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Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
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##VV_PARLER_FRANCE-2026-04-14##

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Transcription
00:00Bienvenue dans les vraies voix font parler la France, tous les soirs du lundi au jeudi de 19h à 20h
00:04sur Sud Radio.
00:05Bonsoir François-Louis Bourneau.
00:06Bonsoir Philippe David, nous ne sommes qu'au début de la semaine et je suis quand même content de vous
00:10retrouver.
00:10Moi aussi, jour après jour, heure après heure, minute après minute.
00:14Et puis quand je vois les sujets que les auditeurs nous proposent, et surtout quand ils nous proposent d'en
00:18parler le lendemain, c'est encore plus fou.
00:21Absolument, on a parlé des retraites hier soir, vous nous aviez contacté sur les réseaux sociaux, c'était Caroline,
00:26et ce matin, René m'a contacté parce qu'il veut réagir sur les retraites, parce que vous avez été,
00:32il faut le dire, très nombreux à appeler hier soir et on n'a pas pu prendre tout le monde.
00:36Absolument Philippe, puisque hier, on le disait, plus de la moitié des retraités, selon un sondage, seraient prêts à baisser
00:42leur pension de retraite.
00:43Alors, vous êtes retraité, vous êtes peut-être bientôt retraité, vous êtes actif et le sujet des retraites vous inquiète.
00:49Eh bien, prenez la parole 0826 300 300 Philippe, et puis après on aura un autre sujet aussi que vous
00:54nous avez suggéré.
00:56Oui, un sujet sur l'hyperviolence des jeunes, on devait en parler hier, mais vu le nombre d'appels sur
01:01les retraites, on n'en a pas parlé.
01:03Alors évidemment, on voulait parler de cette vidéo qui a fait le buzz ce week-end.
01:07Bad buzz.
01:08Le bad buzz, oui, de ce prof tabassé, il n'y a pas d'autre mot, linché comme vous voulez,
01:12dans un lycée de Montpellier.
01:14Mais là, on a parlé lors du premier débat de ces deux jeunes de 15 et 12 ans qui sont
01:19pour le premier en garde à vue,
01:20le deuxième s'étant retenu judiciaire, je crois, parce qu'il est trop jeune pour être en garde à vue,
01:25suite à la mort d'un gamin de 13 ans, d'une balle dans la tête, ce qui laisse complètement
01:29pantoire.
01:30Alors, vous êtes parent, votre enfant aurait fait ça, comment auriez-vous réagi ?
01:33Jusqu'où un parent est responsable selon vous ?
01:37Eh bien, vous pouvez nous le dire, 0826 300 300, ça sera notre deuxième sujet.
01:41Mais tout de suite, Marcel qui veut nous parler des retraites, Philippe.
01:44Non, c'était René.
01:45René, bonsoir René.
01:47Bonsoir René.
01:49Oui, bonsoir à toutes, bonsoir à tous.
01:52Bienvenue, bienvenue.
01:53On vous écoute justement sur ces retraites.
01:55Vous avez voulu prendre la parole, donc allez-y.
01:59Oui, je souhaite m'exprimer en réponse à l'intervention ce matin sur Sud Radio
02:04du sémillant ministre macronien, M. Kasparian.
02:08Absolument, Guiseau-Pasigari, Kasparian, absolument.
02:10Par rapport à deux volets de son intervention sur les retraites et sur sa création d'un mouvement
02:17politique désigné liberté, tout en restant à l'intérieur du parti présidé par M. Attal.
02:23On reste donc dans le même temps comme il se doit.
02:26Il faut rester dans le même temps.
02:27Les retraites.
02:29Il faut encore, dans cette intervention, on oublie de dire que le régime Arco Agir du privé
02:37est excédentaire de plusieurs milliards, très convoité par Bercy, évidemment,
02:41et également le dispositif complémentaire de retraite pour le public, le préfond, qui fonctionne bien et se porte bien.
02:52Le ministre macronien propose de supprimer l'indexation...
02:57Ex-ministre, il n'y est plus, hein.
02:59Il n'y est plus.
02:59Alors, l'ancien ministre macronien propose de supprimer l'indexation des retraites au-dessus de 1300 euros mensuels.
03:08Une fois encore, c'est les classes moyennes qui seraient pénalisées,
03:12alors que les escroqueries à l'échelle industrielle ne sont pas éliminées.
03:17Je rappelle que les déclarations de décès ne sont pas corrélées avec les caisses de retraite.
03:24Résultat, nous avons des centaines en France et en Afrique de centenaires.
03:29Il y a de quoi quand même se poser la question.
03:33Voilà ce que je souhaitais dire ce soir sur les retraites.
03:37Par contre, s'agissant de la politique politique, je constate que la création de ce mouvement en liberté par cet
03:47ancien ministre macronien
03:49préfigure une belle tactique, c'est-à-dire qu'on va pouvoir disséminer la Macronie de droite et de gauche
03:58pour créer une coalition qui, par définition, est hétéroclite pour s'opposer au camp souverainiste.
04:06Voilà ce que je souhaitais dire ce soir sur Sud Radio.
04:09Alors, René, restez avec nous parce que vous avez soulevé mille doigts où ça fait mal, on aime bien ça.
04:15Je crois qu'on a Olivier qui est avec nous, François-Louis.
04:17Tout à fait, bonsoir Olivier.
04:19Bonsoir.
04:20On vous laisse, d'une part, réagir à ce que disait René, puis prendre la parole aussi sur ce qui
04:24vous tient à cœur.
04:24Parce qu'il y a un point que René a soulevé dont on n'a pas parlé hier soir.
04:28C'est vrai que les retraites du privé sont très excédentaires, à l'agir Carco,
04:31que l'État d'ailleurs aimerait bien aller mettre un peu la main dans la poche, si vous voyez ce
04:36que je veux dire.
04:37Est-ce qu'il n'y a pas un vrai problème qui se pose pour les retraites ?
04:39On entendait des gens hier qui avaient travaillé dans le privé et qui avaient des retraites de misère.
04:42Est-ce qu'il ne faudrait pas tout remettre à plat, notamment entre privé, public, régime spécial et tutti quanti
04:49?
04:49Mais bien sûr que oui.
04:51Bien sûr que oui, parce qu'il y a un gros problème et je trouve ça scandaleux.
04:55Il dit par exemple, j'ai un ami qui travaillait à l'EDF qui a pris sa retraite.
04:58Six mois avant son départ à la retraite, de 1800 euros, il est passé à 2800 euros de salaire.
05:04Il dit ça ne sert à rien pour la retraite.
05:06Mais il me dit si, parce qu'elle est calculée sur les six derniers mois.
05:09Absolument, dans l'information publique.
05:11Mais c'est une honte.
05:12Parce que, je parle de l'EDF, mais il y en a d'autres.
05:16Il n'est pas tout.
05:17La fonction publique, c'est sur les six derniers mois.
05:19Et je vous coupe.
05:20Depuis la réforme baladure de 93, c'est 25 ans pour le privé.
05:24Voilà, moi on m'a pris 25 ans.
05:27Moi, en plus, dans le BTP, c'est bien connu.
05:30On touche des faux salaires.
05:33Ce sont les déplacements, des indemnités comme ça,
05:36qui ne sont pas prises en compte pour la retraite.
05:39C'est-à-dire que moi, je pars à la retraite, je vais gagner 3500 euros.
05:42Et on me donne 1400 euros.
05:44Ah oui, mais c'est fou ça.
05:46Ben oui.
05:47Donc, je me révolte.
05:49Je lui dis, mais pourquoi les gens, ils touchent...
05:53Mon regretté beau-père, par exemple, qui travaille dans la police.
05:56Dans la police, il a arrêté.
05:58Il a pris sa retraite à 51 ans.
06:00Oui.
06:00À l'époque, ça faisait pouvoir se faire.
06:02Il n'a pas plus de temps à la retraite qu'au travail.
06:04Oui, ça c'est...
06:05Et tout c'est bien.
06:06Donc, je n'ai pas compris pourquoi, dans ma jeunesse, on me disait,
06:10on va te prendre les 10 années.
06:12Après, ça a été les 12 années.
06:14Et maintenant, c'est les 25 années.
06:17Il y a des trucs que je ne comprends pas du tout et qu'on ne peut pas comprendre.
06:21Moi, le gars à l'EDF, il gagne 1008.
06:24Il fait 2008 pendant 6 mois et sa retraite est basée sur 2008.
06:28C'est un scandale.
06:29Alors, Olivier, restez avec nous.
06:31On va reprendre René.
06:33René, c'est bien là.
06:34J'ai deviné où vous vouliez mettre le doigt.
06:36C'est-à-dire que le système de retraite français, il est totalement inégalitaire.
06:41Notamment entre le public et le privé, régime spéciaux et régime standard.
06:44Ce qui explique pourquoi il y a des gens qui vivent avec une retraite de misère en France aussi.
06:49Oui.
06:51Il est exact que les régimes sont très, très différents.
06:59Et une mise à plat, finalement, on n'a jamais réussi à le faire.
