- il y a 6 heures
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Avec Alain Delpirou, auteur de "Cocaïne sans frontières, enquête sur une drogue mondialisée" éd. du Cerf
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NewsTranscription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:08Vous êtes bien sur Sud Radio en ce mardi 14 avril 2026, il est 13h05, nous allons parler d'un
00:15sujet qui nous concerne tous
00:17et qui pourrait prendre des dimensions désastreuses si les pouvoirs publics, la classe politique, les autorités policières,
00:25pourtant qui font déjà, on l'estime beaucoup, ne passent pas à la vitesse supérieure.
00:31Je reçois monsieur, c'est un géographe Alain Delpirou, on peut penser que c'est un sociologue, c'est un
00:39policier, non.
00:40C'est un géographe et dans son livre, Cocaïne sans frontières, enquête sur une drogue mondialisée,
00:46Alain Delpirou explique que le phénomène, il est aussi territorial.
00:50Et c'est curieux que ce soit un géographe qui ait mené cette enquête, une enquête révélatrice de l'ampleur
00:57du problème,
00:58mais surtout elle montre bien que le phénomène, il est local et qu'il y a des endroits où ça
01:03se passe, d'autres où ça ne se passe pas.
01:04Et pourquoi ça se passe à cet endroit-là ?
01:06Et pas à tel endroit, on parle des territoires perdus de la République, à un moment donné c'était pour
01:11l'éducation nationale, la sécurité.
01:13Et là aujourd'hui en France, on a des points effectivement plus chauds que d'autres.
01:16Alain Delpirou, merci d'avoir accepté notre invitation, merci d'être présent à l'antenne sur Sud Radio.
01:22Je voudrais d'abord que vous nous expliquiez quel est le processus de distribution, de production et de diffusion de
01:30la drogue.
01:31Ça part de quelque part, il y a quand même un aspect agricole, c'est produit dans des contextes géoclimatiques
01:36précis et géologiques.
01:38Et ensuite il y a un système de transport et de trafic, et puis il arrive, et ensuite il y
01:43a la distribution sur place.
01:45Tout ça de façon illégale, et pourtant ça fonctionne formidablement bien.
01:50Vous avez tout à fait raison de partir à la racine du problème.
01:54A savoir les pays producteurs, les pays agricoles, les pays qui transforment la feuille de coca en cocaïne.
02:01À l'heure actuelle, on estime que trois grands pays d'Amérique du Sud, Colombie, Pérou et Bolivie, produisent à
02:11peu près 4000 tonnes de cocaïne.
02:14Par an.
02:15Par an, bien entendu.
02:16À cela s'ajoutent deux autres pays maintenant qui sont rentrés dans la danse, et ça c'est un élément
02:21nouveau à prendre en compte.
02:23C'est le Honduras et le Guatemala, Amérique centrale.
02:26Donc même zone géographique, c'est quand même l'Amérique centrale, l'Asie pourrait aussi pour des raisons climatiques peut
02:32-être en produire, ou l'Afrique, c'est l'Amérique centrale qui concentre le principal de la production.
02:36Oui, tout à fait.
02:37Avant de poursuivre, vous avez évoqué l'Asie.
02:41Peut-être qu'on y reviendra, puisque d'un point de vue historique, ça s'est produit.
02:45L'Asie a été un territoire, une région géographique qui a produit de la coca à un tel point.
02:52Alors, il y a eu l'opium en Asie, bien entendu, là c'est le pavot, c'est une autre
02:55variété végétale.
02:57Oui, mais ce que j'essaye d'attirer votre attention sur le fait qu'en Asie, on a eu aussi,
03:01dans les années 1920-1930, de la production de feuilles de coca.
03:06Entre deux guerres, il y a eu une production de feuilles de coca.
03:07À un tel point, et ça, ça peut nous étonner, à un tel point qu'ils ont eu la suprématie
03:12de la culture de coca au niveau mondial.
03:15C'est-à-dire que les cultures que l'on connaît de nos jours, Colombie, Pérou et Bolivie, ça n
03:21'a pas toujours été l'apanage de l'Amérique latine.
03:23Ça veut dire qu'en Asie du Sud-Est, on a eu des cultures de coca et qui ont été
03:28très performantes.
03:29C'est un aspect historique à ne peut-être pas oublier ou négliger, parce qu'on ne sait jamais, au
03:35vu de ce qui se passe, au vu du Honduras, du Guatemala,
03:38on voit que les superficies de cultures de coca sont en train d'exploser d'une façon exponentielle.
03:45Alain Delpirou, pour bien éclairer nos auditrices et nos auditeurs, que j'appelle à appeler tout à l'heure,
03:50parce qu'on sait bien que c'est un sujet qui touche aujourd'hui le pays, même le monde en
03:53entier, vous dites bien que l'ampleur est mondiale,
03:56faisons un petit peu de botanique et d'horticulture, c'est quoi la coca comme type de végétal ? Comment
04:01on le cultive ? Comment on le récolte ?
04:03Alors, je vais vous répondre sur deux formulations.
04:05La première, dans les années 1980, la culture de la coca était en général une récolte à un niveau de
04:16trois fois par an.
04:17On récoltait trois fois par an cette culture.
04:19C'est quelle variété végétale ? C'est une plante ? C'est une herbe ?
04:22C'est une plante.
04:23C'est une plante.
04:24C'est une plante. Il y a à peu près 250 espèces.
04:27De coca différentes ?
04:29Oui, de par le monde. Et il y en a une dizaine qui donnent l'alcaloïde de cocaïne.
04:33On peut la classer dans une famille de plantes qu'on connaît ou c'est une plante à part ?
04:39Quelle serait sa cousine moitaine ?
04:41Le paradoxe veut que d'un point de vue botanique, cette plante existe partout dans le monde, sauf en Europe.
04:47Elle ne se plaît pas en Europe, pour des raisons climatiques ou géologiques ?
04:50Très certainement. De point de vue de son histoire, ça remonte très loin.
04:55C'est la dislocation des continents.
04:57Au niveau européen, on n'a pas de présence de l'érythrocylum coca avérée.
05:03Donc, on la connaît présente en Amérique du Nord, en Amérique du Sud.
05:07En Afrique, elle est présente en Asie, mais pas en Europe.
05:12Qu'est-ce qu'on utilise ? Sa feuille, sa tige, sa racine ?
05:15Uniquement sa feuille.
05:16Que sa feuille ?
05:17Que sa feuille.
05:18Qui est une jolie feuille verte, on pourrait la confondre avec une plante comme ça.
05:22C'est vert émeraude, qui est magnifique, qui a la particularité d'avoir trois nervures sur l'intérieur de la
05:32feuille,
05:32ce qui permet de l'identifier très rapidement.
05:35On l'accueille à une saison donnée ?
05:37Alors, de nos jours, maintenant, de nos jours, on arrive à sept, voire huit récoltes par an.
05:44Mais avec quoi ? Avec des engrais ou avec une technologie ?
05:46Alors, bien entendu, avec des engrais.
05:47Puis, surtout, il y a eu un travail par certains agronomes, d'une manière illicite,
05:52qui ont favorisé un type de culture, un type de plante qui a été sélectionnée.
05:59Et de mal empli, on a réussi à avoir une plante qui donne une production jusqu'à six, sept, voire
06:06huit récoltes par an.
06:07Elle existe depuis la nuit des temps.
06:09On sait que les Incas ont consommé, ils mâchaient la feuille, je crois, c'est ça ?
06:12Tout à fait. C'est une plante qui est connue depuis l'existence de l'espèce humaine en Amérique du
06:19Sud.
06:20Elle est médicinale au départ, en plus ?
06:21Tout à fait. Elle a 15 000 ans, à peu près.
06:24Et elle est connue, justement, pour son aspect médicinal.
06:28On a des exemples.
06:29Il y a peu de temps, il y a eu une exposition sur les momies à Paris.
06:34On sait que les personnes qui vivaient à l'époque du régime incaïque
06:42utilisaient la feuille de coca, d'un point de vue chirurgical, à travers les trépanations.
06:46Quelles sont ses vertus thérapeutiques, à l'état non stupéfiant, bien entendu ?
06:50Alors, elle joue deux rôles.
