- il y a 2 jours
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19.
00:09Bienvenue dans le 18-19. On va beaucoup parler de géopolitique.
00:14Ce soir avec cette dernière menace de Donald Trump sur son réseau social.
00:18Aujourd'hui, une civilisation entière va mourir ce soir.
00:22Déclaration à quelques heures de la fin de l'ultimatum.
00:25C'est à 2h du matin heure française.
00:27De son côté, Téhéran menace d'étendre sa riposte au-delà de la région.
00:32Décryptage dans 5 minutes avec Djileli Benchaban, consultant en stratégie et géopolitique, directeur du cabinet C.O.S.
00:40Et puis on sera aussi en ligne avec Romuald Ciora, chercheur à l'Iris.
00:45Il sera en direct depuis New York.
00:47A 18h30, gros plan sur le marché du crédit privé qui est clairement dans une zone de turbulence aux Etats
00:54-Unis
00:54avec des retraits accrus, des défaillances d'entreprises et des limitations de rachats.
00:59Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, parle de bombes à retardement.
01:04Alors faut-il s'inquiéter ?
01:05Quelle est l'exposition des banques européennes et des assureurs ?
01:08Faut-il craindre un effet domino ?
01:11On va faire le point avec Stéphane Rudzinski, président et cofondateur de RetoRes Finance.
01:16Ce sera donc à 18h30.
01:18Et puis, Victor Orban va-t-il perdre les élections ?
01:21Ce dimanche, 9,5 millions de Hongrois vont voter pour renouveler leur parlement.
01:25Et l'actuel Premier ministre est distancé par Peter Maguiar,
01:30à tel point que le vice-président américain, Jai Divans, est arrivé aujourd'hui à Budapest pour le soutenir.
01:35On parlera des enjeux de cette élection à 18h45 avec Ulrich Bounat, spécialiste des Pays de l'Est.
01:43Mais d'abord, c'est le journal avec Erwan Maurice.
01:46Votre rendez-vous avec Tait.fr.
01:49Pour créer et gérer votre compte professionnel en toute simplicité.
01:53Tait.fr.
01:55Le journal.
01:57À 18h sur BFM Business, le journal avec Erwan Maurice.
02:00Bonsoir.
02:00Bonsoir Stéphanie.
02:01Et Erwan, les offensives se poursuivent en Iran et ce sont désormais des équipements civils qui sont visés.
02:06Des ponts, des infrastructures ferroviaires et une autoroute ont été touchés.
02:10Plusieurs trains ont été annulés après un avertissement d'Israël appelant des Iraniens à ne pas circuler,
02:15laissant augurer de nouvelles attaques.
02:18Plusieurs frappes américaines ont également eu lieu contre des cibles militaires sur l'île de Karg,
02:22le point névralgique de l'industrie du pétrole iranien.
02:25Donald Trump a fixé un ultimatum cette nuit à 2h00, heure de Paris.
02:30Il réclame le déblocage du détroit d'Hormuz et avertit, s'il n'est pas respecté,
02:34que l'Iran pourrait être détruit.
02:36Ce soir, la porte-parole de la Maison-Blanche dit que Donald Trump est le seul à savoir ce qu
02:40'il va faire.
02:41Pendant ce temps-là, J.D. Vance est en Hongrie.
02:44Le vice-président américain a fait le déplacement pour soutenir le Premier ministre Victor Orban,
02:48l'un des plus proches alliés européens des États-Unis.
02:51Des législatives ont lieu dimanche dans le pays.
02:53Et les sondages d'instituts indépendants prédisent une victoire écrasante du parti du conservateur pro-européen Peter Maguiar.
03:00Il est parvenu en moins de deux ans à construire un mouvement d'opposition.
03:05Son portrait est signé Clarisse Marion.
03:09Style sobre et ton posé, Peter Maguiar au milieu de la foule à Budapest brandit un drapeau hongrois.
03:15Ce conservateur de 45 ans est la figure d'opposition de Victor Orban.
03:19Contrairement à l'actuel Premier ministre, l'ancien diplomate à la tête du parti TISA souhaite apaiser les relations avec
03:24Bruxelles.
03:26Notre pays fait partie de l'Occident.
03:28Notre pays fait partie de la communauté européenne.
03:30Notre pays fait partie de l'OTAN.
03:35« Afin d'éliminer la corruption, nous adhérerons immédiatement au parquet européen. »
03:41Parmi ces combats, la corruption, l'influence russe, la pauvreté.
03:45Cet avocat de formation déterminé parle à un public large,
03:48puisque ses positions conservatrices sur l'immigration notamment séduisent une partie de l'électorat de Victor Orban.
03:55Même dans Sébastien, comme dans ce village au centre du pays, le doute s'installe.
03:59« Je me demande vraiment lequel serait le meilleur et pour lequel je devrais voter. Je ne sais pas encore.
04:06»
04:06« Il faut changer, changer, changer le gouvernement. »
04:09Un changement qui, en dehors de l'Ukraine, ne serait toutefois pas radical, selon les experts.
04:14La ligne politique de Peter Maguiar, résolument souverainiste, est souvent comparée à celle de Georgia Meloni.
04:20Et on reviendra sur les enjeux de cette élection avec Ulrich Bounat,
04:24analyste géopolitique spécialiste de l'Europe centrale et de l'Est, à 18h45.
04:31En France, de nouvelles aides ciblées à l'achat de carburant seront bientôt annoncées.
04:36Elles s'adresseront aux professionnels pour qui l'essence représente un poste de dépense important.
04:41Le gouvernement pense notamment aux aides soignantes, aux aides à domicile et à certains agriculteurs
04:45qui font encore face à des difficultés particulières, avec un litre à la pompe toujours très haut.
04:50Total Energy prolonge aussi son plafonnement des prix jusqu'à la fin du mois.
04:53L'essence à 1,99€, le diesel à 2,25€.
04:57Les syndicats qui sont reçus en ce moment à Bercy plaident, eux, pour un élargissement des aides.
05:02En tout cas, la hausse des coûts liés à la guerre au Moyen-Orient pénalise l'activité du secteur privé.
05:06D'après les dernières données PMI de S&P Global, les services ont connu le mois dernier leur plus forte
05:12contraction depuis octobre.
05:13La tendance est la même sur l'ensemble de la zone euro.
05:17Dans ce contexte, l'ABCE appelle les Européens à réduire leur dépendance aux importations d'énergie fossile,
05:22sans quoi l'institution prévient qu'elle aura du mal à garantir la stabilité des prix.
05:26Dans une note, elle réclame des investissements dans les énergies propres et produits localement.
05:32Dans l'actualité des entreprises, les grands magasins printemps annoncent des suppressions de postes.
05:36229 au total sur près de 3 000.
05:39Le siège et l'ensemble des magasins sont concernés.
05:42Celui de Rennes va même totalement fermer.
05:44L'enseigne fondée en 1865 invoque un ralentissement des ventes,
05:48une baisse du pouvoir d'achat, mais aussi la concurrence de la mode ultra-éphémère et de la seconde main.
05:53Des entreprises d'armement ont été visées par des opérations malveillantes la nuit dernière.
05:57Cela s'est passé dans trois communes du département du Cher.
06:00Des incendies coordonnées ont ciblé des installations électriques.
06:03La préfecture évalue le préjudice à plusieurs millions d'euros.
06:06Une enquête a été ouverte.
06:08Et puis aux Etats-Unis, le fonds américain Pershing Square, détenu par l'investisseur activiste Bill Ackman,
06:12propose de racheter Universal Music pour 55 milliards d'euros.
06:17A l'issue de la transaction que le fonds espère finaliser d'ici la fin de l'année,
06:22la nouvelle société née de cette fusion serait cotée à la bourse de New York.
06:26Il est 18h04, les marchés.
06:28Audi Business vous accompagne pendant votre rendez-vous.
06:31Avec l'Audi A5 à 20, disponible en hybride rechargeable.
06:38Avec vous Antoine Larigauderie, bonsoir.
06:40Bonsoir Erwan, bonsoir Stéphanie.
06:42Après avoir retrouvé les 8000 points en séance, Antoine, le CAC 40 termine finalement dans le rouge.
06:47Oui, beaucoup de volatilité, beaucoup de tensions.
06:48Donc le marché reste extrêmement prudent, moins 0,67%.
06:52Bon, on garde quand même les 7900 points, 7908 points.
06:56Baisse plus importante du côté des autres indices européens,
06:59notamment l'Eurostock 50 qui a perdu 1,05% et moins 1,06% pour le DAX à Francfort.
07:05A noter quelques titres qui ont vraiment fait l'actualité.
07:07Alors vous parliez d'Universal Music Group qui à la bourse d'Amsterdam a gagné un petit peu plus de
07:1311%,
07:14plus 11,4% en clôture.
07:17Mais la prime proposée est de 78%.
07:19Donc autant dire que le marché trouve que le compte n'y est pas.
07:23Énormément d'analyses se sont exprimées et jugent le montage en plus extrêmement compliqué
07:27dans un secteur qui reste compliqué avec des personnalités compliquées,
07:30que soit Bill Ackman, que soit Vincent Bolloré.
07:33Donc on reste un peu sur sa fin du côté des marchés sur cette opération.
07:37Vivendi en tout cas, on a profité pour gagner 9,1%.
07:40Plus forte hausse du SBF 120 à 2 euros.
07:43Eutelsat, deuxième plus forte hausse à plus 5,7% à 2,33.
07:46Estémicro, plus forte hausse du CAC 40, plus 4,2% à 30,30 euros.
07:51À noter Publicis aussi, on attend toujours une éventuelle confirmation quand même
07:55de ce qui pourrait être le marché du siècle pour Publicis,
07:57à savoir le fait d'avoir remporté le budget comme émédia de Microsoft,
08:02au nez à la barbe de Densu, qui le contrôlait depuis quelques années.
08:07On serait sur un marché à 700 millions d'euros.
08:09Mais pour l'instant, rien ne filtre officiellement du côté de Publicis.
08:12Mais le titre a encore gagné du terrain aujourd'hui et gagne quand même 9% en une semaine.
08:16Du côté des titres à la baisse, moins 3,7% pour Stellantis, 6,33 euros.
08:21Kering, moins 2,83, 257,75 euros.
08:24Évidemment, on s'est défait de tous les titres « risk on », comme on dit, les actifs risqués.
08:30Du côté du marché obligataire, le 10 ans français, 3,78, on a quand même pas mal grimpé.
08:363,08 pour le 10 ans allemand, 4,34 pour le 10 ans américain.
08:42Et puis le pétrole, 109,62 dollars pour le baril de Brenne-de-Mer du Nord.
