00:00Mathieu Bocoté, Christophe Barbier, le célèbre éditorialiste qu'on est bien,
00:05a osé déclarer une phrase qui fait débat.
00:09La République est au-dessus de la démocratie, dit-il.
00:12Il faudra se dresser contre une élection qui menacerait la République.
00:18Comment vous comprenez cette phrase, une phrase qui étonne plus d'un ?
00:23Alors, c'est prononcé dans le cadre de l'émission Figaro la nuit, le 11 avril.
00:27J'ai l'heure dit, la République est au-dessus de la démocratie.
00:30Il faudra se dresser contre une élection qui menacerait la République.
00:34Alors, Christophe Barbier, ce n'est pas n'importe qui, vous l'avez dit, c'est un homme de qualité.
00:37Et c'est un peu l'éditorialiste officiel de l'extrême-centre.
00:41C'est l'éditorialiste officiel après Duhamel.
00:44On pourrait dire que c'est lui qui porte le relais de la parole de l'extrême-centre,
00:48de le parti de la raison, le parti des raisonnables.
00:50Donc, lorsqu'il parle, il ne fait pas que confesser les états d'âme personnelles.
00:54Il exprime l'état d'esprit d'un milieu.
00:57Donc, qu'est-ce qu'il nous dit ici?
00:59Il nous dit, si on est dans une élection qui met en danger la République,
01:03cette élection est illégitime.
01:04Il le dit à un an de 2027.
01:07Il le dit à un an de 2027.
01:08Quelle référence historique donne-t-il pour justifier son propos?
01:11Adolf Hitler. Surprise.
01:13Donc, il nous invite spontanément à penser 2027 à la lumière d'Adolf Hitler en 1933.
01:19Pour ensuite rétro-pédaler, en nous disant qu'il ne parle pas de 2027 ici.
01:24Que Bardella est-il vraiment un ennemi de la République?
01:26Pas vraiment.
01:26Ça reste à voir, mais quand même vérifions.
01:29Il nous donne trois exemples pour savoir ce que veut dire être un ennemi de la République.
01:32Abolir la monarchie, mettre des gens dans des camps et avoir un peuple dans une situation de détresse socio-économique
01:38telle qu'il se tourne vers les extrêmes.
01:40Ça devient compliqué ici.
01:41Ce que je comprends, c'est que la République, chez lui, c'est un principe théocratique.
01:46Vous savez, ailleurs dans le monde, il y a des gardiens de la Révolution.
01:48Et ici, il y aurait comme des gardiens de la République.
01:50C'est-à-dire la République qui transcende la démocratie.
01:52Et encore, je voudrais savoir qui sont les interprètes officiels, les théologies officielles de la République.
01:57Qui sont ceux qui connaissent la République à un point tel?
01:59Qui les permet ensuite de se débarrasser de la volonté du peuple si le peuple votait mal, selon ce que
02:04nous disent les gardiens de la République?
02:07Alors, il va plus loin.
02:08Il nous dit que se passe-t-il si cette démocratie en vient à toucher la République?
02:12Il y a deux options.
02:13Il nous dit qu'il y a la possibilité de l'exil individuel, une éthique individuelle de l'insoumission.
02:18Je refuse de pouvoir, je m'extrais du peuple.
02:20Alors ça, c'est toujours respectable. Il est toujours possible d'être un dissident chez soi.
02:24Mais je me permets d'entendre autre chose dans son propos.
02:26Puisque c'est un auditorialiste reconnu qui appartient au milieu du pouvoir,
02:30je ne peux m'empêcher d'y voir une forme de conditionnement de l'opinion.
02:33C'est-à-dire un message envoyé.
02:35Si on vote pour les mauvais, pour les méchants, les populistes ou les extrêmes, les extrêmes ou les populistes,
02:40il sera dès lors légitime de suspendre une élection qui remettrait en question quelque chose de plus important que la
02:47souveraineté populaire,
02:47que la volonté du peuple, la République telle qu'il l'entend.
02:51Je crois que notre homme ici, Christophe Barbier, fait moins une confession personnelle.
02:56Il témoigne moins d'une inquiétude qu'il ne se fait le porte-parole d'un milieu,
03:00le porte-voix d'une caste qui, à travers lui, annonce son programme.
03:05La démocratie, oui, mais pas à tout prix.
03:07Si vous votez mal, pas de démocratie.
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