06:53Le premier, elle peut jouer le rôle d'anesthésiant,
06:56quand les gens l'utilisaient pour faire des opérations.
07:00Et la deuxième, elle a un rôle plus étonnant, c'est un rôle alimentaire.
07:05C'est-à-dire qu'il y a eu des études qui ont démontré, qui ont prouvé
07:08qu'elle apportait jusqu'à 300 calories par jour
07:12pour les personnes qui consommaient la feuille de coca.
07:15Alors, sans faire de la gastronomie, mais cuite, en salade, en poudre ?
07:19Alors, tout simplement, en la mettant à l'intérieur de la bouche,
07:23et entre la gencive et les dents.
07:25Et là, ça permettait, avec un ajout alcalin,
07:30ça peut être une petite pierre en calcée ou autre,
07:33ça provoque une action chimique,
07:39et ça dégage les quelques alcaloïdes de cocaïne.
07:42C'est de l'ordre de 1 à 2%.
07:44Donc, tout simple, il n'y a pas besoin de cuisson, de préparation,
07:46on l'ingurgite, on met ce petit aspect, ce complément minéral,
07:50et elle diffuse ses propriétés.
07:51Alors là, c'était il y a encore un ou deux ans.
07:54Maintenant, de nos jours, puisque vous parlez de gastronomie,
07:57sachez qu'en Colombie, vous avez de très grands chefs
08:01en matière de cuisine,
08:02qui cherchent à inclure dans leurs recettes,
08:05dans leurs préparations, la feuille de coca.
08:07Sur un plan aromatique, tout simplement, peut-être ?
08:09Aromatique, gustative, nutritionnelle, et autres.
08:13Sauf que, ils ont un souci,
08:15ils ne sont pas en phase avec la législation internationale.
08:20Pourquoi ?
08:20Puisque, jusqu'à nos jours,
08:23la feuille de coca,
08:24elle est considérée comme un stupéfiant,
08:27au même titre que le nitazène,
08:29ou le fentanyl, ou l'héroïne.
08:31D'accord.
08:31Et, en décembre 2025,
08:35il y avait eu une demande, justement, de ces trois pays,
08:37pour retirer la feuille de coca,
08:39dans la liste des stupéfiants.
08:41Ou alors, sur ordonnance, éventuellement.
08:43Oui.
08:43On n'en est pas là.
08:46Cette demande à l'OMS,
08:48n'a pas été acceptée.
08:50Ce qui est, quelque part, un peu une hérésie,
08:53de mettre au même plan, cette plante,
08:55avec sa transformation, la poudre blanche.
08:59Donc, l'usage est illégal.
08:59Et alors, quant à la, au célèbre soda américain,
09:02dont le nom est composé pour moitié de coca,
09:04au départ, il y en a un petit peu.
09:06Le pharmacien d'Atlanta,
09:07qui crée cette boisson,
09:09il utilise de la noix, de la feuille de coca ?
09:11Tout à fait.
09:12Encore de nos jours,
09:14cette grande maison américaine,
09:16utilise la feuille de coca.
09:18Il l'importe aux Etats-Unis,
09:20et il décocaïnise la feuille,
09:23pour pouvoir l'inclure dans la recette.
09:25Pour la petite histoire,
09:26je me permets quand même,
09:28de vous préciser,
09:29un point,
09:30c'est que Pemberton
09:31s'est inspiré à imiter,
09:35et même,
09:36il déclare publiquement
09:38qu'il a même utilisé une autre formule,
09:43qui avait été inventée par un corse,
09:46un pharmacien,
09:48qui s'appelait Ange-François Mariani,
09:50et qui avait lancé
09:51ce produit,
09:54à très grande échelle,
09:55à tel point que son produit
09:57était présent à Atlanta,
09:58dans les années 1885.
10:01Et Pemberton reconnaît
10:03qu'il a usurpé cette recette,
10:06et qu'il a après,
10:07bien entendu,
10:08il l'a transformée.
10:09Mais là encore,
10:10le Coca-Cola
10:12est un produit
10:13avec une inspiration française.
10:15Donc la Corse
10:16peut revendiquer
10:17une certaine paternité
10:18sur la formule
10:19de création du...
10:21Alors,
10:21dernier point
10:22sur cet aspect,
10:23je tiens à signaler
10:25et rendre hommage
10:27à une personne
10:27qui s'appelait
10:28Christophe Mariani,
10:29qui avait relancé
10:31ce vin
10:31dans les années 2016,
10:33et qui nous a quittés
10:35il y a peu,
10:36et j'ai une pensée
10:37émue pour cette personne.
10:38Et bon,
10:39si on retrouve ce vin,
10:39on boira à sa mémoire,
10:41non pas à sa santé de masse.
10:42Je suis avec Alain Delpirou,
10:44auteur de
10:45Cocaïne sans frontières,
10:46enquête sur une ronde mondialisée.
10:48Alain Delpirou,
10:48je vous le disais,
10:49est un géographe,
10:50donc il a pris
10:50la dimension territoriale
10:51et géographique
10:52du phénomène
10:53de la Cocaïne sans frontières.
10:55Alors,
10:56on va rentrer
10:57dans le débat tout à l'heure,
10:58est-ce que c'est une mafia
10:58ou pas une mafia ?
10:59En tout cas,
10:59il y a des réseaux
11:00et il y a,
11:01j'allais dire,
11:03une trame de production
11:04de la cocaïne
11:05dans le monde.
11:06Vous nous appelez au 0826-300-300
11:08parce que,
11:08bien entendu,
11:09ça concerne les narcotraffics,
11:11ça concerne les quartiers
11:12de France
11:13où,
11:13justement,
11:14les stupéfiants
11:14font des ravages
11:16et où la police
11:17a du mal à rentrer
11:18et la justice à agir
11:19parce qu'il est aux mains
11:20des trafiquants
11:22de drogue.
11:23Mais ce n'est pas forcément
11:24le sujet
11:24d'Alain Delpirou,
11:26mais il vous répondra
11:26quand même à la question
11:27si vous avez
11:29envie de partager avec lui
11:30au 0826-300-300.
11:31Emmanuel Galasso
11:32attend votre appel.
11:33A tout de suite.
11:41Vous êtes bien sur Sud Radio
11:43en ce...
11:44On est quoi ?
11:45On est mardi 14 avril,
11:47je pense,
11:47parce que c'est l'anniversaire
11:48de la République espagnole.
11:49Pour moi,
11:50en 1931,
11:50elle a été proclamée
11:51le 14 avril
11:53au balcon de la mairie
11:54d'Eyba.
11:54Allez,
11:55on revient sur notre sujet.
11:56Je reçois
11:57Alain Delpirou,
11:58Cocaïne sans frontière,
12:00enquête sur une drogue mondialisée.
12:01Très, très belle enquête.
12:03Mais Alain Delpirou,
12:04c'est un auvergnard,
12:05il connaît la terre,
12:06il connaît le sol
12:07et il a fait le lien
12:08entre la territorialité
12:09de la cocaïne,
12:10le trafic,
12:11le transport
12:12et le commerce.
12:14Bien sûr,
12:14vous pouvez nous appeler
12:15au 0826-300-300
12:17parce que ce terme
12:19cocaïne vous touche,
12:20vous interpelle.
12:21Voilà,
12:21vous avez peut-être
12:21dans votre famille
12:22des gens qui ont consommé
12:23un peu de cocaïne
12:24ou d'autres stupéfiants.
12:26Enfin là,
12:26on est vraiment sur...
12:27Botaniquement parlant,
12:28on est sur le sujet
12:29de la cocaïne.
12:30Alain Delpirou,
12:31on a vu là,
12:32tout à l'heure,
12:32quelle était cette variété
12:34de plantes,
12:35ce règne végétal,
12:36cette feuille verte
12:37que l'on consomme
12:38avec différentes façons
12:39de le préparer,
12:40y compris en cuisine
12:41et les Incas
12:42le mâchouillait comme ça
12:43et puis ensuite,
12:44évidemment,
12:45transformé par des produits chimiques
12:47et elle peut devenir
12:47le stupéfiant redoutable
12:49que l'on sait.
12:51Comment se passe
12:52la récolte ?