08:45Et le brut léger américain reste largement au-dessus à 115,17.
08:49Le CAC, donc, moins 0,67%, 7,908 en clôture.
08:53Et puis les volumes d'échanges, quand même relativement actifs, à 4,1 milliards d'euros.
08:56– Merci Antoine, merci Erwan. On vous retrouve à 19h pour le 19h éco.
09:02En attendant, la fin de l'ultimatum de Donald Trump à l'Iran se rapproche.
09:06Il expire dans moins de 8 heures et le président américain maintient la pression.
09:10Il menace d'anéantir une civilisation dans les prochaines heures.
09:14On fait le point dans un instant, à tout de suite.
09:16BFM Business et la Tribune présentent le 18-19.
09:22– Bienvenue sur BFM Business, vous nous rejoignez pour le 18-19.
09:28L'ultimatum lancé par Donald Trump à l'Iran expire cette nuit à 2h du matin, heure française.
09:34Le président américain exige la réouverture du détroit d'Hormuz.
09:37En parallèle, il affirme qu'une civilisation entière va mourir ce soir.
09:42Le baril de WTI s'installe au-dessus des 115 dollars.
09:47Il a pris près de 40% depuis le début de la guerre il y a presque 40 jours.
09:51– Bonjour, bonsoir Gilel Ibn Shabbat.
09:53– Bonsoir.
09:53– Vous êtes consultant en stratégie et géopolitique,
09:56directeur du cabinet CEOS Stratégie et Conseil.
10:00Et puis on est aussi en ligne avec Romuald Siora.
10:03Bonsoir, vous êtes chercheur à l'Iris et vous êtes en direct depuis New York.
10:09Romuald Siora, je commence avec vous.
10:12Donald Trump qui menace d'anéantir une civilisation dans les prochaines heures.
10:16La Maison-Blanche, à l'instant, qui vient de dire que Donald Trump
10:20est le seul à savoir ce qu'il va faire en Iran.
10:24Est-ce qu'il faut prendre au sérieux ces déclarations ?
10:27– Écoutez, oui, il faut prendre au sérieux ces déclarations.
10:30Trump s'est piégé lui-même avec cette guerre en Iran.
10:33N'oublions pas qu'il l'a fait sans écouter et à l'encontre des avis de Gideven,
10:38son vice-président, ou de Cizzi Witts, la secrétaire générale de la Maison-Blanche,
10:42qui vraiment son bras droit est de la plupart des généraux du Patagone.
10:45Il s'est jeté à camp perdu dans cette guerre parce qu'il voulait arriver
10:49pour le 250e anniversaire des États-Unis, 4 juillet prochain,
10:52avec un deal obtenu avec l'Iran.
10:54Pour obtenir ce deal, il a mis une pression pas possible
10:56en déployant une flotte comme on n'avait pas vu depuis 2003.
10:59Il a fallu, n'obtenant pas son deal,
11:01qu'il justifie cette gesticulation auprès des Américains,
11:04poussé en parallèle par Netanyahou,
11:05la vifle qui lui a été infligée par la Cour suprême le 20 février dernier
11:09sur sa politique de taxation, donc humiliée à la maison à l'extérieur.
11:12Donc bref, Trump s'est lancé dans cette guerre contre la vie de tous
11:16et sans aucune stratégie.
11:17C'est pourquoi depuis à peu près 2-3 semaines,
11:20il cherche une sortie de secours à tout prix,
11:22il est prêt à des compromis.
11:24Un jour, les nouveaux dirigeants iraniens sont des gens très intelligents,
11:27un autre jour, il va les exterminer.
11:28Bref, malheureusement pour lui, les Iraniens ne cèdent pas pour l'instant.
11:31Ils savent très bien que s'ils acceptent toutes les conditions de Trump,
11:34les bombardements pourront reprendre dans 6 mois ou dans 1 an.
11:36Donc bref, il faut monter la pression.
11:37Donc aujourd'hui, Trump n'a pas d'autre solution que la fuite en avant.
11:41Et donc pour répondre clairement à votre question,
11:43j'avais déjà parlé d'armes non conventionnelles
11:46il y a quelques semaines sur votre plateau et sur d'autres.
11:49Ira-t-il jusqu'à utiliser une bombe atomique ?
11:52Je ne pense pas.
11:53Mais on pourrait le voir utiliser,
11:55vous savez, la mer des mers,
11:57cette bombe qu'il avait déjà utilisée en Afghanistan
11:59lors de son premier mandat.
12:00En tout cas, oui, Trump, aujourd'hui,
12:03s'il n'obtient pas ce qu'il veut,
12:04c'est-à-dire se sortir de cette guerre au plus vite,
12:07nous risquons d'assister à une fuite en avant dans la violence.
12:10Et donc il faut prendre très au sérieux ce que dit Donald Trump.
12:12On va revenir sur le risque d'escalade nucléaire.
12:15Mais d'abord, Jilali Benshaban,
12:18on a vu la capacité de résistance des gardiens de la Révolution.
12:21Ça fait 40 ans qu'il se prépare à cette guerre.
12:26Est-ce que les Américains peuvent vraiment anéantir
12:29la structure même du pouvoir des gardiens de la Révolution,
12:33qui est une structure en mosaïque en quelque sorte ?
12:36L'atteinte de cet objectif n'est pas faisable.
12:39Et on le voit.
12:40Si aujourd'hui, les États-Unis, via Trump,
12:43s'en prennent aux infrastructures civiles,
12:45ça démontre que finalement,
12:47les objectifs militaires qui avaient été désignés au départ
12:49sont aujourd'hui dans une logique d'impasse.
12:52On le voit.
12:53Les infrastructures ont été frappées,
12:54des têtes ont été décapitées.
12:56Et pourtant, le régime se maintient
12:58parce qu'il est plus complexe.
12:59Il est beaucoup plus dense qu'ils ne l'avaient imaginé
13:02parce qu'ils ont aussi délégué à des échelons locaux
13:06des marges de manœuvre opérationnelle.
13:07C'est ce qui rend finalement l'affaiblissement réalisable,
13:12mais l'effondrement pas possible.
13:14Et aujourd'hui, face à cet impasse,
13:15on se rend compte qu'on est dans une logique d'escalade militaire,
13:18ce qui a été évoqué très justement,
13:20avec non seulement des infrastructures civiles
13:23qui sont ciblées désormais,
13:24mais aussi ces menaces de mettre, entre guillemets,
13:27une civilisation en voie d'extinction.
13:29Ce qui est assez sidérant de la part d'un chef d'État
13:32puisque les propos relèvent même d'un cadre
13:35qui peut faire l'objet de poursuites au niveau international.
13:38Il a dit qu'il s'en fichait d'ailleurs de ce risque-là.
13:41Mais ce dont se rend peut-être pas compte
13:43le locataire de la Maison-Blanche,
13:45c'est que cette guerre, au-delà de son impact économique,
13:47de son impact militaire,
13:49elle a aussi un effet qui poursuivra les États-Unis
13:52en termes réputationnels.
13:53Elle a fracturé un certain nombre d'alliances et de doutes.
13:56On le voit dans cette guerre
13:57où les États-Unis sont en binôme avec Israël,
14:00mais les alliés européens n'ont pas suivi.
14:03Même les Five Eyes,
14:04c'est-à-dire les membres qui ont toujours été aux côtés des États-Unis,
14:07la Grande-Bretagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande,
14:10l'Australie ne suivent pas.
14:12Aujourd'hui, les États-Unis sont dans un conflit
14:14qu'ils avaient imaginé beaucoup plus facile,
14:18en tout cas beaucoup plus réalisable du point de vue opérationnel,
14:21et qui finalement les conduit à une impasse
14:23parce que dans cette guerre,
14:25l'asymétrie s'est déportée du domaine militaire vers le domaine économique,
14:29et ce combat du spectre économique versus puissance militaire américaine
14:33conduit aujourd'hui Trump à devoir accélérer
14:36parce qu'il se rend compte que les répercussions
14:38sont telles sur le plan économique,
14:40notamment au travers du détroit d'Hormuz,
14:41qui le conduisent à trouver une issue,
14:43quoi qu'il en coûte.
14:44– Et s'il passe à l'acte et déclenche l'enfer en Iran,
14:48comme il le dit, c'est quoi la suite ?
14:51Qu'est-ce que ça veut dire derrière ?
14:53– Cette notion d'enfer est d'autant plus inquiétante
14:56qu'il faut se souvenir que les gardiens des révolutions,
14:58et il y a de ça je crois à peine quelques heures,
15:00ont eux-mêmes prévenu les États-Unis
15:02qu'en cas de mise en œuvre des menaces proférées par le président Trump,
15:06eux-mêmes s'attaqueraient aux infrastructures énergétiques
15:09et de gaz des pays du Golfe,
15:13ce qui signifie qu'ils plongeront encore plus en difficulté une région
15:16et par ricochet l'ensemble de la planète
15:20autour d'un système qui est déjà en tension
15:22et sur lequel il ne faudrait pas justement créer
15:25cette forme de pression supplémentaire.
15:27Donc est-ce que Trump prendra le risque
15:28d'aller dans cette espèce de jeu
15:30où chacun essaie de poser une condition maximaliste
15:34pour faire aboutir l'autre à une forme de concession ?
15:37C'est la question qui se pose.
15:39Ça veut dire qu'il va devoir passer
15:41obligatoirement par une invasion terrestre
15:43s'il passe à la vitesse supérieure
15:47parce que qui dit invasion terrestre
15:49dit aussi sécurisation du détroit d'Hormuz
15:52pour sécuriser les bases.
15:54Ça veut dire une présence long terme
15:56dans la région et sur le terrain ?
15:58Je pense qu'à ce stade,
15:59ce n'est pas envisageable.
16:00Pourquoi ?
16:00Parce qu'il y a déjà cette prise de risque.
16:02Il faut souvenir qu'on reste toujours
16:03en tout cas du côté des États-Unis
16:05autour de cette doctrine du zéro mort.
16:07Et on l'a vu d'ailleurs dans les efforts
16:09qui ont été déployés pour récupérer
16:10les pilotes qui avaient été touchés
16:12parce qu'au niveau de l'opinion publique américaine,
16:15cela ne passerait pas.
16:16Et puis il faut se souvenir
16:16que le traumatisme du conflit en Irak
16:19et en Afghanistan
16:20avec les milliers de combattants morts
16:23et les dizaines de milliers de blessés
16:24sans compter le prix de cette guerre
16:26qui se chiffre à des milliers de milliards de dollars
16:29pèsent encore.
16:30Est-ce que Trump prendra le risque
16:32même dans le cadre d'une opération éclair
16:34de déployer des troupes
16:35qui n'auront pas de toute façon vocation
16:37ou capacité à se maintenir dans la durée ?
