi l'une des motivations de Donald Trump, rencontrer Kim Jong-un.
03:31C'est une façon pour lui de se présenter comme un homme fort, comme un homme respecté, y compris par
03:36les dictateurs les plus dangereux de la planète.
03:38Merci beaucoup Antoine. Depuis Washington, Sergei, vous le disiez, on a l'impression que Donald Trump ne regarde même plus
03:45ce qui se passe en Ukraine.
03:46L'Iran, c'est encore autre chose.
03:49Finalement, la Corée du Nord, il est convaincu qu'il peut amadouer Kim Jong-un.
03:54On va voir qu'il ne faut peut-être pas trop y croire, parce qu'il se passe des choses
03:58aussi en Corée du Nord et qu'il y a eu des réponses qui pourraient laisser entendre que ça ne
04:04va pas être si facile que ça.
04:05Moi, ce que je trouve étonnant, c'est que le dirigeant du pays qui est pour l'instant encore le
04:10plus puissant du monde,
04:11s'abaisse à essayer de flirter avec Kim Jong-un, qui est un dictateur d'un pays qui est pauvre.
04:19Tout le budget va un peu comme à l'époque de l'URSS, la moitié du budget est dans l
04:25'armement.
04:26Pourquoi est-ce qu'il fait ça? J'arrive absolument pas à comprendre.
04:29Si le but est de dénucléariser la péninsule coréenne, je pense qu'il s'y prend très, très, très mal
04:36dans la mesure où il affaiblit sa relation avec la Corée du Sud,
04:40ce qui risque de se produire, c'est que la Corée du Sud va certainement continuer dans la voie qu
04:45'elle a empruntée, je pense déjà,
04:47de s'équiper elle-même d'un arsenal nucléaire. Le Japon pourrait éventuellement faire la même chose.
04:52Donc, tout ce que Donald Trump fait, c'est de bousiller, pardonnez-moi l'expression, un ordre qui avait été
04:58mis en place depuis plusieurs décennies
05:01par les différentes administrations américaines.
05:04Guillaume Ancel, quand même, pour bien comprendre ce dont on parle, on parle beaucoup de missiles sur ce plateau,
05:09mais évidemment, ils sont au cœur de ces conflits.
05:13Ces missiles balistiques à courte portée, ce sont des tirs symboliques pour envoyer un message,
05:21et si oui, pour envoyer quel message?
05:24En fait, c'est une démonstration de force de la Corée du Nord qui, comme le rappelait Ronald,
05:29en fait, est un pays qui n'a absolument aucune richesse, aucune prospérité, aucune force économique,
05:34qui n'a qu'un arsenal militaire à présenter.
05:38Et le fait qu'ils fassent des démonstrations du tir de missiles, honnêtement, n'impressionne pas grand monde
05:43dans le monde occidental et asiatique, puisqu'on sait qu'ils ont cette capacité.
05:48Mais simplement, on a l'impression qu'ils ne peuvent pas dialoguer avec nous autrement que sur des histoires d
05:53'armement.
05:53Maintenant, l'attitude de la Corée du Nord, il faut la relier aux autres conflits.
05:58La Corée du Nord aide de manière très importante, surtout par rapport à ses moyens, la Russie dans sa guerre
06:05contre l'Ukraine.
06:06Or, actuellement, vous voyez bien que Donald Trump est totalement enlisé dans son conflit contre l'Iran.
06:12On est arrivé au bout des 60 jours du protocole d'accord qui devait lui permettre de signer un accord
06:18comme on n'en avait jamais vu avec l'Iran. En fait, il est quasiment l'objet d'un chantage
06:23à la réouverture du détroit d'Hormuz.
06:25Donc le fait qu'à ce moment-là, Donald Trump décide de mettre un coup de projecteur sur la Corée
06:31du Sud,
06:31alors que ça n'a finalement aucun sens dans ce contexte aujourd'hui de parler du problème de la guerre
06:37entre les Corées,
06:39à mon avis, n'est pas sans lien avec le fait qu'il recherche, ou plutôt que Poutine,
06:45Poutine recherche le soutien de la Corée du Nord et donc met un petit peu en difficulté l'alliance historique
06:53qu'il y a entre la Corée du Nord et la Chine. Donc on voit bien qu'il y a
06:56un jeu trouble qui connecte ces conflits,
06:59surtout quand on se souvient que le principal allié de l'Iran, c'est la Russie de Poutine.
07:06Vous avez évoqué cet arsenal nucléaire nord-coréen qui est une de ses forces et qui est montée en puissance.
