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  • il y a 13 heures
Ce dimanche 5 avril, Anthony Morel, journaliste BFM Business, et Olivier Frigara, fondateur et animateur du podcast "On refait le Mac", sont revenus sur les moments marquants de la firme de Cupertino, à l'occasion des 50 ans d'Apple, dans l'émission De Quoi J'me Mail présentée par François Sorel. De Quoi J'me Mail est à voir ou écouter tous les dimanches sur BFM Business.

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Transcription
00:01De quoi je me mêle sur BFM Business et Tech & Co.
00:06Et oui donc de quoi je me mêle particulier puisque le 1er avril on fêtait les 50 ans d'Apple
00:11et on s'est dit qu'il fallait forcément en faire quelque chose d'un peu particulier.
00:16Alors je vous vois arriver les haters, encore une fois ils vont parler d'Apple
00:20mais franchement est-ce qu'on n'a pas un bon argument ?
00:2250 ans d'une boîte, ça vaut le coup quand même d'en faire une émission spéciale non ?
00:26Salut Anthony !
00:27Salut François, salut tout le monde !
00:28Là ça va être compliqué de nous dire quoi que ce soit.
00:30Ouais c'est ça, là pour le coup on a le droit.
00:33On a le droit.
00:35Oui c'est vrai, c'est vrai.
00:37Bon après on fait ce qu'on veut.
00:38De toute façon oui.
00:39Finalement un peu, voilà.
00:41Et puis si vous êtes toujours aussi nombreux et de plus en plus nombreux à nous écouter
00:44c'est que bon voilà on ne se plante pas forcément tout le temps.
00:46C'est le paradoxe en plus c'est qu'à chaque fois on dit que vous parlez trop d'Apple
00:49mais dès qu'on parle d'Apple ça génère plus de vues et plus d'écoute.
00:52Évidemment, après il faut trouver le juste milieu entre l'actualité et le n'importe quoi on va dire.
00:57Anthony Morel, BFM Business, RMC que vous retrouvez aussi à la mi-journée chez Estelle Denis.
01:02Et pour parler des 50 ans d'Apple, franchement ça va vite si tu veux, tu vois.
01:09Tu n'es pas là en train de te dire qui pourrais-je appeler etc.
01:13Il y en avait deux en fait.
01:14Il y en avait où Tim Cook ?
01:15Non, ce n'est pas trop.
01:16Mais Tim Cook, bon ben voilà, il n'était pas dispo là tout de suite.
01:19Ce n'était pas facile.
01:19Il avait poney là.
01:20Il avait poney je crois.
01:21Je sais que je t'ai glissé un billet de 50 euros en devenir mais quand même, n'exagère pas.
01:26Il est là, c'est Olivier Frigara.
01:27Salut Olivier.
01:28Salut François.
01:29Bon, camarade Olivier Frigara, vous le savez le fondateur du podcast On refait le Mac.
01:33Tout est dit dans le titre.
01:34On ne parle que d'Apple.
01:36Et vous parlez que d'Apple.
01:38Non, on parle aussi de la concurrence.
01:39Oui, bien sûr.
01:41Mais c'est vrai que vous êtes identifié comme étant le podcast préféré sur Apple.
01:48On refait le Mac, ça a combien d'années ?
01:5015 ans.
01:5115 ans.
01:52Tu te rends compte ?
01:5215 ans.
01:53C'est une encyclopédie sur Apple Olivier.
01:55Ah ben oui, et c'est pour ça qu'on est très heureux.
01:57Je vais plus écouter que parler aujourd'hui.
01:59Oh non, mais on va avoir des trucs.
02:00L'idée là, c'est évidemment, alors pour tous ceux qui sont avec nous en vidéo, en audio,
02:03on ne va pas vous raconter les 50 ans d'Apple.
02:06C'est impossible parce que c'est compliqué.
02:10Il y a tellement eu de choses, tellement d'anecdotes.
02:12Mais l'idée, c'est de vous faire vivre un petit peu ce qu'on ressent sur ces 50 ans.
02:16A noter que, vous le savez peut-être, je présente une autre émission sur BFM Business
02:20qui s'appelle Tech & Co, qui est lue du lundi au jeudi de 19h30 à 21h.
02:24Et le 1er avril, donc l'émission du mercredi soir, on a fait une spéciale aussi 50 ans d'Apple.
02:29Si c'est un sujet qui vous intéresse, je vous invite à la réécouter ou à la regarder.
02:33Mais ce n'est pas une blague.
02:34– Non, ce n'est pas une blague, ce n'est pas une blague.
02:37Tony Fadel invité, qui a été quand même l'une des pierres angulaires d'Apple,
02:41mais on va en reparler parce qu'on va vous diffuser un petit bout de cette interview.
02:45Jean-Louis Gasset, qui a été le premier directeur général d'Apple France
02:49et aussi le DG d'Apple au niveau mondial.
02:53– Il a remplacé Steve Jobs, vous vous rendez compte, en 1985.
02:58On a eu aussi Pascal Cagny, qui a été patron d'Apple Europe pendant des années,
03:03et Luc Julia, qui aussi d'une manière peut-être un peu plus modeste a contribué
03:07aussi à l'un des services d'Apple, vous le savez, c'est Siri.
03:10Donc cette émission à retrouver en podcast et en replay.
03:14le podcast sur Apple Podcast et sur tous les podcasts et Tech & Co,
03:18et puis sur l'appli BFM Business et aussi sur la chaîne YouTube de BFM Tech.
03:23Voilà, ça c'est dit.
03:25Alors, comment commencer par évoquer les 50 ans d'Apple ?
03:30Déjà, il y a un petit truc rigolo, c'est qu'Apple a été créé un 1er avril.
03:34C'est fou quand même !
03:35– Comme Gmail d'ailleurs.
03:36– Comme Gmail, c'est ça.
03:37– Il y a beaucoup de grands noms de la tech qui sont nés un 1er avril.
03:401er avril, Steve Jobs, Steve Wozniak,
03:45un troisième larron qui n'est pas resté longtemps,
03:47le garage, c'est ça, le garage.
03:51– Le garage, le petit garage de Cupertino.
03:52– La légende de la start-up qui naît dans un garage
03:55et qui fait ça avec trois bouts de ficelle,
03:58c'est vraiment Apple, Olivier.
04:01– Oui, Apple, il y avait eu Hewlett-Packard auparavant,
04:03la camagne dans le jardin des parents de la famille Hewlett.
04:07Là, effectivement, c'est la même chose, c'est la même histoire.
04:08Il fallait démarrer, ce qui est notable déjà dès le début.
04:13– Et on vous montre un garage, c'est ça qui est fort quand même.
04:15– C'est ça qui est très très fort.
04:16Et c'est le garage qui est un lieu de pèlerinage
04:18pour tous les fanboys d'Apple quand ils vont à Cupertino.
04:21– On croirait qu'on fait la promo pour un système de portail, vous savez.
04:24– Mais voilà, c'est ça.
04:25Ce n'est pas un système de portail.
04:26– Il est électrique.
04:28– Mais ce qui est amusant déjà lors de la période du garage,
04:32c'était qu'il y avait déjà un Steve Jobs
04:33qui avait une vision qui était débordante d'ambition
04:37et qui avait déjà compris que,
04:40ce qu'il faut se rappeler, qu'en 1976,
04:43il n'y avait pas d'ordinateur qu'on pouvait acheter dans un magasin.
04:45Ça n'existait pas.
04:46On achetait des kits et on pouvait fabriquer des pseudo-ordinateurs
04:52avec des 1 ou des 0, sans écran, des petits édiodes.
04:55Un ordinateur qui s'était réservé à des ingénieurs de Yulet-Packard,
04:58justement, ou de la NASA.
05:00Et il avait déjà cette vision, à même pas 20 ans,
05:02de concevoir et de vulgariser la micro-informatique,
05:06un terme qui n'existait pas.
05:07C'est pour ça qu'aujourd'hui, Apple se glorifie en disant
05:09dans les communiqués de presse, on a inventé l'ordinateur personnel.
05:12Ce n'était pas les seuls.
05:13En France, on avait le Micral.
05:14Mais voilà, il y avait déjà cette vision de vulgariser la micro-informatique.
05:18et tout a commencé dans ce garage avec un fer à souder,
05:21Steve Vognac, qui montait les premiers Apple.
05:26Olivier, ils étaient assez complémentaires.
05:27Et puis, ils étaient super complémentaires, les deux.
05:30Vraiment, Steve Vognac, le vrai geek, avec son fer à souder,
05:34en train d'inventer des trucs incompréhensibles.
05:37Et de l'autre côté, on avait un Steve Jobs qui était passionné par la tech,
05:42mais qui avait cette vision, on va dire, marketing.