07:05Souvenez-vous, toutes ces années de discussion sur les retraites,
07:09ce qui prouve bien que ceux qui tiennent le manche gardent le manche
07:14et ne se soupcient absolument pas de l'intérêt général.
07:19Ça, c'est un vrai sujet.
07:22Qu'est-ce que vous voudriez faire ?
07:23Parce qu'aujourd'hui, on avait eu un livre blanc sur les retraites.
07:27Ça date de l'époque où Michel Rocard était Premier ministre.
07:30Donc, ça date un peu.
07:31Et la réaction de cette aide.
07:32Michel Rocard avait dit, il y a de quoi faire sauter 10 gouvernements là-dedans.
07:36On ne peut rien faire.
07:38Est-ce que quelque part, aujourd'hui, on peut encore sauver le régime de retraite ?
07:41Olivier, ou est-ce qu'on ne paye pas, finalement, pratiquement 40 ans de lâcheté des politiques ?
07:46Je me souviens de Mitterrand, disant peu de temps avant de quitter le pouvoir,
07:50les retraites, ce ne sera pas équilibré.
07:51Je l'ai faite à 60 ans.
07:53Ce sera à mes successeurs de gérer.
07:56Ah oui, non, mais c'est clair que personne n'a osé toucher aux retraites.
08:00De Mitterrand jusqu'à aujourd'hui, personne n'a osé toucher à la retraite.
08:05Parce qu'on risque de soulever les foudres, les gens.
08:08Mais, alors, je comprends que le mec qui travaille à EDF ou fonctionnaire,
08:13il dise, mais moi, je ne suis pas d'accord qu'on touche à ma retraite.
08:17Mais moi, je ne suis pas d'accord.
08:20Pourquoi ?
08:21Moi, de 3 500, je suis passé à 1 400.
08:24Là, il y a un problème, le calcul n'est pas...
08:27N'est pas juste, entre 6 mois et 25 ans, c'est strictement anormal.
08:32Mais c'est complètement anormal, oui.
08:34Et ce n'est pas normal que les gouvernants n'interviennent pas,
08:39dire, attendez, là, il y a quelque chose qui ne va pas,
08:41on va mettre tout le monde à 15 ans, on n'en parle plus.
08:44Et celui qui n'est pas content, c'est pareil.
08:45À un moment donné, ils savent augmenter le carburant,
08:49ils savent faire des nouvelles taxes.
08:51Mais ça, on ne peut pas y toucher.
08:53Je ne sais pas pourquoi, parce que les carburants,
08:55personne n'a bronché.
08:57Les gilets jaunes à 1,50€ qui descendent dans la rue,
09:01à 2,40€, il n'y a personne qui bronche.
09:03Je ne sais pas, on a eu des... je ne sais pas.
09:08Restez avec nous, on doit faire une courte pause, François-Louis.
09:11Tout à fait, mais ce sujet des retraites continue de vous faire réagir.
09:15Et ça sonne, ça sonne à 08-526-300-300.
09:17On aura Cédric de Nice dans quelques minutes.
09:20On se dit à tout de suite.
09:2319h20, les vraies voix font parler la France.
09:25Pour des vraies voix font parler la France,
09:27cette émission libre antenne où tout est permis.
09:30C'est vous qui faites le programme, c'est vous qui réagissez.
09:33C'est Juliane qui prendra votre appel au 08-526-300-300.
09:38Maxime, notre excellent réalisateur, qui vous mettra à l'antenne.
09:41Et on aura le plaisir, François-Louis et moi-même, de débattre avec vous.
09:44J'allais vous dire, imaginez une émission
09:46où les auditeurs peuvent prendre la parole et dire ce qu'ils veulent.
09:48Enfin, ce qu'ils veulent, du moment que c'est constructif, bien sûr.
09:50Absolument.
09:51Eh bien, ça s'appelle les vraies voix font parler la France.
09:53Vous pouvez vous-même prendre votre téléphone
09:54et nous appeler si vous avez quelque chose à dire.
09:5708-526-300-300, on est là jusqu'à 20h avec Philippe.
10:00Et on a dit qu'on accueille Cédric de Nice.
10:02On tient nos paroles.
10:03On accueille Cédric de Nice sur le sujet des retraites.
10:05Bonsoir, Cédric.
10:06Bonsoir, Cédric.
10:07Bonsoir.
10:08Alors, on vous écoute.
10:09Avec plaisir.
10:11Vous avez entendu René et Olivier.
10:12Qu'est-ce que vous en pensez ?
10:14Moi, je pense que la retraite par répartition,
10:18telle qu'on est connue aujourd'hui,
10:20certes, a des difficultés,
10:21mais qu'il faut quand même faire ce qu'on peut pour la préserver.
10:24Ça reste quand même une des plus belles inventions
10:26et un des plus beaux acquis sociaux que la France ait fait.
10:30Oui.
10:31Et eu, également.
10:34Moyennant, évidemment,
10:35certains retours à une certaine égalité, aussi,
10:38vis-à-vis, effectivement,
10:39vous l'avez évoqué, au niveau des régimes spéciaux.
10:42Oui.
10:42Et cependant, je pense, également,
10:44qu'il y a intégré une part de capitalisation,
10:49de faire en sorte que les gens puissent,
10:51eux-mêmes, également,
10:52que ce soit par des investissements propres ou autres,
10:56faire leur propre retraite,
10:58ou, tout simplement, également,
11:01permettre aussi aux gens d'avoir une certaine culture économique,
11:04de savoir comment on bâtit une retraite,
11:06comment on investit pour l'avenir d'avoir 20, 30, 40 ans.
11:10C'est quelque chose, également,
11:11qui manque gravement, je pense, à notre pays,
11:14à notre système éducatif.
11:16Et que si on avait cette petite appétence-là,
11:19si on arrivait à inculquer ces choses-là,
11:21même dès les jeunes générations,
11:23ça pourrait changer pas mal de choses.
11:26Alors, vraie remarque.
11:27Alors, c'est vrai que ce que vous soulevez, Cédric,
11:29c'est que, par exemple,
11:31vous seriez plutôt, vous,
11:32pour développer les plans d'épargne retraite,
11:34l'épargne salariale dans des entreprises,
11:36ou les fonds de pension,
11:37comme ça existe dans la fonction publique,
11:40parce que l'après-fonds, finalement,
11:41c'est des fonds de pension.
11:44Oui, alors, moyennant.
11:45Alors, pas à l'américaine, j'allais dire,
11:48parce que souvent, en même temps,
11:50les politiques, par l'exemple des Etats-Unis,
11:52c'est pas du tout là,
11:53parce qu'on connaît aussi les dérives
11:55de ces fonds de pension-là.
11:57Mais quelque chose de plus encadré
11:59qu'ils peuvent avoir, oui, tout à fait.
12:01Moi, je suis complètement favorable à ça.
12:03Restez avec nous, Cédric.
12:04On va accueillir Marie de Paris,
12:05qui souhaite aussi prendre la parole
12:07sur les retraites.
12:08Bonsoir, Marie.
12:09Bonsoir, Marie.
12:11Bonsoir, je suppose que c'est de moi qu'on parle ?
12:13Ah, c'est de vous, Marie, oui.
12:16Voilà.
12:17Bon, moi, je voulais dire simplement,
12:19je voulais parler des retraites.
12:21Je voulais dire simplement
12:22que j'étais pas du tout d'accord
12:23qu'on nous ratiboise encore les retraites.
12:28La mienne a été diminuée
12:31d'une vingtaine d'euros.
12:33Je ne sais pas pourquoi.
12:35Alors, ça peut être une hausse de CSG
12:37ou de CRDS,
12:38et 20 euros, ça part très vite, hein ?
12:41Oui, oui, mais bon, voilà, quoi.
12:44C'est 20 euros, plus, chaque fois.
12:46Et il faut quand même pas...
12:48Ce que je voulais dire,
12:49c'est qu'il faut quand même pas oublier
12:52que la première fois,
12:53à sa première élection,
12:55la première chose qu'a faite Macron,
12:58c'est d'augmenter la CSG
13:00des retraités de 7 points.
13:02Or, ça a occasionné une manifestation
13:08à laquelle je suis allée.
13:10Et maintenant, il faut qu'on se défende
13:13bec et ongle pour qu'ils ne piquent pas
13:16le matelas de la Gire Carco,
13:20qui a un matelas parce que la Gire Carco
13:24est bien gérée.
13:25C'est clair, c'est les retraites complémentaires
13:27du secteur privé,
13:28comme le disait René, d'ailleurs.
13:30Voilà.
13:31Et puis, ce que je voulais dire aussi,
13:34ça, je ne sais pas,
13:35personne n'en parle,
13:36mais en 1995,
13:40moi, j'ai marché pendant trois semaines
13:42parce que tout le pays était bloqué,
13:46parce que Juppé voulait faire
13:48une réforme des retraites
13:49qui ne plaisait pas
13:50à tous ceux qui ont des bénéfices
13:56dans le secteur public.