07:13On va en discuter évidemment ensemble. Mais d'abord, parce que les chiffres diffèrent,
07:17eh bien Julien Migomiler s'est penché précisément sur ce que l'on sait.
07:22Et Julien, vous nous expliquez ce qu'il y a dans cet arsenal dont on parle beaucoup.
07:28Alors déjà, pour bien comprendre, on va poser tout cela avec des chiffres.
07:32Regardez, la Corée du Nord a un peu plus d'un million cent vingt-cinq mille militaires actifs
07:39et un peu moins de dix millions de réservies. C'est tout simplement énorme.
07:43C'est donc la première armée au monde par habitant.
07:47Quarante-neuf militaires pour mille habitants, alors qu'en France, c'est dix fois moins.
07:51On va regarder également les ogives nucléaires.
07:55Selon l'institut indépendant Cypri, la Corée du Nord disposerait de 60 ogives nucléaires
08:01alors que le voisin de la Corée du Nord, donc la Corée du Sud, et l'ennemi évidemment, estime qu
08:06'il y en a 120.
08:07Sauf que pour lancer des ogives nucléaires, il faut quoi ? Il faut des missiles.
08:12Et là encore, les analystes disent que la Corée du Nord disposerait de suffisamment de missiles.
08:18Et il y a deux types qui sont particulièrement scrutés. On va les découvrir ensemble.
08:22Il y a d'abord les missiles, regardez, les missiles balistiques intercontinentaux,
08:27les Wassong-18, les Wassong-19, qui pourraient potentiellement toucher le continent américain.
08:32Et puis il y a également les missiles balistiques de courte portée,
08:34les fameux KN-23 et les KN-24, qui ont été utilisés par la Russie sur le front ukrainien il
08:40y a encore quelques semaines.
08:41– Alors, merci Julien, parce que cela nous permet de savoir d'où on part et de quoi on parle.
08:46Et j'ajoute que l'Ovarine, elle nous rejoint également dans ce débat.
08:51Il y a une montée en puissance de cette menace nucléaire nord-coréenne ?
08:57– Oui, enfin, disons que la menace nucléaire nord-coréenne, ça fait quelques années qu'elle existe.
09:01Mais en revanche, les vecteurs, donc les missiles qu'elle utilise, sont effectivement de plus en plus perfectionnés.
09:06Et ça, c'est en grande partie dû à l'aide de la Russie, depuis le début de la guerre
09:11en Ukraine notamment.
09:12En contrepartie de cette aide massive militaire en hommes, en matériel qui est fournie par la Corée du Nord,
09:17la Russie paye en quelque sorte cette aide à Pyongyang,
09:20bien évidemment en espèces seulement détribuchantes et aussi en pétrole, mais surtout en technologie militaire.
09:25Et donc on voit effectivement les vecteurs, les missiles, notamment les missiles intercontinentaux nord-coréens,
09:30s'améliorer en fait, avec des technologies de plus en plus perfectionnées.
09:33On parle aussi éventuellement de sous-marins, enfin, il y a une idée en Corée du Nord d'essayer de
09:39lancer un sous-marin
09:39qui pourrait porter lui aussi des missiles.
09:41Donc on voit bien qu'effectivement, cet arsenal nord-coréen, il monte en puissance avec l'aide de la Russie
09:46et surtout il permet du coup à Pyongyang d'avoir une approche beaucoup plus assertive, on va dire, au niveau
09:51international.
09:51C'est sans doute aussi la raison pour laquelle ils se permettent de tenir la tragédie haute à Donald Trump.
09:54– Lovarinelle, la menace a changé d'échelle, cette menace nucléaire nord-coréenne ?
09:58– Pas ça en termes de capacité, puisque en fait, la Corée du Nord, depuis les essais qu'on avait
10:07suivis dès 2017,
10:09ça fait maintenant presque dix ans, on avait constaté cette capacité par la réussite d'un essai nucléaire.
10:16Quand bien même la puissance des armes, on reste sur des armes de destruction massive, ne sont pas équivalentes,
10:23et ça il faut le rappeler, à celles que les États dotés possèdent, il faut rappeler, à mon sens,
10:30le vrai changement, c'est les changements de posture et de doctrine de 2022 et de 2023,
10:35où effectivement en 2022, la doctrine nucléaire s'est élargie dans les conditions d'emploi, ça c'est dangereux.