05:46Il savait raconter des histoires.
05:49Steve Vognac sans Steve Jobs, Steve Jobs sans Steve Vognac,
05:52il n'y aurait pas eu Apple.
05:53Je vais aller même plus loin.
05:54Il ne voulait pas y aller chez Apple.
05:56Il était ingénieur chez Louis de Pacquart.
05:58Il gagnait plutôt bien sa vie.
05:59Il était plus âgé.
06:00Il avait une trentaine d'années par rapport à Steve Jobs.
06:04Donc, c'était un risque d'abandonner son poste d'ingénieur.
06:07Donc, il avait ce qu'il voulait.
06:08Il pouvait bricoler.
06:09Il avait ses machines à lui.
06:11Et il a fallu vraiment encore que...
06:13Je dis encore, mais on commence l'émission.
06:16Mais c'était l'une des premières fois où Steve a mis en place son concept de champ de distorsion
06:21de la réalité
06:22qui fait qu'il a réussi à convaincre Vosniac de démissionner
06:24et de venir créer Apple avec lui parce qu'il ne voulait pas y aller.
06:26Oui, c'est clair.
06:27Mais c'est lui qui a la vision, qui est l'ingénieur.
06:29Et déjà, il avait ce pouvoir de conviction.
06:31Parce que c'est vrai, tu le disais.
06:32Il n'avait que ça.
06:33Il n'était pas ingénieur.
06:34Il n'avait pas concevoir une carte mère.
06:35Mais après, il n'était pas ingénieur.
06:37C'est Vosniac qui l'a fait.
06:37Il n'était pas ingénieur, mais il s'intéressait aux produits.
06:39Après, il l'est devenu un peu plus.
06:41Voilà.
06:41Mais c'est vrai qu'au départ, ce n'était pas un ingénieur.
06:44Toi, Anthony, comment tu as vécu tout ça ?
06:48Est-ce que tu as des souvenirs ?
06:50J'étais pas né.
06:50Enfin, si, j'étais tout juste né.
06:52J'avais 3 ans.
06:53Non, j'avais 76.
06:54Je n'étais pas né.
06:55Je n'étais pas né.
06:56Voilà.
06:56Non, je n'étais pas né.
06:57Mais Apple, tu as commencé à t'intéresser à Apple beaucoup plus tard.
07:02Viment, bien évidemment.
07:03Bien sûr.
07:03Pour moi, ça, c'est de l'histoire.
07:04Contraint et forcé.
07:05Mais même pour moi, parce que moi, tu étais obligé de t'intéresser.
07:08Contraint et forcé, on peut le dire.
07:09C'est un peu ça.
07:10Non, non, non.
07:10Alors, c'est intéressant parce que…
07:12Alors, on va faire un bond en avant, mais peut-être qu'on reviendra après.
07:13Oui, bien sûr, bien sûr.
07:14Parce que moi, effectivement, pour moi, ça, c'est l'histoire du passé.
07:17C'est vraiment…
07:18Moi, je n'ai pas connu cette époque-là.
07:19Je m'y intéresse.
07:20Quand j'écoute Olivier, je trouve ça absolument passionnant.
07:22Je trouve passionnant aussi, toute petite parenthèse, parce que tu l'as mentionné très
07:26rapidement, mais l'histoire du troisième homme, que je trouve incroyable.
07:29Oui, incroyable.
07:29Parce qu'ils étaient trois.
07:30On l'oublie, mais il y avait ce troisième larron qui était là.
07:33Alors, il s'occupait de la partie administrative.
07:35Ronald Wayne.
07:36Ronald Wayne, exactement.
07:37C'est lui qui a designé le premier, le tout premier logo aussi.
07:40C'est-à-dire celui où on voyait, en fait, Newton sous un pommier, qui était assez chargé.
07:44Après, il a été beaucoup plus épuré, etc.
07:46Il était dans le bios, non ?
07:46Ce n'était pas le truc du bios, non ?
07:48Non, c'était…
07:48Ah non, je confonds avec…
07:49Non, c'était vraiment le tout, tout, tout premier.
07:51Et en fait, ce monsieur, au bout de douze jours, il en a eu marre.
07:56Et il a dit, bon les gars, je lâche l'affaire.
07:58Et il a revendu les 10% dont il disposait dans Apple.
08:01Tu imagines 10% ?
08:02Pour 800 dollars.
08:04800 dollars.
08:05Alors, j'ai regardé à la valorisation actuelle.
08:07Ces 800 dollars, ils vaudraient…
08:10Tenez-vous bien.
08:13370 milliards…
08:143 700 milliards de dollars.
08:16C'est faux.
08:16C'est absolument…
08:17Non, non, non.
08:17Non, 370.
08:18Oui, parce que tu fais fou et 10, ça fait 3 700.
08:19En fait, c'est 4 000 milliards d'Avalo à peu près d'Apple.
08:21Donc, ça fait 400 milliards.
08:22Et 10% de 4 000, ça fait 400.
08:24400 milliards.
08:25800 dollars, 400 milliards.
08:26Donc, si vous passez une mauvaise journée, dites-vous…
08:29Et alors, le pire du pire, c'est que maintenant, il a, je ne sais plus, plus de 4 ans
08:32et 10 ans,
08:33il vit dans un mobilhome, ce monsieur.
08:35C'est incroyable.
08:35Alors, il dit qu'il ne regrette pas, etc.
08:37Mais je me dis, rien que pour le fait qu'il soit un morceau de l'histoire comme ça…
08:42Non, mais je me dis qu'Apple aurait pu, ou les fans d'Apple,
08:44auraient pu lui payer une maison ou un truc, tu vois.
08:46Non, parce qu'il vit chichement, quoi.
08:48Il vit dans un mobilhome, visiblement.
08:50C'est aux dernières nouvelles.
08:51Il faut se rappeler pour les plus anciens d'entre nous que lorsqu'ils ont créé Apple,
08:55Wozniak et Jobs, ils n'avaient pas un rond, quoi.
08:57Non, non, non.
08:58C'est pour ça qu'ils ont commencé dans le garage des parents adoptifs de Steve Jobs,
09:02que Steve a été obligé de vendre son petit combo Volkswagen
09:04pour pouvoir payer les premiers achats de composants,
09:07qu'il n'avait pas l'argent pour acheter les composants,
09:11pour construire les cartes mères et les vendre.
09:13C'est dingue.
09:13Et qu'il a réussi à persuader en faisant du porte-à-reporte
09:16dans les magasins de la Silicon Valley,
09:18en disant, voilà, achetez-moi mes cartes mères, elles sont prêtes,
09:19alors qu'elles n'étaient pas encore produites.
09:21Donc, il a vraiment…
09:22C'est lui qui a vraiment rendu possible.
09:24Et Ron Wendt, il était beaucoup plus âgé.
09:26Il avait presque 15 ans ou 20 ans plus que Steve Jobs.
09:29Il avait des enfants.
09:31Il a eu peur en se disant, mais dans quoi je m'engage ?
09:35À son corps défendant.
09:36Et malheureusement, il a eu la mauvaise idée de vendre les actions.
09:39Pour répondre à ta question, l'histoire est folle.
09:42J'adore.
09:43C'est ça aussi qui est génial avec une entreprise
09:44qui commence à avoir une vraie histoire comme ça,
09:47c'est qu'il y a plein d'anecdotes hyper croustillantes.
09:49Alors, on va faire un bond de 30 ans en avant.
09:52Vraiment, en fait, mon initiation à Apple, c'est l'iPhone.
09:55C'est même pas l'iPod ?
09:56C'est même pas l'iPod.
09:57J'avais pas d'iPod.
09:58J'avais un lecteur MP3.
09:59Mais j'avais pas...
10:00Tu avais un Zune.
10:02J'avais pas un Zune.
10:04C'était toi ?
10:04Qui se souvient du Zune ?
10:06Qui se souvient du Zune ?
10:06Il est sorti en France, le Zune ?
10:07Non, il est même pas sorti en France.
10:09Pour ceux qui connaissent pas,
10:10c'était l'équivalent d'iPod chez Microsoft.
10:14Non, pas du tout.
10:15Mais en fait, moi, d'une certaine manière,
10:16j'allais dire, je dois presque ma carrière de journaliste tech
10:19à Apple et à l'iPhone.
10:20Parce qu'en fait, je suis entré en journalisme,
10:24si on peut dire.
10:25Ça devait être la semaine où l'iPhone est sorti, je pense.
10:29Donc, mi-2007 ?
10:30Autour de 2007, voilà.
10:31Et en fait, je me souviens très bien du lancement.
10:33Je m'intéressais à la tech
10:35et j'essayais de proposer des sujets tech.