13:57Excusez-moi, on pense aux régimes spéciaux
13:59parce que la SNCF,
14:00c'est elle qui a surtout bloqué le pays
14:02pendant trois semaines, un mois,
14:03parce qu'il voulait s'en prendre
14:04au régime de retraite de la SNCF
14:06qui était très, très, très favorable
14:08et très, très, très déficitaire.
14:10Oui, mais enfin,
14:11il n'y avait pas que la SNCF,
14:12il y avait la RATP.
14:14Voilà.
14:14Moi, j'habitais à côté de Pigalle
14:16et je travaillais à Ballard.
14:18Je faisais le trajet tous les jours,
14:21le matin et le soir.
14:23Et j'étais éducatrice de deux enfants.
14:26Et pendant la journée,
14:27il fallait que je m'occupe des petits-enfants.
14:30Eh bien, je suis désolée.
14:31Ça, je ne l'ai pas oublié.
14:33Et je vous assure que quand il a cédé,
14:36Juppé, j'en ai pleuré.
14:38Parce que je me suis dit,
14:39t'as marché, ma pauvre amie,
14:41trois semaines pour rien.
14:43Voilà.
14:43Et donc,
14:45c'est...
14:47Je trouve qu'il faudrait que
14:49tout le monde soit au même régime.
14:53Voilà.
14:54Tout le monde soit au même régime.
14:56Ça, c'est un vrai sujet.
14:57Tout le monde, tout le monde.
14:58Oui, il y en a qui veulent réagir.
14:59J'ai entendu Olivier ou René.
15:01Je crois que c'est Olivier.
15:03Oui.
15:03On vous écoute, Olivier.
15:04Vous êtes d'accord avec Marie et Cédric ?
15:06Mais bien sûr.
15:08Tout le monde devrait être pareil puisqu'on cotise pareil.
15:10Donc, je ne vois pas pourquoi il y en a qui vont profiter plus que d'autres.
15:13Alors, je vous arrête.
15:14Je vous arrête.
15:14On ne cotise pas tous pareil.
15:17Et souvent, le privé, il cotise plus et touche moins.
15:19Oui.
15:21Non.
15:21Bon, moi, je ne sais pas.
15:23Vous savez, les politiques aussi.
15:26Je discutais avec les politiques et ils me disaient, nous, on touche le double.
15:32Les années qu'on fait, ça compte au double parce qu'on a un régime spécial.
15:35Alors, il a été réformé, celui des députés et des sénateurs.
15:39Alors, avant, il était plus que favorable.
15:43J'avais écrit un chapitre dans un de mes livres là-dessus, mais c'était il y a 20 ans
15:45ou 15 ans.
15:46C'est vrai que pour un mandat de 5 ans, un député avait de mémoire 1548 euros de retraite
15:51et qui était plafonné à 4 mandats, ce qui faisait plus de 6000 euros de retraite pour 20 ans de
15:57travail,
15:58ce qui était royal.
15:59René, vous vouliez réagir à ce que disaient Cédric et Marie et Olivier ?
16:03Oui, moi, en ce qui me concerne, j'ai cotisé à 16% sur l'Agir de 1964 à 2006.
16:12Alors, bien sûr, quand on cotise à 16% pendant plus de 40 ans,
16:17on a quand même un résultat qui est tout à fait logique et normal.
16:22Mais le fond du problème, il me semble ailleurs,
16:26puisque sur un plan sociologique, vous avez tous entendu,
16:32et moi, je l'ai entendu pendant des années et des années,
16:35des gens qui me disaient, j'ai choisi l'administration
16:39parce que je suis sûr d'avoir une retraite
16:41et je suis sûr que ma retraite sera calculée sur les derniers mois.
16:47Donc, si vous voulez, il y a là quand même une question
16:50qui est à la fois sociologique et structurelle en France.
16:54Des gens ont choisi d'aller dans un secteur pour la retraite.
16:58Il y a tout un débat là-dessus quand même.
17:01Ah, vrai sujet, vrai sujet.
17:03Cédric, qu'est-ce que vous en pensez ?
17:05Il y a plein de sujets.
17:08Effectivement, alors vous parliez de la SNCF.
17:10Quand la SNCF a mis en place son avantage,
17:12notamment lié à la retraite,
17:15c'était effectivement à une époque où personne ne voulait y travailler
17:17et où pour pouvoir attirer des talents,
17:19ils avaient mis en place ce système-là.
17:21C'était aussi...
17:21Alors, le système de retraite avait été mis en place à la SNCF
17:24parce qu'il mourrait très jeune,
17:26notamment les conducteurs de locomotive à vapeur,
17:28parce qu'ils faisaient avec le foyer de locomotive
17:31800 ou 1000 degrés en face
17:33et moins 20 ou moins 30 dans les zones froides
17:35avec le vent d'hiver
17:36et que les pauvres hommes ne faisaient pas de vieux eaux.
17:39Et vous aviez aussi les poseurs de rails
17:44qui travaillaient également
17:45et d'ailleurs où certains même travaillaient avec la miante
17:47et tout bordel.
17:48Donc, ça a été en fait un incitateur, on va dire,
17:54à attirer les gens pour venir travailler
17:56dans des conditions qui étaient extrêmement compliquées.
17:58Dieu merci, ça a bien changé depuis.
18:00Il n'y a pas que ce métier-là qui était compliqué.
18:02Oui, c'est vrai.
18:03Pardon ?
18:04Allez-y Marie, allez-y, répondez à Cédric.
18:07Moi, je ne comprends pas qu'on pose ce genre de questions.
18:12Ils parlent des conducteurs...
18:17Alors là, ça, je suis d'accord.
18:19Quand ils étaient obligés de travailler avec le charbon...
18:21Et porter des tonnes de charbon par jour.
18:23Voilà.
18:24Alors ça, je suis tout à fait d'accord.
18:26Mais enfin, quand même, ils ont reçu la prime de charbon
18:30alors que le charbon n'existait plus depuis longtemps dans les trains.
18:34D'une part...
18:34Mais elle a été supprimée il y a longtemps.
18:36Elle a été supprimée il y a longtemps.
18:38Le dernier train à vapeur, c'était en 1974
18:40et elle a été supprimée quelques années plus tard, je crois.
18:43Mais il y a très longtemps.
18:44Et puis, comment...
18:47Et bon, il y avait l'amiante, etc.
18:50Mais il n'y a pas que ceux de la SNCF
18:52qui travaillaient avec de l'amiante et tout.
18:54C'est surtout le bâtiment qu'il y a à se faire de l'amiante.
18:56Et ceux-là, ils n'avaient pas la retraite à 54 ans.
18:57Voilà, c'est tout.
18:59Vous avez tous ceux qui étaient à l'Alethunel
19:01avec Roussour et Caténard
19:02qui étaient suivis à l'amiante.
19:04Mais dans tous les cas,
19:06Dieu merci, ça a changé les conditions de travail.
19:08Heureusement.
19:08Bien évolué et heureusement.
19:10Mais je pense que le fond du problème...
19:13Alors, lié à la retraite par répartition,
19:15le problème n'est pas, pour moi, en tout cas, économique.
19:17Il est démographique.
19:19Ça, c'est vrai.
19:20À un moment, ça a été mis en place,
19:22si je me trompe pas, par le général de Gaulle.
19:24À un moment où il y avait 4 travailleurs pour un retraité.
19:27Et aujourd'hui, on est à moins de 2 travailleurs pour un retraité.
19:30Donc, on va voir.
19:32On va vers un problème.
19:33Ah, mais ça, c'est clair.
19:34Mais excusez-moi, comme c'est de la démographie,
19:37c'est à très long terme
19:38et c'était très, très, très largement anticipable.
19:42Le seul problème, c'est qu'il fallait avoir du courage politique.
19:45Merci à vous tous.
19:47Le sujet peut encore réagir,
19:48mais on va varier les débats.
19:50Les plaisirs et surtout les sujets,
19:51puisque hier, on vous avait promis de parler des violences,
19:54notamment des violences des jeunes, c'est le thème,
19:55mais surtout les violences envers les professeurs,
19:57puisque vendredi, un professeur a été agressé
20:00et mis à terre par plusieurs élèves de lycée.
20:02C'est quand même assez choquant.
20:03Donc, si vous êtes enseignant,
20:04mais aussi si vous êtes parent d'élève,
20:06et que ça vous choque,
20:07que vous sentez une violence montée
20:09du côté des plus jeunes,
20:10des jeunes adolescents, des adolescents,
20:11et bien 0800 26 300 300,
20:13vous êtes déjà très nombreux à nous avoir appelés.
20:15On prend toujours vos appels jusqu'à 20h avec Philippe.
20:17A tout de suite.
20:1919h20, les vraies voix font parler la France.
20:22Sud Radio, les vraies voix font parler la France.
20:26Philippe David.
20:27Les vraies voix font parler la France
20:29avec ce sujet qui vous fait encore et toujours beaucoup réagir.
20:33Les retraites, c'est vrai qu'il y a un gros débat sur l'inégalité au niveau des retraites,
20:38qu'il y a un vrai sujet au niveau de l'indemnité, de la pension qu'on a.
