- il y a 1 jour
Membre du GIGN depuis 27 ans, Bill travaille dans l’ombre, au cœur des opérations les plus sensibles. Filatures, observation, traque de criminels ou de terroristes… son quotidien consiste à voir sans être vu.
Il raconte les moments où tout bascule, lorsqu’une mission devient dangereuse, quand des tirs éclatent à quelques centimètres seulement. Des situations où il faut agir sans réfléchir, totalement concentré sur l’objectif.
À travers son parcours, il dévoile aussi la réalité de la sélection. Des tests extrêmes, conçus pour pousser chacun dans ses retranchements et révéler une chose essentielle, le mental.
Un témoignage rare sur ce que signifie vraiment s’engager au GIGN. Un épisode Tous Wonder au cœur de l’action.
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Tous WONDER met en lumière ces héros du quotidien, ces personnalités inspirantes qui ont connu un tournant majeur. L’objectif est d’aller chercher l’instant charnière dans la trajectoire de personnalités issues de la société civile, du monde politique, du CAC 40, de l'entreprenariat, du sport, de la culture, du monde scientifique... Tous WONDER fait un pas de côté, un format d’interview intelligent qui révèle l’inattendu chez ses invités.
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© 2026 Tous WONDER | Tous droits réservés.
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AmusantTranscription
00:00On ne forme pas que des gens qui font des roules et boulets et qui rentrent dans la boue.
00:03Comment est-ce qu'on entre au GIGN ?
00:04On éprouve les gens physiquement.
00:06Ce n'est pas forcément les plus barraqués qui arrivent à la fin.
00:08J'ai fait plusieurs opérations, je me suis fait tirer dessus.
00:10Il m'a parlé des frères Quachy, je me suis retrouvé en première ligne.
00:13On s'est fait tirer dessus et c'est passé à 20 centimètres de nos pieds.
00:16On te ressent sur le viaduc, sur l'autoroute.
00:18C'est après qu'on se dit, c'est encore pas passé loin.
00:20Est-ce que tu as déjà eu peur de mourir ?
00:22Bonjour à tous et bienvenue dans Tous Fondeurs.
00:24Aujourd'hui, je reçois Bill.
00:25Vous n'en saurez pas plus sur son identité, vous ne verrez pas son visage.
00:29Parce qu'il travaille à la force d'observation-recherche du GIGN.
00:34Sa devise, voire sans être revue.
00:36Ça fait 27 ans qu'il traque des cibles au cœur du terrorisme, au cœur du grand banditisme.
00:41Il a même été en première ligne devant l'imprimerie où les frères Quachy,
00:46les auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, s'étaient retranchés.
00:50C'est un homme de l'ombre et un entretien rare.
00:53Tous Fondeurs, vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcast.
00:58Spotify, Deezer, Amazon et Apple.
01:00Vous pouvez nous écouter et nous regarder un peu partout et un peu tout le temps.
01:04Si vous voulez sponsoriser l'émission, c'est possible.
01:07Il faut nous écrire à partenariats.com.
01:10Si vous voulez venir me raconter votre vie extraordinaire,
01:15là, il faut écrire à émission au singulier.
01:19Tous Fondeurs, c'est maintenant avec Bill, au GIGN, depuis 27 ans.
01:34Bill, merci mille fois d'être avec nous dans Tous Fondeurs.
01:37Déjà, question en préambule.
01:39Est-ce que Bill, c'est ton vrai prénom ?
01:41Non, ce n'est pas mon vrai prénom.
01:42Non, mon vrai prénom, je peux le dire, c'est Patrick.
01:44Lors de ma première mission en Algérie, on m'a donné ce surnom de Bill.
01:50Donc, tu n'as pas choisi ?
01:50Non, je n'ai pas choisi, non.
01:52C'est pour te protéger ou c'est un peu esprit d'équipe et chacun a un surnom ?
01:56C'est un peu les deux.
01:58D'accord.
01:58C'est un peu les deux.
01:59Ça évite de dévoiler nos identités, ce qui fait qu'on a chacun nos surnoms.
02:02Nos identités sont connues malgré tout.
02:04Dans Tous Fondeurs, on commence toujours avec un point de bascule.
02:07Le tien, il est assez ancien.
02:08Tu as 6 ans.
02:09Oui.
02:1023 avril 1977, tu m'as dit que c'est le décès de Monsieur Pasquet.
02:14Tu l'appelles Monsieur Pasquet.
02:16C'est un ancien du GIGN.
02:18Ton père était déjà au GIGN.
02:19Oui.
02:19Et ce jour-là, évidemment, ce décès t'a marqué.
02:22Et tu t'es dit, c'est ça, je veux faire ça.
02:25Oui.
02:25En fait, oui, Monsieur Pasquet, je l'appelle Monsieur parce que c'était mon moniteur de
02:29natation.
02:30Quand j'étais à Moine-Marsan, on était tous à Moine-Marsan à l'escadron parachutiste.
02:34Du moins tous.
02:34Je parle de mes parents et de Monsieur Pasquet.
02:37Il y a un matin, on nous appelle.
02:39Du moins, c'était midi, je me souviens.
02:40J'étais en train de jouer.
02:42Entre midi et deux, on nous appelle pour nous dire que Monsieur Pasquet venait de se tuer
02:45sur un exercice.
02:47Et là, je me suis rendu compte qu'en fait, ces gens-là, ils faisaient un métier dangereux.
02:52Et je me suis dit que mon père également faisait ce métier dangereux.
02:56Ah, tu n'avais pas compris ?
02:58Non, à six ans, je n'avais pas saisi.
02:59Je voyais qu'il partait.
03:00Je voyais qu'il allait en opération.
03:02Il y avait la sonnerie qui se déclenchait dans les appartements parce qu'avant, il n'y
03:16me suis dit non, mais en fait, c'est dangereux ce qu'ils font.
03:19Et j'ai demandé à mon père, j'ai commencé à me renseigner et j'ai su qu'ils étaient
03:23gendarmes parachutistes.
03:24Et je me suis dit, c'est ça que je veux faire.
03:26Donc, tu te dis, c'est dangereux, mais je veux le faire.
03:29Oui.
03:29Tu étais casse-coup quand même.
03:30Un petit peu, oui.
03:31Oui, quand même.
03:31Il y a quand même un fond de...
03:33Oui, d'ailleurs, j'ai fait mon premier saut, entre guillemets, en parachute d'une
03:38tour à sept ans.
03:39Donc, il y avait des grandes tours qui faisaient 20-25 mètres de haut et mon père, il m'a
03:43emmené et on a fait...
03:45J'ai voulu essayer de voir ce que c'était que le vide à sept ans.
03:49Et tu as ressenti quoi ce jour-là ?
03:52J'étais super heureux, quoi.
03:54J'étais super heureux de voir parce que j'allais voir mon père, j'allais voir tous
03:57les gendarmes sauter en parachute à Pau.
04:00J'allais régulièrement et puis j'avais l'impression, j'avais juste l'impression
04:03de faire un peu comme eux.
04:05Et c'est pour ça qu'après, j'ai commencé aussi à sauter en parachute dès l'âge
04:08de 16 ans.
04:09Dès que j'ai pu, j'ai commencé à sauter.
04:11Donc, tu étais complètement prédestiné, ça, on l'a compris.
