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  • il y a 9 heures
Dans son édito du 05/04/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur l'audiovisuel public et Charles Alloncle.

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00:00Alors c'est une histoire fascinante et il faut lire le dernier numéro de l'Incorrect avec à la une
00:06Charles Lalonde qui fait un j'accuse sur l'audiovisuel public.
00:09Pour voir de quelle manière il aura lui-même compris, en fait comment il aura vécu cette expérience de la
00:16commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
00:18Alors le point de départ, qu'on se comprenne bien, la critique de ce système ne date pas d'hier.
00:23Elle est inscrite dans le temps, le biais, le caractère militant de l'audiovisuel public, le fait que globalement il
00:30soit orienté à gauche est une chose, je dirais, documentée, reconnue et qui va de soi-soir, revendiquée même.
00:37Mais on y reviendra dans un instant.
00:39J'ajouterais que ce n'est pas une exclusivité française.
00:42Regardez la BBC, regardez Radio-Canada, regardez la RTBF.
00:46Partout, l'audiovisuel public est un monstre bureaucratique idéologiquement orienté en fonction des exigences du progressisme.
00:55Ensuite, comme il y a Fifty Shades of Grey, il y a Fifty Shades of Progressivism, donc il y a
01:0050 nuances de progressisme.
01:02Il y a le progressisme tendance et défis, il y a le progressisme macronien, le progressisme centriste, le progressisme révolutionnaire.
01:08Mais c'est à l'intérieur de ce spectre que se déploie l'idéologie de l'audiovisuel public.
01:13Par ailleurs, on voit, et on l'a vu cette semaine, et je pense qu'il faut le dire, à
01:17quel point ce système a une capacité à produire du faux.
01:21À produire du faux.
01:22La séquence dont on a beaucoup parlé sur CNews ces derniers jours, c'est-à-dire la mise en procès,
01:27l'accusation de racisme contre CNews,
01:28à partir d'un récit contrefait, d'un récit faux, d'un récit fabriqué, d'un récit qui relève de
01:36la propagande soviétique,
01:37on peut dire que plusieurs, une partie de l'audiovisuel public a joué un rôle dans la publication, dans la
01:44fabrication du faux,
01:45qui a culminé aujourd'hui, on l'a vu, dans une manifestation à Saint-Denis contre le racisme,
01:50qui était dans les faits, dans leur esprit, une manifestation contre CNews,
01:54parce qu'ils se sont convaincus, les manifestants, que CNews était une chaîne raciste.
01:57Donc là, ils le répètent en boucle, et ils sont persuadés qu'il y a, en CNews, un corps étranger,
02:01qui serait dangereux, qu'il faudrait arracher à la nation comme une tumeur,
02:04et on comprend que dans leur esprit, CNews est cette chaîne monstrueuse.
02:08Qu'est-ce qui leur a mis ces idées dans la tête, sinon toute une partie du complexe médiatico-politique
02:14porté essentiellement par l'audiovisuel public ?
02:17Ensuite, quand on parle de la ligne de l'audiovisuel public,
02:20c'était l'enjeu au début, c'était le manque de neutralité, c'était l'orientation idéologique.
02:25Ça se pose sur plusieurs registres.
02:27Ce n'est pas simplement dans le choix des éditorialistes, par exemple.
02:30Quand on regarde qui sont les éditorialistes mis de l'avant,
02:32qui sont les humoristes mis de l'avant, qui sont les présentateurs d'émissions mis de l'avant,
02:36mais c'est aussi quelquefois dans le choix des interviewers.
02:39Des interviewers, j'irais presque de deux manières.
02:41Pour le choix de l'éditorialiste.
02:43Imaginez, par exemple, si Geoffroy Lejeune ou Charlotte Dornelas
02:47remplaçaient Patrick Cohen sur l'audiovisuel public.
02:49Pourquoi ne le précise pas ? Il serait tout aussi intéressant, peut-être même plus, soyons honnêtes.
