- il y a 2 jours
Humoriste et comédien, Maxime Gasteuil revient sur un parcours loin d’être linéaire. Sa première date de tournée est un fiasco total, une salle incontrôlable, un public ivre, et un moment qui aurait pu tout arrêter.
Mais derrière cet échec, il y a une réalité plus profonde. Des années à jouer devant des salles vides, à douter, à continuer malgré tout. Jusqu’à remplir des salles, puis des zéniths.
Il raconte aussi l’envers du décor du succès, les films qui ne rencontrent pas leur public, les attentes, les désillusions, et cette sensation permanente de tout remettre en jeu à chaque projet.
Au cœur de cet épisode, une conviction forte, quand quelque chose te pousse profondément, tu ne peux pas l’ignorer. Il faut y aller, malgré la peur, malgré les doutes.
Un épisode sincère, drôle et inspirant sur le parcours d’un artiste qui a choisi d’y croire.
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Tous WONDER met en lumière ces héros du quotidien, ces personnalités inspirantes qui ont connu un tournant majeur. L’objectif est d’aller chercher l’instant charnière dans la trajectoire de personnalités issues de la société civile, du monde politique, du CAC 40, de l'entreprenariat, du sport, de la culture, du monde scientifique... Tous WONDER fait un pas de côté, un format d’interview intelligent qui révèle l’inattendu chez ses invités.
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© 2026 Tous WONDER | Tous droits réservés.
Mais derrière cet échec, il y a une réalité plus profonde. Des années à jouer devant des salles vides, à douter, à continuer malgré tout. Jusqu’à remplir des salles, puis des zéniths.
Il raconte aussi l’envers du décor du succès, les films qui ne rencontrent pas leur public, les attentes, les désillusions, et cette sensation permanente de tout remettre en jeu à chaque projet.
Au cœur de cet épisode, une conviction forte, quand quelque chose te pousse profondément, tu ne peux pas l’ignorer. Il faut y aller, malgré la peur, malgré les doutes.
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AmusantTranscription
00:00Ok, là c'est un fiasco, donc joue les hits.
00:02Tu peux faire une photo avec la personne ? Pas du tout.
00:04C'est des montagnes russes cette vie.
00:05C'est comme si t'appelais ton fils Jean-Pierre en 2026.
00:07Jean-Pierre il arrive avec des chaussures à glands et j'arrive sur scène.
00:10Je suis de Johnny Hallyday 5 minutes et après tout ça arrive.
00:13Bonjour à tous et bienvenue dans Tous Wander, le média qui parle de votre point de bascule.
00:18Aujourd'hui, on reçoit Maxime Gasteuil.
00:21Il est humoriste, comédien et surtout observateur redoutable de nos petites failles.
00:26Vous l'avez vu au cinéma, à la télévision, au théâtre, il fait rire avec ce qui pique.
00:31Parfois ça fait un peu mal, mais c'est toujours juste.
00:33Tous Wander, vous nous retrouvez tous les mardis sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcast.
00:39Spotify, Deezer, Amazon et Apple.
00:41Vous pouvez nous regarder, nous suivre, nous écouter un peu partout et un peu tout le temps.
00:45Si vous voulez sponsoriser l'émission, c'est possible.
00:48Il faut nous écrire à partenariat au singulier-touswander.com.
00:52Si vous voulez venir me raconter votre vie, votre point de bascule, il faut écrire à émission au singulier-touswander
01:00.com.
01:00Et Tous Wander, c'est maintenant avec Maxime Gasteuil, humoriste qui pique.
01:16Maxime Gasteuil, merci d'être avec nous.
01:18Avec plaisir.
01:19Ça a été l'arlésienne pour caler ce rendez-vous.
01:21Oui, parce que t'es tombé au moment de ma vie où j'avais un projet super, mais à l
01:25'étranger.
01:26Donc entre les Pays-Bas, la Belgique et la France, qui a été super, mais très intense.
01:30Et en fait, j'ai très peu de coupures entre chaque voyage.
01:33Du coup, là, je suis rentré, je suis à toi.
01:35Mais c'est vrai que ça a été compliqué.
01:37Oui, ça a été complexe, mais je suis hyper contente.
01:38Même là, ça a été compliqué pour tout vous dire.
01:40Ce rendez-vous était à 14h et il est 14h30.
01:44Donc pour moi, c'était 14h30.
01:46Mais t'es arrivé à l'heure pour toi parce que t'es arrivé à 30.
01:48Oui, je suis désolé.
01:49Tu vois, c'est pas très grave.
01:50Jusqu'au bout.
01:52Écoute, dans TousFounder, on commence par un point de bascule.
01:54Ton point de bascule que tu m'as donné, il est assez marrant.
01:57Tu vas me raconter.
01:58C'est une histoire de fiasco.
01:59On est en 2015.
02:01C'est ta première date de tournée.
02:04T'es face à un BDE à Nantes.
02:05Ils sont tous bourrés.
02:06Qu'est-ce qui va se passer ?
02:07C'est l'enfer.
02:09En fait, si tu veux, moi, j'ai un ami que j'ai rencontré dans ma vie parisienne
02:14qui est mon producteur aujourd'hui, qui était producteur avant qu'on se rencontre.
02:17Et donc, on fait tout ensemble, vraiment même jusqu'à nos vacances, tu vois.
02:22Et ce gars-là croit en moi très fort.
02:24Il me le montre dès le début, les premières secondes où je le rencontre.
02:27Il me met à Paris dans un petit théâtre.
02:29Et puis, il me dit, putain, t'as ta première date de tournée achetée à Nantes.
02:34Et il ne m'explique pas trop.
02:35Pour moi, je vais dans un théâtre et tout.
02:36Et on arrive à Nantes.
02:38On vient nous chercher avec un Renault Espace.
02:39Je m'en souviendrai toute ma vie.
02:40Tout est vrai.
02:41Parce que vous allez croire que c'est une vanne, mais c'est vrai.
02:43À l'arrière, les sièges, c'est des sièges de jardin blanc dans le Renault Espace.
02:47C'est-à-dire qu'il y a les deux sièges de voiture normaux.
02:50Et derrière, il n'y a plus rien.
02:51C'est comme l'arrière d'un camion et des sièges de jardin.
02:54Qui sont vissés sur le sol du truc.
02:59On vient nous chercher avec ça.
03:00Je dis, ah, très bonne vanne.
03:02Mais ce n'est pas une vanne.
03:03Mais ce n'est pas du tout une vanne.
03:04Et on commence, on est à Nantes-centre, à la gare.
03:07Et on quitte Nantes.
03:08Je dis à mon prod, mais ce n'est pas du tout à Nantes.
03:10Oui, mais ce n'est pas loin, c'est en banlieue.
03:11Là, nous voilà passés devant des hangars.
03:13Je dis, je ne joue pas là quand même.
03:15Il me dit, oui, c'est comme des salles des fêtes.
03:16En fait, j'apprends que c'est un BDE d'école qui, avec les soudes du BDE,
03:21a acheté mon spectacle.
03:22Qui, à l'époque, avoisinait en prix le prix d'un paquet de Curly avec un coca.
03:27Donc, tu pouvais t'offrir Maxime Gastoy assez facilement.
03:30J'arrive dans la salle.
03:31Il y a une scène.
03:32Le setup, normalement, les lumières sont comme toi, accrochées au plafond.
03:35Là, elles sont par terre.
03:36Je n'avais jamais vu ça.
03:37Le régisseur n'est pas là.
03:38C'est mon producteur qui va passer les bandes de son et les lumières.
03:41Qu'on voit sur scène parce qu'il n'est même pas caché.
03:43Donc, il y a un bureau avec des platines et des potards.
03:46C'est horrible.
03:47Oui, c'est l'enfer.
03:48Et moi, je vais dans la loge.
03:50Mais là, tu te dis, je le fais.
03:51Oui, je suis trop content.
03:52C'est ma première date.
03:53Tu vois, je me dis, il y a du public.
03:54Et ils sont 600.
03:55Ah oui, ils sont 600.
03:56C'est la première fois de ma vie que je vais jouer devant 600.
03:58T'es quand même content.
03:59Plein.
03:59Pas un siège de libre.
04:00Je vais dans la loge.
04:02Mais justement, c'est des vestiaires de sport.
04:04Je commence à m'inquiéter un peu.
04:05Et je commence à passer la coursive qui me donne accès sur la salle visuellement.
04:09Et je vois le long de la salle des tireuses à bière.
04:12Mais genre, 10 tireuses à bière.
04:14Et ça a bu déjà.
04:15Les verres ont vraiment été échangés.
04:17Et au fond, pareil, toujours pas une vanne avec le Renaud Espace et tout ça.
04:21Un ventri glisse.
04:22Avec les, tu sais, ces trucs gonflables là.
04:24Ouais, je vois très bien.
04:24Tu vois, pour les enfants, les châteaux.
04:26Bien sûr, bien sûr.
04:26Et des adultes en train de sauter et se jeter pour glisser dedans.
04:29Avant ton spectacle.
04:30Oui.
04:31Tout ça au milieu de cette salle des fêtes où il y a les chaises face à la scène.
04:34L'enfer.
04:35Je me dis, c'est pas possible.
04:36Mais qu'est-ce que c'est ?
04:37Et dans la coulisse, j'entends Maxime, Maxime, Maxime.
04:40Genre, je suis Michael Jackson.
04:41Je me dis, ces gens ont voulu voir mon spectacle ce soir.
04:45Pas du tout.
04:45Ces gens sont ivre-morts.
04:46Ils savent qu'il y a un gars qui s'appelle Maxime qui va monter sur scène.
04:49Qui arrive.
04:50Et j'arrive sur scène.
04:51Et je suis de Johnny Hallyday cinq minutes.
04:54Et après, tout s'arrête.
04:56Je commence à jouer mon show.
04:57Un mec se lève.
04:58Il me dit, tu veux que je monte sur scène ?
04:59Moi, pour la vanne et l'audace, je dis, vas-y, monte.
05:01Le gars, monte.
05:02Donc là, je suis pétrifié parce que c'est la première fois que je commence à faire ça,
05:05tu vois, avec autant de monde.
05:06J'arrive à m'en sortir et je joue mon texte très vite.
05:09Et je passe.
05:09Je me dis, OK, là, c'est un fiasco.
05:11Donc, joue les hits.
05:15Tu sais qu'il lui passe les pages pour faire la régie en même temps.
05:19Et il me dit, mais le gars passe de page en page, mais à tranche de 20 pages d'écart,
05:23tu vois, pour aller vite.
05:24Jouer un quart d'heure, 20 minutes, une demi-heure, 35 minutes.
05:26Et là, je me dis, non, mais ce n'est pas possible.
05:27Et en fait, j'écourte le spectacle.
05:30Je remercie sur scène mon prod.
05:32Mais vraiment, je lui mélange.
05:32Je lui dis, c'est grâce à lui, tout ça.
05:34Il est au bout de sa vie, lui aussi.
05:35Je sors de la pire.
05:37Mais vraiment, c'est un truc.
05:38Si tu n'as pas ce que j'ai passé avant dans le passé, c'est-à-dire les comédies
05:41clubs,
05:41les trucs où vraiment, il ne faut plus avoir d'amour propre parce que tout le monde s'en fout.
05:44C'est ce que j'allais te demander.
05:45Tu arrêtes le métier.
05:46C'est un peu traumatisant.
05:48Oui, c'est traumatisant et c'est ma première date de tournée.