12:52On la récolte,
12:53on la moncelle,
12:54on la traite sur place.
12:55Le protocole
12:56ressemble à quoi ?
12:58Alors,
12:58de nos jours,
12:59on a élevé un peu
13:01cette idée de récolte
13:03à un point très poussé
13:04à travers des cueilleurs
13:06qui sont professionnels,
13:08les raspachines,
13:09qui permettent
13:10très rapidement
13:11d'enlever,
13:12sans abîmer la plante,
13:13les feuilles
13:14afin de les transporter
13:16dans des laboratoires
13:17souvent rudimentaires
13:19et on arrive déjà
13:21à une nouvelle étape.
13:22Elle est vivace
13:23ou il faut la ressemer
13:24tous les ans ?
13:24Ou elle est vivace,
13:25elle se reproduit d'elle-même ?
13:26Elle est vivace.
13:27Elle se reproduit.
13:30Ce qui n'arrange pas
13:30les choses, évidemment.
13:31Tout à fait.
13:32Alors,
13:33si on voulait la supprimer,
13:34il y aurait deux techniques.
13:36Il y a l'arrachage manuel
13:37et après,
13:38il y a aussi une autre technique
13:39qui est là très dangereuse
13:40d'un point de vue écologique,
13:42c'est de pulvériser
13:43du round-up.
13:44Donc,
13:44il y a du défoliant anti...
13:46Ça existe,
13:47sauf que les populations
13:49sur place
13:51refusent cette action.
13:52C'est compréhensible
13:53parce que
13:53quand vous
13:56déversez
13:56des quantités
13:56de défoliants,
13:58ça touche
13:58toutes les cultures
13:59vivrières qui sont autour.
14:00C'est un ravage
14:01pour l'environnement.
14:02Tout à fait.
14:02Vous vous souvenez
14:03de l'agent orange
14:04au Vietnam ?
14:04Exactement.
14:05On a vu ce que ça a donné.
14:06Donc,
14:06on serait prêt à...
14:07C'est vrai qu'on se pose
14:08la question.
14:08Comment éradiquer,
14:10si ce n'est supprimer
14:12la production à la base ?
14:13Inenvisageable.
14:14Alors,
14:14c'est très difficile.
14:16À une époque,
14:17on a eu un président,
14:18M. Chirac,
14:19pour ne pas le nommer,
14:20qui lui avait eu
14:20une idée judicieuse,
14:22c'était d'acheter
14:23les produits sur pied.
14:25Mais on s'est rendu compte
14:26qu'il fallait faire ça
14:29sur plusieurs années.
14:30Ah oui.
14:31Et on n'a pas donné suite
14:33à sa proposition.
14:35Et de fil en aiguille,
14:36on s'est rendu compte.
14:37Maintenant,
14:38on arrive...
14:38Dans les années,
14:39par exemple,
14:391980,
14:40on avait 50 000 hectares
14:42de feuilles de coca
14:43présentes...
14:44On a la superficie plantée
14:45aujourd'hui à peu près ?
14:46Tout à fait.
14:47Grâce aux images satellitaires,
14:49on arrive à peu près
14:50à 400 000 hectares.
14:52Ce qui est énorme,
14:52mais pas énorme à la fois
14:53sur la surface planétaire.
14:54Mais c'est quand même...
14:55Oui,
14:56vous avez raison,
14:57dans le sens que
14:58ça ne parle pas.
15:00excepté si on donne
15:01quelques chiffres.
15:02Paris,
15:03Intramuros,
15:04c'est 100 km².
15:06Oui.
15:07Et les 400 000 hectares,
15:09c'est à peu près
15:094000 km².
15:11Un département
15:12comme le Tarn et Garonne
15:14ne suffirait pas
15:15à englober
15:16toute cette superficie
15:18de feuilles de coca.
15:19Alors,
15:19si on prend un département...
15:20Si je prends le Cantal,
15:21par exemple,
15:22ou la Gironde,
15:23qui sont des grands départements...
15:24Alors là,
15:24oui,
15:25ça marcherait.
15:25Mais c'est quand même
15:26à l'échelle
15:27d'un grand département français.
15:28Tout à fait.
15:29Pour la production planétaire.
15:30Tout à fait.
15:31Alors,
15:32Alain Delpirou,
15:33si M. Bill Gates,
15:34M. Musk,
15:35qui sont les plus grosses fortunes,
15:37plus les Émirats du Golfe,
15:38si on prend les 100 plus grands
15:40milliardaires
15:41de la Terre
15:42et qu'on leur dit
15:43est-ce que vous pourriez acheter
15:44la totalité
15:45de la production mondiale,
15:46techniquement,
15:46c'est envisageable.
15:47En pratique,
15:48c'est peut-être différent.
15:49Mais 400 000 hectares
15:50de cocaïne,
15:53de coca,
15:54ce n'est pas un surmontable
15:55pour leur trésorerie.
15:55C'est un petit peu à ça
15:56que pensait Jacques Chirac ?
15:58En partie.
15:59Mais l'avantage
16:00de la réflexion
16:01de M. Jacques Chirac,
16:02c'était aussi
16:02qu'il englobait
16:04l'idée
16:05que dans la culture
16:06de coca,
16:06il y a une partie illicite,
16:0990%,
16:09mais il y a aussi
16:10une partie licite,
16:1210%.
16:12C'est-à-dire qu'en Bolivie,
16:14tout comme au Pérou,
16:16la coca
16:16est tout à fait légale.
16:17Elle fait partie
16:18d'une consommation
16:19régulière,
16:20j'allais dire
16:22quasiment quotidienne
16:22et légale.
16:23Et légale,
16:24à un tel point
16:24qu'elle est même inscrite
16:25dans la constitution
16:26en Bolivie.
16:27Ah oui ?
16:28Oui.
16:28D'accord.
16:29Donc, en Colombie,
16:30c'est pareil.
16:30Les populations amérindiennes
16:32utilisent la coca.
16:34Donc,
16:34il y a des exceptions
16:35à la règle.
16:36Et ça va même plus loin
16:37et ce qui complique la chose
16:39puisqu'on a des
16:42consommateurs
16:43de feuilles de coca
16:43en Argentine,
16:44dans certaines provinces
16:46du nord de l'Argentine
16:47où c'est légal.
16:48Les gens ont droit
16:49de consommer la coca.
16:51Ce qui n'est pas légal,
16:52par contre,
16:52c'est de la consommer
16:53à Buenos Aires.
16:54Donc, au niveau
16:54de la législation internationale,
16:56rien qu'au niveau
16:57de la plante,
16:58on a une disparité
17:01très importante.
17:02Donc, elle fait partie
17:03du paysage sud-américain
17:05et elle est entrée
17:05dans la consommation courante
17:07pour ses vertus nutritionnelles
17:08des populations locales.
17:10Est-ce qu'on peut faire
17:11une petite nuance
17:11pour que nos auditrices
17:12et nos auditeurs
17:13s'y retrouvent bien ?
17:14La cocaïne,
17:15le terme est très violent.
17:17Il y a d'autres plantes
17:18qui sont productrices
17:20de stupéfiants.
17:20Il y a le pavot
17:21pour l'opium
17:22qui est une drogue,
17:23le chanvre
17:24pour le cannabis.
17:26Je rappelle toujours
17:26en Marseillais
17:27que la cannebière
17:28en Provençal,
17:29ça veut dire la chanvrerie.
17:30Comme c'était une rivière,
17:31il y avait du chanvre
17:32de chaque côté
17:32pour faire du tissu,
17:34non pas pour faire
17:35de la drogue
17:35et pour autant...
17:36Et des cordes.
17:37Et des cordes,
17:40un bateau à l'époque
17:41c'était 20 km de cordage.
17:43Donc il fallait
17:43des chanvreries.
17:44Ça allait ensuite
17:45à Rochefort
17:45pour tendre les cordes
17:47dans la corderie
17:48de Rochefort
17:49et de la Palisse.
17:50Mais aujourd'hui,
17:50Marseille,
17:51on parle du chanvre
17:52et de la cocaïne
17:53pour autre chose
17:55et pour le cannabis aussi.
17:57Ce sont des variétés
17:59végétales stupéfiantes
18:00avec des vertus
18:01stupéfiantes très différentes
18:02ou non ?