16:39Ce serait d'autant plus risqué
16:40qu'il n'obtiendrait qu'une sorte de victoire
16:43temporaire à l'apyrus.
16:44Est-ce que ça vaudrait le coup ?
16:46Ce serait totalement insensé.
16:48D'autant que dans ce scénario long terme,
16:51il y a la donnée opinion publique,
16:55Romuald Siora,
16:57opinion publique aux Etats-Unis
16:59parce que Donald Trump,
17:01il a un agenda,
17:02il a un agenda interne
17:04et l'échéance qui est très importante,
17:07c'est les mi-termes au mois de novembre.
17:10Tout ce qui vient d'être dit est juste
17:12et ce que vous dites vous-même l'est tout autant.
17:16Quand je dis que Trump est en train
17:18de chercher une sortie de secours,
17:19c'est pour une raison pure et très simple.
17:23Qu'est-ce qui lui reste sur le terrain ?
17:24Il ne lui reste pas beaucoup d'options
17:26à part d'utiliser l'arme atomique
17:27et de détruire une civilisation.
17:29Ce qu'il pourrait techniquement.
17:30Les Etats-Unis peuvent réduire l'Iran ensemble
17:33en l'espace de quelques heures.
17:35Mais sinon, qu'est-ce qui lui reste ?
17:36Il lui reste à poursuivre des bombardements
17:38pendant quelques semaines
17:39qui vont être très coûteux.
17:40Déjà, des soldats américains sont morts.
17:42Il y aura d'autres pertes.
17:44Deuxième option,
17:46une opération terrestre d'envergure.
17:49Si on veut véritablement contrôler l'Iran,
17:50il faudrait 100 000, 200 000 hommes,
17:52un peu comme en Irak.
17:53Et comme ça vient d'être expliqué,
17:54cela n'aura pas lieu.
17:56Cela serait véritablement une hécatombe
17:58côté américain
17:59et Trump ne s'en relèverait pas.
18:00Donc bref, il reste le compromis
18:02ou la fuite en avant.
18:03Jusqu'à présent,
18:04il a essayé de trouver sa porte de sortie
18:06avec le compromis.
18:07Il n'y arrive pas.
18:07D'où les craintes.
18:08On va en reparler de cette fuite en avant.
18:10Tout cela parce que,
18:11effectivement, vous avez raison,
18:13l'obsession de Trump,
18:14c'est son électorat,
18:15c'est sa base MAGA,
18:16cette base fanatisée
18:17qu'il a suivie le 6 janvier 2021
18:19lors de l'assaut contre le Congrès
18:20et dont il pourrait avoir besoin
18:22dans des circonstances similaires.
18:23Comme je vous le disais,
18:24Trump n'est pas un homme seul aujourd'hui.
18:26Ce n'est pas Trump premier mandat.
18:27Il a été élu avec l'aide
18:28de l'extrême droite américaine
18:29et de l'extrême droite ultra-radicale
18:31dont les principaux représentants
18:32sont les personnes
18:33dont on parlait tout à l'heure.
18:34J.D. Vance, le vice-président.
18:35Suzy Wills, la secrétaire générale
18:36de la Maison-Blanche.
18:37Et ces personnes ont un agenda
18:38très précis pour les États-Unis.
18:40Mettre en place un régime semi-autoritaire
18:42sur le modèle de l'Hangry-Victor-Robin,
18:44on y est,
18:44et mener une contre-révolution conservatrice.
18:49Bref, pour mener à bien ces objectifs,
18:52il ne faut pas que quelque chose
18:54vienne enrayer le projet.
18:55Et cette guerre en Iran,
18:56qui est la guerre de Donald Trump,
18:58aujourd'hui est en train de fragiliser
18:59la base MAGA et l'électorat républicain
19:01dans son ensemble.
19:02Pour la première fois,
19:03alors que tout avait glissé
19:04depuis dix ans sur Trump,
19:05les scandales sexuels,
19:06Epstein, etc.,
19:07pour la première fois,
19:08sa base est en train de se détourner.
19:09Donc bref, effectivement,
19:11tout ce petit monde est très inquiet
19:12pour novembre,
19:13car l'objectif était
19:14de contester les résultats
19:16si ceux-ci avaient été
19:19de quelques sièges
19:19à la Chambre des représentants.
19:20Mais si on assiste
19:21à une bérésina
19:22et à une paire de 50 sièges
19:24à la Chambre des représentants
19:24et à la paire du Sénat,
19:25il sera beaucoup plus difficile
19:26de contester tout cela.
19:28Oui, parce que là,
19:29Romuald sera actuellement
19:30aux États-Unis.
19:31Le gallon de pétrole,
19:33il est à 4 dollars.
19:34On se rapproche d'une hausse
19:36de 40% du gallon
19:37depuis le début de la guerre,
19:38presque 40 jours.
19:40Les prix alimentaires
19:41continuent de monter,
19:42alors que le pouvoir d'achat
19:43est toujours sous pression là-bas.
19:46Les taux montent aussi
19:47alors que les ménages américains
19:48sont endettés.
19:50Est-ce que là,
19:52ça veut dire que Donald Trump
19:53est en quelque sorte
19:54au pied du mur
19:54avec une situation intérieure
19:56extrêmement compliquée
19:57et une situation
19:58à l'international
19:59où, clairement,
20:00comme le disait
20:01Djilali Ben Shaban,
20:03il n'a pas ses alliés
20:05habituels autour de lui ?
20:08Exactement.
20:08Et il commence même
20:09à être lâché
20:10par son entourage.
20:11N'oublions pas
20:12que des gens comme Djilali Ben
20:13se parient sur l'avenir
20:14et donc ne veulent pas
20:16porter l'ardois,
20:17si je puis dire,
20:18de cette guerre en Iran.
20:19Effectivement,
20:20où le bas blesse toujours
20:21à Trump,
20:22c'est l'économie.
20:22Et là,
20:23son électorat,
20:24les Américains en général,
20:25sont touchés
20:26par les prix,
20:28comme vous dites,
20:29de l'essence.
20:30N'oublions pas
20:30que nous sommes dans un pays
20:31où la vie
20:31est extrêmement chère.
20:33à titre personnel,
20:34je paye 2000 dollars
20:34d'assurance santé par mois.
20:36Plus de 30 millions
20:37d'Américains
20:38n'ont aucune assurance santé.
20:39Donc,
20:39quand les prix de l'essence
20:41augmentent de près de 40%,
20:42ce qui est déjà dramatique
20:43dans d'autres pays,
20:44aux États-Unis,
20:45c'est une crise existentielle
20:48pour de nombreuses familles.
20:48Donc,
20:49c'est pourquoi son électorat,
20:51d'habitude,
20:52qui s'y soudait derrière lui
20:54et qui l'aurait suivi
20:55jusqu'en enfer,
20:56est aujourd'hui
20:57en train de se détourner
20:59d'un président,
21:00rappelons-le,
21:00qui a été élu
21:01sur la promesse
21:02de ne pas entraîner
21:04des États-Unis
21:04dans une de ces guerres
21:05style Irak-Afghanistan
21:07où les morts américains
21:09s'agglutinent
21:10et qui pourraient sembler
21:12sans fin.
21:13Visiblement,
21:14les Américains
21:14ne sont pas convaincus
21:15par les derniers discours de Trump
21:16et ne voient pas d'issue
21:17à ce conflit.
21:18Donc,
21:18une fois encore,
21:19puisqu'ils n'arrivent pas
21:20à trouver un compromis
21:21avec l'Iran,
21:21oui,
21:22il faut prendre au sérieux
21:23ces menaces.
21:24Nous pourrions assister
21:24dans les prochaines heures
21:26à des bombardements
21:28plus qu'intensifs
21:29sur l'Iran.
21:31Jilali Ben Shabad,
21:32comment,
21:34si Donald Trump
21:35déclenche l'enfer
21:35comme il menace
21:37de le faire
21:37depuis 24 heures
21:39et si on prend
21:39le scénario
21:40à long terme,
21:42comment les Américains
21:44vont-ils faire
21:44pour ne pas se mettre
21:45à dos
21:46une population iranienne,
21:4890 millions d'habitants,
21:50population iranienne
21:50extrêmement éduquée
21:53et aussi patriotique ?
21:55Ils n'aiment pas forcément
21:56les gardiens de la révolution
21:57mais il n'empêche,
21:58ils n'aiment pas
21:58se faire bombarder
21:59pour autant.
22:00La stratégie américaine
22:02de fuite en avant
22:03autour du torpillage
22:05des infrastructures civiles
22:06a déjà commencé
22:07à retourner l'opinion.
22:08La première erreur
22:09d'appréciation
22:10dans cette volonté
22:11de coaliser
22:12la population
22:12versus les autorités iraniennes
22:14a été de viser
22:15les infrastructures civiles.
22:16Lorsque vous touchez
22:17les infrastructures civiles,
22:18c'est la population
22:19qui est tout de suite
22:20mise en difficulté.
22:21Or, les réactions
22:23qui venaient
22:23de certains
22:24des correspondants
22:25présents encore
22:25en Iran
22:26mettaient en avant
22:27le fait que la population
22:28ne comprenait pas
22:29pourquoi les bombardements
22:31ciblaient à ce point
22:33le quotidien
22:34de ces populations
22:34alors qu'il est déjà
22:35assez complexe.
22:36Et on voit bien
22:37en plus
22:38que le process
22:39qui conduit aujourd'hui
22:40Trump
22:41n'est absolument pas lié
22:42à une volonté
22:43de démocratisation
22:44de l'Iran.
22:45C'est un objectif
22:46qui est totalement
22:46laissé de côté
22:48et qu'on est totalement
22:49focalisé sur cette idée
22:50d'avoir une victoire
22:51parce qu'il y a
22:51une échéance électorale
22:52qui se dessine,
22:53qu'on est face
22:54à une situation
22:54où la pression économique
22:55devient de plus en plus complexe.
22:57Et je tiens à rappeler aussi
22:58que les États du Golfe
22:59dont le principal
23:01l'Arabie Saoudite
23:02vit aujourd'hui
23:03une situation
23:04plus que complexe
23:05au regard
23:06des perturbations
23:07qu'il vit
23:07dans son projet
23:08de diversification économique.
23:10Et même si ce conflit
23:11devait s'arrêter
23:12dans les semaines à venir,
23:13il faut rappeler
23:14que cette notion
23:15d'insularité
23:16et de territoire
23:18exempté
23:18des conflits
23:19du Moyen-Orient
23:20a volé en éclats.
23:21Donc ce conflit
23:22a remis en cause
23:22le modèle
23:23des États du Golfe.