10:42Ensuite, en 2023, on a une inscription du statut d'État nucléaire dans la constitution nord-coréenne,
10:48qui dit un mot très fort, c'est que tout simplement, on peut employer l'arme nucléaire
10:54dès lors qu'il y a ce qu'on appelle, dans un acte préhentif, dès qu'il y a un
10:58sentiment d'attaque,
10:59donc on est sur quelque chose de subjectif, un sentiment d'attaque de la personne de Kim Jong-il,
11:05ou de Kim Jong-il, excusez-moi, ou du régime.
11:10Donc vous avez une sanctuarisation dans le cadre de la constitution de tout le système nord-coréen actuel.
11:17Et puis vient ce point doctrinal, renforcé à mon sens, et c'est ça qui est intéressant,
11:23c'est la guerre en Iran.
11:24La guerre en Iran, elle dit quoi ?
11:26Elle dit, vous avez un État qui est soupçonné de proliférer,
11:30il est capable de se faire attaquer de manière radicale par la puissance mondiale la plus forte.
11:37Et là, il faut rappeler aussi que les nord-coréens n'ont pas été silencieux.
11:42Il y a eu plusieurs essais, il y a eu des déclarations de la Corée du Nord
11:47qui disaient qu'attention, on ne va pas se laisser faire alors que les missiles a teniaient uniquement Téhéran.
11:52Donc moi, ce que j'essaye de comprendre, c'est pourquoi Donald Trump décide aujourd'hui
11:57d'envoyer un message presque, je ne vais pas dire de fraternité,
12:00mais une forme de rapprochement.
12:02À mon sens, la question de la dénucléarisation n'est pas loin,
12:06mais elle est aussi très transactionnelle, voire de coût.
12:09Il a aussi envoyé un message à la Corée du Sud en disant,
12:13écoutez, en fait, nous on dépense de l'argent pour vous défendre,
12:16mais nous, quand on avait besoin d'aide dans le cadre du conflit en Iran,
12:20vous ne nous avez pas aidés.
12:21Et Donald Trump considère que la Corée du Nord de 2018 est la même de 2026.
12:26Comme l'Iran d'ailleurs, les choses ont changé, le monde a changé,
12:30ces deux pays ont changé et leurs postures ont changé.
12:33Et là, la rédition des exercices militaires d'accompagnement,
12:37enfin en co-exercice avec la Corée du Sud,
12:42ce n'est pas une disparition de l'alliance, mais c'est un effritement de cette alliance.
12:45Et ce qui est assez étonnant, c'est qu'ils ne demandent pas de contrepartie
12:48avant même de pouvoir négocier.
12:50Donc le geste américain est étonnant, mais il n'est pas rassurant.
12:54Et j'ai envie de dire qu'il reproduit les mêmes erreurs avec l'Iran
12:57dans une méthode adoptée de la Corée du Nord.
13:00Et la Corée du Nord, par la voix de la sœur, pour le coup, du guide suprême,
13:05a dit non mais en fait, tout votre gesticulation ne nous intéresse pas.
13:08Vous, les Américains, demeurez une attaque structurelle et existentielle pour nous.
13:13Et c'est comme ça qu'il faut comprendre, à mon avis, les tirs qui ont été envoyés.
13:17L'ovarinelle, on entend, Ronald Atos posait la même question il y a quelques minutes sur ce plateau.
13:22Vous dites pourquoi Donald Trump fait-il cela ?
13:25On est quand même loin, et c'est une puissance avec laquelle il va falloir compter en fait,
13:29c'est ce qu'on comprend, on est quand même loin du petit état voyou.
13:32C'était le qualificatif qu'utilisait l'administration Bush.
13:36Alors on est dans les années 2000.
13:39On n'en est plus du tout là, même dans le regard.
13:44Alors certes, c'est l'administration Trump, c'est Donald Trump, on peut dire ce qu'on veut,
13:47mais dans le regard que porte l'administration américaine sur la Corée du Nord.
13:51Je pense qu'il faut décorréler le personnage Trump vis-à-vis de la politique américaine et de la Corée
13:56du Nord,
13:57et de la relation que Trump voudrait poursuivre,
14:01encourager dans une certaine mesure avec le dirigeant, le dictateur nord-coréen.
14:05Il faut décorréler ça.
14:06L'idée de pays voyou d'exit, l'administration Bush Junior, il y a un peu plus de 20 ans,
14:12demeure à mon avis tout à fait vraie et opérante, encore dans une bonne partie, large partie, voire pire,
14:18de l'administration américaine, de leaders américains, de politiques américains,
14:23et dans toutes les composantes, j'allais dire, politico-administratives américaines.