04:13Et alors, tu m'as dit, c'est assez sympa quand on a préparé l'émission, tu m'as
04:16dit, ma mère s'appelait Geneviève, sainte patronne de la gendarmerie et mon père
04:21Michel, sainte patron des parachutistes, c'est ça ?
04:25Tout à fait.
04:25Donc, en fait, tu ne pouvais pas faire autre chose.
04:26Donc, c'était compliqué de faire autre chose.
04:29Aujourd'hui, pourquoi tu caches ton visage ? Pourquoi quand on fait partie de
04:32cette unité, qui est vraiment une unité d'élite ? Pourquoi est-ce qu'il ne faut
04:37pas que la population te reconnaisse ? Est-ce que ça peut être dangereux pour toi, pour
04:41tes collègues, pour ta famille ?
04:43Oui, là, contrairement au nom où on a un surnom, mais bon, si on m'appelait Patrick,
04:48ce ne serait pas bien grave.
04:50Mais par contre, mon visage, par rapport à notre métier, on travaille sur des targets,
04:56on aura des targets, en fait, sur des targets de…
05:00Des cibles, des personnes que tu suis, que tu observes, on va en parler.
05:03Des malfaiteurs, etc., de très hauts vols.
05:06Et moi, je travaille sur ces gens-là et il ne faut pas qu'ils me reconnaissent dans
05:10la rue lorsque je travaille sur eux.
05:13Comment est-ce qu'on entre au GIGN ? Est-ce qu'on postule ? Est-ce qu'on est
05:16repéré ?
05:17Comment ça marche, en fait ?
05:19Non, on n'est pas repéré.
05:20En fait, c'est une volonté de la personne de venir.
05:23De toute façon, si la personne n'est pas volontaire, elle n'arrivera pas, elle est
05:26au goût de la formation.
05:27La formation est longue, elle est dure.
05:29Donc, la formation commence par un entraînement qui dure au minimum dix mois, un an.
05:38C'est tout ce qui est physique, rusticité.
05:40La personne postule, elle vient pendant une semaine passer des tests physiques.
05:43Donc, d'abord, il y a une phase de sélection.
05:45Oui.
05:46En quoi ça consiste ?
05:47Parce que moi, on m'a raconté et puis on entend plein de trucs.
05:51On vous fait sauter dans l'eau, nager pieds, poings liés, rester dans de l'eau à zéro
05:56degré, puis survivre toute une nuit avec ses fringues trempées.
06:01C'est vrai ? C'est pas vrai ? Est-ce que c'est ça, les sélections ?
06:03Oui, c'est vrai.
06:04On fait des sélections qui sont très dures.
06:06C'est pour voir si les personnes, lorsqu'on les sort de leur confort, mais à un niveau
06:12qui est assez élevé, si elles sont capables, malgré tout, de réfléchir et si elles sont
06:16capables de remplir une mission.
06:18Parce qu'au GIGN, on ne forme pas que des gens qui font des roulet-boulets et qui
06:23rentrent dans la boue.
06:24On veut aussi que ces gens-là, malgré qu'ils aient fait ça avant, malgré qu'ils soient
06:27fatigués, qu'ils aient froid et qu'ils aient faim, on veut qu'ils soient capables de
06:31remplir la mission qu'on leur demande.
06:32Toutes les missions du GIGN.
06:34Est-ce qu'on peut comprendre ? Tu peux donner quelques exemples de tests de sélection ?
06:38Déjà, on a les tests des troupes aéroportées, parce que nous, on est tous parachutistes.
06:42Donc, il y a les pompes abdominaux, traction et la course à pied avec le sac à dos de
06:4811 kilos.
06:49Ça, c'est les tests que font tous les parachutistes en France.
06:51Qu'est-ce qu'il y a comme autre test ?
06:53Donc, oui, il y a le pied-point-lié.
06:55Ça, c'est vrai ?
06:55Les 50 mètres pied-point-lié.
06:5650 mètres ?
06:57Oui.
06:57Dans l'eau ?
06:58Oui.
06:58Mais comment tu nages pied-point-lié ?
07:01Il faut onduler.
07:02Il faut aller s'entraîner.
07:03Les personnes qui vont s'entraîner avant arrivent très bien à faire l'épreuve.
07:06Il y a les 50 mètres d'apnée aussi.
07:08Pareil, il faut s'entraîner pour faire les 50 mètres d'apnée.
07:10Il y a également des pistes d'audace en hauteur pour voir si la personne n'a pas le vertige.
07:15C'est quoi une piste d'audace ?
07:16Ce sont des pistes de câbles, un peu ce qu'on retrouve comme les accrobranches.
07:20Ah oui ?
07:21Par rapport à une personne civile, on pourrait comparer à ça.
07:26Mais bon, c'est beaucoup plus dur quand même.
07:29C'est beaucoup plus engageant.
07:30Donc, il y a ça, il y a du tir.
07:33Oui, on éprouve les gens physiquement en les mettant dans le dos froide pour voir comment ils vont réagir.
07:40Il faut aussi les pousser un peu à bout.
07:43Il faut les pousser dans leur limite pour qu'ils sachent où est leur limite.
07:46On n'a pas tous la même limite.
07:48Donc, la personne, il faut qu'on l'amène à sa limite pour voir jusqu'où elle est capable d
07:52'aller.
07:52Comme ça, en opération, elle saura jusqu'où elle est capable d'aller et où est-ce qu'elle risque
07:56de basculer.
07:57C'est intéressant ce que tu dis parce qu'on a tous une limite, c'est OK de l'atteindre.
08:02Oui.
08:02C'est-à-dire que le candidat qui atteint sa limite, il ne va pas forcément échouer, non ?
08:06Non.
08:06Mais il y a certaines personnes qui pensent qu'elles arrivent à leur limite alors qu'on les pousse encore
08:10plus loin.
08:11Parce que nous, on voit, on se rend compte qu'il n'est pas arrivé au bout de ses capacités.
08:17Donc, on peut le pousser plus loin.
08:19De toute façon, pratiquement tous les candidats, on arrive à les pousser plus loin que ce qu'ils pensent être
08:23leur limite.
08:24Comme on est tous passés par là, on sait ce qu'on fait.
08:28On est capable de dire, nous, on l'a fait.
08:32On sait qu'il n'est pas arrivé au bout de lui-même.
08:35On peut y aller encore un peu.
08:37Donc, tu vois des mecs barraqués qui se mettent à pleurer.
08:40Ça doit être terrible, en fait.
08:41Ce n'est pas forcément les plus barraqués qui arrivent à la fin.
08:43Chez nous, on a, entre guillemets, des machines, des sportifs de haut niveau qui arrivent très bien.
08:50On en a qui sont très bien.
08:52Mais souvent, ce sont des gens qui sont réglés.
08:54Il faut manger à telle heure.
08:55Il faut s'entraîner à telle heure.
08:57Il faut dormir tant de temps.
08:58Ces personnes-là, dès qu'on met un grain de sable dans la machine, tout se dérègle.
09:02Donc, on veut des gens qui soient, justement, rustiques et qui arrivent à s'adapter à tout ce qu'on
09:09leur demande de faire.
09:10Parce que dans le quotidien, après, on va parler de la formation, mais parce que dans le quotidien du GIGN,
09:15tu peux te retrouver en forêt, creuser un trou et passer une semaine dans le trou.
