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Regardez "On refait le monde" avec François Forget, astrophysicien et directeur de recherches au CNRS, Paul Wohrer, responsable du programme Espace à l'Institut français des relations internationales, et Olivier Sanguy, responsable de l'actualité spatiale à la Cité de l'Espace à Toulouse.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 06 avril 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 06 avril 2026.
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00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix.
00:07C'est le moment clé de la mission Artemis II, celui du survol de la Lune. Pendant 7h,
00:14les quatre astronautes, trois hommes et une femme à bord du vaisseau spatial Orion ont commencé
00:21à tourner autour de l'astre et à l'observer, à commenter aussi en direct ce qu'ils voient.
00:26Ça fait rêver, ça n'était pas arrivé depuis un demi-siècle, mais à quoi ça sert ?
00:32On va poser toutes les questions à nos invités dans Refait le Monde.
00:36François Forger, astrophysicien et directeur de recherche au CNRS, bonsoir.
00:40Bonsoir.
00:40Paul Vorher, responsable du programme Espace à l'Institut français des relations internationales, bonsoir.
00:46Bonsoir.
00:47Et Olivier Sanguil, responsable de l'actualité spatiale à la Cité de l'Espace à Toulouse,
00:52et donc vous êtes au téléphone, bonsoir.
00:54Bonsoir.
01:06Alors, je ne sais pas si ça vous parle, mais sur ce plateau, ça parle à tout le monde.
01:09C'est Dark Side of the Moon, la face cachée, la face sombre de la Lune.
01:14D'abord, est-ce qu'on peut expliquer à nos auditeurs ce qu'il va se passer,
01:19ou ce qu'il se passe en ce moment même dans l'espace, et en quoi c'est exceptionnel ?
01:23Le vaisseau Orion s'apprête donc à survoler la Lune.
01:27Qu'est-ce que ça veut dire, survoler la Lune ?
01:30Alors là, en l'occurrence, c'est un survol assez lointain,
01:35plus lointain que ce qui s'est passé à l'époque d'Apollo.
01:38Apollo, il passait vraiment juste à côté de la Lune, là c'est plus lointain.
01:41Résultat, ils vont battre leur corps de distance historique de l'humain,
01:45le plus loin de la Terre de tous les temps, des humains.
01:48Et donc, ils vont juste faire un demi-tour, on va dire, autour de la Lune,
01:53capturés par la gravité, donc une demi-orbite si vous voulez, et hop, repartir vers la Terre.
01:56Et donc, la distance est assez importante, c'est de l'ordre d'un peu plus de 6000 km de
02:01distance.
02:01Donc en gros, ils ne vont pas être en rasemote au-dessus de la Lune,
02:05ce qu'il faut imaginer, ce que dit la NASA, c'est que, en gros,
02:07la Lune pour eux, au plus gros, ce sera la taille d'un ballon de basket au bout du bras.
02:13Oui, ça reste loin.
02:14Ça reste loin.
02:15Malgré tout, ils ont des bons yeux, ces astronautes, donc ils vont...
02:17Non, il y en a que les lunettes.
02:18Mais il y a tout un programme d'observation, parce que c'est vrai que l'humain voit des choses,
02:23et puis là, comme ils seront loin, ils vont voir, notamment dans les régions polaires,
02:27des choses que aucun humain n'a jamais vues de ses yeux, même à l'époque d'Apollo.
02:30Donc la NASA en fait beaucoup avec ça.
02:33Le point important, en fait, c'est quand même un vol technique, technologique,
02:36pour tester tout le vaisseau spatial Orion, pour des futures explorations à venir.
02:40Et ça, ça va durer 7 heures, c'est ça, de faire ce demi-tour comme ça autour de la
02:46Lune ?
02:46Ça dure 7 heures ?
02:47Il n'y a pas de définition, parce qu'ils arrivent, ils s'approchent, ils passent au-dessus.
02:50C'est vrai que dans le planning officiel pour les astronautes,
02:54il y a à peu près 7 heures, ils vont se relayer d'observations assez minutieuses,
02:58avec une équipe au sol, mais ça reste assez lointain par rapport à ce qui se fera plus tard.
03:02Justement, Paul Vaurer, il y a 50 ans, la mission Apollo était passée beaucoup plus près de la Lune,
03:09en fait, du sol, c'est ce que nous disait François Forger.
03:12Du coup, ce n'est pas un exploit ?
03:14Si, c'est quand même un exploit, parce que d'abord, c'était il y a 50 ans, comme vous
03:17l'aviez dit,
03:17donc tous les systèmes sont absolument nouveaux,
03:19et c'était important de tester ces nouveaux systèmes pour s'assurer qu'ils sont sûrs pour les humains, en
03:25fait.
03:25Il y avait déjà eu un vol de test du module Orion qui avait fonctionné avec son fameux lanceur
03:31dont on a vu le lancement le 1er avril, mais ça c'était en 2022, il n'y avait pas
03:37eu de personnes à bord.
03:39Là, en l'occurrence, il y a des personnes à bord, donc les enjeux ne sont pas du tout les
03:42mêmes.
03:42Il est important d'aller tester cela en condition réelle, si j'ose dire,
03:46avec tout ce que ça implique en termes de temps passé loin de la Terre, en fait,
03:52et de temps passé loin de la capacité à rentrer immédiatement en cas de problème,
03:57pour s'assurer que ce vaisseau et tous les systèmes sont aptes à poursuivre lors de missions plus lointaines,
04:05et notamment le projet qui est celui de la NASA à l'heure actuelle,
04:09qui est d'installer une base lunaire à la surface de la Lune.
04:13Mais donc, ils peuvent trembler, les astronautes à bord de la capsule Orion,
04:17si c'est la première fois que ça arrive et qu'on teste le matériel, c'est une mission risquée
04:21?
04:22C'est une mission qui est forcément risquée.
04:24On avait déjà eu ce débat, d'ailleurs, je m'en souviens, en termes de risques.
04:28Mais il faut savoir que la NASA a déjà eu des drames par le passé,
04:34que ce soit Apollo 1 dans les années 60, lors du programme Apollo,
04:38le terrible accident de Challenger en 1986 et l'accident de la navette Columbia en 2003.
04:45Donc, il y a une forme de culture qui s'est créée à la NASA,
04:48de sécurité et de sûreté, de s'assurer quand même que les astronautes sont normalement
04:54dans des systèmes qui sont conçus pour assurer leur sécurité.
04:57On n'est plus tout à fait dans la course à la Lune des années 60,
05:00où il y avait vraiment des risques assez importants qui avaient été pris à l'époque,
05:04justement pour s'assurer que le calendrier était respecté.
05:07Et donc, il y avait une forme de culture du risque beaucoup plus importante à l'époque.
05:13Néanmoins, on parle de vol spatial dans un vaisseau dont c'est seulement le troisième vol,
05:20qui est parti sur un lanceur dont c'était seulement le deuxième vol.
