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Il a 33 ans et il est à la tête de la pépite française de l'intelligence artificielle, start-up aujourd'hui valorisée à plus de 10 milliards de dollars et qui entend défier les géants américains et chinois. Discret dans les médias, il interpelle aujourd'hui les politiques sur le risque d'un décrochage européen dans son domaine et plaide pour une IA européenne et souveraine. Arthur Mensch, co-fondateur de Mistral AI, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 28 mai 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03L'invité d'RTL Matin c'est donc Arthur Mench, le patron de Mistral AI, le géant français de l
00:07'intelligence artificielle.
00:08Il organise aujourd'hui à Paris l'AI Now Summit qui va réunir plus de 1400 participants au carousel du
00:13Louvre.
00:14Bonjour et bienvenue sur RTL, Arthur Mench.
00:16Bonjour Thomas, merci de se voir.
00:17Merci d'être là parce que votre parole est très rare et votre sujet lia l'intelligence artificielle
00:22portant lui à la fois beaucoup d'espoir et aussi beaucoup d'inquiétudes.
00:25Et on va commencer par le pape, Léon XIV. Vous lui faites peur à Léon XIV, l'intelligence artificielle doit
00:31être désarmée
00:32pour l'empêcher de désarmer l'humain, a dit le pape. Est-ce que vous comprenez cette inquiétude ?
00:39Une des inquiétudes du pape c'est la concentration du pouvoir dans un domaine qui effectivement va changer l'économie.
00:44On est déjà en train de la changer assez profondément. C'est une inquiétude qu'on partage, c'est la
00:48raison pour laquelle on a créé Mistral.
00:50Il a un certain nombre d'inquiétudes également sur les sujets de défense.
00:55Qui sont des sujets légitimes. On peut dire que sur ce sujet-là, nos adversaires utilisent l'intelligence artificielle assez
01:02fortement.
01:03Et donc on est également obligé de le faire en France et en Europe.
01:07Il faut parler de ça aux autres en quelque sorte.
01:08C'est-à-dire que vous avez un sujet de dissuasion et un sujet de défense qu'il faut mettre
01:11en œuvre.
01:12Sur le sujet de la concentration des pouvoirs, un des problèmes c'est que c'est une technologie qui change
01:18l'économie,
01:19qui change la manière dont les gens travaillent, qui change également les équilibres économiques entre les différentes régions du monde.
01:25Et dans un monde avec uniquement deux ou trois fournisseurs, qui sont des fournisseurs américains, on risque de ne pas
01:31avoir le choix.
01:31Vous aviez peur qu'on soit vassalisé, que l'Union Européenne soit vassalisé en matière d'IA.
01:36Alors c'est ce que j'ai pu dire effectivement aux députés il y a trois semaines.
01:40Une commission à l'Assemblée, d'ailleurs ils n'étaient pas nombreux.
01:42Alors ils n'étaient pas nombreux, mais ensuite ils ont regardé à la télé, donc ils s'en sont remis.
01:47Mais le sujet étant que c'est une technologie qui consiste à prendre de l'électricité
01:55et à la convertir en ce qu'on appelle des tokens, qui sont une espèce d'unité d'intelligence.
02:00On les utilise de plus en plus, parce que ça permet par exemple à des développeurs
02:03de faire en sorte que les tâches qu'ils feraient, qu'ils auraient fait seules il y a deux ans
02:08soient faites par des systèmes d'intelligence artificielle.
02:11Et donc ça fait tourner de plus en plus de data centers.
02:16La délégation de tâches dans les métiers de la connaissance augmente.
02:21On va y venir, mais quand même, je voudrais qu'on reste assez simple
02:24parce que vous êtes un expert et nous on ne l'est pas.
02:26Est-ce que vous avez peur, vous, d'être dépassé par la machine ?
02:29D'être en train de créer une forme de Frankenstein ?
02:33Non, on n'a pas peur. En fait, ce qu'on construit, ça reste du logiciel.
02:36C'est des systèmes qu'on contrôle, dont on définit le comportement
02:39et qu'ensuite on fait tourner, on évalue leur comportement
02:43et si ça ne fonctionne pas, on le corrige.
02:44Donc c'est comme du logiciel, vous avez des bugs, vous les corrigez.
02:46Donc il faut vraiment le penser comme une évolution de ce qu'on a toujours fait en logiciel.
02:52Et donc, je pense que les peurs de perdre le contrôle du système...
02:55Il n'y a pas de risque que ça nous échappe un jour ?
02:57Non, le vrai risque, c'est effectivement un risque de soumission économique.
03:00C'est-à-dire que vous avez une partie de l'économie qui va tourner avec l'intelligence artificielle.