09:21Oui, c'est arrivé.
09:23Notamment, nous, du moins, moi, j'appartiens à l'observation-recherche.
09:27Donc, à l'observation-recherche, oui, on peut très bien devoir s'infiltrer.
09:32Pendant des heures et des heures.
09:34Et faire un poste d'observation où on peut rester une heure, deux heures, quatre jours, cinq jours, une semaine.
09:41Donc là, il faut s'adapter.
09:42Il faut s'adapter au temps.
09:44Il faut s'adapter au lieu.
09:46Il y a le sommeil, il y a la nourriture.
09:50Et donc, toutes ces missions, elles nous ont permis de monter les tests et le pré-stage.
09:56Le pré-stage, c'est la formation ?
09:57Donc, on a une semaine de tests.
09:59Ah oui, le pré-stage.
10:00Oui, on a une semaine de tests où là, on teste les gens.
10:02On commence à les tester physiquement pour voir s'ils sont capables de suivre les huit semaines de pré-stage.
10:08Donc là, pendant les tests, on ne fait pas que du physique.
10:11On essaye de voir aussi si la personne est capable de réfléchir, est capable de restituer certaines choses qu'on
10:16va lui montrer.
10:17Une fois qu'il a fini la semaine, il passe un entretien avec plusieurs opérationnels.
10:23Une fois qu'on a décidé que la personne pouvait venir au pré-stage, on l'emmène au pré-stage
10:27de huit semaines.
10:28On va lui faire faire des missions qu'on a copiées dans ce qu'on faisait en réel.
10:33Et là, ça dure huit semaines.
10:35Et pendant ces huit semaines, on leur fait aussi des choses physiques pour les fatiguer.
10:39On leur fait des choses très dures comme aller dans l'eau froide.
10:42Là, oui, on y va parce que l'eau froide, ça entame physiquement et moralement très vite.
10:47Donc, ce n'est pas un jeu de les emmener dans l'eau froide.
10:50C'est parce que c'est quelque chose qui va très, très vite pour voir le caractère des personnes.
10:57Et après, on leur fait aussi des missions où ils doivent faire des infiltrations longue distance pour faire une mission,
11:06un coup de main.
11:07Voilà, toutes les missions qu'on retrouve chez nous au GIGN.
11:11C'est quoi le pourcentage de personnes qui réussissent justement ce pré-stage et ensuite la formation ?
11:15Alors, il y a à peu près en moyenne.
11:18Il y a en moyenne 200 dossiers, un peu plus de 200 dossiers qui viennent pour les tests.
11:23Et on en retient environ entre 45 et 50 pour le pré-stage.
11:26Et on arrive à sortir entre 15 et 20 personnels à la fin du pré-stage qui seront brevetés.
11:31À la fin du pré-stage, les gens, ils sortent du pré-stage et on considère qu'ils sont capables
11:37de suivre l'année de formation.
11:38Donc, il y a un an de formation où là, on les forme dans tous les métiers.
11:41On leur donne la base de tous les métiers, l'intervention, l'observation, surveillance et la protection.
11:46On leur donne la base.
11:48Et après, au bout de six mois, on décide avec les candidats aussi.
11:51Ils ont des désirs et des ratas.
11:53Il y en a qui préfèrent aller faire l'intervention, l'observation, la protection.
11:57On essaye de suivre leur désirata, mais aussi nous, ce qu'on pense.
12:00En les ayant vus pendant plus d'un an, on sait où la personne est capable de travailler.
12:04Et là, au bout de six mois, ils sont orientés pour un métier ou un autre.
12:10Mais je voulais que tu nous parles de ton quotidien.
12:12Donc, tu fais partie de la force d'observation-recherche du GIGN pour bien comprendre.
12:17Et tu vas nous expliquer.
12:18C'est toi qui fais des filatures.
12:21Donc, il y a des plans qu'on l'a évoqués, on l'a touché du doigt.
12:25Tu vas mettre des micros dans un bar, dans une maison, prendre des photos.
12:31Toi, ce que tu vas traquer, c'est des terroristes, du grand banditisme.
12:36Est-ce que tu peux nous raconter ton quotidien, mais pour que tout le monde puisse comprendre
12:39en quoi ça consiste et qu'est-ce que tu fais ?
12:42Au quotidien, sur une mission, on prend contact avec l'enquêteur.
12:45Et une fois qu'il nous a donné une cible, qu'on s'est mis d'accord sur une cible
12:48à suivre,
12:48et bien là, nous, on va se mettre H24 sur cette cible.
12:52On va la suivre, la prendre en filature, prendre les photos de tout ce qu'elle fait,
12:55les adresses, tous les contacts qu'elle a.
12:58Et ça, on va donner tous ces éléments à l'enquêteur.
13:01Soit, ce que tu fais, c'est soit tu vas récolter des preuves dans une affaire
13:07parce qu'il va y avoir un procès ou une enquête, etc.
13:09Il y a une enquête, surtout.
13:10Une enquête.
13:12Soit, vous êtes capable d'observer et de dire, il y a un GoFast qui va partir, c'est imminent.
13:18Oui.
13:18Pour qui vous récoltez des preuves et pour qui vous travaillez au quotidien ?
13:22En fait, on est les yeux des enquêteurs.
13:23Et on voit et on leur ramène les preuves qu'ils ont besoin pour continuer leur enquête.
13:29Donc, ça peut être des photos, ça peut être de la vidéo, ça peut être...
13:34Oui, aller dans les bars, écouter ce qu'ils sont en train de dire.
13:38On ne va pas au contact des cibles, on ne va pas leur parler.
13:40Non.
13:41Mais on reste dans leur entourage pour voir ce qu'ils font et essayer de ramener le maximum d'informations.
13:46Et pendant combien de temps vous restez dans l'entourage ?
13:49Oui, on peut rester pendant une journée, deux journées ou voire des semaines.
13:53Incroyable.
13:53Ça dépend si on arrive à avoir le renseignement dont l'enquêteur a besoin tout de suite
13:59ou des fois, il nous faut des semaines et des semaines pour arriver à récolter une photo, un renseignement.
14:04Mais alors, j'imagine que tu n'es pas tout seul, évidemment, quand tu observes une cible.
14:08Non.
14:08Néanmoins, vous n'êtes pas 50.
14:10Non.
14:10Comment tu fais pour qu'ils ne te repèrent pas ?
14:12En fait, on travaille...
14:14En gros, on est une dizaine à travailler.
14:18Et dix personnes, dix têtes différentes.
14:20Donc, on tourne.
14:22On sait à quel moment on doit changer la personne qui surveille le target.
14:26On sait à quel moment on va envoyer celui-là dans tel bar parce qu'il va se sentir plus
14:30à l'aise dans le bar.
14:31Si jamais il va dans un centre commercial rencontrer quelqu'un, on peut envoyer une autre personne.
14:35Une femme, par exemple, parce que nous, on a des femmes chez nous qui nous permettent...
14:39qui font le même travail que les hommes.
14:40On a des femmes qui montent sur les motos.
14:42Les femmes font exactement tout ce que font les hommes à l'unité.
14:44Entre vous, vous êtes reliés par oreillettes ou vous êtes vraiment dans le vide ?
14:48Ça dépend.
14:49Ça dépend où on va.
14:50Il y a des endroits où on ne peut pas être équipé de radio.