05:23Donc, on est quand même sur des systèmes qui n'ont pas l'expérience
05:26et qui n'ont pas la fiabilité de systèmes éprouvés depuis beaucoup plus longtemps.
05:32Donc, nécessairement, il y a une part de prise de risque,
05:34ce qui fait aussi, selon certains, un petit peu le sel, finalement,
05:39de cette exploration spatiale et qui fait partie un petit peu de l'intérêt
05:43d'aller explorer toujours plus loin.
05:45Alors, on l'évoquait tout à l'heure, ils vont voir la face cachée de la Lune.
05:53Olivier Sanguie, personne n'a jamais vu la face cachée de la Lune ?
05:57Mais si, les astronautes d'Apollo, voilà, tout simplement.
06:00Et puis, tous les terriens qui téléchargent les images de la NASA ou des sondes chinoises,
06:04par exemple, puisque les robots sur orbite, ils passent forcément derrière la Lune.
06:08Voilà, donc, c'est une nouveauté sans être une nouveauté.
06:11La nouveauté, ça a été dit et très bien, c'est que c'est un vol d'essai de la
06:14capsule Orion.
06:15Et n'oublions pas, deuxième vol d'essai du module de service européen.
06:18Parce qu'à Cité d'Espace, on nous dit toujours,
06:19pourquoi sur la maquette de la capsule Orion, il y a le logo de l'Agence spatiale européenne ?
06:23Parce que les Américains ne vont pas vers la Lune et n'en reviennent pas sans l'Europe.
06:27Et puis, il va y avoir un record battu, donc, cette nuit.
06:31Le record d'éloignement, 406 000 kilomètres de la Terre.
06:36On s'était arrêté à combien ?
06:38On s'était arrêté à 400 171 kilomètres au moment d'Apollo 13.
06:43Alors, c'est rigolo parce que c'est dû à une chose,
06:45c'est que d'Apollo 13, comme pour cette mission,
06:47c'est une trajectoire de retour libre,
06:49comme ça a été expliqué d'ailleurs juste avant par François de Forger, je crois.
06:52C'est-à-dire que la trajectoire suivie, c'est la Lune qui fait le boulot,
06:55qui fait revenir la capsule Orion vers la Terre.
06:57En gros, après, il y a des ajustements de trajectoire, bien sûr.
07:00Alors, on disait que c'était Apollo 13.
07:02François Forger, il y avait eu un problème, quand même.
07:04On se souvient, c'était Apollo 13, Houston ?
07:07Absolument.
07:08C'est ça ? Qu'est-ce qui s'était passé exactement ?
07:11Le film qui en a été fait est excellent.
07:14Il y a un très bon livre aussi sur le sujet.
07:15Alors, ce qui s'était passé, c'était...
07:17Ça pourrait arriver, finalement.
07:18C'est un peu le même type de mission.
07:21Apollo 13, les astronautes devaient marcher sur la Lune, etc.
07:23Et donc, sur Apollo 13, pendant le voyage allé,
07:27ça aurait été l'équivalent d'il y a deux, trois jours, ou un ou deux jours,
07:31eh bien, au moment du passage d'un réservoir d'oxygène à l'autre,
07:35il y a un réservoir d'oxygène qui a explosé.
07:37Et toute une partie du module de service,
07:40l'équivalent du module de service européen dont on a parlé aujourd'hui,
07:43a explosé.
07:44Et tout d'un coup, l'équipage a été en péril.
07:47Alors, c'est très bien, c'est bien raconté dans le film.
07:51Il a fallu utiliser le module lunaire comme chaloupe de sauvetage
07:55qui a permis de recycler l'oxygène, etc.
07:58Mais c'était un petit peu juste, il n'y avait plus de chauffage.
08:00Et c'est une histoire qui est assez légendaire,
08:02parce que c'est rarement arrivé.
08:04Et bon, là, espérons que ça n'arrive pas.
08:06Mais finalement, ça pourrait arriver.
08:08Là, on n'est plus du tout, comme depuis plus de 50 ans,
08:11tous les astronautes sont, il faut le rappeler,
08:14vraiment juste à côté de la Terre,
08:15à quelques centaines de kilomètres de la Terre.
08:17La Station Spatiale Internationale, elle a combien ?
08:19Elle est à 400 kilomètres d'altitude.
08:20Ah oui, on passe de 400 à 400 000.
08:23C'est quand même, ça n'a rien à voir.
08:25Et donc là, s'il y avait un souci,
08:27il faut plusieurs jours, quoi qu'il arrive, pour revenir.
08:29Et on se retrouvait dans l'ambiance du film.
08:31On ne va pas le souhaiter, même si ça ferait un deuxième bon film.
08:33Mais non, non, il ne faut pas sauter ça.
08:35Et donc, voilà, c'est vraiment une mission équivalente.
08:38Si vous vous souvenez du film,
08:39c'est la même chose qui se passe,
08:41mais avec quatre astronautes, dont une femme, etc.
08:44Donc, c'est une belle aventure.
08:47Et c'est la première fois depuis 50 ans.
08:48Et c'est le début de quelque chose.
08:49C'est comme ça qu'il faut le voir.
08:51Depuis plus de 50 ans,
08:53on a arrêté l'exploration,
08:55à part l'orbite basse.
08:56Tous nos astronautes,
08:58Thomas Pesquet, Sophie Adnaud, en ce moment,
09:00sont juste à côté,
09:01juste au-dessus de l'atmosphère terrestre.
09:03Donc, ils voient la Terre,
09:05mais ils voient un horizon un petit peu courbe,
09:07mais sans plus.
09:07Ils sont un peu plus haut qu'en avion,
09:09j'exagère un peu.
09:10Mais voilà, ils sont juste à côté.
09:11Et là, réellement, à nouveau,
09:13on voit la Terre comme une petite boule bleue au loin.
09:16C'est ce qu'ils vont voir.
09:17Les images sont magnifiques.
09:19Auparavant, il y avait seulement 24 personnes,
09:20à l'époque d'Apollo,
09:21qui avaient vu ça.
09:22Et bien, il y a quatre personnes de plus.
09:24Et c'est juste le début
09:25d'une nouvelle vague d'exploration
09:26après 50 ans de hiatus, on peut dire.
09:29Donc, quand on s'intéresse à ces sujets-là,
09:32quand on rêve que c'est quelque chose qui fait rêver,
09:35une nouvelle ère commence,
09:36et c'est assez passionnant.
09:37Et ils vont décrire en direct ce qu'ils voient,
09:40à part le moment où ils passent juste derrière la Lune
09:43où il n'y a plus de communication radio.
09:45Est-ce qu'on la connaît bien, la Lune ?
09:47Est-ce qu'il va y avoir des surprises ?
09:48Ou est-ce qu'on sait à peu près
09:49tout ce qu'ils vont voir, Paul Vorher ?
09:52La Lune, on commence à bien la connaître.
