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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Cyril Adriaens-Allemand revient sur les questions qui font l’actualité avec Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.

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Transcription
00:02Bonjour Maya, bonjour à tous et bonjour Annie Gennevard.
00:05Bonjour.
00:05Vous présentez ce matin au Conseil des ministres votre loi d'urgence agricole.
00:09On en parle dans un instant, mais d'abord les agriculteurs touchés de plein fouet,
00:12comme de nombreux Français, par la hausse des prix du carburant.
00:15Le gouvernement prépare de nouvelles mesures d'aide pour les secteurs les plus en difficulté.
00:19Est-ce que les agriculteurs en feront partie ?
00:22Oui, bien sûr, les agriculteurs sont très concernés par la hausse des carburants
00:26et par la hausse aussi du prix du gaz pour les engrais.
00:30Donc d'abord, une bonne nouvelle, cette nuit, il semblerait qu'un cessez-le-feu
00:35et une réouverture du détroit d'Ormous se profilent.
00:38Donc ça, c'est quand même une très bonne nouvelle.
00:42Sur les aides, pardon, la FNSEA, par exemple, réclame 30 centimes d'aide par litre.
00:46Oui, c'est effectivement la demande d'un syndicat.
00:50Il est clair que les agriculteurs, comme les pêcheurs, comme les transporteurs,
00:54sont au cœur des mesures qui ont été prises et qui devront probablement être complétées.
01:00C'est ce à quoi nous travaillons en ce moment.
01:01Mais le Premier ministre l'avait bien spécifié aux agriculteurs
01:04en disant que le premier volet d'aide n'était pas pour solde de tout compte.
01:09Et comment vous pouvez les aider ?
01:10Parce que, par exemple, il y a des prêts qu'on dit flash,
01:13mais avec un taux qui disent que certains agriculteurs n'est pas si intéressant que ça.
01:18Ils ont besoin de trésorerie. Comment est-ce qu'on peut aller plus loin ?
01:21C'est ce à quoi nous travaillons, mais je ne veux pas anticiper la réponse.
01:24En tout cas, il est clair qu'un nouveau train de mesure sera présenté
01:28dans les heures et les jours qui viennent.
01:31Olivier Gantois, vous l'abordiez, le président de l'Union française des industries pétrolières
01:34estime qu'il pourrait y avoir une baisse à la pompe de 5 à 10 centimes par litre
01:37dans les prochains jours après le cessez-le-feu auquel vous faites allusion.
01:41Est-ce que vous y croyez ce matin ?
01:43Moi, je pense que si le conflit cesse, même momentanément,
01:48ça aura une incidence sur le prix des carburants,
01:51donc du carburant agricole, pour lequel je vous rappelle que l'État,
01:55le gouvernement a choisi d'éteindre ce qu'on appelle les droits d'accise,
01:58la fiscalité du gasoil non routier, qui est le carburant des agriculteurs.
02:03Nous avons déjà pris des mesures qui ont une traduction budgétaire.
02:07Dans le budget 2026, c'est 1,3 milliard d'allègements de droits d'accise sur le carburant agricole.
02:14Très concrètement, pour les automobilistes, demain, 10 centimes en moins sur le litre de gasoil ou d'essence,
02:20ça vous paraît plausible ?
02:23En tout cas, nous l'espérons tous, parce qu'on voit bien à quel point ça complique énormément
02:29la vie de ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
02:33Moi, je suis issue d'un territoire rural, on est obligé de prendre sa voiture pour aller travailler.
02:38Et puis, c'est en même temps très angoissant pour les Français,
02:41parce qu'ils n'ont pas de visibilité, le prix du carburant pèse très lourdement dans les budgets.
02:47Et j'entendais des reportages ce matin qui disaient que les gens se restreignaient sur l'alimentation,
02:51donc ça a aussi une incidence sur le monde agricole.
02:54Donc, des arbitrages attendus dans les prochaines heures, aujourd'hui, demain, par le Premier ministre.
02:59Vous présentez une loi d'urgence ce matin, agricole en Conseil des ministres,
03:02avec une grande part faite à la gestion de l'eau.
03:05Alors, on pense entre autres aux mégabassines, mais pas que.
03:08Les associations environnementales vous accusent d'avoir cédé face aux syndicats agricoles,
03:12notamment lorsque vous supprimez l'obligation de réunion publique pour un projet de stockage.
03:18Comment est-ce que vous expliquez cet arbitrage en faveur des agriculteurs ?
03:23Je crois qu'il faut en finir avec la guerre de l'eau.
03:26Les violences qui se sont déroulées au moment de Sainte-Solène n'ont plus leur place dans ce débat.
03:35Revenons à des choses factuelles.
03:37En France, on irrigue 7% des terres.
