00:02Merci Mélanie, bonjour à tous, bonjour Clémentine Autain.
00:05Bonjour.
00:05Interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs, pompe à chaleur, voiture électrique.
00:10Le Premier ministre a dévoilé donc son plan anti-crise énergétique hier.
00:14On imagine que l'écologiste que vous êtes ne peut qu'applaudir dès demain ce plan du Premier ministre.
00:19Moi ce que je retiens c'est le décalage entre des grands mots et la misère des annonces.
00:24D'un côté agir, prendre des mesures structurantes, planifier et de l'autre rien, le vide.
00:32Notamment sur l'urgence aujourd'hui pour les Françaises et les Français qui est le prix à la pompe
00:37qui devient délirant, plus de 2 euros le litre de carburant.
00:41Et là M. Lecornu regarde ailleurs avec un budget qui est un budget inchangé.
00:45C'est-à-dire que vous regrettez qu'il n'y ait pas de mesures d'urgence là pour demain
00:48pour le quotidien des Français ?
00:49Oui, notamment parce que ce gouvernement ne veut pas s'en prendre, mettre à contribution les profiteurs de crise.
00:56Je voudrais signaler que 5 pays européens ont annoncé qu'ils voulaient...
01:00Dont l'Allemagne et l'Espagne.
01:00L'Allemagne, l'Espagne, le Portugal et d'autres ont annoncé qu'ils voulaient taxer les super bénéfices des entreprises
01:07pétronielles.
01:08Que fait le gouvernement ?
01:10Il doit y réfléchir à ce stade à l'Assemblée, il disait c'est dans les tuyaux, on va voir.
01:14Non mais ce n'est pas le moment de réfléchir, ça fait des semaines que les Français n'en peuvent
01:16plus.
01:16Les classes moyennes, les classes populaires ne peuvent pas être les vaches à lait d'entreprises comme Total qui font
01:23des bénéfices incroyables, indécents et qui en plus ne paient même pas d'impôts en France.
01:28C'est ça le scandale.
01:29Donc par la justice fiscale, on pourrait mettre dans le budget de l'argent pour électrifier.
01:35Je partage l'objectif.
01:37Oui, les mesures de long terme.
01:38Je partage.
01:385 à 10 milliards d'euros, c'est-à-dire qu'on double les aides à l'électrification.
01:42Et on les prend où ces 5 milliards ? Monsieur Lecannu nous a expliqué que c'était à budget constant.
01:46Où est-ce qu'il va sabrer ?
01:48C'est ça le sujet.
01:48Vous demandez aujourd'hui où sont les coupes ?
01:50Voilà.
01:50Et l'objectif, moi je partage, il faut être arrêté cette dépendance aux énergies fossiles.
01:57Il y a un défi climatique à relever.
01:59Il y a aussi cette urgence sociale d'aider les ménages à pouvoir faire face à tous ces défis.
02:05Et pourtant, ce que je vois, ce que je retiens, c'est qu'il n'y a rien, strictement rien,
02:10sur la rénovation énergétique.
02:13Alors qu'on a une baisse des aides à l'isolation des bâtiments.
02:16On n'a rien sur la sobriété.
02:18On n'a rien sur les transports en commun qu'il faudrait mettre sur la route.
02:22Il y a des choses sur les pompes à chaleur, il y a des choses sur les utilitaires et les
02:25pôles lourds électriques.
02:25Non, non, écoutez, les pompes à chaleur.
02:27Mais attendez, les pompes à chaleur, je suis pour.
02:29C'est uniquement pour les logements neufs, les logements sociaux neufs à la bonne heure.
02:34Mais ça fait dix ans que la Macronie aurait dû déjà mettre en œuvre ces mesures pour des pompes à
02:39chaleur.
02:40Il faut bien commencer quelque part, Clémentine Autain.
02:41Je continue, rien encore sur le développement du rail et notamment son prix, rien sur les transports du quotidien, rien
02:48pour un plan vélo, rien.
02:50Et c'est pour moi le point le plus important sur l'outil de production et la planification, c'est
02:57-à-dire comment on va piloter.
02:59Et moi, je plaide pour un grand service public de l'énergie.
03:02Si on veut réellement faire cette électrification, il faut qu'on ait un pilote.
03:08Et l'État, pour moi, a perdu cet esprit public, a perdu aussi ses leviers.
03:13Et nous devons reprendre la main.
03:15On entend votre point.
03:16On va parler du 1er mai à présent avec cette proposition de loi du groupe Renaissance,
03:20qui fait beaucoup parler pour autoriser le travail de plus en plus de salariés, en gros, des fleuristes, des boulangers,
03:25par exemple, pendant ce jour férié.
03:27On va parler de ce qui s'est passé hier et ce qui se passera la semaine prochaine à l
03:30'Assemblée nationale.
03:30Mais sur le fond, qu'est-ce qui vous gêne profondément dans l'idée de dire que les volontaires pourraient
03:37être accompagnés,
03:38mieux rémunérés ce jour-là et travailler ?
03:40D'abord, le volontariat, c'est une plaisanterie, une mauvaise plaisanterie.
03:44Dans un monde où vous avez des gens qui sont pris à la gorge, les salariés concernés,
03:49c'est 1,5 million de personnes, en l'occurrence, qui travaillent chez Carrefour, chez Marie Blacher,
03:55qui vont être mobilisables le 1er mai.
03:58Il y a un rapport de subordination.