05:49J'ai qu'une envie après, c'est de rester à Paris dans un petit théâtre
05:52et faire Céline Dion, jouer 30 ans le même spectacle, en résidence dans une salle.
05:56C'est hyper dur.
05:57Mais en termes d'amour propre, c'est intéressant parce que ça te fait aussi travailler ton amour.
06:02Tu es en acier, en titane.
06:04Oui, c'est ça.
06:04En fait, il peut tout arriver.
06:05Un casting où on te dit, ça ne va pas.
06:07Tu dis oui, ok, super, bonne journée.
06:09Tu t'en vas.
06:09Il n'y a plus rien qui te touche.
06:12Vraiment, il n'y a plus rien qui te touche.
06:13Parce que ce qui est marrant dans ce que tu fais, c'est que tu te mets en avant.
06:16Il y a quand même ton image qui est mise en avant.
06:19J'imagine que c'est hyper difficile de se dire dans la salle, ça ne se marre pas.
06:23Il y a des sièges vides.
06:26Ou même, j'imagine un film, tu dois passer des mois dessus et tu attends les critiques.
06:30Tu passes à côté.
06:31Mais même les entrées qui ne se font pas.
06:33Nous, notre premier film, 14 jours pour aller mieux, il sort en 2024.
06:36On le tourne en 2023.
06:38On est hyper fiers.
06:39C'est une histoire vraie qu'on a vécue avec Benjamin, dont je parlais, qui produit mes shows.
06:43Et avec qui je suis associé.
06:44Et on se dit, putain, on va faire un million d'entrées avec ce truc.
06:47C'est sûr, parce qu'on est sûr de nous et du thème et de comment on a fait.
06:51Après, tu passes à travers tout un processus d'écriture, d'acceptation, de budgétisation,
06:58d'acheminement financier pour monter ton film.
07:00Donc, un distributeur, des producteurs, des chaînes, des plateformes.
07:03Et chaque interlocuteur va te demander d'édulcorer un peu le film.
07:07Parce que ce n'est pas à son image, parce qu'il faut faire attention à ci, attention à ça.
07:10Du coup, ce n'est plus du tout le film du départ.
07:12Il sort, tu es quand même très fier et tu passes complètement à travers.
07:15Nous, le premier film, on a fait 350 000 entrées.
07:18Ce qui est dingue pour un premier film.
07:19Parce qu'il y a des films avec des...
07:21Mais ce n'est pas bien comme chiffre.
07:22Il est rentable, si tu veux.
07:23Mais dans ta tête et dans ton cœur, ça ne vaut pas l'implication de cinq ou six ans de
07:28travail.
07:28Bien sûr.
07:29Donc, tu as beaucoup de frustration.
07:31Et puis après, tu apprends par le métier.
07:32Et puis, des gens qui ont une expérience de ça depuis 40 ans qui disent
07:34« Oh, calme, c'est ton premier film. »
07:37Et il y a des mecs qui ont fait des films plus chers avec des castings énormes
07:39qui ont fait 70 000 entrées.
07:41Fin de course.
07:42Donc, tout va bien.
07:43Donc, tu te rassures et puis tu montres.
07:44Mais oui, c'est les montagnes russes, cette vie.
07:49Oui, c'est ça.
07:50Et en fait, à chaque fois, tu remets tout en jeu, en fait.
07:53Oui, c'est ça.
07:54C'est un mec qui m'a dit ça.
07:56Tu remets ton titre en jeu à chaque spectacle, à chaque film.
07:59Sauf quand tu commences à avoir un petit...
08:02Mais c'est à force de travail et d'implication aussi.
08:04Tu vois, tu as un petit cheminement où quand tu touches un peu la grâce à chaque projet,
08:08tu as en fait le public qui commence à te suivre.
08:10Et je ne dis pas qu'ils viendront à chaque merde aussi que tu feras.
08:13Mais tu as quand même la chance d'avoir des gens qui t'aiment et qui vont venir voir.
08:16Oui, tu as un public, quoi.
08:16Tu as des gens qui suivent.
08:18Par curiosité.
08:18Bien sûr.
08:19Ton nouveau projet.
08:20Donc ça, c'est trop bien, tu vois.
08:21Mais il faut avoir une rigueur aussi avec soi-même.
08:24C'est-à-dire qu'on vit dans un monde très privilégié où, en dehors de l'argent et de
08:29la notoriété,
08:30on vit notre rêve, en fait.
08:32C'est-à-dire que moi, je me lève le matin, je ne bosse pas, je m'éclate.
08:35Comme toi, tu dois kiffer.
08:37On en a parlé, tu vois.
08:37Tu as changé complètement de vie.
08:40Moi, ce privilège-là, il vaut tout l'or du monde.
08:43En fait, ce n'est même pas une histoire d'argent ou quoi.
08:45C'est une histoire de se réveiller.
08:47Et moi, ma vie, c'est le rire et écrire des conneries et des films à travers ça.
08:51Et j'espère que je ferai autre chose aussi, des films moins marrants.
08:54Mais je passe des journées extraordinaires tous les jours.
08:56Tous les jours ?
08:57Oui.
08:57Mais tu vas faire vachement d'un vieux, là.
08:59Non, mais je veux dire...
09:00En fait, tout le monde va avoir envie de faire de l'humour.
09:02Mais c'est comme un cuisinier qui aime ça ou un garagiste ou un carrossier qui adore
09:06retaper des bagnoles, tu vois.
09:07J'ai rencontré plein de gens qui sont passionnés par leur boulot.
09:10Mais ça, c'est le privilège premier.
09:12Donc, on se doit aussi d'être rigoureux dans ce qu'on fait.
09:14Bien sûr.
09:14C'est-à-dire que tu prends le temps, tu ne bâcles pas.
09:18Et puis, parfois, tu as tout mis et ça ne passe pas.
09:20Et puis, ce n'est pas grave, quoi.
09:22Et surtout, ça prend du temps.
09:23Tu vas nous raconter.
09:23Mais est-ce qu'on peut partir du point de départ de la genèse ?
09:26Oui.
09:26D'après ce que j'ai compris, et tu vas nous l'expliquer, c'est un peu ton père qui
09:31te fait découvrir l'humour grâce à des sketchs, en fait, qui te fait découvrir.
09:35Est-ce que tu peux me raconter ses souvenirs et le point de départ de l'humour, en tout cas
09:38?
09:38Le point de départ de l'humour, c'est mon père et la télé.
09:41Et mon père aussi, en fait, si tu veux, le dimanche, moi, j'avais le droit à regarder
09:45quand j'avais une dizaine d'années, la télé, avec eux, avant l'école du lundi, jusqu'à
09:49la publicité.
09:50Première partie du film, après au lit.
09:52Et le dimanche, c'est vraiment genre les vrais gros films master, un peu les films avec
09:58Bourville, Dufinesse, Goluche, les bronzés, tout ça.
10:01Les films du dimanche soir, tu vois ?
10:02Bien sûr.
10:03Ou vraiment, tu tapes des barres.
10:03Et je vois mon père rigoler, mais comme un ouf, tu vois, petit.
10:06Et je me dis, putain, ça...
10:07Parce que moi, je le fais rire aussi, dans la vie, mon père.
10:10Donc, je me dis, jusqu'à 8 ans, je me dis, bah moi, je suis la resta de Mont-Daron,
10:15en
10:15fait.
10:15Il rigole que quand je suis là, quoi.
10:17Et je le vois rire après.
10:18Pas de jalousie, tu vois, mais je me dis, putain, ces mecs, ils font ça.
10:20Mais vraiment, après, tu comprends, le film et tout, ça a l'air bien.
10:23Et mon père, dans la vie, est très marrant.
10:25C'est un gars qui va passer sa journée, alors pas toutes les journées, mais une ou deux
10:29fois dans la semaine, il va te raconter un rendez-vous avec quelqu'un qui l'a fait.
10:32Du coup, il limite le gars.
10:33Et vraiment, tu tombes.
10:35Mon entourage te le dira, ma femme, tout le monde.
10:37Très, très fort.
10:38Donc, je suis bercé là-dedans aussi, tu vois.
10:39Depuis tout petit, il raconte ses conneries, il fait des grimaces et tout.
10:43Et je sens que quand je fais ça, à l'école, avec eux, tu vois, c'est
10:50très bateau, je ne veux pas faire le...
10:52Mais tu vois, le film Billy Elliot, où il dit, quand il danse, il vole.
10:55Pareil.
10:56En fait, tout s'arrête.
10:57Je suis très bien dans ce moment-là de ma vie.
10:59La minute où ça rigole et je fais l'idiot, il y a un truc, tu vois, un peu céleste
11:04de...
11:04Parce que moi, je ne suis pas ouf à l'école.
11:06Je suis un peu turbulent.
11:08Je ne suis pas un ange.
11:10Je ne suis pas...
11:11Mes parents-mêmes, mais je ne suis pas...
11:13Mes parents-mêmes, j'adore.
11:15Je te rassure, mais...
11:16Non, mais je veux dire, je ne suis pas l'enfant magnifique sous tout rapport.
11:19Bien sûr, oui.
11:20Donc, j'ai des lacunes à l'école, je ne suis pas très impliqué là-dedans, ça
11:23ne m'intéresse pas.
11:23Et du coup, tu existes en faisant de l'humour, quoi ?
11:25J'existe avec ça.
11:26À l'école, auprès des profs, auprès de mes potes, auprès des conflits, à l'école
11:29aussi.
11:30Genre, moi, j'évite des bagarres et vraiment des trucs relous parce que je fais marrer
11:34les gens.
11:35Mes parents aussi, les conflits, tu vois, avec les notes ou des trucs qui sont un peu casse-couille
11:39pour eux, je m'en sors parce que je les fais marrer et je désamorce.
11:42Et mon père fait ça aussi, tu vois.
11:43Donc, c'est un peu une arme qu'il a, lui, que j'ai prise, quoi.
11:46Quand il y a des conflits avec ma reine.
11:47Ça sert, hein ?
11:47Ouais, ça sert.
11:49Mais même aujourd'hui.
11:51Oui, oui, même dans la vie, tu vois.
11:52Après, bon, il faut faire attention parce que moi, ma femme me dit souvent, tu vois,
11:56il faut arrêter de rire de tout.
11:58Il y a des trucs importants, tu vois.
12:00Donc, j'ai pris du recul aussi avec ça parce que moi, je suis vraiment, au bout d'un moment,
12:04ça peut être lourd dingue.
12:06Et je m'en sors avec ça et je me dis, putain, mais c'est ça que je veux faire.
12:09Après, je le mets là dans un tiroir bien au fond parce que malheureusement, tu ne grandis
12:14pas dans une famille et on est tous les mêmes dans une famille où on te dit, plus tard,
12:19tu vas être un chanteur, toi.
12:20Tu vas être un acteur, toi.
12:21C'est clair.
12:22Et tu peux faire ça, toi.
12:23Parce que c'est possible.
12:24Oui, tu es un enfant, mais si tu as des rêves, fais-les.
12:26Alors, je n'en veux pas à mes parents, mais ce n'est pas comme ça qu'on grandit.
12:28Mes parents, est-ce qu'ils étaient du genre à te pousser à l'école, même si tu n'étais
12:30pas très bon ?
12:31Bien sûr.
12:31Est-ce que du coup, c'était un peu complexe ?
12:32Oui, ils voulaient que je ramène des bonnes notes et puis ils essaient, tu vois, de
12:35m'inculquer une éducation saine en me disant, mec, c'est important en fait.
