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IL A FAILLI ETRE PRIS EN OTAGE (RAID, négociateur) avec Laurent Combalbert

Ancien négociateur du RAID, formé au FBI, Laurent Combalbert a passé sa vie à dialoguer avec des forcenés, des preneurs d’otages et des criminels prêts à tout. Mais tout bascule le jour où il ramène un otage chez lui et assiste aux retrouvailles avec sa famille.
À travers ses missions les plus extrêmes, il révèle ce que négocier veut vraiment dire. Créer du lien, comprendre l’autre, rester lucide même face au danger. De la Colombie aux crises les plus tendues, il partage les moments où tout pouvait s’effondrer… et comment quelques mots peuvent sauver une vie.

Aujourd’hui, il applique ces mêmes principes dans nos vies quotidiennes, notamment avec nos enfants. Émotions, confiance, cadre, responsabilité… une autre manière de communiquer et de construire des relations durables.
Il est l'auteur de "Négocier avec ses enfants (et garder son calme)" chez Point Nemo

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Tous WONDER met en lumière ces héros du quotidien, ces personnalités inspirantes qui ont connu un tournant majeur. L’objectif est d’aller chercher l’instant charnière dans la trajectoire de personnalités issues de la société civile, du monde politique, du CAC 40, de l'entreprenariat, du sport, de la culture, du monde scientifique... Tous WONDER fait un pas de côté, un format d’interview intelligent qui révèle l’inattendu chez ses invités.

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😹
Amusant
Transcription
00:00:00Je leur réponds, si vous me gardez, vous tuez votre business.
00:00:02J'ai créé un réseau de négociateurs professionnels et on traite de kidnapping et d'extorsion.
00:00:05Le vrai salaire, c'est quand tu ramènes la personne kidnappée quand il retrouve sa famille.
00:00:08Négocier, ça veut dire quoi ?
00:00:09Il faut qu'il sente que t'es là aussi pour lui, même si c'est la pire des crapules.
00:00:12Et je lui dis, ouais, je te comprends.
00:00:13T'as mis, fin de la relation.
00:00:14J'aurais pu mourir, personne m'aurait retrouvé.
00:00:17Bonjour à tous et bienvenue dans Tous Wander, le média qui parle de votre point de bascule.
00:00:21Aujourd'hui, on reçoit Laurent Combalbert, ancien négociateur du RAID, formé au FBI.
00:00:26Il est l'un des meilleurs négociateurs au monde.
00:00:29Il a eu face à lui des forcenés, des preneurs d'otages, les FARC colombiens.
00:00:33Et aujourd'hui, il vient nous expliquer comment appliquer ces techniques à nos enfants.
00:00:39Il est l'auteur de négocier avec ses enfants et garder son calme chez Point Nemo.
00:00:44Autant vous dire que c'est un épisode à écouter et à regarder absolument.
00:00:48Tous Wander, vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcast.
00:00:53Spotify, Deezer, Amazon et Apple.
00:00:56Vous pouvez donc nous regarder, nous écouter un peu partout et un peu tout le temps.
00:00:59Merci à notre sponsor Ramify.
00:01:02Ramify, c'est une banque privée en ligne.
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00:01:42Tous Wander, c'est maintenant avec Laurent Combalbert, ancien négociateur du RED.
00:01:58Laurent Combalbert, merci d'être avec nous.
00:02:00Avec plaisir.
00:02:01Je suis très contente de te recevoir.
00:02:02On va parler de ton livre, négocier avec ses enfants et garder son calme.
00:02:07Ce qui n'est pas le plus facile.
00:02:08J'aime beaucoup le sous-titre, donc c'est chez Point Nemo.
00:02:11Mais on commence toujours dans Tous Wander avec un point de bascule dans la vie de l'invité.
00:02:16Ton point de bascule, tu nous l'as confié, c'est 2010.
00:02:21Tu ramènes un otage du Mexique.
00:02:23Tu es dans l'avion avec cette personne que tu ramènes, ce qui n'est visiblement pas très habituel.
00:02:28Il va se passer quelque chose quand tu arrives en France.
00:02:30Tu as une émotion.
00:02:31Il va se passer un truc.
00:02:32Est-ce que tu peux nous raconter en quoi c'est un point de bascule et pourquoi il y a
00:02:35eu un avant et un après ?
00:02:37Dans ma carrière, dans ma vie, il y a eu plein de points de bascule.
00:02:39Mais celui-là, il m'a marqué parce que c'est la première mission que je mène en tant que
00:02:42chef de mission.
00:02:43J'ai créé un réseau de négociateurs professionnels et on traite de kidnapping et d'extorsion.
00:02:47Je travaille dans le cadre d'une police d'assurance qui couvre une entreprise qui a un de ses collaborateurs
00:02:51kidnappés.
00:02:52On va le ramener en France.
00:02:53On va gérer la négociation.
00:02:54C'est un peu complexe, mais c'est notre job.
00:02:56Quand on le ramène en France, déjà, ce qui se passe rarement, c'est que je suis dans le même
00:02:59avion que la personne qu'on ramène.
00:03:01Souvent, on est séparé, on part un peu plus tard, ou lui est pris en charge par des psys et
00:03:05débriefé.
00:03:06Et là, on est dans le même avion, on rentre ensemble.
00:03:08Donc, il y a une petite connivence qui se crée, évidemment, mais tu vois la personne pour laquelle de travailler.
00:03:12Et quand on arrive en France et qu'on atterrisse sur le tarmac au Bourget, en fait, il y a
00:03:16la famille de cette personne qui est là.
00:03:18Et quand il descend de l'avion et que je vois sa mère qui lui tombe dans les bras et
00:03:22qui le retrouve,
00:03:23tu as déjà une fierté d'avoir travaillé, mais une petite émotion quand même.
00:03:26Tu vois, tu es un peu fatigué, tu t'es beaucoup investi dans la mission, ça touche.
00:03:30Et ensuite, quand on descend de l'avion, on attend un peu que tout le monde s'en arrive, mais
00:03:32elle nous attend.
00:03:33Et elle nous remercie de l'avoir ramené.
00:03:35Et là, je dis, écoutez, très, très bien, je remonte dans l'avion, j'ai oublié quelque chose.
00:03:39Et je rentre dans l'avion et là, je m'effondre en larmes de plaisir, de ça.
00:03:44Mais aussi de cette émotion de se dire, mais en fait, ce boulot, c'est ça.
00:03:47Le vrai salaire du négociateur, c'est quand tu ramènes la personne kidnappée, quand il retrouve sa famille.
00:03:51Ce moment-là, il est hallucinant.
00:03:54Mais qu'est-ce qui t'a fait pleurer ? C'est la mère ?
00:03:56C'est le fait de cette gentillesse qu'elle a exprimée.
00:04:00Et puis de dire, oui, on a ramené quelqu'un, on l'a ramené à sa famille.
00:04:03Elle était tellement authentique.
00:04:05Donc, tu as toute la pression qui redescend.
00:04:06Et donc, quand je suis rentré là-dedans, l'émotion est montée très, très vite.
00:04:10Et oui, c'est un moment assez fort, assez fort.
00:04:12Et je me suis dit, waouh, j'ai bien fait de choisir ce métier et de le conduire de cette
00:04:15façon-là,
00:04:15parce que c'est ça que je veux.
00:04:17Ce métier, il faut quand même que tu nous expliques.
00:04:20Est-ce que tu as postulé ? Est-ce qu'on est venu te chercher ?
00:04:22Comment est-ce qu'on devient négociateur du RAID ?
00:04:25Alors, je n'ai pas postulé pour la négociation.
00:04:27Moi, j'ai toujours voulu rentrer au RAID et intégrer un groupe d'intervention.
00:04:31Je suis né en 71.
00:04:33Donc, je suis de la génération qui a vu la création du GIGN en 74.
00:04:36Les groupes d'intervention de la police nationale se créaient.
00:04:38La création du RAID en 85.
00:04:40Je suis en fac de droit quand le RAID traite la prise d'otage de deuxi.
00:04:45Et donc, je me dis, voilà, c'est ce que je veux faire.
00:04:48Je veux rentrer dans la police.
00:04:49Et si je rentre dans la police, c'est pour le RAID.
00:04:50Tu nous parles de cette école avec Nicolas Sarkozy, qui à l'époque est maire.
00:04:55Et qui va négocier avec Human Bomb.
00:04:57Avec Eric Schmitt, Human Bomb, qui est l'homme qui prend les enfants en otage.
00:05:01Qui demande 100 millions de francs, une rançon irréaliste.
00:05:04Et qui va, pendant de longues heures, tenir en haleine la France entière.
00:05:07Et notamment le RAID.
00:05:09Et donc, quand je vois ces images, ça confirme mon envie d'intégrer les colonnes d'assaut du RAID.
00:05:13En fait, pour moi, le RAID, ce n'est pas la négociation.
00:05:15Je ne sais même pas que ça existe.
00:05:16Mais c'est le groupe d'intervention, la tenue noire, la cagoule.
00:05:19Et donc, j'intègre la police en 94.
00:05:22Je passe mon concours d'officier.
00:05:24Je sors bien classé.
00:05:25Donc, on me propose de choisir mon poste.
00:05:27Je demande si je peux aller au RAID.
00:05:28On me dit, ben non, on ne peut pas faire le RAID en sortie d'école.
00:05:31Par contre, il y a un poste à côté du RAID.
00:05:33C'est la CRS 8, la compagnie de CRS, qui assure le cantonnement du RAID.
00:05:36Donc, je prends la tête des sections d'intervention de la CRS 8.
00:05:39pour candidater pour le RAID.
00:05:41Et puis, après trois ans de commandement de ces sections,
00:05:44je vais frapper à la porte du patron du RAID pour me montrer.
00:05:47Déjà, il me voit.
00:05:48On se rencontre.
00:05:48On est sur le même site.
00:05:49Et lui dire que je suis intéressé pour passer les tests de sélection.
00:05:52Et là, il va me mettre une douche.
00:05:54Il va m'arrêter.
00:05:55Il me dit, on ne passe pas les tests de sélection du RAID
00:05:56après trois ans dans la police.
00:05:58Il faut au moins cinq ans.
00:05:59Il faut un gros dossier.
00:06:00Donc, revenez plus tard.
00:06:01Et quand je quitte son bureau, je croise Michel-Marie.
00:06:04Michel-Marie, c'est celui qui est derrière Sarkozy en 93 à nuit.
00:06:08C'est le premier négociateur du RAID.
00:06:10Et Michel, il sait que j'ai envie de rentrer au RAID.
00:06:12Il sait que je suis un jeune officier un peu bosseur.
00:06:14Et il me dit, je monte une équipe de négociateurs.
00:06:16Je cherche un jeune officier qui, un jour, peut-être, pourra prendre ma place.
00:06:19Est-ce que ça t'intéresse ?
00:06:21Pour faire de la négociation.
00:06:23Et je découvre mon négociation adossée à un service de police.
00:06:27Et je suis un peu surpris.
00:06:29Et Michel m'explique.
00:06:30Ça, c'est en fonctionnement.
00:06:31Il dit pour prendre ma place qu'il y a un seul négociateur ?
00:06:34Il était seul à l'époque.
00:06:35Ah oui, il était seul.
00:06:36Quand il rentre au RAID en 85, le métier n'existe pas.
00:06:39Métier de négociateur.
00:06:40Parce que le RAID est créé en 85.
00:06:41Et il y rentre comme technicien.
00:06:43Inspecteur de police.
00:06:44Chef du groupe technique.
00:06:45Parce qu'il est photographe.
00:06:46Parce qu'il adore l'imagerie.
00:06:47Et en 91, il va faire une rencontre.
00:06:50Il va rencontrer Gary Nossner.
00:06:51Gary Nossner qui est le patron de la Crisis Negotiation Unit du FBI.
00:06:55Et Gary Nossner lui dit, nous, on fait de la négociation.
00:06:57On négocie avec des preneurs d'otages.
00:06:59Et Michel-Marie rentre en France en se disant que c'est une super idée, qu'il faut faire pareil.
00:07:03Et on est en France.
00:07:04Donc quand tu vas avec une idée neuve, évidemment on te dit non.
00:07:07Ça ne te plaît pas.
00:07:08Quand tu as dans l'administration, quand tu as une idée avant ton chef, ce n'est pas bon signe.
00:07:12Généralement, c'est compliqué à faire avancer.
00:07:14Mais il ne va pas lâcher l'affaire.
00:07:15Il va deux ans plus tard se retrouver avec Nicolas Sarkozy à Dehi.
00:07:19Il montre que la négociation fonctionne.
00:07:20Et il va commencer à lancer le projet de monter une équipe.
00:07:23Et en 98, quand il crée son équipe, il me demande si je veux bien le rejoindre pour être négociateur.
00:07:28Et là, tu étais hyper heureux, j'imagine.
00:07:30Ah non, c'est vrai !
00:07:30Non, parce que négociateur, pour moi, ça n'existe pas.
00:07:32Je veux casser les portes.
00:07:34Moi, je veux diriger des sections d'assaut.
00:07:36Je veux rentrer en premier pour aller sauver l'otage.
00:07:39Je le casse.
00:07:39Tu veux en découdre ?
00:07:40Oui, le bouclier, c'est ce qui m'intéresse.
00:07:42Et il me présente une autre façon de sauver des vies.
00:07:46par la relation, par la discussion, par la stabilisation.
00:07:50Et donc, il arrive à me convaincre qu'effectivement, c'est un beau projet.
00:07:53Il me convainc parce qu'il ne me vend pas du rêve.
00:07:56Il ne me dit que personne n'y croit.
00:07:58À part moi et deux, trois autres, les gens pensent que c'est de la perte de temps.
00:08:02Moi, je pense que c'est un vrai outil de gestion de crise.
00:08:04Et je pense qu'on peut sauver des vies.
00:08:06Celle des otages, mais aussi celle de nos collègues qui n'auront pas rentré.
00:08:09Et celle du preneur d'otages qu'on va interpeller vivant.
00:08:11Parce que la plupart des gens qu'on traite, ce n'est pas des terroristes.
00:08:13Ce n'est pas des gens qui vont aller au bout.
00:08:15C'est des messieurs, madame, tout le monde qui pètent les plombs,
00:08:17qui sont au débordement émotionnel.
00:08:19Et donc, on peut les traiter par la discussion et par la négociation.
00:08:22Négocier, ça veut dire quoi ?
00:08:23Est-ce que ça veut dire amener quelqu'un à faire quelque chose que tu veux ?
00:08:27C'est-à-dire, ton forcené, vous sortez de cette maison dans laquelle vous êtes enfermé.
00:08:31Ou est-ce que ça veut dire que toi aussi, tu fais un pas vers lui ?
00:08:34Ça veut dire quoi, négocier ?
00:08:35Un négocier, c'est trouver un accord dans une situation de désaccord exprimé.
00:08:41Ça veut dire que tous les deux font un pas l'un vers l'autre ?
00:08:43Si tu veux trouver une solution qui satisfait tout le monde, tu cherches le compromis.
00:08:47Donc, on attend parfois, il ne faut pas faire de compromis.
00:08:49Bien sûr, la négociation, c'est l'art des compromis.
00:08:52Donc, dans une négociation, tu cèdes un peu.
00:08:55Tu as une petite frustration à la fin de ta négociation parce que tu n'as pas eu 100%
00:08:58de ce que tu voulais.
00:08:59Mais tu as fait avec l'autre, tu as construit avec l'autre un accord.
00:09:03Compromis, ça veut dire promettre ensemble.
00:09:05On promet ensemble d'aller jusqu'au bout de l'accord et de l'appliquer.
00:09:08Donc, oui, c'est un geste que tu fais vers l'autre.
00:09:09C'est un acte d'altérité, la négociation.
00:09:11Donc, tu ne négocies pas contre lui, tu négocies avec lui.
00:09:14Ce qui implique qu'à certains moments, tu peux aussi lâcher un peu de ton côté.
00:09:17Tu es forcément frustré à la fin ?
00:09:20Tu te dis toujours que tu aurais pu faire mieux, plus vite, lâcher un peu moins.
00:09:24Bien sûr, sur n'importe quelle négociation.
00:09:26Je forme des tas de commerciaux qui me disent « Ah, j'avais une négociation, je suis sûr que j
00:09:30'aurais pu vendre un peu plus cher ».
00:09:31Bien sûr, mais tu aurais pu aussi ne pas vendre du tout parce que tu étais trop cher et que
00:09:35ça ne correspondait pas à ce que voulait l'autre.
