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Dans son édito du 24/02/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Vous avez raison de nous conduire là-dessus immédiatement. Mélenchon, ici, doit nous préoccuper, mais il n'est pas le
00:06seul.
00:06Et nous y reviendrons dans un instant. Mais intéressons-nous un instant à ce que nous dit Jean-Luc Mélenchon
00:11dans cette déclaration,
00:12qui est dans un moment de radicalisation. Est-ce que c'était encore possible ? C'est une question.
00:16Mais Mélenchon se radicalise. Et il nous dit qu'il assume clairement, même s'il n'utilise pas ses mots,
00:22une logique de guerre civile.
00:23Il nous dit qu'il y a en France un empire, pense-t-il, une baronnie, quand sais-je, un
00:30pouvoir à tout le moins qui est contraire,
00:32fondamentalement contraire à ce qu'est la France aujourd'hui, un corps étranger dans la nation, un corps étranger qu
00:38'il faut éradiquer.
00:38Et c'est ainsi qu'il présente ce qu'il appelle les médias bollorés. Que leur reproche-t-il, on
00:45l'a compris très rapidement,
00:46de ne pas avoir la bonne ligne éditoriale à tout le moins ? Il prête à ce groupe une ligne
00:51éditoriale.
00:52Il ne s'y reconnaît pas. Et dès lors, il dit, nous devons en finir avec ces médias.
00:57Donc, on comprend l'idée. C'est encore une fois, je me permets de le citer, souvent en ces temps
01:03-ci, Trotsky.
01:04Trotsky, le vieux maître de Mélenchon, disait, juste c'est en 1918,
01:08« Notre victoire sur nos adversaires n'est pas encore complète. Et les journaux sont pour nous une arme.
01:14Dans ces conditions, l'interdiction des journaux est une mesure de défense légitime. »
01:20Manifestement, Jean-Luc Mélenchon est fidèle.
01:22Donc, nous sommes dans une logique de guerre civile où il faut s'emparer de l'État pour mater un
01:27ennemi particulier,
01:28pour l'écraser. Il faut utiliser l'État, non pas pour organiser la société, le pluralisme inévitable de la société.
01:34Certains sont traités comme des ennemis du peuple, des ennemis de l'intérieur et on ne leur pardonnera rien.
01:39C'est la logique de l'épuration révolutionnaire, en soit dit en passant.
01:42Il y a dans le corps social une impureté. Cette impureté se nomme la droite, l'extrême droite,
01:46comme ils l'appellent les médias bollorés, le conservatisme, l'identitarisme, j'en sais rien.
01:49Mais je sais, cela dit, ce qu'il veut en faire. Il veut en finir avec eux.
01:53Sur le plan symbolique, vous me permettrez cette image qui plaira peut-être, ou non, je ne sais pas,
01:56à Philippe de Villiers, on comprend que pour Jean-Luc Mélenchon, les médias bollorés,
02:01comme ils l'appellent, c'est la Nouvelle Vendée. Il faut en finir avec ce dernier reste
02:06pour qu'advienne demain la promesse de la Nouvelle-France.
02:10Alors, je l'ai dit, que reproche-t-il à ces médias de ne pas voir le monde comme ils
02:14le voient?
02:14Il est dans un esprit où il doit y avoir une conformité idéologique dans le récit médiatique
02:21et qui se dérobe à cette conformité est un factieux, est un hérétique
02:25et quelqu'un qui doit être mis à part de la communauté nationale.
02:30Alors, évidemment, vu de loin, de près, d'un peu partout, on voit la donne radicalisation.
02:34On comprend que l'EFI est troublé par la présente séquence Quentin.
02:39Le parti est troublé par cette idée qu'il est aujourd'hui, disent-ils, victime de diabolisation.
02:44Donc, que font-ils dans la présente séquence? Ils se radicalisent.
02:47Comment ils se radicalisent? En prenant des positions de plus en plus indéfendables
02:51et en forçant tous leurs membres à les défendre à tout prix.