02:54Mais on sait que c'est inimaginable de les voir dans cette position.
02:58Pourquoi est-ce que c'est inimaginable ?
02:59Parce que l'un est accordé idéologiquement avec le régime.
03:02C'est un homme intelligent, je ne dis pas le contraire.
03:04Mais il croit ne pas avoir de biais idéologiques.
03:08Bon, mais ça le concerne.
03:09Mais il est en harmonie avec l'audiovisuel public,
03:12ce qui n'est pas la même chose, probablement, pour une Charlotte Dornelas ou un Geoffroy Lejeune.
03:16De la même manière, vous avez peut-être vu, je crois que c'était ce matin ou hier matin,
03:20un entretien sur France Info avec Bali Bagayoko,
03:25qui était mené par Camille Vigogne-le-Côte.
03:28Alors, une interview de Camille Vigogne-le-Côte,
03:30ce n'est pas comme une interview menée par Louis Dragnel ou par Arthur Devatrigan, par exemple.
03:34Donc, Madame est une ferme intelligente, encore une fois.
03:36Je pense qu'on peut reconnaître qu'elle a une orientation idéologique marquée,
03:39ne serait-ce que dans l'utilisation abusive qu'elle fait du concept d'extrême droite souvent,
03:43et elle pousse, dans le cadre de son interview, à la fermeture de ses news.
03:46C'est un militantisme explicite, encore une fois.
03:50Je ne conteste pas la valeur de son travail, en un sens, ça la concerne,
03:53mais je dis qu'il y a une orientation.
03:55Arthur aurait mené une autre interview politique ce matin, et Louis Dragnel aussi.
03:59Donc, dans leur choix, il témoigne de leur orientation idéologique.
04:05Mais ce qui est intéressant avec cette commission, c'est que, finalement,
04:07ce qu'on constate, c'est que l'os yeux visuels public se contrefiche,
04:10qu'on lui fasse remarquer qu'il a un biais idéologique.
04:12Madame Van Rie disait « Nous sommes progressistes ».
04:14Pas grave, France Info.
04:15Tout le monde, en fait, ils assument le fait d'être militant.
04:18Il faut le comprendre, ils assument cette orientation idéologique.
04:21Ils sont dans une logique de rééducation.
04:22Et pour cela, Charles Aloncle n'aurait pas été accusé.
04:26Pourquoi Charles Aloncle est-il aujourd'hui la cible d'une campagne de destruction massive ?
04:31Parce qu'il a nommé quelque chose d'autre.
04:33Il a nommé comment une partie du milieu de l'audiovisuel en général,
04:37des sociétés de production, de grands animateurs, des grandes figures,
04:42tout un réseau s'engraisse à même l'argent de l'État.
04:44On ne dit pas que c'est légal, on s'entend bien.
04:47On dit qu'on est devant un système légalisé où une partie, une toute petite partie,
04:52une toute petite élite, une toute petite aristocratie d'ancien régime
04:56s'engraisse à même l'argent public à travers l'audiovisuel public.
05:01Et ça, c'est des revenus immenses, c'est des stratégièmes juridiques
05:04qui permettent de normaliser tout ça.
05:05C'est un écosystème, c'est une noblesse d'État, c'est une forme de parasitage collectif,
05:09comme si le bien public était fait pour être pillé.
05:12D'ailleurs, si je peux me permettre, c'est la fonction du bien public que d'être pillé.
05:15L'État ramasse de l'argent dans les poches de chacun et permet ensuite à ses amis de se servir.
05:21Et, pour avoir cherché à nommer ce système, Charles Aloncle a été la cible de pression.
05:26Assez vive, dans l'incorrect, on lui pose la question.
05:29Avez-vous suivi les pressions et les menaces plus personnelles ?
