00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est François Morgan, bonjour, bienvenue, vous êtes le fondateur des Deauville Green Awards.
00:14C'est quoi, c'est un festival, c'est ça ?
00:16Ah oui, alors c'est tout à fait ça, c'est un festival, un festival qui récompense le meilleur des
00:22films engagés pour la transformation environnementale et sociétale.
00:27C'est un festival où s'inscrivent des films qui viennent du monde entier.
00:33Alors il a cette particularité, c'est qu'il est un peu hybride, dans la mesure où les films qui
00:38sont présentés sont à la fois dans trois compétitions.
00:42La compétition films d'entreprise, donc tout ce qui est communication d'entreprise, des films qui sont publicitaires, des films
00:49de sensibilisation, comme peut faire l'ADEME, on en parlera peut-être tout à l'heure.
00:53Et puis des films documentaires, télé et cinéma.
00:58D'accord, c'est pas seulement cinéma, c'est télé et cinéma. Pourquoi vous l'avez créé ? Il a
01:02quel âge d'ailleurs ce festival ?
01:04Alors là on va fêter nos 15 ans, donc c'est une époque, c'est une date un peu charnière.
01:10Il a été créé parce qu'à l'origine je suis producteur d'audiovisuels, de films et d'entreprises, de
01:17publicités et de documentaires.
01:19Et je tournais pour l'Agence française de développement dans des pays où la France participe à éviter la pauvreté
01:29en finançant des projets environnementaux.
01:32C'était il y a 15 ans et j'ai fait toute une série de mini-documentaires pour l'Agence
01:37française de développement et je trouvais pas de films, de festivals pour les présenter, pour valoriser.
01:44Parce que l'idée à travers les Deauville Green Awards, c'est de valoriser toute cette production audiovisuelle, toute cette
01:50créativité.
01:51Alors ce qui est intéressant justement d'avoir les 15 ans de recul, est-ce qu'il y a de
01:56plus en plus de films et de candidats ?
02:00Vous voyez ce que je veux dire ? Est-ce que ce sont des contenus qui deviennent de plus en
02:03plus importants ?
02:03C'est incroyable parce que quand on a commencé, il y avait une centaine de films.
02:06Finalement, c'était une production qui était assez rare.
02:10J'avais même vu une étude, les entreprises qui communiquaient sur ce qu'elles faisaient de bien, sur l'environnement
02:19ou sur les aspects sociétaux,
02:20étaient un peu vues de manière suspicieuse, pourquoi elles communiquent.
02:25Et voilà, donc, et aujourd'hui, alors ça a totalement changé, aujourd'hui c'est un axe de communication pour
02:32les entreprises
02:34qui est vraiment important pour embarquer et ses salariés.
02:37Mais qui n'en fait pas justement ? C'est ça le problème, c'est devenu tellement important que pratiquement
02:43toutes les entreprises communiquent
02:46autour de leurs enjeux environnementaux et sociétés.
02:48Pour le faire un festival comme le vôtre, il faut voir tous les films quasiment.
02:53Non, non, mais alors aujourd'hui, c'est plus tellement le nombre qui compte, c'est comment on va raconter
02:58l'histoire.
02:58C'est ça qui est important et c'est là où notre festival, il est important parce qu'il va
03:03récompenser les meilleurs, les meilleures histoires.
03:05Comment raconter l'environnement ? Comment raconter les enjeux sociétaux ?
03:09C'est plus autant la quantité. Il faut savoir juste qu'on a commencé par 100 films et aujourd'hui,
03:15on est à plus de 400 films d'inscrits.
03:17Donc voilà. Heureusement, on a 80 jurés qui y travaillent et qui sont en train de terminer leur sélection.
03:25Est-ce qu'il y a des thématiques ? Et si oui, quelles thématiques guident cette édition 2026 ?
03:31Alors, déjà, on a une base solide de 15 catégories qui vont de l'environnement aux aspects sociétaux à l
03:39'éco-innovation.
03:40Donc on se base, en général, chaque année, le festival prend en compte chaque année.
03:57Donc il y a des grandes catégories ?
04:01Voilà, il y a des grandes catégories.
04:03Alors c'est les très grandes catégories, climat, droit humain, économie sur qu'elle est ?
04:06Ou c'est même un peu plus précis que ça, en fait ?