00:09:36C'est ça.
00:09:37Donc, il faut accepter que parfois, pas tout le temps, mais souvent, il y a une petite frustration à la
00:09:41fin de ta négo.
00:09:41Ce n'est pas grave.
00:09:42Est-ce que tu as un accord qui est juste pour toi et pour l'autre ?
00:09:45Si c'est juste, c'est bon.
00:09:46Si c'est juste, c'est OK.
00:09:47Et surtout, c'est durable.
00:09:48Et c'est quoi être un bon négociateur, alors ?
00:09:51Être un bon négociateur, il y a plein de qualités que certaines personnes ont et donc, ils font qu'elles
00:09:55sont plus rapidement efficaces en négociation.
00:09:58Je pense qu'il faut aimer les autres.
00:10:00Il faut aimer les autres.
00:10:01Même un forçonné.
00:10:02Tu es obligé.
00:10:03Ce n'est pas l'aimer dans le sens de l'amour pur et profond.
00:10:07Il faut s'intéresser à lui.
00:10:09Il faut qu'il sente qu'il a de l'intérêt pour toi.
00:10:12Tu n'es pas juste quelqu'un qui lui parle pour le faire sortir et tu n'as rien à
00:10:15faire de lui.
00:10:15Il faut qu'il sente qu'il y a un truc.
00:10:17Donc, un forçonné qui pète les plombs.
00:10:18Mon premier forçonné au reine, c'était un vieux papy qui avait tiré dans sa cage d'escalier parce que
00:10:22les voisins faisaient du bruit.
00:10:23Évidemment que quand tu le fais sortir et qu'il te tombe dans les bras, ben oui, tu as de
00:10:27l'amour pour lui parce que tu aurais pu être à sa place.
00:10:30Tu aurais même peut-être pu faire comme lui.
00:10:32Un kidnappeur qui prend quelqu'un en otage pour de l'argent, tu dois malgré tout créer cette relation avec
00:10:36lui.
00:10:36Être empathique avec lui.
00:10:38S'il n'y a pas la connexion, tu ne peux pas réussir.
00:10:40Le lien avant le gain.
00:10:42Il faut créer la connexion avant de vouloir obtenir quelque chose.
00:10:45Donc oui, il faut qu'il sente que tu es là aussi pour lui, même si c'est la pire
00:10:48décrapule.
00:10:49Donc le bon négociateur, il est empathique.
00:10:51Il est empathique.
00:10:52Ce n'est pas une brude sévère.
00:10:54Il est empathique sans être ni apathique, ni antipathique, ni sympathique.
00:11:00L'empathie, c'est une ligne de crête dans l'engagement émotionnel.
00:11:03Si tu es trop dans l'émotion, tu es avec les enfants par exemple.
00:11:06C'est difficile de négocier avec eux parce qu'il y a de l'affect évidemment.
00:11:08Et on est souvent sympathique avec nos enfants.
00:11:10On voit leurs émotions, on les partage.
00:11:12Donc on est moins lucide.
00:11:14Mais tu peux être apathique.
00:11:15Je forme des médecins par exemple à la relation médecin-patient.
00:11:18Certains médecins nous disent, moi je ne mets pas d'émotion parce que ce serait compliqué.
00:11:21Quand tu annonces 3, 4, 5 cancers par jour, on peut comprendre ça.
00:11:24Sauf qu'en ne mettant pas d'émotion, il n'y a pas de connexion.
00:11:26Et donc la connexion avec le patient, elle est importante pour qu'il observe le traitement que tu vas lui
00:11:30donner.
00:11:31Donc il faut être sur cette ligne de crête.
00:11:32Il faut de l'émotion, mais pas trop.
00:11:34C'est quoi la pire situation que tu aies vécue ?
00:11:36Parce qu'évidemment, nous, on adore que tu nous racontes un petit peu ce que tu as vécu.
00:11:41Mais une situation où tu t'es dit, je ne vais pas y arriver ou un truc incroyable.
00:11:45Une négo où je me suis dit, je ne vais pas y arriver.
00:11:48Il n'y en a pas beaucoup.
00:11:49Parce que j'ai toujours l'espoir qu'on peut réussir.
00:11:51Et je trouve que l'optimisme, ça se transmet aussi à l'autre.
00:11:54Non, je me suis retrouvé dans une situation où un peu d'excès de confiance.
00:11:58Je fais une remise de rançon avec les FARC en Colombie, à la zone du Barinas.
00:12:03J'ai fait une trentaine de situations de crise là-bas.
00:12:05Le Barinas, c'est la frontière entre la Colombie et la Venezuela.
00:12:07Et je fais une remise de rançon et je vais au contact.
00:12:10Parce que les ravisseurs demandent à ce que je vienne.
00:12:12On a échangé, je parle espagnol.
00:12:13Donc ils entendent à mon accent que je suis français.
00:12:16D'ailleurs, parenthèse, là, tu y vas pour le RAID ?
00:12:17Non, du tout.
00:12:18Là, je suis déjà en en privé.
00:12:19D'accord, ok.
00:12:20Parce que le RAID, c'est uniquement en France.
00:12:21Le RAID, c'est en France.
00:12:22D'accord, pardon, parenthèse ferme.
00:12:23Mais tu fais bien de préciser.
00:12:27Je suis un peu sûr de moi, j'ai eu plusieurs succès auparavant.
00:12:31Et donc, je vais au contact physique.
00:12:32On marche pendant des heures pour arriver au point de remise, de rencontre.
00:12:35Ce qu'on appelle la rencontre.
00:12:37Oui, oui, alors t'es sur les nerfs.
00:12:38T'es là, là, là, là, là, là, là.
00:12:39Mais désolé, je parle un peu du dé, mais je négocie avec un rhume un peu compliqué.
00:12:43C'est la période, je crois.
00:12:44Et quand j'arrive au contact des guerrieros qui se font passer pour les FARC,
00:12:49honnêtement, je ne pense pas que c'était les FARC.
00:12:51Je pense que c'était les criminels qui se donnaient l'étiquette des FARC.
00:12:54On sent qu'il y a quand même de la tension et de la fébrilité.
00:12:56Et j'entends un des criminels qui est là, un des kidnappeurs,
00:13:01qui dit on va garder le gringo, on va le garder avec nous.
00:13:03Donc toi ?
00:13:04Moi.
00:13:05Pour demander une nouvelle rançon.
00:13:06Ouh là, ah ouais.
00:13:08Et là, tu te dis, je n'ai pas de parachute de secours.
00:13:11Et là, t'as peur ?
00:13:13T'as peur parce que tu te dis, je suis loin.
00:13:15Personne ne sait où je suis, vraiment.
00:13:17J'ai été amené par un guide à qui je fais confiance,
00:13:19mais je suis en train de me dire, est-ce qu'il ne m'a pas roulé ?
00:13:21Est-ce que ce n'est pas lui qui m'a amené dans un piège ?
00:13:22On a de l'argent sur nous.
00:13:24Une belle somme.
00:13:25Et je suis face à des gens sur lesquels je n'ai aucun pouvoir.
00:13:27Je n'ai aucun rapport de force.
00:13:28S'ils veulent me garder ou me tuer, ils peuvent le faire tout de suite.
00:13:31Et donc là, il y a un petit moment de tension qui dure quelques microsecondes,
00:13:36mais t'as l'impression que c'est des heures.
00:13:37Et je leur dis, la chance que j'ai, c'est que je comprends l'espagnol.
00:13:40Et donc, je leur réponds, si vous vous gardez, vous tuez votre business.
00:13:45Si vous gardez la personne qui vous amène de l'argent,
00:13:47profitez de cet argent, c'est le seul que vous aurez.
00:13:49Il n'y en aura plus jamais.
00:13:50Plus personne n'osera venir vous apporter de l'argent.
00:13:53Et donc là, je les vois se regarder.
00:13:55Il y en a un qui rigole.
00:13:56Puis il s'en va.
00:13:57Il lâche une phrase que je n'entends pas.
00:13:58Il s'en va.
00:13:59Et il se retourne, il dit, allez, c'est bon, partez.
00:14:01Mais non.
00:14:02Ouais, et on repart.
00:14:03Et là, les heures pour rentrer, elles sont longues.
00:14:05Parce que tu te dis, ils sont peut-être derrière nous.
00:14:07Oui, et puis à tout moment, ils viennent te choper.
00:14:08Et puis, ouais, là, tu réalises que tu as pris des risques.
00:14:11Vraiment.
00:14:11Et quand j'arrive à l'hôtel, là, à l'hôtel, j'ai peur.
00:14:14Mais plus que ça.
00:14:15Là, c'est de l'angoisse.
00:14:16C'est vraiment la peur qui se dégrade.
00:14:17Je me mets à trembler.
00:14:18Je me prends ma douche.
00:14:19Je me dis, waouh, j'aurais pu mourir.
00:14:21Personne ne m'aurait retrouvé.
00:14:23Là, tu penses à tes enfants.
00:14:24Tu penses à tout ça.
00:14:25Donc, c'était compliqué.
00:14:26Ouais, c'était chaud.
00:14:27On a réussi à ramener la personne malgré tout.
00:14:29Donc, c'était bien.
00:14:29Mais c'était une prise de risque inconsidérée.
00:14:32Il y a des négo que tu as échoués ?
00:14:34Il y en a toujours qu'on va échouer.
00:14:36Au RAID, j'ai eu la chance de ne pas en échouer.
00:14:38De toujours récupérer l'otage.
00:14:39Alors, ça ne veut pas dire qu'on le fait sortir par la négo.
00:14:42Mais la négociation peut permettre de préparer l'assaut.
00:14:45La négociation, ce n'est pas forcément la reddition.
00:14:47Tu stabilises, tu gagnes du temps, tu fais du renseignement.
00:14:49Tu positionnes la personne au bon endroit.
00:14:51Donc, la négociation peut aussi aider à l'intervention.
00:14:54C'est un outil de l'intervention au même titre que les colonnes d'assaut,
00:14:57que le renseignement, que les autres acteurs.
00:14:59J'ai pensé à une question que j'ai envie de te poser.
00:15:02J'ai le sentiment que la négociation, elle a changé avec l'arrivée des terroristes
00:15:05qui, eux, cherchent à mourir.
00:15:07C'est-à-dire que tu ne vas plus négocier avec un mec sur une reddition.
00:15:09C'est le mot reddition qui m'inspire cette question.
00:15:11Là, tu es face à des mecs qui veulent mourir.
00:15:13J'imagine que tu as dû faire évoluer ta technique de négociation.
00:15:16Les négociateurs, aujourd'hui, dans les groupes d'intervention,
00:15:19ont fait évoluer leur approche parce que tu as une négociation de reddition.
00:15:23Tu as face à un forçonné, à un prenant d'otage.
00:15:24Il y a une accroche.
00:15:25Tu sais que tu peux le ramener à la raison.
00:15:28Et donc là, tu peux le faire sortir.
00:15:29Un terroriste, il n'y a pas d'objectif commun avec lui.
00:15:32Pour en négocier, il faut un OCP, l'objectif commun à partager.
00:15:35Il n'y a pas d'OCP avec un terroriste.
00:15:37Donc, tu sais qu'il y a de grandes chances qu'il va y mourir.
00:15:39Peut-être avec toi, d'ailleurs, qu'il va y t'amener aussi.
00:15:41Ou amener les gens du groupe d'intervention.
00:15:43Donc, c'est de la négociation de stabilisation.
00:15:45On va stabiliser, gagner du temps pour préparer l'assaut dans les bonnes conditions.
00:15:49Donc oui, c'est vrai que ça a évolué ce métier.
00:15:52Ce métier a un peu changé.
00:15:53Et tu sais à quoi je le vois ?
00:15:54Un truc qui me choque chaque fois que je le vois,
00:15:56c'est que les négociateurs de groupe d'intervention aujourd'hui,
00:15:58ils sont en tenue d'intervention avec des armes aux côtés,
00:16:01avec un fusil d'assaut.
00:16:02Ils ont juste marqué négociation dans le dos.
00:16:04Ça, ce n'est pas la négociation telle que moi je l'ai mise en place
00:16:06et telle qu'on l'a créée avec Michel-Marie.
00:16:08C'est la négociation qui a changé de visage,
00:16:11qui est une composante de la colonne d'assaut
00:16:13et plus une composante de l'intervention au sens large.
00:16:15Donc oui, c'est un changement de paradigme
00:16:17qui fait que la négociation aujourd'hui,
00:16:19elle est plus liée à l'intervention qu'à la reddition.
00:16:23Sans divulguer des secrets,
00:16:26comment tu fais pour entrer en contact,
00:16:28pour commencer la négociation ?
00:16:30Est-ce qu'il y a des trucs et astuces
00:16:32qu'on pourrait appliquer nous ?
00:16:33Évidemment, on n'est pas face à des FARC ni des terroristes,
00:16:35mais dans notre quotidien.
00:16:38C'est quoi le début ?
00:16:39C'est quoi le point de départ ?
00:16:40Déjà, tu es très préparé avant de commencer.
00:16:42D'accord.
00:16:43Si tu veux faire n'importe quelle négociation,
00:16:45tu achètes un appartement,
00:16:46tu négocies ton salaire,
00:16:48tu vas négocier avec tes enfants une activité sportive,
00:16:51tu dois être préparé.
00:16:52Avant d'ouvrir la bouche, tu es préparé.
00:16:54Tu sais quel est ton enjeu,
00:16:55tu sais quel est ton rapport de force,
00:16:57tu sais quel est l'intérêt de l'autre,
00:16:58tu connais ton objectif comment,
00:17:00tu as un mandat,
00:17:00des choses que tu peux lâcher,
00:17:02et après tu commences à ouvrir la bouche.
00:17:03Donc ça, c'est la première phase.
00:17:05Ensuite, il faut être le plus authentique possible.
00:17:08Parce que si tu joues un rôle,
00:17:09si tu te mets en scène,
00:17:10tu mets un masque,
00:17:11ça va se voir.
00:17:12Ça va consommer de la capacité cognitive.
00:17:16Donc ton esprit va se concentrer
00:17:17sur le masque que tu vas dessiner,
00:17:19le mensonge que tu vas dire.
00:17:21Alors que si tu es authentique, c'est plus simple.
00:17:22Moi, toutes mes négociations raides,
00:17:23bonjour, je m'appelle Laurent,
00:17:24je suis le négociateur du raid,
00:17:26je suis là pour essayer de vous aider.
00:17:28Ah, tu commences comme ça ?
00:17:28C'était pratiquement tout le temps comme ça.
00:17:30Et ensuite, tu vois la réaction.
00:17:31Et c'est quoi en général ?
00:17:33La réaction, c'est la personne qui dit
00:17:35j'ai pas besoin de vous.
00:17:36Ouais, ça m'intéresse pas.
00:17:37Ok.
00:17:37D'accord.
00:17:38Vous n'avez pas besoin qu'on vous aide ?
00:17:39Une question.
00:17:41Non, j'ai pas besoin qu'on m'aide.
00:17:42D'accord.
00:17:43Pourtant, vous êtes enfaimé dans cet appartement,
00:17:45j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui va pas, non ?
00:17:46Si, si, vous inquiétez pas, tout va très bien.
00:17:48D'accord.
00:17:48Vous avez le sentiment que tout va très bien ?
00:17:50Oui, tout va très bien.
00:17:51Malgré tout, vous n'êtes pas prêt à sortir alors ?
00:17:53Non, je sortirai pas.
00:17:54Ok.
00:17:55Qu'est-ce qui fait que vous voulez pas sortir ?
00:17:56Mais ça me regarde pas.
00:17:58D'accord.
00:17:58Ça me regarde pas parce qu'on se connaît pas ?
00:18:00Oui, on se connaît pas, puis c'est mon problème.
00:18:02Ok.
00:18:02Et si on se connaissait mieux, vous pensez que ça pourrait nous aider ?
00:18:06J'en sais rien.
00:18:07C'est quoi votre prénom ?
00:18:09Et on commence à faire des accroches.
00:18:10En fait, si t'as vu, j'ai fait poser des questions.
00:18:13Et la question, c'est ouvrir une porte.
00:18:15Si tu affirmes, je vais t'aider, fais-moi confiance, je suis ton ami, ça marche pas.
00:18:20C'est des injonctions.
00:18:21Et à chaque fois que tu dis ça, tu fermes une porte.
00:18:23Chaque fois que tu poses une question, tu amènes l'autre à te donner une idée.
00:18:26Tu sais pas ce qu'il va te répondre.