05:32Et il répond, presque chaque semaine, avant les auditions importantes,
05:35des gens cherchent à me rencontrer, m'appellent ou contactent mes proches
05:38pour faire passer le message qu'il vaut mieux que je ne pose pas de questions embarrassantes,
05:42que je ne mette pas en difficulté certaines personnalités particulièrement influentes,
05:45qui pour un jour m'être utiles, ou bien pire, user de leurs réseaux et moyens pour me détruire.
05:50Donc, ce qu'on comprend, et là, c'est l'élément central,
05:52il est possible que ce rapport soit enterré.
05:53Le rapport de cette commission, il est possible qu'il ne voit jamais le jour.
05:57Donc, tant d'informations accumulées, des réflexions accumulées par le travail du parlementaire,
06:02il serait possible que tout ça soit censuré, finalement, sur le mode « ça n'a jamais existé ».
06:08Encore une fois, n'y a-t-il pas quelque chose là-dedans de soviétique ?
06:10Dans l'incorrect, Charles Aloncle affirme avoir été victime d'une stratégie de décrédibilisation.
06:18Est-ce vraiment le cas, Mathieu Bocoté ?
06:20On l'a vu cette semaine avec des oligarques de passage qui avaient la volonté explicite de l'humilier.
06:27Alors, il faut comprendre, qu'est-ce qui s'est passé cette semaine notamment,
06:31puis je pense qu'est-ce qui s'est passé tout au long de cette commission ?
06:33On a vu un pouvoir qui ne tolère pas d'être exposé.
06:37Le pouvoir, le système médiatique et les intérêts économiques et financiers qui y convergent
06:43ne tolèrent pas d'être exposés.
06:44C'est un pouvoir qui est à l'abri du regard public.
06:47Et lorsqu'on nomme ce pouvoir, il réagit de manière indignée.
06:51Il demande, mais qui sont ces gueux qui osent aujourd'hui me critiquer ?
06:55Qui est ce petit député freluquet qui osent aujourd'hui nous critiquer ?
07:00Qui est ce Charles-Henri, si j'ai bien compris, qui osent aujourd'hui nous critiquer ?
07:04Charles.
07:04Donc là, on a eu droit à une séquence de mépris exceptionnel
07:09où on le traitait comme un plouc, un bouseux, un malpropre, un infréquentable, un édenté,
07:14un sandant, aurait dit un ancien président.
07:16On le traite de la manière la plus atroce pour le décrédibiliser,
07:20pour que peu importe ce qu'il dira, sa parole sera souillée.
07:24Qu'est-ce qu'on a vu à travers cette séquence ?
07:26C'est ce que j'appelle, enfin, je vais presque donner raison à Marx.
07:29C'est une structure de pouvoir en deux temps.
07:31C'est Marx.
07:32Marx, c'est pas exactement mon ami, mais c'est un homme intelligent.
07:35Marx disait, il y a l'infrastructure et la superstructure dans une société.
07:38Donc, l'infrastructure, c'est les rapports de pouvoir économique, sociaux,
07:41puis la superstructure, c'est, on pourrait dire, le cadre politique et juridique qui les encadre.
07:46Mais qu'est-ce qu'on a vu ces derniers temps ?
07:47On a vu, finalement, la superstructure, le politique, chercher à contrôler l'infrastructure.
07:53Des politiques qui, normalement, se couchent, qui, normalement, se taisent,
07:56qui, normalement, espèrent, eux aussi, avoir droit à la gamelle.
08:00Eh bien, des politiques ont dit, non, un instant, vous allez justifier votre pouvoir,
08:03vous, les oligarques, vous, les mandarins, vous, les hautes figures
08:07qui tenez ce pouvoir de l'état profond audiovisuel.
08:11Eh bien, qu'est-ce qu'on a vu ?
08:12Une volonté d'anéantir ceux qui osaient poser quelques questions.
08:16Je trouve que c'est assez intéressant de voir quand le pouvoir clérical,
08:21spirituel, religieux, économique, qui est nommé,
08:23j'entends, de cet état profond de l'audiovisuel public,
08:25il réagit comme s'il était indécent, qu'on ait osé le questionner.
