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  • il y a 11 heures
Voir l’épisode complet sur https://www.youtube.com/watch?v=5skxTsb-tOw

Extrait de l’épisode complet de Sébastien Piteau : CE QU’IL A VU EN PRISON VA VOUS GLACER.
Sébastien Piteau, ancien gardien de prison, raconte la scène la plus choquante de sa carrière. Une violence impossible à oublier… même des années après.

Tous WONDER met en lumière ces héros du quotidien, ces personnalités inspirantes qui ont connu un tournant majeur. L’objectif est d’aller chercher l’instant charnière dans la trajectoire de personnalités issues de la société civile, du monde politique, du CAC 40, de l'entreprenariat, du sport, de la culture, du monde scientifique... Tous WONDER fait un pas de côté, un format d’interview intelligent qui révèle l’inattendu chez ses invités.

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Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00Le type baignait dans une marre de sang, il avait un trou dans le crâne.
00:03C'était quoi l'odeur ?
00:04L'odeur du sang. J'ai vu des gens aussi se dégrader en prison.
00:06Il avait un morceau de verre à la main et il fouillait dans son ventre.
00:09J'ai jeté mon uniforme à la poubelle.
00:11Il y a quand même des moments qui sont très difficiles.
00:13Il y a des dates que tu n'arrives pas à oublier.
00:16Il y a ce 4 juillet 2004, avec un détenu, tu vas nous raconter,
00:24qui se jette sur un autre et qui va l'attaquer et qui va manger sa cervelle.
00:30Alors en fait, moi je suis arrivé pour l'intervention.
00:36Il y avait la distribution du repas ce soir-là.
00:39Et à la distribution du repas, il y a un détenu qui distribue à manger.
00:46Et celui qui est sorti de sa cellule l'a frappé avec un cendrier en terre cuite
00:52qu'il avait fait à l'atelier poterie ou un truc comme ça.
00:55Et puis après, il s'est acharné dessus.
00:58Et quand les renforts sont arrivés, les premiers renforts sont arrivés,
01:03le type baignait dans une marre de sang.
01:05Il avait un trou dans le crâne.
01:07Moi j'ai vu le corps après, par la suite.
01:09Et au moment où les premiers agents sont arrivés,
01:12il farfouillait dans sa tête et il mettait les mains à sa bouche.
01:17Qu'est-ce qu'il faisait ?
01:19Il mangeait, il mangeait ce qu'il trouvait.
01:23De toute façon, il avait du sang plein la bouche.
01:27Mais les agents qui sont tombés sur ce truc-là en live,
01:31je crois qu'ils ne sont plus dans l'administration pétentiaire.
01:34Je crois qu'ils n'y sont plus, ils sont partis.
01:37Et je peux comprendre, je peux comprendre, c'est terrible.
01:40Moi, quand je suis arrivé après, je faisais partie de l'équipe d'intervention
01:44parce que le type qui a mangé en fait la cervelle,
01:49les surveillants étaient un peu déprimés qui sont arrivés,
01:51ils étaient un peu désarmés.
01:52Alors ils ne savaient pas trop quoi faire.
01:55On prépare à tout, mais pas à ça.
01:59Et je me rappelle que les gars ont expliqué,
02:01ils lui ont hurlé dessus.
02:02Et puis finalement, le type la regardait avec un regard un peu vide.
02:07Il s'est relevé, puis il a été se foutre dans une salle
02:10où il n'y avait rien de particulier,
02:12qui servait un peu d'office en fait.
02:14Et moi, je suis arrivé après, plus tard,
02:17je faisais partie de l'équipe d'intervention
02:18pour aller le récupérer dans cette pièce.
02:21Donc là, on a vu le corps de celui qui était décédé.
02:24Il y en a un autre qui avait été blessé
02:26parce qu'il en aurait bien pris un deuxième,
02:29ça ne l'aurait pas dérangé.
02:31C'est un détenu qui était cannibale ?
02:34Alors, non, non, non.
02:36Mais par contre, il n'était pas bien dans sa tête.
02:39Il n'était pas bien dans sa tête.
02:40Mais de toute façon, il y avait déjà des faits.
02:42Sincèrement, je savais qu'il avait pris une grosse peine.
02:46Je savais qu'il n'était pas clair dans sa tête,
02:48mais je n'avais pas trop les détails de son affaire.
02:51Et il avait pris 30 ans pour un meurtre
02:56un peu inexpliqué ou inexplicable.