18:03Ou le résultat
18:04est à peu près le même ?
18:05Que ce soit du pavot,
18:06de la cocaïne
18:06ou du cannabis ?
18:09Ce n'est pas les mêmes effets ?
18:10Non, pas du tout.
18:11D'autant que...
18:12Et là,
18:12on va peut-être faire attention
18:13au niveau des termes
18:14qu'on utilise
18:15puisque quand on parle
18:16de narcos,
18:18il faut faire attention
18:20dans ce sens
18:21que la terminologie
18:22ne correspond pas
18:23à la réalité
18:24par rapport à la cocaïne.
18:25La cocaïne
18:26n'est pas un narcotique.
18:27La cocaïne,
18:28c'est un stimulant.
18:29C'est encore autre chose.
18:32Donc,
18:33il faut être très précis
18:35quand on évoque
18:36ces points-là
18:39et surtout
18:40parce que ça n'a pas
18:40les mêmes effets.
18:41On sait que des grandes
18:43personnalités de l'histoire
18:45en ont utilisé.
18:46Encore aujourd'hui,
18:46on ne va pas citer de nom,
18:47mais on dit celui-là,
18:48il doit y aller à la coque
18:50parce qu'il a des pressions
18:51professionnelles,
18:52il a des capacités intellectuelles.
18:54On le voit un peu,
18:55voilà,
18:55des êtres humains
18:56qui se dépassent.
18:58On se dit souvent,
18:58ils sont stimulés
18:59par des produits adjacents.
19:02Hitler disait,
19:03en parlant de Göring,
19:03ce cocaïnomane.
19:04On savait que Göring
19:06utilisait la cocaïne.
19:08Donc,
19:08vous voulez dire,
19:09la cocaïne,
19:10ce n'est pas forcément
19:10le stupéfiant,
19:12la drogue violente
19:13que peut être le cannabis
19:14ou l'héroïne,
19:16carrément.
19:16Plutôt l'héroïne,
19:17d'ailleurs.
19:18Alors,
19:18l'héroïne,
19:19elle vient d'où,
19:19elle-même ?
19:20Elle vient de l'Asie
19:22du Sud-Est.
19:23Et là,
19:24par exemple,
19:24c'est intéressant
19:25d'un point de vue géographique
19:26d'analyser ces espaces
19:28puisqu'on s'aperçoit
19:29que la culture du pavot,
19:31notamment
19:33dans cette partie du monde,
19:35elle peut fluctuer.
19:36En Afghanistan,
19:37qui a été un des gros points,
19:38un des gros pays producteurs
19:40de pavots,
19:41du jour au lendemain,
19:4290% de sa production
19:44a disparu
19:45sous la demande
19:48exigeante des talibans
19:49qui ne voulaient plus
19:50de cette plante
19:51sur son sol national.
19:53Mais l'héroïne vient du pavot,
19:54indirectement ?
19:55Tout à fait.
19:56D'accord.
19:56Donc l'opium et l'héroïne,
19:57c'est la même source.
19:58C'est le même végétal.
20:00Alors,
20:01tout à l'heure,
20:01vous parliez de gastronomie.
20:03Oui.
20:03Gardons-y à l'esprit
20:04qu'au niveau du pavot,
20:05des graines de pavot,
20:06parfois,
20:07elles sont même utilisées.
20:08Ah, mais j'en vois souvent
20:09dans les plats.
20:10Tout à fait.
20:10Et puis, n'oublions pas
20:11que nous cueillons le printemps
20:12des coquelicots
20:12et que le coquelicot,
20:14c'est la fleur,
20:14c'est une des variétés
20:15de fleurs du pavot.
20:17Alors, c'est pour ça
20:17que j'aime bien faire
20:18le distinguo
20:19entre les plantes
20:20et les produits
20:21de transformation
20:22qui sont en récent,
20:24puisque ça date
20:25à peu près du 18e,
20:2719e,
20:2720e siècle.
20:29Et avant cette période,
20:31ces plantes ne posaient pas
20:32trop de problèmes
20:33à l'humanité.
20:34Pour autant,
20:35est-ce qu'on peut dire
20:36à l'un des lepiroux
20:36que la cocaïne
20:37n'est pas la plus redoutable
20:39des drogues aussi ?
20:40C'est quand même
20:41un stupéfiant dangereux.
20:43Alors,
20:44c'est un stupéfiant dangereux
20:45puisque quand on regarde
20:47les statistiques
20:48au niveau
20:49de la mortalité
20:51par surdose,
20:52on s'aperçoit
20:53que ce n'est pas rien.
20:56C'est la plus consommée
20:57ou non ?
20:57Pas forcément.
20:58Dans les drogues
20:59un peu violentes,
21:00je veux dire,
21:00si je peux m'exprimer ainsi.
21:02D'un point de vue
21:04chiffre d'affaires,
21:05la cocaïne
21:06vient de supplanter
21:07le cannabis.
21:08D'accord,
21:09elle est passée devant.
21:09Elle est passée devant.
21:11Donc,
21:11on a des chiffres
21:12qui évoquent
21:131, 2,
21:14voire 3 milliards
21:15d'euros
21:16en chiffre d'affaires.
21:19Ce n'est pas
21:20des petites sommes.
21:2250 euros
21:23le gramme
21:23en France.
21:25La cocaïne
21:26concerne plus
21:27d'un million
21:27de consommateurs
21:28tandis que les victimes
21:29du narcotrafic
21:29s'accumulent.
21:30Ça,
21:31c'est votre base
21:32de votre analyse.
21:33Un million
21:34de consommateurs
21:35d'irréguliers.
21:36Irréguliers,
21:37voilà.
21:37Mais on a,
21:38selon les chiffres
21:40mêmes proposés
21:41par le Premier ministre
21:42en décembre 2025,
21:43on était déjà
21:45à 3,7 millions
21:46d'utilisateurs
21:48qui avaient,
21:50d'une manière occasionnelle,
21:51goûté,
21:51entre guillemets,
21:53à ce produit.
21:54Comme ces chiffres
21:55sont un peu datés
21:56puisqu'ils proviennent
21:58de documents
22:00qui ont été publiés
22:01en 2024,
22:03on peut simplement
22:04penser,
22:05sans trop se tromper,
22:07qu'on est plutôt
22:07à 4 millions
22:08de personnes
22:09qui ont déjà
22:11utilisé,
22:12au moins une fois
22:12dans leur vie,
22:14ce produit
22:14en France.
22:15Je reçois
22:16Alain Delpirou,
22:17auteur de
22:18Cocaïne,
22:18son frontière,
22:19enquête sur une drogue
22:20mondialisée.
22:21Alain Delpirou
22:22est un géographe
22:22et il nous donne
22:23la dimension territoriale
22:24de cette plante
22:26et des produits
22:27stupéfiants
22:28qui en résultent.
22:29Comment on la transporte,
22:30comment on la produit,
22:30comment on la transporte,
22:31comment elle se distribue ?
22:32On continue avec lui
22:34et vous pouvez appeler
22:35au 0826-300-300
22:37parce que peut-être
22:38vous sentez vous concerné,
22:39peut-être avez-vous
22:39des inquiétudes
22:40ou des questions
22:41imposées à Alain Delpirou.
22:42A tout de suite
22:43sur Sud Radio,
22:45Alain Galasso.
22:48Emmanuel Galasso
22:49attend votre appel.
22:49A tout de suite.
22:52Midi 14h,
22:54Sud Radio,
22:55la France dans tous ses états,
22:57Péricault-Légas.
22:58Vous êtes sur Sud Radio,
23:00la France dans tous ses états,
23:02le face-à-face,
23:03le côte-à-côte
23:04entre Alain Delpirou,
23:06auteur de
23:06Cocaïne sans frontières,
23:07enquête sur une drogue
23:08mondialisée.
23:09et moi-même,
23:09nous échangeons
23:10sur ce phénomène.
23:11On parle beaucoup
23:12de géographie,
23:12on parle de végétation,
23:14on parle de production,
23:15on a parlé de transport
23:16et on voit avec Alain Delpirou
23:19que l'expansion
23:20de cette production
23:21de cocaïne
23:22est en pleine,
23:24l'expansion
23:25est en extension.
