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Dans son édito du 08/04/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Alors, je dirais que c'est la commission qui, oui, était attendue depuis longtemps parce que tous savaient, tous savent
00:05qu'il y a là un immense pouvoir, mais un pouvoir qui n'était jamais exposé, qui n'était jamais
00:12canalisé ni décrypté.
00:14Donc, c'était le pouvoir, le complexe audiovisuel public avec des moyens immenses, une bureaucratie soviétique, une capacité de propagande
00:21soviétique aussi, mais qui jamais n'était analysé, décrypté, déconstruit de l'intérieur.
00:27Donc, on ne savait pas ce qui se passait dans cette boîte. Premier élément.
00:31Deuxième élément, cette commission qui était attendue, c'est la commission qu'on a tout fait pour rendre impossible.
00:36Il faut comprendre la guerre permanente menée contre cette commission, contre Charles Alonc, je reviendrai dans un instant, cette volonté
00:43de faire en sorte que cette commission soit interrompue autant que possible, comme si elle exposait trop de choses qui
00:50ne devaient pas être exposées.
00:51Il ne faut pas oublier non plus que le rapport de cette commission pourrait bien ne jamais être publié, ne
00:57jamais voir le jour.
00:58Ce qui voudrait dire que l'ensemble des informations accumulées par cette commission seraient désormais hors public.
01:04Et les mentionner même certaines vidéos, ce serait illégal.
01:07Donc, il faut comprendre qu'il y a une somme d'informations exceptionnelles, de réflexions sur l'audiovisuel public qui
01:12est rassemblée par cette commission,
01:13et manifestement, elle met le doigt là où il était interdit de le mettre.
01:18Donc, de quoi s'agit-il fondamentalement?
01:20On s'en souvient, le point de départ de cette commission, c'est le biais idéologique de l'audiovisuel public.
01:25Globalement, le point de départ, c'est de dire, vous êtes des progressistes militants, soit bascultants entre l'extrême santé
01:31et la gauche radicale, au moins avouez vos biais.
01:34Je pense que c'est le point de départ dont il y a cette volonté de faire en sorte qu
01:37'au moins les avouent leurs biais.
01:39Quitte à les corriger, on verra, mais au moins avouez que vous n'êtes pas neutres.
01:42Il y en a marre quand même de faire semblant que vous êtes neutres et objectifs, on sait que vous
01:44ne l'êtes pas.
01:45Alors, qu'est-ce qu'on voit assez rapidement dans cette commission?
01:49Les grands, les grandes figures qui défilent, donc Mme Bernotte, d'autres, et aussi Mme, je perds son nom, celle
01:54qui dirigeait France Inter, mais quoi qu'il en soit...
01:57Dans un instant, on va écouter...
01:58Adèle Van Rédevoix.
01:59Oui, on écoutera un passage, dans un instant, de 2 minutes 30, qui révèle les tensions, aujourd'hui, au sein
02:05même de la commission.
02:06Alors, on voit ces gens, et là, on leur demande, vous êtes, avouez que vous êtes progressistes, au moins reconnaissez
02:10-le.
02:11Alors, on avait droit à une espèce de double réponse. Oui, on l'est, mais être progressiste, c'est être
02:15pour le vrai et la justice, donc ce n'est pas grave de l'être.
02:17Et progressiste, ce n'est pas être la même chose qu'être conservateur ou nationaliste ou identitaire ou libéral.
02:21Donc, on était dans ce moment où des gens qui ne sont jamais questionnés sur leur préférence idéologique les avouaient
02:26tout en nous expliquant que ce n'était pas grave.
02:28Premier élément.
02:29Donc, ils relativisaient leur position tout en nous expliquant qu'on avait tort de s'en indigner.
02:34Deuxième élément qui est assez important, et c'est là, on préserve que c'est la structure de pouvoir moral
02:39de notre société qui s'est affichée.
02:40Ceux qui se permettent de juger les uns les autres, de dire bien, pas bien, fait divers, pas fait divers,
02:45a le droit de s'exposer publiquement, pas le droit de s'exposer.
02:47Ce pouvoir, qui normalement est invisibilisé, a été exposé pendant plusieurs semaines.
02:54Mais si ce n'était qu'une question de biais idéologique, cette commission n'aurait pas eu le succès qu
02:58'elle a connu.