14:54Et il y a des endroits où on peut être équipé.
14:56Donc, oui, soit on a des oreillettes, on a des casques.
14:59Et donc, il faut se comporter, en tout cas, comme monsieur et madame tout le monde.
15:04Est-ce que ça fait partie, j'imagine, de la formation ?
15:07C'est-à-dire qu'il y a des cours de jeu de rôle, de théâtre ?
15:12Est-ce que ce n'est pas facile de sortir de sa posture aussi à un moment de gendarme ?
15:18Enfin, tu es là pour observer, tu es là pour travailler.
15:21Oui, on est gendarme, on est militaire.
15:23Donc, on a été formé pendant des années, pendant une année en école militaire, gendarme.
15:29Après, on est allé dans des unités où, oui, on est militaire.
15:32Et là, on arrive chez nous, on est toujours militaire.
15:35Ça, il ne faut pas oublier.
15:36Chez nous, le GIGN, c'est toujours une unité militaire.
15:38Mais c'est ce qu'on dit, il faut casser les codes, en fait.
15:41Donc, pendant la formation, déjà, nous, en tant qu'instructeurs, on leur apprend à se comporter autrement.
15:47Et après, on a mis en place depuis quelques années une formation, on appelle ça le comportement non-policier.
15:55Ah, c'est intéressant.
15:56Donc là, on a un professeur de théâtre qui vient et qui nous explique comment on peut parler autrement,
16:02comment on peut marcher autrement, comment on peut casser la silhouette, etc.
16:05Voilà, donc là, ils ont à peu près une semaine de comportement non-policier où on travaille tout ça.
16:11Parce qu'en fait, oui, ça veut dire qu'il y a presque une déformation professionnelle.
16:15Tu restes militaire, gendarme.
16:18Après, c'est plus facile.
16:19Moi, j'ai trouvé après ces années.
16:22C'est plus facile de déformer quelqu'un qui est militaire en lui disant, bon, soit un peu moins militaire,
16:27plutôt que de prendre quelqu'un qui n'est pas du tout militaire et essayer de le former en tant
16:32que militaire.
16:32Ça ne me surprend pas.
16:33C'est plus long quand même d'obéir aux ordres et de respecter ce qu'on dit.
16:38Ça ne me surprend pas.
16:39Donc, c'est pour ça que malgré tout ça, nous, on est toujours des militaires.
16:44Et notamment, du moins même, que ce soit l'intervention, la protection et l'observation sur l'alliance.
16:49On a beau être en civil, on a beau être dans des voitures civiles,
16:53on reste un groupe militaire où il y a une personne qui commande et où les gens obéissent autour.
16:59Quelles sont les missions qui t'ont le plus marqué ?
17:01Tu m'as parlé des frères Kouachi.
17:04Oui.
17:05Tu as participé à l'observation, à la recherche.
17:09Tu t'es retrouvé en première ligne quand ils sont sortis de cette imprimerie.
17:14Donc, les frères Kouachi, ce sont les auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo.
17:18J'imagine que ça, c'est une affaire qui marque.
17:21Oui, oui, ça marque.
17:22Après, les frères Kouachi, c'est allé tellement vite.
17:26Ça a pris à peu près 36 heures.
17:30Donc, ça a été tellement vite et tellement intense qu'on n'a pas eu le temps de réfléchir
17:35et de prendre la mesure de ce qui se passait, en fait.
17:41On prenait la mesure dans le métier, dans ce qu'on faisait.
17:43Mais l'impact et tout ce qui se passait, moi, je l'ai fait parce que c'est ce que
17:49j'ai appris à faire.
17:49Donc, on devait les chercher, on devait les suivre.
17:54Et quand ils se sont réfugiés dans l'imprimerie, c'est tout naturellement avec les camarades de l'intervention
18:01qu'on s'est remis en mode intervention et qu'on s'est mis aux abords de l'imprimerie pour
18:09les empêcher de sortir.
18:10Et on a attendu.
18:12Et le fait est, c'est qu'à un moment donné, ils sont sortis quand moi, ma colonne était en
18:17tête.
18:19Et donc, on a dû traiter avec les gens de l'intervention leurs sorties et puis faire cesser leurs actes.
18:27Bien sûr.
18:28Mais là, on n'a pas eu le temps de stresser.
18:31Le stress, il est arrivé après.
18:33Pourquoi ?
18:34On a réfléchi de ce qu'on venait de faire.
18:37On venait du moi-moi personnellement, les trois, quatre premiers de la colonne.
18:43On s'est fait tirer dessus et s'est passé à 20 centimètres de nos pieds.
18:48Donc là, sur le coup, ça passe.
18:51On l'annonce et puis on fait ce qu'on a à faire.
18:54Mais on y réfléchit ça après.
18:55On dit, tiens, on n'est passé pas loin en fait.
18:57Parce que ce qui est différent quand même dans ton métier, c'est qu'aujourd'hui, vous êtes face, dans
19:00des affaires de terrorisme.
19:02Là, on en parle.
19:03Vous êtes face à des gens qui ont envie de mourir.
19:05Oui.
19:06Donc ça, c'est extrêmement différent.
19:07J'imagine dans la gestion de la mission.
19:10Parce qu'en fait, l'être humain, par définition, est dans la préservation de son corps, son physique.
19:17Mais là, eux, ils y vont pour mourir.
19:21Mais ça, on le savait.
19:21Donc on savait qu'ils ne nous feraient pas de cadeaux.
19:24Donc c'était compliqué à nous de leur faire, entre guillemets, un cadeau de la vie.
19:31Même si nous, on s'engage pour la vie.
19:35Donc on s'engage pour la vie des otages, des preneurs d'otages et pour notre vie à nous.
19:40C'est-à-dire qu'au GIGN, le but, ce n'est pas de tuer quelqu'un.
19:44Le but, c'est de sauver la vie des gens, que ce soit l'otage, le preneur d'otages ou
19:48les forces de l'ordre.
19:50Mais lorsqu'on sait qu'en face, les gens, ils sont déterminés à mourir et on ne le savait pas.
19:56Pour les fracrochistes, ce qu'on ne savait pas, c'est s'ils avaient des gilets explosifs.
20:01Donc dans ce cas-là, on ne peut pas s'approcher d'eux.
20:04Ils venaient en courant vers nous.
20:06Donc on ne pouvait pas les laisser venir vers nous.
20:08Ce n'est pas possible.
20:09Autrement, ils se seraient fait exploser au milieu de la colonne.
20:11Et on aurait eu toute une colonne.
20:13On aurait eu plusieurs morts.
20:14Donc là, on savait, suivant leurs réactions, ce qu'on devait faire.
20:19Donc comme ils sont sortis en courant vers nous,
20:22et puis après, ils sont partis vers l'arrière, ils sont revenus vers nous.
20:24Donc on savait que c'était compliqué de juste les blesser et juste les neutraliser.
20:29Tu dis que le stress est venu après.
20:32Parfois, tu te refais comme ça des interventions.
20:34Tu y penses après ?
20:35Non, pas trop.
20:36Pas trop ?
20:36Non, non.
20:37En fait, on en parle entre nous.
20:41Moi, je sais que j'arrive à le gérer comme ça.
20:44On fait des debriefings, on en parle entre nous.
20:46Et puis, on se dit, tiens, est-ce qu'on l'a bien fait ?