00:18:27Mais tu vas rebondir sur sa réponse, tu vas improviser sur sa réponse,
00:18:30avec tout le panel des techniques qu'on a dans la questionologie, l'art du questionnement.
00:18:34Ce qui est intéressant aussi, dans ce que tu viens de nous montrer,
00:18:37c'est que tu maintiens la conversation.
00:18:39C'est-à-dire que tu fais tout pour éviter que ça se ferme.
00:18:41Oui, tu es là pour créer le contact, le lien avant le gain.
00:18:44Si t'as pas créé le lien, tu vas rien gagner.
00:18:46Donc le lien, la connexion, elle doit se faire.
00:18:48Non, je veux pas te parler.
00:18:49D'accord, vous avez pas envie de me parler, c'est ça ?
00:18:51Non, je veux pas vous parler.
00:18:52Ok, qu'est-ce qu'il fait que vous voulez pas me parler ?
00:18:54Mais parce qu'on se connaît pas.
00:18:55D'accord, c'est vraiment ça le problème ?
00:18:58On ne peut pas ne pas communiquer.
00:19:01Donc Paul Vassalic a bien expliqué, un détenant de l'école de Palo Alto,
00:19:04que dès que tu dis à quelqu'un « je te parle pas »,
00:19:06t'es en train de lui parler et tu communiques.
00:19:08Avec ton non-verbal, avec ton pas-verbal,
00:19:10tu passes des messages, tu passes des informations.
00:19:11Il m'est arrivé de faire une négociation face à quelqu'un
00:19:14qui ne m'a jamais répondu.
00:19:15Ah bon ?
00:19:16Ce qui ne m'empêche pas de négocier.
00:19:17Mais qui ne te répondait pas, qui ne te parlait pas ?
00:19:19Qui était derrière la porte, mais qui ne m'a jamais parlé,
00:19:21qui ne parlait à personne.
00:19:22Ça ne m'empêche pas de lui passer des messages.
00:19:25Je m'appelle Laurent, je suis le négociateur du RAID.
00:19:27Je suis là pour essayer de vous aider.
00:19:30Je sais que vous êtes derrière cette porte
00:19:31et j'ai l'impression que vous ne voulez pas me parler.
00:19:33Je ne sais pas pourquoi.
00:19:34C'est vrai que peut-être que vous avez peur
00:19:35qu'en fait je sois là pour vous piéger.
00:19:38Peut-être que vous avez peur qu'en fait on prépare l'assaut
00:19:40et que ce soit que ça qui compte.
00:19:41Bon, en fait, ce qui m'intéresse, c'est vous.
00:19:44C'est comprendre pourquoi vous êtes derrière cette porte
00:19:46et pourquoi vous ne voulez pas sortir.
00:19:49La technique que j'ai utilisée s'appelle une prolepse.
00:19:51La prolepse, c'est le fait de purger les griefs
00:19:53avant que la personne vienne me les reprocher.
00:19:56Vous pouvez penser ça ou vous pouvez vous dire que.
00:19:58En fait, tu prends les devants.
00:19:59Oui.
00:19:59Je peux même jouer sur son émotion.
00:20:01Vous savez, on ne se connaît pas.
00:20:02On ne m'avait jamais répondu quand je vous ai parlé
00:20:03mais si vous êtes derrière cette porte,
00:20:06je pourrais comprendre que vous ayez peur.
00:20:08Je pourrais comprendre que vous soyez inquiet
00:20:09de ce qui va se passer.
00:20:10Je suis en train de faire de l'empathie proactive.
00:20:13Il ne m'a jamais montré sa peur ou écrivait sa peur
00:20:15mais je peux imaginer qu'il peut l'être
00:20:16et donc je vais le verbaliser.
00:20:18La meilleure façon de stabiliser une émotion,
00:20:19c'est de la verbaliser.
00:20:20Mais le fait qu'il ne te réponde pas,
00:20:21c'est que tu étais aussi dans le juste.
00:20:23Parce qu'il aurait pu dire,
00:20:25contre-attaquer.
00:20:26Alors, il ne me répond pas parce qu'il ne m'entend pas.
00:20:28Je peux négocier face à quelqu'un qui est sourd
00:20:30et qui ne va pas m'entendre.
00:20:30Donc, je peux parler.
00:20:31Je ne réponds pas.
00:20:32Mais pourquoi ?
00:20:33C'est parce qu'il n'a pas envie de parler.
00:20:34En fait, il ne m'entend juste pas.
00:20:36Peut-être qu'il ne me comprend pas.
00:20:37Je ne parle pas le même long que lui
00:20:38et donc il n'a pas envie de me répondre
00:20:39parce qu'il ne sait pas ce que je suis en train de lui dire.
00:20:41Ou alors, il ne me répond pas
00:20:42parce qu'il ne veut pas donner d'accroche.
00:20:45Dans tous les cas de figure,
00:20:46il y a des moyens de créer le lien,
00:20:47la connexion.
00:20:48Même si elle ne se fait pas
00:20:49avec un verbal à exprimer,
00:20:51on peut être aussi en relation, en connexion.
00:20:52En plus, je l'entendais respirer.
00:20:54J'entendais une respiration qui était accélérée.
00:20:56Donc, je pouvais imaginer qu'il était inquiet,
00:20:58qu'il était stressé.
00:20:59Qu'est-ce qui pourrait vous inquiéter
00:21:00derrière cette porte ?
00:21:01C'est les conséquences de votre acte.
00:21:04Je peux le comprendre, bien sûr.
00:21:05Je ne suis pas à votre place.
00:21:06Je ne peux pas comprendre ce que vous ressentez,
00:21:07mais je peux comprendre
00:21:07que vous soyez inquiet de ça.
00:21:09Et les conséquences,
00:21:10elles ne sont pas très graves.
00:21:11À ce stade,
00:21:11vous êtes juste enfermé chez vous.
00:21:13Il ne s'est rien passé de grave.
00:21:14Donc, si vous êtes inquiet,
00:21:16ça peut s'entendre,
00:21:17mais regardez,
00:21:18je suis là pour essayer de vous aider
00:21:19et je vais vous aider.
00:21:20Projection dans la réussite.
00:21:21On va y arriver.
00:21:21On va trouver une solution ensemble.
00:21:23Même s'il ne m'a pas répondu,
00:21:24il intègre les messages,
00:21:25il entend les messages.
00:21:26Et ça, c'est fini comment, tu vois ?
00:21:27Il est sorti.
00:21:28Il est sorti ?
00:21:28Oui, tout le coup,
00:21:29j'ai entendu le verrou s'ouvrir
00:21:30et il est sorti.
00:21:31Et tu sais ce que tu as dit ?
00:21:33Il y a eu une phrase en particulier ?
00:21:34Après, tu sais,
00:21:35tu es dans l'improvisation.
00:21:36Oui, tu improvises.
00:21:37Quand tu commences,
00:21:38tu es très préparé avant,
00:21:39mais quand tu ouvres la bouche,
00:21:40tu improvises,
00:21:40tu réagis,
00:21:41en fonction de ce qu'il va dire ou pas dire.
00:21:43Donc, je ne me rappelle pas exactement.
00:21:44En plus, à l'époque,
00:21:44je n'enregistrais pas mes négociations.
00:21:45Bien sûr.
00:21:46Je ne sais pas ce que j'ai dit comme phrase,
00:21:47mais je pense que c'est
00:21:48la verbalisation de l'émotion.
00:21:50Et quand on négocie,
00:21:51c'est quoi la pire phrase
00:21:51qu'on puisse dire ?
00:21:53C'est quoi la pire erreur ?
00:21:54Tu vois le truc à ne pas faire.
00:21:55Il y a plein d'erreurs,
00:21:56mais une erreur que j'ai pu faire,
00:21:58c'est je vous comprends.
00:21:59Ah oui, ça, il ne faut pas le dire.
00:22:01Parce que tu n'es pas à sa place.
00:22:02C'était en 1999.
00:22:06Le groupe avait quelques mois
00:22:09et on est envoyé à la prison d'Evreux
00:22:11pour un détenu qui refuse de réintégrer
00:22:13après la promenade.
00:22:13Il est monté sur le toit du bâtiment
00:22:15au cœur de la prison d'Evreux.
00:22:16Il refuse de rentrer.
00:22:18La police appelle leur aide.
00:22:19Évidemment, on arrive.
00:22:20Et le gars est tout seul sur son toit.
00:22:22Et comme on vient de créer l'équipe de l'égo,
00:22:23les collègues des collègues d'assaut disent
00:22:25tiens Laurent, vas-y,
00:22:26va négocier pour voir.
00:22:28Oui, pour voir.
00:22:29Voilà, c'est ça.
00:22:29C'est un petit challenge.
00:22:31On met une échelle, je monte sur le toit.
00:22:32J'arrive à m'accrocher sur le toit.
00:22:34En plus, je fais un peu gaffe,
00:22:35mais j'ai un peu le vertigé.
00:22:35Donc, tu vois, je ne suis pas super à l'aise.
00:22:37Et donc, j'avance sur le toit
00:22:38et je m'approche, je dis voilà.
00:22:40Écoute, on va essayer de trouver
00:22:41une solution à ce qui se passe, tu vois.
00:22:43On ne va pas y passer la nuit.
00:22:44Il commence à faire froid.
00:22:45Tu comprends que c'est compliqué.
00:22:46Et il me dit, mais qu'est-ce que tu veux
00:22:47trouver comme solution ?
00:22:49Il me dit, regarde la merde
00:22:49dans laquelle je vis.
00:22:51Regarde ma prison,
00:22:51ma cour de pronale, ma cellule.
00:22:54Et je lui dis, ouais, je te comprends.
00:22:56Il dit, pourquoi tu es en prison ?
00:22:58Terminé.
00:22:59Fin de la relation.
00:23:00Depuis ce jour-là,
00:23:01je n'ai plus jamais dit,
00:23:02je vous comprends.
00:23:03Et même, je désamorce.
00:23:04Vous savez, je ne peux pas comprendre
00:23:06ce que vous ressentez.
00:23:07Parce que je ne suis pas à votre place.
00:23:08Parce que je ne suis pas vous.
00:23:08Parce que je ne vis pas ce que vous vivez.
00:23:10Mais dans ce que vous dites,
00:23:12je sens qu'il y a beaucoup de détresse.
00:23:13Je sens que vous avez envie
00:23:14d'exprimer une détresse
00:23:15et que c'est peut-être la seule façon
00:23:16que vous avez trouvé de l'exprimer.
00:23:18Donc, en neutralisant ce piège
00:23:20de dire, je vous comprends.
00:23:21Ou alors, une phrase
00:23:22que je trouve encore pire,
00:23:23c'est, je vous entends.
00:23:25Je vous entends.
00:23:25On sait que c'est fake.
00:23:27On sait que c'est des phrases
00:23:27apprises par cœur.
00:23:28C'est vrai.
00:23:29Il faut de l'authenticité.
00:23:30Voilà, allez-y.
00:23:31Donc, quand tu négocies avec quelqu'un,
00:23:34il ne faut pas dire j'entends.
00:23:35Moi, c'est un truc que je dis souvent.
00:23:36J'entends.
00:23:37J'entends ce que tu me dis.
00:23:38On peut le dire.
00:23:38Je vous entends.
00:23:40C'est comme je vous comprends.
00:23:42C'est quelque chose
00:23:43qui ne va pas être perçu par toi
00:23:44comme intrusif,
00:23:44mais par l'autre,
00:23:45ça pourrait l'être.
00:23:47Donc, ça, il ne faut pas le dire.
00:23:48Il vaut mieux l'éviter.
00:23:49Il n'y a pas de règle absolue,
00:23:50mais j'évite la phrase.
00:23:52Je vous comprends.
00:23:53Je ne la dis plus jamais.
00:23:54Et j'évise la phrase.
00:23:55Je vous entends
00:23:55parce qu'on sait que ça,
00:23:56c'est une technique.
00:23:58Oui, c'est un faux truc.
00:23:59D'empathie.
00:23:59Parce qu'il y a un mais derrière.
00:24:01Qu'est-ce que tu dirais ?
00:24:02J'entends mais.
00:24:03Oui, j'entends ce que tu me dis.
00:24:04Oui, j'entends.
00:24:05Ça veut dire je comprends
00:24:06ce que tu es en train de me dire.
00:24:07Mais, et derrière,
00:24:08le mais annule
00:24:09tout ce que tu as dit auparavant.
00:24:11C'est ça.
00:24:11Par aimer,
00:24:12il ne faut pas le dire
00:24:12quand on négocie.
00:24:14Qu'est-ce que tu as appris de l'humain ?
00:24:15Est-ce que tu es capable
00:24:16de percevoir ?
00:24:17Parce que ce qui est intéressant,
00:24:18c'est que tu négocies souvent
00:24:19face à des gens
00:24:20qui ne sont pas face à toi.
00:24:21D'après ce que je comprends.
00:24:23Là, Èvreux,
00:24:24tu es face au mec.
00:24:25En prison.
00:24:25Mais en général,
00:24:26il y a une porte.
00:24:28J'imagine qu'il y a un téléphone.
00:24:29Tu as plein de façons de le faire.
00:24:30Quand tu négocies
00:24:31avec un hacker
00:24:31sur une cyber-extorsion,
00:24:33tu es derrière un écran.
00:24:34Donc, tu as le temps
00:24:35de réfléchir,
00:24:35de taper ton texte.
00:24:36Généralement, en plus,
00:24:37ça ne se fait pas en français,
00:24:38ça se fait en anglais.
00:24:39Et donc, on a
00:24:40soit des traducteurs,
00:24:41soit maintenant avec l'IA,
00:24:42c'est beaucoup plus facile.
00:24:43Mais on a du temps
00:24:43pour réfléchir.
00:24:45Le contact visuel,
00:24:46c'est quand même le plus fort.
00:24:46Bah oui.
00:24:47Parce que
00:24:49il y a plein d'études
00:24:49qui ont été faites
00:24:50sur les canaux de la communication.
00:24:52Les travaux d'Albert Mérabian,
00:24:54notamment sur le taux de sympathie
00:24:55ou de Ray-Bird-Vistel.
00:24:57Qui ont d'ailleurs
00:24:57été un peu mal compris,
00:24:59ces travaux.
00:24:59Mais Mérabian a travaillé
00:25:00sur les situations
00:25:01dans lesquelles
00:25:02il y a une défiance
00:25:02entre les protagonistes.
00:25:04D'accord.
00:25:04Et donc,
00:25:05quand il y a de défiance,
00:25:06plus de 50% du message,
00:25:08c'est le non-verbal.
00:25:10Tes yeux,
00:25:11tes macromouvements,
00:25:13ta position,
00:25:14tes micromouvements.
00:25:15Ça,
00:25:16ça me donne de l'information.
00:25:17Plus de 50% du message,
00:25:18c'est le non-verbal.
00:25:1930 à 35,
00:25:20c'est la prosodie,
00:25:21le chant de la voix,
00:25:22l'intonation,
00:25:22les silences.
00:25:23Et entre 7 et 15%,
00:25:24c'est les mots que tu prononces.
00:25:25Donc, on a considéré
00:25:26que cette étude,
00:25:27elle était valable partout,
00:25:28y compris dans la relation
00:25:29de confiance.
00:25:29Mais quand il y a confiance,
00:25:31c'est en gros un tiers
00:25:31pour chaque canot
00:25:32de la communication.
00:25:33D'accord.
00:25:33Chaque canal représente
00:25:34un tiers du message
00:25:35que tu portes à l'autre.
00:25:36Dans une relation
00:25:37de prise d'otage,
00:25:38de forcené,
00:25:39il y a évidemment
00:25:39une défiance.
00:25:40Et donc là,
00:25:41l'essentiel du message,
00:25:42c'est le non-verbal.
00:25:43Donc, quand tu ne l'as pas,
00:25:45tu es un peu aveugle
00:25:46sur un certain nombre
00:25:46d'informations.
00:25:47C'est dur ?
00:25:47Oui, c'est pour ça
00:25:48que souvent,
00:25:48les négociateurs de crise
00:25:49demandent le contact face à face.
00:25:52Aux grandes dames
00:25:52des colonnes d'assaut
00:25:58ont une puissance
00:25:59beaucoup plus importante
00:25:59que quand tu vas
00:26:00au contact physique.
00:26:01Et donc ça,
00:26:01on le fait comme une concession.
00:26:03Je suis prêt à venir vous voir.
00:26:05Je suis prêt à venir
00:26:05discuter en face à face.