10:37Mais j'étais dans un média généraliste.
10:39Et il y a ce truc qui sort.
10:41Personne n'y comprenait rien.
10:42Et on est à un moment...
10:43T'as connu ça, François, ou toi aussi,
10:45dans un média généraliste.
10:46Les gens ne s'intéressaient pas, en fait, à la tech.
10:48Ce n'était pas un sujet.
10:49Parce que, voilà, c'était considéré comme un truc...
10:51Quand il y avait un trou dans un journal, on disait
10:52« Ouais, tu ne veux pas parler d'un truc sur les technologies, là ?
10:55Il n'y a quoi ? Il n'y a pas un site web ? »
10:56Exactement.
10:57Un truc comme ça, et puis bon.
10:57C'est vraiment ça.
10:58Et puis, au dernier moment, ça pouvait sauter
10:59parce qu'il se passait quelque chose.
11:01C'était vraiment la dernière route du carrosse.
11:02Je trouve la variable d'ajustement.
11:04Et en fait, à partir de l'iPhone et du phénomène qui a eu lieu...
11:07Alors, on va dire « Mais il y avait déjà des smartphones avant l'iPhone. »
11:09Oui, mais non.
11:10L'iPhone a démocratisé, effectivement, le fait d'avoir tout en un
11:13cet appareil, l'écosystème des applications,
11:16l'Internet mobile grand public,
11:18les usages quotidiens du numérique,
11:19le GPS embarqué, la photo, les réseaux sociaux, le doigt.
11:22Et tout ça, ça a été révolutionnaire.
11:24Ça a changé la façon dont on interagissait, nous tous, avec la technologie.
11:27Et les gens ont commencé à s'y intéresser.
11:29Le public, mais aussi dans les rédactions, les rédacteurs en chef, etc.
11:31Et c'est ce qui fait, en fait, que j'ai pu être journaliste tech,
11:34parce que sinon, je pense que j'aurais continué à proposer des sujets en vain.
11:40C'est pour la petite anecdote.
11:42Mais moi, en tout cas, ça a été ça, ma découverte d'Apple.
11:44Alors, je n'ai jamais été pro-Apple.
11:47Je n'utilise pas Apple au quotidien.
11:48J'ai oui dit.
11:49Voilà.
11:50Mais j'ai utilisé...
11:52Alors que tu dois ta carrière à Apple, quoi.
11:53Alors que je suis un peu grandiloquent.
11:56Je disais ça un peu pour la blague.
11:57Mais disons que je suis...
11:59Je trouvais ça intéressant, parce que vraiment,
12:00pour moi, c'est probablement,
12:02même si, encore une fois,
12:03ce n'est pas des appareils que j'utilise au quotidien,
12:05mais c'est certainement l'iPhone,
12:07l'appareil le plus important et le plus influent du XXIe siècle, à date.
12:12Pour moi, c'est vraiment le truc...
12:13C'est vraiment...
12:14Il y a un objet qui a tout changé dans notre vie
12:15depuis le début des années 2000.
12:17C'est quand même celui-là.
12:18Et on doit rendre cet hommage-là à Apple.
12:20Je me souviendrai toujours de la keynote de Steve Jobs.
12:22Alors, avec là encore, on se souvient,
12:24il y a toute l'historique de...
12:25On sait que tout était millimétré sur la démo,
12:28parce que...
12:29Ça ne marchait pas.
12:29Parce que ça ne marchait pas, en fait.
12:30Et que c'était un peu 50-50, quoi.
12:32S'il se plantait dans le chemin de doigts
12:35qui devait se promener sur l'écran,
12:37et s'il n'appuyait pas sur telle application,
12:38avant telle application,
12:40le truc bugait en direct.
12:41Et c'était plus ou moins la fin d'Apple.
12:43Ou en tout cas, ça les aurait mis en très grande difficulté.
12:44Il y a beaucoup de storytelling autour de ça.
12:46C'est pas vrai, ça c'est un mythe ?
12:48Ouais, j'y étais.
12:49Il y avait quelques backups en dessous.
12:51Ah ouais ? C'est vrai.
12:51On peut se souvenir que la démo,
12:52il la faisait avec un iPhone,
12:53avec un câble branché.
12:55Ça m'avait surpris de voir brancher un câble sur l'iPhone,
12:57alors que...
12:57Après, on peut imaginer que le câble servait
12:59de relais vidéo.
13:01Ouais, et puis il avait quatre iPhones
13:03sous le bureau,
13:04donc il était prêt à switcher.
13:05Il a switché à deux reprises.
13:07C'est clair, oui.
13:07C'est vrai que ça marchait mal, mais...
13:08Parce qu'en rappelant que cet iPhone
13:09a été présenté au grand public
13:11six mois avant sa sortie effective,
13:13donc il n'était pas terminé.
13:15Paradoxalement,
13:17pardon, je ne sais pas.
13:18Paradoxalement, effectivement,
13:19on pourrait penser qu'il jouait sa carrière
13:21sous cette keynote,
13:23mais moi, le souvenir que j'ai,
13:25puisque j'avais la chance d'y être,
13:26à cette keynote à San Francisco,
13:28au Moscone Center,
13:29c'est certainement le moment le plus cool
13:31que j'ai connu chez Apple.
13:33Tu sais comment ça se passe,
13:34les événements d'Apple.
13:35Les responsables d'Apple sont hyper tendus,
13:37parce qu'en plus, il y avait Steve,
13:39si ça plante, c'est une catastrophe.
13:41Et là, tu avais une atmosphère,
13:43une effervescence.
13:45Tout le monde souriait,
13:46tout le monde te tapait dans le dos
13:47en disant,
13:47putain, Olivier,
13:48tu vas vivre un moment extraordinaire.
13:50Presque, il te disait
13:51ce qui allait arriver, quoi.
13:52En fait, ils étaient presque conscients
13:53de ce moment d'histoire.
13:54De vivre un moment historique.
13:55C'est fou, quand même.
13:56Et de prendre une revanche sur l'histoire,
13:57parce qu'ils avaient le sentiment
13:58de s'être fait un peu...
13:58Moi, je me souviens
13:59les applaudissements
14:00quand il avait présenté ce truc-là.
14:02Enfin, voilà,
14:03une keynote que je vous invite à regarder,
14:05ne serait-ce que la fin,
14:06parce que c'est à la fin,
14:06je crois qu'il présente ça.
14:08C'est vraiment...
14:10C'est vrai que c'est un moment d'histoire.
14:11Alors, tu dis à la fin,
14:12tu sais à quelle heure ?
14:13Est-ce qu'il y a une histoire
14:14autour de ça ?
14:15Non, non, non.
14:15Tu sais, toi, Olivier ?
14:16L'heure qui s'affiche toujours
14:17sur les iPhones.
14:18Exactement.
14:199h41.
14:19C'est génial.
14:20Ça, c'est incroyable.
14:21Et ça montre aussi
14:22le clin d'œil
14:23et l'obsession du détail d'Apple.
14:24Parce qu'en fait, en gros,
14:26Steve Jobs avait une théorie,
14:27c'était un maître du storytelling
14:29de toute façon,
14:29de la keynote,
14:30et il disait, en fait,
14:31il faut que...
14:32En gros, t'es un climax,
14:33donc t'es une montée en puissance,
14:34et il faut que la grosse annonce
14:36soit 40 minutes
14:37après le début de la keynote.
14:38Donc, la keynote commençait à 9h,
14:40et donc, il mettait
14:41sur l'affichage de l'iPhone
14:43qui...
14:44Donc, toute la communication d'Apple,
14:45donc ce qui s'affichait
14:46sur les écrans, etc.,
14:47il mettait 9h41
14:48pour que quand ça s'affiche à l'écran,
14:50au moment où il l'annonce officiellement,
14:52c'était la vraie heure.
14:53Donc, c'est-à-dire aussi
14:54le sens du détail
14:56et vraiment...
14:57Il y a que même la pendule
14:57ne marchait pas, quoi.
14:58Oui, c'était...
14:59Non, mais si tu veux,
15:00c'était vraiment l'idée
15:01qu'il fallait que ce soit cohérent
15:02pour le public dans le...
15:04Alors que franchement,
15:04personne ne leur aurait voulu
15:05si ça s'était affiché à 10h12,
15:08tu vois, on s'en fichait.
15:08Et maintenant, aujourd'hui,
15:09si vous regardez sur toutes les...
15:10Si vous allez sur le site d'Apple
15:12que vous essayez d'acheter un iPhone,
15:13tous les iPhones sont affichés
15:14à 9h41.
15:15C'est la date de naissance de l'iPhone.
15:16Exactement.
15:17C'est mignon.