23:24Et pour ces États,
23:25il va y avoir aussi
23:26la question
23:26de l'après-conflit
23:28et du rapport
23:28aux États-Unis.
23:30Les États-Unis
23:30ne prennent pas forcément
23:31en considération
23:32le fait
23:33que d'autres acteurs
23:34en toile de fond,
23:35je pense notamment
23:35à la Chine
23:36mais également
23:36à la Russie,
23:37vont être à la manœuvre
23:39pour se positionner
23:40comme des acteurs
23:40plus stables,
23:42plus sérieux
23:42et moins en capacité
23:44d'entraîner cette région
23:45dans le désordre
23:46et de le chaos.
23:47Et bien alors justement,
23:48est-ce que l'Iran
23:50peut s'imposer
23:51peu à peu
23:52comme une nouvelle
23:53puissance régionale
23:55voire mondiale
23:56avec un axe
23:57Chine-Russie-Iran
23:58et la maîtrise
23:59du Détroit ?
24:01Je pense que
24:01pour la configuration
24:02iranienne,
24:03le premier élément
24:04va être celui
24:05de la consolidation
24:06dans l'après-conflit.
24:07La question
24:08de la puissance
24:09et de l'influence,
24:10l'Iran a toujours été
24:11un acteur régional
24:12d'importance.
24:13Donc si le régime
24:14se maintient,
24:14il a de fortes chances
24:15de se maintenir,
24:17son statut
24:17ne sera pas remis en cause.
24:18Tout en sachant
24:19que la géographie
24:20étant ce qu'elle est,
24:21les États du Golfe
24:22devront de toute façon
24:23composer.
24:24Mais,
24:24et là encore,
24:25il y a un mais
24:25qui est extrêmement important,
24:26c'est que la situation
24:27dans laquelle
24:27aura mis Washington
24:28ses alliés
24:29va certainement peser
24:31dans la redéfinition
24:32des pactes diplomatiques,
24:34des alliances sécuritaires
24:35et surtout,
24:36le pacte sécuritaire
24:37qu'unissait
24:38les États du Golfe
24:40à Washington
24:40a démontré sa limite
24:42puisqu'il n'a pas été
24:43en capacité de protéger
24:44les infrastructures
24:45et la zone.
24:46Donc finalement,
24:47ce pacte autour
24:48d'une sorte de deal
24:50où l'accès aux ressources
24:51énergétiques
24:52se faisait sous couvert
24:53d'une protection américaine
24:54a démontré aujourd'hui
24:56non seulement sa limite
24:57mais aussi une forme
24:58d'impasse
24:59qui nécessitera forcément
25:00pour ces États
25:01de repenser
25:02ce que sera
25:03l'architecture régionale
25:04avec les États-Unis
25:06peut-être
25:06mais en tout cas
25:07avec d'autres acteurs
25:08certainement.
25:09Oui,
25:09parce que le risque
25:09c'est aussi potentiellement
25:11de perdre
25:11ces alliés-là
25:13dans la région
25:13selon les chiffres
25:14des Nations Unies
25:15le blocage
25:15du Détroit d'Hormuz
25:16représente un manque
25:17à gagner
25:17de 186 milliards
25:19de dollars
25:20pour les pays
25:21du Golfe.
25:22Quel est
25:23leur moyen
25:24de pression
25:25sur les États-Unis
25:26au moelle de Siora
25:27ces pays du Golfe ?
25:29Écoutez,
25:30leurs moyens de pression
25:31sont d'importance
25:34économiques
25:34liées aux ressources naturelles
25:36mais nous sommes aujourd'hui
25:38face à un homme
25:39de Donald Trump
25:40parce que ce n'est vraiment
25:41je le répète
25:41ce n'est pas la guerre
25:42de l'administration actuelle
25:43c'est la guerre
25:43de Donald Trump
25:45qui pourrait se moquer
25:46de tout cela.
25:47Une fois encore
25:48son obsession
25:49c'est son électorat maga
25:51et la poursuite
25:52de la mise en place
25:53de cette présidence autoritaire.
25:54Donc on pourrait imaginer
25:55qu'il fasse fi
25:56de toutes les pressions
25:57qui pourraient être faites
25:59sur lui
25:59par ses alliés
26:00et qu'il déclenche
26:02le feu de l'enfer
26:03pour reprendre
26:03l'une de ses expressions
26:04sur l'Iran
26:04car cela lui permettrait
26:07à Loré
26:08au début du nouvel
26:09enfin nous serions
26:10dans une crise internationale
26:12comme on n'en a pas connu
26:12depuis des décennies
26:14voire plus
26:15de renforcer son pouvoir
26:17aux États-Unis
26:17n'oublions pas
26:18que hier encore
26:19ou avant-hier
26:20il s'en est pris
26:20lors d'une conférence
26:21de presse
26:21aux médias
26:22en disant que ceci
26:24contribuait à la défaite
26:25des États-Unis
26:27en Iran
26:28et que si nécessaire
26:29il décréterait
26:30l'état d'urgence
26:30ce n'est pas la première fois
26:31qu'il nous en parle
26:31donc on pourrait imaginer
26:32que si la guerre
26:33s'accélérait
26:33s'il y avait une fuite
26:34en avant
26:37en Iran
26:38concernant
26:39la violence
26:39des bombardements
26:40on pourrait imaginer
26:41que Trump
26:41en profite
26:42avec ses amis
26:43pour renforcer
26:44son pouvoir à la maison
26:45donc tout ça
26:46pour vous dire
26:46que oui
26:47il peut y avoir
26:47des pressions
26:48de la part
26:48de ses alliés
26:49mais nous sommes
26:50aujourd'hui
26:51face à un président
26:51et à une administration
26:55pour lesquelles
26:55l'idéologie prime
26:57avant le réalisme
26:58politique
26:59et géopolitique
27:00Jileli Ben Shaban
27:02l'Iran met en garde
27:03contre des représailles
27:05dévastatrices
27:07si les menaces américaines
27:09sont mises à exécution
27:10et prévient
27:11que sa riposte
27:11s'étendra
27:12au-delà de la région
27:13si les États-Unis
27:14franchissent
27:15les lignes rouges
27:16c'est quoi
27:16les lignes rouges
27:17et ça veut dire quoi
27:18ces représailles
27:19au-delà de la région
27:20ça peut vouloir dire
27:21que certaines bases
27:23de l'OTAN
27:24qui sont situées
27:25au niveau des limites
27:26capacitaires
27:26des missiles iraniens
27:28pourraient être touchées
27:29il y a certains missiles
27:30il faut le rappeler
27:31qui ont été lancés
27:32en direction de Chypre
27:34donc à partir de là
27:35l'Iran considérera
27:37en tout cas
27:37au travers des gardiens
27:38de la révolution
27:38si on va dans cette logique
27:40d'escalade ultime
27:41autant aller jusqu'au bout
27:43de cette logique
27:43et démontrer au président Trump
27:45qui ne comprend que
27:46le rapport de force
27:47que eux aussi sont prêts
27:48à aller jusqu'à cette notion
27:50d'annulation
27:52puisque véritablement
27:53le dialogue
27:53n'existe plus
27:55ou il existe à la marge
27:56au travers de ces menaces
27:58systématiques
27:59ce qui est assez terrible
28:00et je reprends les propos
28:01qui ont été évoqués
28:02à juste titre
28:03par Romuald
28:03c'est que l'architecture
28:05internationale
28:05qui était déjà mal en point
28:06est totalement achevée
28:07les alliances aujourd'hui
28:08n'ont plus de sens
28:09l'OTAN a été vidée
28:10de sa substance
28:12l'Union Européenne
28:13regarde sidérer
28:15un acteur
28:16qui non seulement
28:16ne le consulte pas
28:19n'essaye pas
28:20de composer avec lui
28:22sur une capacité
28:24à pouvoir résoudre
28:25ce conflit
28:26et pire encore
28:27on est face à un président
28:28qui est tellement
28:29omnubilé
28:30par sa volonté
28:31d'obtenir une victoire
28:32ou un gain
28:32à présenter
28:33à sa base politique
28:37qu'il laisse de côté
28:38tous les effets
28:39et toutes les conséquences
28:40d'une crise
28:40où chacun reste sidéré
28:42par cette escalade verbale
28:43qui démontre que
28:44ce n'est pas un chef de l'État
28:45aujourd'hui
28:46qui guide une administration
28:47mais c'est un homme
28:48et son hubris
28:49qui aujourd'hui conduisent
28:50une Amérique
28:50vers un destin
28:51dont on ne comprend pas
28:52trop la trajectoire
28:53Vous parliez d'escalade verbale
28:55Romuald Sciorra
28:56est-ce que la crainte
28:58aujourd'hui
28:59c'est aussi l'escalade nucléaire ?
29:02Alors écoutez
29:03il faut quand même
29:03parler de cela
29:04avec précaution
29:05mais depuis plus d'un an
29:07que Trump
29:08est revenu au pouvoir
29:09ce qui nous semblait
29:10impossible hier
29:13a été prouvé possible
29:14bref
29:15est-ce que Trump
29:16pourrait aller
29:17jusqu'à
29:18l'utilisation
29:19de certaines armes
29:21nucléaires ?
29:22Je pense que
29:23s'il n'arrive
29:25absolument pas
29:26à trouver
29:27un compromis
29:29vous savez
29:29si le détroit d'Ormus
29:32est réouvert
29:32il se contentera
29:33de cela
29:33et il ira
29:34clamer victoire
29:35face aux américains
29:36une pirouette
29:37à la vénézuélienne
29:38comme je dis
29:38en disant
29:39maintenant l'Iran
29:39me mange dans la main
29:40on passe à autre chose
29:40et ça sera probablement
29:41Cuba
29:41pour faire oublier
29:43cette défaite
29:44car il s'agira
29:45quand même d'une défaite
29:45pour les Etats-Unis
29:47mais s'il n'obtient
29:48aucune concession
29:50oui
29:50effectivement
29:51il pourrait aller
29:52très très loin
29:53est-ce que cela ira
29:54jusqu'à l'usage
29:55de l'arme nucléaire ?