00:26:06Par contre,
00:26:07je ne veux pas d'arme
00:26:08braquée sur moi.
00:26:08Vous posez votre arme.
00:26:10On va discuter.
00:26:10Moi, je n'ai pas d'arme.
00:26:11Je ne veux pas
00:26:11que vous ayez d'arme.
00:26:12Comment tu fais
00:26:13pour garder ton calme
00:26:14quand c'est comme ça
00:26:14dans une situation
00:26:15face à un mec ?
00:26:16Tu picole ?
00:26:17Non.
00:26:18Non, non.
00:26:19Tu gardes ta lucidité.
00:26:20Oui.
00:26:21Plus que le calme.
00:26:22Le mec, il est quand même
00:26:22capable de te...
00:26:23Oui, mais tu sais
00:26:24que c'est ton job.
00:26:25Quand tu fais ce job,
00:26:26il faut l'accepter.
00:26:26Tu vas prendre des risques.
00:26:27Moi, j'ai pris
00:26:28un coup de cison dans la cuisse.
00:26:30Oui, c'est des choses
00:26:31qui peuvent arriver.
00:26:32Tu sais que ça peut déraper.
00:26:33Tu ne contrôles pas tout.
00:26:33Quand je me retrouve
00:26:34face au FARC
00:26:34et que je me dis
00:26:35waouh, je ne suis pas passé
00:26:36loin de la correctionnelle.
00:26:38Bon, tu réfléchis après.
00:26:40Donc, parfois,
00:26:41sur le coup,
00:26:41tu prends quelques risques.
00:26:42Ça fait partie du job.
00:26:43Quand tu choisis
00:26:44de faire ce job,
00:26:45tu sais que tu vas être
00:26:46confronté à des pics de tension,
00:26:48des pics de pression
00:26:48qui vont te faire perdre
00:26:49potentiellement ta lucidité.
00:26:50Donc, tu bosses sur toi.
00:26:52Oui, c'est ça.
00:26:52C'est un travail
00:26:53sur lequel tu dois bien le connaître.
00:26:55Oui, c'est ça.
00:26:55Tu dois bien le connaître.
00:26:56Mais tu dois te demander
00:26:56qu'est-ce qui te met dans le rouge ?
00:26:58Oui, c'est ça.
00:26:59Qu'est-ce qui te fait basculer
00:27:00dans une tension
00:27:01qui est tellement forte
00:27:02que tu ne peux plus la maîtriser ?
00:27:04Donc, on connaît les sujets
00:27:05sur lesquels on est à l'aise.
00:27:06Et c'est quoi ces sujets ?
00:27:07Tu peux nous raconter ?
00:27:08Alors moi, tu sais,
00:27:08j'ai 54 ans.
00:27:09Je suis un peu rodé.
00:27:12J'ai vécu beaucoup de situations
00:27:13où j'ai appris
00:27:13à gérer ma tension.
00:27:14Il y en a un aujourd'hui
00:27:15que je ne gère pas.
00:27:16Toujours pas.
00:27:17C'est les enfants.
00:27:18Quand des enfants sont impliqués,
00:27:19victimes,
00:27:21je ne gère pas bien.
00:27:22Voilà.
00:27:22Donc, je ne prends pas ces missions.
00:27:23D'ailleurs, on fait très peu de missions.
00:27:24Aujourd'hui, avec l'équipe
00:27:25que je dirige au Centre TTA,
00:27:27on fait très peu de kidnapping
00:27:28et d'extorsion.
00:27:28On en fait encore,
00:27:29mais ça reste rare.
00:27:30On fait plutôt des négociations
00:27:31business, sociales.
00:27:33Mais on reste encore parfois
00:27:34sur quelques cas
00:27:36de particuliers
00:27:36qui nous appellent
00:27:37sur des kidnappings intrafamiliaux.
00:27:39Je ne prends pas ces affaires-là
00:27:40parce que quand les enfants
00:27:41sont impliqués,
00:27:42je n'ai pas envie de négocier.
00:27:43On monte une petite équipe,
00:27:44on va aller chercher.
00:27:44Non, il ne faut surtout pas faire ça.
00:27:46Donc, ça, je sais que pour moi,
00:27:47c'est le rouge.
00:27:47Et c'est très bien.
00:27:48Ça me va.
00:27:49Tu parles des enfants.
00:27:50Tu as cinq enfants.
00:27:51Oui.
00:27:51Quatre à moi.
00:27:52Un qui est presque à moi,
00:27:53qui est celui de mon épouse.
00:27:54Mais tu élèves cinq enfants.
00:27:55Ah, mais alors,
00:27:56j'ai la chance
00:27:57de ne plus les élever.
00:27:57Ils s'élèvent tout seuls.
00:27:58Mais tu les as élevés.
00:27:59Mais je les ai élevés
00:28:01et je suis au moment
00:28:02où je vais peut-être
00:28:02un jour devenir grand-père
00:28:03et là, je vais changer de job.
00:28:05Ça va être assez marrant.
00:28:05Mais oui, j'ai élevé cinq enfants.
00:28:07Alors, du coup, on vient...
00:28:07D'une famille très recomposée en plus.
00:28:09Oui, c'est sympa.
00:28:10Donc, c'était...
00:28:11Le sociogramme était assez complexe chez moi.
00:28:13C'était assez complexe.
00:28:14Alors, on va reparler de ton livre.
00:28:15Donc, négocier avec ses enfants
00:28:16et garder son calme.
00:28:19Ce qui est hyper sympa dans ce livre,
00:28:21c'est que tu vas appliquer
00:28:23toutes tes techniques.
00:28:24Tes techniques de négociateur,
00:28:25tes techniques apprises au FBI
00:28:28avec les pires dictateurs au monde,
00:28:30c'est-à-dire les enfants.
00:28:31Ils sont pas mal, oui.
00:28:32Oui, ils sont pas mal
00:28:33en termes de négo.
00:28:34Ce qui est intéressant,
00:28:35et tu as commencé à le dire
00:28:36il y a quelques minutes,
00:28:37c'est le problème
00:28:38quand on négocie avec des enfants
00:28:40ou ses enfants,
00:28:40c'est l'affect.
00:28:41C'est un problème
00:28:42dans toutes les négociations
00:28:43où tu connais la personne
00:28:44avec qui tu négocies.
00:28:45Ah oui, c'est ça.
00:28:46Tu sais, les médecins disent
00:28:47qu'ils sont pas bons
00:28:48pour soigner les membres de leur famille.
00:28:49Un négociateur ne serait pas bon
00:28:51pour négocier
00:28:52quand un membre de sa famille
00:28:53est impliqué.
00:28:54J'ai écrit des romans policiers
00:28:56basés sur mon histoire
00:28:57d'un négociateur.
00:28:57Et il y a un de mes romans
00:28:59qui raconte l'histoire
00:29:00d'un négociateur
00:29:01qui va négocier
00:29:02pour récupérer un otage
00:29:03qu'il connaît très bien.
00:29:04Et ça, c'est une des contraintes
00:29:06qu'on peut avoir
00:29:06dans ce métier-là.
00:29:07Avec nos enfants,
00:29:08on les connaît.
00:29:09Il y a de l'amour.
00:29:10Beaucoup.
00:29:11Et si en plus,
00:29:12tu as une tendance
00:29:13à partager les émotions facilement,
00:29:14ce qui est mon cas par exemple,
00:29:16tu peux très très vite
00:29:17perdre ta lucidité.
00:29:18Donc il faut s'appliquer
00:29:19des méthodes
00:29:20de négociateur professionnel
00:29:21pour garder le calme,
00:29:22l'objectif,
00:29:23ne pas oublier que
00:29:24ce qui compte,
00:29:25c'est la relation,
00:29:26mais c'est aussi
00:29:26l'objectif de la relation.
00:29:28C'est-à-dire leur dire non,
00:29:29leur dire stop,
00:29:30les ramener aussi
00:29:31sur un cadre non négociable.
00:29:33Parce que pour qu'il y ait
00:29:34de la négociation,
00:29:35il faut qu'il y ait
00:29:35de la non négociation.
00:29:36Tu parles du non,
00:29:37mais en tout cas,
00:29:38il y a la préface
00:29:38qui est écrite par les 5 enfants.
00:29:40Une des premières phrases,
00:29:41c'est, ils disent,
00:29:43j'ai noté,
00:29:43on a vite compris
00:29:44que le non n'existait pas
00:29:45chez lui.
00:29:46Donc en fait,
00:29:47tu ne dis jamais non en fait.
00:29:48Donc en fait,
00:29:49tu n'es pas un bon négociateur
00:29:50avec les enfants, non ?
00:29:51Je suis un bon négociateur
00:29:51parce que le non n'existe pas
00:29:52de mon côté
00:29:54quand je négociais avec eux
00:29:54parce qu'ils commencent par eux.
00:29:56C'est eux qui disent non.
00:29:58Est-ce que tu peux faire ça ?
00:29:58Non.
00:29:59Donc je ne réponds pas par un non,
00:30:01sauf si ça fait partie
00:30:02des sujets non négociables.
00:30:03Oui.
00:30:03Et je réponds par une discussion,
00:30:04par une négociation.
00:30:05Donc en fait,
00:30:06c'est vrai que je leur ai
00:30:06rarement dit non
00:30:07dans les négociations.
00:30:08Pourquoi ?
00:30:08Parce que ce sont eux
00:30:09qui les ont commencé
00:30:10avec un non
00:30:11que eux ont prononcé.
00:30:12Après, ils savaient
00:30:13que quand je disais non,
00:30:14ce n'était pas une négociation.
00:30:15Je disais rarement non,
00:30:16mais quand je dis non,
00:30:17on ne discute pas.
00:30:17C'est ça.
00:30:18C'est sur l'hygiène,
00:30:19sur la sécurité,
00:30:20sur les valeurs.
00:30:21Ça, ce n'est pas négociable.
00:30:22Est-ce que je peux ?
00:30:23Non.
00:30:24OK.
00:30:24Mais après, tout est négociable ?
00:30:26Pas tout.
00:30:27Pas tout.
00:30:27Déjà, ça dépend
00:30:28de l'âge de l'enfant.
00:30:28Oui.
00:30:29Et puis, encore une fois,
00:30:30si tu négocies absolument tout,
00:30:32ça tue la négociation.
00:30:34Il y a des sujets
00:30:35qui ne doivent pas être
00:30:36susceptibles d'être négociés.
00:30:38Et ça dépend de la culture,
00:30:39de la famille,
00:30:40de la façon dont ça fonctionne.
00:30:41Mais chacun crée son cadre
00:30:42de négociation.
00:30:42Mais il en faut.
00:30:43Il en faut parce que
00:30:44s'il n'y a pas les bords
00:30:45dans lesquels tu vas négocier,
00:30:46le truc va s'élargir.
00:30:48Et négocier tout systématiquement,
00:30:49ce serait le refaire sur Terre.
00:30:50Oui, c'est ça.
00:30:51Alors, comment tu fais
00:30:52pour négocier avec tes enfants
00:30:53quand tu les connais,
00:30:55quand tu as de l'empathie ?
00:30:57C'est quoi les grandes techniques
00:30:58pour que les gens,
00:31:00bien sûr, achètent ton livre
00:31:01pour regarder en détail,
00:31:02mais tu vois,
00:31:03et un petit peu envie
00:31:03de se coucher
00:31:06avec des petits tips
00:31:07grâce à toi,
00:31:08des conseils ?
00:31:08D'ailleurs, si vous achetez mes livres,
00:31:10les droits d'auteur de mes livres
00:31:11vont à l'association
00:31:12Don de Confiance
00:31:13qui travaille sur la confiance
00:31:14en soi des adolescents
00:31:15et des collégiens.
00:31:17Le premier conseil
00:31:18que je pourrais vous donner,
00:31:19c'est soyez lucide.
00:31:20N'oubliez pas que l'émotion
00:31:22peut faire perdre
00:31:23votre discernement.
00:31:24Donc, acceptez
00:31:25que vous ayez des émotions.
00:31:27Habituez-vous
00:31:28à connaître vos émotions,
00:31:29débriefez vos propres émotions,
00:31:30comment elles montrent,
00:31:31comment elles s'expriment.
00:31:32Acceptez que vos émotions primaires,
00:31:33la joie, la peur, la surprise,
00:31:35la tristesse, le dégoût, le mépris,
00:31:36soient des émotions légitimes.
00:31:37Commencez par là.
00:31:38C'est la meilleure façon
00:31:39de les contrôler.
00:31:40Et vous ne pourrez pas être empathique
00:31:41avec vos enfants
00:31:42si vous n'êtes pas capable
00:31:43d'être empathique avec vous-même.
00:31:45Vous ne pourrez pas voir
00:31:46l'émotion de vos enfants
00:31:47et la canaliser
00:31:47si vous ne savez pas vous-même
00:31:49gérer vos propres émotions.
00:31:50Donc, c'est le premier sujet
00:31:50sur lequel on bosse.
00:31:51C'est intéressant.
00:31:52Ensuite,
00:31:53vous voulez obtenir quoi ?
00:31:54C'est quoi votre enjeu ?
00:31:56L'enjeu, c'est le besoin fondamental
00:31:58qu'on veut satisfaire
00:31:58par cette négociation.
00:32:00Donc, soyez clair là-dessus.
00:32:01Est-ce que c'est un nom de principe
00:32:03pour juste montrer
00:32:04que vous êtes capable de dire non ?
00:32:05Est-ce que c'est non
00:32:07pour résister au départ,
00:32:08principe de résistance,
00:32:09un des principes de l'ego,
00:32:10mais pour derrière finir par concéder
00:32:12un échange d'une contrepartie ?
00:32:14Est-ce qu'il y a trois choses
00:32:15à obtenir parmi les trois
00:32:16de laquelle est prioritaire ?
00:32:17Vous êtes prêt à sacrifier laquelle
00:32:18pour satisfaire laquelle ?
00:32:20Donc, c'est ce questionnement-là.
00:32:22Mon enfant veut sortir ce week-end.
00:32:24Quel est mon enjeu ?
00:32:25Moi, j'ai envie que lundi prochain,
00:32:28il aille à l'école en bonne forme.
00:32:29Qu'il ne soit pas fatigué.
00:32:30Qu'il ait son contrôle de maths.
00:32:31Qu'il réussisse.
00:32:32Donc, mon enjeu,
00:32:33c'est qu'il soit en bonne forme.
00:32:34Mais son enjeu, c'est de sortir.
00:32:36On appelle l'intérêt
00:32:36pour la partie adverse
00:32:37pour éviter les confusions.
00:32:38Son intérêt, c'est de sortir.
00:32:39Mon enjeu, c'est qu'il soit en forme
00:32:42la semaine prochaine.
00:32:42Et comment tu fais ?
00:32:43À partir de là,
00:32:44est-ce que je vais l'empêcher de sortir ?
00:32:46Je préfère lui dire non.
00:32:48Et comme ça, je sais qu'il sera reposé.
00:32:49Mais je ne vais pas satisfaire son intérêt.
00:32:51Donc, on va aller à la confrontation.
00:32:54Il va être frustré.
00:32:55Il ne va pas être content.
00:32:56J'impacte la qualité de la relation.
00:32:58C'est sûr, s'il a huit ans,
00:33:00le truc est réglé.
00:33:01Évidemment.
00:33:01Mais tu as six ans,
00:33:02tu veux sortir ?
00:33:03Non, ça ne marche pas.
00:33:04Mais s'il a 16 ans,
00:33:05c'est plus compliqué.
00:33:06S'il a 16 ans
00:33:06et qu'il remplit les conditions.
00:33:08Il travaille à l'école.
00:33:09Il ne fait pas trop l'imbécile.
00:33:10Il est digne de confiance.
00:33:11Écoute, voilà.
00:33:12Tu veux sortir ce week-end ?
00:33:13Ça m'embête.
00:33:15Parce que tu as des contrôles
00:33:15la semaine prochaine.
00:33:16J'ai envie que tu les réussisses.
00:33:17Si tu rentres rincé
00:33:19parce que tu vas sortir
00:33:20avec tes copains,
00:33:21peut-être que tu vas boire
00:33:22un peu d'alcool.
00:33:23Franchement, ça ne me convient pas.
00:33:25Donc, j'aimerais plutôt
00:33:26que tu restes là ce week-end.
00:33:27Tu fais ta semaine d'examen
00:33:28et puis la semaine prochaine,
00:33:29tu pourras sortir.
00:33:30Mais non, s'il te plaît, papa,
00:33:31j'ai besoin de sortir
00:33:31parce que je suis fatigué,
00:33:32j'ai besoin de décompresser.