02:59Vous trouvez que c'est un succès?
03:01Quand même, ça a posé la question de l'audiovisuel public au cœur de la vie publique, comme jamais.
03:05Mais là où ça a véritablement explosé, c'est au moment où on a découvert que le complexe de l
03:11'audiovisuel public cachait, finançait, alimentait une nouvelle aristocratie d'ancien régime.
03:17Les aristocrates du milieu médiatique qui vivent véritablement en cannibalisant l'État, en vampirisant l'État.
03:24Donc, c'est une caste de gens qui ne sont pas si nombreux que ça et qui ont véritablement, pour
03:28reprendre une formule que j'affectionne,
03:30qui têtent les mamelles eczémateuses de l'État-providence, qui réussissent à avoir des transferts de ressources et de ressources
03:37et de ressources sans fin pour alimenter les intérêts d'une caste.
03:41Qu'est-ce qu'on avait avec ça?
03:42À partir de ce moment où on en parlait du rôle des grandes compagnies de production.
03:45C'est assez important, ça.
03:47Ces compagnies de production qui jouent, les sociétés de production qui jouent un rôle immense dans la production des émissions.
03:52On se dit, mais qu'est-ce que c'est que ça?
03:54D'autant que c'est une bureaucratie immense, le service public aussi.
03:56Quand vous avez une forme d'État dans l'État, pourquoi avez-vous besoin de firmes extérieures pour faire votre
04:01travail?
04:01Si ce n'est, c'est la question qui était posée, pour justement enrichir tous ceux qui ont été capables
04:06de se connecter au tuyau de l'argent public
04:08pour être capables de l'avoir jusqu'à la dernière goutte.
04:10Donc, voyant cela, qu'est-ce qu'on a vu?
04:13Un, un biais idéologique.
04:15Deux, une gamogie généralisée.
04:17On a vu des intérêts privés s'approprier le bien public.
04:21Et on a vu aussi, il ne faut pas l'oublier, les oligarques des médias.
04:24Certaines grandes figures que la politesse m'interdira de nommer.
04:27Lorsqu'ils ont été exposés publiquement, ils ont traité ça comme un scandale.
04:30Parce que vous savez, quand vous êtes très puissant, quand vous avez des moyens immenses,
04:33vous préférez ne pas vous afficher publiquement.
04:35Vous préférez vous dissimuler en prétendant ne pas peser, être un homme comme les autres.
04:39Et quand on braque le projecteur sur vous en disant, vous avez, avec vos milliards,
04:42la capacité de faire peser sur le débat public, au moins expliquez-vous.
04:46On a vu une arrogance extrême à l'endroit du pauvre Charles Lalonde dans les circonstances
04:50qui était traité comme un minus osant questionner les géants.
04:54Mais il arrive que le minus porte un autre nom et triomphe.
04:57Charles Lalonde a été effectivement le personnage principal, Mathieu, de cette commission.
05:02Quel portrait pouvons-nous en faire au terme de cet exercice?
05:06C'est le personnage inattendu.
05:08C'est le personnage inattendu, c'est-à-dire c'est le petit bonhomme qui, comme dirait Marc,
05:13il n'est pas très très grand, il n'y a pas le charisme spontané du général de Gaulle,
05:17on n'a pas l'impression lorsqu'il parle d'être devant une figure d'autorité forte et exceptionnelle.
05:21Ce petit bonhomme qui se tient droit, qui ne plie pas, qui ne se couche pas,
05:25qu'on veut humilier, qu'on veut casser, qu'on veut détruire et qui jamais ne se couche.
05:30On a tout fait.
05:31Moi, ce qui me frappe là-dedans, on a voulu l'humilier, le briser, le détruire,
05:35et il ne s'est jamais couché.
05:38Ça ne veut pas dire qu'il n'a pas fait d'erreur, ça ne veut pas dire qu'il
05:39n'a pas fait de dérapage,
05:40il n'y a pas de chevalier blanc de la vertu dans ces choses-là.
05:43Mais on est devant un homme qu'on a tout fait pour détruire et qui s'est tenu.
05:47Ça, je pense que c'est une chose absolument incroyable.
05:49Il y avait une force de travail exceptionnelle à l'oncle.