20:44Parce que quand on entendait hier certains de nos auditeurs
20:46qui nous parlaient de retraite à 614 ou à 952 euros,
20:50ça fait peur et on se dit comment est-ce qu'on peut arriver à vivre dans ces conditions ?
20:55Comment est-ce qu'on peut arriver, je ne dirais même pas vivre,
20:57à survivre dans ces conditions ?
20:59Mais on va parler d'un autre sujet, François Louis,
21:02dont on devait parler hier soir,
21:04mais dont on n'a pas pu parler pour cause de très très nombreux appels sur les retraites.
21:08C'est la violence des jeunes.
21:10Alors, la violence des jeunes, on en a parlé dans les vraies voix,
21:12en première partie,
21:13où là c'était carrément assassinat ou meurtre.
21:17Il y a eu une enquête en cours d'un gamin de 13 ans par des gamins de 15 ans
21:22et 12 ans.
21:23Parce qu'il a pris une balle en pleine tête ou en plein visage.
21:25Il y a des coups de marteau dans le visage.
21:27Pour un maillot de football, ça c'était à Strasbourg.
21:30Absolument.
21:30Alors ça c'est absolument incroyable.
21:33Et on n'arrive pas à croire comment des jeunes peuvent être aussi violents.
21:36Et puis il y a aussi cette vidéo.
21:37Vendredi, c'était vendredi dernier,
21:39un enseignant qui a été sanctionné,
21:40après avoir été filmé giflant en élève dans les coureurs du lycée Jules Guet de Montpellier.
21:45Et dans la foulée de la gif,
21:46ce prof, qui était prof de physique d'ailleurs,
21:48a été frappé par l'élève giflé.
21:50Ainsi, qu'un de ses camarades, devant d'autres élèves qui ont filmé la scène,
21:54c'est vraiment d'une grande violence Philippe.
21:56Et puis, il y a des chiffres qui sont assez importants sur cette violence des jeunes.
21:59Puisque 81% des Français jugent que les parents sont responsables des crimes
22:03et délits commis par les enfants de moins de 18 ans.
22:05C'est un chiffre extrêmement élevé.
22:06Ce qui a d'ailleurs augmenté,
22:07comparé à un dernier sondage qui avait été fait en fin d'année dernière.
22:10D'ailleurs, vous avez des enfants qui ont été victimes de violences
22:14au collège, au lycée, dans la rue, etc.
22:17Vous êtes enseignant,
22:18vous êtes parent d'élève,
22:19vous voulez témoigner de ce que vous avez vu,
22:21de ce que vous voyez,
22:22de ce que vous constatez.
22:23Ou même 0826-300-300,
22:25si pour vous, la violence envers les professeurs devient banalisée,
22:29si on ne fait plus attention à ça,
22:31et que ça vous fait réagir,
22:32que ça vous indigne,
22:32et bien vous connaissez le numéro 0826-300-300.
22:35Tiens, on a Nathalie qui est avec nous.
22:37Bonsoir Nathalie de Lessonne.
22:38Bonsoir Nathalie.
22:39Nathalie, d'ailleurs, vous êtes membre du corps enseignant,
22:42puisque vous êtes professeur d'anglais au lycée.
22:45Racontez-nous un petit peu,
22:46quand vous entendez des professeurs qui se font taper,
22:49qui sont filmés,
22:50est-ce que ça vous fait peur ?
22:51Est-ce que ça vous indigne ?
22:52Où en est-on actuellement de votre côté ?
22:54Les deux.
22:55Ça me fait peur et ça m'indigne.
22:57Je suis ulcérée.
22:59C'est tous les jours, maintenant.
23:00Non, c'est de la simple insulte,
23:02de la menace,
23:04avec un mélange de prosélytisme,
23:06de communautarisme,
23:09de racisme.
23:11C'est à eu et à d'idées, en fait.
23:12Ça part dans tous les sens.
23:13Parce qu'en fait, Nathalie,
23:14je pense que malheureusement,
23:16vous avez déjà été témoin de scènes peut-être d'altercation
23:18entre élèves et professeurs,
23:20ou entre élèves et entre eux,
23:20mais ça a malheureusement toujours existé.
23:22Oui, oui, pas hier.
23:23Ça part comment ?
23:25Vous allez nous raconter, tiens, justement.
23:26Ça part d'où, en fait, ces violences ?
23:28Ce sont des mésententes ?
23:29Ce sont des problèmes,
23:29comme on l'avait dit,
23:30de racisme.
23:31Expliquez-nous.
23:32Mais c'est des problèmes d'éducation.
23:34D'éducation, d'accord.
23:35Déjà, il y a un ton de voix.
23:36Il y a une manière de parler.
23:37Il y a un phrasé.
23:38Il y a toujours l'esprit de victimisation.
23:41Il y a toujours,
23:43moi, je veux avoir le dernier mot.
23:44Et je parle beaucoup.
23:46Et je ne baisse pas les yeux.
23:47Il y a une éducation.
23:48Il n'y en a pas.
23:49En fin de compte,
23:50comme il n'y a pas de cadre,
23:51eh bien, on se permet tout.
23:54Nathalie, vous êtes prof depuis combien d'années ?
23:5730 ans.
23:58Donc, en 30 ans,
24:00vous êtes une prof d'expérience.
24:02Est-ce que vous avez vu la situation se dégrader
24:06année après année,
24:07où d'un seul coup,
24:08il y a eu une rupture à une année XYZ ?
24:11Et pourquoi, dans ces cas-là ?
24:12Ni là, ni l'autre.
24:13En fin de compte,
24:14les 15 premières années ont été formidables.
24:17Après, ça s'est dégradé fortement sur 10 ans.
24:21Et là, j'ai fait le point avec mes collègues,
24:22justement, parce qu'ils ont été agressés sur 5 ans.
24:25D'accord.
24:26Et donc, 15 ans magnifiques,
24:2810 ans une grosse chute,
24:29et les 5 dernières années,
24:31de caribes dans Silas, c'est ça ?
24:32Un calvaire, oui.
24:35Et je vous pose une question,
24:36vous n'êtes pas obligé de répondre,
24:38je sois très clair.
24:39Vous avez, vous, déjà été agressé,
24:41verbalement ou physiquement,
24:43par un ou des élèves ?
24:44Ah oui, bien sûr.
24:47Menaces, intimidations,
24:49ils ont fait tourner des vidéos,
24:51ils ont appelé au djihad,
24:52on était trois collègues.
24:54Ensuite, ils ont pris une chaise
24:56et ils ont voulu l'acheter vers moi,
24:57mais ils m'ont acheté contre le mur,
24:58donc j'ai eu une peur dingue.
25:01Ben oui.
25:02Mais c'est fou.
25:03Je suppose,
25:04et d'ailleurs, ça doit sûrement être le cas,
25:05vous en discutez entre professeurs,
25:08c'est un manque de sécurité,
25:10quand même, pour vous.
25:12Est-ce que des choses sont faites ou pas du tout ?
25:13On vous laisse un petit peu
25:15seul face à ce genre de violences
25:17qui augmentent ?
25:18Comment ça se passe ?
25:19Pratiquement zéro soutien.
25:20D'abord, zéro soutien de l'institution,
25:22d'ailleurs du rectorat.
25:23Le pas de vagues ?
25:24Le pas de vagues.
25:25Et en ce qui concerne les directions,
25:28pratiquement zéro soutien.
25:30Et donc, en fin de compte,
25:31on vient de réaliser,
25:32parce qu'on vient de se voir hier,
25:34un burn-out chez nous incroyable.
25:37Alors, restez avec nous, Nathalie,
25:39parce qu'il y a beaucoup de réactions.
25:400826, 300, 300.
25:41On va aller du côté du Gard,
25:43puisqu'on a Sarah,
25:44qui est elle aussi professeure de français,
25:46mais cette fois-ci au collège.
25:47Bonsoir Sarah.
25:48Bonsoir Sarah.
25:50Bonsoir à toute l'équipe.
25:51Et vous, dans le Gard,
25:52vous êtes à côté de Montpellier,
25:54c'est un département limitrophe.
25:56Vous connaissez le lycée
25:58où cette agression d'un prof s'est passée ?
26:00Il a une mauvaise réputation ?
26:01Bonne réputation ?
26:02Vous avez vu la vie ?
26:04Plutôt bien cotée ?
26:05Il est très connu.
26:06Non, il n'a pas spécialement
26:07une mauvaise réputation.
26:08Mais vous savez, maintenant,
26:09avec la massification,
26:12la quantité d'élèves
26:13et le manque d'encadrement,
26:16toutes ces choses
26:16ne devraient jamais arriver.
26:17Il n'y a pas d'encadrement,
26:19il n'y a pas assez de surveillance aussi.
26:20Donc, si vous voulez,
26:21ce type de violence est ordinaire,
26:23même dans des établissements
26:24qui sont...
26:25Moi, je suis dans un établissement
26:26pas particulièrement violent
26:27et j'ai eu trois incidents
26:30en 15 ans.