14:26Ce qui est différent là, c'est pour ça que je parlais de décorrélation, c'est la figure Trump.
14:31C'est la théâtralisation de la politique, la théâtralisation de la diplomatie.
14:36Il y a probablement beaucoup à faire dans cette affaire de relations aujourd'hui,
14:43a priori affichées entre les Etats-Unis et Corée du Nord,
14:45avec la relation interpersonnelle Trump-Kim Jong-un,
14:48où Trump souhaiterait avoir la poursuite d'un affichage avec le dictateur,
14:53avoir une poignée de main, avoir les caméras du monde tourner vers cette éventuelle poignée de main.
14:58Déjà vu trois fois. La dernière fois, c'était en 2019.
15:03Ils se sont vus eux-mêmes dans la zone qui sépare les deux Corées.
15:10C'est le premier président américain, d'abord à l'avoir rencontré,
15:15et puis à insister pour le rencontrer à nouveau.
15:18Ça vous faisait réagir, Sergei, sur cette position de Donald Trump,
15:24alors qu'on peut se dire que peut-être que s'il se rend compte, Kim Jong-un arriverait plutôt
15:28en position de force.
15:29Vous savez, moi je suis d'accord qu'il faut vraiment se rendre compte que Donald Trump,
15:37c'est quelqu'un qui n'a rien compris dans trois pays,
15:41c'est-à-dire dans la Russie, l'Iran et la Corée du Nord.
15:44Il n'a rien compris.
15:44Et la Chine.
15:45– La Chine, un peu moins, parce qu'en fait c'est un grand pays,
15:52la grammaire n'est pas pareille avec la Chine.
15:55Il y a un différent commercial, il y a les relations qui sont presque,
16:01qui au point de vue commerciaux, commercial, peuvent être normales.
16:06Mais avec ces trois pays qui sont les pays bandits, en fait, sur les gangsters,
16:13et en fait il a compris que, par exemple, pour la Corée du Nord,
16:17il parle de dénucléariser ce pays.
16:21Il n'a pas compris que ce pays qui a fait introduire dans la Constitution
16:24le fait de posséder l'arme nucléaire et de sanctuariser cette arme nucléaire
16:29parce que ça sanctuarise le régime de Kim et de ses descendants
16:37que ce pays-là ne peut pas faire marche arrière.
16:41Et Trump, c'est toujours la même chose qu'avec…
16:43Vous vous souvenez quand il a dit
16:45« Je peux régler la question de la guerre en Ukraine en 24 heures ».
16:48Il croyait qu'il suffit de décrocher le téléphone avec Poutine et Zelensky,
16:53la question est réglée.
16:54La même chose avec l'Iran, la même chose avec la Corée du Nord.
16:57La même chose avec l'Iran parce qu'il ne comprend pas
17:00que la République islamique qui existe depuis 47 ans ne peut pas changer.
17:08Il y a des institutions qui ne sont pas les institutions qu'il comprend.
17:12Et donc il ne comprend pas.
17:14Ces institutions s'en fichent du deal que Trump leur propose.
17:19Les Nord-Coréens s'en fichent du deal qu'ils leur proposent
17:21parce que ce sont les régimes idéologiques.
17:24Et en fait, Poutine, c'est exactement pareil.
17:26Et donc, en fait, il nous reproduit les mêmes fautes.
17:31Et comme il y a des conflits qui sont interconnectés,
17:34le conflit en Iran, il y a les Russes qui soutiennent les Iraniens.
17:38Donc Trump, il y a 20 heures, il y a 21 heures, il y a 22 heures,
17:42a annoncé qu'il mettait les sanctions
17:47et que n'importe quel pays qui va aider l'Iran va tomber sous les sanctions.
17:51La Russie est de l'Iran, la Chine est de l'Iran.
17:54Est-ce qu'il va attaquer Poutine ?
17:56Enfin, il va dire que Poutine, c'est quelqu'un qui viole.
18:00En fait, parce que Poutine a donné leur enseignement
18:03pour que les Iraniens attaquent les soldats américains.
18:06Poutine a livré les armes aux Iraniens.
18:08Les Iraniens ont livré les armes au Poutine.
18:10Les Nord-Coréens, etc.
18:11Et en fait, Trump ne comprend pas tout ça.
18:15Et Pyongyang fournit aussi, on l'a vu,
18:18on a vu ce nouveau missile dont on a parlé,
18:20fournit aussi la Russie.