00:33:33C'est la soirée de l'année.
00:33:34On l'a vécu, bien sûr.
00:33:35Oui, bien sûr.
00:33:35OK.
00:33:36Dans ce cas-là, mon enjeu,
00:33:37c'est qu'ils soient en forme.
00:33:38Ce n'est pas de l'empêcher de sortir.
00:33:41Écoute, normalement,
00:33:42je devrais t'interdire de sortir
00:33:44par principe
00:33:44parce que je veux
00:33:45que tu sois en forme
00:33:45la semaine prochaine.
00:33:46Mais comme je peux te faire confiance
00:33:48et j'espère que je peux te faire confiance,
00:33:50je vais te proposer un deal.
00:33:52Je te laisse sortir.
00:33:53Mais la contrepartie,
00:33:55c'est que tu rentres avant minuit.
00:33:56Non, papa, avant minuit,
00:33:57tout le monde va rentrer après.
00:33:58Non, c'est minuit, c'est tout.
00:34:00Donc, je te laisse le choix.
00:34:01Tu rentres avant minuit,
00:34:02tu sors.
00:34:03Mais tu ne t'engages pas
00:34:04sur rentrer avant minuit,
00:34:05tu ne sors pas.
00:34:06Je ne préfère pas prendre le risque.
00:34:07Qu'est-ce que tu viens de faire ?
00:34:08Tu viens de montrer
00:34:09que normalement,
00:34:09tu n'aurais pas dû le faire.
00:34:10Mais tu acceptes de faire
00:34:11une concession
00:34:13qui est de te laisser sortir
00:34:13à l'échange d'une contrepartie.
00:34:15Le deal,
00:34:16c'est les conditions de la sortie.
00:34:17Ce n'est pas tu sors ou tu ne sors pas.
00:34:18C'est les conditions
00:34:19et tu t'engages
00:34:20sur le fait que
00:34:21je peux te faire confiance.
00:34:22Si tu rentres avant minuit,
00:34:23ça veut dire
00:34:23que je peux te faire confiance.
00:34:24Et quand tu fais ça,
00:34:25quand tu établis du coup
00:34:26de la confiance de l'anégo,
00:34:28en fait, ton enfant,
00:34:29il sent, j'imagine,
00:34:30que tu lui as fait une fleur
00:34:31et puis il a envie
00:34:32de respecter du coup le deal, non ?
00:34:33Mais tu le rends responsable.
00:34:35Oui, c'est ça.
00:34:35Tu lui dis,
00:34:36c'est un deal qu'on fait tous les deux.
00:34:38Là, ce n'est pas le papa
00:34:38qui t'impose quelque chose.
00:34:40C'est le papa qui propose
00:34:41de trouver une solution ensemble.
00:34:42On trouve un compromis.
00:34:44Je ne veux pas que tu sors,
00:34:45tu veux sortir.
00:34:46Le compromis, c'est que tu sors
00:34:47mais tu rentres avant minuit.
00:34:48Est-ce que tu es d'accord ?
00:34:48Tu es responsable.
00:34:49Si tu tiens ton engagement,
00:34:51la prochaine fois
00:34:52que tu te demandes à sortir,
00:34:53je sais que je peux te faire confiance.
00:34:54C'est quand même un facteur favorable.
00:34:56Par contre,
00:34:56si tu ne tiens pas ton engagement,
00:34:57c'est terminé.
00:34:58Ne viens plus me demander de sortir,
00:35:00tu ne sortiras plus.
00:35:01Donc maintenant,
00:35:02la décision est entre tes mains
00:35:03et la responsabilité
00:35:05de respecter l'engagement,
00:35:06c'est entre tes mains.
00:35:07Ça fait grandir.
00:35:08Oui, ça fait grandir.
00:35:09Ça fait vachement grandir.
00:35:10C'est génial.
00:35:10Et comment tu t'adaptes à l'âge ?
00:35:12Parce que j'imagine
00:35:12qu'on ne négocie pas
00:35:13de la même façon
00:35:14avec un enfant tout jeune
00:35:16et puis un ado
00:35:17et un jeune adulte
00:35:19qui vit encore chez toi.
00:35:20Les enfants,
00:35:21ce que j'appelle
00:35:21les jeunes enfants,
00:35:22tu vois,
00:35:22entre 2 et 5 ans,
00:35:24ils n'ont pas confiance
00:35:25de ce qui est bien
00:35:25et ce qui n'est pas bien.
00:35:26Donc, je pense qu'il faut
00:35:27qu'il y ait du cadre.
00:35:28Un cadre souriant,
00:35:30assertif.
00:35:31Je te laisse me dire
00:35:32quand tu n'es pas d'accord
00:35:33ou exprimer ta colère,
00:35:34mais voilà,
00:35:34ça c'est non par contre.
00:35:36Tu ne peux pas balancer
00:35:37ton assiette pendant qu'on mange.
00:35:38Ce n'est pas possible.
00:35:39Donc oui,
00:35:40tu vas manger
00:35:41et tu ne peux pas
00:35:43mal te comporter
00:35:44quand tu en es à table.
00:35:44Ça, c'est la règle.
00:35:45Après,
00:35:45je te laisse manger
00:35:46dans le rôtre que tu veux.
00:35:47Tu vois,
00:35:47tu peux faire des conseillers,
00:35:48mais il faut cadrer.
00:35:49Parce que si tu ne cadres pas
00:35:50à cet âge-là,
00:35:51quand tu vas devoir cadrer plus tard,
00:35:53ce ne sera pas possible.
00:35:53Bien sûr.
00:35:54Après,
00:35:55plus que l'âge,
00:35:56je parlais de la maturité.
00:35:57Moi, j'ai des enfants
00:35:58qui ont été matures assez vite
00:35:59pour des tas de raisons.
00:36:00D'abord,
00:36:00parce qu'ils sont enfants
00:36:01de parents divorcés.
00:36:02Donc, ils ont dû se débrouiller seuls
00:36:03avec des mamans
00:36:04et un papa
00:36:05qui travaillent beaucoup
00:36:06et qui ne sont pas toujours là.
00:36:07Donc, ils ont été autonomes
00:36:08assez vite.
00:36:09Donc, tu vas tester la confiance.
00:36:11Tu prends des petits engagements,
00:36:12pas des trucs très impliquants au début.
00:36:14Tiens, je te laisse faire ça.
00:36:15Puis, tiens, ça marche.
00:36:16OK.
00:36:16Puis, tu débriefes surtout.
00:36:18Tiens, Arthur, Victor,
00:36:19je vous ai demandé de faire ça.
00:36:20Vous l'avez fait.
00:36:21C'est super.
00:36:22Merci d'avoir respecté
00:36:23votre engagement.
00:36:23Puis, le prochain,
00:36:24on peut rajouter un peu plus.
00:36:25Alors, après,
00:36:26il y a des choses
00:36:26qui vont parfois trop loin.
00:36:27Ils exagèrent
00:36:27ou ils vont chercher
00:36:29trop vite de l'autonomie.
00:36:30Mais les rendre autonomes
00:36:31et responsables,
00:36:31c'est aussi faire
00:36:32ces petits engagements
00:36:33du quotidien
00:36:34qui valident le fait
00:36:35que quand tu tiens
00:36:36ton engagement,
00:36:36on continue.
00:36:37Si tu ne tiens pas
00:36:38ton engagement,
00:36:38c'est fini.
00:36:39C'est ça.
00:36:39La confiance se gagne par goûte,
00:36:40elle se perd par litre.
00:36:42Cette phrase,
00:36:42je l'aurais prononcée
00:36:43des dizaines de fois.
00:36:44Voilà.
00:36:44Si tu perds ma confiance,
00:36:45tu vas la perdre totalement.
00:36:47Par contre,
00:36:47si tu la gagnes,
00:36:47c'est des petits morceaux.
00:36:49Mais c'est comme ça
00:36:50qu'on me reste.
00:36:50Ce qui est intéressant aussi
00:36:52dans le livre,
00:36:52tu dis,
00:36:52on ne passe pas
00:36:53par la soumission
00:36:54ou par la domination.
00:36:56Souvent,
00:36:56les parents vont dire
00:36:57« C'est comme ça
00:36:58et pas autrement.
00:37:00C'est moi qui décide. »
00:37:01Ça,
00:37:02ce n'est pas une bonne façon
00:37:02de négocier avec ton enfant.
00:37:03Il y a des sujets
00:37:04où il faut dire ça.
00:37:05Ah, quand même ?
00:37:06Oui,
00:37:06les sujets non négociables,
00:37:07on ne discute pas.
00:37:08Oui.
00:37:08On ne discute pas.
00:37:11Tu ne veux pas
00:37:12te laver les dents ?
00:37:12Si.
00:37:13Ce n'est pas négociable.
00:37:14L'hygiène,
00:37:14ce n'est pas négociable.
00:37:16Donc,
00:37:16tu te laves les dents
00:37:17quoi qu'il arrive.
00:37:18Mais tu fais quoi ?
00:37:18C'est un enfant
00:37:18qui se roule par terre
00:37:19parce qu'il ne veut pas
00:37:20te rousser les dents ?
00:37:24Tu penses que c'est bien ?
00:37:24Vas-y,
00:37:25roule-toi par terre.
00:37:25Mais après,
00:37:26tu fais quoi ?
00:37:26Là,
00:37:26tu le laisses faire.
00:37:27Il va bien finir par se calmer.
00:37:28Tu vas faire quoi ?
00:37:30Tu vas le punir.
00:37:32Tu vas le punir
00:37:32parce qu'il est en train
00:37:33d'exprimer une émotion
00:37:34légitime pour lui.
00:37:35Alors,
00:37:35il ne l'exprime pas
00:37:36comme tu voudrais.
00:37:37Mais c'est ça
00:37:37qu'il a choisi
00:37:38pour l'exprimer.
00:37:38Ok.
00:37:39Ok,
00:37:39tu veux te rouler par terre.
00:37:40tu attends qu'il se roule par terre.
00:37:41À un moment,
00:37:41il arrête.
00:37:42Oui.
00:37:42Il va finir par se brosser les dents.
00:37:44Non,
00:37:44mais il va finir par s'arrêter.
00:37:46Ok,
00:37:46écoute,
00:37:47je comprends
00:37:47que tu ne sois pas content.
00:37:49Mais par contre,
00:37:50tu ne peux pas l'exprimer comme ça
00:37:51parce que ça ne sert à rien.
00:37:52Donc,
00:37:53soit on discute tous les deux
00:37:54et je te laisse choisir
00:37:55le moment où tu vas te brosser les dents.
00:37:57Soit tu vas te brosser
00:37:57juste après manger
00:37:58et puis toujours un peu.
00:37:59Soit tu vas te brosser
00:38:00après avoir joué
00:38:01mais avant de te coucher.
00:38:02Par contre,
00:38:02ce qui est sûr,
00:38:03c'est que tu vas te brosser les dents.
00:38:04C'est ça,
00:38:04oui.
00:38:04Voilà.
00:38:05Donc,
00:38:05si tu veux qu'on discute
00:38:05et que je te laisse ce choix,
00:38:07ça ne sert à rien
00:38:07de te rouler par terre.
00:38:08Mais si tu veux recommencer,
00:38:09recommence.
00:38:11Mais tu ne peux pas le punir
00:38:12parce qu'il se roule par terre.
00:38:12Non.
00:38:13Et tu ne peux pas,
00:38:13moi,
00:38:14ce que je fais,
00:38:14attraper la brosse à dents
00:38:15et le mettre dans la bouche de force.
00:38:16Je l'ai eu fait,
00:38:17je l'ai eu fait.
00:38:17Il n'y a pas d'école de papa
00:38:18ou de maman.
00:38:19Il n'y a pas d'école pour être parent
00:38:20et j'ai fait plein de bêtises.
00:38:21Mais je trouve que ça ne sert pas à grand-chose
00:38:23parce que tu le punis
00:38:24pour un truc qui est légitime pour lui.
00:38:25Ça ne marche pas.
00:38:26Ce n'est pas légitime pour toi
00:38:27mais ça l'est pour lui.
00:38:28Il faut que tu l'acceptes.
00:38:29Par contre,
00:38:29tu cadres.
00:38:30L'émotion que tu as,
00:38:31elle est légitime
00:38:31mais le comportement,
00:38:33il n'est pas acceptable.
00:38:34Donc,
00:38:34tant que tu me parles comme ça,
00:38:35on ne se parle pas
00:38:35ou tu vas dans ta chambre.
00:38:37Donc oui,
00:38:37il faut aussi être dans cette capacité-là
00:38:39et forcer.
00:38:40Tu prends la brosse à dents
00:38:40et tu lui broses ses dents.
00:38:42Il n'y a rien de pire que pour...
00:38:43Bien sûr,
00:38:44moi,
00:38:44je l'ai fait.
00:38:45Mais oui,
00:38:45on est d'accord,
00:38:46on l'a tous fait,
00:38:47très certainement.
00:38:47Puis on me l'a fait aussi,
00:38:48très certainement.
00:38:50Mais ce n'est pas comme ça
00:38:50que tu donnes envie aux enfants
00:38:51de se laver les dents.
00:38:52Mais tu peux lui expliquer.
00:38:53Tu sais pourquoi on se lave les dents ?
00:38:55Non.
00:38:56Je vais t'expliquer pourquoi.
00:38:57Est-ce que tu sais ce que ça fait
00:38:58quand on ne se lave pas les dents ?
00:38:59En plus,
00:39:00maintenant,
00:39:00on peut trouver sur Internet
00:39:00des photos de dents bien pourries.
00:39:03Tu dis,
00:39:03tiens,
00:39:03si tu ne te laves pas les dents,
00:39:04regarde à quoi ça va ressembler.
00:39:06Est-ce que tu as envie
00:39:06d'avoir les dents comme ça ?
00:39:07Non.
00:39:07Alors,
00:39:08il faut que je te brosse les dents.
00:39:09Tu vois,
00:39:09moi,
00:39:09j'ai des dents qui ne sont pas comme ça
00:39:10parce que je me suis brossé les dents
00:39:11tous les jours.
00:39:12Donc,
00:39:13là,
00:39:13tu joues sur plusieurs pouvoirs.
00:39:14Le pouvoir de l'explication.
00:39:16Je t'explique pourquoi
00:39:17ce que je te demande,
00:39:17ce serait mieux pour toi.
00:39:19Et le pouvoir de l'expérience.
00:39:21J'ai fait ça
00:39:22parce que,
00:39:22regarde,
00:39:23ça m'a amené
00:39:23un résultat positif.
00:39:25Mais en même temps,
00:39:26il faut les laisser faire
00:39:27parce que tu dis qu'il faut,
00:39:29certes,
00:39:29tu as plus d'expérience qu'eux,
00:39:30mais en leur donnant la solution
00:39:32alors qu'ils ne l'ont pas testée,
00:39:34ça,
00:39:34ça ne fonctionne pas.
00:39:36Quand j'ai créé
00:39:36l'association de dents de confiance,
00:39:37on a lancé une campagne
00:39:39sur les réseaux sociaux
00:39:39et je pense que je vais la relancer
00:39:40cette année parce que c'était sympa
00:39:41qui s'appelle
00:39:42« Si je me croisais au collège ».
00:39:44J'ai demandé à plein de personnes,
00:39:45des célébrités
00:39:46et puis des gens inconnus
00:39:47de dire sur une vidéo d'une minute
00:39:50« Si je me croisais au collège,
00:39:51voilà ce que je me dirais ».
00:39:52C'est sympa.
00:39:53Au début,
00:39:53je voulais dire
00:39:54« Si tu croises tes enfants au collège,
00:39:55qu'est-ce que tu vas leur dire ? »
00:39:57Mais en fait,
00:39:57ils ne vont pas t'écouter.
00:39:58« T'es un vieux con,
00:40:00laisse tomber,
00:40:01c'est pas la même génération. »
00:40:02Ils ne vont pas t'écouter.
00:40:02Et donc,
00:40:03je leur ai dit
00:40:03« On va se parler à nous
00:40:04si on était ados ».
00:40:06Et donc,
00:40:06l'idée,
00:40:06c'est de voir
00:40:07que nos enfants se disent
00:40:08« Si papa,
00:40:09ils se croisaient au collège,
00:40:10ils se diraient ça.
00:40:11Je ne suis pas en train
00:40:12de te donner un conseil à toi,
00:40:13je me donne un conseil à moi.
00:40:14À toi-même.
