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  • il y a 21 heures
Il y a 15 ans, François Morgant a créé l’un des premiers espaces qui mettent en avant les productions publicitaires et documentaires qui présentent les nouveaux récits en faveur de la transition. Les Deauville Green Awards récompensent les meilleurs projets qui portent ces sujets. Le festival 2026 se déroulera le 3 juin pour la première fois à Paris.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est François Morgan, bonjour, bienvenue, vous êtes le fondateur des Deauville Green Awards.
00:14C'est quoi, c'est un festival, c'est ça ?
00:16Ah oui, alors c'est tout à fait ça, c'est un festival, un festival qui récompense le meilleur des
00:22films engagés pour la transformation environnementale et sociétale.
00:27C'est un festival où s'inscrivent des films qui viennent du monde entier.
00:33Alors il a cette particularité, c'est qu'il est un peu hybride, dans la mesure où les films qui
00:38sont présentés sont à la fois dans trois compétitions.
00:42La compétition films d'entreprise, donc tout ce qui est communication d'entreprise, des films qui sont publicitaires, des films
00:49de sensibilisation, comme peut faire l'ADEME, on en parlera peut-être tout à l'heure.
00:53Et puis des films documentaires, télé et cinéma.
00:58D'accord, c'est pas seulement cinéma, c'est télé et cinéma. Pourquoi vous l'avez créé ? Il a
01:02quel âge d'ailleurs ce festival ?
01:04Alors là on va fêter nos 15 ans, donc c'est une époque, c'est une date un peu charnière.
01:10Il a été créé parce qu'à l'origine je suis producteur d'audiovisuels, de films et d'entreprises, de
01:17publicités et de documentaires.
01:19Et je tournais pour l'Agence française de développement dans des pays où la France participe à éviter la pauvreté
01:29en finançant des projets environnementaux.
01:32C'était il y a 15 ans et j'ai fait toute une série de mini-documentaires pour l'Agence
01:37française de développement et je trouvais pas de films, de festivals pour les présenter, pour valoriser.
01:44Parce que l'idée à travers les Deauville Green Awards, c'est de valoriser toute cette production audiovisuelle, toute cette
01:50créativité.
01:51Alors ce qui est intéressant justement d'avoir les 15 ans de recul, est-ce qu'il y a de
01:56plus en plus de films et de candidats ?
02:00Vous voyez ce que je veux dire ? Est-ce que ce sont des contenus qui deviennent de plus en
02:03plus importants ?
02:03C'est incroyable parce que quand on a commencé, il y avait une centaine de films.
02:06Finalement, c'était une production qui était assez rare.
02:10J'avais même vu une étude, les entreprises qui communiquaient sur ce qu'elles faisaient de bien, sur l'environnement
02:19ou sur les aspects sociétaux,
02:20étaient un peu vues de manière suspicieuse, pourquoi elles communiquent.
02:25Et voilà, donc, et aujourd'hui, alors ça a totalement changé, aujourd'hui c'est un axe de communication pour
02:32les entreprises
02:34qui est vraiment important pour embarquer et ses salariés.
02:37Mais qui n'en fait pas justement ? C'est ça le problème, c'est devenu tellement important que pratiquement
02:43toutes les entreprises communiquent
02:46autour de leurs enjeux environnementaux et sociétés.
02:48Pour le faire un festival comme le vôtre, il faut voir tous les films quasiment.
02:53Non, non, mais alors aujourd'hui, c'est plus tellement le nombre qui compte, c'est comment on va raconter
02:58l'histoire.
02:58C'est ça qui est important et c'est là où notre festival, il est important parce qu'il va
03:03récompenser les meilleurs, les meilleures histoires.
03:05Comment raconter l'environnement ? Comment raconter les enjeux sociétaux ?
03:09C'est plus autant la quantité. Il faut savoir juste qu'on a commencé par 100 films et aujourd'hui,
03:15on est à plus de 400 films d'inscrits.
03:17Donc voilà. Heureusement, on a 80 jurés qui y travaillent et qui sont en train de terminer leur sélection.
03:25Est-ce qu'il y a des thématiques ? Et si oui, quelles thématiques guident cette édition 2026 ?
03:31Alors, déjà, on a une base solide de 15 catégories qui vont de l'environnement aux aspects sociétaux à l
03:39'éco-innovation.
03:40Donc on se base, en général, chaque année, le festival prend en compte chaque année.