26:31et j'en ai eu autant
26:32que quand j'étais dans les banlieues
26:33au Sacognais,
26:34à Paris,
26:35et dans le Garo aussi.
26:36Donc, si vous voulez,
26:37c'est une violence générale maintenant.
26:38Il faut bien comprendre ça.
26:40Et comme Nathalie,
26:41ça fait combien d'années
26:42que vous êtes prof ?
26:43Un petit paquet d'années aussi,
26:44vu votre expérience ?
26:45J'ai 60 ans.
26:46J'ai 60 ans.
26:47D'accord.
26:48Donc, ça fait plus de 30 ans
26:49que vous êtes prof ?
26:50Oui.
26:5035 ans à peu près ?
26:52Non, j'ai commencé à 21 ans.
26:54Donc, je peux vous dire que...
26:55Ah oui, donc quasi 40 ans.
26:57Donc là, on peut dire
26:57que vous avez de l'expérience.
26:58Vous avez fait le même constat
27:00que Nathalie
27:01en voyant les choses se dégrader ?
27:04Complètement.
27:04Mais ce qui est dommage,
27:05et on remercie beaucoup
27:06Sud Radio
27:07de bien vouloir nous donner la parole,
27:08c'est qu'on n'a pas parlé de tout ça.
27:10On a mis le couvercle
27:11sur la marmite
27:12pendant des années.
27:13Et maintenant, on s'étonne
27:14du fait que nous,
27:15on signale depuis plus de 30 ans.
27:16Il y a une aggravation progressive.
27:19Comme dit Nathalie,
27:20notre hiérarchie
27:21ne nous suit absolument pas.
27:22Et quand on porte plainte...
27:23Moi, j'en ai marre.
27:24Maintenant, je porte plainte
27:25directement à la gendarmerie.
27:26La plainte est classée
27:27par le procureur.
27:28Moi, j'ai été tirée
27:29de ma voiture
27:30et battue à coups de pied.
27:32Des parents d'élèves
27:33m'ont mis un couteau
27:34sous la gorge.
27:35Un élève m'a balancé
27:36une élève dessus
27:37et m'a tordu des cervicales.
27:39A chaque fois,
27:40il ne se passe strictement rien
27:41et c'est limite
27:42si on ne va pas porter plainte
27:43contre vous.
27:44Et votre plainte est classée
27:45même au tribunal.
27:46Donc, le respect de l'enseignant,
27:47ça commence déjà
27:48par les institutions
27:49qui doivent nous respecter
27:50quand même.
27:51Les institutions,
27:52mais vous l'avez dit aussi,
27:53peut-être les parents
27:54qui, au final,
27:55n'ont aucune influence
27:56sur ce genre d'événement
27:58et de comportement,
27:59il n'y a pas d'autorité
28:00de la part des parents.
28:01Ils ont même tendance
28:02à défendre, au final,
28:03les actes commis
28:04par leurs enfants,
28:05n'est-ce pas ?
28:06Tout à fait, tout à fait.
28:07Moi, la mère
28:08dont l'enfant
28:09m'a brutalisé
28:11a porté plainte
28:11contre moi quand même.
28:14Et pour quel motif ?
28:16Couser blessure ?
28:18Mauvais traitement ?
28:19Quand on dépose une plainte,
28:20il y a une raison.
28:22Oui, parce que j'ai eu
28:23un geste de défense
28:24et donc, malheureusement,
28:26ma main,
28:27parce que je me suis retournée,
28:27ma main a effleuré l'enfant.
28:29Alors, c'était un crime majeur.
28:31Sachant que moi,
28:31j'ai eu les trois jours quittés.
28:32C'est digne du tribunal pénal
28:33international de l'AL.
28:34Ah, mais au minimum.
28:36Et mon chef d'établissement
28:37voulait me sortir de chez moi
28:38alors que j'étais en arrêt maladie
28:39parce qu'il n'avait pas le courage
28:40d'affronter la mère
28:41qui était radicalisée
28:42et qui nous disait
28:43« Ah là, s'occupe
28:43de l'éducation de mon fils,
28:45l'éducation nationale
28:46n'a pas à s'en occuper
28:47pour vous dire le genre de choses
28:48à quoi on a à faire. »
28:49Oui, non mais c'est fou.
28:50C'est fou, c'est fou.
28:51Restez avec nous,
28:52Sarah et Nathalie,
28:53parce que vous voulez
28:55prendre la parole.
28:56Et on va aller du côté
28:57du Tarn avec Sophie
28:59qui a composé
28:59le numéro magique,
29:01le 08126 300 300.
29:02Que vous aussi, d'ailleurs,
29:03que vous soyez chez vous
29:05en train de rentrer du travail,
29:06vous pouvez le composer
29:07pour prendre la parole.
29:0808126 300 300.
29:09Bonsoir, Sophie.
29:10Bonsoir, Sophie.
29:12Bonsoir à tous les deux.
29:14Vous êtes professeur de français,
29:16pardon, au collège,
29:17tout comme Sarah d'ailleurs.
29:18Et ça vous fait réagir,
29:20ça vous indigne peut-être
29:21ce qu'on est en train de dire
29:22justement au sujet
29:23des violences
29:23envers les professeurs.
29:25Alors, je ne suis pas du tout
29:26professeur de français.
29:27Ah, oula, alors,
29:28j'avais cette info,
29:29autant pour moi.
29:30Voilà, donc j'avais fait part
29:31à votre collaboratrice.
29:33Voilà, du fait que
29:34ça ne rentre pas
29:35dans le cadre
29:36de mon intervention
29:37de ce qui s'est dit
29:38précédemment.
29:39Mais ça peut être intéressant
29:40à d'autres égards.
29:41En fait, moi,
29:42j'ai enseigné
29:43pendant plusieurs années
29:44en tant que chargée de cours
29:45dans une faculté.
29:46D'accord.
29:47J'étais au niveau
29:48licence de langue.
29:51D'accord.
29:51Donc, première à troisième année.
29:55Donc, moi,
29:56ce que j'ai remarqué
29:57dès le départ,
29:58alors à part un niveau
29:59absolument abyssal,
30:01catastrophique,
30:03mais catastrophique,
30:04c'est pas le sujet
30:05d'aujourd'hui.
30:08et ce que j'ai constaté,
30:10c'est en fait,
30:10c'était la chronique
30:11d'un désastre annoncé.
30:12Parce que déjà,
30:14je rentrais de l'étranger
30:15à l'époque,
30:15donc ils me disaient,
30:16bon, c'est bien,
30:16la faculté,
30:17je vais avoir une classe,
30:18des étudiants
30:20déjà majeurs,
30:21donc qui me sont intéressés,
30:22impliqués,
30:23mon oeil,
30:24c'était,
30:25je faisais du babysitting
30:25en fait.
30:27Et...
30:28Donc, c'est fou
30:28parce que c'est de bac
30:29plus 1 à bac plus 3, là.
30:31Oui,
30:32et je vous confirme
30:32que je faisais du babysitting.
30:34Sur une classe de 30,
30:35qu'il y en avait,
30:35dès que je rentrais,
30:36j'étais capable de dire,
30:37bon, celui-là,
30:38celle-là, celle-là,
30:39bon, il y a 4 ou 5
30:40qui vont s'en sortir
30:40qui sont intéressés,
30:41qui sont pas mal.
30:42Le reste,
30:43bon,
30:43c'était pas porté
30:45de jugement de valeur,
30:46mais ils n'avaient rien à faire.
30:47En fait,
30:48ils étaient là
30:48pour avoir un diplôme
30:49parce qu'ils se sentaient
30:52investis du droit
30:52d'obtenir un diplôme
30:53parce qu'ils avaient assisté
30:54à des cours
30:55pendant X temps.
30:56Voilà,
30:56présentiellement,
30:57ils étaient des
30:57warm bodies,
30:58comme on dit en anglais,
30:59donc des corps,
31:01ils étaient là,
31:01ils étaient présents.
31:02Des corps chauds,
31:03warm bodies,
31:03ouais.
31:03Voilà,
31:04c'est ça.
31:06Et ils faisaient aucun effort
31:08et surtout un manque de respect.
31:10Mais Sophie,
31:11comment expliquer
31:12que des gens
31:12qui ont un niveau,
31:14vous le dites vous-même,
31:16déplorable,
31:17alors je sais que maintenant
31:18le bac,
31:18pour le rater,
31:19il faut pratiquement
31:19faire des efforts
31:20quand on voit
31:21les taux de réussite
31:22à plus de 90%.
31:24Comment expliquer
31:25qu'ils arrivent
31:26à se retrouver en fac ?
31:28Parce que désolé,
31:29si vous n'avez pas le niveau
31:31au bac,
31:32vous n'allez pas avoir
31:33le niveau
31:33pour avoir bac plus 3,
31:35surtout si vous me disiez
31:36qu'on avait des gens
31:37qui ne foutaient rien
31:38et qui s'en fichaient royalement.
31:39Parce que ça veut dire
31:40qu'il y a des gens
31:41qui ont obtenu
31:41un bac littéraire.