29:56N'oublions pas
29:57quand même une chose
29:58effectivement
29:58les Iraniens
29:59l'ont prouvé
30:00ils peuvent riposter
30:01mais si on regarde
30:03les choses
30:04d'un peu plus haut
30:04les Iraniens
30:06ne peuvent pas
30:06détruire deux quartiers
30:07de New York City
30:08tandis que les Etats-Unis
30:09peuvent totalement
30:10raser l'Iran
30:11donc il y a quand même
30:12un rapport de force
30:13asymétrique
30:15donc il est à espérer
30:16il est à espérer
30:17qu'un compromis
30:18sera trouvé
30:19mais je dirais
30:21que c'est aujourd'hui
30:22entre les mains
30:22du régime
30:24de Théhéran
30:24Adjil Ali Benchaban
30:26votre position
30:27sur la possible escalade
30:29nucléaire
30:29la Maison Blanche
30:30dément ce soir
30:31J'y crois pas
30:32et j'ose encore
30:33penser que
30:34l'administration
30:36a encore
30:36la capacité
30:37à pouvoir raisonner
30:38y compris sur
30:39l'usage même limité
30:40d'une arme nucléaire
30:41tactique
30:42c'est à dire
30:42qui ne viserait pas
30:43à une déflagration totale
30:45mais à une frappe
30:46restreinte
30:47à une zone
30:48mais je ne pense pas
30:49qu'on soit dans ce cadre
30:50car Trump enclencherait
30:51une mécanique
30:52qui pour le coup
30:53serait non seulement
30:55traumatisante
30:56au regard de l'histoire
30:58que nous avons traversée
30:59mais qui créerait
31:01un précédent
31:01et surtout
31:02qui libérait
31:02un certain nombre
31:03de forces
31:03car qui dit
31:04utilisation d'une arme
31:05tactique
31:06sur le territoire
31:07iranien
31:08moi je renvoie
31:08à un autre théâtre
31:09plus proche de nous
31:10en Europe
31:11qu'est-ce qui empêcherait
31:12dans ce cas-là
31:12Poutine de l'utiliser
31:14également dans le cadre
31:14de son conflit
31:15en Ukraine
31:16donc à ouvrir
31:17la porte
31:18de ce type
31:20de menaces
31:21c'est la boîte
31:22de Pandore
31:23avec tout ce que
31:23cela peut engendrer
31:26et je rappellerai
31:27d'ailleurs
31:27qu'au niveau même
31:28du ciblage
31:29des infrastructures
31:29civiles
31:30quand nous en sommes
31:31nous-mêmes
31:31en tant qu'Européens
31:32à décrier
31:33les infrastructures
31:34civiles
31:34qui sont ciblées
31:35par la Russie
31:35en Ukraine
31:36vous vous rendez compte
31:37qu'on crée
31:38une forme de symétrie
31:39entre ce ciblage
31:41réalisé par la Russie
31:42et les Etats-Unis
31:43ça pose aussi
31:43la problématique
31:44de l'éthique
31:45et de la morale
31:45même si bien sûr
31:46en cas de conflit
31:47et dans les guerres
31:48l'éthique et la morale
31:49est mise au second plan
31:50mais on parle
31:50de l'Occident
31:51donc d'un système
31:52qui s'est construit
31:53autour d'une notion
31:54de droit
31:54et de respect
31:55d'un certain nombre
31:56de valeurs
31:57Romuald Siora
31:58est-ce que vous pensez
31:59que Donald Trump
32:00peut à nouveau
32:01parce qu'il l'a déjà fait
32:02plusieurs fois
32:03repousser l'ultimatum
32:05de cette nuit
32:062h du matin
32:07heure de Paris ?
32:08Oui bien sûr
32:10ce ne sera pas
32:11un gros souci pour lui
32:12vous savez
32:13il est habitué
32:13à faire avaler
32:14toutes sortes
32:15de mensonges
32:16une fois encore
32:17à sa base électorale
32:19c'est sa seule obsession
32:20mais il ne pourra pas
32:21repousser
32:22à des vitam aeternam
32:23ses ultimatums
32:24alors
32:26utiliserait-il
32:27des armes nucléaires
32:28tactiques
32:29je serais un peu
32:30plus pessimiste
32:31que mon collègue
32:33je pense
32:34je ne dis pas
32:35que cela va arriver
32:35mais je pense
32:37que Trump
32:37pourrait être prêt
32:39à utiliser
32:39si ce n'est
32:40une arme nucléaire
32:40tactique
32:41du moins
32:42cette fameuse
32:43mère des bombes
32:44qu'il avait déjà
32:44utilisée en Afghanistan
32:46s'il n'obtient pas
32:47un minimum
32:48de choses
32:49qui lui permettraient
32:50de sortir de ce piège
32:51dans lequel il s'est
32:52jeté lui-même
32:53la tête haute
32:55il pourrait aller
32:56très loin
32:57et mon collègue
32:57a tout à fait raison
32:58quand il dit
32:59que ce serait
32:59la porte ouverte
33:00effectivement
33:01mais Trump
33:02n'a-t-il déjà
33:03pas ouvert cette porte
33:04lorsqu'il parle
33:05d'annexer
33:05le Groenland
33:06lorsqu'il attaque
33:09illégalement un pays
33:10lorsqu'il enlève
33:11un président
33:11tout cela
33:13justifie également
33:14l'agression russe
33:15en Ukraine
33:17donc je ne pense pas
33:18que Donald Trump
33:19soit véritablement
33:20embêté par ce genre de choses
33:22ennuyé par ce genre de choses
33:23et n'oublions pas
33:24que les personnes
33:24qui l'entourent
33:25qui ont une stratégie
33:26certes pour l'intérieur
33:27mais aussi pour l'extérieur
33:27qui est à dire
33:28mettre à bas
33:28le système multilatéral
33:29poste 45
33:30et nous ramener
33:31dans une ère
33:32bilatérale
33:32où règne le bilatéralisme
33:33la loi du plus fort
33:34et on fait fi
33:35des alliances traditionnelles
33:36des traités internationaux
33:37et de la justice internationale
33:38se moquent
33:39de ce genre
33:40de régulation internationale
33:42donc j'espère
33:43que cela n'arrivera pas
33:44je ne pense pas
33:44que cela arrivera
33:45mais je dis
33:46que c'est quand même
33:46une possibilité
33:47autre possibilité
33:48c'est concernant
33:49la gestion de la guerre
33:49au Moyen-Orient
33:50par Donald Trump
33:52elle est vivement critiquée
33:53aux Etats-Unis
33:54vous y vivez
33:54vous pouvez le constater
33:55certaines personnalités
33:57demanderaient
33:57sa destitution
33:58Bernie Sanders
33:59pas vraiment étonnant
34:00il est dans l'opposition
34:01mais aussi chez les républicains
34:03l'ancienne députée trumpiste
34:04Marjorie Taylor Greene
34:06qui n'a pas peur
34:07d'employer le mot
34:08de folie
34:09à propos
34:09de Donald Trump
34:11est-ce que
34:13selon vous
34:14c'est crédible
34:14de reparler
34:15du 25e amendement
34:16qui permet
34:17de déclarer
34:17un président
34:17inapte
34:18à l'exercice
34:18de ses fonctions
34:20non
34:21c'est de la gesticulation
34:22je partage évidemment
34:23la position
34:24de Ben Sander
34:25et des démocrates
34:25j'ai moi-même
34:26ma carte du parti démocrate
34:27donc je soutiens
34:29ce genre de démarche
34:30mais pour l'instant
34:30c'est de la gesticulation
34:31d'un parti
34:32qui a eu du mal
34:32à se faire entendre
34:33sur la scène nationale
34:34depuis plus d'un an
34:35et qui a été assez affonne
34:35d'ailleurs
34:36non par contre
34:37si effectivement
34:37le congrès
34:39passait entre les mains
34:40des démocrates
34:40là cela serait
34:41beaucoup plus sérieux
34:42et cela serait
34:45seulement dans quelques mois
34:46voilà aussi
34:48pourquoi
34:49il faudrait
34:50et il faut s'attendre
34:51potentiellement
34:52à voir cette administration
34:53à se servir
34:54de cette guerre
34:54surtout s'il y avait
34:55une accélération
34:56dans la violence
34:57pour déclarer
34:58plus ou moins
34:58un état d'urgence
34:59voire repousser
35:01les élections
35:02car effectivement
35:03là
35:03un congrès aux mains
35:05des démocrates
35:05serait beaucoup plus dangereux
35:06pour Donald Trump
35:08vous y croyez ça
35:09à cette possibilité
35:11d'état d'urgence
35:13en cas
35:13d'accélération
35:15du conflit ?
35:16je n'écarte pas
35:17cette hypothèse
35:17et cela d'autant plus
35:18que quand on se souvient
35:19de la contestation
35:20après les résultats
35:21de l'élection présidentielle
35:23et de l'assaut
35:23du Capitole
35:24il a été démontré
35:25qu'il y a une forme
35:26de radicalisation
35:27je ne suis pas spécialiste
35:28des Etats-Unis
35:29mais on a été confronté
35:30à cette forme de réalité
35:31où l'ultra polarisation
35:33de la société américaine
35:34a amené un candidat
35:36perdant
35:37à aller jusqu'à remettre
35:38en cause
35:39la légitimité
35:40d'une élection
35:40à partir du moment
35:41où vous remettez en cause
35:42la légitimité
35:43c'est-à-dire
35:43la base du droit
35:44qui permet à un président
35:45de pouvoir
35:46exercer son mandat
35:47vous vous rendez compte
35:48qu'effectivement
35:48les bases du droit
35:49n'ont plus de signification
35:50et que finalement
35:51la dimension populaire
35:53ou du moins le populisme
35:54s'impose comme étant
35:56l'ultime argument
35:58qui prévaut
35:59au-delà de toute autre considération
36:01Merci beaucoup
36:02Gileli Benchabat
36:03consultant en stratégie
36:04et géopolitique
36:05directeur du cabinet
36:06CO
36:07c'est merci à vous
36:08Romuald Siora
36:09je rappelle que vous êtes
36:10chercheur à l'IRIS
36:11vous étiez en direct
36:12depuis New York
36:13dans un instant
36:14le marché du crédit privé
36:16aux Etats-Unis
36:17justement
36:17il est entré
36:18en zone de turbulence
36:20Jamie Dimon
36:20le patron de JP Morgan
36:21parle de bombes
36:23à retardement
36:24faut-il s'inquiéter
36:25quelle est l'exposition
36:26des banques européennes
36:27et des assureurs
36:28faut-il craindre
36:29un effet domino
36:30on fait le point
36:30dans un instant
36:31avec Stéphane Rudzinski
36:34le président et cofondateur
36:35de RetoRes France
36:36à tout de suite
36:37BFM Business
36:38et la Tribune
36:38présente
36:42le 18-19
36:44vous êtes dans le 18-19
36:47sur BFM Business
36:48c'est une alerte
36:49qui nous vient
36:49des Etats-Unis
36:51dans sa lettre annuelle
36:52aux actionnaires
36:52de JP Morgan
36:53Jamie Dimon prévient
36:55les pertes
36:56sur le crédit privé
36:57seront plus élevées
36:58que prévues
36:58les fonds
37:01Blue Hall
37:01Apollo
37:02KKR
37:02et Blackstone
37:03font face
37:03à des vagues
37:04de rachats
37:04sans précédent
37:06certains fonds
37:06ont même dû
37:07plafonner les rachats
37:08de parts de fonds
37:09investies
37:09dans la dette privée
37:10en octobre dernier
37:11déjà
37:12Jamie Dimon
37:13disait
37:13quand on voit
37:14un cafard
37:15c'est qu'il y en a
37:15d'autres
37:16faut-il s'inquiéter
37:17on va faire le point
37:18avec vous
37:19Stéphane Rudzinski
37:20bonsoir
37:20bonsoir
37:21vous êtes président
37:22cofondateur
37:23de Retores Finance
37:24on va reprendre
37:24le fil avec vous
37:25de cette
37:27ce n'est pas une bulle
37:28mais de tous
37:29ces événements
37:31qui se passent
37:32depuis plusieurs mois
37:33sur le marché
37:34du crédit privé
37:36il est estimé
37:36à près de
37:372000 milliards
37:38de dollars
37:39on est clairement
37:40dans une phase
37:40de turbulence
37:41inédite
37:42est-ce que vous pouvez
37:43nous expliquer
37:44ce qu'il se passe
37:45concrètement
37:45d'abord
37:46c'est quoi le crédit privé
37:46alors le crédit privé
37:48c'est un crédit
37:49qui est consenti
37:50non pas par des banques
37:51mais par des sociétés
37:52de gestion privée
37:53par exemple des fonds
37:53de dette privée
37:54qui vont prêter
37:55de l'argent
37:56à des entreprises
37:57souvent des entreprises
37:58qui ne sont pas cotées
37:59en bourse
37:59et qui vont être
38:00assez souvent
38:01accompagnées par des fonds
38:02de private equity
38:04ça c'est donc
38:06les fonds
38:06qui prêtent
38:07à ces sociétés
38:08avant c'était
38:09les banques
38:10mais le mouvement
38:11a pris de l'ampleur
38:12depuis la crise
38:12des subprimes
38:15les banques
38:15se sont en quelque sorte
38:16délestées des risques
38:17et l'ont transférée
38:19à ces fonds
38:19en quelque sorte
38:20c'est ça ?