04:08Oui, oui, c'est ça. C'est exactement ça. On part sur des catégories comme le climat, etc.
04:14Et chaque année, on organise aussi des tables rondes pendant ce festival et qui sont liées à ce que le
04:25gouvernement, chaque année.
04:27L'année dernière, en 2025, c'était la santé mentale qui était un des grands enjeux.
04:34Et cette année, ça continue parce qu'apparemment, en 2026, c'est toujours la santé mentale.
04:40Donc on a organisé plutôt cette année une table ronde sur l'IA qui transforme beaucoup les métiers dans l
04:48'audiovisuel.
04:49Et également les nouveaux récits, des tables rondes sur les nouveaux récits.
04:54Justement sur ces nouveaux récits, on va parler du Grand Prix de la publicité l'an dernier qui a été
04:59remis à l'ADEME
05:00avec une pub qui avait fait couler beaucoup d'encre sur les dévendeurs.
05:02On va évoquer ça dans un instant.
05:06Mais ce que vous évoquiez à l'instant, c'est-à-dire les nouveaux récits.
05:11Pendant longtemps, on ne s'en est pas vraiment préoccupé de cette question-là.
05:14On disait, bon ben voilà, il faut faire le constat.
05:16Il y a les scientifiques.
05:18On est dans un discours un peu anxiogène, parfois aussi culpabilisateur.
05:22J'y ai participé d'ailleurs comme d'autres.
05:24À quel point ils sont importants, ces nouveaux récits ?
05:26Ils sont essentiels.
05:27C'est un levier pour la transformation, pour nos nouveaux imaginaires.
05:34On pourrait imaginer avant les anciens récits.
05:37Les anciens récits, j'imagine dans les années 60, 70, 80.
05:41C'est toute l'American way of life.
05:44Où finalement, on voyait des films, des centaines de films de séries
05:49qui faisaient plutôt la promotion de la consommation.
05:53Il fallait avoir la voiture qui allait la plus vite.
05:56la plus grosse voiture, etc.
05:59Consommer, c'était...
06:00Donc aujourd'hui, on est plus en train d'essayer de changer un peu,
06:05à travers ces nouveaux récits, les mentalités,
06:07de manière à ce qu'on donne plus envie d'agir.
06:12On soit moins culpabilisant aussi,
06:14parce qu'il y a aussi beaucoup de films qui sont là aussi pour nous faire peur,
06:18qui sont anxiogènes.
06:19Et ce n'est pas forcément les meilleures idées pour faire bouger les gens.
06:23Mais ils font aussi grincer des dents.
06:27Ou alors, vous voyez, je faisais ça, ils gênent un peu aux entournures.
06:29La campagne des dévendeurs de l'ADEME,
06:32elle a provoqué des réactions assez fortes sur l'ADEME.
06:34Vous allez faire baisser la consommation,
06:38c'est une pub entre ces entreprises, etc.
06:40Ça peut faire peur aussi, parce que l'économie,
06:43elle dépend aussi de la consommation, j'imagine.
06:47La campagne des dévendeurs en est vraiment un exemple.
06:50C'est-à-dire que l'ADEME sensibilise le public à une consommation plus responsable.
06:57Et là, à travers cette publicité,
07:00oui, elle a crispé à l'époque le ministre de l'économie
07:05qui a dit « mais attendez, je reçois des appels de tous les commerçants
07:10parce qu'on est en train de casser leur business ».
07:13Le dévendeur, il était là pour,
07:15pas comme un conseiller pour vendre,
07:17mais comme un conseiller pour éviter l'achat.
07:20Réfléchissez avant d'acheter.
07:21Voilà, typiquement, il y a le premier spot que j'ai pu voir.
07:24Et j'en suis aussi vraiment un témoin fort
07:27puisque juste avant, je m'étais acheté une petite ponceuse
07:31pour poncer mes volets en disant
07:33« allez, plutôt que de prendre un peintre, je vais le faire moi-même ».
07:36Je suis allé acheter ma ponceuse.
07:38J'ai essayé de poncer.
07:39J'ai vu qu'au bout d'une heure, je n'avais pas avancé.
07:42Donc, j'ai fait venir un peintre.
07:43Et la campagne, elle raconte...
07:45C'est du vécu et ça me rappelle des souvenirs.
