Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 20 heures
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Bruno Le Maire, ancien Ministre de l'Economie et des Finances.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:02Bonjour Bruno Le Maire, ancien ministre et auteur de « Le temps d'une décision » dans la prestigieuse collection
00:09blanche chez Gallimard, la NRF.
00:12Vous écrivez « On a amélioré les choses, il aurait fallu révolutionner ».
00:16Emmanuel Macron le souhaitait, son livre s'appelait « Révolution ».
00:19Il avait tout le pouvoir, il vous avait avec lui. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? Pourquoi
00:23ne l'avez-vous pas fait ensemble ?
00:26Je pense que ce que nous avons manqué, c'est la refondation de l'organisation politique du pays.
00:32Et pour moi, ça doit être le point de départ de toute transformation du pays pour que ça aille mieux
00:37pour les Français.
00:38Quand vous regardez aujourd'hui, personne ne sait qui décide de quoi, qui est responsable de quoi.
00:42C'est un enchevêtrement de responsabilité entre l'État, les collectivités locales, l'Europe. Personne n'y comprend plus rien.
00:48Et celui qui en pâtisse, c'est évidemment le citoyen qui se retrouve paumé au milieu d'une bureaucratie qui
00:52est absolument inextricable.
00:55Réorganiser le pouvoir politique, le refonder, savoir qui fait quoi, que fait le Président, que fait l'Assemblée, que font
01:00les ministres, que font les collectivités locales.
01:02Le Président actuellement, lui par exemple, a trop de pouvoir.
01:05Ce n'est pas que lui. Moi, je constate que depuis 20 ans, au lieu d'avoir un chef de
01:09l'État, nous avons un Premier ministre.
01:11Qui se mêle de tout.
01:12Qui se mêle de tout.
01:14Vous ne pouvez pas à la fois être responsable de la protection des Français, du rassemblement des Français, qui est
01:18le premier rôle du Président de la République.
01:20Président n'est pas gouverné.
01:21Il faut s'occuper en même temps du gouvernement de tous les jours.
01:24Ce n'est pas possible.
01:25Il faut un Premier ministre puissant, un chef de l'État qui est chef de l'État.
01:30Il protège et il rassemble les Français.
01:32Dix ministres seulement, vous dites.
01:34Oui, dix ministres dans la Constitution, avec une règle où chacun a son domaine de compétence et l'exerce pleinement,
01:40est capable de remplacer ses directeurs d'administration lui-même, sans passer nécessairement par l'accord du Premier ministre ou
01:46du Président de la République, pour qu'il soit maître chez soi et qu'on rétablisse l'autorité de l
01:51'État partout.
01:53Des collectivités locales qui soient indépendantes, indépendance fiscale, indépendance normative, une réorganisation des pouvoirs avec probablement une fusion du département
02:04et de la région pour éliminer une couche qui est trop importante.
02:06Ça, ce n'est pas vraiment la révolution.
02:07Ça fait 30 ans qu'on en parle.
02:08Oui, mais ça n'a pas été fait.
02:09C'est vrai.
02:10Ça n'a pas été fait.
02:11C'est bien le problème.
02:11Il faut se poser cette question, pourquoi la France n'en est pas là où elle devrait être aujourd'hui
02:15?
02:16Et pour moi, je le redis, le point de départ, c'est la nécessaire refondation politique, simplification de l'organisation,
02:23savoir qui décide de quoi.
02:24Même chose pour l'Assemblée nationale.
02:25Il est temps de réduire le nombre de députés.
02:28Il est temps de dire, l'Assemblée, c'est 50% de législatifs, mais 50% de contrôles.
02:34Sinon, Gilles Bornstein, on continuera à dire simplification, comité de simplification, il faut moins de règles, il faut moins de
02:40normes pour se retrouver.
02:41Dix ans plus tard, avec toujours plus de normes, les chiffres viennent de tomber, 400 000 règles législatives ou normatives
02:49qui tombent comme un grave lot sur les Français qui, du coup, sont paumés et ne savent plus où ils
02:53habitent.
02:53Alors justement, sur les normes, vous dites qu'il faut rompre avec un modèle français qui demande toujours plus d
02:57'État-providence, toujours plus de droits, plus de remboursements, plus de protections.
03:02Finalement, vous êtes un libéral classique, vous êtes un homme de droite libéral classique, moins de protections.
03:07Vous pouvez toujours essayer de me mettre dans une boîte, mais je n'aime pas les boîtes.
03:11Je m'y sens à l'étroit.
03:13Le libéral classique est aussi celui qui a nationalisé les chantiers de l'Atlantique quand il fallait sauver les chantiers
03:19de l'Atlantique,
03:20qui a interdit la vente de carrefours à Couchetard, qui a su mettre son veto à des décisions qui ne
03:25maraissaient pas bonnes.
03:27Donc ne mettez pas les gens dans les boîtes parce que vous allez voir, ils s'en échappent très rapidement.
03:30En revanche, oui, je défends une refondation de notre modèle économique et social qui ne marche plus, tout simplement parce
03:37qu'il redistribue une richesse qu'il n'a pas créée.
03:40Donc commençons par le commencement.
