00:06Bonjour à tous, on vous retrouve pour cette série d'entretiens directement,
00:09on dirait depuis Family Stories, pour cette quatrième édition.
00:12J'ai le plaisir, le plaisir de recevoir en plateau Pierre-Olivier Bernard.
00:16Bonjour Pierre-Olivier.
00:17Bonjour.
00:18Vous êtes le fondateur associé Avocat au sein d'Opleo.
00:21Oui.
00:22Opleo Avocat, cabinet de conseil qu'on bien connu sur le segment des familles,
00:26également de la fiscalité, du corporate.
00:28Vous êtes également bien en vue sur le sujet des management package dans le private equity.
00:32Bref, vous roulez votre bille un petit peu dans le sujet.
00:35Oui, en fait, on a un cabinet exclusivement dédié aux dirigeants.
00:37Donc, on ne travaille pas pour les institutionnels.
00:40On travaille avec eux, mais pas pour.
00:42Donc, que le dirigeant travaille dans l'entreprise, qu'il détienne l'entreprise ou investisse dans l'entreprise,
00:47on couvre tous les besoins de ce dirigeant.
00:49Donc, ça nous amène à traiter le sujet de transmise entreprise familiale,
00:52de management package dans les LBO, de sujets de gouvernance, de philanthropie, de mobilité internationale, de gestion de carrière.
01:01On couvre l'aspect du dirigeant.
01:04Pas au-delà, mais l'ensemble.
01:05Merci beaucoup.
01:06On parlait, en préparant cette émission, de ce moment-là, un peu clé,
01:10où un fondateur, une fondatrice, quelqu'un qui a été la première génération,
01:15qui faisait tout, qui a créé la boîte, qui a mis les ampoules, qui a changé les chaises, va passer
01:20la main.
01:21À ce moment-là, en général, souvent, on a une nouvelle organisation qui se met en place.
01:25On va scinder les rôles.
01:26On va avoir une partie de la famille qui va prendre peut-être un peu de recul.
01:31Et la gouvernance, à ce moment-là, parce qu'on a beaucoup parlé de gouvernance aujourd'hui,
01:34mais là, on zoome sur ce premier fondateur, cette première fondatrice qui part.
01:39Là, il y a un moment critique.
01:41Qu'est-ce qu'il faut avoir en tête, Pierre-Olivier Bernard ?
01:43Alors là, on parle surtout de transmission intrafamiliale,
01:47parce qu'effectivement, la question-ci peut se demander si on n'a pas intérêt à vendre l'entreprise à
01:52l'extérieur.
01:52Mais si on conserve l'entreprise intrafamiliale, il y a des dimensions, évidemment, affectives qui se posent.
01:57Alors, on le répète souvent, mais ça suppose une forte anticipation.
02:01Il y a un fort attachement à l'entreprise.
02:03Et quand on passe d'un individu qui cumule toutes les casquettes,
02:05à la fois fondateur, donc il va être à la fois chef de famille, chef d'entreprise, actionnaire,
02:09dès lors qu'on va basculer sur une organisation plus collective,
02:13il va y avoir une répartition des rôles qui va forcément en découler.
02:17Et là, en fait, se posent beaucoup de questions.
02:20Et il faut éviter, effectivement, les conflits qui peuvent en découler.
02:25Donc, ça pose la question de travailler autour du projet d'entreprise
02:29pour définir qui va être le plus à même de reprendre les rênes de ce projet d'entreprise.
02:33Et là, en fait, on va dissocier la transmission du contrôle de la transmission de l'actif lui-même.
02:40Et au moment de la première génération, on cherche souvent à ne transmettre l'actif,
02:46c'est-à-dire l'entreprise, qu'à celui qui va reprendre les rênes de l'entreprise
02:48pour éviter, après, une multiplicité d'actionnaires.
02:51Ça, ce n'est pas forcément possible à la troisième, quatrième génération.
02:55Donc, si le schéma se répète, on va avoir une multitude d'actionnaires familiaux.
03:01Et là, c'est d'autres questions qui vont se poser.
03:03Et plus on va avoir, effectivement, cette organisation collective,
03:05plus on va avoir ces problématiques qui vont se poser.
03:07Et là, c'est des enjeux de liquidité du titre qui vont se poser.
03:13Oui, pour que personne ne soit enfermé dans le titre.
03:15Exactement.
03:15Et qu'on puisse, vous me le disiez, des clauses de respiration,
03:19la possibilité, effectivement, une bourse, finalement, organisée
03:23pour faire en sorte que certains puissent sortir,
03:26mais également peut-être se renforcer.
03:28Oui. En fait, soit la bourse va être organisée par la société elle-même
03:32dans la limite de ses capacités financières.
03:34Il ne faut pas oublier que tout ça doit être conforme à l'intérêt de l'entreprise.
03:38Soit, effectivement, ça peut être des actionnaires existants
03:40qui rachètent à d'autres.
03:42Il ne faut pas non plus que le déséquilibre actionnarial qui en résulterait
03:47remette en question la gouvernance non plus.
03:48Donc, en fait, ce qu'il faut, c'est que dès le début de la transmission,
03:51il faut fixer les règles.
03:52Et notamment, il y a des enjeux de prix, puisqu'on est sur, en fait,
03:56une bourse interne.
03:57Donc, ce n'est pas un tiers qui fait le prix.
03:59Il n'y a pas d'offres et de demandes, à proprement parler,
04:01avec un tiers indépendant.
04:02Donc là, il faut plutôt une fonction pour que ce soit simple,
04:04enfin, quelque chose de très carré.
04:06Comment définir un prix dans une bourse interne ?
04:09Alors, comment définir un prix ?
04:10Il y a des méthodes, mais qu'on met dans les statuts ou dans des pactes.
04:13C'est pour ça aussi que ces sujets-là doivent aussi être anticipés,
04:15parce qu'il ne faut pas non plus se retrouver avec ces besoins de liquidité
04:20au moment où il y a un conflit, sans avoir anticipé la problématique.
04:23Qu'est-ce que vous dites à cet entrepreneur qui a aujourd'hui peut-être 60 ans,
04:30qui ne sait pas poser ses questions et qui nous écoute là ?
04:34Il nous reste 30 secondes.
04:35Qu'est-ce que vous lui dites ?
04:37Eh bien, d'y penser très vite.
04:39Parce que s'il n'y pense pas, de toute façon, à un moment ou à un autre,
04:43il subira sa transmission, puisqu'on n'est pas éternel.
04:46Donc, il faut y penser maintenant.
04:48Merci Pierre-Olivier Bernard.
04:49Je vous en prie. Merci à vous.
04:51Merci à tout de suite pour la suite de vos programmes sur Bsmart.
04:53Merci.
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