15:18Juste, avant de t'écouter,
15:20puisqu'on parle de l'iPhone,
15:21j'aimerais vous diffuser
15:22un petit bout d'interview
15:24que j'ai réalisé la semaine dernière.
15:26J'ai eu la chance donc
15:27d'interviewer Tony Fadel
15:30dans le Tech & Co
15:31dont je vous ai parlé tout à l'heure
15:32qui a été diffusé le 1er avril.
15:34Tony Fadel qui a été
15:34l'un des papas de l'iPhone,
15:36mais aussi de l'iPhone.
15:38Petite anecdote
15:38qu'il nous raconte tout de suite.
15:40Avant la sortie de cet iPhone,
15:41il a failli perdre
15:42un prototype d'iPhone.
15:44Il nous raconte ça.
15:45Écoutez, ça dure quelques secondes.
15:47J'avais un prototype avec moi.
15:50J'étais dans l'avion
15:51et il est tombé de ma poche.
15:53Et il s'est retrouvé coincé
15:56dans le fauteuil de l'avion
15:58alors que je quittais l'Europe
16:00pour rallier la Californie.
16:03Et donc, quand je suis arrivé,
16:04je me suis aperçu
16:04que je n'avais pas le prototype avec moi.
16:06Et quand je suis allé chercher mes bagages,
16:09j'ai commencé à suer à gros coups.
16:10J'étais vraiment très inquiet.
16:11Je me suis dit,
16:12il faut absolument
16:12que je remette la main dessus.
16:14Heureusement, quelqu'un l'a retrouvé.
16:15Personne ne savait ce que c'était
16:16parce que personne n'avait jamais vu
16:18ce périphérique-là.
16:20Il n'y avait que 100 ou 200
16:21qui existaient sur toute la planète.
16:22Donc, quand les gens l'ont sorti du siège,
16:26les gens de la compagnie aérienne,
16:28ils ne savaient pas ce que c'était.
16:29Donc, ils me l'ont rendu.
16:30Bon, j'ai eu de la chance finalement
16:31qu'on l'ait retrouvé
16:32et que personne ne sache ce que c'était.
16:35C'est drôle parce que,
16:37imaginez, je ne sais pas moi,
16:38l'hôtesse ou le commandant de bord.
16:39Et tenez, voilà,
16:40je vous donne votre téléphone là.
16:41Mais c'est quoi ce truc-là ?
16:42Tu as un morceau d'histoire dans la main, quoi.
16:45C'est clair.
16:45C'est fou.
16:46Elle est incroyable, cette histoire-là.
16:47Il y a d'autres anecdotes comme ça
16:49que Tony Fadel nous raconte
16:50qui sont assez croustillantes.
16:51Alors, les gouttes de sueur
16:52qui perlaient là quand même.
16:53T'imagines, t'imagines,
16:54t'es en train de penser au fait
16:55que tu vas devoir annoncer à Steve Jobs
16:57que t'as paumé le prototype de l'iPhone.
16:59Non, mais je pense que là,
16:59c'est toi qui est perdu.
17:00Mais ce n'est même pas la peine.
17:01Il n'y a pas que le téléphone
17:02qui est perdu, toi aussi.
17:03Une histoire à la Vattel,
17:04tu sais, le cuisinier de Louis XIV
17:05qui s'était suicidé
17:06parce que les plats n'étaient pas arrivés à temps.
17:08Tu sais, je pense que c'est un peu une histoire.
17:09C'est un peu ça.
17:10On n'est pas passé loin du drame quand même,
17:12à mon avis.
17:12C'est une sacrée histoire, ça aussi.
17:14Oui, ça fait partie des histoires
17:15qui a des petites pépites
17:18qu'on a apprises dans ta mission
17:20et qu'on a aussi eu la chance
17:21d'avoir refait le Mac
17:23où effectivement,
17:24il y a plein de petites anecdotes
17:25comme Apple ne communique très peu.
17:27On les découvre à Post-A-Diori
17:28quand les gens ont quitté Apple
17:29parce qu'ils veulent bien,
17:32en insistant un petit peu,
17:33j'imagine que tu as dû insister aussi
17:34pour avoir l'interview,
17:37nous ouvrir leur album de souvenirs.
17:41Oui, je me souviens que Bertrand Cerlet
17:44m'avait raconté à peu près la même histoire
17:46parce qu'en Cerlet,
17:46c'était le papa de Mac OS X.
17:48Il y a beaucoup de Français
17:50qui ont marqué l'histoire d'Apple.
17:51Tu parlais de Jean-Louis Gasset tout à l'heure
17:52qui a fait la mission de l'histoire sur Tec & Co.
17:54Et alors, ou des Français
17:56ou alors des Américains
17:57qui adoraient la France.
17:58Il faut savoir que Steve Jobs
17:59adorait la France.
18:00Tony Faddle est souvent en France
18:02parce qu'il adore ce pays.
18:03Il y a Paris.
18:05C'est ça.
18:07Et on sent que l'Apple
18:09est vraiment lié à la culture
18:10et à la culture européenne.
18:12Je ne dirais pas française
18:13parce qu'on ne va pas aller jusque là.
18:14Mais il y a une culture européenne
18:15de cette boîte-là
18:16qui est quand même assez présente.
18:17Il n'y a pas oublié
18:18que pendant longtemps,
18:19le patron de design,
18:19c'était Jonathan Haib
18:20qui était un européen.
18:22Bien sûr.
18:22Anglais, mais un européen.
18:24Et Bertrand nous racontait
18:25qu'effectivement, lui aussi,
18:26il avait testé comme top 100 d'Apple
18:30un iPhone
18:31et qu'il rentre chez lui le soir
18:33et dans sa poche,
18:35il n'y a plus l'iPhone.
18:36Et qu'il le cherche partout,
18:38il ne le trouve pas,
18:39il n'endort pas la nuit.
18:39Le lendemain matin,
18:40il reprend sa voiture
18:40pour repartir à Cupertino.
18:43Et il ferme la voiture
18:44et il va monter
18:47voir Steve en disant
18:47« Bon, vas-y, coupe-moi la tête. »
18:50Tu peux virer.
18:50Je ne t'escupe pas pour toi.
18:51Tu peux virer.
18:51Et en fait, il a appris en esprit
18:52de regarder dans la voiture.
18:53Il regarde sous le tapis
18:55du siège de la voiture
18:57et là, l'iPhone était réglissé.
18:59Mais bon, voilà.
19:00Mais c'est vrai que c'était...
19:01Il y a un tel culte
19:02de ce crèche et Apple que...
19:04Si on remonte encore un peu le temps
19:05et qu'on s'arrête à l'iPod,
19:06parce que je trouve que l'iPod
19:07est assez intéressant,
19:08ça a été quand même
19:09une espèce de virage pour Apple
19:12qui était vraiment
19:12dans la micro-informatique pure.
19:14Avec un ordinateur.
19:16C'est ça.
19:17Et Steve qui dit
19:19« On va sortir un baladeur MP3. »
19:21Alors, j'exagère,
19:22mais c'est un peu ça l'histoire.
19:23Il paraît que toute son équipe
19:25était contre le fait
19:26de sortir ce type de produit
19:27parce que ça n'avait pas de sens
19:29quand Apple était dans l'informatique,
19:31on va dire.
19:31Et il sort l'iPod.
19:34Et c'est vrai que
19:36certains disaient
19:37« Oui, mais tu vas,
19:39après, finalement,
19:40Sony va te le racheter,
19:41ce truc-là. »
19:41Parce que Sony,
19:42qui était très puissant à l'époque,
19:44c'était eux
19:44qui avaient une vraie légitimité
19:45à sortir un baladeur MP3,
19:47etc.
19:48Je crois qu'ils ont même
19:49eu des propositions
19:49et Steve n'a jamais voulu.
19:51En fait, il s'est dit
19:52« Mais non, on va garder
19:53notre ligne, directrice. »
19:54L'iPod est le début
19:55d'une espèce de renouvellement
19:58de ce qu'on fait.
19:59C'était dingue.
20:01Parce que, contrairement,
20:02je dirais,
20:03à un Tim Cook aujourd'hui,
20:04Steve Jobs avait
20:04une vraie vision produit.
20:05Il était capable
20:06de comprendre
20:07quelle était la valeur ajoutée
20:08d'un produit
20:08par rapport à un autre.
20:09Donc, si c'était pour sortir
20:10un lecteur MP3
20:11comme ils étaient à l'époque
20:12les standards de l'époque,
20:13il faut se souvenir
20:14qu'à l'époque,
20:14c'était des petites clés USB
20:15assez simplifiées
20:16pour lesquelles on mettait
20:18128, 256 gigas,
20:19grand maximum,
20:20c'est déjà beaucoup.