12:40Voilà.
12:40Juste, tu fais ce que tu veux.
12:41Mais si...
12:42Ton père, il était charpentier, c'est ça ?
12:43Il est encore, oui.
12:44Il est encore.
12:45Il a énormément bossé.
12:47C'est ce que je t'ai entendu raconter.
12:48En fait, il a grandi dans une famille où mon grand-père avait cette société dans
12:53le bois, qu'il a repris, et ma grand-mère avait un resto.
12:56Donc, mon père, il a grandi avec les clients du resto, les employés de la boîte de charpente
13:03et menuiserie.
13:04On venait le chercher au train, c'était des clients de ma grand-mère qui venaient le
13:09chercher le soir à l'école parce qu'elle avait bossé.
13:11Donc, lui, il a vu que ses parents trimaient toute sa vie.
13:13Donc, pour lui, le moteur, c'était le boulot, il faut se lever tôt.
13:17Et il me sortait cette phrase que je ne pouvais plus piffrer, l'avenir appartient à ceux
13:20qui se lèvent tôt.
13:22Non.
13:22Moi, je n'ai pas envie, en fait.
13:23Si je veux me lever à 11h, je me lève à 11h.
13:26Mais tu te lèves à quelle heure aujourd'hui ?
13:27Non, mais je me lève très tôt parce que j'ai un enfant.
13:29Mais avant d'avoir ma fille, je me levais aussi parce que j'avais des rendez-vous
13:32et des trucs à remplir.
13:34Mais je ne suis pas ce gars.
13:35Mais c'est vrai qu'elle est chiante, cette phrase.
13:36Et moi, je me forçais à me lever quand j'étais étudiant pour lui montrer que j'étais
13:41un super fils.
13:42Donc, je me levais à 6h, je me mettais trois claques.
13:44Il m'appelait parce qu'il m'appelle tous les jours très tôt le matin.
13:47Et je disais, ouais, super.
13:48Je ne faisais rien, mais je m'amantais une vie.
13:49Ouais, j'ai fait ça.
13:50Puis là, après, je vais faire ça.
13:51Pour le rendre fier.
13:52Ouais, voilà.
13:53Et donc, il aurait eu envie que tu reprennes sa boîte ?
13:55Ouais, il aurait eu envie que je reprenne ça parce qu'il y avait le lien familial.
13:59En fait, si tu veux, cette société avait été créée par mon arrière-grand-père.
14:03Mon grand-père l'a repris.
14:04Mon père l'a repris.
14:05Ah ouais ?
14:05Et c'est une grande famille.
14:06Ils s'attendaient quand même à ce que tu reprennes le truc.
14:08Oui, oui.
14:08C'est une grande famille des métiers du bois dans le bordelais qui travaillent depuis
14:12très longtemps pour plein de propriétaires terriens et de propriétaires viticoles
14:18qui ont des belles propriétés.
14:19Donc, ils ont refait beaucoup de cuviers et de trucs là-bas qui sont classés.
14:23Donc, oui, il y avait un truc aussi d'art en lien avec le boulot qui était assez essentiel
14:29et majestueux pour eux dans ce qu'ils font.
14:31Ils sont très passionnés, tu vois.
14:32Donc, moi, j'ai grandi avec eux.
14:33J'ai beaucoup bossé les étés avec mon père.
14:35Mais j'avais ce truc-là de putain.
14:37Et puis, il y a toute cette phrase à la con.
14:38Mais heureusement qu'on a grandi une génération à cheval parce qu'il y avait la télé
14:43qui nous a permis aussi de nous dire c'est possible puisqu'ils le font.
14:46Moi, j'en veux pas à mes parents.
14:47C'est possible, mais ça paraît compliqué quand même.
14:49Oui, mais mes parents et mes grands-parents, tu vois, le vœu d'Ettaria, c'était qu'à
14:52la télé en noir et blanc.
14:53Il y avait trois chaînes.
14:54Bien sûr.
14:55C'était inaccessible.
14:56Mes parents, c'est ce qu'ils m'ont inculqué aussi, malgré la star académique
14:59qui a commencé à exister, la nouvelle star et tout.
15:02Mais, tu vois, graines de star, tu vois, du jardin, brise de Nice, tu vois, tous
15:05ces trucs.
15:06J'ai dit, putain, il y a une étincelle qui clignote quand même.
15:09Tu te dis, c'est possible d'aller là-bas.
15:11Mais c'est pas facile.
15:13Non, c'est pas facile.
15:13Mais en fait, je crois que c'est...
15:15Tu grandis pas non plus.
15:16Non, non, non.
15:17Je dis pas que ceux qui naissent à Paris, c'est plus facile.
15:19Mais quand même, t'as quand même plus d'accès à des cours.
15:23De toute façon, même si tu grandis en province et que tu veux faire ce métier, tu vas faire
15:27des conservatoires, des cours de théâtre, tu vas repartir à Paris et tu vas faire tout
15:30ce que t'as perdu à Bordeaux ou à Lyon ou à Marseille, tu vas le refaire à Paris.
15:34C'est ça.
15:34Donc, autant aller tout de suite dans le mal.
15:35C'est assez marrant, c'est que tu t'installes du coup à 22 ans à Paris.
15:38Ouais.
15:38Donc là, tu leur dis à tes parents, je reprends pas la boîte familiale.
15:42Non.
15:42Je suis mon rêve.
15:43Enfin, je reprends pas.
15:44Je leur dis, je veux faire ça, quoi.
15:45Je veux faire ça.
15:46Avant, tu fais des petits boulots, c'est ça ? Pompice, vendanger, serveur ?
15:49Ouais, j'ai travaillé dans la fringue, comme tout le monde, tu vois.
15:52Comme j'ai fait que des études professionnelles, j'étais toujours une semaine à l'école,
15:56une semaine dans une société.
15:58Et l'été, oui, on bossait avec mes potes, on a fait les vendanges, on a travaillé dans
16:00la fringue, on a travaillé dans une station, on a travaillé un peu partout, quoi.
16:04Et t'as un moment, t'as un point de bascule, quoi.
16:07T'as un déclic, ça.
16:08En fait, ça me travaille trop.
16:09Ouais, c'est ça.
16:10Mais vraiment, genre, tous les jours, ça rumine.
16:12Ah oui ? Ah ouais, t'étais vraiment...
16:13C'est comme une voix qui me dit, t'as pas de couilles, quoi, t'es un loser, qu'est
16:18-ce
16:18que tu fais là ? C'est pas ta vie, ça.
16:20C'est pas ta vie, et même si j'avais pas voulu faire de l'humour ou du cinéma, je
16:25ne...
16:25En fait, la phrase dans ma tête, c'était plus, va voir ailleurs si t'y es, quoi.
16:29Reste pas dans cette boucle temporelle de, t'as grandi là, tu vas fréquenter les mêmes
16:34personnes toute ta vie, aller dans les mêmes restos et faire ton petit circuit, et on
16:37va mourir, et c'est quoi que tu vas raconter ? Que t'as vu ce bar toute ta vie,
16:41qui
16:42pas désempli de gens que tu connais depuis 30 ans ? C'est ça qui me faisait très
16:46très peur, malgré que j'adore mes meilleurs amis avec qui j'ai grandi, que je vois tout
16:49le temps.
16:50Bien sûr, mais t'avais envie d'aventure, quoi.
16:51Ouais, je voulais aller ailleurs, quoi.
16:52Comment ça s'est passé de son arrivée au cours Simon ?
16:55L'arrivée au cours Simon, j'avais fait 4 ou 5 cours dans la même journée, et c'est
16:59le seul cours où le mec me donne un truc à apprendre vite, tu sais, genre un espèce
17:05de synopsis de, putain, tu t'es bien renseignée, de synopsis, voilà, en fait, il y avait
17:10un télé-z ou un télé-7 jours, tu sais, sur les boîtes aux lettres avec le courrier,
17:13tout ce qu'il nous laisse, là, les prospectus, et il me dit, lisez ça, vous revenez dans
17:16une heure et vous me le faites sur le plateau.
17:17Donc, je vais dans un bistrot, je lis ça, et je lui sors, mais comme je te parle là,
17:22tu vois.
17:22Mais c'est ton télé-7 jours, enfin, c'est genre ce soir...
17:26Oui, c'est quand, tu sais, ça c'est très vieux, la nouvelle génération comprendra
17:29pas, mais à l'époque, nous avions des magazines avec les jours de la semaine et ce qui allait
17:34passer du matin jusqu'au soir à la télé.
17:36Et en fait, il y avait un petit résumé de chaque programme télé, et genre, Joséphine
17:40Ange Gardien à 20h15, et en dessous, il y avait marqué « Cet épisode va relater
17:43Joséphine qui a fait disparaître un chat ». Donc, moi, j'avais ces 4 ou 5 phrases
17:47à lire, donc je les apprends, je les sors, et lui, il me dit « C'était nul à chier
17:50»,
17:50enfin, un truc comme ça, « Mais vous avez énormément d'esprit, revenez demain ».
17:54Et j'ai fait 3 ans là-bas.
17:55Est-ce que c'est le jour où t'arrives en costard ?
17:57Non, ça, c'est la première de mon spectacle à Rue Frochot, au Théâtre Leboux, c'est
18:03un théâtre de 15 places.
18:04Où t'arrives en costard, genre décalé ?
18:07J'arrive en costard et je me dis « Je suis Gad Elmaleh, quoi ». Donc, ce soir, c'est
18:10plein, et pendant 3 mois, il n'y avait personne.
18:13Et t'étais en costard ? Non, mais c'est horrible, attends, t'arrives en costard,
18:15il n'y a personne ?
18:15Non, tous les soirs, pas tous les soirs, j'avais une fois par semaine, le jeudi à
18:1919h15, pire jour, pire horaire, mais bon, on ne donne que ça parce que les gens qui
18:22remplissent, ils sont dans les créneaux les plus cools.
18:26Et oui, j'ai fait 0, 0, 0, 0, genre 3 mois, parce que t'as 4 soirs par mois,
18:32du coup,
18:324 jeudis.
18:33Et un jour, on me dit, il y a un, c'est un de mes meilleurs amis de Saint-Emilion
18:36qui
18:36vient, elle ouvre le guichet, parce qu'en fait, si tu veux, dans la salle, tu as à la
18:39fois la régie, la salle, l'humoriste, le guichet de vente de place et la porte pour
18:44ouvrir et rentrer directement.
18:45En fait, c'est vraiment un studio parisien avec le lit, la cuisine, la salle de bain
18:49et tout.
18:50Et donc, je vois mon pote, on va boire un verre.
18:52Une fois, j'ai 15, je me dis, putain, je suis le roi, c'est complet.
18:55En fait, c'est un CE pareil de province qui vient à Paris, qui achète ton spectacle
18:59comme ça à l'arrache sur Biller et Duc, tu vois.
19:01Bien sûr.
19:01Et ils sont ivres morts et je joue tout sauf mon spectacle.
19:04Mais bon, t'apprends.
19:05Puis après, t'as 3, t'as 4, t'as 5, parce que je faisais des comédies club, donc
19:08ça commençait à prendre un peu.
19:09Enfin, je te dis 5, c'est pas ouf, mais au moins, il n'y avait pas zéro, quoi.
19:12Et comment tu te sentais à ce moment-là ?
19:15Eh bien, plutôt bien.
19:16C'est vrai ?