18:22Donc on est dans des interactions permanentes, Ulrich Bounin,
18:27et on va retrouver, Guillaume Ancel est toujours avec nous,
18:29on va le retrouver dans un instant également.
18:30Oui, mais effectivement, les difficultés rencontrées par la Russie
18:35dans sa guerre en Ukraine l'ont forcé à se tourner de plus en plus
18:37et à dépendre au moins temporairement d'alliances avec des États un peu pariades,
18:42notamment l'Iran et la Corée du Nord,
18:44mais qui du coup, effectivement, avaient des capacités militaires à lui fournir
18:46à un moment où la Russie en avait besoin.
18:48Elle avait besoin d'un million d'obus.
18:49La Corée du Nord lui en a fourni.
18:50Elle a eu besoin des hommes pour faire la différence dans le blast de Kursk.
18:54Elle les a obtenus.
18:54Elle manquait de drones kamikazes.
18:56Elle les a obtenus auprès de l'Iran.
18:57Donc effectivement, et en contrepartie,
18:59elle a permis de renforcer ces pays,
19:01notamment grâce à ces transferts de technologies.
19:03Mais là où c'est d'autant plus surprenant par rapport à l'attitude de Donald Trump,
19:06c'est que son approche n'a pas marché en 2018.
19:09Déjà en 2018, il avait annulé les exercices militaires
19:13qui ont été réduits cette année pour essayer d'amadouer Kim Jong-un.
19:17Ça n'a pas fonctionné.
19:18C'est lui qui a coupé court aux négociations
19:22en disant la dénucléarisation, pas question, on s'arrête.
19:25Et ça ne marchera encore moins maintenant
19:28parce que la Corée du Nord est plus forte aujourd'hui
19:30qu'elle ne l'était en 2018-2019.
19:32Il y avait une crise économique relativement grave en Corée du Nord à cette époque-là.
19:35Il y a eu le Covid ensuite qui a complètement...
19:38Le pays s'est complètement refermé sur lui-même.
19:40Et donc effectivement, il est ressorti extrêmement faible.
19:42Depuis 2022, il a eu une aide russe
19:43qui lui a permis véritablement de redécoller économiquement.
19:47Et donc du coup, en fait...
19:47Un PIB annuel.
19:49Voilà.
19:49Et donc en fait, si vous voulez,
19:50Kim Jong-un a encore moins d'intérêt de négocier aujourd'hui
19:52qu'il n'en avait en 2018.
19:54Guillaume Ancel, on peut quand même se dire
19:56que tout ça ne peut pas passer sous le nez de Donald Trump
20:00sans que son administration ne le voie.
20:02Ce n'est pas possible que ça lui échappe.
20:06Non, ça ne peut pas lui échapper.
20:08Mais il ne faut pas sous-estimer le côté diversion du dossier coréen
20:14pour Donald Trump.
20:16On sait qu'il est en difficulté sur un certain nombre de sujets
20:19aux États-Unis actuellement.
20:20Il prépare les élections de mi-terme, de mi-mandat aux États-Unis.
20:24Ça se passe très très mal, y compris à l'intérieur du Parti républicain
20:27qui lui reproche notamment sa guerre contre l'Iran,
20:30dont personne ne comprend ce qu'il voulait faire
20:32et dont probablement lui-même, Donald Trump,
20:35ne savait pas ce qu'il voulait faire réellement en Iran.
20:37Et donc le fait que d'un seul coup,
20:39il oriente le projecteur vers la Corée,
20:41alors qu'il n'y avait pas de raison objective,
20:43c'est ce qu'on a dit sur ce plateau,
20:44il n'y a pas de sujet qui disait qu'il fallait parler de la Corée aujourd'hui,
20:48c'est assez étonnant.
20:50Et pour moi, c'est aussi, entre autres,
20:53un sujet de diversion pour Donald Trump.
20:54– Alors le projecteur, justement, j'aimerais que nous,
20:57nous le braquions sur un visage,
20:59on va le voir sans doute, c'est le visage d'une jeune femme.
21:03Un visage et des mots, elle s'appelle Kim Yo-yong,
21:06voilà ce qu'elle dit,
21:07elle dit ce retournement soudain est un désastre mérité,
21:10elle parle de la réduction de la durée des exercices communs
21:13avec la Corée du Sud,
21:15causée par les illusions et la conception de sécurité irréaliste
21:20et anachronique des autorités sud-coréennes.
21:22Mais la suite est aussi intéressante,
21:24leur maître mot,
21:26– Qui suivent aveuglément leur maître.