20:21Et on avait, quoi,
20:22deux, trois albums,
20:23grand maximum,
20:24dans son téléphone,
20:25dans son lecteur MP3.
20:27L'idée géniale d'Apple,
20:29de Tony Fadel,
20:30et qu'il a vendu à Steve,
20:31c'est de dire
20:32« On va mettre
20:33ta bibliothèque musicale,
20:34ta discothèque dans la poche. »
20:36Et là, forcément,
20:36l'argument de vente
20:37est différent.
20:39Et encore une fois,
20:39la force d'Apple,
20:40ce n'est pas forcément
20:40d'inventer le lecteur MP3,
20:42mais c'est d'arriver
20:43avec une proposition
20:44en matière d'offres
20:46qui est totalement
20:48disruptive sur le marché.
20:49Ils ont simplement eu l'idée
20:50de mettre un disque dur
20:51dans un baladeur.
20:52Et dans un disque dur,
20:53tu mets une bibliothèque
20:54et non pas 128 gigas
20:55ou 16 gigas.
20:56Je ne sais plus
20:56comment c'était à l'époque.
20:57Je crois que c'était des loins.
20:58Ce n'était pas 128 gigas.
20:59Mais bon, peu importe.
21:00Mais déjà,
21:01tu stockais des milliers,
21:02des milliers de titres.
21:03Et là, déjà,
21:03la proposition était différente.
21:04Et il s'est dit
21:05« Il y a un coup à jouer. »
21:06En plus, tu rajoutes
21:06le savoir-faire
21:07en matière de design
21:07de Johnny Hive.
21:08Le modèle économique
21:10d'acheter tes titres
21:11sur un iTunes
21:12qui avait été créé
21:13pour l'occasion.
21:14C'est ça aussi le truc.
21:15Le coup de mettre
21:16de Steve, il est là.
21:17Et le deal
21:18avec les maisons de disques
21:19qui l'ont vu arriver
21:20comme un ovni.
21:21Parce qu'à l'époque,
21:22je vous rappelle
21:23que c'était encore le CD.
21:24On parlait du piratage
21:26de la musique.
21:26Donc, les maisons de disques
21:27étaient véritablement
21:28sur les dents,
21:29si tu veux.
21:30Il les a sauvés
21:31d'une certaine manière.
21:31Il les a sauvés.
21:32Il les a sauvés en disant
21:33que tout le monde
21:33allait sur Emule
21:34ou sur Ickdonkey,
21:35etc.
21:36Exactement.
21:36Moi, vous allez brancher,
21:38on va brancher un appareil.
21:39Les gens vont choisir
21:40les chansons.
21:40Ils vont payer un dollar,
21:41je crois.
21:41C'était un dollar
21:42ou un truc comme ça.
21:43Le titre, c'est réglé.
21:45Ça sera sur l'appareil
21:46et on partage des revenus.
21:47Ça, ça a été l'une
21:48des forces d'Apple,
21:49je pense, au cours de l'histoire
21:50et on le voit encore plus
21:51aujourd'hui, j'allais dire.
21:52C'est la force
21:53de créer un écosystème
21:54et de ne pas seulement
21:55vendre du produit
21:56mais de vendre le service
21:56qui est associé au produit.
21:58Et on sait que c'est
21:58la grande stratégie
21:59de Tim Cook,
22:00c'est de dire
22:00demain, on veut être
22:01moins dépendant
22:02typiquement de l'iPhone
22:03qui représente
22:03une très grosse partie
22:04du chiffre d'affaires
22:05d'Apple aujourd'hui
22:06pour en fait
22:07se servir de notre base
22:08installée d'appareils
22:10et vendre de l'abonnement.
22:12Alors, iTunes n'existe plus
22:13mais maintenant,
22:14c'est Apple Music,
22:15c'est Apple TV+,
22:16c'est le Cloud,
22:17iCloud,
22:18c'est évidemment
22:19les commissions
22:20qu'ils prennent aussi
22:21sur les ventes d'applications
22:22en se disant
22:22voilà, ça,
22:23c'est du revenu récurrent
22:24pour une entreprise.
22:25C'est quelque chose
22:25d'extrêmement rassurant
22:26d'avoir du revenu
22:27qui revient tous les mois
22:28parce que ça,
22:29en fait,
22:30ça vous prémunit
22:31contre les cycles de vente
22:32et c'est extrêmement intéressant.
22:34Aujourd'hui,
22:34la branche service d'Apple,
22:36ça représente
22:36le chiffre d'affaires
22:37d'une entreprise
22:38comme Tesla.
22:38Mais les marges sont monstrueuses.
22:40Mais au moment
22:40où ils lancent l'iPhone,
22:41au moment où ils lancent l'iPhone,
22:42ils n'ont pas du tout
22:43la vision des services.
22:44Non, non, non.
22:45Ils lancent un lecteur MP3
22:46et vous vernez vos CD.
22:48L'iPhone, oui,
22:49mais au moment de l'iPhone,
22:50je ne suis pas sûr.
22:50Non, mais l'iPhone,
22:51il n'y avait pas le store, en fait.
22:52Steve Jobs ne voulait pas lancer
22:55l'iPhone.
22:56Et l'App Store est sorti,
22:57dis-à-dire quoi,
22:57six mois après l'iPhone ?
22:58Un an, un peu plus longtemps.
22:59Un an après la sortie.
23:00Je me souviens du moment
23:02où il lance l'App Store
23:02et où il dit
23:03c'est le lancement
23:04le plus important de ma carrière.
23:05Oui, mais au départ,
23:06il n'a mis 18 mois à l'accepter.
23:08Il a fallu que son équipe
23:10arrive à le convaincre
23:11de ce truc-là.
23:12Chronologiquement,
23:13lorsqu'il sort l'iPhone
23:14en janvier 2007,
23:15il n'y a pas d'application.
23:16Donc, tu installais des web apps.
23:17Tout à fait.
23:18Tu installais des sites
23:19adaptés au format...
23:20Tu avais YouTube en appli,
23:20je me souviens très bien.
23:22Google Maps
23:22qui avait fait un carton
23:23déjà à l'époque.
23:24Et qu'est-ce qui s'est passé
23:26à l'époque ?
23:26Tout le monde était frustré
23:27de ne pas avoir d'application,
23:28de ne pas pouvoir installer
23:29des jeux par exemple.
23:30Donc, c'est Cydia
23:32qui est arrivé.
23:33Cydia, c'était le...
23:34Comment on appelait ça
23:36à l'époque ?
23:36Une sorte d'Apple Store.
23:37Le jailbreak.
23:38C'était le jailbreak.
23:40Une sorte d'Apple Store
23:41alternative.
23:41C'était le repository, non ?
23:42Il n'y a pas un truc comme ça.
23:43Ça permettait d'installer
23:44des applications
23:45et ça permettait en plus
23:46d'utiliser l'iPhone
23:46dans d'autres pays
23:51et quand ils ont vu
23:51le succès de ce truc,
23:52ils se sont dit
23:52qu'il y a un truc à faire.
23:53Et là, ils ont embrayé
23:54sur les services
23:59et sur l'Apple Store.
24:00Et c'est une fois
24:02également pour l'iPod
24:03que l'iPod a commencé
24:04à connaître un succès
24:04parce qu'il a été progressivement
24:05parce qu'il était vendu
24:07650 euros
24:08le premier iPod.
24:10Il y allait.
24:10Donc, c'est comme
24:11la Vision Pro aujourd'hui.
24:13Il n'a fallu qu'un ou deux ans
24:14pour qu'il s'installer.
24:15C'est simple.
24:15L'iPod a commencé à marcher
24:17quand ils ont conçu
24:18un iPod
24:19qu'on peut brancher
24:19sur un PC.
24:21Avant, ils ne se branchaient
24:22que sur un Mac
24:22en FireWire.
24:23C'est ça.
24:24Alors, je me souviens,
24:25ils avaient passé un accord
24:26avec HP.
24:26Je ne sais pas si tu te souviens.
24:27Oui, il y avait des...
24:28C'est HP qui avait vendu
24:28les premiers iPods
24:30qui étaient rouges d'ailleurs.
24:31Je crois qu'il y avait
24:31un truc comme ça.
24:32Non, c'était les iPods U2.
24:33Mais effectivement,
24:34il y avait des iPods HP.
24:36Il y avait des iPods HP.
24:37Oui.
24:38Il y avait un tel succès
24:39qu'HP avait racheté la licence.
24:40Exactement.
24:41Et puis après,
24:43Steve Jobs s'est dit
24:44qu'il faut qu'on sorte
24:45iTunes ou Windows.
24:46Et là, ça a été l'explosion.