03:05Il y a beaucoup de valeurs ajoutées qui créent entre la conversion de l'électricité
03:10au faire vis de haute valeur ajoutée pour faire un certain nombre de tâches.
03:15Si cette valeur ajoutée est capturée par les Américains, par exemple,
03:21on a ce risque de voir le déficit commercial augmenter.
03:24Et quand vous augmentez votre déficit commercial, vous perdez en levier.
03:26Vous avez moins d'options sur la table quand il s'agit de votre politique économique
03:30ou vos choix géostratégiques.
03:32Vous avez parlé de risque de soumission économique et on sait qu'il y a un point
03:36sur lequel ça inquiète beaucoup, l'IA, c'est que ça pourrait manger nos emplois,
03:40manger nos jobs. Certains parlent de 5 millions d'emplois supprimés en France
03:43d'ici 5 ans à cause de l'IA. On a raison d'être inquiet de ça ou pas ?
03:47Il y a des jobs qui vont disparaître par millions ?
03:50Je pense qu'il ne faut pas s'inquiéter à ce point.
03:52C'est-à-dire que c'est une technologie qui change la manière dont on travaille.
03:55Je vais prendre les développeurs logiciels pour lesquels ça fonctionne très bien aujourd'hui.
04:00Il y a 2 ans, le métier de développeur logiciel, ça consistait à écrire des lignes de code
04:03et puis à le faire tourner et à vérifier que ça fonctionne.
04:06Aujourd'hui, le métier de développeur logiciel, ça consiste beaucoup à déléguer des tâches
04:10à un système d'intelligence artificielle qui va coder pour vous.
04:13Donc en fait, vous passez d'un mode où vous êtes contributeur individuel,
04:17vous travaillez seul, c'est plutôt de l'artisanat,
04:19à un mode où vous êtes plutôt le manager.
04:21Vous établissez un certain nombre de tâches, vous savez ce que vous voulez construire
04:24et puis vous déléguez à des systèmes d'intelligence artificielle.
04:26En gros, les tâches ingrates, on va les laisser à l'IA, c'est ça ?
04:29Si on simplifie à l'extrême, c'est ça ou pas ?
04:31Je ne dirais pas que c'est les tâches ingrates, parce que ce n'est pas une tâche ingrate,
04:33mais en revanche, ça fait de tout travailleur un manager en fait.
04:37Pas dans tous les domaines encore, mais c'est vrai que ça va finir par arriver partout.
04:40Nous, on travaille à les amener aux ingénieurs dans le génie civil et industriel par exemple.
04:47Mais ça veut dire que tous ces ingénieurs qui n'étaient pas forcément des managers
04:49deviennent des managers.
04:50Et ça va être le cas un peu pour tous les métiers de la connaissance.
04:53Il y a un autre métier qui est très inquiet, des métiers,
04:55et c'est le monde de la culture, de la musique, de la littérature, de la presse,
04:58et qui vous accuse de piller des contenus sans payer aucun droit d'auteur.
05:02Il y a un projet de loi qui est en discussion au Sénat en ce moment.
05:04Il paraît que vous vous y opposez. Pourquoi ?
05:06Il y a une proposition de loi.
05:07Nous, on a pu signifier qu'effectivement, elle nous mettait gravement en danger.
05:12Mais le droit d'auteur, c'est important quand même ?
05:14C'est tout à fait important.
05:15D'ailleurs, on a proposé à ce sujet la création d'un fonds européen
05:21où nous, on pourrait apporter une partie de nos revenus
05:23pour financer justement la culture.
05:25Parce qu'effectivement, on a ce sujet que les modèles de langues qu'on entraîne,
05:29qui sont ces générateurs de mots qui sont à la base de toute l'automatisation
05:33qu'on arrive à faire, sont d'autant plus puissants
05:37qu'ils compressent la connaissance, qu'ils ont le plus de connaissances possibles.
05:40Ce n'est pas le fait qu'ils aient de la connaissance qui pose problème,
05:41c'est le fait qu'ils se servent et qu'ils ne payent pas.
05:43Oui, alors tout à fait.
05:45Ça, c'est un problème quand même.
05:46Alors, on paye, c'est-à-dire que nous, on a un certain nombre d'accords, etc.
05:49Mais le vrai sujet, c'est que vous avez en fait tout le web
05:52qui contient beaucoup d'informations.
05:56Et il est impossible dans le web, c'est tellement gros,
05:59la connaissance qu'on compresse, de savoir s'il y a des choses
06:02qui ont été copiées-collées, etc.
06:04Donc, on a ce sujet que c'est un peu impossible
06:05d'avoir une forme d'attribution à la création du contenu.
06:10Et donc, une manière de faire, c'est de passer par des fonds
06:13qui vont derrière financier.