19:17Tu ne te dis pas, j'ai tout lâché ?
19:19Non.
19:20C'est dur ?
19:20Plutôt bien, parce qu'en fait, je n'ai rien à perdre.
19:23Ouais.
19:24Enfin, j'ai perdu de l'argent, mais ce n'est pas des sommes folles et puis j'avais un
19:27boulot à côté, donc c'était le jeu, le mec m'avait prévenu.
19:30En fait, tu te fais un peu avoir quand t'arrives, t'as un minimum garantie que le théâtre,
19:35tu lui dois.
19:35Donc, par exemple, t'as un minimum garantie par soir de 150 euros.
19:39Si tu ne vends pas 150 euros de tickets, tu lui dois 150 euros.
19:42Si tu as vendu 75, tu dois lui rendre 75.
19:45D'accord.
19:45Et au-dessus de 150, l'argent, tu fais 50-50 avec la salle.
19:48Donc, tu ne gagnes jamais d'oseille.
19:50Non, jamais.
19:51Mais donc, tu n'as pas conservé ce stress de personne ne vient, c'est vide ?
19:56En fait, c'est des années un peu terrifiantes parce qu'après, tu connais le succès, tu
20:01vous remplis des zéniths, donc tu te dis les deux sont dingues en fait.
20:05C'est possible, tu vois.
20:07Donc, aujourd'hui, tu me demandes de retourner là-bas, je n'y vais pas du tout.
20:10Pourquoi ?
20:10C'est un cauchemar.
20:11Parce que je ne souffrais pas, mais je sais ce que ça vaut.
20:14Je sais ce que ça fait, donc je n'ai pas envie de retourner là-bas.
20:18Non.
20:18Non.
20:18Ce n'est quand même pas très agréable.
20:20Non.
20:20Non, mais c'est...
20:21En fait, si tu veux, tu ne connais pas les grandes salles et le succès et le rempli.
20:25Donc, pour toi, 5, c'est ton Olympia.
20:28C'est ton climax, quoi.
20:28Donc, tu es trop bien.
20:29Et 10, c'est fou, et 20, c'est dingue.
20:31Et quand tu commences à faire, après, des cafés-théâtres où ils sont 80, même
20:34si c'est gratuit, ils repartent au chapeau, ils sont quand même 80 à vouloir voir ton
20:39spectacle.
20:39Tu es comme un fou.
20:40Je comprends.
20:41C'est quoi le plus stressant ?
20:43C'est les cafés-théâtres où tu vois les gens qui sont assis ou c'est les zéniths
20:48où tu ne vois pas grand-chose ?
20:50Moi, ce n'est pas du tout de l'ego, mais je suis plus à l'aise devant 8000 personnes
20:54que devant 10.
20:57Parce que, tu vois, j'ai refait des cafés-théâtres entre-temps, malgré ce qui se passe.
21:01Et je m'en sors très bien, mais ce n'est pas du tout mon truc.
21:04Comment ça s'est passé entre le café-théâtre et les zéniths ?
21:07Tu vois ? Est-ce qu'il y a une personne, à un moment, qui t'a repéré ?
21:13Tu vois, est-ce que c'est un coup de peau ? C'est quoi, en fait ?
21:16Non, c'est Benjamin, toujours derrière.
21:18En fait, c'est une équipe, tout ça, parce que tu n'es pas tout seul.
21:20Bien sûr.
21:21Donc, la famille que je me suis créée dès le début, c'est la même aujourd'hui.
21:24Ça fait plus de 10 ans.
21:27Motivateur, Benjamin, il voit que ça se passe bien sur scène
21:30et que je n'ai pas de lacunes ou de choses à bosser,
21:33même si le temps fera les choses.
21:34Je rencontre Édouard Pluvieux, qui devient mon co-auteur,
21:38donc il est très talentueux.
21:39Et puis, mec de province, qui a grandi en Goulême, qui est parisien.
21:42Donc, on a les mêmes vibes.
21:44Benjamin Demet, pareil, Dijon, Paris.
21:46On se comprend.
21:50Et après, si tu veux, les réseaux arrivent courant 2015 aussi.
21:56Je crois que j'ai Insta à partir de 13,
21:58mais pour poster des photos de mes vacances,
22:00comme tout le monde au début.
22:01Et à partir de 2015, ça devient sérieux, je fais des trucs, tu vois.
22:04Alors, il n'y a personne.
22:05À la fois pour ceux qui ne te connaissent pas, il y en a encore un peu.
22:08Oui, bien sûr.
22:09Tu émerges aussi sur les réseaux sociaux.
22:11En fait, parallèlement, tu fais de la scène,
22:13et tu as une chaîne YouTube, et sur Insta,
22:16et tu fais des sketchs, et donc ça va prendre aussi comme ça.
22:19YouTube, je le fais, mais je ne suis ni Cyprien,
22:23ni Squeezie, ni tous ces mecs très talentueux,
22:25parce que je suis un peu détaché de cette génération.
22:27Donc, j'y vais, mais un peu à tâton.
22:29Tu es un peu plus vieux.
22:29Oui, voilà.
22:29J'ai du mal, tu vois, à me filmer et tout ça.
22:32C'est vraiment un exercice très particulier.
22:36Et puis, je trouve mon compte sur Insta, moi.
22:38Insta, j'aime bien, c'est rapide, c'est intuitif,
22:40c'est mon délire, quoi.
22:41Donc, je commence des stories, je fais des vidéos.
22:43Et puis, 2015, pareil, ça vivote un peu.
22:46Et 2017, je fais deux vidéos vraiment qui tiltent,
22:48qui font 1, 2 ou 3 millions de vues.
22:50Et là, je commence à rentrer dans un système
22:52où je m'éclate à raconter les conneries
22:54que je ne mettrais pas sur scène, sur Instagram.
22:57Pour pas que les gens se disent,
22:58ouais, mais mec, on a tout vu sur Insta,
22:59on va découvrir sur scène, c'est nul.
23:00Et comme moi, j'avais boxé déjà sur scène,
23:02je savais que quand ils allaient venir,
23:04j'étais prêt à les recevoir.
23:05Donc, Instagram n'a fait que multiplier
23:08les spectateurs dans les salles jusqu'à arriver au Zénith
23:10et aussi me faire ma notoriété.
23:14Parce que ça a commencé à prendre 2017.
23:16Et après, pendant le confinement,
23:17mon sujet, c'était Paris-Province,
23:18pile le sujet du confinement,
23:19avec tous ces Parisiens qui étaient partis à la campagne et tout.
23:22Donc, je tape fort là-dessus.
23:22Et qui emmerdaient tout le monde.
23:24Et comme je n'ai rien à proposer à part ça,
23:26je me donne une régularité
23:28de faire une ou deux vidéos par jour, quoi.
23:31Alors, ce qu'il faut qu'on comprenne,
23:33justement, c'est que tu parles de Paris-Province.
23:35Tu n'aimais pas du tout Paris.
23:36Enfin, en tout cas, tu tapais sur Paris.
23:37C'était assez marrant.
23:38Et là, excuse-moi,
23:39mais donc, tu viens d'emménager à Paris, c'est ça ?
23:41Oui, c'est ça.
23:41Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
23:42Mais j'ai passé dix ans ici, moi.
23:43Oui, mais alors, pourquoi tu es revenu ?
23:44Je suis revenu parce que j'ai apprivoisé cette ville.
23:47J'y prends ce que j'ai à prendre.
23:51J'ai compris que ce dont je parlais au début,
23:53Paris-Province,
23:54les Parisiens, ce n'est pas que ça.
23:56Et puis moi, j'adore cette ville.
23:57Et j'ai aussi décroché du truc.
23:59Je ne vis pas par rapport à l'image
24:01qu'on se fait des gens ici
24:03ou de l'image qu'on a de moi, tu vois.
24:05Donc, j'étais jeune, j'étais dans ce truc-là.
24:07Et puis moi, j'avais envie d'en parler
24:08parce que quand j'arrive à Paris,
24:09je n'ai ni le style vestimentaire,
24:11ni la façon de parler,
24:12ni les endroits où il faut être.
24:14Donc, je suis vraiment un indien dans la ville.
24:16Et mon metteur en scène que je rencontre
24:17et co-auteur, Edouard,
24:19voit mon spectacle avant que je travaille avec lui.
24:22Il me dit, mec, mais ton spectacle,
24:23c'est de la merde,
24:24à part ce quart d'heure
24:25où tu parles de Watt,
24:27qui est un provincial perdu,
24:29la voiture sans permis,
24:30les PMU, tout le truc,
24:31qui arrive à Paris
24:32et qui est complètement désorienté.
24:33Et du coup, on a étiré ça
24:34et vit le premier spectacle
24:36que Maxime Gastel arrive en ville.
24:37Et alors, qu'est-ce qui t'a fait marrer,
24:40tu vois, quand t'es arrivé à Paris ?
24:42Qu'est-ce qui t'a surpris ?
24:43Mais plein de choses.
24:44Le civisme que la province n'a pas,
24:47mais ça, c'est genre Paris
24:48et tout le reste de la France,
24:49très différents.
24:49Les bonjours, merci, au revoir,
24:51s'il vous plaît.
24:51Dans les tabacs où les mecs rentrent,
24:53Malboro Light,
24:54Malboro Light,
24:55ils payent
24:55et ils se barrent.
24:57Malboro Light,
24:58c'est un pyramide en fait,
24:59Malboro Light.
25:00En deux.
25:01Très spécial, tu vois.
25:03C'est clair.
25:03Et c'est vraiment,
25:04je l'ai vraiment vu.
25:04Alors, c'est pas que Paris,
25:06c'est pas que ça, tu vois.
25:07Mais ouais, le civisme,
25:09les styles de fringues,
25:10ça, j'en ai parlé,
25:11et reparlé sur Insta,
25:12et je les pompe,
25:12les mecs, comment ils s'habillent.
25:14Mais maintenant, je trouve ça fou
25:15parce que moi,
25:16ça m'a rendu curieux.
25:17Moi, provincial,
25:18je vais vous le dire,
25:19et c'est la vérité,
25:20on a un peu des œillères,
25:21on est dans notre village,
25:22dans notre mode de vie,
25:22et comme on n'a pas
25:24une vision du monde extérieur,
25:26mais vraiment,
25:26c'est pas qu'on ait des cutéreux
25:27ou qu'on n'a pas la télé,
25:28mais pour nous,
25:29notre vie,
25:30c'est que ça partout.
25:32Et quand tu vas ailleurs,
25:33mais tu vas même à Londres,
25:33à New York,
25:34enfin tu vois,
25:34les gens,
25:35ils ont les cheveux roses,
25:36et je suis en mai.
25:36T'hallucine.
25:37Vis ta vie, tu vois,
25:38c'est trop bien.
25:38Donc moi, ça m'a ouvert
25:40énormément de changer et de partir.
25:42Ce que je te disais tout à l'heure,
25:43j'aurais pas fait ce métier,
25:44c'est pas grave,
25:45je serais parti quand même
25:46parce que j'avais besoin d'ouverture
25:47et je sentais que j'étais pas
25:49un mec qui pouvait se cantonner
25:51à cette vie-là.
25:53T'avais envie d'ailleurs,
25:54mais est-ce que t'as l'impression
25:54que t'es devenu parisien ?
25:56Non.
25:56Non.
25:57Non.