03:40C'est très peu par rapport à d'autres pays européens.
03:43En Espagne, par exemple, 50% des terres irriguées.
03:45Donc, il faut lâcher du lest sur les normes ?
03:48Il faut lâcher du lest, non.
03:49Il faut lâcher du lest sur le principe du stockage.
03:52Revenons à des choses de bon sens.
03:54Vous avez vu cet hiver les inondations.
03:56Si on avait stocké un peu de cette eau qui a ravagé des territoires entiers,
04:02pour l'été où elle manque cruellement,
04:04voilà, c'est du bon sens.
04:06Alors, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi.
04:09Il s'agit de pouvoir donner aux agriculteurs de quoi produire notre alimentation.
04:15On ne peut pas produire sans eau.
04:17Donc là, nous avons, dans cette loi, acté le principe
04:22que le stockage de l'eau dans les territoires où elle manque
04:25et à des moments où elle va être utile,
04:28c'est quelque chose qui relève du bon sens et de l'utilité.
04:31Ce n'est pas au détriment de la lutte pour l'environnement ?
04:34Mais pas du tout.
04:35On ne prive pas le territoire de l'eau.
04:37On la prend à un moment où elle surabonde
04:39pour des moments où elle manquera.
04:41Et le préfet sera là pour juger la pertinence des projets de stockage,
04:48pour autant qu'il s'intègre dans un projet collectif.
04:52Et il pourra donner des autorisations temporaires, d'ailleurs,
04:55même si la justice bloque un projet.
04:58Alors, non, je crois que le projet de loi vise à permettre le stockage de l'eau
05:07dans les territoires où c'est utile à la production alimentaire.
05:12Et on ne la prend pas à d'autres.
05:15On la stocke à un moment où elle est très abondante.
05:18C'est tout.
05:19Et le préfet sera là pour dire
05:23que si le projet est pertinent,
05:26s'il ne conduit pas à un préjudice environnemental,
05:31il faut faire confiance.
05:32Il aura plus de pouvoir.
05:32Il faut faire confiance aussi à ceux qui connaissent les réalités locales.
05:36Mais je répète, il faut sortir de cette guerre de l'eau
05:40et de ces accusations qui sont infondées.
05:43On a beaucoup parlé des attaques de loups.
05:45Votre texte simplifie la législation des tirs de défense.
05:48Elle augmente le nombre de loups qu'il est possible de prélever, d'éliminer.
05:52Les associations de protection des animaux sauvages vous accusent de mener une politique,
05:55je cite, d'abattage scandaleuse, inefficace et dangereuse pour la conservation de l'espèce.
06:01Qu'est-ce que vous leur répondez ?
06:03Le loup est une espèce protégée, elle le demeure.
06:06Il ne s'agit pas de contrevenir à ce principe qui est fondamental
06:13parce qu'il nous mettrait en défaut vis-à-vis de la réglementation.
06:17Sa classification est baissée d'un cran.
06:18Le loup a baissé d'un cran tout simplement parce que le loup, aujourd'hui, prolifère.
06:23Les éleveurs le savent d'ailleurs.
06:25Mais je pense qu'il faut à la fois protéger une espèce qui doit l'être,
06:29mais protéger aussi nos éleveurs.
06:31Lorsqu'un éleveur, comme c'est le cas en Haute-Marne où j'étais il y a quelques semaines,
06:36arrive le matin dans son champ et qu'il voit la quasi-totalité de son troupeau de brebis égorgés,
06:42vous ne croyez pas qu'il faut protéger aussi l'éleveur de ce drame ?
06:45Donc les quotas sont un peu élargis.
06:47Donc on essaie de trouver un bon équilibre.
06:50Le texte de loi rappelle les principes fondamentaux,
06:53la transcription en droit français des directives européennes,
06:57puisque la protection du loup a obéi à une réglementation européenne.
07:00Donc c'est une espèce qui demeure protégée.
07:03Le comptage se fait au niveau national, tient compte du niveau de prédation.
07:07En Haute-Marne, l'exemple que je donnais, il y a eu 850 bêtes tuées cette année, en 2025.
07:14Donc c'est insupportable.
07:15Et donc l'examen du texte en mai, à l'Assemblée, c'est ça ?
07:19Oui, examen du texte en mai.
07:21Et au Sénat, en juin.
07:21En juin, donc c'est un temps record, c'est véritablement une loi d'urgence,
07:26faite pour libérer le quotidien des agriculteurs,
07:29pour les protéger dans leur fonction de production,
07:32et pour bâtir l'avenir, parce qu'il y a tout un volet sur l'avenir de l'agriculture.
07:36Et on suivra son examen.
07:37Merci beaucoup Madame Genevard d'être invitée ce matin décalé.
07:39Merci.
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