38:20c'est exactement ça
38:22en 2008
38:23il y a la crise financière
38:25à la faillite de Lehman
38:26et on s'aperçoit
38:27que les crédits
38:28aux entreprises
38:29coûtent très cher
38:30sont très consommateurs
38:31de fonds propres
38:31et apportent très peu
38:33de rentabilité
38:34et à ce moment là
38:35il y a une énorme
38:36période de réglementation
38:38notamment aux Etats-Unis
38:40et on voit en fait
38:41tout un pan du crédit
38:42de l'activité de crédit
38:44qui quitte la banque
38:45pour partir
38:46sur des fonds privés
38:47et d'ailleurs
38:48on voit à ce moment là
38:49aussi
38:49beaucoup d'espères
38:51beaucoup d'analystes
38:51rejoindre
38:52des fonds privés
38:54et notamment
38:54les meilleurs fonds privés
38:56et alors
38:57le premier signal d'alerte
38:59est survenu
39:00en fin d'année dernière
39:01avec les faillites
39:02de First Brand
39:02et de Tricolor
39:03aux Etats-Unis
39:04deux sociétés
39:05qui avaient largement
39:06financé
39:07les crédits privés
39:09qu'est-ce qui s'est passé
39:10à ce moment là ?
39:11Alors
39:12effectivement
39:13deux faillites
39:13aux Etats-Unis
39:14en septembre
39:15et octobre
39:16je crois 2025
39:17Tricolor
39:17c'est une société
39:18qui fait du prêt
39:20pour acheter
39:22des automobiles
39:23et First Brand
39:24si je ne me trompe pas
39:25c'est une société
39:25qui vend
39:26des pièces
39:28détachées
39:28automobiles
39:29ces sociétés
39:30c'était beaucoup
39:31développé
39:32par la dette privée
39:33mais pas que
39:34il y avait aussi
39:34des financements bancaires
39:35très classiques
39:36il y a des grandes banques
39:37qui ont été pris
39:38dans ces défauts
39:41et pour le coup
39:42ces deux défauts
39:43provenaient
39:43notamment de comptes
39:45qui étaient un petit peu
39:47enfin il y avait un peu
39:48de fraude
39:48tout était un peu
39:49maquillé dans ces comptes là
39:51et donc les entreprises
39:52ont fait défaut
39:52et les fonds d'aide privée
39:53et les banques
39:55ont été très largement impactées
39:57et début d'année
39:58vous avez eu la même chose
40:00avec une société
40:01en Grande-Bretagne
40:02MFS
40:03qui fait du crédit relais
40:06et là encore
40:08défaut
40:08et ça embarque
40:09des banques
40:10et des fonds d'aide privée
40:11qui avaient prêté
40:11à l'entreprise
40:12on voit déjà
40:13que sur ces trois entreprises là
40:15ces trois entreprises
40:16n'étaient pas
40:18on va passer
40:18on parle de sponsorless
40:20c'est à dire
40:20qu'il n'y avait pas
40:21de fonds de private equity
40:21au sein de l'entreprise
40:23qui avaient investi
40:24en equity
40:24les fonds d'aide privée
40:25et les banques
40:26qui avaient investi
40:27avaient prêté de l'argent
40:28sans qu'il y ait
40:28de sponsor en fait
40:29de fonds de private equity
40:30à côté de ces entreprises là
40:32donc c'est déjà
40:33quelque chose
40:34d'assez particulier
40:37C'est là d'ailleurs
40:37où Jamie Dimon
40:38parle de ces cafards
40:40quand il dit
40:40quand on voit un cafard
40:41c'est qu'il y en a
40:43probablement d'autres
40:45plusieurs défaillances donc
40:47des fonds
40:47qui ont restreint
40:48l'accès aux liquidités
40:50notamment Bluehole Capital
40:52jusqu'ici présenté
40:53comme la star
40:54de la dette privée
40:55pourquoi aujourd'hui
40:57la crise s'est accentuée ?
40:59Est-ce que c'est parce que
40:59ça touche aujourd'hui
41:00des fonds
41:02beaucoup plus
41:03qui ont plus d'ampleur
41:04en quelque sorte
41:05Blackstone
41:05ou encore Blackrock ?
41:07Alors Bluehole
41:07a eu deux fonds
41:08qui ont été guettés
41:09puisque là on parle
41:10de fonds Evergreen
41:11donc ce sont des fonds
41:12de fonds d'aide privée
41:14qui proposent
41:15une semi-liquidité
41:16qui est organisée
41:17mais pas garantie
41:18généralement vous allez
41:19pouvoir sortir
41:20sur des périodes
41:21mensuelles
41:22ou trimestrielles
41:23à hauteur de 5%
41:24de l'encours
41:25global du fonds
41:26si la demande de rachat
41:27est supérieure
41:28à ces 5%
41:29la société de gestion
41:30peut bloquer
41:31en fait les sorties
41:32c'est ce qui s'est passé
41:33sur Bluehole
41:34sur ces deux fonds
41:34et notamment
41:35sur le deuxième fonds
41:36qui était un fonds
41:37où il finançait uniquement
41:38les entreprises
41:39de logiciels
41:39où là je crois
41:40il y a eu 40%
41:41de demandes de rachat
41:42de l'encours du fonds
41:43donc très largement
41:44supérieure au 5%
41:46et donc qu'est-ce qui s'est passé
41:46il y a eu ces premières faillites
41:48ces premiers défauts
41:49mais le gros stimulus
41:52le gros accélérateur
41:53finalement c'est
41:53ce fameux
41:54sas apocalypse
41:55qu'on a connu
41:55en février
41:56de cette année
41:57en février 2026
41:58lorsque Anthropix
42:00sort Cloud Cowork
42:02et sa version 4.6
42:04d'Opus
42:04et là on se dit
42:05waouh
42:06il va y avoir
42:0715-20%
42:08des entreprises
42:08des logiciels
42:09qui vont faire défaut
42:11dans les 5 ans
42:12et là le marché
42:13se met à avoir
42:14très très très peur
42:15parce qu'il y a
42:16beaucoup de boîtes
42:16de logiciels
42:17qui ont été financées
42:19par de la dette privée
42:21les banques
42:22ne sont pas celles
42:23qui ont prêté
42:24les fonds
42:25mais ce sont des acteurs
42:26quand même
42:27dans cette affaire
42:28puisqu'elles prêtent
42:31aux fonds
42:32qui financent
42:34la dette privée
42:36ça veut dire
42:36qu'elles sont quand même
42:37exposées ces banques
42:40américaines
42:40on parlera des européennes
42:41après
42:41pour l'instant
42:42il n'y a que des problèmes
42:43avec des fonds américains
42:44c'est 100%
42:45des problèmes
42:46c'est avec les fonds américains
42:47les fonds européens
42:48ne sont pas du tout
42:49impactés
42:49et vous avez raison
42:51sur les deux points
42:52le premier point
42:53c'est que
42:54les fonds de dette privée
42:55prêtent de l'argent
42:56aux entreprises
42:57mais souvent
42:58ces fonds de dette privée
42:59vont chercher
42:59à mettre un petit peu
43:00de levier
43:00dans leurs allocations
43:02par exemple avec 100
43:02ils vont chercher
43:0330% d'emprunts supplémentaires
43:06auprès d'une banque
43:07pour avoir une exposition
43:08à 130
43:09donc indirectement
43:10oui c'est vrai
43:11les banques
43:12et les fonds
43:13de dette privée
43:14sont impactés par ça
43:15est-ce que les assureurs
43:16aussi sont
43:16sont impactés
43:18par cette crise
43:20des dettes privées
43:21alors les assureurs
43:22sur le fonds propre
43:23investissent aussi
43:24sur de la dette privée
43:25mais dans des proportions
43:25très très très faibles
43:26et notamment en Europe
43:28alors parce que là
43:29on parlait des banques
43:30et des assureurs américains
43:31en Europe
43:32vous nous dites
43:32les banques européennes
43:34les assureurs européens
43:35ne sont pas concernés
43:36par cette crise
43:37leur exposition
43:38est extrêmement faible
43:39je crois qu'on parle
43:40de 2 à 3%
43:41c'est très très très faible
43:42ok
43:43il y a la BCE
43:44qui a dit
43:46qu'elle envisageait
43:47de mener des stress tests
43:48sur ces fonds-là
43:50ça veut dire
43:51quelle pourrait être
43:52l'ampleur de ces stress tests
43:54et que peut-il en sortir
43:55selon vous ?