03:41Recréer de la richesse, notamment industrielle et notamment agricole, ce qui suppose de simplifier les règles, ce qui suppose d
03:50'alléger les impôts de production qui pèsent sur l'industriel,
03:52ce qui suppose de transformer, là aussi de refonder notre modèle éducatif pour qu'on arrête d'envoyer tous nos
03:58gamins à l'université
03:59et qu'on ait des formations qui correspondent aux métiers de demain, qui correspondent au développement industriel et où on
04:06reconnaisse un truc très simple.
04:07L'intelligence de la main vaut l'intelligence de l'esprit.
04:11C'est ça la refondation.
04:12C'est comprendre que notre modèle est en train d'aller droit dans le mur, qu'il est devenu un
04:16anti-modèle,
04:17qui produit de la pauvreté, qui produit du chômage, qui produit de la division entre les Français,
04:24là où on aurait tout pour réussir si on est capable de refonder notre modèle éducatif, politique et social.
04:29Alors vous n'aimez pas les boîtes, il y a plein de boîtes pour 2027.
04:33Il y a ceux qui l'excluent, ceux qui y pensent, ceux qui se préparent, c'est le mot à
04:37la mode.
04:37Vous, vous êtes dans quelle boîte ? Ceux qui l'excluent, ceux qui y pensent, ceux qui se préparent ?
04:40Moi, je ne suis pas encore dans aucune boîte, mais je veux dire avec beaucoup de force,
04:46mon inquiétude, en voyant deux trains qui sont en train de foncer l'un contre l'autre,
04:51d'un côté le Rassemblement national, de l'autre la France insoumise.
04:54Et nous sommes, nous, pris en étau entre ces deux forces.
04:58Eh bien, si nous voulons écarter cet étau, il va falloir y mettre de la passion.
05:03Il va falloir y mettre du cœur.
05:04Il va falloir montrer que notre passion, c'est la France.
05:07Il va falloir être capable de reconnaître que nous avons échoué sur certains domaines,
05:12que nous y sommes mal pris, je l'ai dit sur la refondation politique,
05:15je le dis aussi sur l'économie, nous aurions certainement dû aller plus loin.
05:17Est-ce que ça veut dire que les prétendants actuels manquent un peu de passion ?
05:22Qu'il y a un peu trop de raisons et pas assez de passion ?
05:23Je pense qu'il y a trop de raisons, oui, pas assez de passion.
05:26Ah oui ?
05:26Je pense que c'est la passion qui doit nous guider.
05:28Vous l'avez dit à Gabriel Attal et à Édouard Philippe ?
05:29Mais je ne suis pas là pour donner des conseils à qui que ce soit.
05:32Chacun est légitime pour être candidat.
05:34Il manque de passion.
05:35Gilles Bernstein, j'ai 30 années de vie politique derrière moi.
05:38J'ai été ministre de l'Agriculture, j'ai été ministre de l'Économie et des Finances.
05:42Je me suis battu à chaque fois dans la même direction.
05:43Plus de travail, plus de salaire, plus de production, plus de simplification
05:47pour nos agriculteurs comme pour nos industriels.
05:50Nous n'en sommes pas là où nous devrions en être aujourd'hui
05:53parce que nous n'avons pas su refonder notre modèle politique
05:55et je pense parce que nous devons mettre encore plus de cœur à l'ouvrage.
06:01Donc, comment dire, le centre, il faut un centre radical.
06:04Il faut un centre beaucoup plus radical, beaucoup plus passionné
06:07que ne l'incarnent les deux prétendants actuels.
06:09Il faut de la clarté.
06:10J'entends dire tous les quatre matins, puisqu'on est sur les quatre V,
06:13il faut un candidat unique.
06:15Non, il faut d'abord une grande ambition pour la France.
06:18Et une fois qu'on sera d'accord sur cette ambition,
06:21on aura trouvé le chef, puisque c'est un chef que nous allons choisir.
06:24Là, il sera temps de parler de candidature.
06:26Mais pour le moment, c'est une grande ambition qu'il faut arriver à définir.
06:30L'ambition pour le travail et le salaire.
06:32L'ambition pour l'industrie, l'ambition pour l'agriculture,
06:34l'ambition pour la défense de notre culture.
06:36Il faut comprendre également, je le dis dans ce livre à de multiples reprises,
06:39qu'il ne sert à rien d'avoir une ambition pour la France
06:42s'il n'y avait pas non plus une ambition pour l'Europe
06:44de refondation d'une Europe à six pour nous permettre de défendre nos intérêts.
06:50Je vous donne un exemple très concret.
06:51Vous pouvez faire tout ce que vous voulez sur l'industrie.
06:54automobile, sujet qui me tient très à cœur.
06:56Si dans le même temps, l'Europe n'est pas capable
06:58de mettre des barrières à nos frontières
06:59et de défendre la préférence automobile européenne,
07:03tout ce que vous voulez sur le niveau national sera inefficace.
07:05Et ça, ce n'est pas très libéral.
07:06Bruno Le Maire, auteur de Le temps d'une décision chez Gallimard,
07:10invité des 4V.
07:11Bonne journée.
07:12Bonne journée à tous.
Commentaires

Recommandations