09:54Et puis, ils ont planifié l'orbite
09:57et leur trajectoire
09:57de manière à ce qu'on sache à peu près
09:59quand il y aura la fameuse photo
10:01du lever de Terre.
10:02Donc, j'en crois à mes informations.
10:05Vous avez l'appli de la NASA,
10:08vous savez minute par minute ce qui se passe.
10:10Minute par minute, vous pouvez la télécharger,
10:11c'est très simple.
10:12Donc, à 1h25,
10:14ce n'est jamais très pratique pour nous en Europe.
10:17Ça vaut la peine de passer une nuit blanche.
10:18Voilà, on peut passer une nuit blanche,
10:20on peut passer des nuits entières
10:22à regarder ce qui se passe,
10:24très honnêtement,
10:24parce que c'est quand même très intéressant.
10:28Mais comme disait François Vorher,
10:29c'est le début de quelque chose
10:30et c'est quelque chose
10:31qui devrait être amené à se poursuivre.
10:34La Lune, on l'a...
10:35Alors là, pour le coup,
10:36c'est plutôt une question pour les scientifiques,
10:37pour être très franc.
10:38Qu'est-ce qu'on connaît ?
10:39Qu'est-ce qu'on ne connaît pas ?
10:40Il faut savoir que les missions Apollo
10:41ont quand même rapporté
10:43plusieurs centaines de kilos d'échantillons
10:45qui sont encore étudiés aujourd'hui
10:47et qui sont encore considérés
10:50comme étant très intéressants
10:51et ayant modifié notre vision
10:53du modèle de formation de la Lune,
10:55qui est maintenant considérée
10:56comme finalement une partie de la Terre
10:59après une collision interplanétaire
11:04avec un objet à peu près de la taille de Mars,
11:06si je ne dis pas de bêtises.
11:07Donc ça a révélé beaucoup de choses
11:09et finalement,
11:10l'aspect scientifique reste important.
11:14Mais ça n'est pas l'aspect principal
11:16de ces missions-là.
11:18Non seulement de cette mission en particulier,
11:21puisqu'il s'agit de tester des systèmes techniques,
11:22mais plus généralement du vol habité
11:25et du reste de ces missions
11:28dites habitées avec des astronautes à bord.
11:30Alors justement,
11:31on voit à peu près ce que va faire cette mission,
11:33mais ce n'est donc que le début,
11:34les préparatifs aux autres missions.
11:35Quel est l'objectif ?
11:36À quoi peut nous servir la Lune ?
11:38On en débat juste après.
11:40L'essentiel de l'info avec Nathalie Michel.
11:46Bonne soirée sur RTL.
11:51RTL, votre radio.
11:54Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
11:56Il est 19h30,
11:58l'essentiel de l'info avec Nathalie Michel.
11:59200 militaires envoyés en Iran
12:01pour sauver un seul homme.
12:03Précision donnée par Donald Trump
12:05en ce moment à propos du sauvetage
12:06du pilote dont l'avion a été abattu
12:09par l'Iran.
12:10Le soldat grièvement blessé
12:12a escaladé une montagne de 2000 mètres,
12:14a ajouté le président américain
12:16qui vante une opération historique
12:18impliquant également 21 avions
12:20qui ont volé à très basse altitude
12:22et essuyer des tirs ennemis.
12:24Concernant les suites de la guerre,
12:26cette nouvelle menace,
12:27d'après Donald Trump,
12:28l'Iran tout entier
12:29pourrait être éliminé
12:30dès demain soir
12:31lorsque l'ultimatum
12:32prendra fin
12:33pour la réouverture
12:34du détroit d'Hormuz.
12:35L'actualité en France,
12:37dans le Doubs,
12:37un adolescent de 15 ans
12:38est en garde à vue
12:39après avoir renversé
12:40deux petites filles hier
12:41alors qu'il roulait
12:42en motocross électrique.
12:43Les deux fillettes âgées
12:45de 8 et 10 ans
12:46ont été emmenées à l'hôpital
12:47sans que leurs pronostics vitales
12:49ne soient engagés.
12:50Le tennis au Masters 1000
12:51de Monte Carlo,
12:52première victoire
12:53pour Arthur Rinderknech,
12:55qualifié pour le deuxième tour,
12:56s'est terminé en revanche
12:58pour Adriane Manarino
12:59et le triple lauréat
13:01du tournoi Stéphano Tsitsipas
13:02a lui aussi été éliminé
13:04dès le premier tour.
13:05Merci Nathalie,
13:06on vous retrouve à 20h.
13:08Anne-Sophie Lapix,
13:09on refait le monde
13:10jusqu'à 20h sur RTL.
13:13Aller tournoyer autour de la Lune,
13:15c'est bien,
13:15mais on a le droit
13:16de se demander
13:17à quoi ça sert ?
13:18Ce type d'expédition
13:19a été arrêtée
13:20il y a plus de 50 ans,
13:21pourquoi a-t-on recommencé ?
13:23On va en débattre
13:24avec nos invités,
13:25mais d'abord,
13:26écoutez ça.
13:32Et oui,
13:33c'est un petit pas pour l'homme
13:34et un bond géant
13:35pour l'humanité,
13:36c'est Neil Armstrong
13:37le 21 juillet 1969,
13:41premier pas d'un homme
13:42donc sur la Lune.
13:44Alors justement,
13:45tourner autour de la Lune,
13:47c'est bien,
13:47une phase de préparation
13:48pour se rendre sur place
13:49en 2028.
13:51D'ailleurs,
13:51pourquoi 2028 ?
13:52C'est pour être sûr
13:53que Trump soit encore président
13:55à ce moment-là ?
13:56Oui,
13:56c'est probablement ça.
13:58Globalement,
13:59il y a aussi
13:59le sujet de la Chine
14:01qui progresse de son côté
14:03et ça,
14:03ça a été souligné
14:04notamment lors des auditions
14:05au Congrès
14:05du nouvel administrateur
14:07de la NASA,
14:07Jared Isaacman,
14:08qui,
14:09ça a fait un petit peu
14:10basculer ce programme Artemis
14:11qui avait été décidé
14:12sous Donald Trump
14:13à partir de 2017,
14:15où à l'époque,
14:15d'ailleurs,
14:15la date pour se poser
14:17sur la Lune
14:18avait été fixée
14:19à 2024,
14:19donc la fin
14:20de son deuxième mandat
14:22s'il avait été élu
14:23à ce moment-là,
14:24mais le fait
14:25qu'il y ait eu
14:26Joe Biden
14:26entre-temps
14:27a laissé un petit délai
14:28finalement à la NASA.
14:29Maintenant,
14:30on parle de 2028
14:32et le programme
14:34a un petit peu changé
14:34de forme,
14:35si vous voulez,
14:35parce qu'au départ,
14:36ça avait été conçu
14:37comme un programme
14:38finalement assez coopératif,
14:40paradoxalement,
14:41avec de nouveaux acteurs.