25:57Mais je suis ni parisien
25:58ni provincial,
25:59je suis de nulle part moi d'ailleurs
26:01parce que je suis le mardi à Lyon,
26:02le mercredi à Poitiers,
26:04le samedi à Paris
26:05et mes vacances,
26:07tu vois,
26:08j'aime mon pays,
26:10ça je le sais,
26:10je suis bien partout,
26:12mais non,
26:12je te dis,
26:13moi je sais que les provinciaux
26:15diraient que je suis parisien
26:15et les parisiens diraient
26:16que je suis un paysan.
26:18Que t'es pas non plus un paysan.
26:19Non mais t'as compris,
26:21un paysan,
26:21il met pas des chaussettes jaunes.
26:23Non mais ça,
26:23c'est de la faute de ma femme
26:24qui m'a offert une petite payette
26:26de chaussettes Uniqlo
26:26sans faire de publicité
26:28de toutes les couleurs.
26:28Écoute,
26:28elles sont très sympas.
26:29De toutes les couleurs.
26:30Du coup,
26:30t'as les codes du parisien.
26:31Ça oui,
26:32je me ferais tabasser.
26:33C'est clair,
26:33c'est hyper parisien.
26:34J'arrive dans mon village,
26:35je me mets comme ça au bar
26:35et ils me disent,
26:36allez, ça part.
26:37Ici,
26:37les mecs disent,
26:38putain,
26:38pas mal le rapport,
26:39le ratio vert jaune,
26:40ça marche.
26:41Moi,
26:41j'adore,
26:42j'avoue,
26:43j'adore.
26:43Non mais je suis un peu,
26:44en fait,
26:45c'est ça,
26:45je prends,
26:47j'épuisé un peu
26:48dans ces deux modes de vie
26:49parce que vraiment,
26:50je suis partagé entre les deux
26:50et je suis très heureux.
26:52C'est un peu un truc d'équilibre,
26:53tu vois,
26:54comme quelqu'un qui dirait
26:56s'il le pouvait
26:57et ceux qui peuvent se le permettre,
26:59je vis à la fois là et là,
27:00j'ai deux maisons,
27:01tu vois,
27:02ou je suis franco-américain,
27:05ou je vis au Maroc et en France
27:07ou en Espagne,
27:07tu vois,
27:08t'es trop bien parce que voilà.
27:09Est-ce qu'il y a un truc
27:10que t'as fait
27:11que t'aurais pas fait
27:12il y a dix ans ?
27:12En fait,
27:13j'ai un truc en tête
27:13mais je me souviens
27:14d'un sketch
27:15qui était assez rigolo
27:16sur les prénoms.
27:19Est-ce que tu t'es surpris ?
27:20Je sais pas si on donne
27:21le prénom de ta fille.
27:23On peut le donner.
27:24Est-ce que,
27:24par exemple,
27:25je me souviens de ce sketch,
27:26moi-même,
27:27mes enfants ont des prénoms
27:27qui sont très originaux
27:29et tu rigolais
27:30des Parisiens
27:31qui donnent des prénoms
27:32improbables aux enfants.
27:33Est-ce que tu peux rire de toi
27:35en te disant
27:35j'ai pas appelé ma fille
27:37avec un prénom très classique ?
27:38Bien sûr, bien sûr.
27:39Je te donne des clés
27:40mais je sais pas si tu peux te donner.
27:41Ma fille s'appelle Nikita
27:42donc voilà,
27:43comme ça,
27:43c'est réglé.
27:44Et non,
27:45je pense pas avoir utilisé
27:47un prénom
27:47dont je me serais foutu.
27:50Parce que moi,
27:50vraiment,
27:51tu vois,
27:51c'était...
27:52Enfin,
27:52tu as vu
27:53les prénoms d'enfants
27:54à l'école.
27:54Bien sûr.
27:55Il y a des trucs chauds,
27:56chauds, chauds.
27:56Non, mais c'est marrant.
27:57Moi, ça me fait marrer.
27:58Il y a des trucs,
27:58ils appellent leur fils
27:59avec des prénoms
28:01vraiment de grand-père.
28:02Des prénoms
28:02qui ont été désintégrés.
28:03Le gars peut pas vivre avec ça.
28:05C'est un peu compliqué, quoi.
28:06C'est comme si t'appelais
28:07ton fils Jean-Pierre
28:07en 2026.
28:08Jean-Pierre,
28:09il arrive avec des chaussures
28:10à gland.
28:10Il a 4 ans.
28:12Il a une baisse
28:13en pied de poules.
28:15C'est pas possible,
28:16tu vois.
28:16Mais oui,
28:17je me suis surpris
28:18et pas vraiment.
28:19En fait,
28:19c'est en grandissant.
28:21Avec ma femme,
28:22on a rencontré une fille
28:22qui s'appelait comme ça.
28:23On a trouvé ce prénom,
28:24mais je sais pas,
28:25impactant.
28:26Et puis après,
28:26moi,
28:26j'ai été voir,
28:27parce que je suis très curieux de tout.
28:28Donc,
28:28c'est un prénom grec
28:29qui veut dire victorieuse.
28:31Et c'est un prénom
28:32qui vient de Grèce,
28:33qui a après été
28:35très utilisé
28:35dans les pays de l'Est,
28:36surtout pour les hommes,
28:37parce que c'est mixte.
28:40Et c'est pas un prénom courant.
28:41J'ai jamais beaucoup entendu ça,
28:43à part des touristes russes
28:44où tu dirais,
28:45là,
28:45tu te dis,
28:46bon,
28:46le mec,
28:46c'est normal,
28:47en fait,
28:47lui,
28:47il se baigne dans des lacs gelés,
28:49il mange de la glace.
28:50Bien sûr.
28:50Le mec,
28:51il fait un peu peur,
28:51mais...
28:51Mais non.
28:52Donc,
28:52ouais,
28:53mais non,
28:54franchement,
28:54on peut revoir cette vidéo,
28:56si tu veux,
28:56on la remettra même
28:57pour montrer aux gens.
28:58Je veux des enfants,
28:59mais je ne les ferai jamais à Paris.
29:00Faites une sortie d'école,
29:0116h30.
29:02T'as l'impression
29:02que t'es chez le primeur.
29:04Myrtille,
29:05Prune,
29:05papa est là.
29:07Pamplemousse,
29:07dépêche-toi,
29:07prends ton cartable.
29:08Paris,
29:09pour les prénoms des enfants,
29:10t'as deux écoles,
29:10les primeurs
29:11et les chevaliers
29:11de la table ronde.
29:12La chance qu'on a,
29:13c'est qu'Archimède
29:13est moins hyperactif.
29:14Par contre,
29:15Perceval et Galilée,
29:16cet été,
29:16ils ont été insupportables.
29:17Comment tu t'en sors,
29:18toi, avec l'Ancelot ?
29:19Non mais allons-y,
29:20pas de problème.
29:21Partons dans les plantes
29:21et les épices.
29:22Coriandre,
29:23arrête d'embêter ton frère.
29:24Paprika,
29:24tu lui rends sa trottinette.
29:25Donc,
29:26il n'y a plus de limite.
29:26Non mais partons dans les vieux métiers aussi.
29:28Qu'est-ce que vous faites,
29:28les enfants, là ?
29:29Ébéniste,
29:30poste ta fourchette,
29:31scribe,
29:31tu manges
29:32et après,
29:32on fait les devoirs.
29:33Non mais au rythme où ça va,
29:34allons dans les légumes oubliés.
29:35Patate douce,
29:36topinambour,
29:37dépêchez-vous,
29:38le bus va partir.
29:39À Paris,
29:39dans 10 piges,
29:40une sortie d'école,
29:40c'est le tiercé dans l'ordre.
29:42Rose des vents,
29:42rose des vents,
29:43papa est là.
29:44Oui, voilà.
29:45Excusez-moi madame,
29:45je cherche mon fils depuis tout à l'heure,
29:47vous ne l'auriez pas vu ?
29:47Non ?
29:48Kazakh bleu,
29:49toc orange,
29:49ça ne vous dit rien ?
29:50Bon.
29:52Tornado ?
29:52Non, moi,
29:53là où je me foutais de la gueule des gens,
29:54c'est vraiment les métiers oubliés,
29:55ébénistes,
29:56vraiment patate douce,
29:58j'allais trop loin,
29:58mais c'est vraiment ce genre de truc
30:00où non, je ne peux pas.
30:00En fait,
30:06tu te moquais un peu
30:08de ce que tu étais peut-être
30:09devenu aujourd'hui.
30:09Oui,
30:10il y avait un peu une frustration
30:11parce que quand tu arrives
30:12de la campagne,
30:12tu arrives à Paris,
30:13tu te fais un peu bâché
30:16par les gens que tu ne connais pas,
30:17qui te regardent comme ça,
30:18qui te mettent en dehors,
30:19tu es en dehors,
30:21tu es en marge tout le temps,
30:22où normalement,
30:23tu as un problème,
30:24tu vois,
30:24donc tu te dis,
30:25ce n'est même pas de la tristesse,
30:27mais tu sais,
30:27tu es tellement,
30:28parce que toi,
30:28tu crois que ça va,
30:29donc tu leur en veux
30:30et moi,
30:30je passais mon défoulement sur scène.
30:32Oui, c'était ça en fait.
30:34Ça a été un peu une thérapie,
30:35la scène et les vidéos comme ça.
30:37Comment ça s'est passé justement
30:38cette notoriété ?
30:40C'est-à-dire qu'en fait,
30:42tu dis,
30:43je suis un provincial à Paris,
30:45enfin,
30:45je suis un peu de partout,
30:46d'ici et d'ailleurs,
30:48mais aujourd'hui,
30:49partout,
30:49les gens te reconnaissent.
30:50C'est-à-dire que comment
30:51ça s'est passé ce moment ?
30:53Le mec de la clim,
30:54le mec qui répare la clim,
30:55il n'a même pas reconnu.
30:56Il n'a pas reconnu ?
30:57Dans le couloir ?
30:58Sinon,
30:58il aurait arrêté de faire des trous.
31:00Tu m'étonnes.
31:01On peut faire une photo
31:01avec la personne ?
31:02Pas du tout.
31:03Est-ce que tu as un souvenir,
31:05tu vois,
31:05une des premières fois
31:06où quelqu'un t'a reconnu
31:08ou tu te dis,
31:10j'ai réussi ?
31:11Enfin,
31:11tu vois,
31:11qu'est-ce que ça fait ?
31:12Les premières fois,
31:13ça flatte énormément l'ego
31:14et puis surtout,
31:15quand les gens viennent te voir,
31:16ils disent,
31:16j'ai kiffé ça.
31:18Ouais.
31:18Donc,
31:18il y a une espèce de...
31:20Moi,
31:20là où mon parcours scolaire
31:22est chaotique,
31:23là,
31:23c'est comme si un mec
31:25que je ne connais pas
31:25vient de me donner un vin,
31:26tu vois ?
31:27Super de voir.
31:28C'est bon.
31:29Merci.
31:29Tu peux donner le carnet
31:31à tes parents,
31:31ce n'est pas la peine
31:32qu'ils le signent,
31:32il est nickel.
31:33Donc,
31:33c'est des appréciations de vie.
31:34C'est trop beau,
31:35tu vois.
31:36Donc,
31:36tu es reconnaissant,
31:38tu es très fier.
31:39Et après,
31:40ça se fait,
31:40comme tu disais,
31:41comme les salles tout à l'heure,
31:42passer de zéro à 7000
31:44ou de pas connu à connu.