20:49Est-ce qu'on l'a mal fait ?
20:50Est-ce qu'on aurait pu faire autrement ?
20:53Mais il faut en parler.
20:54Il faut quand même en parler.
20:55Moi, j'ai fait plusieurs opérations où c'est arrivé,
20:58où je me suis fait tirer dessus.
20:59Et à chaque fois, on en a parlé.
21:01Est-ce que le pare-balle a arrêté la balle ?
21:03Ou tu t'avais vraiment tiré dessus ?
21:04En fait...
21:05Tu as été blessé ?
21:06Non, non, pas du tout.
21:07C'était en Bosnie, où on était en filature sur des criminels de guerre.
21:12Et là, la Bosnie, c'est un pays qui est constamment en guerre.
21:16Donc, ce sont des guerriers, en fait.
21:19Et nous, on a fait plusieurs semaines de filature.
21:22Et à un moment donné, on s'est posté, on s'est arrêté.
21:26On était trois avec nos voitures devant, dans un champ.
21:31Mais c'est un endroit qu'on ne connaissait pas et on n'aurait pas dû s'arrêter là.
21:34Parce que là, il y a des personnes qui sont arrivées et qui nous ont tiré dessus avec la calche
21:38Nikov.
21:39Donc, il y avait deux tireurs.
21:41Et là, moi, j'ai eu de la chance.
21:44Il y a une balle qui est rentrée dans la porte arrière de ma voiture et qui est venue s
21:48'arrêter dans le fauteuil.
21:49J'ai eu un bleu dans le dos, mais j'ai eu que ça.
21:52J'ai eu une autre balle qui est venue et qui s'est figée dans le nez man de ma
21:55voiture.
21:56Et puis, il y en a une qui avait percé mon réservoir de voiture.
21:59Donc, j'ai pris.
22:00Mais je n'ai pas été blessé.
22:01C'est passé autour de moi, en fait.
22:02Incroyable.
22:02C'était le jour de la Sainte Geneviève.
22:05C'était le 4 janvier.
22:07Donc, la Sainte Patronne de la Germain-Maurie.
22:09Est-ce que tu as déjà été blessé ?
22:11Non, pas par balle.
22:14Pas par balle, donc tu as été blessé ?
22:15Oui, oui, j'ai eu des blessures.
22:17Je me suis fait mal.
22:18Je me suis fait des entorses.
22:19Je me suis fait sur...
22:20Mais rien de grave.
22:22Quand on travaille au GIGN, ce qui est incroyable et ce que j'entends de ce que vous faites tous,
22:28c'est que vous êtes prêts à mourir en mission.
22:31Vous êtes prêts à mourir sur le terrain.
22:34Dis-moi, c'est notre métier.
22:36Nous, on ne veut pas mourir sur le terrain.
22:37Évidemment.
22:38On ne veut pas.
22:39Mais après, si le métier fait qu'il faut intervenir et ça arrive, c'est le métier qui veut ça.
22:49On est entraîné pour ne pas que ça arrive.
22:51Mais bon, il y a toujours des aléas et on a des morts, pas souvent heureusement, mais on a des
22:59morts en mission ou en entraînement.
23:01Ça arrive de temps en temps.
23:03Est-ce que tu as déjà eu peur de mourir, toi ?
23:05Non, pas...
23:06Non.
23:06Non, c'est vrai.
23:07Quand tu es sur une intervention, quand tu es en phase d'observation, de recherche, j'imagine qu'on a
23:11une telle concentration que tu n'y penses pas, en fait.
23:14Oui, c'est ce que je disais tout à l'heure pour les fracouachistes.
23:16C'est ça, c'est que quand on est dans l'opération, on est tellement pris, on est dans une
23:22bulle, la bulle de l'opération,
23:23où il y a tellement de choses à gérer qu'on n'a pas le temps de réfléchir à ça.
23:27C'est après qu'on se dit, là, ce n'est encore pas passé loin, comme en Bosnie, ce n
23:32'est pas passé loin.
23:35Mais c'est passé.
23:35Donc, on en discute, comme je disais tout à l'heure.
23:38On se dit, tiens, ce qui a été, ce qui n'a pas été, qu'est-ce qu'on aurait
23:40dû faire, on n'aurait pas dû faire.
23:42Et on en discute plusieurs fois, des fois.
23:46Et ça passe, du moins.
23:48Je ne me réveille pas, je n'ai pas de cauchemar la nuit.
23:50Est-ce que au sein du GGN, c'est accepter aussi, entre collègues, de dire, là, ça m'a marqué,
23:55là, pour moi, c'est difficile ?
23:56Ah bien, bien sûr.
23:57Ça, c'est accepter.
23:58Oui, on a le droit, oui, tout à fait.
24:00Et puis, quand il arrive à un coup dur, du moins, ce ne serait pas normal de dire, non, mais
24:06il ne s'est rien passé.
24:07Bien sûr que c'est passé quelque chose.
24:08Il y a certaines personnes qui ont besoin d'aller voir une psychologue pour en parler, ça passe.
24:14Il y en a d'autres, comme je disais, on en parle entre nous.
24:18Donc, chacun fait comme il veut et on ne juge pas les gens.
24:21Il vient au contraire, il ne faut pas les juger.
24:22Il faut, pour qu'ils passent au-delà, il faut qu'ils aillent voir les personnes et en parler.
24:29Est-ce qu'il y a d'autres affaires qui t'ont marquées ?
24:30Tu m'as parlé de l'affaire du viaduc de Mio.
24:33Oui.
24:34Ça, c'est quand même une grosse, grosse affaire.
24:37Après, oui, c'était une affaire de filature sur un go fast.
24:44Moi, pendant 15 jours, j'étais chef de groupe sur tout ce qui était la filature.
24:51Donc, on savait qu'il y avait un go fast qui devait remonter d'Espagne.
24:56Donc, il devait remonter de l'Espagne, passer par le viaduc de Mio.
25:00On en avait déduit par rapport aux surveillances qu'on avait fait les 15 jours précédents.
25:04Donc, on avait vu les personnes, les malfaiteurs qui faisaient des reconnaissances sur des stations essence pour voir.
25:12Et le jour où ils sont remontés, on avait tendu un piège au bout du viaduc de Mio.
25:21C'est quoi le piège ?
25:22Il y avait la force d'intervention qui était au bout du viaduc de Mio et qui devait les interpeller
25:27au moment où ils passaient.
25:30Je ne sais pas pourquoi, mais ils ont senti quelque chose.
25:35Donc, les deux voitures, il y avait une ouvreuse.
25:37Ce qu'on appelle une ouvreuse, c'est la voiture qui est en amont et qui dit à la voiture
25:41qui porte la marchandise s'ils peuvent venir ou pas et s'il y a des forces de l'ordre.
25:48Donc, l'ouvreuse a fait demi-tour.
25:50La voiture porteuse a fait demi-tour.
25:51Attends, tu dis ça sur l'autoroute ?
25:53Oui, sur le viaduc de Mio.
25:54Sur le viaduc, donc contre-sens sur le viaduc, sur l'autoroute, juste pour imaginer quand même.
25:58Donc, ils ont fait tout le viaduc de Mio au contre-sens.
26:02Ils ont croisé l'équipe d'intervention qui était là pour faire le bouchon arrière, pour les arrêter à l
26:07'arrière.