14:43L'espace est devenu
14:44de plus en plus
14:44international
14:45et il y a de plus en plus
14:46d'acteurs
14:46qui vont dans ce domaine
14:48et notamment
14:49de plus en plus
14:49d'acteurs privés,
14:50ce qu'on appelle
14:50le New Space,
14:51SpaceX,
14:52Blue Origin,
14:53etc.
14:54et le programme
14:55Elon Musk.
14:56Voilà,
14:56exactement.
14:57Et d'autres,
14:58des entreprises
14:59qui sont plus petites
15:00et moins connues.
15:01Exactement.
15:01Et l'idée un petit peu
15:02d'Artemis,
15:03ça avait été de rassembler
15:04tous ces acteurs
15:06finalement,
15:06qu'ils soient
15:06au sein des Etats-Unis
15:08avec des petites entreprises
15:09à qui on proposait
15:10par exemple
15:10de créer
15:11un atterrisseur lunaire,
15:12c'est le programme CLPS,
15:15ou des plus grosses entreprises
15:17du New Space
15:17comme SpaceX
15:18à qui on a donné
15:19l'atterrisseur lunaire
15:20typiquement,
15:21mais aussi
15:22des partenaires internationaux
15:24comme le Japon
15:25qui contribue
15:25à un rover
15:28sur la Lune,
15:29un rover pressurisé,
15:31l'Europe
15:31à travers
15:32le module
15:32de service d'Orient
15:33et la fameuse
15:36station spatiale Gateway.
15:38Et puis,
15:38deuxième mandat de Trump
15:39et là,
15:40patatras,
15:40la Chine a avancé
15:42un petit peu vite
15:43finalement
15:43sur son propre programme.
15:44Elle en est où
15:45la Chine exactement ?
15:46On ne sait pas exactement.
15:47C'est toujours difficile
15:48de savoir exactement.
15:49C'est toujours difficile
15:49de savoir,
15:50mais on sait
15:50qu'il y a eu des tests
15:51qui ont été faits
15:52sur certains modules
15:53au début de l'été
15:55et qu'ils avancent
15:56et qu'ils auraient
15:56a priori
15:57une architecture technique
15:58beaucoup plus simple
15:59que le programme Artemis
16:00dans sa mouture actuelle.
16:02Parce qu'il faut voir
16:03que le programme Artemis
16:04c'était un Lego
16:05finalement assez compliqué.
16:06À force d'avoir
16:07un certain nombre
16:08de partenaires,
16:09un très grand nombre
16:09de partenaires
16:10qui apportaient
16:10leurs propres pièces
16:11au puzzle,
16:13le puzzle devenait
16:14extrêmement difficile
16:15à mettre en place.
16:17Et finalement,
16:18c'est le nouvel administrateur
16:19de la NASA
16:19qui, il y a quelques semaines,
16:20a annoncé un nouveau plan
16:21qui a vocation
16:23à rendre
16:24plus de cohérence technique
16:25à tout cet ensemble.
16:27Et dans l'intervalle,
16:29malheureusement,
16:30il y a certains partenaires
16:30dont le rôle
16:31s'est vu diminuer
16:32et c'est notamment
16:33le cas pour l'Europe.
16:35Olivier Sanguil,
16:35vous êtes à la cité
16:37de l'espace à Toulouse,
16:37vous entendez
16:38ce que vient de dire
16:39Paul Vaurer.
16:40L'Europe,
16:41elle se désengage
16:41un peu de cette aventure ?
16:43Alors, se désengager,
16:44non, l'Europe
16:45ne souhaite pas
16:45se désengager,
16:46mais il est vrai
16:46que ça a été justement dit,
16:48le fait qu'on passe
16:48de la station
16:49autour de la Lune
16:50à la station sur la Lune,
16:52c'est un petit peu
16:53un problème
16:53pour l'Agence Spatiale Européenne
16:55puisqu'on devait
16:56fournir des modules
16:56et en échange
16:57de ces modules,
16:58on avait trois vols
16:59autour de la Lune.
17:00Après, ce n'était pas compliqué,
17:01c'était un Allemand,
17:02un Français,
17:02un Italien
17:03en raison des contributions
17:04respectives de ces États
17:05à l'Agence Spatiale Européenne.
17:06Maintenant, c'est au sol.
17:07Il faut savoir
17:08que Thales Alenia Space
17:09et l'Agence Spatiale Italienne
17:10a signé un accord
17:12directement avec la NASA.
17:13Donc, normalement,
17:14il y a un Italien sur la Lune,
17:16un de ces quatre.
17:17Décidément,
17:17les Italiens,
17:18ils traitent directement
17:19avec les Américains en ce moment,
17:20sur tous les sujets.
17:21Voilà, c'est les jeux géopolitiques,
17:23mais c'est la continuation
17:23de la space dominance américaine
17:25depuis Spoutnik,
17:26c'est-à-dire que les États-Unis
17:26ont décidé
17:27que quand vous êtes
17:28la première puissance dans le monde,
17:30vous devez être premier
17:30dans l'espace
17:31et comprenez bien premier,
17:32c'est-à-dire
17:32la deuxième place
17:36François Forger,
17:37il n'y a pas assez de place
17:38sur la Lune
17:38pour des Chinois
17:39et des Américains.
17:40Ils vont planter leur drapeau
17:42et après,
17:42ils pourront disposer
17:44du satellite.
17:45Les Américains ont beau jeu dur
17:46qu'ils y ont déjà été,
17:47parce que je dois dire
17:48que 2028 me paraît très optimiste.
17:52Oui, il y a eu tellement
17:52de retard déjà,
17:53huit ans, je crois.
17:53Oui, en fait,
17:54il y a une grosse difficulté
17:55dans...
17:55Tout est assez avancé,
17:56mais ce qui est en retard,
17:58c'est le module lunaire,
18:00le nouveau module lunaire,
18:01on appelle ça le HLS,
18:03et qui doit...
18:04le système pour poser
18:05les astronautes sur la Lune
18:06ça c'est très en retard
18:07et donc il n'est pas sûr
18:08que dans deux ans
18:08ce soit validé, testé, etc.
18:10Non, moi je parie volontiers
18:12avec qui veut
18:13que ce sera plutôt
18:14un peu plus tard,
18:14quelques années plus tard.
18:15Mais sur les Chinois,
18:16ils pourraient y arriver avant ?
18:17Ils pourraient y arriver avant,
18:18mais à nouveau,
18:20les Américains pourront dire
18:21nous on y est arrivé
18:22il y a 55 ans.
18:23Ce n'est pas un problème,
18:25ils assumeront
18:25en disant nous
18:26on a un programme à long terme,
18:27on va faire un village,
18:28on va faire une base lunaire
18:30à plus long terme,
18:31c'est ça qui est dans l'esprit maintenant.
18:32Alors ce sera quoi justement
18:33cette base ?
18:34C'est quoi le projet ?