31:43Oui,
31:43mais il y a des gens
31:44très bien
31:44qui ont eu
31:45des bacs littéraires,
31:46j'ai quelques idées.
31:47Non, non,
31:47je sais, je sais,
31:48je sais.
31:48Non, mais moi,
31:49j'en ai quand même
31:50qui m'ont écrit des choses
31:51quand il metta sa veste
31:52et il sorta
31:54et il courissa.
31:56Enfin, voilà,
31:56des gens qui n'avaient
31:57jamais entendu parler
31:58du passé simple
31:58alors qu'ils avaient
31:59un bac littéraire.
32:00Ils ne connaissaient pas
32:01le passé simple au bac ?
32:02Non.
32:03Excusez-moi
32:03de le passer simple.
32:06Je vais bientôt
32:07avoir 60 ans.
32:08Je crois que le passé simple,
32:09on faisait ça
32:10en CE2
32:11ou en CM1 ?
32:13Oui, c'est ce que j'ai fait.
32:14Oui, oui,
32:14je vous confirme.
32:15Mais non, plus personne
32:16ne connaît le passé simple
32:17à part les 3 ou 4
32:18dont je vous parle
32:19sur une classe de 30.
32:21Bon, excusez-moi,
32:21mais il n'est pas
32:22il est imparfait du subjonctif.
32:23C'est comme Capri,
32:24c'est fini.
32:24Ah ben non,
32:26on ne sait même pas
32:26que ça existe.
32:28Ne rêvons pas, moi.
32:30C'est fou.
32:31C'est fou, c'est fou.
32:32Sophie, allez-y,
32:34on vous écoute.
32:35Oui, voilà, juste.
32:36Mais vous vous demandez
32:37comment on a pu
32:38en arriver là ?
32:38Parce que quand,
32:39à l'époque où moi,
32:40j'arrivais,
32:41je débarquais bêtement
32:42dans cette filière-là,
32:43j'ai reçu des consignes,
32:44c'est-à-dire des consignes
32:45qui n'étaient pas officielles,
32:47mais disons que
32:48ce serait bien
32:49qu'on ait 60% de réussite.
32:51Donc, démerdez-vous.
32:52Donc, une copie
32:53qui vaut 4,
32:54vous mettez 10 ?
32:55Non, sauf que moi,
32:56je ne l'ai jamais fait,
32:57donc je n'étais pas
32:57très bien vue.
32:59Mais, voilà.
33:00Mais, il fallait,
33:01enfin, clairement,
33:02on nous indiquait
33:03qu'il fallait
33:03que ça marche bien, quoi.
33:04Alors après, bien sûr,
33:05on est bien noté
33:06quand on fait ça.
33:07Ah oui, d'accord.
33:08Comme chantait Guy Béard,
33:09on passe d'Hervé Villard
33:10à Guy Béard,
33:11le premier qui dit la vérité,
33:12il doit être exécuté,
33:13c'est ça ?
33:14C'est ça, c'est ça.
33:15Alors, restez avec nous,
33:16Nathalie, Sarah et Sophie,
33:18parce qu'on va vous faire réagir,
33:20ça continue à appeler
33:20au 0826 300 300.
33:22On ira du côté de Limoges,
33:24tiens.
33:24Ah, une ville que vous connaissez.
33:25Un tout petit peu, Philippe,
33:26du côté de Limoges
33:27avec Cathy qui souhaitera réagir
33:28sur ses enseignants agressés.
33:30Et puis, vous qui avez
33:30votre téléphone à la main,
33:32peut-être prêt à composer
33:33le 0826 300 300,
33:35voulez réagir
33:36sur les violences des jeunes,
33:37les violences commises
33:38envers les professeurs,
33:39eh bien, vous savez
33:40quel numéro composer.
33:41On se retrouve juste après
33:42avec Philippe.
33:430826 300 300.
33:44A tout de suite.
33:46Sud Radio.
33:48Parlez la France.
33:49Philippe David.
33:51Retour des vraies voix
33:52font parler la France
33:53et on parle de ces
33:54violences des jeunes
33:55qui sont totalement débridées.
33:58On peut dire ça comme ça.
33:59On pense notamment,
34:00alors évidemment,
34:01il y a le drame absolu
34:02qui s'est passé
34:02à Villefranche-sur-Saône
34:03où là, c'est quand même encore,
34:05Dieu merci, très exceptionnel.
34:07Mais, quand on voit
34:08cette vidéo d'un prof
34:10tabassé, lynché,
34:11il n'y a pas d'autres mots
34:11à Montpellier,
34:12évidemment, ça vous a fait réagir
34:14notamment au sein
34:15du corps enseignant.
34:16Oui, et puis d'ailleurs,
34:17si vous êtes parent
34:17et que vous trouvez
34:18que les parents
34:20sont devenus trop laxistes,
34:21eh bien, vous pouvez
34:22prendre la parole
34:22au 0826 300 300.
34:24Tiens, qui est vraiment responsable ?
34:26Les parents, la société,
34:28les individus de manière générale ?
34:30Eh bien, dites-le nous.
34:31On vous donne la parole
34:32avec Philippe jusqu'à 20h
34:33et on est avec
34:33William de Brive.
34:35Bonsoir, William.
34:36Bonsoir, William.
34:37Bonsoir, bonsoir à tous.
34:38La belle ville
34:39de Brive-Lagaillard,
34:40championne d'Europe
34:40de rugby en 1997.
34:43Ah, très belle référence.
34:44Bien sûr.
34:45Et pas très loin de Limoges,
34:46en plus.
34:46C'est clair.
34:47Ouais, c'est ça.
34:48On a une petite heure.
34:50Bien sûr.
34:50On se comprend.
34:51C'est le nord, c'est le nord.
34:52C'est le nord, Limoges.
34:53On vous écoute, William.
34:54Vous qui avez entendu
34:55Nathalie, Sarah et Sophie
34:56nous donner ces témoignages,
34:58que ce soit au collège, au lycée
34:59ou à la fac,
35:00absolument incroyable.
35:02Moi, il y a un facteur
35:03que je trouve extrêmement inquiétant.
35:05C'est la considération
35:06qui est donnée
35:09aux responsables de violences.
35:11Moi, je ne suis pas si vieux que ça.
35:12J'ai 41 ans.
35:13Mais en revanche,
35:13quand j'étais jeune,
35:14celui qui aurait agressé
35:16un professeur,
35:17un groupe qui se serait mis
35:18à deux ou trois
35:19pourrait agresser
35:20ou tabasser
35:21une personne seule.
35:22On n'aurait pas été du tout
35:23les héros du collège
35:24ni les héros du lycée.
35:25Au contraire,
35:26on aurait été larisé.
35:27On se serait moqué de nous.
35:29Aujourd'hui, maintenant,
35:30les groupes qui agressent,
35:31qui agressent des personnes,
35:33que ce soit les enseignants,
35:34que ce soit la police,
35:35que ce soit les représentants
35:36de l'État
35:36ou que ce soit des particuliers,
35:39on a l'impression
35:39que c'est un peu des héros,
35:40maintenant.
35:41C'est un peu les héros.
35:43Ça, je trouve ça
35:43extrêmement inquiétant
35:44parce que c'est une déviance
35:45qu'on revoit
35:47et on a maintenant
35:49une certaine fierté
35:50à être l'agresseur.
35:51Et ça, ça m'inquiète
35:53parce que quand j'entends
35:53les jeunes parler,
35:54moi, je suis dans le sport aussi,
35:55donc je les entends parler,
35:56et quand ils vous racontent
35:57une agression,
35:58nous, on raconte une agression
35:59d'un groupe
36:00sur une personne seule,
36:01on était un peu dégoûtés,
36:02on avait ce sentiment
36:03de se dire
36:04on a vu ça,
36:05on y a assisté,
36:06c'était un peu gênant quand même.
36:08Ou même d'avoir vu la vidéo,
36:09même d'avoir lu un article,
36:11même juste en avoir entendu parler,
36:12ça nous touchait
36:13et ça nous secouait.
36:15Et maintenant,
36:15c'est devenu monnaie courante,
36:17c'est totalement banalisé
36:18et ce qui m'inquiète également,
36:20c'est que le réflexe
36:21est tout de suite de trouver
36:23mais qu'a pu faire la victime
36:26pour mériter ça.
36:27Quand c'est un enseignant,
36:28on va vous dire
36:28oui, mais
36:29elle l'avait punie,
36:30oui, mais elle l'avait collée,
36:31oui, mais elle mettait
36:32des mauvaises notes.
36:34Et ça, ça m'inquiète
36:34cette déviance également
36:35sur le fait de se dire
36:36ah, c'est quand même
36:37un peu la faute de la victime.
36:38Donc, un,
36:40ne plus rendre héroïques
36:42ces personnes
36:43qui sont coupables
36:44de quelque chose
36:46et ne plus
36:47incriminer immédiatement
36:48la victime.
36:49D'abord, il y a un acte
36:50qui a été fait
36:50qui doit être sanctionné.