00:40:15Si je me retrouve au collège,
00:40:16écoute ce conseil. »
00:40:17alors,
00:40:17qu'est-ce que tu te dirais
00:40:18à toi-même ?
00:40:19Moi,
00:40:19je me dirais
00:40:20« Arrête de regarder
00:40:21ce que les autres pensent de toi.
00:40:23J'ai été élevé
00:40:24dans le driver « Sois parfait ».
00:40:26Et donc,
00:40:27le syndrome du perfectionniste
00:40:28n'était jamais assez content
00:40:29parce que tu te dis
00:40:30« Mais ça ne va pas plaire
00:40:31ou ça ne va pas assez loin
00:40:33dans ce que je donne. »
00:40:33Quand j'écrivais
00:40:34mes premiers bouquins,
00:40:35je les réalisais 200 fois.
00:40:36Normalement,
00:40:37il faut y aller.
00:40:37Il faut lâcher.
00:40:38C'est bon,
00:40:38ce n'est pas parfait,
00:40:39mais c'est déjà bien.
00:40:39Donc,
00:40:39je me dirais ça.
00:40:40Mais si je dis à mes enfants
00:40:42« Ne regarde pas le regard des autres. »
00:40:44Ils vont m'entendre.
00:40:45C'est moi qui leur parle à eux.
00:40:46Si je me parle à moi
00:40:46et que je leur dis
00:40:47« Écoutez ce que je me dirais »,
00:40:48je trouve que ça parle plus. »
00:40:53Donc,
00:40:53tu les laisses faire en fait.
00:40:55Ouais,
00:40:55mais moi j'habite dans une forêt.
00:40:57J'ai un chan d'avoir une maison
00:40:57au milieu d'une grande forêt.
00:40:58Mes enfants ont fait des cabanes
00:40:59dans les arbres.
00:41:00« Papa,
00:41:01je peux sauter de là-haut ? »
00:41:02C'est quoi le réflexe naturel ?
00:41:04Tu réponds « Non ».
00:41:04Non !
00:41:05Surtout pas,
00:41:06descends.
00:41:06Tu vas te faire mal.
00:41:07Mais si tu fais ça,
00:41:08tu empêches l'enfant
00:41:09d'apprécier lui-même le danger
00:41:11et d'utiliser son émotion
00:41:12qui est la plus importante
00:41:13dans sa garde-là,
00:41:14c'est la peur.
00:41:15Donc,
00:41:15tu dois d'abord prendre sur toi
00:41:18pour ne pas répondre « Non,
00:41:19descends. »
00:41:24« Allez, c'est haut. »
00:41:25« Est-ce que tu as peur ? »
00:41:27« Ben, un petit peu. »
00:41:28Super.
00:41:29Si tu as peur,
00:41:30ça veut dire que tu as conscience
00:41:31que c'est dangereux.
00:41:33Qu'est-ce qu'on pourrait faire
00:41:33pour que ce soit un peu moins dangereux ?
00:41:35« Ben, je peux sauter d'un peu plus bas. »
00:41:37« Ben, saute d'un peu plus bas,
00:41:37s'il te plaît. »
00:41:39Génial.
00:41:39C'est compliqué
00:41:40parce que tu prends sur toi
00:41:41mais tu lui dis
00:41:42« Un, la peur, elle est légitime. »
00:41:44Si tu fais un truc dangereux
00:41:44et que tu n'as pas peur,
00:41:45tu es fou.
00:41:46Tu es inconscient.
00:41:47Tu n'es pas courageux.
00:41:48Mais si tu acceptes
00:41:49qu'il y a du danger
00:41:49et que tu veux
00:41:50que ce soit un peu moins dangereux,
00:41:51je te laisse prendre la décision.
00:41:51« Qu'est-ce qu'on peut faire ? »
00:41:52« Ben, je saute d'un peu plus bas. »
00:41:53« Écoute, ça me va bien. »
00:41:54« Commence par sauter d'un peu plus bas. »
00:41:56En faisant ça,
00:41:58tu autorises tes enfants
00:41:58à apprécier leurs propres émotions
00:42:01et à apprécier le fait
00:42:02que l'émotion,
00:42:02c'est un super message.
00:42:03La peur, c'est une super émotion.
00:42:05Elle te dit quand c'est dangereux.
00:42:06Bien sûr.
00:42:06Donc, d'ailleurs,
00:42:07c'est pour ça que
00:42:08quand tu n'as pas peur,
00:42:08tu n'es pas courageux,
00:42:09tu es inconscient.
00:42:19l'expérience de mettre en place.
00:42:20Soit si le truc,
00:42:21il a un géricard d'essence
00:42:22et un briquet,
00:42:22il dit « Papa, je peux jouer. »
00:42:23Évidemment.
00:42:24Tu ne dis pas
00:42:24« Qu'est-ce que tu en penses ? »
00:42:25« C'est un peu dangereux. »
00:42:26Non, bien sûr.
00:42:27Là, il faut stopper.
00:42:28Mais sur le truc
00:42:29qui est un peu entre les deux,
00:42:30je pourrais sauter de là-haut.
00:42:31Il peut quand même se faire mal.
00:42:33Je n'ai pas trop envie
00:42:33qu'il prenne le risque,
00:42:34mais je vais lui laisser apprécier.
00:42:35On va discuter sur la prise de risque
00:42:36et quelle décision tu prendrais.
00:42:38En fait, ce qui est intéressant,
00:42:39c'est qu'on sent que tu le fais
00:42:41avec des forcenés,
00:42:43des preneurs d'otages,
00:42:44mais avec tes enfants.
00:42:45Parce que là,
00:42:46quand tu nous fais la démo,
00:42:47c'est la même chose.
00:42:48Tu poses des questions,
00:42:49tu poses l'autre à réfléchir.
00:42:51Mais on ne pose pas cette question.
00:42:52C'est ça négocier.
00:42:53L'art du questionnement,
00:42:55je pense que c'est
00:42:56l'aboutissement ultime
00:42:57de la capacité d'écoute.
00:43:00Je ne sais plus qui a dit ça.
00:43:01L'ouïe est l'outil de la sagesse.
00:43:04C'est un vieux grec,
00:43:04très certainement.
00:43:05Évidemment.
00:43:06Aristote, un truc comme ça.
00:43:07Aristote plus tard.
00:43:09Mais oui, c'est vrai.
00:43:11C'est vrai que l'écoute
00:43:12par le questionnement,
00:43:14c'est ouvrir des portes systématiquement.
00:43:15C'est prendre le risque
00:43:16de ne pas savoir
00:43:17ce que l'autre va répondre.
00:43:18Mais c'est prendre surtout
00:43:19l'initiative sur
00:43:20dis-moi ce que tu comprends
00:43:22de la situation,
00:43:22ce que tu attends de la situation
00:43:23parce que j'ai besoin
00:43:24de te comprendre
00:43:24pour qu'on puisse échanger.
00:43:26Il y a très très peu
00:43:26de gens formés au questionnement.
00:43:28Nous, on a un module de formation
00:43:29sur la questionnologie
00:43:31qui est bluffant
00:43:32parce qu'il est très simple.
00:43:33Mais pourtant,
00:43:34personne n'est formé
00:43:35initialement à ça.
00:43:36Donc quand tu viens apprendre
00:43:36la différence entre
00:43:37la question projective,
00:43:38suggestive,
00:43:39la question alternative,
00:43:41question qu'est-ce qui,
00:43:42tu dis évidemment.
00:43:43Quand je te dis
00:43:43pourquoi tu fais ça,
00:43:45j'attends une justification
00:43:46de ta part.
00:43:47Quand je te dis
00:43:47qu'est-ce qui te pousse
00:43:48à faire ça,
00:43:48j'attends une explication
00:43:49de ta part.
00:43:50C'est complètement différent.
00:43:51La qualité de la réponse
00:43:52est différente.
00:43:53Donc quelles sont les questions
00:43:54qu'il vaut mieux poser
00:43:54à son enfant ?
00:43:55Comment les formuler du moins ?
00:43:57J'aime bien les questions
00:43:58fermées qui provoquent
00:43:59des oui au départ.
00:44:00Ok, pourquoi ?
00:44:01Parce que ça engage
00:44:02sur la relation.
00:44:04On est d'accord
00:44:04que ce qu'on vaut toi et moi,
00:44:05c'est que tu te fasses pas mal.
00:44:06Ouais.
00:44:06Bah oui.
00:44:07Il va te dire oui.
00:44:09T'as un objectif commun,
00:44:10donc tu peux négocier.
00:44:11D'accord.
00:44:12D'après toi,
00:44:12pourquoi est-ce que
00:44:13je te demande
00:44:14de réfléchir
00:44:15avant de sauter ?
00:44:17Bah, parce que t'as peur.
00:44:19Ok, tu penses que j'ai peur ?
00:44:20Oui, je pense.
00:44:21C'est vrai.
00:44:22Quand je te vois là-haut,
00:44:23ça me fait un peu peur.
00:44:24Mais toi,
00:44:24est-ce que t'as peur ?
00:44:25Question fermée.
00:44:27Bah non,
00:44:27j'ai pas peur.
00:44:28Ah, t'as pas peur
00:44:28d'être là-haut ?
00:44:29Bah non.
00:44:31Parce que tu penses que
00:44:32si tu sautes,
00:44:33tu vas pas te faire mal ?
00:44:34Bah, je sais pas.
00:44:36D'après toi,
00:44:37regarde la hauteur.
00:44:37Est-ce que tu penses
00:44:38que tu peux te faire mal ?
00:44:39Ouais, c'est possible.
00:44:40Et donc,
00:44:40t'as pas un petit peu peur ?
00:44:42Un petit peu.
00:44:43Ouais.
00:44:43Ah, ok.
00:44:44Et c'est bien, non ?
00:44:45Bah non.
00:44:46Ah, pourquoi c'est pas bien
00:44:47d'avoir peur ?
00:44:47Parce que la peur,
00:44:48c'est pour les lâches.
00:44:49Non, non.
00:44:51Regarde la peur,
00:44:51c'est une super information.
00:44:52Donc, tu commences
00:44:53par lui poser des questions
00:44:54pour l'amener
00:44:55dans ce qu'il ressent,
00:44:56ce qu'il perçoit,
00:44:57s'il est bien d'accord
00:44:58avec toi
00:44:58quand on a un objectif commun.
00:45:00C'est un jeu,
00:45:00le questionnement.
00:45:01Et tu peux rebondir
00:45:02pendant des heures.
00:45:02Moi, je peux te parler
00:45:03pendant des heures
00:45:03en posant que des questions.
00:45:04C'est incroyable.
00:45:06C'est simple.
00:45:08Moi, c'est mon job aussi.
00:45:09Toi, c'est ton job.
00:45:09Je suis drillé,
00:45:10entraîné pour ça.
00:45:10Mais ça a changé ma vie
00:45:12de s'arrêter à poser des questions.
00:45:14Les gens qui vivent avec toi,
00:45:15ta femme, tes enfants,
00:45:16ils sont épuisés par toi ?
00:45:17Non.
00:45:17Au contraire, ils sont épuisés
00:45:18parce que j'ai plein d'idées.
00:45:19Et ça, c'est encore autre chose.
00:45:21Non, non, du tout.
00:45:21En fait, je ne pratique pas ça
00:45:23à la maison.
00:45:23Ah, c'est vrai.
00:45:24Sauf quand je suis en mode négociation.
00:45:25Quand mes enfants viennent me voir
00:45:27et qu'on discute,
00:45:27je ne suis pas négociateur.
00:45:29Je suis leur papa.
00:45:30Je cède parfois des trucs
00:45:31sur lesquels je ne devrais pas céder.
00:45:32Mais il faut le faire aussi.
00:45:33Oui.
00:45:34Ouais, il faut qu'ils gagnent des trucs.
00:45:35Voilà.
00:45:35Ils demandent ça.
00:45:36Allez, c'est bon.
00:45:37Je te laisse le faire.
00:45:37On ne va pas discuter.
00:45:39On ne négocie pas pour négocier.
00:45:40Non, non, non.
00:45:40Je ne passe pas ma vie à négocier.
00:45:41Par contre, sur les sujets
00:45:42où là, la négociation a du sens
00:45:43sur un sujet important
00:45:45ou sur un sujet
00:45:45sur lequel je ne veux pas céder facilement
00:45:47et je veux que ça leur coûte quelque chose.
00:45:48Parce que si tu cèdes sans contrepartie,
00:45:50ce que tu cèdes n'a pas de valeur.
00:45:51Là, oui, je mets un mode négociateur.
00:45:53Donc là, oui, je mets ma casquette.
00:45:55Ils ne le voient pas.
00:45:56Ils commencent à le voir quand même.
00:45:56Ah, mais oui, j'imagine.
00:45:58Mais oui, là, je rentre.
00:45:59Parce que quand tu rentres
00:46:00en mode question, là.
00:46:01Oui, oui, mais ça, ils savent.
00:46:02Ils ont fini par capter
00:46:03que c'était de la négo, non ?
00:46:04Ils ont fini par capter.
00:46:05Mais ils ont très longtemps
00:46:07été persuadés
00:46:07que je savais détecter leurs mensonges
00:46:09au moins d'un coup d'œil.
00:46:10Ce qui n'est pas vrai.
00:46:11Mais en fait,
00:46:12chaque fois qu'ils me disaient quelque chose,
00:46:13je faisais...
00:46:14Jeu petit geste, là.
00:46:16C'est...
00:46:17Arrête, arrête,
00:46:17t'es en train de regarder.
00:46:18Pourquoi tu me mens ?
00:46:20C'est génial.
00:46:22C'est très simple.
00:46:22C'est trop bien.
00:46:23Donc, je joue sur la dissuasion, tu vois.
00:46:24Je fais croire que je laisse croire
00:46:26qu'ils sont grands, donc ça va.
00:46:27C'est avec leurs enfants
00:46:28que je pourrais m'amuser.
00:46:28C'est très drôle.
00:46:29Mais oui, oui, bien sûr,
00:46:30tu joues aussi de ça.
00:46:31Mais oui,
00:46:32quand je rentre en mode négociation,
00:46:33là, effectivement, c'est différent.
00:46:34Donc, je négocie assez peu à la maison,
00:46:36sauf quand c'est nécessaire.
00:46:38Oui, c'est ça.
00:46:38Est-ce que négocier, c'est manipuler ?
00:46:40Est-ce qu'on peut,
00:46:41en maîtrisant l'art de la négociation,
00:46:43manipuler les autres ?
00:46:45On peut, en maîtrisant l'art de la manipulation,
00:46:47négocier avec les autres,
00:46:48mais ce n'est pas bien.
00:46:50En maîtrisant l'art de la négociation ?
00:46:51Alors non.
00:46:52L'art de la négociation
00:46:53n'est pas au service de la manipulation.
00:46:55La négociation,
00:46:56c'est une approche stratégique.
00:46:58Une approche globale
00:46:59pour traiter un désaccord,
00:47:01un conflit.
00:47:01Tu peux le faire par la soumission,
00:47:03je me soumets,
00:47:05par la domination,
00:47:06j'impose,
00:47:07par la fuite,
00:47:08je ne regarde pas,
00:47:09ou par la négociation,
00:47:10on va trouver un accord ensemble.
00:47:11C'est une approche globale.
00:47:12Et dans cette approche,
00:47:13il y a des techniques.
00:47:14Les techniques d'influence,
00:47:16je vais orienter ta perception,
00:47:18mais je te laisse ton libre arbitre.
00:47:19Je te donne toutes les informations
00:47:21pour analyser,
00:47:22tu les as toutes,
00:47:23mais c'est toi qui fais le choix.
00:47:24Alors je mets en avant
00:47:25plutôt celle qui m'arrange
00:47:26et moi en avant les autres,
00:47:28mais ça reste
00:47:29une mise à disposition
00:47:30des informations.
00:47:30La manipulation,
00:47:31je triche.
00:47:32C'est une famille de techniques
00:47:33de négociation
00:47:34que je ne prône pas
00:47:35parce que si tu manipules
00:47:37en négociant,
00:47:37tu impactes ta réputation
00:47:38de négociateur.
00:47:39Si tu triches avec tes enfants,
00:47:41ils vont le voir.
00:47:42Si tu triches avec tes clients,
00:47:43ils vont le voir.
00:47:44Et tu auras une étiquette
00:47:45de tricheur et de menteur.
00:47:47Et ça,
00:47:48ça ne crée pas de la confiance.
00:47:49Alors avec nos clients,
00:47:51évidemment la confiance
00:47:51c'est important,
00:47:52mais avec nos enfants,
00:47:53c'est la clé.