02:59Il n'y avait pas vraiment de motif.
03:01Et ça avait été quelque chose d'extrêmement violent.
03:04d'extrêmement violent.
03:06Et en fait, après, le type est enfermé dans cette pièce.
03:13Et quand on a dû aller le chercher,
03:15il y avait un oeilleton,
03:16parce que même si c'était un office,
03:18c'était comme une cellule.
03:20Il avait bouché l'oeilleton.
03:22Et puis, on voyait...
03:24Avec n'importe quoi,
03:25un bouchon de bouteille,
03:27du papier un peu mouillé, machin, je ne sais pas.
03:30Et donc, on ne pouvait pas voir où il était,
03:33qu'est-ce qu'il faisait, etc.
03:34Donc là, on y va quand même avec méfiance.
03:37Surtout que depuis un moment,
03:38on voit quand même de temps à autre
03:39qu'il passe sous la porte.
03:41Je vous rappelle, c'était assez marquant,
03:42de l'eau mélangée avec du sang
03:43qui passe sous la porte.
03:45Alors, ce n'est pas non plus une nappe extraordinaire,
03:48mais bon, on se dit, voilà,
03:49on voit ce qui vient de se passer.
03:52Et en fait, quand on a ouvert la porte,
03:53il y avait...
03:54Je me rappelle, ces pièces-là étaient vides.
03:56Il y avait juste une petite tablette
03:58au fond, le long de la fenêtre.
03:59Et quand on a ouvert la porte,
04:00il était pantalon de survête, torse nu.
04:04Et il avait un morceau de verre à la main.
04:07Et il s'était ouvert le bide.
04:09Et il fouillait dans son ventre, en fait,
04:11quand on est rentré.
04:13Et il n'a strictement rien fait.
04:16On l'a percuté.
04:17On était équipé comme les CRS,
04:20tenus par coups, boucliers, etc.
04:22On l'a percuté, on l'a menotté.
04:23Et après, derrière, c'était chini.
04:25C'était un poids mort.
04:26Et c'est un type qui faisait,
04:28peut-être, j'en sais rien,
04:29au moins 100, 120 kilos.
04:33Même menotté, machin.
04:34Il a fallu qu'on le porte.
04:35Et il est passé dans un...
04:37Moi, je me rappelle, on l'a porté à un moment.
04:38Je dis, je sais pas, je suis tout mouillé et tout.
04:41Il s'est mis à pisser.
04:43Il s'est pissé dessus.
04:44Moi, il m'a pissé sur la jambe.
04:45Il a pissé sur tout le monde.
04:46Mais il ne l'avait pas fait de manière volontaire.
04:48Il a...
04:49Voilà, peut-être parce qu'il avait peur.
04:50J'en sais rien.
04:51Je sais pas, parce que là,
04:52on est passé dans une dimension...
04:54Mais des gens comme ça,
04:55ils ne devraient pas se trouver en prison,
04:57mais dans un hôpital psychiatrique.
04:59Ben oui, je pense.
05:00D'ailleurs, c'est là où il est parti par la suite.
05:04Il est parti en UMD.
05:07Mais après, c'est difficile.
05:10Pourquoi il n'a pas été mis en hôpital psychiatrique ?
05:12Parce qu'il y a des gens aussi qui sont...
05:15Moi, j'ai vu des gens aussi se dégrader en prison.
05:17Il y a des gens qui sont rentrés en prison
05:19pour des faits...
05:20Moi, j'ai pas forcément d'exemple,
05:22mais des faits que je vais qualifier de droits communs,
05:25des faits qui étaient graves.
05:26Et puis, par contre, qui avaient bon pied, bon oeil.
05:29Et puis, petit à petit, la prison les a, entre guillemets, rendus fous.
05:34Notamment, un des membres du gang de Roubaix.
05:36Ouais, j'en ai connu un comme ça.
05:38Alors, pas rendu fou,
05:40mais c'est un type qui est devenu dépressif.
05:42C'était un type qui était solide.
05:45Et puis, il s'est complètement...
05:49De mémoire, sous réserve,
05:51mais il me semble qu'il a eu une séparation
05:54avec sa femme ou quelque chose comme ça.
05:56Et derrière, il a sombré complètement.
05:59Et c'est quelqu'un qui, alors qu'il a eu une période
06:03où il était en forme, machin,
06:05il n'y avait pas de soucis.
06:06Voilà, il faisait sa prison, il faisait sa prison.