31:46Bon,
31:46la notoriété,
31:47ça va avec ce travail.
31:48Donc,
31:48tu ne t'y prépares pas
31:50parce que moi,
31:51mon but ultime,
31:52c'était de m'éclater
31:52dans ce que je faisais.
31:53Oui,
31:53ce n'était pas d'être connu.
31:54Je ne pensais pas
31:54aller faire des photos
31:55et des selfies,
31:55tu vois.
31:56Ce que souhaitent
31:57les jeunes
31:57de la génération d'aujourd'hui.
31:59Oui,
31:59c'est spécial
31:59parce qu'eux,
32:00ils ne veulent pas le chemin,
32:01ils veulent demain être riche
32:02et être connus.
32:03Donc,
32:03sans rien faire.
32:04Ça,
32:04c'est un métier qui n'existe pas.
32:05Ou alors,
32:06il faut faire des photos
32:07de ses pieds sur OnlyFans.
32:09Après,
32:09il faut aimer vraiment les pieds.
32:10Je ne vise personne.
32:11Non,
32:12mais je veux dire,
32:12c'est un peu spécial.
32:13Mais non,
32:14mais ça se fait,
32:15en fait,
32:15pour être très bref
32:16et ne pas perdre de temps,
32:17c'est comme un enfant
32:18qui passerait de,
32:19je ne sais pas marcher,
32:20je fais du quatre pattes
32:21et après,
32:21je marche.
32:22En fait,
32:22c'est une évolution.
32:23Alors,
32:23il y a des gens,
32:23peut-être c'est soudain,
32:24mais chez moi,
32:25ça a été petit à petit,
32:26tu vois,
32:27marche par marche.
32:27Donc,
32:28ça ne s'est pas senti.
32:29Je n'ai pas eu,
32:29genre,
32:30des FNAC remplis de gens,
32:31je ne sais pas qu'à Vadams
32:32et encore moins aujourd'hui.
32:34Je n'ai pas des fanatiques
32:35qui m'attendent à 3000 dehors.
32:37Je croise des gens
32:38dans ma vie
32:39qui s'arrêtent parfois
32:40et c'est très agréable.
32:41Mais je n'ai pas
32:42des hordes de fanatiques
32:43qui me suivent partout.
32:43Mais est-ce que ça oblige ?
32:44Est-ce que du coup,
32:45tu te dis,
32:46tu as quand même des matins
32:47où tu n'as peut-être pas
32:47envie de parler
32:49à ton boulanger
32:50qui veut te faire une blague ?
32:51Tu vois,
32:51est-ce que ça oblige
32:52d'être toujours sympa,
32:54lisse ?
32:54Ça n'oblige pas,
32:55mais c'est vrai que
32:56les moments où,
32:58déjà,
32:58c'est un privilège,
32:59comme je te disais aussi,
33:00d'avoir tous ces gens
33:01derrière toi
33:02et puis qu'ils prennent
33:02cinq minutes,
33:03tu vois,
33:03et on ne se parle plus
33:04dans la rue.
33:04On ne s'aide pas.
33:05Excusez-moi,
33:06monsieur,
33:06la rue Rambuteau,
33:06elle est où ?
33:07Il se casse.
33:08Là,
33:08le mec,
33:08il s'arrête,
33:09il dit,
33:09je vous adore.
33:10Putain,
33:10vous me faites marrer,
33:10ma femme.
33:11L'autre jour,
33:12elle me parlait encore
33:12d'une banne
33:13quand vous faites...
33:13Tu le prends,
33:14tu vois.
33:15Mais c'est vrai que parfois,
33:16moi,
33:16ça m'est arrivé deux fois
33:17où journée,
33:18pas ouf,
33:19voilà,
33:20comme on peut tout savoir,
33:21les enfants,
33:21les trucs,
33:21les bordels.
33:23Et oui,
33:23tu passes de...
33:24Ma femme me l'a dit,
33:24elle m'a dit,
33:25tu passes de...
33:25T'as envie de tuer tout le monde
33:27à...
33:28Très spécial.
33:28Ouais.
33:29Mais je le fais avec bonheur.
33:31C'est pas du fake.
33:31Je suis content de le faire.
33:32t'es sincèrement content.
33:33Et après,
33:33je re-rentre dans ma bulle de...
33:35Bon,
33:35bah voilà.
33:35Mais finalement,
33:37tu te dis,
33:37bon,
33:37ce truc-là a un peu rallumé,
33:38tu te mets du baume au cœur,
33:40tu te dis,
33:40bon,
33:40écoute,
33:41allez,
33:41relativisons,
33:42on arrête de s'énerver.
33:42Et à la maison,
33:43elle te met pas des taquets après ?
33:45Non,
33:45elle me le dit tout de suite
33:46devant la personne.
33:47C'est vrai.
33:48Il y a deux minutes.
33:48Non,
33:49je plaisante.
33:49Mais non,
33:50non,
33:50mais elle me l'a dit,
33:50oui.
33:51Ça m'est arrivé deux fois,
33:52je te dis,
33:52et c'est un peu spécial,
33:53mais bien sûr que tu le fais
33:54parce que la personne
33:56prend du temps pour toi,
33:57donc tu te dois au moins
33:58de la remercier
33:58et si elle veut une photo,
33:59tu la fais.
34:00Et ce qui est aussi un peu,
34:01moi,
34:01ce qui m'interroge,
34:02c'est que quand on fait de l'humour,
34:04j'imagine ce qui doit être
34:06parfois fatigant
34:07ou peut-être pas,
34:08c'est qu'on attend de toi
34:09que tu sois drôle tout le temps.
34:11Est-ce que ça,
34:11c'est,
34:12j'ai envie de dire chiant,
34:13c'est encore un mot,
34:20il y a toujours un mec
34:21qui te dira
34:21fais-moi rire
34:22ou fais-moi une blague.
34:23Mais bon,
34:24ça c'est un peu passé,
34:25ces gens-là sont en train de,
34:26c'est des gens
34:27qui appartiennent à une espèce
34:29qui est en train de mourir,
34:30donc je suis assez heureux.
34:31Ça s'appelle les lourdingues,
34:33qui sont lourdingues avec tout,
34:34les humoristes,
34:35les femmes,
34:36même les courgettes,
34:36ils peuvent être relous
34:37avec une courgette,
34:38vraiment les casse-couilles.
34:39Donc ça,
34:39ça s'éteint un peu,
34:41mais non,
34:41je n'ai pas trop pâti de ça.
34:44Après,
34:44il se trouve que l'entourage que j'ai,
34:46que ce soit Ben,
34:50et on peut même être lourd,
34:51tu vois.
34:52On est là,
34:52la table à la terrasse de café
34:54ou au resto,
34:54les gens se retournent
34:55et sont vraiment casse-couilleux.
34:57Genre,
34:57ils parlent trop fort, quoi.
34:58Oui.
34:58Nous,
34:58on a vraiment eu des,
35:00dans le train,
35:01là,
35:02moins parce qu'on grandit,
35:03mais on a eu des gens
35:04qui se sont levés dans des restos
35:05en nous disant,
35:05s'il vous plaît.
35:06Et on l'a très mal pris
35:07parce qu'en fait,
35:08on est là pour kiffer,
35:09tu vois.
35:09Alors,
35:09on ne prend pas une place folle
35:11à faire chier tout le monde,
35:12mais c'est vrai qu'on rit,
35:13on se raconte des conneries
35:19parce que c'est
35:20beaucoup d'imitations,
35:21de sketch que tu as fait.
35:23Est-ce qu'on peut rire de tout ?
35:24Il faut te dire
35:25que l'humour,
35:25c'est de la tragédie.
35:27Renverser à l'envers
35:27pour qu'on en rigole.
35:28C'est pour ça qu'on rigole.
35:29Parce que ça nous tape
35:30en disant,
35:30ah ah, putain, oui,
35:31oh là là,
35:32quelle horreur.
35:32Mais non,
35:33je n'irai pas dans les trucs
35:33que je ne connais pas.
35:34Donc, je pense qu'on peut rire de tout
35:35à partir du moment
35:37où on sait de quoi on parle.
35:38Moi, je pense que ça fonctionne bien
35:40parce que je suis sincère
35:41et je ne parle que de trucs vécus
35:43ou qui sont incarnés en moi.
35:46Je ne défends pas les textes
35:47d'un auteur ou d'un mec.
35:48Bien sûr.
35:48Tu vois, ça peut.
35:50Tu travailles avec des auteurs
35:50qui t'amènent dans des coins,
35:52dans des vannes
35:52et tu te dis,
35:52putain, ouais,
35:53mais ce n'est pas mon truc.
35:54Parce qu'on a reçu ici
35:56Mathieu Madénian
35:57avec qui j'ai posé la même question
35:58parce qu'il a bossé pour Charlie aussi.
35:59Tu vois, c'était intéressant.
36:01Et lui, il disait,
36:01on peut rire de tout
36:02si on est drôle.
36:03C'est vachement dur.
36:04Tu vois, tu te dis,
36:05ok, il faut...
36:06Ouais, déjà, il a raison.
36:07Le premier truc,
36:08c'est qu'il faut que ça soit drôle.
36:08Il faut que ça soit drôle.
36:09Parce que même si c'est gênant,
36:11malaisant
36:11ou ça te prend un peu,
36:13si c'est drôle, c'est drôle.
36:14Oui, ça passe.
36:15Le rire, il sort en fait.
36:15Ouais, ouais, ouais.
36:16Et tu le vois d'ailleurs
36:17sur les humoristes
36:18qui font ce genre de sujet
36:19qui change un peu les choses,
36:20qui change la donne,
36:21qui bouge les trucs.
36:22Ça rit parce que c'est très bien fait.
36:24Mais moi,
36:26moi, j'irais...
36:27Enfin, peut-être que pareil,
36:28je changerais.
36:29J'ai mis des chaussettes jaunes.
36:30Donc peut-être qu'on se revoit
36:31dans un an
36:32et je fais un spectacle
36:33sur des trucs un peu petits.
36:34Sur un peu sinistre.
36:35Mais pour l'instant,
36:36ce n'est pas l'objectif.
36:37C'est quoi tes projets, du coup ?
36:39Donc là,
36:39quelles sont tes actus ?
36:40Parce que donc,
36:41quand même,
36:42c'est aller vite.
36:432018, premier film.
36:442021,
36:45tu joues ton spectacle.
36:46Ouais.
36:48Tu tournes en 15, Zénith.
36:49Ouais.
36:502024,
36:5114 jours pour aller mieux,
36:52tu en as parlé.
36:532025,
36:53trois films.
36:54Ouais.
36:54C'est quand même prolifique.
36:55Ouais, c'est très cool.
36:56C'est génial.
36:57Et là, tu fais quoi ?
36:58Donc on est en 2026.
37:00Là, oui, 2025.
37:00C'est quoi les actus pour l'année ?
37:03Les chasses gardées d'eux sont sorties.
37:05Je viens de tourner un film
37:06qui a commencé début novembre
37:07avec Christian Clavier,
37:08François Berléand,
37:09Elsa Zilberstein,
37:11Sarah Stern,
37:11Victor,
37:12Mottelet et Jérémy Leurth
37:13qui s'appelle
37:15Avis de Tempête.
37:16C'est un film
37:16de l'adaptation
37:17d'une bande dessinée
37:18qui s'appelle
37:19Ministre et la Joconde
37:20d'une histoire vraie.