21:28– Voilà, les autorités sud-coréennes, pardon,
21:29qui suivent aveuglément leur maître,
21:33il ne faut pas, leur maître c'est très clair,
21:35c'est les Etats-Unis.
21:36– D'a fait.
21:36– Donc, et les mots ne sont pas choisis au hasard.
21:39Ce n'est pas quelqu'un qui s'exprime beaucoup.
21:40– Non, et puis tout de suite après la déclaration de Donald Trump,
21:44elle a dit, on n'en a même pas entendu parler, nous.
21:46Donc, comment un monsieur qui a un égo surdimensionné,
21:52qui est narcissique, peut tolérer de se faire répondre de la sorte
21:56par la sœur du dictateur nord-coréen ?
21:58– Moi, je suis sidéré par,
22:01et comme Guillaume Ancel le disait tout à l'heure,
22:04il essaie de détourner l'attention,
22:05mais il s'y prend très, très mal.
22:07S'il avait voulu détourner l'attention,
22:09il me semble qu'il aurait dû choisir peut-être
22:11d'amadouer les Danois avec le Groenland
22:14ou de parler gentiment aux Canadiens.
22:17Ce n'est pas parce que j'ai l'accent canadien
22:18que vous comprenez ce que je veux dire.
22:20Si vous voulez détourner l'attention d'un fiasco,
22:23vous n'en créez pas un deuxième.
22:25C'est ce qu'il est en train de faire ici.
22:26Il se fait ridiculiser par ces gens qui sont,
22:30comme je le dis, les représentants d'un pays
22:33qui est dans la misère noire depuis 70 ans, 80 ans.
22:37– Mais c'est peut-être elle qu'il aurait fallu amadouer aussi
22:39parce qu'elle est très influente.
22:40C'est elle qui gère les relations extérieures,
22:44donc avec la Corée du Sud
22:45et avec les États-Unis.
22:47Et on a quand même le sentiment,
22:49alors peut-être sous des dehors un peu plus engageants,
22:51on la voit plus fréquemment sourire,
22:55elle est peut-être encore plus dure que son frère ?
22:57– En tout cas, elle est issue de la même dynastie,
22:59elle a eu la même formation,
23:00donc il ne faut pas en attendre à quelqu'un
23:02d'être un peu moins inflexible.
23:03Et effectivement, c'est la voix de la Corée du Nord
23:06au niveau international,
23:07donc tout ce qu'elle dit est complètement synchronisé,
23:09validé avec son frère.
23:11Mais dans cette déclaration,
23:12moi je retiens surtout une autre qu'elle a dit
23:14où grosso modo elle dit
23:15si les États-Unis estiment que cette mesure,
23:17donc en l'occurrence la réduction des exercices militaires,
23:20donc si les États-Unis estiment que ça
23:21sera considéré comme de la bonne volonté,
23:23ils n'obtiendront pas le résultat espéré.
23:25Donc le message est relativement clair,
23:27c'est que ça ne suffit pas en fait.
23:28Donc on voit bien que la Corée du Nord
23:30s'estime en capacité de faire monter les enchères
23:33et grosso modo de dire à Donald Trump
23:34si vous voulez vous rencontrer avec mon frère,
23:37il n'y a aucun problème,
23:38en revanche il faut faire plus que ça.
23:39Et plus que ça,
23:40ça passe probablement dans l'esprit
23:42des gens à Pyongyang
23:43par un affaiblissement en fait
23:45de l'aide militaire
23:46et de la posture de défense américaine
23:48vis-à-vis de la Corée du Sud.
23:49Et ça c'est extrêmement grave
23:50pour la Corée du Sud et le Japon
23:51et toute la zone.
23:52Et pour les États-Unis aussi.
23:53Oui, c'est un jeu de dupes.
23:55On a quand même,
23:56et je vous écoute,
23:57et les questions que vous soulevez
23:59et les réflexions que vous faites,
24:01je me dis,
24:01en fait ils sont en train de rouler
24:02complètement les États-Unis dans la farine.
24:04En tout cas,
24:05ils cherchent à garder l'initiative
24:06et ils le démontrent.
24:08Comme les Iraniens.
24:08Et ils accélèrent le tempo,
24:09ils le ralentissent
24:10et ils relancent une initiative.
24:11Ce qui fait que,
24:12effectivement,
24:13avec les errances Trump,
24:15là les Nord-Coréens
24:16dans une certaine mesure
24:17s'en amusent.
24:19Je ferai juste un léger retour en arrière.