36:52Le rôle des parents déterminant,
36:53mais le rôle des parents,
36:55si on en parle
36:56quand on est dans
36:56l'extrême violence,
36:57je pense que c'est un peu tard.
36:59Ah mais, oui,
37:00quand on atteint
37:01le niveau de Villefranche-sur-Saône,
37:02là, le rôle des parents,
37:03quand on prend un flingue
37:04et qu'on tire dans la tête
37:05d'un gamin de 13 ans,
37:06le rôle des parents,
37:06il est dépassé
37:07de plus belles lurettes.
37:08Je suis d'accord avec vous.
37:09Il n'y est plus.
37:09Le rôle des parents,
37:10il ne faut pas se rire,
37:11il est depuis tout petit.
37:13Il est depuis
37:13les petites incivilités,
37:15mais les petites incivilités
37:16qu'on laisse passer dans la rue.
37:18Aujourd'hui,
37:18c'est devenu normal
37:19de se faire insulter
37:20quand on conduit.
37:21Ce n'est pas normal.
37:21Ce n'était pas normal
37:22il y a 15 ans,
37:22ce n'était pas normal
37:23il y a 20 ans,
37:23et ce ne sera pas normal.
37:25Et de comprendre
37:26que ces jeunes,
37:27dont petits,
37:28on ne leur réculte pas
37:29ce qu'il faut,
37:30petits,
37:30on ne met pas
37:31la bonne communication,
37:32on arrive à laisser passer
37:33des petites choses
37:33qui deviennent très grandes.
37:35Aujourd'hui,
37:35cette extrême violence,
37:37on peut la combattre
37:38en étant fort,
37:39mais en étant fort,
37:41collectivement,
37:41on a besoin
37:42que les sanctions soient fortes,
37:44on a besoin
37:44qu'ils arrêtent
37:45d'être portés en triomphe
37:47parce qu'à 15 ans,
37:48ils sont mis à 5
37:49pour tabasser un enfant
37:50en disant
37:51non, ce n'est pas des héros,
37:51c'est éliminable.
37:52Il faut prononcer les mots
37:54et faire en sorte
37:55que ce soit quelque chose
37:56de collective.
37:57Aujourd'hui,
37:57les parents seuls ne peuvent plus.
37:59Les parents seuls ne sont sortis en temps.
38:00William,
38:00restez avec nous.
38:01On va donner la parole
38:02à Nathalie, Sarah et Sophie.
38:04Nathalie,
38:04vous avez parlé,
38:05il y a eu une agression
38:06dans votre établissement
38:07pas plus tard qu'hier,
38:09mais ce que dit William,
38:10aujourd'hui,
38:11ceux qui agressent
38:12les profs,
38:13sachant qu'ils n'ont
38:14aucune sanction,
38:15avec l'impunité,
38:17ils doivent se prendre
38:17pour des héros,
38:18non,
38:18ou être pris par des héros,
38:19par les suiveurs du groupe.
38:21Évidemment,
38:22et puis en plus,
38:22on est un symbole d'autorité,
38:24donc la violence se déchaîne,
38:25ils n'en ont pas à la maison.
38:27Le prof qui a donné une gifle,
38:28peut-être que c'est les parents
38:30qui auraient dû la donner.
38:31En fait,
38:31il l'a donné à la place des parents.
38:32Je vous appelle que maintenant,
38:33la fessée est interdite en France.
38:34Il y a une loi qui a été votée pour ça,
38:36alors les gifles,
38:37n'en parlons pas.
38:38Voilà,
38:39donc,
38:39voilà,
38:40c'est un système en fait,
38:42mais ces systèmes,
38:43par exemple,
38:43de notes,
38:44tout est lié.
38:45Ils ont le bac
38:46avec des bonnes notes,
38:47des fausses notes en fait,
38:48c'est criminel ce qu'on fait.
38:50On les donne aussi
38:51parce que quand on fait,
38:52quand on en donne des baises,
38:53on est agressé.
38:54Donc nous,
38:55c'est un instinct de survie,
38:57donc on en donne des baises,
38:58mais on sait que c'est criminel.
39:00Sarah,
39:00vous êtes d'accord
39:01avec ce que disait William
39:03et ce que dit Nathalie ?
39:05Maxime ?
39:06Sarah,
39:07en ligne ?
39:08Oui,
39:08oui,
39:09et je pense que la baisse du niveau
39:11est un des facteurs,
39:12c'est-à-dire que comme l'enfant
39:13n'a plus de mots,
39:15et bien comme il n'a plus de mots,
39:16il y a la violence.
39:17Et tout ça parce qu'on a tellement
39:19baissé le niveau,
39:19comme dit Nathalie.
39:20Mais ça,
39:20c'est une faute collective.
39:22Les parents ne veulent plus
39:23qu'on donne des devoirs à leur enfant,
39:24les programmes sont de plus en plus débiles,
39:26c'est catastrophique.
39:27Moi,
39:27quand je travaille avec...
39:28Vous parliez du passé simple.
39:30Moi,
39:30mes cinquièmes me disent couramment
39:31que l'adjectif s'accorde avec le verbe.
39:33Je parle des chevaliers
39:34de la table ronde,
39:35le roi Arthur,
39:35c'est désert des tartares.
39:36Ils ne savent même pas
39:37de quoi je parle.
39:38On est en dessous du niveau...
39:40Non,
39:41mais il faut bien que les parents...
39:42Parce que les parents...
39:43Là,
39:44moi,
39:44j'ai quelque chose à dire
39:44sur les parents quand même.
39:45Quand ils viennent en réunion
39:47au procès d'administration,
39:48ils se plaignent éventuellement
39:49du harcèlement des enfants.
39:51Alors,
39:51c'est très grave.
39:51On a traité Choubidou d'imbécile,
39:53alors c'est gravissime.
39:54Bon,
39:54moi,
39:54je n'appelle pas ça du harcèlement.
39:56Et après,
39:57et après,
39:58il se plaignent des toilettes
39:59et de la compote de pommes
40:00de la cantine.
40:01Mais alors,
40:01la pédagogie...
40:01c'est des sujets hyper importants,
40:04la compote de pommes,
40:05excusez-moi.
40:06Ben,
40:06excusez-moi,
40:06mais il n'y a que ça.
40:07Donc,
40:07du coup,
40:07la pédagogie,
40:08la sécurité...
40:09C'était du second degré, hein ?
40:10Oui,
40:10non,
40:10mais je comprends bien,
40:11mais je vais dans votre sens.
40:12Mais ça,
40:12c'est choquant.
40:13Si les parents ne se mobilisent pas,
40:14ben,
40:14comment voulez-vous qu'on avance,
40:15hein ?
40:16Sophie,
40:17vous qui avez enseigné en fac,
40:19quand vous entendez ça,
40:20vous faites le même constat aussi ?
40:22Oui,
40:23j'ai tout à fait le même constat.
40:25à un autre niveau,
40:26mais c'est-à-dire que moi,
40:28j'accueillais des étudiants
40:30qui savaient mieux que moi,
40:33ce qu'il fallait savoir.
40:34D'ailleurs,
40:34qui m'apprenaient mon bêtier
40:35assez régulièrement.
40:37C'est pas faux,
40:38mais quand même...
40:39Au moins,
40:39excusez-moi,
40:40mais il ne manquait pas d'ambition.
40:41C'est déjà un point positif
40:42pour raisonner par l'obture.
40:44on peut dire ça comme ça.
40:46Et je me souviens en particulier
40:48d'une étudiante
40:49qui est venue
40:49après le premier partage
40:50à qui j'avais gentiment mis 4.
40:52Gentiment.
40:53Oui.
40:53Et qui me dit...
40:54Et bien,
40:54c'est que ça valait 1
40:55si vous avez mis gentiment mis 4,
40:57c'est ça ?
40:57voire moins 1,
40:58voire moins 1.
40:58Et elle me dit,
41:00mais madame,
41:01je ne me comprends pas.
41:02Au lycée,
41:02j'ai toujours mis 7 et demi
41:03et on me disait
41:04que je pourrais être prof d'anglais.
41:05J'ai enseigné l'anglais.
41:07Oui.
41:08Alors,
41:08que répondez-vous à ça ?
41:10Je lui ai dit,
41:10écoutez,
41:10je suis désolée,
41:11mais je vous ai dit 4.
41:12Est-ce que ça vaut 4 ?
41:13Je ne sais pas ce qu'on vous faisait faire au lycée.
41:15Mais c'est fou.
41:16Mais c'est fou.
41:17Mais c'est fou.
41:18William,
41:19quand vous entendez ça,
41:20vous avez vous aussi mis le doigt
41:21où ça fait mal.
41:23Mais comme tout,
41:24comme Nathalie,
41:24comme Sarah,
41:25comme Sophie,
41:26moi j'ai l'impression
41:26qu'il y a quelques années,
41:27il y a un ancien ministre
41:28qui avait parlé du mammouth.
41:30Et quand j'entends...
41:32Vous,
41:32vous n'êtes pas enseignant,
41:33William ?