37:21Le jour où André Malraux,
37:23premier ministre de la culture,
37:24amène la Joconde au Kennedy
37:25pendant les tensions avec Cuba
37:26où il a failli y avoir
37:27une troisième guerre mondiale.
37:29Et Malraux arrive
37:29à sortir la France
37:30du guépier
37:32et un peu du cul
37:33entre deux chaises
37:34qu'elle est en train de faire
37:35parce qu'ils ne savent pas
37:37s'ils vont s'allier
37:37ou pas avec les Etats-Unis.
37:39Et les Etats-Unis
37:40prennent un peu mal
37:41la non-réponse de De Gaulle.
37:43Du coup, De Gaulle dit à Malraux
37:44« Oui, va amener la Joconde
37:47à Jackie Kennedy
37:48qui l'aime beaucoup
37:50pour faire une démonstration
37:53de la France
37:54vous offre le plus beau joyau
37:57de l'art mondial
37:59et vous montre
38:00à quel point
38:01elle crée un nouveau pont
38:02comme elle l'a fait
38:03avec la Statue de la Liberté
38:04grâce à la Joconde.
38:05Alors, je ne te dis pas
38:06que tout ça pèse grâce à ça
38:07mais c'est quand même
38:07un fait historique assez fou
38:09et surtout transporter
38:10la Joconde
38:10dans un bateau
38:11qui est le France
38:11juste dans une caisse en bois.
38:13C'est-à-dire que le truc
38:13qui coule,
38:14on n'a plus la Joconde en fait.
38:15Donc vraiment,
38:16équipe de fous furieux
38:17sur un bateau
38:18pour aller à New York.
38:19Le film est extraordinairement marrant
38:21et très premier degré aussi
38:23parce qu'il y a un risque
38:23quand même de la perdre.
38:25Il y a pas mal de gens
38:26qui vont vouloir la voler.
38:27Donc c'est une traversée
38:29complètement folle.
38:29C'est un Titanic français quoi.
38:31Et je tourne là.
38:32Il n'y a pas de réseau 2
38:33parce que le premier
38:33a fait un succès
38:34à partir du mois d'avril
38:35et on fait une pièce de théâtre
38:37avec Jean-François Quéré.
38:39D'ailleurs,
38:39j'aurais dû commencer
38:40par Charlotte Gabris
38:41qui est extraordinaire.
38:43Une Suissesse humoriste
38:44qui a fait télé, cinéma
38:46et qui a un talent fou.
38:47Vous écrivez à deux
38:48ou vous jouez à deux ?
38:48On a fait écrire la pièce
38:50par des vrais auteurs de théâtre
38:51et on joue à quatre sur scène.
38:54On est donc Charlotte Gabris,
38:55Jean-François Quéré,
38:56Camille Combal
38:57qui va se mettre sur scène
38:58pour la première fois,
38:59qui rêve de ça
38:59depuis des années
39:00et avec qui on est amis
39:01et mon producteur et moi
39:04et moi-même.
39:05Et cette pièce
39:06va s'appeler La Lettre
39:06et on commence
39:07au Casino de Paris
39:08fin décembre 2026.
39:10Donc théâtre d'abord
39:11puis cinéma.
39:12Oui.
39:12Toi, t'es plus théâtre
39:13ou cinéma ?
39:14Moi, j'adore les deux
39:15et je commence à avoir
39:16énormément de confort
39:17à faire du cinéma
39:18et du plaisir aussi.
39:19Donc, il ne faut pas trop
39:20que je m'enferme là-dedans
39:21parce que j'adore la scène.
39:23Mais là où je vais
39:24peut-être sortir
39:27et vraiment ranger tout
39:28dans une armoire,
39:29c'est le One Man.
39:29j'en ferai peut-être un autre
39:32mais j'ai envie
39:33de faire du théâtre maintenant.
39:34J'ai envie d'être
39:34avec une distribution
39:35sur scène,
39:36plus tout seul.
39:37J'ai envie de raconter
39:38des histoires,
39:39j'ai envie de faire rire
39:39à plusieurs.
39:41Je n'ai plus envie
39:42d'être tout seul.
39:43Pourquoi ?
39:43Parce que le cinéma
39:44m'a montré
39:44que les faits de bande
39:45et j'avais connu ça
39:46un peu avant
39:46de faire du One Man
39:47avec une petite bande
39:48qu'on avait créée
39:49du Courciment
39:49où j'étais.
39:50On avait joué un an
39:51d'une pièce
39:51qui s'appelait
39:521, 2, 3, Sardines.
39:53Le titre n'est pas évocateur
39:54du tout
39:54mais la pièce
39:54était super sympa.
39:56On était 5 sur scène.
39:57On s'est éclaté
39:58et moi là où j'étais
39:59à aucun spectateur
40:01dans mon One Man Show
40:02à l'époque,
40:02la pièce était remplie
40:03tous les soirs.
40:04On a fait un an
40:04à guichet fermé
40:05dans une petite salle
40:06mais juste par bouche à oreille
40:08de ce petit boulevard
40:09sympa tenu par des petits jeunes
40:10qui sortaient d'un cours de théâtre.
40:12Et ça m'a donné
40:13un truc,
40:14j'étais tellement content
40:15d'y aller le soir
40:15à plusieurs.
40:16T'es en loge,
40:17tu te motives,
40:18en plus tu te cueilles
40:19sur scène
40:20parce que tu rajoutes,
40:20t'enlèves des trucs.
40:21Alors il ne faut pas faire
40:22trop le con avec le texte
40:23mais tu peux t'amuser.
40:24Oui, tu t'amuses.
40:24Et le cinéma
40:25m'a encore plus donné ça
40:27où c'était cette espèce
40:28de truc de bande
40:30où il y a beaucoup d'attente
40:31quand même dans le cinéma.
40:32Moi, au théâtre
40:33où tu arrives,
40:33tu joues,
40:33tu rentres.
40:34Comme un peu
40:35le spectacle One Man
40:36mais les deux,
40:38j'aime bien la scène.
40:39Mais tu resterais
40:40dans l'humour quand même.
40:42Oui, oui.
40:42Après, moi là aujourd'hui,
40:43j'ai envie de faire rire,
40:44tu vois.
40:45Pareil,
40:46comme tu dis,
40:47j'ai appelé ma fille Nikita,
40:48j'ai mis des chaussettes jeunes,
40:49on est toujours au même point.
40:51Je suis curieux
40:51et on changera sûrement.
40:54Donc si on m'amène
40:54dans un film d'horreur
40:55ou un film policier
40:58ou d'aventure,
40:58tu vois,
40:59et que le film me plaît
41:00et qu'on a envie
41:01de travailler avec moi,
41:02ça va me séduire.
41:03Je vais m'y intéresser
41:04et si je me sens,
41:06j'irai sûrement.
41:07Tu dis tous les matins,
41:08je suis heureux quand je me lève,
41:09je suis heureux de bosser.
41:10Oui.
41:11Est-ce qu'il peut exister
41:12une forme de lassitude ?
41:13Est-ce qu'à un moment,
41:13on peut aussi craquer ?
41:14Parce qu'il y a aussi
41:15des comédiens
41:15qui font des burn-out,
41:17des musiciens.
41:18Pareil,
41:18là aussi,
41:18on a reçu ici Camaro,
41:19tu vois,
41:20qui nous racontait
41:21qu'au sommet de son truc,
41:23en fait,
41:23il craque.
41:24C'était trop.
41:25Est-ce que tu sens
41:26que ça peut t'arriver ?
41:26Est-ce que ça t'est déjà arrivé ?
41:28Ça m'est arrivé
41:28parce qu'au sommet du truc,
41:30tu vois,
41:30même dans le One Man,
41:31là,
41:31dans les années 2022
41:33jusqu'à 2024,
41:34vraiment,
41:35le climax,
41:35où là,
41:36vraiment,
41:36j'enchaîne beaucoup de zénith,
41:37il y a les films,
41:38il y a tout.
41:39En fait,
41:39tu commences à te dire
41:40« Putain,
41:40c'est trop bien,
41:42t'es devant un buffet,
41:43tu manges,
41:44tu prends tout. »
41:46Et en fait,
41:46ton corps,
41:46il te dit
41:46« Ben non, mec,
41:47t'es ni Iron Man,
41:50ni Hulk,
41:50donc on va s'arrêter. »
41:52Et moi,
41:52j'ai fait un zona,
41:54donc,
41:55tu vois,
41:55c'est pas mental,
41:56je vais m'éclater,
41:56mais juste,
41:57je suis fatiguée,
41:57parce que le sommeil
41:58était très important,
41:59tu passes de ville en ville,
42:00t'es en voiture
42:01et tu te rends pas compte
42:01parce que tu kiffes et tout.
42:03Et puis,
42:03l'hygiène de vie,
42:04tu vois,
42:04moi,
42:04je suis jeune,
42:05on va au resto,
42:06on clope,
42:06on boit des coups.
42:08Puis en fait,
42:08non.
42:09Enfin,
42:10tu vois,
42:10la vie te le montre.
42:11Donc,
42:11c'est pas grave,
42:12un zona,
42:12mais c'est juste une petite alerte
42:13pour te dire
42:13« Attention,
42:14petit bonhomme,
42:15fais une pause. »
42:17Donc,
42:17j'ai fait une pause de deux mois
42:18au moment où vraiment,
42:19c'était le max,
42:20tu vois.
42:20Et cette pause m'a permis
42:21de vraiment me reposer
42:22et je suis reparti.
42:23Et après,
42:24à partir de ce moment-là,
42:25j'ai fait la même densité,
42:27mais différemment.
42:28J'ai fait,
42:29comme le film,
42:30là,
42:30de DiCaprio,
42:34où on habite,
42:35on fait le podcast
42:36avec Alexia,
42:37derrière,
42:37on enchaîne ça.
42:38En fait,
42:38c'est pas bon de faire ça.
42:40Mais comme t'en as toujours rêvé de ça,
42:41tu le fais.
42:42Bah,
42:42tu bouffes aussi du truc
42:43le moment,
42:44je te comprends.
42:44ça fait dix piches
42:45que je suis comme un blaireau,
42:47là,
42:47à attendre que ça m'arrive.
42:48Maintenant,
42:48ça m'arrive.
42:48Maintenant que ça marche.
42:49Et là,
42:49je vais faire le mec qui pinaille.
42:50Je vais dire non à des producteurs,
42:51je vais dire non à un casting,
42:53je vais dire non à...
42:54Ouais,
42:54on vous veut dans ce film-là,
42:56sous prétexte que quoi ?
42:57J'ai besoin de dix jours de pause.
42:58Bah non,
42:58je vais pas les prendre
42:58et je vais le faire.
42:59Et tu vas le faire bien,
43:01mais tu vas te...
43:02Mais t'arrives à trier du coup.
43:04Maintenant,
43:04maintenant,
43:04ouais.
43:05Mais c'est pas...
43:06Avant,
43:06c'est que je savais pas dire non.
43:08Maintenant,
43:09en fait,
43:09t'as peur de dire non
43:10parce que c'est périlleux.
43:10Tu dis,
43:11si je dis non,
43:11ce mec-là ne me rappellera plus jamais.
43:13Et si je dis non,
43:15les gens ne viendront plus dans la salle.
43:16Et si je dis non,
43:18bah lui,
43:18il me reprendra plus sur un film.
43:20Alors que tout ça,
43:21c'est que ton cerveau
43:22qui te fait un lavage de cerveau
43:24justement en te disant
43:25c'est une peur enfouie en toi
43:27qui te dit
43:29un truc qui est complètement faux.