18:35Le projet est très flou
18:38puisqu'il y a eu une remise
18:40en question
18:40du scénario historique
18:43qui était validé
18:44depuis plusieurs années
18:45avec une petite station spatiale
18:47qui était en orbite,
18:49une orbite lointaine
18:49autour de la Lune
18:50qu'on appelait
18:51Lunar Gateway
18:51qui a été évoqué
18:52qui vient d'être annulée.
18:53Il y avait une forte contribution européenne,
18:55c'est ça dont on vient de parler.
18:56Et donc maintenant,
18:57ils ont tendance à dire
18:59qu'ils vont faire
18:59une habitation,
19:02un séjour
19:03des missions plus longues
19:05sur la Lune,
19:06voire des missions permanentes
19:07sur la Lune,
19:08ce qui est un peu nouveau.
19:09Historiquement,
19:10c'était quand même
19:10des séjours de plus en plus longs,
19:11mais ce n'était pas clair
19:12s'il y aurait une présence permanente.
19:14Oui, la Lune serait occupée
19:15en permanence.
19:15Ce n'est pas sûr, ça.
19:16C'est très flou.
19:18Et je dois dire
19:18qu'il y aurait
19:19dans l'esprit actuel
19:21de la mission
19:22d'exploration lunaire,
19:24et c'est une réalité,
19:25à la NASA,
19:25mes collègues de la NASA,
19:26quand ils travaillent sur la Lune,
19:27ils travaillent beaucoup
19:28pour préparer
19:29une future exploration
19:30de la planète Mars.
19:31Oui, bien sûr.
19:32C'est un truc encore plus ambitieux,
19:33vraiment difficile.
19:34Et dans ce contexte-là,
19:36un petit peu comme
19:36la Station Spatiale Internationale
19:38a occupé
19:38toutes les ressources
19:39et tous les ingénieurs
19:40pendant 30 ans,
19:41on risque de passer
19:4230 ans sur la Lune
19:43en repoussant Mars.
19:44Donc, c'est un vrai débat.
19:46Là,
19:46tel que je le présente,
19:47c'est exactement comme ça
19:48que c'est débattu
19:48à la NASA
19:49et aux Etats-Unis,
19:50en Europe.
19:51Donc,
19:52est-ce qu'on s'investit
19:53beaucoup sur la Lune
19:54ou on passe tout de suite
19:55à une étape suivante
19:56ambitieuse qui serait
19:57d'aller explorer Mars ?
19:58Mais,
19:58ce n'est pas un milieu hostile,
20:00la Lune ?
20:01On peut avoir un intérêt
20:02à s'y installer
20:03vraiment pendant...
20:04enfin,
20:05en permanence,
20:06c'est ce que vous dites.
20:08Quel est l'intérêt
20:09d'aller s'installer
20:10pendant plusieurs années,
20:11enfin,
20:12d'installer des astronautes
20:13en se relayant
20:15sur la Lune ?
20:16Alors,
20:16l'intérêt,
20:17c'est celui
20:18des missions habitées
20:19depuis le départ,
20:20c'est-à-dire
20:20le prestige géopolitique
20:22et la fierté nationale
20:23démontrer
20:23qu'on est le meilleur
20:24technologiquement.
20:25Ça s'arrête là,
20:25le prestige et la fierté ?
20:27Ça a été très important,
20:28il ne faut vraiment
20:29pas sous-estimer ça,
20:30notamment dans le cadre
20:30des missions Apollo
20:31et je dirais même
20:32dans le cadre
20:33de la Station Spatiale
20:34Internationale,
20:34ça a été vraiment
20:35le facteur
20:36qui a poussé
20:37les pays
20:38à s'engager
20:39dans ces programmes
20:42de long terme,
20:42finalement.
20:43Et les emplois.
20:44Il faut reconnaître
20:45que les emplois
20:45que cela créait
20:46ont aussi favorisé
20:48l'investissement
20:49dans ces programmes
20:50de long terme.
20:51Donc les astronautes
20:52qui seraient sur cette base,
20:53ils feraient la même chose
20:54que ceux qui sont
20:54dans l'ISS,
20:55ils feraient des expériences ?
20:57Alors c'est là
20:58tout le débat.
20:59On peut affiner
21:00un petit peu quand même
21:01cette réflexion.
21:02Ce qui est vrai,
21:03c'est que l'exploration humaine
21:04en général,
21:05et pour ce qui concerne
21:06la Lune en particulier,
21:08c'est une exploration
21:11scientifiquement intéressante,
21:12mais dont le coût est tel
21:13que c'est difficile
21:14de le justifier
21:15uniquement par la science.
21:16Alors moi je voudrais,
21:17en tant que planétologue,
21:18je voudrais quand même
21:19justifier,
21:20la Lune ce n'est pas
21:21juste un caillou
21:22comme ça qu'on explore
21:22en mettant un drapeau
21:23pour faire,
21:24on est les meilleurs.
21:25La Lune elle-même
21:26est intéressante
21:27scientifiquement
21:28parce que,
21:29voilà,
21:30c'est d'un autre monde
21:31littéralement,
21:31donc on peut,
21:32tout ce qu'on peut
21:33l'étudier
21:34pour mieux comprendre
21:35la Terre,
21:35pour tout ce qui est
21:35concerné
21:36sur la structure interne,
21:37les volcans,
21:38les impacts,
21:39c'est un laboratoire
21:40naturel assez extraordinaire
21:41et tout particulièrement,
21:42il y a un intérêt
21:43vraiment spécifique
21:44qu'on a découvert
21:45finalement plus tôt
21:46depuis Apollo,
21:47c'est que c'est
21:49un monde
21:50qui a enregistré
21:50l'histoire
21:51de l'environnement
21:52de la Terre finalement.
21:53Sur la Terre,
21:54tout est sans arrêt
21:56transformé,
21:57la géologie remonte
21:58pas loin dans le passé.
21:59Sur la Lune,
22:00on a toute l'histoire
22:01des impacts,
22:02des flux d'astéroïdes
22:03et de météorites,
22:04ça c'est important
22:05pour mieux comprendre
22:05la Terre et les autres planètes.
22:07On peut comprendre
22:08aussi,
22:08ça a enregistré
22:10tout ce qui est venu
22:11du Soleil
22:11depuis des milliards d'années,
22:12ça c'est très intéressant
22:13et il y a
22:15quelque chose
22:16qui est particulièrement
22:16intéressant sur la Lune
22:17qu'on a découvert
22:17finalement assez récemment
22:18mais qui est l'objectif
22:20notamment des missions
22:22Artemis,
22:22qui est d'aller explorer
22:25les cratères
22:25des pôles,
22:26en particulier du pôle Sud
22:27parce que dans ces cratères
22:28on a découvert
22:29qu'il y avait des glaciers,
22:30des glaciers de glace d'eau.