06:14En tout cas, vous n'êtes pas hostile au principe de mettre la main à la poche ?
06:16Ah non, absolument.
06:16On est tout à fait favorables à cela
06:19et on cherche simplement une manière opérationnelle de le faire.
06:22Vous pensez qu'on peut mettre de la morale, de l'éthique dans tout ça,
06:24dans l'IA, où ça va trop vite, c'est trop fort,
06:26c'est dépassé, tout ça ?
06:28Non, je pense qu'il faut absolument réfléchir
06:29à comment c'est déployé auprès des humains.
06:31Ça, c'est un point de vue qu'on partage avec le pape.
06:35C'est une technologie qui est au service des humains qui vont l'utiliser.
06:39Donc, vous avez des sujets de design, d'interaction utilisateur.
06:44Quand vous déléguez une tâche, d'une certaine manière,
06:46la manière dont vous la déléguez,
06:48ça va soit vous faire apprendre des choses
06:50parce que l'agent d'intelligence artificielle
06:52va vous expliquer comment il a réfléchi,
06:54ou ça va vous faire désapprendre
06:55parce qu'il ne vous explique pas comment il le fait,
06:57il vous donne simplement le résultat.
06:58Donc, il y a un vrai sujet de design sur les produits qu'on construit
07:02pour faire en sorte que l'utilisateur de l'outil
07:06s'enrichisse de l'utilisation de l'outil
07:09plutôt qu'il ne désapprenne la tâche qu'il délègue.
07:11Vous avez parlé d'électricité tout à l'heure
07:12parce qu'il y a un autre souci avec l'IA,
07:14c'est la consommation énorme d'eau et d'électricité.
07:16Vous avez désormais un data center dans l'Essonne.
07:19Je crois que ça consomme 44 mégawatts, c'est ça ?
07:22Alors, on en a plusieurs.
07:22On a effectivement un data center dans l'Essonne.
07:25Comme je le disais, notre métier,
07:27ça consiste à prendre des électrons, donc de l'énergie,
07:30et à les faire passer dans des serveurs
07:31pour les transformer en tokens,
07:33qui sont ces unités d'intelligence.
07:34Alors, ça prend beaucoup d'énergie.
07:37Trop, disait ici même Jean-Marc Jancovici avant-hier,
07:39qu'il disait, si on développe trop d'IA,
07:41on n'aura pas assez d'électricité pour le reste,
07:43pas pour faire rouler les voitures dépôts,
07:44vous remplacez les chaudières par des pompes à chaleur.
07:46C'est ce qu'il disait.
07:47Alors, il y a les conflits d'usage, effectivement.
07:49Le problème n'existe pas encore,
07:51en tout cas pas en France,
07:52parce qu'en France, il y a encore beaucoup d'excès d'énergie.
07:54Le sujet qu'on voit arriver,
07:56c'est un déploiement assez massif
07:58des acteurs américains
07:59qui capturent l'électricité excédentaire en France
08:03pour la transformer en intelligence
08:04et qui vont ramener la valeur ajoutée
08:06plutôt aux Etats-Unis pour faire de la R&D.
08:08Et donc, ça veut dire moins de R&D en Europe
08:10et plus de R&D en recherche et développement.
08:11Voilà.
08:12Et donc, le sujet, c'est qu'on a cet atout en France
08:15d'avoir investi dans le nucléaire suffisamment tôt.
08:17Et donc, ça nous permet d'avoir de l'énergie en excédent.
08:21La question, c'est qui l'a converti
08:23pour ensuite développer et construire de l'intelligence artificielle.
08:25À propos d'énergie, ce matin,
08:26le courrier Picard affirme que vous pourriez en implanter
08:28un datacenter à Poulainville dans la Somme.
08:31C'est vrai ou pas ?
08:31Vous nous le confirmez ?
08:32Je ne confirme rien à ce stade,
08:33mais on a effectivement plusieurs...
08:34Vous souriez ?
08:36Il y a des discussions ou pas ?
08:37On a des discussions à plusieurs endroits, si vous voulez.
08:41Est-ce que le courrier Picard se plante ce matin ?
08:42Est-ce qu'il aurait dû consulter le chat ou le chat de GPT
08:45pour vérifier son information ?
08:46On ne confirme rien.
08:46On a des projets de développement partout en Europe, en fait.
08:51Donc en France, en Suède, on a annoncé des choses.
08:53On se met aux endroits où il y a de l'électricité qui est disponible,
08:56où elle est peu carbonée,
08:57parce que c'est un vrai sujet pour nous et pour nos clients.
09:01Et on déploie, on construit 200 MW d'ici la fin 2027.
09:04Donc il y a beaucoup de travail à faire.
09:05Bon, c'est-à-dire qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant
09:07tout ce que nous raconte l'IA.