00:47:54Si tu leur montres
00:47:55des pratiques non éthiques,
00:47:56ils vont les reproduire.
00:47:58On doit des exemples.
00:47:59Donc oui,
00:47:59il faut faire l'effort
00:48:00de négocier quand c'est nécessaire.
00:48:01Oui,
00:48:01il faut faire l'effort
00:48:02de dire non quand c'est nécessaire
00:48:03et de s'y tenir.
00:48:04Même quand ça pique,
00:48:05même quand ils partent en pleurant,
00:48:06même quand ça t'arrache le cœur.
00:48:08C'est ça le job de parents.
00:48:09C'est aussi de dire non
00:48:10quand c'est nécessaire
00:48:10et de s'aider
00:48:12quand on discute
00:48:13et qu'on négocie,
00:48:13quand c'est possible de le faire.
00:48:15Quand on négocie,
00:48:16tu dis aussi très justement
00:48:17appliquer la loi du talion,
00:48:18ça ne marche pas.
00:48:19L'enfant que tu as frustré
00:48:21et qui te dit
00:48:22je te déteste
00:48:22qu'il part dans sa chambre,
00:48:24même si tu es excédé,
00:48:25il ne faut jamais répondre
00:48:26moi aussi je te déteste.
00:48:28parce que quand il dit
00:48:29je te déteste,
00:48:29évidemment qu'il ne te déteste pas.
00:48:30C'est la façon
00:48:31qu'il a trouvé d'exprimer sa colère.
00:48:33Il n'a pas encore tous les mots,
00:48:34il n'a pas encore tous les concepts.
00:48:35Donc il va te balancer ça
00:48:36et ça fait mal
00:48:37parce que toi,
00:48:37tu le prends avec ta vision d'adulte.
00:48:39Bien sûr.
00:48:39Sauf que c'est dans son cadre
00:48:40de référence à lui
00:48:41qu'il ne faut regarder pas dans le tien.
00:48:43Donc oui,
00:48:43répondre à moi non plus,
00:48:44je ne t'aime pas.
00:48:44Tu viens de créer
00:48:46une crainte absolue
00:48:47que peut-être que ma mère
00:48:48ou mon père ne m'aime plus.
00:48:49Et alors là,
00:48:49c'est terrible.
00:48:50Donc moi,
00:48:50quand ça m'est arrivé,
00:48:51je ne t'aime pas,
00:48:52mais moi je t'aime quand même.
00:48:53Et je t'aimerais toujours.
00:48:54Tu déprends ça, oui.
00:48:54Bien sûr.
00:48:55Eh bien oui,
00:48:56mais moi tu vois,
00:48:56je t'aime et je t'aimerais
00:48:57quoi qu'il arrive.
00:48:58Même quand tu es en colère,
00:48:59quand tu claques la porte,
00:49:01je t'aime quand même.
00:49:02Sache que je t'aimerais toujours.
00:49:03Et tu laisses réfléchir avec ça.
00:49:05Donc oui,
00:49:05la lolitalion,
00:49:06ça ne fonctionne pas.
00:49:06Ou de répondre à l'agressivité
00:49:08par l'agressivité
00:49:08ou la menace par la menace.
00:49:11Attention,
00:49:11il ne faut pas culpabiliser
00:49:12les gens qui écoutent.
00:49:13Non, bien sûr.
00:49:14On est tous parfois fatigués,
00:49:16on est tous à bout du truc
00:49:17et on peut avoir des comportements
00:49:19qui ne sont pas les bons.
00:49:20Bien sûr.
00:49:20Ce qui va compter,
00:49:21c'est de s'en rendre compte.
00:49:23Voilà,
00:49:23pour éviter de le reproduire.
00:49:25Mais oui,
00:49:25on est tous à certains moments
00:49:28victimes du quotidien
00:49:29et parfois,
00:49:29oui,
00:49:29on claque la porte,
00:49:30on dit c'est bon,
00:49:31arrête de m'embêter
00:49:31ou on ne parle pas bien.
00:49:33Voilà,
00:49:33c'est des choses qui peuvent arriver.
00:49:34Il faut juste éviter,
00:49:35il faut en prendre conscience
00:49:36pour éviter que ça donne un comportement.
00:49:38C'est ça.
00:49:38Mais toi qui sais garder ton calme,
00:49:41ce n'est quand même pas facile.
00:49:43Parce que garder son calme
00:49:45face à quelqu'un
00:49:45avec qui on a une relation
00:49:46d'affection
00:49:48qui va te faire dégoupiller
00:49:50parce qu'il sait où appuyer
00:49:51pour t'énerver,
00:49:52c'est extrêmement compliqué.
00:49:53Oui,
00:49:54justement.
00:49:54Puisqu'il va essayer
00:49:55de me faire dégoupiller,
00:49:56on va jouer.
00:49:56Je ne vais pas dégoupiller.
00:49:58J'ai envie,
00:49:58mais je ne vais pas le faire
00:50:00parce que je lui ai montré
00:50:01que ça ne marche pas.
00:50:02Si tu laisses
00:50:03ses comportements fonctionner,
00:50:05tu valides chez lui
00:50:06le fait que ça marche.
00:50:07Ça s'appelle l'effet
00:50:08Thorndike.
00:50:09L'effet Thorndike,
00:50:10c'est que plus je fais
00:50:10quelque chose qui fonctionne,
00:50:12plus je vais le réutiliser
00:50:13puisque ça marche.
00:50:14Donc,
00:50:14que ce soit quelque chose
00:50:15de positif ou négatif.
00:50:16Si tu laisses
00:50:17son comportement s'installer
00:50:18chez ton enfant
00:50:19et qu'il lui permet
00:50:20d'avoir des résultats,
00:50:21les résultats qu'il attend,
00:50:21s'il gagne,
00:50:23pourquoi il s'arrêterait ?
00:50:24Il est violent,
00:50:25il claque la porte,
00:50:25tu cèdes.
00:50:26Il ne va pas s'arrêter
00:50:26d'être violent
00:50:27et claquer la porte.
00:50:28Donc,
00:50:28il ne faut pas céder.
00:50:29Et c'est dur.
00:50:31Et toi qui es bon
00:50:32en non-verbal,
00:50:34tu disais,
00:50:35il y a plein de petits gestes,
00:50:36petits trucs.
00:50:37Qu'est-ce qu'il faut observer ?
00:50:39Ce à quoi il faut être attentif
00:50:40avec son enfant,
00:50:41son ado ?
00:50:44Est-ce qu'il y a des gestes ?
00:50:45Est-ce qu'il y a des trucs ?
00:50:46Parce que c'est assez fascinant
00:50:47mon verbal
00:50:48pour ceux qui ne sont pas formés à ça.
00:50:49Alors,
00:50:50le non-verbal instantané,
00:50:51là on se regarde,
00:50:52tes yeux,
00:50:53la position de ta tête,
00:50:54tes mains,
00:50:55tu croises les jambes,
00:50:56ça ne veut rien dire pour moi.
00:50:56Ok.
00:50:57Ouais.
00:50:57Je ne crois pas
00:50:58quand tu te croises les bras,
00:50:59c'est que tu es fermé à la relation.
00:51:00Quand tu grattes le nez,
00:51:01c'est que tu mens.
00:51:02Non,
00:51:02pour moi ça ne marche pas.
00:51:03D'ailleurs ça me gratte le nez,
00:51:04attends.
00:51:04ça veut dire que tu as le nez qui gratte,
00:51:05mais ça ne veut pas dire
00:51:05que tu vas mentir.
00:51:06Par contre,
00:51:08ce qui m'intéresse,
00:51:08c'est les changements d'attitude.
00:51:10Ok.
00:51:11Un enfant qui a une attitude ouverte,
00:51:13extraverti et qui tout d'un coup
00:51:14va se renfermer,
00:51:15ça c'est une alerte.
00:51:16C'est quelque chose qui cloche.
00:51:17On n'a pas l'habitude
00:51:18d'avoir cette relation.
00:51:20Ou un enfant qui est très propre
00:51:21et qui tout d'un coup
00:51:23ne fait plus attention
00:51:23à ses vêtements,
00:51:24on remet les mêmes vêtements
00:51:25que la veille alors que d'habitude
00:51:26il fait très très attention
00:51:27à surtout ne pas s'habiller pareil.
00:51:28Ça c'est des petits trucs
00:51:29qui m'alertent sur le fait
00:51:30qu'il y a quelque chose
00:51:31qui ne se passe pas bien.
00:51:32Ou d'habitude on se parle,
00:51:33tu me regardes dans les yeux
00:51:34et puis là tu ne me regardes
00:51:35plus dans les yeux.
00:51:36Ok.
00:51:36Ce n'est pas le fait
00:51:37que tu ne me regardes pas
00:51:38dans les yeux,
00:51:38c'est le fait que d'habitude
00:51:39tu fais comme ça
00:51:40et là tu viens de changer.
00:51:41C'est les ruptures de baseline,
00:51:43donc d'attitude
00:51:45qui font qu'il y a un truc
00:51:46qui cloche.
00:51:46Mais on le sent naturellement.
00:51:48Ah ouais ?
00:51:48On est tous naturellement
00:51:49de bons détecteurs de mensonges.
00:51:51Ah ouais ?
00:51:51La différence entre
00:51:52quelqu'un qui est formé
00:51:53et quelqu'un qui n'est pas formé,
00:51:54ce n'est pas grand chose.
00:51:55Parce qu'on est un groupe social
00:51:57qui fonctionne
00:51:58parce qu'on se crée
00:51:59sur la relation émotionnelle
00:52:00à l'autre.
00:52:00On est capable de vivre
00:52:01des émotions ensemble
00:52:02et de s'adapter
00:52:02aux émotions de l'autre.
00:52:03Donc naturellement
00:52:04ton cerveau sait très très vite
00:52:05voir mon émotion
00:52:05et t'adapter.
00:52:07Inconsciemment.
00:52:07Et c'est une question de survie.
00:52:09Donc ça fonctionne plutôt bien.
00:52:10Donc chez nos enfants,
00:52:12tu vas sentir l'incongruence.
00:52:13L'incongruence,
00:52:14c'est quand ce que tu m'exprimes,
00:52:15ce n'est pas ce que j'observe.
00:52:17Non, non, je n'ai pas peur
00:52:19avec les attitudes physiques de peur.
00:52:22Non, je suis content,
00:52:23tout va bien.
00:52:23Et tu sens de l'assitude
00:52:24dans les traits.
00:52:25Ça, c'est intéressant.
00:52:26C'est l'incongruence
00:52:27entre ce que tu me dis
00:52:28et ce que je vois
00:52:28qui m'alerte sur le fait
00:52:30qu'il y a un truc.
00:52:30Oui, ça c'est intéressant.
00:52:32C'est ça qui compte.
00:52:33Et globalement,
00:52:35si on met les enfants de côté,
00:52:36est-ce qu'il y a
00:52:36des petits signes justement
00:52:39de non-verbal
00:52:40qu'on peut observer ?
00:52:41Est-ce que tu as des petits trucs
00:52:42à nous donner
00:52:43quand on observe les autres ?
00:52:44Alors, il y a un truc
00:52:45moi qui me marque,
00:52:47c'est la médriase,
00:52:47la pupille qui se dilate.
00:52:49D'accord.
00:52:50Donc quand tu as la pupille
00:52:51qui se dilate instantanément,
00:52:52c'est une marque de stress.
00:52:54Ok.
00:52:54Voilà, c'est un stress instantané.
00:52:56Ok.
00:52:57Donc si tu vas me mentir,
00:52:59il y a des chances
00:52:59que tu stresses.
00:53:01Parce que tu sais
00:53:02que tu me mens.
00:53:02Donc tu sais qu'il y a,
00:53:03il faut qu'il y ait un enjeu
00:53:04bien sûr,
00:53:05si c'est sur un sujet
00:53:05dont on n'a rien à faire,
00:53:06c'est pas grave.
00:53:06Mais s'il y a un enjeu
00:53:07dans la relation
00:53:08et que tu me mens,
00:53:09tu vas stresser.
00:53:09Et il y a des grandes chances
00:53:10que tu aies une médriase.
00:53:11Donc le pupille
00:53:12va se dilater tous les coups.
00:53:14Donc ça,
00:53:15ça ne veut pas dire
00:53:15que tu mens.
00:53:16Mais ça veut dire
00:53:16que là,
00:53:16tu as un stress majeur
00:53:18sur ce sujet.
00:53:20Donc ce sujet m'intéresse.
00:53:21C'est là-dessus
00:53:21qu'on va aller gratter.
00:53:22Mais il faut être quand même
00:53:23très proche de la personne
00:53:24pour le voir.
00:53:24Pas forcément.
00:53:25Si tu es entraîné,
00:53:25tu vois là,
00:53:26je vois très bien
00:53:26ta pupille et ton iris.
00:53:28Et alors ?
00:53:28Parce qu'il y a une lumière.
00:53:29Donc je vois la taille
00:53:30de ta pupille normale
00:53:32et je sais que si la lumière
00:53:33qui se reflète dedans
00:53:34augmente,
00:53:35ça veut dire que tu as
00:53:35une médriase.
00:53:36Et donc,
00:53:37c'est une marque de stress.
00:53:38Et là,
00:53:39c'est bon,
00:53:39je vais bien.
00:53:39Bah,
00:53:40tu vas très bien de toute façon.
00:53:41Même quand on a une médriase,
00:53:42on va très bien.
00:53:42Mais cette marque de stress
00:53:43instantanée,
00:53:44ça peut être une alerte.
00:53:44Ah,
00:53:44c'est intéressant.
00:53:45Oui,
00:53:45ça par contre,
00:53:46je le vois,
00:53:47je ne dis pas que c'est universel,
00:53:49ça l'est peut-être.
00:53:50En tout cas,
00:53:50je n'ai pas la preuve
00:53:50que ça l'est.
00:53:51Mais je l'ai toujours vu
00:53:52chez les gens qui stressent
00:53:54une dilatation majeure
00:53:55de la pupille.
00:53:56Est-ce qu'il y a d'autres trucs ?
00:53:57Parce que moi,
00:53:57j'adore ces détails.
00:53:59Après,
00:53:59tu vas être déçu.
00:54:00Je ne suis pas un expert de ça
00:54:01et je vois que ça
00:54:02avec ma petite lorgnette,
00:54:03mais je n'ai jamais vu
00:54:04de signes universels
00:54:05qui veulent dire
00:54:06quand on fait ça,
00:54:06ça veut dire ça.
00:54:07OK.
00:54:07Donc,
00:54:08j'aime bien les attitudes
00:54:10exocentrées
00:54:10plutôt que les attitudes
00:54:12égocentrées.
00:54:13Mais ça veut rien dire.
00:54:13Quelqu'un qui est introverti,
00:54:15il aura plutôt une attitude
00:54:16qui sera dans la distance.
00:54:17Quelqu'un qui est extraverti
00:54:18sera plutôt ouvert
00:54:19avec des gestes vers l'autre.
00:54:20Mais c'est sa baisagne,
00:54:22c'est son attitude normale.
00:54:23Encore une fois,
00:54:23c'est les ruptures d'attitude
00:54:24qui m'intéressent.
00:54:25Pas le fait que ce geste
00:54:26veut dire ça
00:54:27ou que ce geste veut dire ça.
00:54:28Tu vois,
00:54:28il y a une étude
00:54:28qui a été faite
00:54:29entre les WASPs,
00:54:31les White Anglo-Saxon
00:54:32Protestants aux Etats-Unis.
00:54:33Quand ils parlent,
00:54:35ils te regardent dans les yeux.
00:54:36Quand ils t'écoutent,
00:54:36ils ne te regardent pas dans les yeux.
00:54:37Et les Afro-Américains
00:54:39aux Etats-Unis,
00:54:40quand ils te parlent,
00:54:41ils ne te regardent pas dans les yeux.
00:54:42Et quand ils t'écoutent,
00:54:42ils te regardent dans les yeux.
00:54:43C'est marrant.
00:54:44C'est un facteur culturel.
00:54:45Mais ça ne veut pas dire
00:54:46que c'est général,
00:54:47que c'est pour tout le monde pareil.
00:54:49Donc encore une fois,
00:54:49il y a des éléments culturels
00:54:50qu'on peut retrouver
00:54:51qui sont intéressants
00:54:52à connaître et à comprendre.
00:54:53Mais chacun est unique.
