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  • il y a 2 semaines
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Cyril Adriaens-Allemand revient sur les questions qui font l’actualité avec le Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.

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Transcription
00:00– Merci Mélanie, bonjour à tous, bonjour Général Dominique Trincoe.
00:05– Bonjour.
00:06– Le rapatriement des six soldats français blessés par une attaque de drone hier dans la Kurdistan irakien est en
00:11cours.
00:12Avec la mort de l'adjudant-chef Arnaud Frion, la France est-elle, centimètre après centimètre, en train de se
00:19rapprocher de la guerre ?
00:20– Alors elle est impliquée dans la guerre, on le voit bien, par la mort de l'adjudant-chef,
00:24mais aussi par la mise en place de tous les dispositifs, le renforcement par exemple sur notre base d'Abu
00:29Dhabi,
00:30donc elle est aux franges de la guerre, ce qu'elle ne fait pas c'est attaquer, elle se défend
00:34et elle défend les bases,
00:36elle défend ses alliés, Koweït, Qatar, Abu Dhabi, Jordanie, mais pour l'instant elle ne rentre pas dans cette guerre,
00:47c'est la question qu'on me pose souvent, défensif, offensif, qu'est-ce que c'est ?
00:50– Oui c'est que le président de la République répète depuis plusieurs jours qu'on est dans une position
00:53défensive,
00:54mais c'est quand même défensif très engagé.
00:56– Non mais défensif ça veut dire qu'on attend qu'on nous attaque, et nous n'attaquons pas, c
01:02'est ça la grosse différence,
01:03donc je donne un exemple simple, les Rafales qui sont à Abu Dhabi, ils sont dans l'air pour défendre
01:08la zone d'Abu Dhabi,
01:10ils n'attaquent pas en Iran, c'est ce qui fait la différence entre la défensive et l'offensive.
01:14– Et ça pourrait passer vers l'offensive dans les prochains jours ?
01:18– Non je ne le crois pas, pour plusieurs raisons, d'abord parce que l'opération est montée totalement par
01:23les Israéliens,
01:24et les Américains, donc il y a deux raisons politiques, la première, on n'a même pas été consulté,
01:30l'opération s'est lancée comme ça, militaire, parce que ce dispositif totalement coordonné par Sencom,
01:36coordonne aussi, nous ne leurrons pas, nos actions défensives, mais n'ont pas besoin de nos actions offensives.
01:42– Emmanuel Macron hier a assuré que la France agissait avec sang-froid et détermination,
01:46notamment en Irak, est-ce que ça veut dire qu'elle va réagir à la mort de l'adjudant-chef
01:52Friand ?
01:53– Alors, la première chose qu'il faut préciser, c'est que ce dispositif sont des instructeurs, en fait,
01:58qui sont au sein des forces irakiennes et singulièrement au Kurdistan irakien.
02:03Donc le président de la République a pris contact hier avec le Premier ministre irakien,
02:08qui a répondu qu'il prendrait les mesures, parce que des instructeurs dans une base,
02:13ils n'assurent pas la défense de la base.
02:15– Mais quelle riposte peut être celle de la France, aujourd'hui ?
02:18– Alors, il peut y avoir deux types de ripostes.
02:20D'abord, le Premier ministre qui s'occupe de ses milices kurdes à mouvance iranienne,
02:29et qui les contrôle, ou qui veut les neutraliser, parce qu'ils sont, j'allais dire,
02:35ils sortent de leur contrôle, et dans ce cas-là pour les neutraliser,
02:39ils peuvent demander l'aide de la France, par exemple.
02:41Mais je le répète, c'est un problème qui doit être réglé par les Irakiens.
02:44– La France a les moyens d'agir au sol ou dans les airs pour neutraliser ses lanceurs de drones
02:49?
02:49– Alors, les lanceurs de drones, si l'Irak nous le demande, bien sûr,
02:53avec nos rafales qui sont, par exemple, en Jordanie,
02:56on peut parfaitement frapper ses lanceurs de drones.
02:59Je le répète, en Irak, ceux qui nous menacent directement.
03:02Il n'est pas question d'aller attaquer en Iran.
03:04– L'Italie a décidé de retirer une partie de ses soldats qui sont actuellement dans la région.
03:08Est-ce que le repli, c'est une option pour la France ?
03:11– Le président de la République parlait de sang-froid.
03:14Je crois que la réaction de sang-froid, c'est nous continuons notre coopération avec les Irakiens
03:20et nous voyons avec eux comment organiser.
03:23Mais à une frappe qui touche des soldats, répliquer immédiatement, on s'en va,
03:28c'est pas tout à fait dans l'ADN des forces françaises.
03:31– La France est désormais une cible, tous les intérêts français en Irak et dans la région
03:35seront une cible, annonce la milice irakienne pro-iranienne,
03:39qui n'a pas revendiqué spécifiquement, mais qui annonce qu'elle attaquera dorénavant là-bas.