24:47Ça a été l'explosion
24:48parce que tout le monde
24:49pouvait...
24:49C'est là qu'il a été voir
24:49les maisons de disques
24:50en disant,
24:50bon, les gars,
24:51j'ai une base installée
24:53et il a réussi à négocier
24:54un tarif incroyable
24:55pour vendre des morceaux.
24:56Mais c'est vrai qu'à l'époque,
24:57les maisons de disques
24:57étaient à la ramasse
24:58puisqu'ils étaient attaqués
24:59de toutes parts
25:01par le piratage.
25:02Ils ne vendaient plus de CD
25:03et ils ont lâché ça
25:05en pensant que ça ne marcherait
25:06jamais d'ailleurs.
25:07Et ça a marché.
25:07Bravo à ceux
25:08qui ont convaincu
25:09du coup de Steve Jobs.
25:10Comme quoi,
25:10il avait aussi
25:11cette ouverture d'esprit-là.
25:13Et bravo aussi,
25:13du coup,
25:14rendons hommage aussi
25:14à Tim Cook
25:15parce que pour le coup,
25:16les services,
25:17c'est lui,
25:18c'est le pari qu'il a fait
25:18et c'est le pari
25:19qu'il continue à faire
25:20et je pense qu'il a raison
25:21de le faire.
25:22Il faut le dire aussi
25:22parce que Steve Jobs
25:24a été effectivement
25:25le visionnaire,
25:26etc.
25:26Mais l'entreprise
25:27a vraiment grandi
25:29avec Tim Cook.
25:29100% en chiffre d'affaires
25:30c'est le service aujourd'hui.
25:32Mais c'est vrai
25:33qu'on ne peut pas
25:35s'empêcher de se dire
25:36parce que c'est vrai
25:36que derrière Steve Jobs,
25:38bon, alors évidemment,
25:39il y a la légende,
25:40il y a la nostalgie,
25:40il y a le fantasme
25:41parce qu'on se dit
25:42si ce gars-là était encore là,
25:43qu'est-ce qu'il aurait imaginé ?
25:45Et c'est vrai
25:46qu'on ne peut pas
25:47s'empêcher de se dire
25:48est-ce que la destinée d'Apple
25:50aurait été différente
25:51si Steve était toujours là,
25:52tu vois ?
25:53Et on peut imaginer que oui.
25:56Mais il faut se remettre
25:58aussi dans le contexte.
25:59À l'époque,
25:59tous ces services
26:00n'existaient pas.
26:01Donc,
26:01Apple les a inventés
26:02et a inventé
26:04l'essentiel
26:05de notre quotidien numérique.
26:07L'iPhone,
26:08l'iPod.
26:08Est-ce que finalement
26:09Steve Jobs
26:10aurait été encore
26:11aussi imaginatif
26:13en inventant
26:14d'autres services
26:15qui étaient peut-être
26:15moins évidents
26:17à inventer ?
26:17Tu vois ce que je veux dire ?
26:18Ça, c'est impossible de le savoir.
26:19C'est impossible.
26:20Il faudrait écrire
26:21une uchronie,
26:22comme on dit,
26:22une histoire alternative
26:23où Steve Jobs
26:25survit
26:25et continue
26:26à inventer des produits.
26:28Certains disent
26:28que Steve,
26:29et je sais que
26:30tu es un peu sévère
26:31par rapport à Tim Cook
26:32aujourd'hui.
26:33Non, je suis un peu sévère.
26:33Non, mais c'est vrai que...
26:35Je suis nostalgique
26:36de la période de Steve.
26:37Oui.
26:37Parce que Steve était...
26:39La seule certitude que j'ai,
26:40que tu as raison de dire,
26:41c'est difficile de faire parler un mort,
26:42mais Steve,
26:43c'était un créateur
26:45de produits.
26:45C'est ça
26:46qu'il faisait kiffer.
26:47La logistique,
26:47ça ne l'intéressait pas
26:48et c'est pour ça
26:48qu'il a embauché Tim Cook.
26:50Et que Tim a réussi
26:51à faire d'Apple
26:52une machine de guerre.
26:54Et c'est ça
26:54la force d'Apple aujourd'hui.
26:56C'est que tu sors
26:56un iPhone le mardi,
26:57le vendredi suivant,
26:58il est dans tous
26:59les Apple stores
26:59du monde entier
27:00à des millions,
27:01des dizaines de millions
27:01d'exemplaires.
27:02C'est une force de frappe
27:03extraordinaire.
27:04Et c'est unique
27:04sur le monde.
27:06Il n'y a qu'eux
27:06qui savent faire ça.
27:07Mais Steve était un créateur.
27:08Quand tu lis sa bio,
27:09même si ce n'est pas
27:10la meilleure bio du monde,
27:11qu'il a fait avec Walter Isaacson,
27:13qui est sorti
27:15juste après son décès,
27:18c'est un testament aussi,
27:19cette bio.
27:20Tu sens bien
27:20qu'il glisse
27:21des petites choses
27:21en disant
27:23la télévision connectée,
27:25je sais ce qu'il faut faire.
27:26Apple ne l'a pas sortie.
27:27Et on a des infos
27:28comme quoi elle était prête
27:29et que Tim n'a pas appuyé
27:30sur le bouton
27:30parce qu'en gros,
27:31il s'est dit
27:32c'est un risque.
27:33Et quand on est leader,
27:34est-ce qu'on doit prendre un risque ?
27:35Quand Steve était aux commandes,
27:37c'était le challenger.
27:39Donc,
27:39il fallait disrupter le marché,
27:41soucouer le prunier
27:41ou le pommier
27:43et faire en sorte
27:44de surprendre là.
27:44Et c'est vrai que,
27:45à raison,
27:46Tim a eu raison
27:47de jouer la prudence.
27:49On ne sait pas.
27:50Non, mais...
27:50Non, non,
27:51on ne sait pas.
27:52Peut-être que la télé Apple
27:53serait un succès incroyable.
27:56Peut-être.
27:57Pendant avoir discuté
27:58avec des proches
27:59de Johnny Hive,
28:00parce que tu sais,
28:01il y avait beaucoup,
28:01il y a quelques années
28:02de designers français
28:04qui travaillent dans l'équipe
28:05et qui étaient proches de Johnny,
28:06ils m'ont dit
28:06la télé, elle est prête.
28:08Elle est fantastique.
28:09C'était dix ans
28:10avant les premières téléconnectées.
28:11Ce n'est pas du tout
28:11une télé que tu branches
28:12sur la TNT,
28:12c'était une télé 100% connectée
28:14avec iOS à l'intérieur.
28:15En gros,
28:15ce que fait l'Apple TV.
28:16Oui, c'est ça.
28:17Oui, c'est un Apple TV.
28:19Tim a raison ou pas raison,
28:21du moins ce qu'on m'avait dit
28:21à l'époque.
28:22Les produits étaient prêts,
28:23ils avaient signé un contrat
28:24avec LG,
28:24les protos étaient prêts
28:25à appuyer sur le bouton
28:26pour fournir les dalles,
28:27etc.
28:29Et Tim a décidé
28:29de ne pas la sortir
28:30parce qu'il considérait
28:31à raison
28:32qu'il n'y avait pas de marge
28:33suffisamment sur le marché.
28:34Tu vois bien,
28:35il y a bien souvent
28:35une télé aujourd'hui
28:36en termes de marge.
28:37Ça ne vaut plus rien
28:37une télé même en 4K.
28:38Oui, mais qui te dit
28:39qu'Apple n'aurait pas pu
28:40justement tirer
28:41son épreuve du jeu
28:42avec une marge
28:42peut-être plus importante.
28:43Mais peut-être que les gens
28:44étaient prêts à payer
28:45deux fois plus cher
28:46pour avoir une télé à pleine.
28:46Non, mais c'est vrai
28:47qu'ils jouent un peu défensifs,
28:49c'est vrai,
28:49par rapport à Steve
28:50qui testait des choses,
28:52etc.
28:52C'était raison.
28:53Il y avait la télé,
28:54on sait aussi...
28:54La voiture,
28:55attendez les gars !
28:56Ils ont dépensé 10 milliards
28:58dans la manière.
28:59L'Apple Car,
28:59ça a été un truc de dingue,
29:00ça a duré des années.
29:01L'épilogue de l'Apple Car,
29:02c'était l'année dernière.
29:03Jusqu'à l'année dernière,
29:05on avait cette...
29:06Enfin, il y avait tout le temps
29:08des informations
29:08concernant la future voiture d'Apple.
29:10Souvent contradictoire.
29:11Souvent contradictoire.
29:12Avec des embauches,
29:13des débauches,
29:14des trucs...
29:14Finalement,
29:15c'est plus la voiture,
29:15il faudrait juste...