04:00Le monde du travail, ce n'est pas le monde des bisounours.
04:02Quand vous avez un patron qui vous dit que vous devez travailler,
04:06quand vous êtes en difficulté parce que la vie est chère, les prix explosent et que vous avez un bas
04:12salaire,
04:13ce sont surtout des femmes qui sont mal rémunérées, vous allez accepter le fait.
04:17Et si c'est bien encadré et si c'est payé double ?
04:20Si le droit ne vous protège pas les jours de repos, vous voyez bien qu'ils vont fondre comme neige
04:26au soleil.
04:26Moi, je tiens à nos conquêtes sociales, je suis pour le progrès humain et je n'accepte pas que ce
04:31gouvernement
04:32et la Macronie, qui reprend une idée de LR, qui est soutenue par le Rassemblement national,
04:37toutes les droites sont coalisées pour attaquer nos conquêtes sociales.
04:42Et qui est passée par une sorte de tour de passe-passe, effectivement,
04:42qui a lui-même rejeté son texte dans l'hémicycle hier et qui passera par ce qu'on appelle une
04:47commission mixte paritaire.
04:48Ils ont refusé le débat comme ils l'ont fait sur la loi Duplomb.
04:50C'est inacceptable ce qu'ils ont fait hier.
04:53C'est-à-dire qu'ils déposent un texte et ils déposent ensuite une motion de rejet de leur propre
04:58texte.
04:59Donc, du coup, on ne peut pas le discuter.
05:00Ensuite, ça va dans la tuyauterie qui met le Sénat, le gouvernement et l'Assemblée autour d'une table.
05:07Et donc là, les droites, ils sont majoritaires et ils font ce qu'ils veulent.
05:09Ça, ce n'est pas la démocratie.
05:11Une motion de censure est en discussion peut-être justement pour censurer le gouvernement lundi.
05:14Est-ce que vous appelez votre groupe à la voter ?
05:17Moi, j'y suis favorable et je comprends la colère, je la partage, des communistes qui disent que c'est
05:23inacceptable de s'attaquer en plus.
05:25C'est un symbole le 1er mai.
05:27Comprenez bien que c'est toute l'histoire du mouvement ouvrier.
05:30C'est un jour de mobilisation des travailleuses et des travailleurs.
05:33La CGT est extrêmement en colère.
05:35Mais tous les syndicats, tous les syndicats sont contre cette mesure qui, en plus...
05:40Qui parle d'un coup de poignard pour s'occuper.
05:42Exactement, parce que ça a un autre effet pervers.
05:44C'est qu'en fait, les artisans boulangers, ils peuvent déjà ouvrir le 1er mai.
05:47Et donc, en fait, ils vont être en concurrence avec les grandes surfaces, les chaînes, qui, elles, vont pouvoir ouvrir.
05:54Et donc, ce n'est pas bon en réalité pour les artisans et les petits commerçants.
05:58Dernier sujet aujourd'hui.
05:59Vous étiez annoncé aujourd'hui sur le programme d'un événement qui se déroule à Montreuil.
06:02Et on parle de l'unité de la gauche avec des figures de la gauche.
06:05Il y avait Olivier Faure, Raphaël Glucksmann.
06:07Mais finalement, vous n'en serez pas.
06:08Pourquoi ?
06:10Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud, Yannick Jadot.
06:12Quand j'ai dit oui, moi, je suis pour que nous discutions, et notamment du fond, avec toute la gauche.
06:17Parce qu'il y a un moment grave où l'extrême droite peut prendre le pouvoir dans notre pays.
06:22Et pourquoi vous ne vous faites porter pas, alors ?
06:23Et où l'union de la gauche est nécessaire.
06:25Mais vous avez remarqué, comme moi, que depuis un certain nombre de semaines,
06:29il y a une opération politique de gens qui veulent être des faux soyeurs de la primaire
06:35et donc de l'union des gauches et des écologistes.
06:37Vous visez qui ?
06:38Précisément, une partie de ceux qui sont autour de la table.
06:41Raphaël Glucksmann ?
06:42Raphaël Glucksmann ne veut pas de la primaire.
06:44Boris Vallaud ne veut pas de la primaire.
06:47Yannick Jadot non plus.
06:49Et ils ne nous disent pas quelle est la méthode qui va nous permettre de nous mettre d'accord.
06:54Un consensus organisé, propose par exemple Boris Vallaud.
06:59Vous n'y croyez pas ?
07:00Non, ce n'est pas que je n'y crois pas, c'est que je ne suis pas d'accord.
07:04Si l'idée, c'est qu'on se mette tous derrière un socialiste parce qu'il pense que PS is
07:10back,
07:11ça ne va pas se passer comme ça, je vous le dis, tranquillement.
07:14Il y a un décalage entre des appareils politiques qui représentent plus grand-chose,
07:18qui sont petits, même s'il y en a des plus gros que d'autres,
07:21et l'aspiration de l'écrasante majorité des électeurs et des électrices du nouveau Front populaire
07:26qui veulent l'Union, ils veulent une candidature commune en 2027.
07:31Ils sont 8 sur 10 à le vouloir.
07:33Et le 5 mai, nous aurons un meeting avec Marine Tourdelier,
07:38avec François Ruffin, avec Olivier Faure,
07:40pour dire qu'il nous faut une primaire des gauches et des écologistes.
07:43Malheureusement, le temps nous manque.
07:44Merci Clémentine Nottin d'avoir été ce matin dans l'équipe.
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