03:46Est-ce que ça veut dire que la France doit se prépositionner et augmenter les moyens sur place ?
03:53– Alors, elle doit prendre des mesures de défense, naturellement, pour protéger ses soldats.
03:57On ne risque pas la vie de nos soldats inconsidérément.
04:00Mais encore une fois, c'est à organiser avec l'Irak.
04:03Je pense que dans les discussions qu'il y a eu hier, c'est
04:05voulez-vous continuer à avoir des instructeurs français sur votre territoire ou pas ?
04:10Si vous n'en voulez pas, on va ailleurs, on s'en va.
04:14Deuxièmement, comment on organise le dispositif ?
04:17Si vous voulez que nous restions, il faut renforcer absolument la défense de ses bases.
04:21– Côté américain, l'armée américaine a frappé l'île de Carg,
04:24d'où partent 90% des exportations pétrolières iraniennes.
04:27Donald Trump assure que des cibles militaires ont été touchées
04:30et qu'il s'en prendra aux infrastructures pétrolières si le détroit d'Hormuz était piégé.
04:35Est-ce qu'on va vers une intervention au sol des Américains ?
04:40– Écoutez, on a quelques indices qui nous laissent à penser
04:43que les Américains vont passer à une offensive au sol,
04:45au moins dans le détroit d'Hormuz, c'est-à-dire contrôler le détroit d'Hormuz.
04:49C'est une clé stratégique, les Iraniens l'utilisent en faisant peur,
04:53donc les marchés grimpent, les citoyens dans le monde entier sont inquiets de cette escalade.
04:59La frappe sur… il faut bien voir que cette île de Carg,
05:03en fait c'est une gigantesque station-service,
05:06c'est là que les pétroliers viennent se ravitailler,
05:08et donc c'est un financement extraordinaire pour les gardiens de la Révolution.
05:13Et donc je pense que c'est une première étape pour couper les revenus des gardiens de la Révolution,
05:18c'est peut-être une première étape aussi pour saisir le détroit d'Hormuz,
05:23même si ça reste une opération extrêmement compliquée, risquée surtout,
05:28et la question que se posait le président Trump avant l'engagement,
05:32« no boots on the ground », pas de soldats au sol,
05:35il semblerait que l'état-major américain ait réussi à le convaincre
05:38qu'il ne réussirait pas au moins sur cet endroit stratégique Hormuz
05:42sans mettre des soldats au sol.
05:44– Combien coûte la guerre aux États-Unis ?
05:46Selon certaines estimations, entre 1 et 4 milliards par jour,
05:50est-ce que c'est plausible selon votre expérience ?
05:54– C'est tout à fait plausible, un déploiement déjà coûte cher,
05:58mais à partir du moment où vous engagez le combat,
06:00vous utilisez les munitions, ça coûte extrêmement cher.
06:03Alors les Américains et les Israéliens d'ailleurs,
06:05ont précisé que la première phase, ils utilisaient des armes très coûteuses,
06:09parce qu'elles ont besoin d'être tirées de loin, avec précision, etc.
06:13À partir du moment où ils ont détruit la défense antiaérienne iranienne,
06:17ils peuvent utiliser d'autres bombes qui sont beaucoup moins chères,
06:21qui sont avec guidage terminal, mais des bombes de 250-500 kilos,
06:25et ça coûte beaucoup moins cher.
06:26– Dernière question, côté iranien,
06:27que s'étendent l'étendue de son arsenal militaire aujourd'hui ?
06:30Est-ce qu'il a été affaibli, et est-ce que cette guerre, selon vous, peut s'éterniser ?
06:34– Alors, l'arsenal iranien, c'est simple, ce sont les missiles et les drones.
06:38Actuellement, les Américains ont frappé beaucoup de lanceurs de missiles,
06:42donc il y a beaucoup moins de frappes de missiles,
06:44et frappent les stocks ou les endroits où on fabrique les missiles,
06:47donc pour diminuer dans la durée.
06:50En revanche, les drones, c'est plus compliqué.
06:52C'est plus compliqué parce qu'il y en a probablement des milliers,
06:54ça se cache très bien, ça se lance quasiment sans être vu au départ,
06:59donc je pense qu'il y a une menace avec les drones qui va perdurer,
07:03et c'est celle-là contre laquelle se prémunissent aujourd'hui les pays du Golfe,
07:08étonnamment, en demandant aux Ukrainiens,
07:10qui ont une grande pratique de ces drones, de venir les aider.
07:14– Et donc à vous entendre matériellement, ça peut encore durer.
07:16On suivra bien sûr dans les prochains jours les développements.
07:19Merci beaucoup d'avoir été notre invité pour les 4V ce matin.
07:22– Sous-titrage Société Radio-Canada
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