23:26Voyez,
23:26je fais un néologisme.
23:27Nous sommes en ligne
23:28avec Sylvie,
23:30Sylvie qui nous appelle
23:31de Pouillé-les-Coteaux.
23:32Bonjour.
23:33Bonjour Sylvie.
23:35Bonjour messieurs.
23:35Alors je ne vais pas vous demander
23:36si on produit de la coca
23:38à Pouillé-les-Coteaux,
23:39je ne pense pas,
23:40mais je pense que le sujet
23:42vous touche quand même.
23:44Il y a pu avoir du chanvre.
23:45Ah oui, bien sûr,
23:46on en parlait à l'instant
23:47au Rantenne,
23:47le chanvre était très répandu
23:48en France
23:49pour faire les cordages
23:50des bateaux.
23:51Oui,
23:51je voulais poser
23:52la question suivante.
23:53Alors j'ai bien compris
23:54qu'on pouvait utiliser
23:56la coca
23:56comme un simple stimulant,
23:58c'est-à-dire
23:59comme on boit du café
24:00finalement.
24:02Mais depuis quand,
24:04à quelle période
24:05et dans quel pays
24:06a-t-on commencé
24:07à industrialiser
24:11cette plante
24:12pour en faire la cocaïne
24:13qui est devenue
24:14un stupéfiant
24:16aussi dangereux ?
24:17Est-ce que c'est récent ?
24:18Est-ce que c'est ancien ?
24:22Alors pour...
24:23Là, les questions
24:23que je me pose.
24:24Oui, oui, oui.
24:24Alain Delperou
24:25va vous répondre justement
24:26parce que c'est un des aspects
24:27très importants
24:28de son livre.
24:29Il parle des conditions
24:30de production,
24:31de l'origine de la production
24:31et ensuite de la distribution.
24:34C'est parti de quoi
24:34la transformation
24:35Alain Delperou
24:36de la cocaïne
24:37en stupéfiant ?
24:37Il y a un personnage
24:38qui a laissé une trace
24:40indélébile
24:41dans notre histoire
24:42contemporaine.
24:43C'est le fameux
24:44Pablo Escobar
24:45qui avait fait le constat...
24:48Le parrain du cartel
24:49de Medellín
24:50en Colombie.
24:51Tout à fait.
24:52Qui était au départ
24:54un criminel
24:55de droit commun.
24:56Oui.
24:57Qui volait des voitures,
24:58qui volait des pierres tombales.
25:00Et il s'était rendu compte
25:02que la poudre blanche
25:03avait une valeur financière
25:05non négligeable.
25:06Et ce personnage
25:07a été en Bolivie,
25:08au Pérou.
25:09Il a fait des déplacements,
25:10des déplacements d'études.
25:12C'est paradoxal.
25:14Et il s'est lancé
25:16dans ce négoce.
25:18Et à un tel niveau
25:20qu'il a décidé
25:23d'augmenter
25:24les cultures de coca
25:25en Colombie.
25:26Et au départ,
25:28la Colombie ne produisait
25:29quasiment pas
25:30de feuilles de coca.
25:31Mais du jour au lendemain,
25:32on a vu arriver
25:34sur le territoire
25:35national colombien
25:36des cultures
25:37à très grande échelle.
25:38à un tel point
25:39qu'on a eu
25:40ce fameux laboratoire,
25:41je ne sais pas
25:41si vous vous rappelez,
25:42qu'on avait surnommé
25:44Tranquilandia.
25:45Tout à fait.
25:46Et ce laboratoire
25:48tournait 24 heures
25:49sur 24.
25:50Et il produisait
25:52plus de 20 tonnes
25:53de cocaïne
25:54par mois.
25:55C'était énorme.
25:56Que les forces
25:57de sécurité colombiennes
25:58et même américaines
25:59ont cherché
25:59très longtemps
25:59à localiser.
26:00On savait qu'il y avait
26:01un centre de production.
26:02Tout à fait.
26:03À un tel point
26:04que quand les Américains
26:05et les Colombiens
26:06ont réussi à localiser
26:08ce lieu,
26:09il y a eu
26:10un assaut.
26:11D'ailleurs,
26:12ça a provoqué
26:14une réaction
26:15violente
26:15de la part
26:16de Pablo Escobar.
26:17Mais lui,
26:17il était déjà lancé.
26:18Il avait lancé
26:19cette industrie
26:20à grande échelle
26:21et il a fait assassiner
26:22le ministre
26:23de la justice colombienne,
26:26Lara Bonilla.
26:26Lara Bonilla.
26:27C'est la preuve
26:28qu'on l'avait frappé
26:29là où ça fait mal.
26:30Et qu'ils avaient commencé
26:30avant qu'il soit arrêté.
26:33Alain Espirou
26:34et Sylvie de Pouillé,
26:37les coteaux
26:38que vous nous demandez
26:39commencent à commencer.
26:40Cette industrie,
26:41elle ne cesse
26:42de se déployer aujourd'hui ?
26:43Tout à fait.
26:45Regardons,
26:46prenons un élément
26:48qui est tangible,
26:49qui nous permet
26:50de nous faire
26:51un peu une idée.
26:52Ce sont les vecteurs
26:53des saisies.
26:54Si on prend l'exemple
26:55de la France,
26:56on s'aperçoit
26:57qu'en 2025,
26:59les saisies
27:01ont atteint
27:01plus de 80 tonnes
27:04de cocaïne.
27:05En 2024,
27:07on était à 50 tonnes,
27:0854 tonnes.
27:09En 2023,
27:11on était à 24 tonnes.
27:12Alors,
27:12c'est parce qu'il y a
27:12plus de production
27:13ou parce que nos polices
27:14sont plus efficaces ?
27:15À mon avis,
27:16les deux à la fois.
27:17Parce que les policiers,
27:18les gendarmes,
27:19les douaniers,
27:20les militaires
27:21commencent à avoir
27:22une bonne pratique,
27:24ils commencent
27:24à faire des ciblages,
27:26commencent à bien repérer
27:27les routes
27:28et interviennent.
27:29Et comme ils disent
27:30dans leur jargon,
27:31ils tapent au bon endroit
27:32au bon moment.
27:33Elle est vendue
27:34sous quelle forme ?
27:35Ça ressemble à quoi ?
27:36La cocaïne prête à consommer ?
27:38Avant qu'elle soit
27:39prête à consommer,
27:40elle est déplacée
27:42d'un endroit A
27:43à un endroit B
27:44sous forme de pain.
27:46Puisqu'elle est placée
27:48sous plastique
27:49et c'est thermoformé.
27:51Quand elle est cueillie,
27:51qu'est-ce qui lui arrive
27:52tout de suite ?
27:52Elle est conditionnée
27:53pour être déplacée
27:54ou elle est déjà
27:55traitée un petit peu sur place ?
27:56Elle est séchée ?
27:57Elle est séchée
27:58puis après elle est transformée.
27:59Première étape,
28:00la pâte base
28:01et après,
28:02seconde étape,
28:02le chlorhydrate.
28:03À l'endroit de production
28:04ou ça peut être ailleurs ?
28:06Alors,
28:06jusqu'à il y a deux ou trois ans,
28:08c'était sur place.
28:09Sur place.
28:10Donc en Colombie,
28:11en Pérou, voilà.
28:11Voilà.
28:12Mais depuis quelques temps,
28:14les trafiquants
28:15ont changé un peu
28:16leur fusil d'épaule
28:17puisqu'ils n'envoient plus
28:19le chlorhydrate préparé
28:20en Europe
28:22ou aux Etats-Unis
28:23ou en Océanie.
28:24Ils envoient directement
28:25la pâte base.
28:26C'est-à-dire qu'on a
28:27des laboratoires
28:28maintenant en Europe
28:28qui se chargent
28:30de transformer
28:30la pâte base
28:31en chlorhydrate.
28:33Ça évite que si
28:34on saisit
28:35des cargaisons
28:36de pâte base,
28:37ça coûte moins cher
28:38pour les trafiquants.
28:39C'est clair.
28:40Et ça favorise aussi
28:42la dissimulation.