29:16Des partenariats avec un tel,
29:17des partenariats avec un autre.
29:18Et c'est là où,
29:18si tu veux,
29:19c'est important.
29:20Je pense qu'une personne
29:22qui a un profil,
29:23je ne dis pas Steve Jobs,
29:24qui a un profil comme Steve Jobs
29:24qui a vraiment...
29:25C'est le cas d'Anthony Fadel,
29:26d'ailleurs,
29:27on sait qu'il est candidat
29:28pour y retourner.
29:28Oui, oui, oui.
29:29Et d'ailleurs,
29:29il le dit dans l'interview.
29:32Oui.
29:34Parce que même s'il a pris
29:34sa retraite dorée,
29:36je pense qu'elle démange
29:41pour prendre les randes d'Apple,
29:42ce gars-là.
29:43Ben oui.
29:44Non mais Tim Cook,
29:44il ne veut plus partir,
29:45il a dit.
29:46Il a dit que c'était des rumeurs.
29:47Au bout d'un moment,
29:48il sera obligé,
29:49si tu veux,
29:50de prendre du recul,
29:51du champ.
29:51Il pourra être président
29:51du conseil d'administration.
29:52Bien sûr, évidemment.
29:54Il n'a pas l'air pressé,
29:55en tout cas.
29:55Il a dit...
29:56Il reste.
29:56Il adore chaque jour
29:57que je passe à Apple.
29:58Oui, mais de toute façon,
29:59je vais te dire,
30:00il ne le dira pas.
30:01Même la veille de son annonce,
30:03il ne le dira pas.
30:04Il l'avait dit,
30:05mais il est revenu
30:05sur ses propos
30:06parce qu'il avait dit
30:06il y a quelques années
30:07« Dans dix ans,
30:08je ne serai plus chez Apple ».
30:09Je le cite...
30:10Non, mais ça ne fait pas dix ans.
30:12Non, d'accord,
30:13mais bon, là...
30:13C'est pourquoi il reste.
30:14Ça sentait le rétro-pédalement.
30:16Il reste pour le cours de la bourse
30:19et pour tout ça.
30:20Pour les particularismes politiques.
30:22Et bien sûr,
30:23et je pense qu'en ce moment,
30:24ce n'est pas le bon moment.
30:24Ce qui se passe aux Etats-Unis
30:25et qui fait qu'il a le sentiment
30:27qu'il est le mieux placé
30:28pour gérer la politique américaine,
30:31les droits de douane,
30:32l'administration américaine,
30:34la présidence de Donald Trump
30:35et ce n'est pas le bon moment
30:37pour partir.
30:37C'est Jean-Louis Gasset
30:38qui disait,
30:39alors que...
30:40Dans Tech & Co,
30:42qu'on a diffusé le 1er avril,
30:44qui disait justement
30:44qu'il fallait saluer
30:47la résilience de Tim Cook
30:49parce que se battre
30:51contre un gouvernement américain
30:52qui est contre plein de choses,
30:56etc.,
30:56il disait que c'était compliqué, quoi.
30:59Et que, voilà,
31:01il donnait de sa personne
31:02pour tous les jours
31:03défendre Apple
31:04qui est attaqué
31:05de toutes parts, en fait.
31:07Par les droits de douane,
31:08par la relocalisation
31:10à marche forcée
31:11que veut Donald Trump
31:12qui est impossible, en fait.
31:14Et lui, il doit composer
31:15avec tout ça tous les jours
31:16en faisant preuve de diplomatie
31:18tout en affichant aussi
31:19quand même
31:20une certaine personnalité,
31:21tu vois.
31:22On voit très bien
31:22que Tim Cook
31:23n'a pas du tout
31:24la même personnalité
31:25qu'un Donald Trump.
31:25Donc, tout ça,
31:26quand t'es à ces sphères-là,
31:28ça doit être un truc
31:29de dingue à gérer.
31:30Je veux dire,
31:30les soucis, là,
31:33c'est monstrueux
31:33parce que là,
31:34tu peux être
31:35le patron
31:36le plus désiré
31:37de la planète,
31:38t'es tout seul
31:38le soir,
31:39quand tu te couches
31:39et quand tu te dis
31:40demain, je vais avoir
31:41une réunion
31:41avec tout le staff
31:43de Donald Trump
31:44pour défendre mes trucs
31:44et tout,
31:45là, il n'y a personne
31:46qui t'aide.
31:46T'as peut-être des avocats,
31:47mais ça va être un enfer.
31:48Je n'échangerai pas
31:49mon boulot contre le sien.
31:50Non, mais voilà,
31:50tu vois ce que je veux dire.
31:51Même s'il doit y avoir
31:52quelques avantages aussi,
31:53mais non, non,
31:54le niveau de précipitation
31:55en ce moment,
31:57ça ne doit pas être facile.
31:58Non, non, mais je pense.
31:58Évidemment.
31:59Non, mais je pense
32:00qu'il sera là
32:00tant que Trump sera au pouvoir
32:01et après, tu verras
32:02qu'il a dit...
32:06Non, mais bien sûr, bien sûr.
32:08Voilà.
32:08Maintenant,
32:09effectivement,
32:11on ne peut pas
32:12critiquer Tim Koo
32:13d'avoir fait...
32:14de ne pas avoir
32:15lancé des produits
32:15sous son nerf.
32:16Il a quand même lancé
32:17l'Apple Watch
32:18qui est aussi une réussite,
32:18mais qui est un produit
32:19qui est moins destructif.
32:20Oui, mais on parlait
32:20tout à l'heure des échecs.
32:21Le Vision Pro,
32:22ce n'est pas un truc
32:22de fou qui cartonne, quoi.
32:243 500 dollars,
32:25comment tu veux
32:25que ça soit un carton ?
32:27Non, mais tu vois,
32:27autant il n'a pas senti...
32:31Ça ne te rappelle rien ?
32:313 500 dollars ?
32:33Le prix du premier Macintosh ?
32:34Oui, oui, oui.
32:35Il n'est pas vendu
32:35et qu'il a commencé...
32:36Aujourd'hui,
32:37il est à 600 dollars
32:37et ils sont comme des petits pains.
32:39Voilà, mais est-ce que
32:41c'est un travail sur le fond ?
32:42Je vais te dire,
32:43même à 600 dollars,
32:43je suis sûr que le Vision Pro
32:44ne se vendrait pas
32:45comme des petits pains.
32:46C'est rien ?
32:46Parce que le marché n'est pas prêt.
32:48Le marché n'est pas prêt.
32:48Les lunettes,
32:49moi je crois beaucoup aux lunettes.
32:50Je pense que pour le coup,
32:51ils vont arriver sur ce marché-là
32:53et ça va être intéressant
32:53si on se projette un petit peu.
32:55Moi, c'est ce que je reproche...
32:56Pour terminer,
32:56il nous reste un petit peu de temps.
32:58Moi, ce que je reproche
32:59à Apple, entre guillemets,
33:01c'est difficile de leur donner tort
33:02d'un point de vue purement financier.
33:03Quand tu regardes les résultats
33:05trimestre après trimestre,
33:06les iPhones se vendent,
33:09les chiffres explosent tout,
33:10la valorisation de l'entreprise aussi.
33:13Donc, ça fonctionne.
33:14Mais c'est vrai que
33:15quand on est du point de vue
33:16du technophile
33:17ou du journaliste tech
33:18et qu'on observe les itérations
33:20des iPhones année après année,
33:21on ne peut pas s'empêcher de se dire
33:22qu'ils prennent beaucoup moins de risques.
33:24En tout cas,
33:25les améliorations,
33:26elles se font à la marge.
33:27On voit que l'innovation aujourd'hui,
33:28elle vient plutôt des groupes chinois.
33:30Enfin, on en parle régulièrement.
33:31Mais voilà,
33:32chez Oppo,
33:33chez Xiaomi,
33:33on a des trucs sur...
33:34Voilà, les batteries,
33:35ils tentent des trucs,
33:36les écrans pliables,
33:37ils essayent...
33:37Il y a des trucs qui fonctionnent,
33:39des trucs qui ne fonctionnent pas.
33:40Mais en tout cas,
33:40ils tentent des choses.
33:41Et Apple est un peu en défense
33:43et en retrait.
33:43Et ils continuent
33:45à jouer leurs cartes
33:46et de jouer leurs partitions.
33:47Et ça fonctionne bien.
33:48Mais moi,
33:49j'aimerais bien parfois
33:49un peu plus de prise de risque,
33:51qu'ils testent des choses
33:52un petit peu nouvelles.
33:53Alors,
33:54on sait qu'ils vont arriver
33:54avec un iPhone pliable normalement.