22:31On ne sait pas exactement
22:32qu'ils sont dans l'ombre
22:33c'est pour ça qu'il fait
22:34très froid
22:34et que l'eau est stable là
22:35mais on imagine
22:36qu'il y a des archives
22:38géophysiques et astronomiques
22:40extraordinaires
22:40pour la science.
22:41Là j'ai fait mon laïus
22:42sur la science,
22:43ce qui est vrai aussi
22:44c'est qu'envoyer des humains
22:46pour faire cette science,
22:47ils peuvent le faire
22:48dans des conditions formidables,
22:49ils peuvent faire une science
22:50qu'on ne peut pas faire
22:51avec des robots
22:51mais le coup est tel
22:52que c'est difficile
22:53de le justifier uniquement.
22:54Alors c'est là
22:55où on arrive sur les arguments
22:56qui ont été évoqués,
22:57le prestige national,
22:58il n'y a pas tout à fait que ça.
22:59Je veux dire d'une part...
23:01Et puis Mars alors
23:01si c'est le début...
23:02C'est les mêmes arguments pour Mars.
23:03Mais je voudrais juste ajouter
23:05le fait que
23:05c'est un vrai débat
23:07l'exploration humaine.
23:08C'est-à-dire parmi mes collègues
23:09scientifiques,
23:09il y en a qui sont partisans
23:10des robots,
23:11d'autres non.
23:12Et là on peut faire appel
23:13à un raisonnement
23:16un peu plus subtil
23:16qui est que beaucoup
23:17de personnes,
23:19notamment de contribuables
23:20américains mais aussi
23:21en Europe, en France,
23:22sont partisans
23:23de cette exploration.
23:24Pour un coût
23:24pas énorme,
23:25je vous donne un exemple.
23:26Là on vient de voir
23:27le nouveau budget de la NASA
23:28qui vient de sortir.
23:29Le budget demandé
23:29pour la NASA,
23:30un peu faible,
23:3118 milliards de dollars.
23:32Le budget demandé
23:33pour l'armée américaine
23:34c'est 1500 milliards de dollars.
23:35Oui, c'est ce qu'il...
23:36Trump a demandé une hausse.
23:38On est à 900.
23:40Il a demandé 1500.
23:41Pour l'instant
23:42il ne les a pas obtenus
23:43Donald Trump.
23:44Il y a un petit contexte
23:45effectivement de guerre.
23:47On peut le dire.
23:49Mais voilà,
23:49je vous demande
23:50si c'est le prix du rêve
23:52ou si c'est le prix...
23:52On parle souvent
23:53des expériences
23:54qui ont été faites
23:55mais surtout
23:55des progrès
23:56qu'on a fait
23:57grâce à la conquête
23:58de l'espace
23:58parce qu'on cherchait
24:00justement des matières
24:01qui permettaient
24:01d'aller dans cet environnement.
24:04Est-ce que ça
24:04c'est du flanc ?
24:05C'est un peu
24:06pour faire la pub
24:07des voyages vers l'espace
24:08ou c'est réel ?
24:08On réalise des progrès
24:09quand on va dans l'espace ?
24:10Non, on réalise des progrès
24:12quand on va dans l'espace.
24:12Effectivement,
24:13il y a un débat
24:13sur le niveau de progrès.
24:15Certains considèrent
24:16qu'on crée des technologies
24:18forcément très avancées
24:19en ayant des programmes
24:21spatiaux très avancés.
24:22D'autres considèrent
24:23qu'au contraire
24:24les programmes spatiaux
24:25ne font qu'intégrer
24:26des technologies
24:26qui seraient développées
24:27par ailleurs
24:28que ce soit dans le domaine
24:29de la défense
24:29ou du numérique
24:31beaucoup plus aujourd'hui.
24:32Vous imaginez que là
24:33on aura les images
24:34de la Lune
24:35en 4K
24:35alors qu'à l'époque
24:36ce n'était pas le cas.
24:37Il y a un autre aspect
24:39rapidement pour terminer
24:40c'est sur un peu
24:41une vision du futur
24:42qui est parfois différente
24:43selon les différentes cultures.
24:44Les Etats-Unis ont
24:46dans leur culture
24:47cette notion de frontière
24:49et de destinée manifeste
24:50qui a été d'ailleurs
24:51réinvoquée par Donald Trump
24:53lors de son discours inaugural
24:54en disant
24:55on va aller sur la Lune
24:56on va aller sur Mars
24:57c'est notre destinée manifeste
24:58c'est notre frontière
24:59et c'est l'idée
25:00qu'il y aurait à terme
25:02quand on explore
25:03du domaine
25:05alors c'est très complexe
25:06on ne va pas faire ça
25:07mais il y a l'idée
25:07à terme
25:08qu'on pourra créer
25:09du profit également
25:11grâce à cela
25:11et c'est ce qui est mis en avant
25:13dans une certaine mesure
25:15par le nouvel administrateur
25:16de la NASA
25:16en disant que non seulement
25:17la Lune
25:18on pourrait y aller
25:18pour l'explorer
25:19pour faire de la science
25:20qui est une vision
25:21finalement assez classique
25:22mais également peut-être
25:25qu'il émergera
25:26des potentialités
25:27de profit
25:27et de commercialisation
25:29sur place.
25:30Alors on va voir
25:30on va voir s'il y a des profits
25:31à faire
25:32et surtout si c'est beaucoup
25:32si c'est trop d'argent
25:33dépensé
25:34pour des projets un peu fous
25:35on en débat après la pause.
25:39Merci d'écouter RTL
25:51Anne-Sophie Lapix
25:52On refait le monde
25:53jusqu'à 20h sur RTL
25:56100 milliards de dollars
25:57ce serait le budget total
25:58du programme Artemis
25:59de la NASA
26:00lancé en 2012
26:02est-ce qu'on ne peut pas
26:03se dire qu'il y a
26:03malgré tout
26:04un enjeu d'image
26:05et qu'on jette de l'argent
26:06par les fenêtres ?
26:07On va en débattre
26:08avec nos invités
26:09François Forget
26:10astrophysicien et directeur
26:11de recherche au CNRS
26:12Paul Vorher
26:13responsable du programme
26:14espace
26:15à l'Institut français
26:16des relations internationales
26:17Olivier Sangui
26:18responsable de l'actualité spatiale
26:20à la Cité de l'Espace
26:21à Toulouse
26:29Alors là c'est The Police
26:30ça j'en suis sûre
26:31c'est Walking on the Moon
26:32parce que je me suis trompée
26:32je crois tout à l'heure
26:33enfin j'avais dit
26:33que c'était le titre
26:35mais c'est l'album
26:36qui s'appelait
26:36Dark Side of the Moon
26:37j'ai été corrigé
26:38par François Forget
26:39vous aviez raison de le faire
26:41alors 100 milliards
26:42100 milliards
26:43non c'était vous pardon
26:43c'était Paul Morer
26:44c'est vrai c'est vous
26:45qui m'avez corrigé
26:46mais vous avez bien fait
26:47quand même
26:47alors 100 milliards
26:49c'est donc le budget
26:50de la mission
26:50donc sur plusieurs années
26:52Olivier Sangui
26:54il faut dire qu'en plus
26:55il y a 8 ans de retard
26:56pourquoi il y a eu
26:57du retard d'ailleurs
26:59on a hésité à investir
27:00tout cet argent
27:00ou c'est juste
27:01une question politique ?