28:44On a trouvé,
28:45par exemple,
28:45de la pâte base
28:46de cocaïne
28:46dans des chargements
28:48de charbon.
28:50Et la pâte base
28:51se fait dans des petits ateliers,
28:52des petites usines
28:53sur place.
28:54Tout à fait.
28:54Est-ce que ça serait
28:56une solution
28:56de les localiser
28:57et d'intervenir
28:58dès la pâte base ?
28:59Ou c'est pas possible ?
29:00C'est très difficile
29:01puisque c'est des milliers
29:03de petits laboratoires
29:04qui sont disséminés
29:05sur toute l'Amérique latine.
29:07Donc,
29:08c'est un coup d'épée
29:09dans l'eau.
29:09Et donc,
29:10après la pâte base
29:10s'est transformée
29:12là en produits
29:13prêts à consommer ?
29:14Tout à fait.
29:15Le prix,
29:15à ce moment-là,
29:16sur le territoire
29:17latino-américain,
29:18c'est l'équivalent
29:19de 3 000 euros.
29:20Le kilo ?
29:21Le kilo.
29:22Et quand ça a traversé
29:24l'Atlantique,
29:25et après,
29:26si vous voulez,
29:26on parlera même
29:27de la traversée
29:28du Pacifique.
29:29Pacifique.
29:30Mais quand on traverse
29:31l'Atlantique
29:31et qu'on arrive en Europe,
29:34sur le déplacement,
29:36on arrive à des sommes
29:37de 20 000,
29:3825 000 euros le kilo.
29:40Sauf que,
29:41ensuite,
29:42on voit déjà
29:43décliner les prix.
29:45Avant,
29:45on avait,
29:46il y a 2 ou 3 ans,
29:48le kilo de cocaïne
29:49à Rotterdam,
29:50à Anvers,
29:51à Amsterdam,
29:53c'était de l'ordre
29:53de 30 000 euros le kilo.
29:55La consommation finale
29:55est en Europe ou non ?
29:56Celle qui est prête
29:57à consommer ou pas ?
29:58Alors,
29:58bien entendu,
29:59en Europe,
30:00mais aussi sur le marché américain
30:01qui repart,
30:03puisqu'il avait...
30:03Je veux dire,
30:04sur le lieu de consommation.
30:05Le laboratoire final,
30:06il est sur le lieu de consommation ?
30:08Oui,
30:09en partie.
30:10En partie.
30:11L'industrie est en pleine expansion,
30:12c'est-à-dire que,
30:13comme la production de coca
30:15augmente,
30:16puisqu'on peut en planter
30:17pas seulement l'Amérique latine,
30:18mais il y a une extension,
30:20ça veut dire qu'aussi,
30:20les lieux de transformation
30:22se multiplient également ?
30:23Tout à fait.
30:24Et là,
30:25c'est pas neutre,
30:27en ce sens que les trafiquants
30:29ont souvent un ou plusieurs
30:31coups d'avance,
30:32puisque quand il y a un peu
30:33de trop de surproduction,
30:35et que les saisies
30:36n'épongent pas
30:37ces surproductions,
30:38les trafiquants
30:40mettent ça à l'abri.
30:41On a maintenant
30:42l'existence
30:43d'entrepôts.
30:44Alors,
30:45on pourrait imaginer
30:46une ferme abandonnée
30:47dans un endroit isolé,
30:49mais souvent,
30:50ce sont des containers
30:51qui sont
30:53enterrés,
30:54notamment en Espagne,
30:56dans le nord de l'Espagne,
30:57et qui attendent
30:58tranquillement
30:58le moment venu
30:59pour être déversés
31:01sur le marché européen.
31:02Et forcément,
31:03cette production de coca
31:04a engendré
31:05la création,
31:06l'apparition
31:06de narco-états.
31:07Vous en parlez
31:07dans votre livre.
31:08Donc,
31:08il y a des états
31:09dont l'économie repose
31:10sur la production
31:11de cocaïne.
31:12Oui,
31:12j'ai pris deux exemples.
31:14L'un,
31:15au Honduras,
31:16où on a eu
31:17un ancien président
31:19de ce pays
31:20qui,
31:20durant son mandat
31:22de huit années
31:23de suite,
31:24avait permis
31:24le passage
31:25de 500 tonnes
31:26de cocaïne
31:27en Amérique,
31:29du nord.
31:29C'est le premier pays
31:31qui est évoqué
31:32dans ce livre.
31:33Et le deuxième pays,
31:34c'est la Guinée-Bissau,
31:36ancienne possession
31:37portugaise,
31:38qui est très proche
31:39des côtes brésiliennes,
31:40d'un point de vue géographique,
31:41là où on voit,
31:42là aussi,
31:43des quantités astronomiques
31:45de cocaïne
31:45qui passent,
31:46et on voit aussi
31:47la présence
31:48de narcos colombiens,
31:50voire mexicains.
31:52Donc,
31:52à un moment donné,
31:53il y aura peut-être
31:53un moyen
31:54militaire,
31:55policier,
31:55judiciaire
31:56de contrôler
31:56cette production,
31:57ou ça sera quand même
31:58très difficile ?
31:59Alors,
31:59ça commence.
32:01D'un point de vue
32:02répression,
32:03on se rend compte
32:04que,
32:04depuis quelque temps,
32:05la marine va au contact
32:07et intercepte
32:08les cargaisons
32:09qui sortent
32:10du territoire
32:10latino-américain,
32:11ce qui n'était pas le cas
32:12des années auparavant.
32:14Donc,
32:15là,
32:15on a marqué
32:16un coup d'arrêt,
32:18et d'ailleurs,
32:18les saisies,
32:20d'un point de vue
32:21de répression,
32:22l'essentiel se fait
32:23maintenant
32:23par la marine nationale.
32:25Merci Alain Delpirou
32:26de nous avoir éclairé.
32:28Votre travail
32:29est un chef d'oeuvre
32:30absolu de recherche.
32:31D'abord,
32:32on en apprend beaucoup
32:32en termes géographiques,
32:33et surtout,
32:34on comprend ce qu'est ce phénomène
32:36sur le plan végétal,
32:38politique,
32:38économique.
32:39Voilà.
32:40Cocaïne sans frontières,
32:41enquête sur une drogue
32:42mondialisée
32:42aux éditions du CERF
32:44pour la modique somme
32:45de 19,90 euros.
32:47Et on en apprend
32:48beaucoup plus
32:48sur le phénomène
32:49de la cocaïne.
32:50Merci Alain Delpirou
32:50d'avoir été en direct.
32:51C'est moi qui vous remercie.
32:52Et je vous dis probablement
32:52à bientôt,
32:53parce que je pense
32:53qu'il y aura une suite
32:54avec une autre,
32:55peut-être une autre variété.
32:56Avec grand plaisir.
32:56Merci.
32:57Vous écoutez Sud Radio,
32:58et dans un instant,
32:59ce sera nous qui vous écouterons,
33:01puisqu'à partir de midi 45,
33:03environ,
33:04jusqu'à 14h,
33:0513h45,
33:06jusqu'à 14h,
33:07pardon,
33:07nous vous donnons la parole.
33:08Vous nous appelez en direct
33:10au 0826 300 300
33:11et vous réagissez
33:12au sujet d'actualité,
33:13au sujet que vous voulez,
33:14quelque chose
33:15qui vous a marqué
33:15parmi ceux
33:16qu'on a évoqués
33:16durant cette émission,
33:18des sujets d'actualité
33:19qui vous ont touchés
33:20cette semaine.
33:21On est là pour vous écouter,
33:22pour vous répondre.
33:23A tout de suite
33:23sur Sud Radio.
33:26Péricault Légas.
33:27Eh oui,
33:28vous êtes bien sur Sud Radio
33:29en ce mardi 14 avril 2026
33:31et nous inaugurons
33:33cette nouvelle tranche.
33:35On se rapproche
33:35de nos auditrices
33:36et de nos auditeurs
33:37de Sud Radio.
33:38Vous avez la parole,
33:40vous avez la parole
33:41tout le temps,
33:42toute la journée
33:43sur Sud Radio.