06:08Et puis, un jour, voilà, il s'est passé quelque chose.
06:10Il y a un élément déclencheur.
06:11Il a craqué.
06:12Je pense qu'il a fait tout simplement de la dépression.
06:15Et bon, tout ce qui s'attrape en prison
06:19devient toujours plus grave.
06:21La petite dépression va devenir une grosse.
06:23Il y a beaucoup de choses comme ça.
06:25La prison amplifie les choses, en fait.
06:29Et puis, après, c'était un type, moi, je l'ai vu pendant des mois,
06:33marcher au radar, quoi.
06:34Tellement, il prenait de cachet.
06:35Il marchait un peu comme un zombie.
06:38Il y avait très peu de communication.
06:40Après, il n'y a jamais eu de soucis majeurs avec lui.
06:43Mais voilà, il était tombé quand même dans quelque chose de compliqué, quoi.
06:49Et toi, d'assister à des événements comme celui que tu viens de nous décrire,
06:54j'imagine que tu as des images, des odeurs qui restent.
06:56Parce que l'odeur du sang, là, par exemple...
06:58Alors, les odeurs, ouais.
06:59Les images, moi, enfin, personnellement, après, on ne réagit pas tous pareil, bien évidemment.
07:05Mais je me rappelle que ce soir-là, je suis rentré, je ne sais pas à quelle heure,
07:10je suis rentré chez moi en pleine nuit, machin.
07:13Ils avaient laissé la direction de l'époque,
07:16ils avaient laissé le messe du personnel ouvert.
07:19L'endroit où on peut se restaurer, il y avait un petit bar.
07:22Je ne te cache pas qu'on était se poser là-bas,
07:24je ne sais pas, il était peut-être 3h, 3h30 du matin,
07:26les gens qui étaient encore là.
07:29Et ouais, je pense que le premier truc, à 3h30 du matin,
07:32déjà, on s'est mis quelques whisky dans la gueule.
07:35Un, pour se détendre.
07:38Et deux, pour passer l'odeur.
07:40Enfin, en tout cas, moi, pour passer l'odeur.
07:41C'était quoi l'odeur ?
07:43L'odeur du sang.
07:44L'odeur du sang, après, il s'est passé des heures,
07:47le sang, ça coagule et ça prend une odeur.
07:50C'est très désagréable, l'odeur du sang.
07:52Et même en ayant bu quelques verres, machin,
07:55moi, je me suis...
07:56À l'époque, j'habitais à côté de la prison,
07:58parce qu'il y avait des logements pour le personnel.
08:01Et donc, je rentrais chez moi à pied.
08:03Et en fait, au messe, je me suis déshabillé.
08:05J'ai jeté mon uniforme à la poubelle,
08:07parce que j'avais du sang, j'avais tout sur mon uniforme.
08:10Et je suis rentré chez moi en caleçon,
08:12parce que je n'avais pas envie de ramener ça chez moi, quoi.
08:14Et arrivé chez moi, je sais qu'avant d'aller me coucher
08:16pour me reposer, alors ça m'a...
08:18Paradoxalement, ça ne m'a pas empêché de dormir.
08:20Mais par contre, cette odeur était restée.
08:23J'ai dû me laver les dents au moins trois fois
08:26avant d'aller me coucher,
08:27parce que l'odeur ne passait pas, quoi.
08:28Dans la bouche, tu avais même l'odeur dans la bouche du sang, quoi.
08:30Oui, c'était dans la bouche, dans le nez.
08:32Ça restait, je ne sais pas, j'avais une gêne.
08:34Alors après, il était peut-être psychologique,
08:35je n'en sais rien, quoi.
08:36Mais voilà, après, c'est comme ça.
08:40On croit qu'il y a des choses qui n'existent pas.
08:41Mais même quand on arrive sur la scène,
08:46en fait, on croit que c'est un film, quoi.
08:50Il y a tellement de sang partout
08:51qu'on se dit, mais ce n'est pas possible.
08:55Je ne vais pas dire qu'on cherche la caméra cachée,
08:57mais on se pose un peu la question, quoi.
08:58On sait que c'est vrai,
08:59mais l'inconscient dit que ce n'est pas possible.
09:04Ce qui est difficile aussi,
09:06c'est que tu décris très bien
09:07que parfois, les surveillants sont responsables.
09:10Il y a une autre scène que tu décris
09:12d'un détenu qui se fait attaquer dans le cou,
09:15qui se fait poignarder dans le cou.
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