27:03un peu des deux
27:04c'est vrai un petit peu
27:05le congrès a un peu
27:06joué les grippes sous
27:07par moment
27:08on va dire ça comme ça
27:09le spatial par essence
27:10a toujours du retard
27:11Ariane 6
27:12le nouveau lanceur
27:13a eu du retard
27:13je connais très peu
27:14de projets spatiaux
27:15qui sont vraiment
27:16pile à l'heure
27:16sauf quand c'est pour
27:17des sondes planétaires
27:18ça fera plaisir
27:18à François Forget
27:19parce que là parfois
27:20il faut vraiment partir
27:21à la date
27:21sinon c'est foutu
27:22pour quelques années
27:22mais le spatial
27:23c'est pas cher
27:24pour donner un exemple
27:25je sais que ça me paraît
27:26choquant
27:26la NASA c'est 20-25 milliards
27:28parfois par an
27:29mais c'est 0,6
27:30j'insiste
27:310,6%
27:33du budget fédéral
27:35américain
27:35donc c'est pas ça
27:37qui empêche de faire
27:37d'autres choses
27:38aux Etats-Unis
27:39tout ce qui est éducation
27:39santé
27:40même le social
27:41je parle pas du militaire
27:42c'est un peu facile
27:43de le dire
27:43mais santé sociale
27:45etc
27:45c'est très largement
27:46au-dessus d'un NASA
27:47et c'est normal
27:48donc c'est pas cher le spatial
27:49et quel est celui
27:50qui a décidé
27:51de repartir sur la Lune
27:52c'est Donald Trump ?
27:54oui
27:55enfin lui
27:56et les autres avant
27:57en fait la NASA
27:57tout le monde
27:58voilà
27:59en fait la NASA
28:00veut retourner
28:01sur la Lune
28:01et aller sur Mars
28:02depuis Apollo
28:03moi on me dit
28:04que Mars
28:04c'est dans 20 ans
28:05depuis que j'ai 19 ans
28:06même 15
28:07et j'ai 59 ans
28:07vous voyez à peu près
28:08mais il est vrai
28:09que Donald Trump
28:10a donné une impulsion
28:11c'est à l'époque
28:12c'est plus son vice-président
28:13qui s'est en occupé
28:13d'ailleurs
28:14Mike Pence
28:14et ça n'a pas été
28:15arrêté sous Pence
28:17parce qu'ils ont vu
28:18un intérêt scientifique
28:20géopolitique
28:20une possibilité financière
28:21etc
28:22on ne va pas sur la Lune
28:23que pour une raison
28:23ça a été dit d'ailleurs
28:24on y va pour
28:25une convergence de raisons
28:26et là
28:27il y a eu la convergence
28:28des raisons
28:28qui a fait que
28:29notamment le programme
28:30a passé l'alternance politique
28:32Paul Vorher
28:33pourquoi on avait arrêté ?
28:34pourquoi on avait arrêté
28:35d'aller sur la Lune ?
28:36parce que c'était
28:37hors de prix
28:38à l'époque
28:38dans les années 60
28:39c'était vraiment
28:40une question de coût
28:40c'est à dire que 4%
28:41il y avait une question politique
28:43mais 4% du budget fédéral
28:45à l'époque
28:45c'était absolument délirant
28:46évidemment
28:47quand l'objectif
28:49a été atteint
28:49quelques années plus tard
28:51ça s'est immédiatement
28:51arrêté si vous voulez
28:54quand le vice-président
28:56de Nixon
28:57lui présente
28:57le plan de la NASA
28:58qui à l'époque
28:59s'était posé sur la Lune
29:00et donc se disait
29:00on peut tout faire
29:01finalement
29:01quand on s'est posé
29:02sur la Lune
29:03ils ont demandé
29:04un budget gigantesque
29:05et ils pensaient
29:05à aller sur Mars
29:06en 1986
29:07bon ils ne se sont pas
29:08rendus compte quand même
29:09que le saut
29:12technologique
29:13était énorme
29:14disons que
29:14l'intérêt politique
29:16là
29:16c'était vraiment
29:17beaucoup réduit
29:18pour le coup
29:18Nixon a eu très peur
29:19d'Apollo 13
29:19il s'est dit
29:20on va perdre
29:20tout le prestige accumulé
29:22on risque de le perdre
29:22si on commence à perdre
29:23des astronautes
29:24et il a fini par donner
29:25le minimum
29:25qui pouvait lui assurer
29:27de conserver
29:28les emplois en Californie
29:29en vue des élections
29:30présidentielles de 1972
29:31c'est à dire
29:32la navette spatiale américaine
29:33ensuite il y a eu
29:34la station spatiale internationale
29:36la station spatiale internationale
29:37c'était vraiment
29:38au sortir de la guerre froide
29:40finalement
29:41c'est l'agent spatial russe
29:42qui a appelé les américains
29:43en disant
29:43écoutez on a des modules
29:44de notre station
29:46Mir numéro 2
29:47mais qu'on ne peut plus lancer
29:48puisqu'on n'a plus les moyens
29:49est-ce que ça vous dirait
29:50de faire une station spatiale internationale
29:52ensemble
29:52et les américains ont fini par dire
29:54bah oui en fait
29:54c'est une bonne idée
29:55ça symbolise la fin de la guerre froide
29:57et en plus
29:57ça donnerait du travail
29:58ça donnerait du travail
29:59à ces ingénieurs russes
30:00qui sinon risqueraient
30:01de se répandre
30:03dans les pays
30:03qu'on n'aime pas beaucoup
30:05et qui ont des compétences
30:06très importantes
30:07Donc la coopération internationale
30:09entre russes et américains
30:10elle continue aujourd'hui même ?