33:44Et là,
33:44vous avez un rendez-vous,
33:45Voilà,
33:45Philippe David vous prend
33:46de 19 à 20 heures
33:48et Maud et moi,
33:49on est un peu jaloux
33:50que Philippe David
33:51ait le droit
33:51de vous parler en direct
33:52et on a demandé
33:53à notre aimable direction
33:54et Patrick Roger a dit
33:56oui,
33:56il faut étendre
33:57la possibilité
33:58pour nos auditeurs
33:59de nous contacter.
34:00D'abord parce que
34:01quand vous intervenez,
34:02vous dites toujours
34:02des choses pertinentes.
34:04Je ne vais pas dire
34:04que vous êtes meilleur
34:05que les journalistes
34:05mais presque.
34:06C'est beau dire
34:06voilà,
34:07je ne vais pas vous flatter
34:08et là,
34:09pendant ce quart d'heure
34:09de 13h45
34:10à 14h,
34:12mais non,
34:12on apprend,
34:13l'auditeur est là
34:13pour nous apprendre.
34:14Vous savez bien
34:15et là,
34:16de 13h45
34:18à 20h
34:19à 14h
34:20tous les jours,
34:21vous avez la parole.
34:22Bien sûr,
34:23vous pouvez aborder
34:24les thématiques
34:24que l'on a traitées
34:26durant cette émission,
34:27durant la France,
34:27dans tous ses états
34:28mais s'il s'est passé
34:29quelque chose ce matin
34:30sur ce radio
34:30sur lequel vous avez envie
34:31de réagir
34:32et quand bien même
34:33sur un autre média,
34:34on n'est pas jaloux,
34:35on n'est pas chauvin
34:35ou tout simplement
34:36dans l'actualité
34:37une question que vous avez
34:38envie de poser,
34:39vous êtes ici chez vous,
34:40vous la posez librement
34:41et humblement,
34:42si Maud et moi,
34:42on est à la hauteur
34:43de votre question,
34:44on essaiera d'y répondre
34:45avec le plus de pertinence
34:46et de ferveur possible.
34:48La manifestation commence
34:49avec Loïc
34:51qui nous appelle
34:51de Saint-Pierre-de-Lage.
34:53Bonjour Loïc.
34:55Bonjour.
34:56Loïc, je vous écoute.
34:57D'abord,
34:58j'aime bien,
34:59où est Saint-Pierre-de-Lage ?
35:01Alors,
35:01c'est à l'est de Toulouse.
35:04Bon,
35:04parce que
35:04je prétends bien connaître
35:06la géographie française
35:07mais quelquefois,
35:08il y a des communes
35:08qui apparaissent sur mon écran,
35:10je dis,
35:10mais où c'est Saint-Pierre-de-Lage ?
35:11Donc, vous êtes dans l'oragué,
35:12si je comprends bien un petit peu.
35:14C'est tout ça que ça.
35:14Eh bien, dans l'oragué.
35:16Loïc, je vous écoute.
35:17Quelle est votre question
35:18ou votre besoin d'intervention ?
35:21Alors,
35:22moi,
35:22je vais être très franc,
35:23cette histoire de 1er mai
35:25n'exaspère plus au point.
35:28Pourquoi ?
35:28Alors,
35:29un,
35:29parce que,
35:30bon,
35:30je vais être très franc avec vous,
35:31moi,
35:31ça fait plus de 20 ans que je...
35:341er mai,
35:348 mai,
35:3511 novembre,
35:35pour moi,
35:36ce sont des totems
35:37dans le sens
35:38où ce sont des dates
35:39dans notre calendrier
35:40qui ont une représentation derrière.
35:42Donc,
35:43elles sont importantes.
35:44Et donc,
35:45entendre nos chers gouvernants
35:46passer leur temps
35:47à dire qu'il faut le supprimer,
35:49il faut le supprimer,
35:49bon,
35:49pourquoi pas,
35:50mais venant de la part de gens
35:52qui sont pour la plupart d'entre eux
35:53improductifs,
35:54je ne vous cache pas
35:55que ça m'agace beaucoup.
35:56Donc,
35:57Loïc,
35:57vous,
35:57vous êtes pour un 1er mai sacré
35:59et pas pour un 1er mai ouvré.
36:01On ne touche pas au 1er mai.
36:02Voilà.
36:03Après,
36:04après,
36:04tout le débat,
36:05moi,
36:05je l'entends,
36:05que les boulangers soient ouverts,
36:08que les fleuristes soient ouverts,
36:10et on réfléchit bien,
36:11ça fait depuis 20 ans,
36:1230 ans,
36:1240 ans,
36:13ça n'a jamais posé problème
36:14sauf depuis quelques temps,
36:16et on se pose bien
36:16pourquoi du comment.
36:18Il est clair pour moi
36:19que si le problème aujourd'hui
36:21de nos politiques,
36:22c'est qu'on a en France
36:24un problème de productivité,
36:26ce n'est pas en supprimant
36:27le 1er mai,
36:28c'est peut-être en commençant
36:29enfin à se poser la question
36:30est-ce que les 35 ans,
36:32il ne faudrait peut-être pas
36:33commencer à réfléchir
36:34à revenir dessus ?
36:35Mais si,
36:36mais si,
36:37et c'est un,
36:37vous soulevez
36:39un des sujets
36:40les plus importants
36:41du débat sociopolitique français.
36:43Toutefois,
36:44je m'en tiens
36:46à ce que je disais tout à l'heure
36:47à l'élu communiste de Paris,
36:49le petit commerçant,
36:51le petit patron
36:51qui a sa boutique,
36:52qui est confronté
36:53à des difficultés économiques
36:54parce qu'il y a
36:55une petite récession,
36:56la consommation a baissé,
36:58il demande lui seul
36:59en tant que patron,
37:00il n'est pas fleuriste,
37:01il n'est pas boulanger,
37:02il vend des chaussures
37:02ou d'autres produits,
37:04il demande à ouvrir lui
37:05le 1er mai
37:06pour améliorer
37:07un peu son chiffre d'affaires,
37:08peut-être pour préserver
37:09les emplois qui sont les siens,
37:11est-ce que là,
37:11à ce moment-là,
37:12vous êtes d'accord
37:12ou même ça,
37:13vous n'êtes pas
37:15forcément convaincu ?
37:16Ben écoutez,
37:16je vais être très très franc
37:17avec vous,
37:18sur ce coup-là,
37:19je ne suis pas convaincu.
37:19Pourquoi les gens
37:20iraient plus
37:21acheter des chaussures
37:22le 1er mai
37:22que le 2 mai
37:23ou le 3 mai ?
37:24Il y a un moment,
37:25il faut peut-être
37:25avoir aussi raison gardée,
37:27si on a un problème
37:28économique aujourd'hui,
37:29ce n'est pas un jour
37:30ou de plus ou de moins
37:31qui va résoudre les choses,
37:32il va bien falloir
37:33à un moment ou un autre
37:34qu'on se repenche
37:35vraiment sur cette histoire
37:36de 35 heures
37:38et notamment
37:39dans la fonction publique,
37:40parce que je vais être
37:41très franc,
37:41moi j'en fais partie,
37:42si demain on me dit
37:43on repasse à 39 heures
37:44payées 39,
37:45je peux vous dire
37:46que les 15 jours
37:47de RCT que j'ai,
37:48je les revends
37:49avec grand plaisir.
37:49Moi j'ai compris
37:50ce que vous êtes en train
37:51de nous expliquer Loïc
37:52et c'est très important
37:53parce que vous le dites
37:54avec vos mots
37:55et avec un bon sens absolu,
37:57est-ce qu'on peut se remettre
37:58à travailler un peu plus ?
37:59Du coup on n'a pas besoin
38:00de s'arrêter le 1er mai.
38:02La France a toujours été connue
38:03pour la productivité
38:04de ses salariés,
38:06ce qui est toujours une réalité
38:07même si ça s'est un peu atténué,
38:09vous vous dites
38:09est-ce qu'on peut retravailler
38:10pendant la période de travail,
38:12travailler un peu plus ?
38:13Ça nous permettra peut-être
38:15de prendre des 1er mai
38:16et des jours de congés plus longs
38:17puisqu'on aura compensé
38:18ces jours de congés
38:19par une vraie productivité
38:21professionnelle.
38:21C'est un peu ça votre idée ?