08:29Ensuite, je me permettrais une réserve sur la manière dont a fonctionné la commission,
08:32qui me semble importante.
08:33Souvent, ceux qui l'apportaient, publiaient sur les réseaux sociaux, par exemple,
08:37seulement leurs questions, sans pas la réponse.
08:39Ça, j'ai toujours trouvé que c'était inadéquat et mal fait.
08:42Si vous voulez mener un travail d'enquête jusqu'au bout,
08:45proposez la question, mais la question sans la réponse,
08:48c'est une logique d'inquisition.
08:49La question avec la réponse, et là, ça permet d'avoir un bon état d'esprit
08:52de ce dont il est question.
08:53Je pense que c'était la faille de cette commission
08:56que d'une mise en scène de l'enquêteur,
08:58en oubliant quelquefois de donner la parole
09:00à celui qui, quand même, avait le droit de réponse.
09:02À la lumière de cette commission, Mathieu Beaucoté,
09:04peut-on en venir à la conclusion
09:06que l'audiovisuel public
09:10est irréformable?
09:10Oui, oui, oui. Je pense qu'il faut le dire.
09:12Il est irréformable, pas parce qu'il n'y a pas
09:14des bonnes personnes là-dedans, je précise.
09:16On en connaît, il y a des gens d'audiovisuel public
09:17qui font un travail remarquable, des gens de qualité,
09:20des gens de grande valeur qui sont dans cette structure,
09:22et je ne le conteste pas un seul instant.
09:24Ce que je dis simplement, c'est qu'on est devant
09:25une masse bureaucratique irréformable.
09:28On est devant une masse bureaucratique
09:30qui n'est pas faite pour être réformée.
09:32Donc, vous décideriez de changer tous les cadres.
09:34Vous changeriez ensuite tous les étages
09:36et l'administration. En dernière instance,
09:38la structure n'est pas faite pour être neutre.
09:40Elle n'est pas faite pour être neutre.
09:42Oui, en fait, elle est dans une logique
09:44de vampirisation des ressources de la société.
09:46Elle est dans une logique d'encadrement moral
09:48sur le mode clérical,
09:49moral, sur le mode religieux,
09:51sur le mode de la prescription morale
09:53en toutes circonstances.
09:54Donc, on ne peut pas le réformer.
09:55Je ne dis pas qu'il ne faudrait pas
09:56qu'il reste un bout d'audiovisuel public
09:58à la fin. Moi, je n'ai rien contre l'idée
09:59qu'il y a quelque chose comme une espèce
10:01de mini-service d'information généralisé.
10:03Et puis avec Arte, pourquoi pas,
10:04parce qu'ils font du bon travail de temps en temps.
10:06Je trouve ça beau.
10:06Mais sur le fond des choses,
10:08quand on est devant un service de propagande,
10:10ça cause problème.
10:11Et je me permettrai de terminer cette réflexion
10:13avec trois éléments.
10:14La droite, l'extrême-centre et la gauche
10:16n'ont pas le même rapport aux médias.
10:17Ça, je pense qu'on l'a constaté
10:18dans la présente séquence.
10:20La droite exige des médias du pluralisme.
10:22Elle a été tellement longtemps absente
10:23qu'il lui suffit d'être entendue
10:25pour se croire dominante.
10:26Le centre réclame la défense
10:28de l'État de droit.
10:28Donc, chasser tous les extrêmes
10:29pour avoir un débat dans l'entre-soi.
10:31Et la gauche exige de faire un travail
10:33de rééducation permanente de la population
10:34qui, si on ne la rééduquait pas,
10:36risquerait de basculer toujours
10:38dans les sentiments les plus atroces.
10:39Je pense que cette commission
10:40aura été une expérience collective intéressante.
10:43et restera voir pour notre tirer.
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