26:08Donc, ils les ont croisés.
26:09Et donc, nous, on était restés.
26:10Donc, quand on fait ces opérations-là, généralement, on met des 38 tonnes pour empêcher les gens qui n'ont
26:17rien à voir avec l'affaire de rentrer dans la NAS pour pas qu'il y ait de blessés
26:20et pour pas qu'il y ait une autre voiture qui soit au milieu de l'intervention.
26:25Et donc, les trois 38 tonnes, ils ont empêché la voiture de passer.
26:30Donc, elle est venue s'encastrer dans le 38 tonnes.
26:31Donc, pour comprendre, ils font demi-tour.
26:34Face à eux, trois immenses camions qui bloquent tout, évidemment, pour empêcher les civils d'être blessés.
26:40La voiture fonce et elle va essayer de passer sur le côté et un 38 tonnes lui barre le passage.
26:49De toute façon, le 38 tonnes, à un moment donné, ça a été son travail.
26:52Là, il faut réagir dans l'action.
26:54Donc, l'ordre a été donné aux gens des 38 tonnes de dire qu'ils ne passent pas.
26:58Pourquoi ? Parce que déjà, ils allaient s'enfuir.
27:01Mais ça, à la limite, ils s'enfuient.
27:02Ce n'est pas grave.
27:05Mais derrière, il y avait des personnes, des civils dans leur voiture.
27:10Ils roulaient à 180 km heure.
27:12Ils seraient allés taper dans une autre voiture.
27:15Ils auraient fait des morts.
27:15Donc, il ne fallait pas qu'ils passent, en fait.
27:17Donc, ils ne sont pas passés.
27:20Ils n'ont pas été blessés.
27:21Pourtant, ils ont tapé à très haute vitesse.
27:23Et ils se sont enfus de part et d'autre du Véleduc de Millau.
27:26Donc, quand tu passeras, tu regarderas à droite et à gauche.
27:30Et donc, on est allé les chercher en bas et en haut.
27:33On leur a couru après pour aller les chercher.
27:37C'est quoi les affaires qui te marquent le plus ?
27:40Est-ce que c'est les grosses affaires comme celle-ci ?
27:42Ou c'est d'autres interventions, d'autres phases d'observation qui te marquent le plus ?
27:47Ou qui te font le plus marquer dans ta carrière ?
27:49J'ai un souvenir de beaucoup, de pratiquement toutes les opérations.
27:53Après, les opérations qui ont été compliquées à monter,
27:56que ce soit techniquement ou qui ont été dures, que ce soit physiquement,
28:00celles-là, elles m'ont beaucoup marqué, oui.
28:02Ou alors, les opérations où on a mis notre vie en jeu, là, oui, ça marque.
28:08Après, il y a des opérations, je m'en souviens encore,
28:10mais c'est des opérations qui se sont bien passées.
28:12Donc, on a réussi à interpeller les personnes.
28:16On a réussi à avoir soit l'armement, soit la drogue.
28:19Donc, ça, ça nous marque aussi parce que c'est satisfaisant aussi.
28:22Ça fait 27 ans que tu fais ce métier.
28:25Tu es un homme de l'ombre.
28:27Oui.
28:28Tu interviens dans des affaires extraordinaires.
28:33Mais on sent que tu as une passion qui est vivace.
28:35C'est fabuleux.
28:37Qu'est-ce qui fait que tu es autant passionné ?
28:38Alors, on l'a compris, tu étais prédestiné.
28:40Ton père travaillait au GIGN.
28:42Tu as eu envie de travailler au GIGN.
28:44Et tu as toujours cette flamme en toi.
28:47Qu'est-ce qui te porte, en fait, le matin quand tu travailles ?
28:50C'est le métier.
28:51C'est qu'on ne fait jamais la même chose.
28:53Et c'est aussi les personnels avec qui on travaille.
28:56On est tous recrutés de la même manière.
28:58Donc, on se comprend tous, même si on a tous des forts caractères.
29:01Mais tout le monde se comprend.
29:03Et quand on part en mission, tout le monde est heureux de partir en mission
29:06et d'aller vivre ensemble des moments intenses, en fait.
29:12Donc, tout ça fait que, oui, moi, je suis heureux d'être là.
29:18Et maintenant, j'ai basculé à la formation.
29:22Donc, je forme les gens dans ce métier-là.
29:25Et là, c'est un autre métier, mais c'est tout aussi passionnant.
29:29Il y a une forme de cohésion qui a l'air extrêmement importante.
29:33Il y a un peu ce côté frère d'armes, en fait.
29:35Ah oui, non, mais oui.
29:36On est tous sortis du même moule.
29:38Les tests, le prestage qui est très dur,
29:41la formation qui est longue.
29:42Donc, on a tous le même moule.
29:44On sait ce que le camarade à côté a vécu.
29:48Lui, il sait ce que j'ai vécu,
29:49que ce soit en formation ou en mission.
29:51Donc, oui, bien sûr, dès qu'il y a un problème,
29:55dès qu'il y a quelque chose, tout le monde se regroupe.
29:59Et c'est la force de l'unité, en fait.
30:01On est un petit peu éclatés chacun dans notre métier.
30:04Mais dès qu'il y a un problème, on l'a vu lors des frères Quachy,
30:07dès qu'il y a un problème, l'unité, elle se regroupe.
30:10Et c'est un rouleau compresseur, en fait.
30:13On devient un rouleau compresseur.
30:15Et quand on est tous ensemble, on a du mal à nous résister.
30:18On vous portait tous des cagoules, des masques, etc., pour vous protéger.
30:22Est-ce qu'il y a des choses qui passent par le regard entre vous aussi
30:24quand vous êtes en intervention ?
30:25Ah oui, on sait ce que pense le voisin quand il nous regarde.
30:32Ça, ça vient de la cohésion, de cette formation ?
30:34Oui, on a vécu tellement de temps ensemble.
30:37On a vécu tellement de moments ensemble que oui, on arrive à se comprendre.
30:40Surtout quand on est dans le même groupe.
30:42On sait ce que pense le voisin à un moment donné.
30:45On sait s'il est inquiet, s'il est rassuré,
30:49s'il est d'accord avec nous, pas d'accord.
30:52On le sait tout de suite.
30:53Il y a aussi, moi, un grand mystère,
30:55parce que c'est extrêmement physique ce que vous faites tous.
30:58Ça fait 27 ans que tu fais ça.
31:01C'est une longévité de dingue.
31:03Comment tu fais ?
31:04Est-ce que vous êtes testé régulièrement, physiquement,
31:08pour être sûr que vous soyez encore dans le coup, entre guillemets ?
31:11Ou est-ce que c'est toi qui vas sentir à un moment qu'il faut arrêter ?
31:15Est-ce qu'il y a un âge de départ à la retraite ?
31:17Comment ça fonctionne ?
31:18Parce que c'est vraiment à part, en fait.
31:20C'est vrai que maintenant, moi, à mon âge, j'ai 55 ans.
31:26Je n'ai pas le niveau physique des jeunes qui rentrent à 25 ans.
31:29Ce n'est pas possible.
31:31Mais maintenant, moi, j'ai d'autres responsabilités.
31:35Et on ne me demande pas de faire ce que le jeune de 25 ans doit faire en mission.