30:11Elle continue aujourd'hui même
30:12et ça se passe d'ailleurs
30:13très bien sur le terrain
30:14mais ça n'est pas
30:15une coopération d'avenir
30:16puisque le monde
30:17a changé
30:18et les russes
30:19sont d'ailleurs
30:20dans le projet
30:22ILRS
30:22donc le projet
30:23qui est le concurrent
30:25du programme Artemis
30:26le programme lunaire
30:28de la Chine
30:29et donc
30:29il y a un petit peu
30:30une forme de lag
30:32si vous voulez
30:32de différences
30:35de tempo
30:35entre la situation géopolitique
30:37et ce qu'on constate
30:38dans l'espace
30:38et ce qu'on constate
30:39sur le terrain
30:39c'est-à-dire que
30:40les équipes travaillent très bien
30:41dans la Station Spatiale Internationale
30:42et je n'ai jamais entendu
30:44parler de tensions particulières
30:45en revanche
30:46au niveau international
30:47effectivement
30:47comme c'est des décisions
30:48qui sont par essence politiques
30:50ce n'est pas quelque chose
30:51qui va se poursuivre
30:52et la Station Spatiale Internationale
30:54étant en fin de vie
30:56il est vraisemblable
30:58que la suite de l'histoire
30:59se passera avant tout
31:00sur la Lune
31:01Ces budgets-là
31:02il ne va pas les couper
31:03Donald Trump
31:04le budget de la NASA
31:05Comme disait Olivier Sanguille
31:06on n'est plus à la même époque
31:07et ça représente
31:08entre 0,6 et 0,3
31:09même je crois
31:10dans la nouvelle demande budgétaire
31:13qui a été faite vendredi
31:15du budget fédéral américain
31:17donc la question c'est
31:17est-ce que ce type de dépense
31:19est soutenable à long terme
31:22il semblerait que oui
31:24comme c'est lui
31:24qui l'a mis en place
31:25en 2017
31:26il n'y a pas vraiment de raison
31:27moi j'étais là
31:28j'étais à Washington
31:28quand ça a été signé
31:31donc j'ai connu un petit peu
31:32les personnes qui ont travaillé
31:34sur ce programme Artemis
31:34et à remettre ça
31:35il faut se remettre
31:36dans l'époque
31:37où il y avait beaucoup
31:38finalement
31:38d'acteurs différents
31:41qui cherchaient des choses
31:42différentes
31:42il y avait la NASA
31:43qui poussait pour des missions
31:45lunaires
31:45mais qui n'était pas vraiment
31:47soutenue par la Maison Blanche
31:48de Barack Obama
31:48qui avait lui-même
31:49déjà annulé le programme
31:51lunaire de George W. Bush
31:53quand il était arrivé au pouvoir
31:54et puis il y avait SpaceX
31:56qui avait son ambition martienne
31:58et qui commençait
31:59à faire beaucoup de bruit
31:59et donc c'était franchement
32:00une époque
32:012016-2017
32:03où les relations
32:04n'étaient pas au beau fixe
32:05entre les différents acteurs
32:06à Washington
32:06et l'intérêt d'Artemis
32:07c'est quand même
32:08que ça a remis
32:08tout le monde
32:09derrière la NASA
32:10finalement
32:10vers un objectif commun
32:11alors attention
32:12moi je voudrais quand même
32:13préciser que
32:14pour ce qui concerne Artemis
32:17l'administration Trump
32:19a une volonté
32:20que ça aille au bout
32:21par contre
32:22ils n'en ratent pas une
32:23ils sont très anti-science
32:24comme tout le monde sait
32:25et à un point absolument délirant
32:27donc déjà l'année dernière
32:28et à nouveau cette année
32:29ils ont fait une demande de budget
32:30pour quasiment détruire
32:31la partie science de la NASA
32:33qui est une moitié
32:34ou un tiers de la NASA
32:35de manière pour nous
32:37sidérante
32:37c'est vraiment
32:38sans précédent
32:39absolument estomacant
32:41de bêtises
32:42cependant
32:43le Congrès
32:44même s'il est dominé
32:45par les républicains
32:46Maga
32:48constate que c'est
32:49complètement absurde
32:50et l'année dernière
32:51sauver le budget
32:52je pense que ce sera le cas
32:53l'année prochaine
32:53mais la Maison Blanche
32:54elle-même demande un budget
32:56avec comme idée
32:57d'arrêter la science
32:58de la NASA
32:59ce qui est hallucinant
33:01du point de vue
33:02de tous les chercheurs
33:02tout le monde en fait
33:04vous parliez de 2017
33:05tout à l'heure j'ai dit 2012
33:07parce que j'ai lu un article
33:08où vous interveniez
33:09Olivier Sanguil
33:10qui disait 2012
33:12vous parliez 2012
33:13ou c'est moi qui ai mal lu ?
33:152012 pour
33:16pour lancer Artemis
33:19enfin 2012
33:20c'est très optimiste
33:21ça a été dit
33:22on devait se poser
33:22en 2024
33:23non non mais 2012
33:24le début du programme
33:25Artemis
33:26ça devait être
33:27constellation
33:28ah d'accord
33:29ok très bien
33:30j'explique à nos auditeurs
33:31le CLS
33:34a remis ensemble
33:35énormément d'éléments
33:36qui étaient plus anciens
33:37finalement
33:37si vous prenez
33:38Aurion
33:38le vaisseau Aurion
33:40les travaux ont démarré
33:41au tout début
33:42du 21ème siècle
33:43et la sélection
33:44de Aurion
33:45le vaisseau
33:45qui est en ce moment
33:46derrière la Lune
33:47a été faite en 2006
33:49le programme SLS
33:50c'est 2011-2012
33:52que ça a démarré
33:53et donc tous ces programmes
33:54sont en fait
33:55assez anciens
33:56et Artemis
33:57les remet ensemble
33:58c'est pour ça
33:58que je disais aussi
33:59tout à l'heure
33:59que le Lego
34:00est difficile
34:01à faire fonctionner
34:02puisque ça met ensemble
34:03beaucoup d'éléments
34:03qui sont finalement
34:04assez disparates
34:05Olivier
34:07j'entends la musique
34:09qui m'indique
34:10que c'est la fin
34:10de ce débat
34:10qui est pourtant
34:11passionnant
34:12merci beaucoup
34:13messieurs
34:14d'être venus
34:15et d'avoir accepté
34:17d'être au téléphone
34:17avec nous
34:18Olivier Sangui
34:18pour débattre
34:19de ce sujet
34:20qui nous fait rêver
34:21on a les yeux
34:22tournés vers la Lune
34:23et ça nous fait rêver
34:25demain
34:25Thomas Soto
34:27recevra
34:27Olivier Gantois
34:28président de l'Union française
34:30des industries pétrolières
34:32et là on revient
34:32à la crise en Iran
34:34quant à Marc-Olivier Fogiel
34:35il accueillera Sophie
34:36mère de deux enfants
34:38de 3 et 4 ans
34:39victime présumée
34:40de viols
34:40et d'agressions sexuelles
34:41par des animateurs
34:42du périscolaire
34:43il est l'heure
34:44de retrouver André Dusselier
34:45bonsoir André
34:46quelle histoire
34:47allez-vous nous raconter
34:48ce soir ?
34:49Bonsoir Anne-Sophie
34:50ce soir je vais vous raconter
34:51l'histoire de Mark Zuckerberg
34:53et la naissance de Facebook
34:54une idée devenue
34:56un phénomène mondial
34:57à tout de suite
34:58sur RTL
34:59à tout de suite André
35:01RTL
35:02votre radio
35:03à tout de suite
35:05.
35:05.
35:05.
35:05.
35:05– Sous-titrage FR 2021
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