03:57Donc il y a des grandes catégories ?
04:01Voilà, il y a des grandes catégories.
04:03Alors c'est les très grandes catégories, climat, droit humain, économie sur qu'elle est ?
04:06Ou c'est même un peu plus précis que ça, en fait ?
04:08Oui, oui, c'est ça. C'est exactement ça. On part sur des catégories comme le climat, etc.
04:14Et chaque année, on organise aussi des tables rondes pendant ce festival et qui sont liées à ce que le
04:25gouvernement, chaque année.
04:27L'année dernière, en 2025, c'était la santé mentale qui était un des grands enjeux.
04:34Et cette année, ça continue parce qu'apparemment, en 2026, c'est toujours la santé mentale.
04:40Donc on a organisé plutôt cette année une table ronde sur l'IA qui transforme beaucoup les métiers dans l
04:48'audiovisuel.
04:49Et également les nouveaux récits, des tables rondes sur les nouveaux récits.
04:54Justement sur ces nouveaux récits, on va parler du Grand Prix de la publicité l'an dernier qui a été
04:59remis à l'ADEME
05:00avec une pub qui avait fait couler beaucoup d'encre sur les dévendeurs.
05:02On va évoquer ça dans un instant.
05:06Mais ce que vous évoquiez à l'instant, c'est-à-dire les nouveaux récits.
05:11Pendant longtemps, on ne s'en est pas vraiment préoccupé de cette question-là.
05:14On disait, bon ben voilà, il faut faire le constat.
05:16Il y a les scientifiques.
05:18On est dans un discours un peu anxiogène, parfois aussi culpabilisateur.
05:22J'y ai participé d'ailleurs comme d'autres.
05:24À quel point ils sont importants, ces nouveaux récits ?
05:26Ils sont essentiels.
05:27C'est un levier pour la transformation, pour nos nouveaux imaginaires.
05:34On pourrait imaginer avant les anciens récits.
05:37Les anciens récits, j'imagine dans les années 60, 70, 80.
05:41C'est toute l'American way of life.
05:44Où finalement, on voyait des films, des centaines de films de séries
05:49qui faisaient plutôt la promotion de la consommation.
05:53Il fallait avoir la voiture qui allait la plus vite.
05:56la plus grosse voiture, etc.
05:59Consommer, c'était...
06:00Donc aujourd'hui, on est plus en train d'essayer de changer un peu,
06:05à travers ces nouveaux récits, les mentalités,
06:07de manière à ce qu'on donne plus envie d'agir.
06:12On soit moins culpabilisant aussi,
06:14parce qu'il y a aussi beaucoup de films qui sont là aussi pour nous faire peur,
06:18qui sont anxiogènes.
06:19Et ce n'est pas forcément les meilleures idées pour faire bouger les gens.
06:23Mais ils font aussi grincer des dents.
06:27Ou alors, vous voyez, je faisais ça, ils gênent un peu aux entournures.
06:29La campagne des dévendeurs de l'ADEME,
06:32elle a provoqué des réactions assez fortes sur l'ADEME.
06:34Vous allez faire baisser la consommation,
06:38c'est une pub entre ces entreprises, etc.
06:40Ça peut faire peur aussi, parce que l'économie,
06:43elle dépend aussi de la consommation, j'imagine.
06:47La campagne des dévendeurs en est vraiment un exemple.
06:50C'est-à-dire que l'ADEME sensibilise le public à une consommation plus responsable.
06:57Et là, à travers cette publicité,
07:00oui, elle a crispé à l'époque le ministre de l'économie
07:05qui a dit « mais attendez, je reçois des appels de tous les commerçants
07:10parce qu'on est en train de casser leur business ».
07:13Le dévendeur, il était là pour,
07:15pas comme un conseiller pour vendre,
07:17mais comme un conseiller pour éviter l'achat.
07:20Réfléchissez avant d'acheter.
07:21Voilà, typiquement, il y a le premier spot que j'ai pu voir.
07:24Et j'en suis aussi vraiment un témoin fort
07:27puisque juste avant, je m'étais acheté une petite ponceuse
07:31pour poncer mes volets en disant
07:33« allez, plutôt que de prendre un peintre, je vais le faire moi-même ».
07:36Je suis allé acheter ma ponceuse.
07:38J'ai essayé de poncer.
07:39J'ai vu qu'au bout d'une heure, je n'avais pas avancé.
07:42Donc, j'ai fait venir un peintre.