31:42Et qu'est-ce qu'on lui demande au jeune de 25 ans en mission ?
31:43Par exemple, on lui demande de faire des infiltrations avec des sacs à dos très lourds
31:50pendant plusieurs kilomètres sur des terrains qui sont accidentés.
31:55Ça, c'est pour l'observation.
31:57On lui demande de faire de la filature.
32:00Bon, ça, je peux le faire.
32:01Mais il y a des choses où on va plus demander à un équipier de le faire.
32:05À l'intervention, c'est pareil.
32:06L'intervention, quand ils sont en intervention,
32:08ils ont les gilets casques sur la tête qui pèsent très, très lourd.
32:11Ça pèse, d'ailleurs ?
32:13Ils ont à peu près 35 kilos entre le gilet, le casque.
32:21Et puis, il faut rajouter l'arme.
32:23Il faut rajouter, s'il y a le gars qui est porteur de bouclier,
32:27il y a le bouclier en plus, etc.
32:29À la protection, c'est pareil.
32:32Quand ils sont à l'étranger,
32:35des fois, on dort très peu parce qu'autour, le pays est en guerre.
32:40Donc, il faut surveiller l'ambassade.
32:43Il y a des tours de garde.
32:45Il faut protéger l'ambassadeur.
32:46Donc, il y a certains métiers, oui.
32:50Certains métiers, certains actes qu'on va plus donner à quelqu'un qui a le niveau physique.
32:55Mais c'est quoi le plus dur ?
32:56C'est physiquement, psychologiquement ?
32:58Non, c'est psychologiquement, oui.
33:00Voilà, c'est de tenir psychologiquement et puis de tenir dans le temps.
33:04Tu dis le plus dur psychologiquement,
33:06mais tu peux donner des exemples pour qu'on comprenne pourquoi c'est dur psychologiquement ?
33:11Ce qui est dur, c'est pour nous et nos familles aussi.
33:13Parce qu'on part à des moments où on ne sait pas quand est-ce qu'on part,
33:17on ne sait pas quand est-ce qu'on va rentrer.
33:19Il y a nos familles, on ne les voit pas pendant un certain temps.
33:22Il y a les enfants qui sont là, des fois on ne les voit pas grandir.
33:26Donc, tout ça, c'est...
33:28Et puis, il y a l'opération, il faut s'occuper de l'opération.
33:31Il faut que tout se déroule bien.
33:33Il faut que la sécurité des gars soit...
33:38Du moins que les gars fassent l'opération en sécurité,
33:40que la mission, on ne fasse pas basculer la mission.
33:44Donc, ça, il faut psychologiquement, oui, il faut...
33:49C'est intense quand même.
33:51Mais moi, j'imagine aussi que c'est le mental qui te fait tenir, non ?
33:53Oui, aussi.
33:55Est-ce que c'est le bon terme, la mission d'infiltration ?
33:58Donc, quand tu vas, par exemple,
34:00te fondre dans la végétation pour observer pendant plusieurs jours,
34:05si tu es un 15 janvier, ce n'est pas très sympa, quoi.
34:07On a du matériel qui nous permet de tenir,
34:09on est formé pour ça.
34:12Là, c'est ton mental qui te...
34:13Oui, oui, c'est le mental qui va faire tenir.
34:15On parle d'infiltration, oui, c'est de l'infiltration,
34:17du moins, c'est de se rendre d'un point à un autre
34:21pour mettre un poste d'observation.
34:23Parce qu'on ne fait pas, nous, on ne fait pas d'infiltration
34:26dans des groupes, dans des groupes de personnes.
34:30Ça, ce n'est pas mon métier, ça.
34:32Tu parlais de mission à l'étranger.
34:34Tu en as fait sept ou huit, je crois, à l'étranger.
34:36Pourquoi le GIGN va intervenir à l'étranger, parfois ?
34:40En Afghanistan, il a fallu protéger l'émissaire de l'ONU,
34:45l'Aqdar Brahimi, qui avait été chargé d'aller remettre
34:49le gouvernement Karzaï en place.
34:50Donc là, le gouvernement français avait proposé à l'ONU
34:56de fournir la protection.
34:58Donc j'ai fait aussi d'autres protections.
35:00Je suis parti en protection aussi dans d'autres pays
35:02comme en Irak.
35:05Je suis parti en Algérie, dans plusieurs pays.
35:07Ça, c'était pour la partie protection.
35:09Je suis allé aussi à l'étranger pour faire
35:11de l'observation sur rayon, c'est exactement aussi.
35:14Donc on en a parlé tout à l'heure pour la Bosnie,
35:17les criminels de guerre.
35:17Et je suis parti aussi dans des pays du nord de l'Afrique
35:22pour aller faire de l'observation sur rayon pour des affaires
35:27de drogue.
35:28C'est un bateau qui devait ramener des stupéfiants.
35:33Donc on y a été.
35:34On est rentré dans le pays.
35:37Bon, on est rentré dans le pays avec l'accord.
35:40Du moins, les autorités étaient au courant.
35:42Oui, ça se passe en accord.
35:43On n'est pas une unité d'espionnage.
35:46On est rentré avec l'accord du pays.
35:48Et après, par contre, dans le port, il a fallu étudier le port.
35:52Il a fallu étudier toute la sécurité du port.
35:56Parce que dans ces pays, il y a beaucoup de sécurité dans les ports,
36:00comme il y a des bateaux qui coûtent très cher.
36:01Donc on a étudié la sécurité du port.
36:04On était cinq.
36:04La sécurité du port pendant quatre jours et toutes les nuits
36:09pour voir comment ça se passait.
36:11Et à la quatrième nuit, j'ai tenté, j'ai mis l'équipe autour du port pour me prévenir.
36:22Et je suis allé sous le bateau pour voir comment c'était fait.
36:24Tu as plongé ?
36:25Non, le bateau était sur cale.
36:28D'accord.
36:28Donc je suis allé sous le bateau pour voir comment c'était fait.
36:32Et c'est à ce moment-là, il y a un gardien qu'on n'avait pas décelé pendant les
36:35quatre jours
36:35qui est sorti et qui est arrivé dans le port.
36:39Et je suis resté un quart d'heure allongé sous le bateau.
36:42Et il cherchait, je ne sais pas ce qu'il cherchait,
36:44mais il mettait des coups de lampe.
36:46Il avait dû...
36:47Mais ce n'est pas moi qui cherchais parce qu'il ne m'a pas trouvé.
36:49Donc après, il est rentré.
36:50Waouh.
36:50Donc oui, là, c'était...
36:53Là, c'est pareil.
36:54Moi, je savais que j'avais l'équipe qui était autour.
36:56Et puis...
36:58Et donc, j'étais...
37:00Entre guillemets, j'étais serein parce que je savais qu'il y avait des gens qui étaient là pour intervenir.
37:05Il y a d'autres moments comme ça où tu as dû te cacher ?
37:08J'ai fait plusieurs missions en Corse sur le FLNC ou dans le Pays Basque sur l'ETA.
37:15Quand on doit s'approcher du domicile ou quand on doit s'approcher en infiltration et que la personne sort,
37:23oui, là, il faut vite se cacher.
37:25Mais ça, il faut le prévoir avant parce que...
37:27Ah, tu dois anticiper la cachette.
37:29Oui, ça, pour faire une opération, on fait un briefing et on anticipe.