43:56j'imagine qu'ils vont
43:57pricer une hausse forte
43:58des
43:59alors très souvent
44:00en fait
44:00c'est
44:01ces dettes privées
44:04ont une jambe fixe
44:05et une jambe variable
44:07par exemple
44:07chez Rector S Finance
44:08moi j'utilise de la dette privée
44:09pour faire des acquisitions
44:11des opérations de croissance externe
44:12on va les financer souvent
44:14par de la dette privée
44:15et ces dettes privées
44:16elles vont avoir
44:17un coût fixe
44:18de 4 à 5%
44:19plus Euribor
44:20d'accord
44:21Euribor il est à 2%
44:22donc grosso modo
44:22ça coûte 7%
44:24donc on peut imaginer
44:25que si demain
44:26j'ai beaucoup d'inflation
44:27qui revient
44:28et bien
44:28les taux courts
44:29pour l'Euribor
44:29peut passer à 4%
44:31donc là
44:31est-ce que les entreprises
44:32sont capables
44:33de payer
44:339-10%
44:35d'intérêt
44:36sur leur dette privée
44:37c'est en ça
44:38que la BCE
44:39va très probablement
44:39lancer des stress tests
44:41Est-ce qu'il y a un risque
44:43d'effet domino
44:44plus global
44:45à l'économie
44:46alors dans un premier temps
44:47américaine
44:47puis européenne
44:48selon vous ?
44:49Alors
44:50la dette privée
44:51vous avez dit
44:52que c'était
44:522 000 milliards
44:53de dollars
44:54c'est exactement ça
44:56sur un non-cours
44:57d'épargne global
44:59professionnel
45:00enfin institutionnel
45:01et privé
45:01de 130 000 milliards
45:03donc ça reste quand même
45:06assez faible
45:07au regard
45:07de l'épargne
45:09globale
45:09mais effectivement
45:10on pourra avoir
45:11quelques chocs
45:13après
45:14enfin
45:15objectivement
45:16quand on
45:17nous
45:18enfin moi je parle
45:18beaucoup de temps
45:19avec les gérants
45:20et les appeler
45:20analyser leur portefeuille
45:22etc
45:22quand on prend le temps
45:23de rentrer vraiment
45:24dans les portefeuilles
45:25on perd
45:26cette anxiété
45:28en fait
45:29qu'on peut observer
45:29aujourd'hui
45:30sur le crédit privé
45:31c'est vrai qu'on en entend
45:32parler
45:33beaucoup
45:34dans la presse
45:35dans les médias
45:36mais
45:38pour le coup
45:39je pense
45:39qu'il y a encore
45:40il y a beaucoup de bruit
45:41pour le moment
45:42pour pas grand chose
45:43et notamment en Europe
45:44c'est aujourd'hui
45:45si vous regardez
45:46les flux
45:46sur les fonds européens
45:48il y a très peu
45:49de flux de retrait
45:49en fait
45:50il faut bien différencier
45:51le marché de la dette privée
45:52américaine
45:52du marché de la dette privée
45:54européenne
45:55il y a plus de rentabilité
45:57sur la dette privée
45:57américaine
45:58ce qui fait que
45:59les investisseurs
45:59que vous allez retrouver
46:00là dessus
46:00ne sont pas les mêmes
46:01que sur les marchés européens
46:02ça va être des investisseurs
46:04beaucoup plus opportunistes
46:05qui ne vont pas hésiter
46:06à rentrer
46:07à sortir
46:07ce qui n'a pas été le cas
46:09nécessairement en Europe
46:10où on a des rendements
46:11plus faibles
46:12et on s'accommode
46:12de ces rendements
46:13plus faibles
46:14donc il y a moins
46:15de flux entrant
46:16et sortant
46:17et donc selon vous
46:18il ne faut pas s'inquiéter
46:18de ce qui se passe
46:19aujourd'hui
46:20je pense qu'il faut
46:21vraiment
46:23faire un audit
46:24sur les portefeuilles
46:26des fonds
46:26regarder les leviers
46:28qu'utilisent les fonds
46:29regarder la diversification
46:30c'est absolument clé
46:31investir dans un fonds
46:33d'aide privée
46:33chez Bluehall
46:34qui finance
46:35100%
46:36des entreprises
46:36de logiciels
46:38ce n'est pas très diversifié
46:39quand même
46:41si vous êtes très diversifié
46:43en termes géographiques
46:44en termes de secteur
46:45d'activité
46:45je pense que
46:46vous pouvez dormir tranquille
46:47merci beaucoup
46:48Stéphane Ruzanski
46:50je rappelle que vous êtes
46:50président et cofondateur
46:52de RetoRes Finance
46:53tout de suite
46:54on va changer de sujet
46:55on va parler des élections
46:56législatives à venir
46:57en Hongrie
46:58Jay Devons
46:58le vice-président américain
47:00est sur place
47:01pour soutenir
47:02Victor Orban
47:03en difficulté
47:04le scrutin
47:05n'est pas gagné d'avance
47:06vous verrez
47:06à tout de suite
47:08le 18-19
47:10sur BFM Business
47:18restez connectés
47:19à l'actualité économique
47:20en téléchargeant
47:21l'application
47:22BFM Business
47:22pour tablettes
47:23et smartphones
47:24BFM Business
47:26c'est aussi
47:26Iconic Business
47:27pour suivre l'actualité
47:29du luxe
47:30Tech & Co
47:30toute l'actu
47:31sur l'univers
47:31des startups
47:33mais aussi
47:34BFM IMO
47:35pour répondre à toutes vos questions immobilières
47:37et vous aider dans votre parcours résidentiel
47:39ou patrimonial
47:40abonnez-vous au podcast
47:41et réécoutez le meilleur
47:43de BFM Business
47:44quand vous le souhaitez
47:45BFM Business
47:46première sur l'écho
47:48le 18-19
47:49sur BFM Business
47:52à 18h50
47:53sur BFM Business
47:54vous êtes dans le
47:5518-19
47:56la Hongrie
47:56s'apprête à voter
47:57ce dimanche
47:58les Hongrois
47:59ont le choix
47:59entre le premier ministre nationaliste
48:01Victor Orban
48:01et le conservateur pro-européen
48:03Peter Maguiar
48:04et le scrutin
48:05s'annonce
48:06très serré
48:07à tel point
48:07que J.D. Vance
48:08le vice-président américain
48:10est arrivé à Budapest
48:11aujourd'hui
48:11pour soutenir
48:12Victor Orban
48:13bonsoir
48:13Ulrich Bounat
48:14bonsoir
48:15vous êtes analyste géopolitique
48:17spécialiste de l'Europe centrale
48:18et de l'Est
48:18chercheur associé
48:20chez Eurocréative
48:21Victor Orban
48:22est au pouvoir
48:23depuis 16 ans
48:24c'est un proche
48:25de Moscou
48:26qu'est-ce que la visite
48:28de J.D. Vance
48:29aujourd'hui
48:29nous dit
48:30du scrutin
48:31à venir dimanche ?
48:32ça dit que ça va être
48:33très compliqué
48:33pour Victor Orban
48:34qui est effectivement
48:35dans les sondages indépendants
48:36parce qu'il y a beaucoup
48:37de sondages
48:37qui sont commandés
48:38par le pouvoir
48:38mais dans les sondages
48:39indépendants
48:39il est à plus de 10 points
48:41derrière son opposant
48:42quand l'on voit
48:42Peter Maguiar
48:43du parti Tisha
48:44et donc effectivement
48:45Victor Orban
48:46essaie de mobiliser
48:47un petit peu
48:47tous ses proches
48:48donc il est
48:49comme vous l'avez dit
48:49effectivement très proche
48:50de Moscou
48:50mais il est aussi
48:51très proche
48:51de cette galaxie
48:54de partis nationalistes
48:55notamment Marine Le Pen
48:56en France
48:56mais aussi
48:57effectivement
48:57la droite
48:59de la droite
48:59du parti républicain
49:00dont J.D. Vance
49:01et c'est d'ailleurs
49:02la raison pour laquelle
49:02il y a eu
49:03une réunion
49:04du CIPAC
49:05donc le grand rassemblement
49:06de la droite
49:07de la droite
49:08des républicains
49:09la version européenne
49:10a eu lieu
49:10en Hongrie
49:11il y a quelques semaines
49:12On va y revenir ça
49:13sur les conséquences
49:15sur l'extrême droite
49:16en Europe
49:17le secrétaire d'Etat
49:18américain
49:19Marco Rubio
49:19s'était lui aussi
49:20rendu à Budapest
49:21c'était mi-février
49:22où il a souhaité
49:23le succès
49:24de Victor Orban
49:25le président Trump
49:26a-t-il dit
49:27est profondément
49:28attaché à votre réussite
49:29car votre réussite
49:30est notre réussite
49:32la Hongrie
49:32est-ce que c'est clairement
49:34la tête de pont
49:34des Etats-Unis
49:35en Europe ?