24:21Il y a eu une visite de Xi Jinping,
24:23le président chinois,
24:25après avoir rencontré Trump
24:27à la mi-mai dernier,
24:28puis Poutine
24:29qui s'est rendu une nouvelle fois à Pékin.
24:31Et début juin,
24:32début juin,
24:33Xi Jinping,
24:33c'est la première fois,
24:34se rend à Pyongyang,
24:37ce qui est un signal politique
24:39et géopolitique
24:39très très fort.
24:41Dans la foulée,
24:42les autorités russes,
24:42idem,
24:43se sont rendues
24:44et on se sont entretenues
24:46avec les autorités nord-coréennes.
24:48Et après,
24:48un peu plus tard dans l'été,
24:50pas si loin de nous maintenant,
24:51fin juillet, début août,
24:52un des personnages très importants
24:54du parti communiste chinois
24:55qui n'est autre que Wang Huning,
24:57qui est un peu le double
24:58dans l'ombre de Xi Jinping,
25:00s'est lui-même rendu à Pyongyang,
25:02tout ça étant source ouverte,
25:03avec une équipe resserrée
25:04de gens du parti un peu militaire,
25:07mais surtout du parti communiste,
25:08pour s'entretenir directement
25:09avec le suprême leader
25:10de Corée du Nord.
25:11Donc, quelque part,
25:12il y a toute cette séquence
25:14qui précède les errances de Trump,
25:16les égarements de Trump,
25:17et puis la volonté américaine
25:19de se dire,
25:20bon, il faut qu'on réagisse
25:20et qu'on essaye de reprendre
25:22et de retrouver du protagonisme
25:23sur l'Asie du Nord-Est,
25:25alors même que nous avons
25:26nos alliances politiques
25:27indo-pacifiques
25:28et les alliances politico-militaires
25:30avec le Japon,
25:30avec la Corée du Sud.
25:32– La Chine,
25:32qui est un soutien économique
25:34indispensable et important
25:35pour la Corée du Nord,
25:37l'Ovarinel,
25:38mais avec qui les relations
25:40étaient un peu plus compliquées
25:42puisque la Chine avait voté
25:43des sanctions
25:43au Conseil de sécurité de l'ONU,
25:46dont elle est membre permanent
25:49concernant notamment
25:50ce sujet du nucléaire.
25:52Et là,
25:52vous l'évoquiez,
25:53en effet,
25:54cette visite,
25:55en grande pompe,
25:56comme toujours,
25:56en Corée du Nord,
25:57de Xi Jinping
25:59à Pyongyang.
26:01– Oui,
26:02mais je pense qu'en fait,
26:03on s'attarde
26:04et à raison,
26:04on essaye de comprendre,
26:06et je l'entends,
26:07Ronald Attof faisait la question
26:08de comment cet homme
26:10Donald Trump
26:11a pu en arriver là.
26:13Et autant sur l'erreur,
26:15on n'a pas compris,
26:16on commence à ne toujours
26:16pas comprendre
26:17ce qu'il fait,
26:18ou plutôt la logique stratégique
26:20dans le cadre
26:21d'une dénucléarisation,
26:22parce que c'est bien
26:23l'objectif,
26:24c'est d'arriver
26:25à avoir le moins
26:26d'États possibles
26:27dotés de l'arme nucléaire
26:28et moins menaçants.
26:29Il y a deux points importants
26:30pour nos téléspectateurs.
26:31Je rappelle
26:32qu'à la différence
26:33de tous les autres États,
26:34qu'ils soient dotés
26:35ou possesseurs,
26:36donc les États dotés,
26:37ce sont les États
26:37qui ont l'arme nucléaire
26:38dans le cadre du TNP,
26:39ils sont cinq,
26:40ils siègent au Conseil permanent
26:42des Nations Unies,
26:44et vous avez les États
26:45non dotés,
26:46enfin les États possesseurs,
26:47pardon,
26:47donc on a Israël,
26:51l'Inde,
26:52le Pakistan,
26:53potentiellement un jour
26:54l'Iran,
26:55mais on a la Corée du Nord.
26:56Et la Corée du Nord,
26:57dans sa doctrine,
26:59c'est le seul pays
27:00qui affirme
27:00pouvoir frapper,
27:02donc c'est la fameuse
27:02frappe préemptive,
27:04frapper le premier
27:05parce qu'on estime
27:05que l'attaque adverse
27:07est imminente.