41:34Non,
41:34j'ai fait des pistes.
41:36J'ai enseigné en école de commerce
41:37sur le management et sur la vente.
41:39Oui.
41:39Mais je n'ai jamais eu un...
41:41J'entraîne dans le rugby également,
41:43donc j'ai des publics
41:43qui vont de 18 à 37, 38 ans,
41:47garçons, filles,
41:47français et étrangers.
41:49Donc j'ai quand même
41:49plusieurs publics.
41:50Mais je n'ai jamais eu,
41:52comment dire,
41:52en public direct
41:53l'âge des collégiens
41:54ou des jacéens.
41:56Ah ben,
41:56on va redonner la parole.
41:58Restez avec nous,
41:58William,
41:59au prof.
42:01Nathalie,
42:01est-ce que c'est pas trop tard
42:02pour,
42:03vous me passerez l'expression,
42:04renverser la vapeur ?
42:06Je ne sais pas.
42:07J'avoue,
42:07je ne sais pas.
42:08Je ne sais pas
42:09parce que,
42:10quand même,
42:10on a un président
42:13qui a mis de l'huile sur le feu
42:14lorsqu'il a dit
42:15à ce gamin
42:16qui conduisait sans permis
42:17et qui s'est fait tuer
42:18par un gendarme
42:19que c'était bien le gendarme.
42:20Un policier.
42:21Un policier,
42:22dont figure d'autorité
42:23qui était en cause.
42:24Là,
42:25il a mis le feu aux poudres
42:26et en fin de compte,
42:28on est dans les mêmes cas de figure.
42:29Donc maintenant,
42:30je ne sais plus.
42:32Je ne sais pas.
42:32Mais Sarah,
42:33j'ai l'impression
42:33que le pas de vague
42:35qui devait s'arrêter
42:36il y a quelques années,
42:37on l'avait dit,
42:38est plus existant que jamais.
42:39Et j'ai l'impression
42:40que vous,
42:41vous êtes complètement,
42:42et vous n'avez même pas
42:43un sentiment,
42:44mais une certitude
42:44d'être complètement abandonné
42:46par votre hiérarchie.
42:48Est-ce qu'il ne faudrait pas,
42:49parce qu'en France,
42:50on est spécialiste
42:51pour faire des numéros verts
42:52pour tout et n'importe quoi,
42:54faire un numéro vert
42:55pour les enseignants agressés
42:56et si la hiérarchie
42:58ne réagit pas,
42:59c'est la hiérarchie
43:00qui est sanctionnée
43:01par le ministère.
43:01Bien sûr.
43:02Ah mais Philippe David,
43:03président,
43:04je vote pour vous immédiatement.
43:05Non mais bien sûr.
43:06Je vais finir par demander
43:07les 500 signatures,
43:08vous êtes plusieurs à me le dire.
43:10Ah mais alors là,
43:10je signe pour vous.
43:11Non mais savoir,
43:12si vous voulez qu'une forme
43:13de numéros verts existe,
43:14c'est-à-dire que dans les rectorats,
43:15on a mis en place
43:16effectivement une écoute,
43:17mais ça ne va pas plus loin
43:18que l'écoute.
43:19Et après,
43:19on vous abandonnera
43:20à ce campagne.
43:21Moi, par exemple,
43:22j'ai été obligée
43:22de porter plainte.
43:23Eh bien,
43:24jamais rien n'a été fait.
43:25Et vous savez combien
43:26de médecines de travail ?
43:27Là,
43:28vous allez rigoler.
43:28Vous savez,
43:29il y a 70 médecins
43:30pour 1 million de fonctionnaires,
43:32ça fait 1 médecin
43:33pour 18 500 fonctionnaires.
43:36Vous imaginez ça ?
43:37Ça fait une grosse patientèle.
43:39Ah ben voilà.
43:39Alors les burn-out
43:40qu'évoquait Nathalie tout à l'heure,
43:42mais laisse tomber.
43:43On est totalement abandonnés.
43:44Et notre hiérarchie
43:45ne s'en mêle surtout pas
43:46parce que sinon,
43:47ça met en danger leurs primes.
43:49Parce qu'il faut savoir
43:50que quand le pas de vagues
43:51que vous évoquez,
43:51quand il y a des vagues,
43:52ça diminue la prime
43:53et le classement de l'établissement.
43:55Donc le chef d'établissement,
43:56ce n'est pas la poussière
43:57qu'il met sous le tapis,
43:58c'est la montagne.
43:59Oui,
43:59et puis surtout
43:59qu'il a intérêt
44:01pour son avancement personnel
44:03à mettre la poussière
44:04sous le tapis,
44:05non ?
44:06Absolument.
44:06Et vous êtes toutes conscientes
44:08et vous aussi,
44:09William,
44:10de cette lâcheté
44:11de la hiérarchie.
44:11c'est organisé
44:13et c'est quelque chose
44:15contre lequel
44:16on peut difficilement
44:17faire quoi que ce soit
44:18sauf vraiment
44:19à renverser la table.
44:21Qui veut réagir ?
44:22On ne peut pas renverser la table.
44:24Moi, je porte plainte.
44:25Ma plainte est classée.
44:26J'ai porté plainte
44:27au moins trois fois.
44:27Les plaintes sont classées.
44:28On ne peut rien faire.
44:29Qu'est-ce qu'on veut qu'on fasse ?
44:30Oui,
44:30mais là,
44:31ce n'est même pas la hiérarchie.
44:32Là,
44:32c'est le ministère de la justice
44:33parce que le parti...
44:34C'est à tous les niveaux.
44:34Oui.
44:35William ?
44:36C'est à tous les niveaux.
44:37Aujourd'hui,
44:37le mot qui est utilisé,
44:38c'est l'extrême violence.
44:39Oui.
44:40D'accord ?
44:40C'est le mot qu'on entend.
44:41Qui est-tu de vérité ?
44:42Non,
44:42mais extrême violence.
44:44Donc,
44:44solution extrêmement stricte.
44:46Oui.
44:47C'est une question de balance.
44:48Il y a un moment
44:49où il faut arrêter.
44:50On peut en parler.
44:52D'où ça vient ?
44:52Qui fait ça ?
44:53Qui fait quoi ?
44:54Quelle est la solution ?
44:55La solution,
44:55gros problème,
44:56grosse solution,
44:57fin.
44:58Et il faut arriver
44:59à comprendre aussi
45:00qu'aujourd'hui,
45:00les enseignants
45:01qui sont au collège
45:02ou au lycée,
45:03les encadrants sportifs
45:04également,
45:05c'est qu'on parle d'enfants.
45:07On parle de mineurs.
45:08Mais arrêtons
45:09de les considérer
45:10comme des enfants
45:10et comme des mineurs.
45:11Aujourd'hui,
45:11un enfant de 13-14 ans
45:12n'a plus du tout
45:13la même maturité
45:14qu'un enfant de 13-14 ans
45:16des années 80.
45:17C'est clair ?
45:17Oui, d'accord.
45:18Donc,
45:18aujourd'hui,
45:19un enfant de 14 ans
45:22qui se permet
45:22d'insulter
45:23cette fresseur
45:24et qui a deux heures de colle
45:25le mercredi après-midi,
45:26mais il rigole
45:27parce que ça,
45:28c'était une punition
45:29ou une sanction
45:30qui était adaptée
45:31il y a 40 ans
45:32quand on avait honte
45:33d'être collé.
45:33Je suis collé,
45:34c'est la honte,
45:35je suis nul de la classe.
45:36Aujourd'hui,
45:37vous faites rigoler tout le monde.
45:38Le danger,
45:39il est qu'on continue
45:40à les considérer
45:41comme des enfants.
45:42Aujourd'hui,
45:42un groupe de 3-4
45:44adolescents de 14 ans
45:45qui tabassent
45:46un enfant de 10 ans
45:47ne peuvent pas
45:48être jugés
45:49et considérés
45:50comme des enfants.
45:50Ce n'est pas vrai.
45:51Donc,
45:51l'accompagnement
45:52dont doivent bénéficier
45:53les enseignants
45:54doit être adapté
45:55à des adultes.
45:57C'est un comportement
45:58d'adultes,
45:58donc sanction d'adultes.
46:00On ne fait plus peur
46:01avec une heure de colle.
46:01Ça,
46:02c'est clair.
46:02Merci à toutes et à tous.
46:04Merci Nathalie,
46:05Sarah,
46:05Sophie,
46:06William.
46:07Vous êtes dans l'ordre.
46:07Commençons par les dames.
46:09Vous êtes très classe,
46:10Philippe.
46:10Vous êtes un homme galant.
46:11Vous êtes un gentleman.
46:12Merci à toutes et à tous
46:14d'avoir appelé
46:15au 0826 300 300
46:17pour les vrais voix
46:17font parler la France.
46:19Et puis demain,
46:19c'est reparti.
46:20Philippe,
46:2019h20,
46:21on se retrouve
46:22pour la libre antenne.
46:23Absolument.
46:23Et là,
46:24c'est Magali.
46:24Merci.
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