07:43Et la campagne, elle raconte...
07:45C'est du vécu et ça me rappelle des souvenirs.
07:46Oui, carrément, la campagne, elle raconte l'histoire d'un monsieur
07:48qui rentre dans un magasin de bricolage,
07:50comme j'ai fait quelques temps avant,
07:51et qui cherche le vendeur,
07:55qui lui dit « ben non, moi je suis des vendeurs ».
07:56Plutôt que d'acheter votre ponceuse,
07:58regardez, là vous pouvez la louer.
08:00C'est quand même plus intelligent.
08:01Vous allez vous en servir combien de fois ?
08:02Voilà, donc j'ai une ponceuse à...
08:04Qui est neuve, que vous pouvez proposer, que vous pouvez louer.
08:07Elle est neuve, elle est servie une heure, simplement.
08:08Je lance un appel.
08:10Ce festival 2026 des Deux Villes Green Awards,
08:13il a un parrain prestigieux, c'est Yann Artus Bertrand.
08:17D'ailleurs, il va vous accueillir, je crois, pour la remise des prix.
08:19Oui, on a cette chance.
08:21C'est vrai que jusqu'à maintenant, jusqu'à l'année dernière,
08:25précisément, le festival se passait à Deux Villes.
08:29Pour des raisons diverses et variées,
08:32on s'est dit « tiens, on va se rapprocher un peu de Paris ».
08:35Et Yann Artus Bertrand, que j'avais la chance de connaître,
08:39m'a proposé de faire le festival dans son château.
08:44Parce que c'est un château, moi c'est pas son château,
08:45c'est un château qui est à l'intérieur du bois de Boulogne,
08:48qui est vraiment magnifique, avec une immense clairière.
08:51Et tous les festivaliers l'année dernière qui ont eu l'occasion de venir m'ont dit
08:54« c'est super, c'est génial ».
08:57Aller à Deux Villes, il y avait aussi des moments un peu sympathiques,
09:02même très sympathiques.
09:03Mais voilà, aujourd'hui, pour des facilités, Paris c'est bien aussi.
09:07Est-ce que, vous nous avez dit les films d'entreprise,
09:10la pub et les documentaires, il n'y a pas de fiction dans le festival ?
09:14Alors, il y a des fictions, mais à travers un autre concours
09:19qui s'appelle le « Young Creative Awards ».
09:22On a trois concours en parallèle, un concours jeune aussi, de 12-25 ans.
09:29Et donc, on essaye de rapprocher les jeunes, justement, des professionnels,
09:36pour qu'ils puissent avancer dans leur projet.
09:40Donc là, c'est quoi ? Ce sont des courts-métrages, c'est ça ?
09:42Oui, c'est ça. Ce sont des courts-métrages de fiction
09:44qui traitent, bien évidemment, soit des enjeux sociétaux,
09:48soit de l'inclusion, soit du climat.
09:51Et donc, c'est des concours qui amènent pas mal de jeunes.
09:56Un dernier mot, il nous reste une grosse minute,
09:57pour parler aussi des conditions de production de ces films.
10:01Est-ce que vous voyez, là, en 15 ans,
10:03des impératifs d'éco-production ?
10:07Alors, c'est énorme. Depuis 15 ans, déjà, on a vu que la qualité des films
10:13était, avait vraiment, on est plus proche du cinéma
10:17dans la qualité de l'image, dans la qualité de la narration, etc.
10:23Mais aussi, aujourd'hui, on ne produit plus comme avant,
10:26c'est-à-dire qu'on fait très attention à ce que, par exemple,
10:29un décor soit réutilisable, à éviter, par exemple,
10:33l'avion pour transporter l'équipe, on sera plutôt pour le train,
10:40pas l'éco-voiturage, mais le co-voiturage, plus exactement,
10:44et puis nourrir les équipes de films le plus possible
10:49avec des produits locaux et pourquoi pas végétariens également.
10:54Donc, c'est vrai que ça conditionne, même le CNC propose
10:57d'aider des subventions, donne des subventions au film
11:02à condition qu'il respecte un minimum toute cette partie d'éco-production.
11:07Merci beaucoup, François Morgan.
11:09Le festival Deauville Green Awards se tient le 3 juin prochain,
11:13remise des prix à la fondation Good Planet à Paris.
11:16Voilà, on passe à notre débat.
11:18Comment se porte la filière bois ?
11:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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