27:08Ça,
27:08c'est le changement
27:09structurel,
27:10le glissement de 2022
27:12qui est alarmant,
27:13sur lequel rien n'a été
27:15vraiment poussé
27:17par Donald Trump
27:18depuis son arrivée au pouvoir.
27:20Il vient aujourd'hui,
27:21et qu'est-ce qui change ?
27:22En réalité,
27:23pour les Nord-Coréens,
27:24ils lisent le message,
27:26entre guillemets,
27:27des Iraniens.
27:27C'est l'Iran qui change
27:29la lecture de Pyongyang
27:30en disant que,
27:31en réalité,
27:32l'offensive contre l'Iran
27:34montre à Kim Jong-un
27:36qu'on est capable
27:38de subir
27:40des violences
27:41et des frappes
27:42sur des installations
27:43stratégiques
27:44par un commandement
27:46alors qu'il n'y avait
27:47pas de précédent.
27:48Et lui,
27:49il a mis en place,
27:50donc le régime nord-coréen
27:51met en place
27:52effectivement
27:53tout un tas
27:55de signalements,
27:56de postures
27:57menaçantes.
27:57L'objectif,
27:58et ça,
27:58ça a été très bien dit
28:00tout à l'heure,
28:00c'est effectivement
28:01réduire la présence
28:03américaine
28:03à Séoul.
28:04Et Séoul,
28:05aujourd'hui,
28:06n'a pas un contentieux,
28:07mais on va dire que
28:08les États-Unis
28:09de Donald Trump,
28:10alors moi,
28:10je suis d'accord
28:10sur la décorrélation,
28:12mais aujourd'hui,
28:12malheureusement,
28:12les deux sont liés.
28:13Et en tout cas,
28:14Donald Trump considère
28:15que c'est un trou
28:16de défense
28:17et peut-être
28:18que s'il laissait
28:20un peu de marge
28:21de manœuvre
28:21en faveur
28:22des nord-coréens,
28:23ça lui reviendrait
28:24moins cher
28:24pour une fausse stabilité.
28:26Moi,
28:26je crois qu'il se trompe,
28:27je crois qu'il nous met
28:28en danger,
28:29mais je crois
28:29que c'est bien,
28:30c'est très bien
28:31ce qui se passe
28:31dans sa tête.
28:32Donald Trump
28:33nous a montré
28:33que les alliances,
28:34ça n'intéressait pas.
28:35C'est le rapport humain,
28:36le rapport transactionnel,
28:37le rapport d'homme fort
28:39à homme fort
28:39qui parfois,
28:40nous,
28:41analystes,
28:42acteurs,
28:42on regarde ça
28:43de manière sidérée
28:43et c'est bien le danger.
28:44Et à la fin,
28:45vous avez un paradoxe,
28:46c'est inquiéter Séoul
28:48et tous les autres États
28:49qui jouaient le jeu
28:50du traité de non-prolifération
28:51et qui s'interrogent
28:52aujourd'hui en disant
28:53peut-être qu'il faudrait
28:54qu'on ait notre arme nucléaire.
28:55Et aujourd'hui,
28:56dans la presse
28:57de la Corée du Sud,
28:58on s'interroge
28:59en sachant que
29:00cette question a toujours
29:01été dans les débats,
29:02mais aujourd'hui,
29:03plus que maintenant,
29:04la question de
29:04peut-être que notre allié
29:06n'est pas si notre allié
29:08que ça
29:08et qu'il faudrait peut-être
29:09poser la question
29:10de cet armement-là.
29:11Moi, en tant qu'expert
29:12sur cette question-là,
29:13ça m'inquiète
29:14puisque l'objectif
29:15de la dénucléarisation,
29:16c'est ne pas de faire
29:17paniquer nos alliés,
29:18les gens que nous sommes
29:19censés garantir
29:20et protéger
29:21parce que nous avons envie
29:22de réduire des coûts
29:23ou changer,
29:25on va dire,
29:26j'allais dire,
29:28divertir
29:29ou changer l'attention
29:30d'un probable échec
29:31en Iran
29:32pour aller essayer
29:33d'obtenir une victoire
29:34qui n'y arrivera pas.
29:36On ne dénucléarisera pas
29:38la Corée du Nord
29:39car aujourd'hui,
29:40l'arme nucléaire,
29:41c'est une cause existentielle
29:44pour les Nord-Coréens
29:45et ça,
29:45ça ne changera pas.
29:46Merci beaucoup,
29:47Lovar Inel
29:48et on voit en effet
29:49que vos positions
29:50se rejoignent
29:51sur ce plateau,
29:53sur ce sujet.

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