38:23Tout à fait.
38:24Je pense que vous êtes entendu.
38:26Et quel que soit le secteur,
38:27secteur privé,
38:28secteur public.
38:28On est bien d'accord.
38:29Les 35 heures dans le secteur public
38:31a été une hérésie
38:32qu'on continue de payer aujourd'hui.
38:33Les services publics sont à l'autre
38:35et malgré ça,
38:38je vais reprendre certains mots
38:40de notre cher président,
38:41ça nous coûte un pognon de dingue.
38:42Ah oui, un pognon de dingue,
38:43bien sûr.
38:43Les prestations sociales
38:44pour payer souvent des gens
38:45qui n'ont pas peut-être donné
38:46toute la productivité
38:47qu'ils pourraient...
38:48Quel est votre métier, Loïc ?
38:49Vous faites quoi dans la vie ?
38:51Moi, je suis juriste
38:52pour le secteur agricole.
38:53Ah ben, vous connaissez le dossier
38:54en plus, bien sûr.
38:55Bien sûr.
38:56Et pourtant, les paysans,
38:58il ne faut pas leur parler
38:59de 35 heures.
39:00Ce n'est pas eux qui sont touchés
39:00par la baisse de productivité.
39:03Alors, oui et non.
39:04C'est-à-dire que vous êtes éleveur,
39:05vous avez des animaux,
39:06de toute façon,
39:07vous bossez 7 jours sur 7.
39:08Les animaux,
39:09il faut les traire tous les jours,
39:11il faut les soigner tous les jours,
39:12on mérite tous les jours
39:13qu'ils naissent.
39:14Ce serait un peu plus dubitatif
39:15sur les céréaliers
39:16qui sont plus liés
39:19au cycle de la nature.
39:21Il y a des périodes
39:21où les céréaliers
39:22peuvent faire autre chose,
39:23il y a des périodes
39:23où, de toute façon,
39:24ils feront 48 heures
39:25en 4 jours, point.
39:26Nous sommes bien d'accord.
39:28Nous sommes bien d'accord.
39:29Merci, Loïc,
39:30pour votre pertinent avis
39:32et le courage que vous avez eu
39:33parce que vous parlez franchement
39:34et vous avez contribué
39:36à l'évolution de ce débat.
39:38On vous attend quand vous voulez
39:39sur Sud Radio.
39:40Vous nous rappelez,
39:41si c'est toujours
39:41pour nous interpeller de cette façon,
39:43je peux vous dire
39:43que vous allez faire avancer le débat
39:44et élever le niveau
39:46de nos échanges.
39:47A très bientôt sur Sud Radio Loïc.
39:50Nous avons Alain
39:50qui nous appelle de Lyon.
39:52Alors Lyon,
39:52je ne vous demande pas où c'est,
39:53mais Lyon,
39:54c'est une grande ville.
39:55Je peux vous demander
39:56ce que vous faites dans la vie ?
39:58Je suis chef d'entreprise.
40:00Bon,
40:01donc un homme à responsabilité
40:02et avec des emplois ?
40:04Oui,
40:05je suis en fond de carrière
40:07donc c'est pour le monde
40:07en train de mettre,
40:09on ne va pas tarder
40:10à mettre l'entreprise
40:11en sommet définitivement
40:12parce qu'il n'est pas déliqué.
40:13Donc c'est...
40:14Aïe, aïe, aïe.
40:16De quoi voulez-vous nous parler
40:18sur cette antenne ?
40:20Par rapport aux ZFE,
40:22c'est-à-dire,
40:23moi je suis écologiste,
40:25je suis chef d'entreprise,
40:26ça n'empêche pas d'être écologiste,
40:28mais je ne me reconnais pas
40:29dans l'écologie politique.
40:32C'est-à-dire,
40:32les ZFE,
40:33c'est que de la politique.
40:35C'est bien sûr
40:35que le principe de base,
40:36tout le monde,
40:37tout écologiste,
40:38voudrait une diminution
40:39des émissions.
40:41mais il y a vouloir
40:42et pouvoir.
40:43Et puis,
40:43plein de gens actuellement
40:44n'ont pas les moyens
40:45de pouvoir se permettre
40:47des conditions
40:48aussi drastiques
40:49qu'on veut leur imposer.
40:50Donc là,
40:52le gouvernement
40:53a eu enfin
40:54le bon sens
40:55de faire passer ça
40:56à l'Assemblée.
40:56Ça dure depuis deux ans.
40:57Et puis comme par hasard,
40:59on va dire,
40:59bon,
41:00on va voter la loi,
41:00mais en fait,
41:01après,
41:01on va laisser chaque commune
41:03décider à notre place.
41:05Est-ce que vous pensez,
41:06Alain,
41:06qu'on pourrait faire
41:07du sur-mesure ?
41:08Le principe,
41:08comme vous l'avez dit,
41:09n'est pas absurde.
41:10Si on peut limiter
41:11la pollution automobile
41:12dans des endroits
41:12où elle est très,
41:13très néfaste
41:14et très,
41:14très nocive,
41:15est-ce qu'on peut tenir compte
41:16du contexte professionnel,
41:19économique,
41:20industriel ?
41:21Est-ce qu'il y a des endroits
41:22où on fait un petit peu
41:22plus exigeant
41:23et d'autres où on peut
41:24être un peu plus souple ?
41:25Vous verriez un peu
41:25les choses comme ça ?
41:27Ben,
41:27Lyonnais,
41:27vous posez la bonne question
41:28vu qu'on a le couloir
41:29de la chimie
41:37et qui envoie
41:40des quantités
41:41absolument astronomiques
41:42de toutes les particules
41:43possibles et imaginables.
41:45On a des autoroutes
41:45dans tous les sens.
41:47Donc,
41:47c'est sûr que ça,
41:47on ne veut pas l'enlever.
41:48Lyon est un carrefour
41:50naturel européen.
41:51Alors,
41:51les écologistes,
41:53ils font en sorte,
41:53c'est comme s'ils voulaient
41:54que les voitures disparaissent.
41:55Ben non,
41:55les voitures ne vont pas disparaître
41:56parce qu'en été,
41:56quand les gens partent en vacances,
41:58ils sont obligés
41:58de passer par Lyon.
42:00À mon délai,
42:00ça coince.
42:01Et ça,
42:02c'est un discours,
42:03ils occultent.
42:03Il n'y a pas de réponse.
42:04Et même si Jean-Michel Olias
42:06voulait mettre
42:07un tunnel sous Fourvière,
42:09bon,
42:09pour l'instant,
42:10ce n'est pas l'ordre du jour,
42:11mais il faudra quand même
42:11continuer à passer par Lyon
42:13pour aller sur les bords
42:14de la Grande Bleue
42:15et donc le problème
42:15que vous posez
42:16est tout à fait entier.
42:17Merci Alain
42:17d'avoir manifesté
42:19votre opinion
42:20sur ce sujet
42:20qui, à mon avis,
42:21sera l'occasion
42:22de grands et longs débats
42:23au sein de notre République.
42:25Je vous dis,
42:25je vous dis à tous
42:26à demain,
42:28à demain.
42:28N'oubliez pas que demain,
42:29vous pourrez écouter
42:30sur Internet
42:31le printemps de la planète,
42:32des tables rondes
42:33qui vont parler
42:33des équations
42:34entre économie
42:35et environnement
42:35à l'initiative
42:36de Patrick Roger.
42:37On sera tous là,
42:38je serai moi-même
42:38à l'imant
42:39la dernière
42:40de 15h30
42:40à 16h30
42:41sur l'alimentation
42:43et l'agriculture.
42:44Et puis là,
42:45je vous laisse
42:45pour un peu plus
42:46de repos intellectuel
42:48dans les bras.
42:49Je ne dis pas dans les bras,
42:50ce n'est pas bien.
42:50Je dis dans l'esprit
42:51et la pensée
42:52de Brigitte Laé.
42:53Voilà.
42:54Continuez à rester
42:54sur Sud Radio
42:55et intervenez autant
42:56que vous voulez
42:57au 0826-300-300.
42:58Nous sommes le porte-voix
42:59de vos états d'âme
43:00et de vos convictions.
43:01Merci.
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