49:36Oui complètement
49:36en fait c'est la matrice
49:38idéologique du trumpisme
49:40Victor Orban
49:41s'est toujours positionné
49:42comme un petit peu
49:44l'objectif de Victor Orban
49:45c'est qu'il y ait
49:45finalement beaucoup
49:46de Victor Orban
49:47dans d'autres pays
49:47c'est-à-dire des gens
49:48nationalistes
49:49qui vont casser
49:50grosso modo Bruxelles
49:51en poussant
49:52leurs intérêts propres
49:53et effectivement
49:54obtenir de l'énergie
49:55pas chère
49:56venant de l'Est
49:57et donc cette matrice-là
49:58populiste
49:59nationaliste
50:00elle fonctionne à plein
50:01Victor Orban
50:02a même monté
50:02des think tanks
50:03en fait
50:03qui essaiment en Europe
50:05mais qui essaiment aussi
50:06aux Etats-Unis
50:06et donc il y a une vraie
50:07connexion extrêmement forte
50:08notamment entre
50:10l'Heritage Foundation
50:12donc qui est un petit peu
50:12la base programmatique
50:14de Donald Trump
50:14et le camp
50:15le fidège de Victor Orban
50:17il y a vraiment
50:17énormément de liens
50:18intellectuels
50:19entre les deux
50:19et beaucoup de penseurs
50:21de la sphère MAGA
50:22considèrent Victor Orban
50:23comme un exemple
50:24et donc c'est la raison
50:25pour laquelle
50:25on voit Marco Rubio
50:27G.D. Vance
50:27Donald Trump
50:28voler au secours
50:29en quelque sorte
50:30de Victor Orban
50:30juste avant ses élections
50:31de samedi
50:32parce qu'ils sentent bien
50:33qu'effectivement
50:33s'il lui tombe
50:34tout le projet politique
50:35envisagé par
50:38la sphère MAGA
50:39aussi bien aux Etats-Unis
50:40qu'en Europe
50:40parce que Victor Orban
50:41c'est la tête de pont
50:42pour détruire Bruxelles
50:43effectivement
50:43tout ça serait mis à mal
50:44et pourtant
50:45un sondage Euro Bazooka
50:46publié fin janvier
50:47montre que Donald Trump
50:49fracture désormais
50:50les droites radicales
50:51en Europe
50:51la géopolitique
50:52de Donald Trump
50:53depuis un an
50:54a déboussolé
50:55dit le sondage
50:57les droites radicales
50:58ça se voit dans les sondages
50:59le RN en France
51:00Vox en Espagne
51:01Fratelli en Italie
51:02tous ces partis
51:03qui étaient auparavant
51:04derrière Donald Trump
51:05sont aujourd'hui
51:06divisés en trois
51:07selon ce sondage
51:08les pro-Trump
51:09les anti-Trump
51:10et les autres
51:11qui ne se prononcent pas
51:12en Hongrie
51:13est-ce que le trumpisme
51:15fait moins recette
51:17auprès des électeurs
51:18d'Orban
51:19c'est dur
51:20c'est très dur à dire
51:21mais effectivement
51:22la cassure
51:23c'est véritablement
51:24le Groenland
51:24pour beaucoup de pays
51:25d'extrême droite européens
51:26en Hongrie
51:27c'est un peu différent
51:27parce que
51:28déjà le Groenland
51:29c'est loin d'une part
51:30et puis parce que
51:31finalement
51:32il faut bien comprendre
51:34que le socle électoral
51:36du Fidesz
51:36en Hongrie
51:37sont des gens
51:37qui s'informent
51:38par la télévision
51:39la télévision d'Etat
51:40qui est complètement
51:40aux mains
51:41de Viktor Orban
51:42depuis une quinzaine d'années
51:43et donc finalement
51:44ils sont tout à fait capables
51:45de moduler
51:47les différents messages
51:48donc il y en a eu
51:49un peu moins
51:49sur le Groenland
51:50et il y en a eu un peu plus
51:51si vous voulez
51:51la grande peur
51:52qu'agit de Viktor Orban
51:53pour essayer de mobiliser
51:54son électorat
51:54c'est la peur
51:55de la guerre en Ukraine
51:56et donc dans ce cadre-là
51:58Donald Trump est présenté
51:59un petit peu
51:59comme le faiseur de paix
52:00et donc finalement
52:01il possède encore
52:02je dirais
52:02une certaine aura
52:03une certaine attraction
52:04au sein de l'électorat
52:06le plus fidèle
52:06de Viktor Orban
52:07alors le challenger
52:09de Viktor Orban
52:10qui est en tête
52:11dans la majorité
52:12des sondages indépendants
52:14et c'est important
52:14de le rappeler
52:15c'est Peter Maguiar
52:17il a réussi
52:18en moins de deux ans
52:18à construire
52:19un mouvement d'opposition
52:20alors que c'était
52:21un ancien du parti
52:22de Viktor Orban
52:23comment expliquer
52:24aujourd'hui son avance
52:24il y a un ras-le-bol
52:25aujourd'hui en Hongrie
52:26de Viktor Orban ?
52:27alors effectivement
52:28il y a deux choses
52:28il y a un vrai ras-le-bol
52:29de Viktor Orban
52:30déjà parce que
52:31ça fait 16 ans
52:31qu'il est au pouvoir
52:33et que finalement
52:33les gens ont peut-être
52:34envie de voir autre chose
52:35économiquement
52:36ça ne va pas très bien
52:36non plus pour la Hongrie
52:37on est à plus de 50%
52:39d'inflation
52:39en cumulé
52:41sur les 5 dernières années
52:43économiquement
52:44ça stagne
52:44c'est aussi la raison
52:45pour laquelle
52:45le prix des matières premières
52:47et notamment de l'énergie
52:48c'est important
52:49pour Viktor Orban
52:49parce qu'il a basé
52:50beaucoup de son économie
52:51là-dessus
52:51et effectivement
52:52ça ne fonctionne
52:53de moins en moins bien
52:54donc les gens
52:54s'appauvrissent
52:55en fait la réalité
52:56de la Hongrie aujourd'hui
52:57c'est que c'est le deuxième
52:58pays le plus pauvre
52:59d'Europe
52:59après la Bulgarie
53:00donc effectivement
53:01les gens ont le sentiment
53:02de s'appauvrir
53:02beaucoup partent à l'étranger
53:03pour avoir plus d'opportunités
53:04et dans ce cadre-là
53:05finalement
53:06Peter Maguire
53:07c'est un petit peu
53:07la contraposée idéale
53:09non pas parce que
53:10c'est un opposant historique
53:11comme vous l'avez dit
53:12c'est un ancien
53:12du parti Fidesz
53:13mais finalement
53:14il ne fait pas l'erreur
53:15qu'ont fait beaucoup
53:16d'opposants de Viktor Orban
53:17c'est-à-dire
53:18de le combattre
53:19en gros sur les valeurs
53:20pro-européennes
53:20etc
53:20lui finalement
53:22Peter Maguire
53:22dit je suis un nationaliste
53:23je caricature
53:24je suis un nationaliste
53:26comme Viktor Orban
53:26je serai là
53:27pour défendre la Hongrie
53:28à Bruxelles
53:29en revanche
53:29je vous promets
53:30de mettre fin
53:30à la corruption
53:31et je vous promets
53:32de redémarrer
53:32l'économie hongroise
53:34notamment en allant chercher
53:35les fonds structurels
53:36qui sont bloqués à Bruxelles
53:36et ce message-là
53:38il est très difficile
53:38à contrer par Viktor Orban
53:39c'est ça
53:40parce que la Hongrie
53:41elle est très dépendante
53:42de ses fonds européens
53:44malgré l'opposition
53:45de Viktor Orban
53:45à Bruxelles
53:46c'est quand même paradoxal
53:47dans les dires
53:50de Viktor Orban
53:50mais c'est ça
53:51qui est tout à fait paradoxal
53:52c'est-à-dire que
53:52Viktor Orban
53:53a bâti sa richesse
53:54et de la richesse
53:54des gens qui sont autour de lui
53:55en distribuant
53:56en fait
53:57les fonds structurels européens
53:58donc il a beau
53:59effectivement dire à Bruxelles
54:00que Bruxelles
54:01est le diable incarné
54:02enfin il faut prendre conscience
54:03qu'actuellement
54:05en Hongrie
54:05il y a des affiches électorales
54:06où on présente Bruxelles
54:08et l'Ukraine
54:08comme véritablement
54:09le diable
54:10associé à Peter Maguire
54:11donc on est effectivement
54:12sur un discours
54:13complètement hystérique
54:13vis-à-vis de Bruxelles
54:14mais effectivement
54:16finalement
54:16Viktor Orban
54:17a bâti une partie
54:18de sa croissance économique
54:19grâce aux fonds structurels
54:20et l'un des problèmes actuels
54:22c'est qu'effectivement
54:22il ne les obtient plus
54:23parce qu'il y a une dérive
54:24complètement illibérale
54:25du pays
54:25et autre paradoxe
54:27il fait venir
54:27les constructeurs chinois
54:29pour qu'ils construisent
54:31des véhicules électriques
54:32en Hongrie
54:32et les constructeurs chinois
54:34viennent en Hongrie
54:35pour pouvoir exporter
54:35son droit de douane
54:36au sein de l'Union Européenne
54:38sauf que Viktor Orban
54:40il est contre
54:41cette Union Européenne
54:42donc c'est complètement
54:43se tirer une balle
54:44dans le pied finalement
54:45mais c'est d'autant plus paradoxal
54:46que ces usines chineuses
54:47notamment BYD
54:48elles sont construites
54:49par des ouvriers chinois
54:52ou de l'est asiatique
54:54et donc c'est d'autant plus paradoxal
54:56pour un pays
54:56qui a bâti
54:58en tout cas son régime
54:59sur une politique
55:01anti-migratoire
55:01extrêmement virulente
55:02pour dire qu'il était
55:03hors de question
55:04justement de s'associer
55:04à Bruxelles
55:05et de recevoir des migrants
55:05donc effectivement
55:07il nage dans un paradoxe
55:08permanent
55:08mais finalement
55:09ça illustre aussi un petit peu
55:10le personnage
55:10qu'est Viktor Orban
55:11c'est-à-dire un homme
55:12qui est extrêmement transactionnel
55:13et qui est prêt à vendre
55:15entre guillemets
55:15ses idées
55:16contre un plat de lentilles
55:17je rappellerai quand même
55:18que Viktor Orban
55:18à la base
55:19est quelqu'un
55:20qui vient du centre-gauche
55:21et il a complètement dérivé
55:22dans les années
55:23à la chute du communisme
55:24c'est quelqu'un
55:25qui est plutôt centre-gauche
55:25et il a bâti le Fidesz
55:27qui est pour le coup
55:28un parti de droite
55:29nationaliste
55:30très à droite
55:31Dernière question
55:32si Viktor Orban
55:33perd dimanche
55:33est-ce qu'il y a un risque
55:34de version hongroise
55:36de prise du Capitole
55:37avec le soutien
55:38de Donald Trump ?
55:39c'est très dur à dire
55:41la cartouche
55:42qui reste quand même
55:42à Viktor Orban
55:43c'est que si jamais
55:44il perd le pouvoir
55:45en fait
55:46c'est pas pour ça
55:47qu'il va perdre
55:48si vous voulez
55:48toutes les personnes
55:49qu'il a installées
55:49dans le pouvoir
55:50il faut deux tiers
55:50une majorité des deux tiers
55:51au parlement hongrois
55:52pour retourner
55:53un certain nombre de lois
55:54sur la justice
55:55sur les médias
55:56et donc rien ne dit
55:57en fait que
55:58Peter Maga
55:59obtiendra ces deux tiers
56:00et donc effectivement
56:00ça pourrait permettre
56:01en quelque sorte
56:02à Viktor Orban
56:02de quitter le pouvoir
56:03mais sans véritablement le quitter
56:04Merci beaucoup Ulrich Bouna
56:06je rappelle que vous êtes
56:06analyste géopolitique
56:08spécialiste de l'Europe centrale
56:09et de l'Europe de l'Est
56:12tout de suite
56:12c'est le 19h éco
56:15présenté par Erwan Maurice
56:17à demain
56:19le 18-19 sur BFM Business
Commentaires