00:54:55Donc ce qui m'intéresse,
00:54:56c'est quand je rencontre quelqu'un,
00:54:57d'analyser sa baseline,
00:54:58son attitude générale,
00:54:59comment est-ce qu'elle est,
00:55:00où il est
00:55:00quand on est en relation stable.
00:55:02Et puis si ça se tente un peu,
00:55:03quels sont les signes
00:55:04qui m'alertent
00:55:04sur une rupture d'attitude,
00:55:06c'est ça qui m'intéresse.
00:55:07Est-ce que ça te sert
00:55:08à mieux négocier ?
00:55:10De savoir ça ?
00:55:10Oui.
00:55:11C'est-à-dire qu'en fait,
00:55:11tu te dis,
00:55:12ok, cette personne,
00:55:13elle est extravertie, introvertie.
00:55:14Tu vois, il y a des petits...
00:55:16Ça me sert sur le fait
00:55:17d'avoir des gestes exocentrés
00:55:18qui sont plutôt
00:55:19des gestes d'extraversion.
00:55:21En me disant,
00:55:21quelqu'un qui ne me donne
00:55:22pas beaucoup d'infos
00:55:22alors qu'elle a plutôt
00:55:23un fonctionnement exocentré,
00:55:25c'est que peut-être
00:55:26elle a peur de moi
00:55:27ou elle n'a pas envie
00:55:28de me donner des indices
00:55:29ou elle cache quelque chose.
00:55:30Mais ce n'est pas une certitude,
00:55:31mais c'est juste
00:55:32quelques indices qui m'orientent.
00:55:33Après, c'est très compliqué
00:55:34parce que pour que ça marche,
00:55:36il faut qu'il y ait
00:55:36un minimum de confiance.
00:55:38Oui, c'est ça.
00:55:38Et j'ai fait une expérience
00:55:40il n'y a pas très longtemps.
00:55:41J'ai participé à la saison 2
00:55:42du jeu Les Loups-Garous
00:55:43sur Canal+,
00:55:44dans un village de joueurs,
00:55:45de 15 joueurs,
00:55:46qui par définition
00:55:47ne se font pas confiance.
00:55:49C'est Maxime,
00:55:50Max Trovert,
00:55:51qui est un des joueurs,
00:55:51qui est philosophe,
00:55:52qui est exceptionnel,
00:55:53il faut que tu le reçoives.
00:55:54Max, il disait
00:55:54le village est malade.
00:55:56Malade de la peur
00:56:00et dans cette situation-là,
00:56:02ton cerveau devient paranoïaque.
00:56:04Et donc,
00:56:05ton cerveau va interpréter
00:56:06tout dans le sens
00:56:07d'une menace.
00:56:09Même quand c'est authentique,
00:56:10même quand tu dis
00:56:11une information,
00:56:11tu donnes une information
00:56:12pour aider le village,
00:56:13les gens vont le percevoir
00:56:14comme une menace.
00:56:15Pourquoi ?
00:56:15Parce qu'ils sont tous paranoïaques
00:56:16et c'est le principe du jeu.
00:56:17Dans une négociation,
00:56:19il faut qu'il y ait
00:56:19un minimum de confiance.
00:56:20C'est pour ça qu'on a un OCP,
00:56:21un objectif qu'on va partager.
00:56:22Si on a quelque chose
00:56:23à gagner tous les deux
00:56:24et qu'on est clair
00:56:24sur ce quelque chose
00:56:25et qu'il est vrai,
00:56:27là, on peut commencer
00:56:28à se faire confiance.
00:56:28S'il n'y a pas de confiance initiale,
00:56:30chaque indice
00:56:31va être considéré
00:56:32comme une analyse de tromperie,
00:56:33même si ça n'est pas.
00:56:34Pour résumer,
00:56:35du coup,
00:56:35comment bien négocier
00:56:36parce qu'on est presque à la fin ?
00:56:38On est pas presque à la fin,
00:56:39on vient de commencer.
00:56:41C'est pas possible.
00:56:41Moi, j'adore.
00:56:42Qu'est-ce qui se passe ?
00:56:43Tu vois,
00:56:43s'il faut résumer,
00:56:44il faut un objectif commun.
00:56:46Il faut qu'il y ait
00:56:46de la confiance.
00:56:47Un peu,
00:56:48un minimum de transparence.
00:56:49Sinon,
00:56:50c'est une compétition
00:56:50à la Donald Trump.
00:56:52Personne ne fera confiance
00:56:52à Donald Trump.
00:56:53Il te met un flingue,
00:56:54il dit,
00:56:54maman,
00:56:54on va négocier.
00:56:55C'est pas de la négociation.
00:56:56Appelons pas ça de la négociation.
00:56:57Non, c'est clair.
00:56:58C'est un ultra performant,
00:56:59c'est un dealmaker.
00:57:00Mais c'est pas un négociateur,
00:57:01du tout.
00:57:02Non, non, non.
00:57:02Oui, oui, c'est ça,
00:57:03c'est pas du tout un négociateur.
00:57:04Le mec, il dit...
00:57:04Appelons pas ça d'égo.
00:57:05Non.
00:57:06Je te pète le bras
00:57:06si tu signes pas le contrat.
00:57:08Mais t'as le choix.
00:57:09Par contre,
00:57:10je te pète le bras.
00:57:11Moi, je vais signer.
00:57:12Ça s'affirme.
00:57:12Ouais, je vais signer.
00:57:13Ouais, finalement,
00:57:14j'y vais.
00:57:14Ouais, j'y vais.
00:57:14Allez, j'y vais.
00:57:15Donc, s'il faut résumer,
00:57:16je te laisse résumer
00:57:17pour que ça soit dans ta voie.
00:57:19C'est quoi les points essentiels
00:57:20pour la négociation ?
00:57:21On a un protocole
00:57:22qui s'appelle Hermione.
00:57:23Hermione,
00:57:24comme Hermione Granger
00:57:25ou le bateau de Lafayette
00:57:26qui nous sert
00:57:27à structurer nos négociations.
00:57:29Le H,
00:57:29c'est la haute intensité.
00:57:31Tu dois éviter
00:57:31d'être sous votre intensité.
00:57:32Donc, tu t'interroges
00:57:33sur ce qui va te mettre
00:57:34sous pression.
00:57:34L'engagement émotionnel
00:57:35avec nos enfants,
00:57:36c'est clairement
00:57:36l'engagement émotionnel,
00:57:37le manque d'infos,
00:57:39le doute de la compétence.
00:57:40C'est un vrai sujet.
00:57:41Douter de sa compétence,
00:57:42c'est bien.
00:57:43C'est une compétence.
00:57:44Il ne faut pas douter
00:57:44dans l'action.
00:57:45Dans l'anégo,
00:57:46pas dans l'anégo,
00:57:46tu ne doutes pas.
00:57:47Ensuite, le E,
00:57:48c'est ton enjeu.
00:57:49C'est quoi le truc prioritaire
00:57:50à satisfaire ?
00:57:51Et qu'est-ce que tu es prêt
00:57:52à sacrifier ?
00:57:53Et qu'est-ce que tu n'es pas prêt
00:57:54à sacrifier ?
00:57:55Ensuite, c'est ton rapport de force.
00:57:56Le rapport de force,
00:57:57c'est une relation de pouvoir.
00:57:58Il y en a tout le temps.
00:57:58Avec nos enfants,
00:57:59on a un rapport de force,
00:58:00évidemment.
00:58:01On est les parents
00:58:01sur les enfants.
00:58:02Donc, on a le pouvoir institutionnel.
00:58:03On a aussi le rapport de force
00:58:05de l'expérience.
00:58:05On sait des trucs
00:58:06parce qu'on les a faits
00:58:07et qu'eux ne savent pas encore.
00:58:09Donc, quelle est ma position
00:58:10par rapport à ça ?
00:58:11Quel est mon mandat ?
00:58:12Les moyens que je peux avoir ?
00:58:13Qu'est-ce que je peux donner
00:58:15à mon enfant
00:58:16qui accepte de rentrer
00:58:17à minuit ?
00:58:18Un échange de la concession
00:58:19qu'il va faire d'eux ?
00:58:19C'est-à-dire,
00:58:20quels sont les sujets
00:58:20sur lesquels je peux donner
00:58:21ou demander ?
00:58:22Quel est son intérêt ?
00:58:24Je dois faire des hypothèses
00:58:25sur l'intérêt.
00:58:25En fait, ce qu'il veut,
00:58:26c'est ça.
00:58:27Ça reste des hypothèses
00:58:28puisqu'il n'était pas dans sa tête.
00:58:29Bien sûr.
00:58:30Quel est notre objectif commun ?
00:58:31Et là, tu relis son intérêt
00:58:33à mon enjeu.
00:58:34Et à partir de là,
00:58:35tu commences à négocier.
00:58:36Le N de Hermione,
00:58:37c'est la négociation.
00:58:39Et le E, c'est l'engagement.
00:58:40On s'engage tous les deux
00:58:41sur un accord
00:58:43qui sera juste pour toi et moi.
00:58:45Donc, c'est des questions clés,
00:58:46toutes bêtes,
00:58:47mais qu'on transpose aujourd'hui
00:58:48dans tous les univers.
00:58:49On forme des médecins,
00:58:50on forme des diplomates,
00:58:51on forme des DRH
00:58:52parce que la négociation,
00:58:53c'est une école de vie ensemble.
00:58:55Et on fait tous de la négo.
00:58:56Donc oui, ces questions-là,
00:58:57elles sont systématiques
00:58:58en négociation
00:58:59pour préparer
00:58:59et puis ensuite conduire
00:59:00à ta négociation.
00:59:01C'est ça.
00:59:01Et ne pas répondre trop vite.
00:59:02Et tu cherches la réponse
00:59:04au cas par cas.
00:59:05Il n'y a pas de réponse universelle.
00:59:06Sinon, on aurait une IA.
00:59:07L'IA nous ferait des négociations.
00:59:09Aujourd'hui, on a, nous,
00:59:09créé une IA
00:59:10qu'on est en train d'éduquer.
00:59:11On n'a pas encore communiqué dessus.
00:59:13Je peux te dire le nom.
00:59:13Elle s'appelle l'XIA.
00:59:16On l'éduque
00:59:16comme on éduque un enfant.
00:59:18On lui donne des cas
00:59:19et on corrige.
00:59:20Ça, c'est bien.
00:59:20Ça, c'est pas bien
00:59:20pour lui apprendre.
00:59:22Aujourd'hui, l'IA
00:59:23n'est pas capable
00:59:24de t'apporter la bonne réponse.
00:59:25Par contre, elle t'apporte la question.
00:59:27Elle te challenge la question.
00:59:28Donc, une bonne négo,
00:59:29c'est plein de questions
00:59:30et ensuite, c'est au cas par cas,
00:59:31tu trouves la réponse.
00:59:32Quand il s'agit des enfants,
00:59:33en général,
00:59:34c'est les parents
00:59:34ou c'est les enfants qui gagnent
00:59:36dans un égo ?
00:59:36En général, c'est les enfants
00:59:38qui tentent
00:59:39et c'est les parents
00:59:39qui terminent.
00:59:40Et j'espère,
00:59:41parce que c'est quand même ça
00:59:42à l'ordre des choses.
00:59:43Il ne faut pas oublier
00:59:44qu'être parent,
00:59:45c'est à la fin
00:59:46rappeler qu'on a le dernier mot.
00:59:48Donc, on essaie de l'avoir
00:59:49par la négo.
00:59:49On a un dernier mot
00:59:50qui est accepté par l'enfant
00:59:51parce qu'on a négocié.
00:59:52Mais sur les sujets
00:59:53sur lesquels il faut être ferme,
00:59:55eh bien oui,
00:59:55il faut avoir le courage
00:59:56de dire stop et de dire non.
00:59:57Et parfois, de sanctionner.
00:59:59Moi, je ne suis pas un fan
01:00:00de la fessée
01:00:00parce que ça ne marche pas.
01:00:01Quand on est obligé
01:00:02de lever la main,
01:00:03c'est qu'on a raté tout le reste.
01:00:04Par contre, sanctionner,
01:00:05c'est dire stop,
01:00:05c'est dire non,
01:00:06c'est aussi rééquilibré.
01:00:07Tu n'as pas respecté
01:00:08ton engagement.
01:00:09La sanction,
01:00:10c'est que tu ne sortiras plus.
01:00:11Mais c'est ta faute.
01:00:13Donc, si on ne sait pas
01:00:13aussi dire stop
01:00:14et montrer qu'à certains moments,
01:00:16il faut un peu de fermeté,
01:00:17c'est de l'autorité.
01:00:18Ce n'est pas de l'autoritarisme.
01:00:19Mais il faut de l'autorité.
01:00:21Donc, pour être respecté,
01:00:21il faut se faire respecter.
01:00:23Parfois, il faut sanctionner.
01:00:25Ça arrache le cœur,
01:00:26mais c'est important.
01:00:27Il faut le faire.
01:00:27C'est important.
01:00:28Et qui est-ce qui négocie mieux,
01:00:29papa ou maman ?
01:00:31Alors, je ne crois pas
01:00:35je ne vois pas d'impact du genre
01:00:37dans la façon de négocier.
01:00:38Alors, je ne le vois
01:00:39qu'avec ma petite vision,
01:00:40mais les négociatrices,
01:00:41les négociateurs que j'accompagne
01:00:43négocient avec leurs qualités,
01:00:44leurs défauts, leurs expériences.
01:00:46Mais le genre n'a pas d'impact.
01:00:47Donc, je ne vois pas de différence
01:00:48entre papa et maman.
01:00:50Surtout, même si depuis quelques années,
01:00:52évidemment, la notion
01:00:53de pater familia, ça a évolué
01:00:54et c'est très bien.
01:00:55Moi, je suis né dans les années 70.
01:00:56C'était plutôt le père de famille
01:00:58qui décide et puis la maman
01:00:59très dominant.
01:01:01Papa fait les piqs,
01:01:02la maman passe la pommade.
01:01:03Aujourd'hui, ça a changé, clairement.
01:01:05D'abord, parce que ce n'est pas
01:01:05toujours de papa.
01:01:06C'est un papa ou une maman.
01:01:07C'est parfois de papa,
01:01:08parfois de maman.
01:01:09Et puis, chacun se passe la balle.
01:01:11Donc, c'est avec nos profils personnels,
01:01:13nos expériences qu'on ne négocie
01:01:14pas forcément avec notre genre.
01:01:16On arrive à la fin de l'entretien.
01:01:18J'aime toujours demander aux invités
01:01:21une conclusion, un conseil.
01:01:22Au vu de tout ce qu'on s'est dit,
01:01:24au vu de ton expérience de négociateur,
01:01:26au vu de tes conseils concernant nos enfants,
01:01:29qu'est-ce que tu as envie de dire
01:01:30pour terminer l'échange ?
01:01:33Le lien avant le gain.
01:01:35Créer la connexion.
01:01:36Garder la connexion.
01:01:37Reconstruiser la connexion quand elle est abîmée.
01:01:39Parce que sans ce lien,
01:01:40on ne peut pas négocier.
01:01:41Avec n'importe qui, d'ailleurs.
01:01:42Avec n'importe qui.
01:01:43Mais avec nos enfants,
01:01:44garder le lien.
01:01:45Garder la connexion, la relation.
01:01:46C'est elle qui permet de faire tout le reste.
01:01:48Même avec un boss,
01:01:49si on sort des enfants.
01:01:50Surtout avec un boss, bien sûr.
01:01:50Avec son M plus 1, son DRH.
01:01:52Il faut qu'il y ait une connexion.
01:01:53Un médecin avec son patient,
01:01:54un négociateur avec un forcené,
01:01:56s'il n'y a pas le lien,
01:01:56la connexion au patient commissaire.
01:01:59Merci Laurent Combavert.
01:02:01Je rappelle ton livre.
01:02:02Tu es ancien négociateur du RET,
01:02:03formé au FBI.
01:02:04Et avec des conseils hyper précieux
01:02:07pour négocier avec ses enfants
01:02:09et garder son calme.
01:02:11C'est chez Point Nemo.
01:02:13Je conseille cette lecture.
01:02:14Merci en tout cas pour tous tes conseils
01:02:17qu'on peut appliquer dans la vie de tous les jours.
01:02:19Et puis Tous Fondeurs,
01:02:20c'est tous les mardis.
01:02:21Vous nous retrouvez, vous le savez,
01:02:23sur YouTube
01:02:23et sur toutes les plateformes de podcast.
01:02:25Donc je vous dis à mardi prochain.
01:02:27Salut.
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