05:51Donc, il y a le grand récit des mandarins et des oligarques des médias
05:55qui nous expliquent que vous avez le droit de penser ça, pas le droit de penser ça,
05:58ne fouillez pas dans ce rapport-là, vous ne comprenez pas,
06:00vous n'êtes pas assez intelligents pour comprendre ce qu'il y a là-dedans.
06:02Et l'oncle dit « Ah non, je vais lire, je vais fouiller, je vais regarder. »
06:05Et qu'est-ce qu'il voit ?
06:05Il a exposé justement le système de gabegie généralisé.
06:09Ça va encore plus loin, je pense.
06:11Il incarnait dans les circonstances la dignité de l'homme ordinaire
06:14qui n'accepte plus de se faire mentir.
06:17Ça, ça me semble important.
06:18Et un autre élément, il a résisté, il en a parlé dans le dernier numéro de l'Incorrect
06:22où il est à la une, sur la couverture.
06:26On a cherché à le briser, c'est-à-dire qu'on lui a dit,
06:28vous savez, c'est comme ça que fonctionne l'intimidation sociale.
06:30Charles, tu es un gars intelligent.
06:32Est-ce que tu peux vraiment détruire ta carrière en t'en prenant à ces personnes-là,
06:35X, Y, Z ?
06:37Pourquoi tu ne détournerais pas le regard ?
06:39Sache qu'on s'en souviendra, tu seras notre ami,
06:42tu seras du camp, tu seras de la caste.
06:44Nous te protégerons si tu acceptes de détourner le regard.
06:48On peut dire que ce sont des techniques relativement mafieuses.
06:51C'est-à-dire, ça, ça existe.
06:52Je pense pour ceux qui existent dans la vie publique.
06:56Plusieurs parmi nous, ça nous est déjà arrivé de nous faire dire,
06:59regarde ailleurs, et ensuite, on s'en souviendra et tu en profiteras.
07:04Mais Charles Aloncle n'a pas regardé ailleurs.
07:06Il a tenu tête.
07:07Et aujourd'hui, on le présente comme un fanatique, un macartiste,
07:10un inquisiteur, un incompétent, incapable d'exactitude.
07:15Parce qu'avec un message envoyé à tous,
07:16le prochain qui va chercher à nous faire ça,
07:18on va le détruire encore plus.
07:20On a voulu faire de Charles Aloncle un exemple.
07:21Pour l'instant, il se tient.
07:23Patrick Cohen a récemment déclaré que CNews, selon lui, était hors la loi.
07:28Faut-il y voir un dérapage ou l'expression d'une conviction profonde?
07:33Il faut en parler, effectivement,
07:34parce que moi, c'est le grand retournement, comme à l'habitude.
07:37Rappelez-vous, c'est presque l'équivalent, sur le plan structurel,
07:40de l'affaire Quentin.
07:41L'affaire Quentin se fait tuer,
07:44et à la fin, on accuse la violence de l'extrême droite, comme d'hab.
07:46On voit Crépol.
07:48En fait, finalement, c'était Thomas qui était un peu responsable
07:50d'avoir donné des coups de ventre au couteau qu'il a reçu.
07:52Alors, on se connaissait par cœur.
07:54Dans les circonstances...
07:54Je fais la comparaison, c'est limite, évidemment.
07:57Les circonstances actuelles,
07:59on parle de l'audiovisuel public,
08:01de ses biais, de ses débordements,
08:03du fait qu'il capte des ressources immenses
08:05pour produire une propagande d'État
08:07soutenue par une bureaucratie carnassière.
08:09On parle de tout ça au terme du débat.
08:12La gauche radicale réussit à imposer le thème de CNews,
08:15chaîne toxique, raciste, fasciste, extrême droite,
08:17alléluia, tout ça.
08:19Et l'extrême-centre, avec son polémiste de référence,
08:22Patrick Cohen, éditorialiste militant sur le service public,
08:25homme intelligent, nul ne dira le contraire,
08:26mais avec beaucoup plus de biais idéologiques qu'il ne le croit,
08:29qui dit CNews est une chaîne délinquante et illégale.
08:32Donc, au terme du débat sur l'audiovisuel public,
08:35la proposition qui circule dans la vie publique,
08:37c'est qu'il faut fermer CNews.
08:38On commence à comprendre ce qu'on appelle
08:39le retournement de débat et l'inversion de réalité.
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