09:08Alors, il y a une IA pour Mistralaï, c'est le chat.
09:11Il y a aussi le chat de GPT qu'on connaît.
09:13Il y a Claude également.
09:14Le chat qui a été épinglé car relayant de fausses informations
09:17sur la guerre en Iran, par exemple.
09:18Il faut faire attention à ça ?
09:20On se dit, tiens, c'est de l'intelligence artificielle,
09:23donc c'est vrai.
09:24Ce n'est pas si simple ?
09:25Alors, ce n'est pas si simple.
09:26Déjà, on annonce aujourd'hui beaucoup d'évolutions dans le chat
09:29et on le renomme en un outil pour les entreprises
09:32qui s'appelle Mistral Vibe.
09:35Pour revenir sur votre question,
09:37les systèmes d'intelligence artificielle,
09:39ils sont connectés à l'information et au web
09:42pour pouvoir comprendre ce qui se passe aujourd'hui dans le monde.
09:45Et donc, ils vont chercher de l'information sur le web.
09:47De la même manière qu'un utilisateur va parfois tomber
09:50sur des sites de désinformation qui sont très bien faits.
09:53Le système d'intelligence artificielle peut tomber dessus.
09:55Il peut se faire avoir aussi ?
09:56Il peut se faire avoir.
09:56Et c'est pour ça qu'il faut vraiment voir les systèmes d'intelligence artificielle
09:59comme un peu des organismes vivants
10:02qu'il faut faire évoluer.
10:03C'est-à-dire qu'on doit leur apprendre des choses.
10:04Quand ils se trompent, on leur apprend des choses
10:05et ils arrêtent de se tromper.
10:07On est à moins d'un an de la présidentielle.
10:08Est-ce qu'il faut redouter une forme d'ingérence de l'IA dans le scrutin ?
10:10Est-ce que ça, ça vous inquiète ?
10:12On voit tellement de choses fausses.
10:13On ne sait même plus si c'est vrai, si c'est faux.
10:19Notre sujet, c'est que nous travaillons avec les entreprises.
10:21Donc en fait, on n'est pas vraiment en direct sur le problème.
10:25Mais les plateformes consommateurs d'intelligence artificielle
10:30sont des systèmes d'influence fondamentalement
10:32et peuvent être utilisés en tant que tel.
10:34Donc il faut s'en inquiéter.
10:35Il faut également gérer sur la présidentielle.
10:37L'IA, ça va être déterminant dans les cinq années qui viennent
10:40en matière économique.
10:41Il faut absolument que ça devienne un sujet important.
10:43Arthur Mench, vous avez donc une appli d'IA qui s'appelle Le Chat.
10:45Ne m'en voulez pas, mais je lui ai demandé quels étaient vos défauts.
10:47Et il ne vous a pas raté, Le Chat.
10:48Il vous reproche votre perfectionnisme poussé à l'extrême,
10:51votre exigence absolue, votre difficulté à déléguer,
10:54votre manque de flexibilité face à l'imprévu,
10:56votre style direct voire brutal, votre idéalisme déconnecté.
10:59Vous allez passer sur Le Chat GPT ?
11:02Je ne sais pas si vous qu'on dit ça.
11:03Oui, bien sûr.
11:04Non, mais sur le perfectionnisme, je pense qu'ils se trompent assez lourdement.
11:07On n'a pas l'occasion d'être perfectionniste
11:08dans un domaine qui bouge aussi vite, malheureusement.
11:11Je pense que le reste est aussi relatif, parfois vrai, parfois faux.
11:14Je ne sais pas quelle information il a utilisé.
11:17En intelligence artificielle, si vous n'avez pas le bon contexte,
11:19vous ne pouvez pas répondre à la question.
11:20Je ne pense pas qu'il ait le bon contexte.
11:22Ce n'est pas vertigineux.
11:22Vous avez 33 ans.
11:24Vous êtes à la tête de cette entreprise qui est surpuissante.
11:27Vous êtes très riche.
11:28Est-ce que ce n'est pas vertigineux pour vous, tout ça, aujourd'hui ?
11:30Comment vous le vivez ?
11:31Je n'ai pas changé tellement de style de vie dans les trois dernières années.
11:35C'est un métier qui est assez prenant,
11:36parce qu'il faut faire beaucoup de choses.
11:38On a la chance, avec mes cofondateurs,
11:40d'avoir une excellente équipe qui travaille très bien.
11:42Il faut s'adapter à la situation qui bouge rapidement.
11:45C'est très intéressant.
11:46On apprend beaucoup de choses.
11:49On est très content d'avoir cette expérience, on va dire.
11:51Merci beaucoup, Arthur Mench, d'être venu sur RT.
11:53Dans un instant, l'homme qui a...
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