43:30Donc,
43:31tu réorganises aussi ta carrière
43:33et en termes de vie de famille,
43:34tu me le disais,
43:35là,
43:36par exemple,
43:36on avait fixé l'horaire aussi
43:37pour que tu puisses aller chercher ta fille.
43:39Ça,
43:39c'est aussi un truc des nouvelles générations.
43:41C'est-à-dire que là,
43:41tu te dis,
43:42moi,
43:43mes parents,
43:43ils ont bossé comme des dingues.
43:44Les mions aussi d'ailleurs.
43:46Mais moi,
43:46j'ai envie de faire différemment.
43:48Il y a aussi ça
43:49dans ton organisation de vie
43:50et dans ton équilibre.
43:51bon,
43:52après,
43:52il faut aussi pouvoir manager son planning.
43:54Moi,
43:54j'ai la chance aujourd'hui
43:55de faire comme j'ai envie.
43:56Sauf quand je pars sur un tournage
43:58ou des tournées
43:58où je dois être à telle heure,
44:00à tel endroit.
44:03Mais la chance que j'ai,
44:04c'est que j'ai des périodes
44:05où je suis là,
44:05tu vois.
44:06Et moi,
44:06comme je suis beaucoup parti
44:07et que ma fille,
44:08là,
44:08elle grandit,
44:08elle commence pas à m'en vouloir
44:09mais à comprendre
44:10que papa,
44:10il part souvent
44:11et longtemps.
44:12Quand je suis là,
44:13je peux pas,
44:13à 16h20,
44:14quand elle sort,
44:15dire à ma meuf,
44:16non,
44:17mais là,
44:17je veux boire des coups.
44:19Déjà,
44:19j'en ai pas envie
44:19et puis j'ai envie
44:20d'être avec ma fille,
44:21quoi.
44:21Ouais,
44:21c'est ça.
44:22Donc,
44:23et puis je pense que nos parents
44:24auraient pu le faire.
44:25C'est juste qu'ils se disaient,
44:27attends,
44:27mon père,
44:28il a jamais fait ça,
44:29donc moi,
44:29je le fais pas.
44:30C'est des réflexions de gros cons,
44:31ça,
44:31en fait.
44:32Ma femme le fera,
44:33en fait.
44:33Puis elle le fera à bouffer
44:34et puis c'est bon,
44:35elle va s'en occuper.
44:35Moi,
44:35je finis à 18.
44:36C'est des réflexions de gros cons.
44:39Donc,
44:40je dis pas que mon père
44:41était un gros con,
44:42il a grandi comme lui,
44:43après il a évolué.
44:44Mais mon père,
44:44aujourd'hui,
44:45il a un prisme sur ma vie
44:46qui est,
44:48il trouve ça très étonnant,
44:49tout.
44:50C'est vrai ?
44:51Oui.
44:52Mais quoi,
44:52genre que t'as changé une couche ?
44:54Tu vois,
44:55faire à bouffer,
44:56c'est encore toi qui la gardes.
44:58Mais c'est pas méchant,
44:59c'est le prisme
45:01dans lequel il a grandi
45:02et tu peux pas faire évoluer ça
45:04parce que c'est marqué.
45:06C'est comme les générations d'avant,
45:08c'est les visiteurs,
45:09en fait.
45:09Qu'est-ce que tu vas faire comprendre
45:11à quelqu'un
45:11qu'il y a un téléphone portable
45:13qui existe
45:14et que tu peux appeler
45:15en deux secondes quelqu'un
45:16au lieu d'aller faire
45:16800 bornes à pied
45:17avec un cheval ?
45:18Ben non,
45:19il comprendra pas lui.
45:20C'est évident.
45:21Donc,
45:21on est là-dedans.
45:21C'est juste que ça évolue
45:22et c'est super,
45:23il faut vivre avec son temps aussi.
45:26Moi,
45:26tu vois,
45:26j'ai appris à évoluer aussi.
45:28Là où le gros con
45:30des années 2000
45:31pourrait dire
45:31« Ah,
45:31tout le monde à Paris,
45:32j'en ai rien à bronner,
45:33il n'y a que des gros connards à Paris. »
45:34Ben non,
45:35il n'y a pas que des gros connards à Paris
45:36et Paris,
45:36c'est super
45:37et Paris,
45:37ça m'a appris énormément de trucs
45:39et ça m'a donné envie de voyager,
45:40de me cultiver,
45:41d'aller dans des musées,
45:43de rencontrer des gens fabuleux,
45:45de me heurter aussi
45:46à des trucs très compliqués
45:47qui ont fait de moi
45:48ce que je suis
45:48et c'est super.
45:49On arrive à la fin
45:50de cet entretien.
45:51Je demande toujours à la fin
45:52aux gens que je reçois
45:54un petit mot,
45:55un truc au vu
45:55de tout ce qu'on s'est dit.
45:56Ce que je trouve assez sympa
45:58dans ton parcours,
45:58c'est que tu grandis
45:59à Saint-Emilion,
46:01tu n'es pas bonne élève
46:02et puis tu fais marrer tout le monde
46:03et puis tu y crois en fait.
46:04C'est ça qui est génial.
46:05Mais c'est plus fort,
46:06c'est bizarre ce truc-là.
46:08Est-ce que toi,
46:08quand tu as changé de vie,
46:09tu as eu cette voix
46:10qui t'a dit...
46:10C'est plus fort que moi.
46:12Je ne peux pas t'expliquer.
46:13En fait,
46:13c'est très prétentieux de ma peur
46:15ce que je vais dire
46:16mais moi,
46:16quand j'étais jeune,
46:17j'imitais les trucs
46:18que je voyais à la télé,
46:19donc les rappeurs.
46:19Moi, c'était ma cam
46:20et j'écoute beaucoup de rap
46:22devant le...
46:22Tu vois,
46:23ce reflet de la vitre
46:23avec le soleil
46:24où tu te vois.
46:25Je me souviens toute ma vie.
46:26les fenêtres de ma chambre
46:27en train de faire ça
46:27et je m'endormais la nuit
46:29mais ce n'est pas du tout
46:30de l'ego.
46:31Je m'endormais la nuit
46:32et je me voyais sur scène
46:34avec énormément de gens
46:35devant moi
46:35qui riaient à mes conneries.
46:37Je ne peux pas t'expliquer
46:38comment et pourquoi.
46:40Mais tu crois...
46:40Pardon,
46:40tu crois au petit côté médium ?
46:43Enfin, tu vois ?
46:43Oui, mais ça,
46:44je ne le savais pas.
46:44J'étais trop petit.
46:46Tu ne crois pas que tu avais un...
46:46Il y a un truc de visualisation.
46:48Tout le monde parle de ça,
46:48tu vois.
46:49Non, mais je ne sais pas
46:50que tu as eu un flash.
46:52Je ne sais pas.
46:53En tout cas,
46:53c'est des souvenirs marquants de ça
46:56où je dormais
46:57et mes rêves,
46:58c'était ça.
46:58Je ne savais plus
46:59ce que je disais
47:00parce que je ne m'entendais pas,
47:01tu vois,
47:01mais je me vois faire...
47:02Et des gens...
47:04Des bruits de fous.
47:06C'est génial.
47:06Alors,
47:07est-ce que c'est
47:08des espèces d'électrochocs,
47:10des DVD que je regardais,
47:11tu vois,
47:12de Gad,
47:12de Jamel et tout ça ?
47:14Tu vois,
47:14tu as des trucs
47:14comme quand tu regardes un film,
47:15tu as des prises la nuit
47:16où je me voyais à leur place,
47:18tu vois.
47:19Je ne sais pas,
47:19mais en tout cas,
47:20c'est très marquant ça.
47:23Peut-être,
47:23j'imagine des jeunes
47:25qui ont les mêmes envies que toi
47:27ou ça peut être autre chose.
47:29Tu dis ce que tu veux,
47:30mais sur quoi tu as envie de conclure ?
47:31En tout cas,
47:32moi,
47:32ce qui m'a marqué
47:33dans ce que tu m'as dit,
47:33c'est vraiment cette vision,
47:35cette vista,
47:36tu vois,
47:36tu te dis,
47:37j'y vais et tout.
47:38Ou est-ce qu'il y a autre chose
47:39peut-être dans ta carrière ?
47:41J'ai trouvé,
47:41je crois que si,
47:43c'est comme ce que tu as fait,
47:44tu as changé de vie.
47:45Si tu es partie prenante,
47:47c'est-à-dire
47:47toute ton âme,
47:49ton corps,
47:49ton cerveau
47:51a envie de faire quelque chose,
47:53à ne pas le faire.
47:54Après,
47:55si tu ne le fais pas,
47:55c'est des fausses excuses.
47:57Ouais,
47:57mais je n'y arriverai pas.
47:58Ouais,
47:58mais en fait,
48:00peut-être que tu ne vas pas
48:01y arriver tout de suite,
48:02mais tu vas forcément
48:04déclencher quelque chose
48:05qui va se passer bien.
48:06Après,
48:07bon,
48:07il faut le faire.
48:07Il faut aller...
48:09Il faut bosser, quoi.
48:10Voilà,
48:10se mettre en avant.
48:11Si tu veux devenir cuistot,
48:13rentrer,
48:13ouvrir les portes d'une cuisine
48:14et dire,
48:14je veux faire ce métier.
48:16Donc,
48:16c'est croire en soi,
48:17foncer.
48:19Avoir un peu d'audace,
48:20quoi,
48:20et de l'audace.
48:22Et puis,
48:22avoir un peu d'ego,
48:23quand même,
48:23parce que c'est pas...
48:24L'ego,
48:25c'est pas mauvais.
48:26Ah bah non,
48:26c'est pas mauvais.
48:27L'ego,
48:27c'est vraiment un gilet de pare-balles
48:29de se dire,
48:30ouais, ouais,
48:30super,
48:30ne vous inquiétez pas,
48:31tu vois.
48:32C'est pas méchant de dire ça à quelqu'un.
48:33C'est juste lui dire,
48:35ne bougez pas,
48:35parce que moi,
48:35vraiment,
48:36j'ai de la route, quoi.
48:37Ah,
48:37c'est génial.
48:38Voilà.
48:38Donc,
48:38croire en soi,
48:39nourrir son ego,
48:40parce que c'est panace non plus
48:41et sa porte.
48:42Ouais,
48:42c'est ça.
48:43Et de l'audace.
48:44De l'audace,
48:45Ça,
48:45j'adore.
48:45Merci d'être venu.
48:46Mais merci pour tes mots au début,
48:47quand on s'est rencontré,
48:48ça m'a beaucoup touché
48:48et je suis très heureux d'être là.
48:50Bah,
48:50merci à toi.
48:50Et longue vie au podcast
48:52et à toi et à tous tes projets.
48:53Et à tous Wander,
48:54si tu cherchais le nom du podcast.
48:55Non,
48:55mais je savais qu'on était des Wander,
48:57mais je savais pas qu'on l'était tous.
48:58On est tous Wander.
49:00Merci.
49:00Et pour tout le monde,
49:01tous Wander,
49:02tous ceux qui nous regardent,
49:03c'est en tout cas,
49:04tous les mardis.
49:05Merci.
49:06Moi,
49:06je suis là.
49:07C'est tous les mardis
49:08et je vous dis donc à mardi prochain.
49:10Salut.
49:10Ciao.
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