37:33La cachette, non, mais on anticipe que si elle sort, il va falloir qu'on se cache, qu'on arrête
37:38de bouger.
37:39Celui qui observe au loin, il nous renseigne pour savoir où est la personne, etc.
37:44Donc ça, oui, ça, il faut l'anticiper.
37:46C'est compliqué d'aller sur ce genre de personne, entre guillemets, la fleur au fusil,
37:51parce que c'est là où ça se passe mal.
37:53Et là, tu es en hypervigilance, en fait, quand tu bosses sur ce type d'affaires.
37:57Ah oui, oui, oui.
37:58Est-ce que tu arrives dans ton quotidien à baisser la garde ou est-ce que tu es toujours en
38:01hypervigilance ?
38:02Est-ce qu'il y a une forme de déformation professionnelle ? Tu repères tout, tout le temps.
38:05On me le dit, je regarde un peu partout, c'est vrai.
38:07Mais non, ce n'est pas de l'hypervigilance, c'est que moi, je fais attention.
38:11C'est plus quand on revient des pays étrangers où il y a la guerre ou quand on est allé,
38:16par exemple, en Irak ou en Afghanistan.
38:18Le pays se faisait bombarder de tous les côtés.
38:20Il y avait des attentats en permanence.
38:22Il y avait souvent des bruits d'explosion.
38:24Et quand on rentre en France, c'est les premières semaines, quand il y a une porte qui claque, on
38:29fait attention.
38:30On n'est pas, voilà, mais on se dit, tiens, ça me rappelle quelque chose.
38:34Tu sursautes, en fait.
38:35Tu dis, on fait attention.
38:36C'est l'expression pour ça, en fait, que tu as quand même sursauté.
38:39C'est normal.
38:39Donc, il y a quelques semaines où on se réadapte.
38:43J'y pense parce que mes anciens confrères journalistes de télé qui étaient sur des zones de conflit me racontaient,
38:48par exemple,
38:48qu'ils sont formés pour ne pas être dans un restaurant parce qu'il faut bien manger,
38:53ne pas être assis à tel ou tel endroit, s'asseoir au fond, pas devant, etc.
38:57Et ils m'en racontaient qu'en revenant, ils adaptaient encore ce type de comportement.
39:02Ah ben ça, je le sais tout le temps.
39:03Ah oui ?
39:04Oui, oui, je me mets rarement dos à la salle.
39:06J'aime bien voir ce qui se passe dans la salle du restaurant ou dans un bar.
39:10Ce qui fait que quand on sort souvent plusieurs du travail, c'est le premier qui arrive qui se met
39:17face à la salle.
39:18Parce que tout le monde veut se mettre face et pas dos au public.
39:23Vous faites tous pareil.
39:24Oui, oui, voilà.
39:25En 27 ans au sein du GIGN, j'imagine que les affaires ont évolué.
39:29Oui.
39:31Qu'est-ce que vous traitiez que vous ne traitez plus et quelles sont les affaires les plus traitées aujourd
39:36'hui ?
39:36Est-ce que c'est du terrorisme, du grand banditisme ? Est-ce que c'est du trafic contre les
39:41stupéfiants, etc. ?
39:42Quelles sont les grosses affaires de 2026 ?
39:45Moi, les grosses affaires que je ne faisais pas il y a 20 ans quand j'étais à l'observation
39:50recherche et qu'on a fait les dix dernières années, là, c'est, oui, du terrorisme.
39:56Là, oui, on en a fait beaucoup plus.
39:58Et là, en ce moment, ce qui se fait beaucoup, c'est les enlèvements avec tout ce qui est crypto
40:03-monnaie.
40:03Là, je sais que les gens à l'observation recherche font énormément d'enlèvements et travaillent beaucoup sur ça, ce
40:10qui est lié à la crypto-monnaie.
40:11Il y a des personnes qui ont été retrouvées, qui avaient été enlevées et on a réussi à résoudre l
40:17'affaire grâce aux enquêteurs et en grande partie grâce à tout ce qui est l'observation recherche.
40:23Pendant 27 ans, tu as quand même un métier. J'ai dit, tu es un homme de l'ombre.
40:26Tu côtoies des affaires, des gens extraordinaires. Tu es allé à l'étranger, tu pars de l'ONU, tu as
40:31traqué des criminels de guerre.
40:33Est-ce que c'est difficile de passer sa vie dans l'ombre, de ne pas pouvoir raconter son quotidien,
40:37son métier à tout le monde ?
40:39Non, non, ce n'est pas compliqué. Non, parce qu'il y a des choses que je raconte.
40:44Comme je dis tout à l'heure, on n'est pas des agents secrets. Nous, on est gendarmes.
40:51Donc, il y a des choses qu'on peut raconter. Je ne vais pas dire quand l'opération a lieu.
40:57Je suis parti en opération. Je ne vais pas dire sur qui ni où.
41:00Mais on peut parler. Oui, j'ai fait de la filature. On peut dire dans la globalité ce qu'on
41:07a fait.
41:08Là, on peut le dire. Il ne faut pas confondre. Nous, on n'est pas une unité de renseignement.
41:16On n'est pas des agents secrets. On est là pour travailler au profit des unités de recherche.
41:22Donc, on peut en parler.
41:23On arrive à la fin de cet entretien. J'aime demander aux gens qui sont à ta place un petit
41:28mot de la fin.
41:29Qu'est-ce que tu as envie de dire aux gens qui nous regardent, qui nous écoutent ?
41:32En conclusion, au vu de tout ce qu'on s'est dit, à la fois de ton métier extraordinaire,
41:38des missions que tu as fait, des observations, de la recherche, ce serait quoi ton mot de la fin ?
41:43Mon mot de la fin, ce serait que les personnes nous fassent confiance et que ceux qui veulent venir chez
41:52nous n'hésitent pas.
41:53Si nous, on y est arrivé, c'est que c'est faisable. En fait, on n'est pas des surhommes
41:57et tout le monde, moins tout le monde.
41:59Si on s'en donne les moyens, on peut le faire et les personnes sont capables de le faire.
42:05Tu dis qu'on n'est pas des surhommes, mais c'est parce que ça fait 27 ans que tu
42:08es dedans.
42:08Moi, quand je t'écoute, je me dis que c'est incroyable. Franchement, tu sais, sauter d'un hélicoptère, tirer
42:13d'un hélicoptère, faire de la plongée.
42:15Tu sais faire de la plongée ? Non, non, je ne fais pas de la plongée. Moi, je suis parachutiste.
42:19Filmer, prendre des photos, changer d'apparence. C'est quand même extraordinaire, au sens littéral du terme.
42:24Oui, on fait un métier qui est extraordinaire, mais en France, il y a d'autres personnes qui font des
42:29métiers extraordinaires aussi.
42:30Merci, Bill. De rien.
42:32Merci pour toutes tes anecdotes, ta confiance.
42:36Bravo à toi, parce que franchement, on est aussi tous protégés grâce à vous.
42:40Merci d'être venu jusqu'ici.
42:42On ne saura pas rien de plus sur ton identité.
42:45On ne verra pas ton visage, mais on peut en tout cas te retrouver sur TousFonder.
42:49C'est tous les mardis sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcast.
42:53Donc, je vous dis merci et on se retrouve mardi prochain.
42:56Salut.
42:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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