33:57On peut s'attendre
33:57à ce que 2027,
33:58pour les 20 ans,
33:59on ait un modèle un peu particulier.
34:01On peut espérer
34:01une belle mise à jour.
34:02Mais moi,
34:03je suis un peu resté sur ma faim
34:04ces dernières années
34:05avec Apple,
34:06sans mentir.
34:08Je salue
34:08la performance financière
34:10et la stratégie
34:10qui est effectivement
34:11de se recentrer vers les services.
34:12parce que je pense que c'était
34:13une chose très intelligente à faire.
34:15Mais je trouve
34:16qu'en termes d'innovation pure,
34:18il n'y a pas grand-chose
34:19à se mettre sous la dent.
34:20Le Vision Pro,
34:21pour moi,
34:21il y avait un effet wahou,
34:22mais ça a été quand même
34:23plutôt une déception globalement.
34:25Ce que j'attends beaucoup
34:25et ce que je trouve intéressant,
34:28c'est par contre
34:28toute la dimension santé
34:29sur laquelle ils insistent beaucoup.
34:31Et là,
34:31pour le coup,
34:31pour moi,
34:32ils ont une vraie carte à jouer.
34:33Ils le font beaucoup
34:34avec l'Apple Watch.
34:35Toutes les fonctionnalités
34:35qu'ils ont ajoutées
34:36pour la détection
34:37des problèmes cardiaques,
34:38l'hypertension.
34:39Je pense que s'ils arrivent,
34:40je sais qu'ils y travaillent
34:41depuis des années,
34:42mais à intégrer des capteurs
34:43de glycémie
34:43pour les patients diabétiques,
34:44c'est un game changer.
34:45C'est une épidémie mondiale.
34:46Le diabète aux États-Unis,
34:48c'est un truc de fou.
34:49Et vraiment,
34:49si tu peux ajouter
34:50cette brique supplémentaire-là
34:51et faire de la montre
34:52vraiment une sorte d'ange gardien
34:54et un truc qui est vraiment
34:55un assistant médical au poignet,
34:57là,
34:58ils ont une vraie carte à jouer.
34:59Tim Cook a dit d'ailleurs
35:00qu'il voulait qu'on se souvienne
35:01d'Apple
35:01comme une entreprise de santé.
35:02Je pense qu'ils vont continuer
35:03dans cette direction-là.
35:09Ce qui me manque,
35:09c'est ce dont on parlait
35:10tout à l'heure,
35:11c'est la keynote de Steve Jobs
35:12où tu découvres l'iPhone
35:13et tu as des étoiles
35:14dans les yeux
35:14parce que tu te dis
35:15mais qu'est-ce que c'est
35:16que ce truc,
35:16le monde que ça va nous ouvrir.
35:17C'est Steve Jobs
35:18qui découvre le MacBook Air
35:20en le sortant d'une enveloppe.
35:22Ça, ça fait longtemps
35:22qu'on n'a pas connu
35:24un moment comme ça.
35:25C'est clair,
35:26mais bon, voilà,
35:26chaque être humain
35:27a sa particularité
35:28et on voit que Tim Cook
35:29est un excellent organisateur
35:32de supply chain
35:33et il est imbattable
35:35pour fabriquer,
35:35comme tu disais,
35:36des centaines de millions
35:36d'iPhone
35:37en un claquement de doigts
35:38mais ce n'est pas quelqu'un,
35:39ce n'est pas un créatif
35:41dans le sens où,
35:42comme Steve,
35:43partait vraiment
35:44dans des trucs de dingue.
35:46C'est ça.
35:46Apple avait besoin
35:47d'une période
35:48de consolidation
35:49avec Tim Cook,
35:50ils l'ont eue.
35:51Et puis,
35:51comme je te le disais
35:52tout à l'heure,
35:52Apple est le leader.
35:54Le leader,
35:55c'est pas ça.
35:55C'est Microsoft,
35:57la marque favorite.
35:58Non,
36:00je viens Microsoft,
36:01je n'ai rien contre eux.
36:01Mais quand ils étaient leaders,
36:03ce n'était pas eux
36:04qui innovaient
36:05au niveau de Windows.
36:07Il y avait toujours,
36:08en termes de système d'exploitation,
36:10parce que quand tu es
36:12un petit acteur,
36:13tu es obligé de disrupter.
36:14Apple ne peut pas
36:15se permettre de disrupter
36:16quand tu es leader.
36:16Et accessoirement,
36:17ils ne peuvent pas.
36:18Pourquoi ?
36:19Parce que quand tu es leader
36:20et quand tu le dis,
36:21tu vends 50,
36:2360,
36:2470 millions d'iPhone
36:25par trimestre,
36:26que tu décides d'installer
36:27une technologie nouvelle,
36:28disruptive,
36:29et que donc,
36:30il faut l'adapter à,
36:31peut-être pas 70 millions,
36:32mais 10 ou 15 millions
36:33d'exemplaires,
36:34tu ne peux pas le faire
36:34sur un claquement de doigt,
36:35comme fait un petit constructeur
36:37chinois qui va faire un test
36:38sur 500 000 exemplaires
36:39dans un coin,
36:40qui va faire le tour
36:41des popotes.
36:42Ces constructeurs,
36:42Oppo,
36:43ils ont un marché installé
36:44d'un milliard et demi
36:45de 17 ans.
36:46Quand ils ont lancé
36:47les écrans pliables,
36:48ils n'en ont pas sorti
36:48un milliard et demi.
36:49Non, mais ils peuvent faire
36:50la même chose,
36:50Apple.
36:50J'ai bien aimé d'ailleurs
36:51ce qu'ils ont fait
36:51avec le Edge,
36:53où j'ai trouvé
36:54que c'était intéressant.
36:55Ils ont attendu 3 ans
36:56pour le faire,
36:56une maturité pour le faire
36:57et qu'il y ait une capacité
36:58de production
36:59qui répond à la demande.
37:00Ça fait des années
37:01qu'on sait qu'Apple
37:01va sortir un téléphone pliable.
37:02Ils attendaient
37:03qu'il y ait une capacité
37:04de production
37:04pour en sortir
37:0510 ou 15 millions.
37:06Qui produit
37:07les écrans pliables ?
37:07Ce n'est pas Apple,
37:08c'est Samsung.
37:09Et puis la capacité
37:09et surtout la maturité
37:11de la technologie.
37:12Accessoirement.
37:12Parce qu'on le voit,
37:14ça fait 10 ans
37:14ou pas loin
37:15que 6 ans ou 7 ans
37:17que Samsung
37:18sort des écrans pliables.
37:19Les premiers étaient catastrophiques.
37:21Ceux qui sont sortis
37:22quelques années après
37:23étaient acceptables.
37:24Et là maintenant,
37:24on arrive à quelque chose
37:25de correct.
37:26Et je pense qu'Apple
37:26a voulu attendre
37:28le moment clé
37:29pour sortir ces produits
37:31pour pas qu'il y ait
37:31un scandale à la Samsung
37:33où vous avez des influenceurs
37:35qui arrachaient l'écran.
37:36Je ne sais pas si vous vous souvenez.
37:37Ce qui serait amusant
37:37de voir,
37:38alors qu'aujourd'hui,
37:39le marché du pliant
37:40reste un marché assez exotique.
37:42Quelques pourcents de marché
37:43même pas.
37:44C'est vraiment une petite part.
37:46Si l'arrivée d'Apple
37:47n'est pas une bonne nouvelle
37:48pour Samsung ou Oppo,
37:50en disant que ça va
37:50vraiment démocratiser
37:51et donner envie
37:52à des gens
37:52qui ne voulaient pas
37:52s'y intéresser,
37:54de s'équiper
37:54d'un téléphone pliant.
37:57Bon, voilà.
37:58On a fait 40 minutes.
38:00C'est frustrant
38:01parce qu'il y a tellement
38:01de trucs à raconter.
38:02Et puis on est tellement bien
38:03là comme ça,
38:03tous les trois à parler.
38:05Non mais c'est clair.
38:06Mais il faut bien s'arrêter.
38:08Parce que là,
38:09dans quelques instants,
38:10on va avoir l'avis
38:11de vrais spécialistes aussi.
38:12C'est Mac Génération
38:13que tu connais.
38:14Voilà, des journalistes
38:15que moi je suis
38:16depuis de nombreuses années
38:17sur leur appli
38:17et sur leur site
38:18qui font un très très bon boulot
38:20et j'ai le plaisir
38:20de les accueillir
38:21parce qu'ils viennent
38:22de sortir un livre
38:22qui célèbre les 50 ans d'Apple
38:24et on va en parler avec eux.
38:27Merci beaucoup à Olivier.
38:28Merci Anthony.
38:29Merci.
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