07:46Oui, carrément, la campagne, elle raconte l'histoire d'un monsieur
07:48qui rentre dans un magasin de bricolage,
07:50comme j'ai fait quelques temps avant,
07:51et qui cherche le vendeur,
07:55qui lui dit « ben non, moi je suis des vendeurs ».
07:56Plutôt que d'acheter votre ponceuse,
07:58regardez, là vous pouvez la louer.
08:00C'est quand même plus intelligent.
08:01Vous allez vous en servir combien de fois ?
08:02Voilà, donc j'ai une ponceuse à...
08:04Qui est neuve, que vous pouvez proposer, que vous pouvez louer.
08:07Elle est neuve, elle est servie une heure, simplement.
08:08Je lance un appel.
08:10Ce festival 2026 des Deux Villes Green Awards,
08:13il a un parrain prestigieux, c'est Yann Artus Bertrand.
08:17D'ailleurs, il va vous accueillir, je crois, pour la remise des prix.
08:19Oui, on a cette chance.
08:21C'est vrai que jusqu'à maintenant, jusqu'à l'année dernière,
08:25précisément, le festival se passait à Deux Villes.
08:29Pour des raisons diverses et variées,
08:32on s'est dit « tiens, on va se rapprocher un peu de Paris ».
08:35Et Yann Artus Bertrand, que j'avais la chance de connaître,
08:39m'a proposé de faire le festival dans son château.
08:44Parce que c'est un château, moi c'est pas son château,
08:45c'est un château qui est à l'intérieur du bois de Boulogne,
08:48qui est vraiment magnifique, avec une immense clairière.
08:51Et tous les festivaliers l'année dernière qui ont eu l'occasion de venir m'ont dit
08:54« c'est super, c'est génial ».
08:57Aller à Deux Villes, il y avait aussi des moments un peu sympathiques,
09:02même très sympathiques.
09:03Mais voilà, aujourd'hui, pour des facilités, Paris c'est bien aussi.
09:07Est-ce que, vous nous avez dit les films d'entreprise,
09:10la pub et les documentaires, il n'y a pas de fiction dans le festival ?
09:14Alors, il y a des fictions, mais à travers un autre concours
09:19qui s'appelle le « Young Creative Awards ».
09:22On a trois concours en parallèle, un concours jeune aussi, de 12-25 ans.
09:29Et donc, on essaye de rapprocher les jeunes, justement, des professionnels,
09:36pour qu'ils puissent avancer dans leur projet.
09:40Donc là, c'est quoi ? Ce sont des courts-métrages, c'est ça ?
09:42Oui, c'est ça. Ce sont des courts-métrages de fiction
09:44qui traitent, bien évidemment, soit des enjeux sociétaux,
09:48soit de l'inclusion, soit du climat.
09:51Et donc, c'est des concours qui amènent pas mal de jeunes.
09:56Un dernier mot, il nous reste une grosse minute,
09:57pour parler aussi des conditions de production de ces films.
10:01Est-ce que vous voyez, là, en 15 ans,
10:03des impératifs d'éco-production ?
10:07Alors, c'est énorme. Depuis 15 ans, déjà, on a vu que la qualité des films
10:13était, avait vraiment, on est plus proche du cinéma
10:17dans la qualité de l'image, dans la qualité de la narration, etc.
10:23Mais aussi, aujourd'hui, on ne produit plus comme avant,
10:26c'est-à-dire qu'on fait très attention à ce que, par exemple,
10:29un décor soit réutilisable, à éviter, par exemple,
10:33l'avion pour transporter l'équipe, on sera plutôt pour le train,
10:40pas l'éco-voiturage, mais le co-voiturage, plus exactement,
10:44et puis nourrir les équipes de films le plus possible
10:49avec des produits locaux et pourquoi pas végétariens également.
10:54Donc, c'est vrai que ça conditionne, même le CNC propose
10:57d'aider des subventions, donne des subventions au film
11:02à condition qu'il respecte un minimum toute cette partie d'éco-production.
11:07Merci beaucoup, François Morgan.
11:09Le festival Deauville Green Awards se tient le 3 juin prochain,
11:13remise des prix à la fondation Good Planet à Paris.
11:16Voilà, on passe à notre débat.
11:18Comment se porte la filière bois ?
11:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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