02:54Donc, on est sur le mode, on va éliminer un groupe de presse privé.
02:57Hier, c'est Mme Panot qui disait, nous n'accepterons pas que ce qu'ils appellent le fascisme arrive légalement
03:02au pouvoir.
03:03Donc, ils vont toujours plus loin et ils obligent tous leurs membres à être solidaires de décisions
03:07qui, objectivement, les mettent à l'écart du consensus démocratique élémentaire.
03:11Ce qui nous rappelle, évidemment, si quelqu'un s'y oppose, dégage du parti.
03:15Si quelqu'un s'oppose à Maître Mélenchon, nous n'en voulons plus.
03:18Ce qui nous rappelle une autre phrase d'un autre maître de Mélenchon, Lénine cette fois,
03:22qui disait, le parti se renforce en s'épurant.
03:25Nous sommes aujourd'hui dans une logique ouvertement révolutionnaire chez lui.
03:28Volonté de casser les médias, volonté d'imposer un seul récit médiatique,
03:32volonté de brutaliser ceux qui s'opposent à lui, volonté d'imposer une idéologie officielle.
03:37Telle est aujourd'hui la doctrine du parti révolutionnaire nommé LFI.
03:40– Revenons, Mathieu, directement à la liberté de la presse.
03:43Jean-Luc Mélenchon est-il le seul à s'y opposer comme ça, frontalement ?
03:48– Alors, vous avez tout à fait raison de nous rappeler ça,
03:50parce que Jean-Luc Mélenchon, dans les circonstances, nous rend paresseux.
03:54Moi, ça commence à m'énerver, je vous le dirais franchement,
03:56toute une partie des milieux plus conservateurs qui disent
03:58« Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon », on ne voit que lui
04:00et on oublie qu'à l'extrême-centre, ils sont plus subtils,
04:03mais ils veulent aussi encadrer, réguler, étouffer la liberté de presse,
04:08mais ils s'y prennent autrement.
04:10– L'arbre qui cache la forêt.
04:12– Oui, exactement, et laissez-moi vous citer Jean-Noël Barreau,
04:16ministre des Affaires européennes notamment,
04:18qui nous dit, des affaires étrangères, qui nous dit aujourd'hui,
04:21sur France Info, qu'il faut qu'il y ait une reprise de contrôle
04:25de notre espace public et une mise au pas des plateformes numériques
04:30qui mettent en avant l'international réactionnaire.
04:33Il nous dit à l'horizon de 2027.
04:35Donc, ce que nous dit Jean-Noël Barreau, c'est qu'à l'horizon de 2027,
04:39il y a, de son point de vue, un espace public déréglé.
04:42Pourquoi est-il déréglé?
04:44Parce que s'il exprime des idées qui ne sont pas alignées sur le dogme de l'extrême-centre,
04:49sur les positions extrême-centristes,
04:51on pourrait comprendre qu'ils sont à l'écart du récit macroniste.
04:55Ces positions, il les assimile à l'international réactionnaire.
04:58Donc, de son point de vue, la remise en question de l'esprit macroniste en France aujourd'hui,
05:03ça ne peut pas venir des Français.
05:04Les Français, par eux-mêmes, ne pourraient qu'adorer cette caste qui les dirige.
05:09Il faut que ça vienne de l'étranger, de Moscou ou de Washington, encore une fois,
05:12pour que les Français se disent que finalement,
05:14ils ne se reconnaissent pas dans leur gouvernement,
05:16dans ce que leurs élites ont fait de leur pays.
05:19Donc, qu'est-ce qu'il faut faire?
05:20Il faut, je le dis, reprendre le contrôle de notre espace public.
05:24Qu'est-ce que ça veut dire concrètement?
05:26C'est-à-dire reprendre le contrôle des réseaux sociaux.
05:28Ça veut dire la mise au pas des plateformes numériques.
05:31Pourquoi? Parce que sur ces plateformes...
05:32On y revient.
05:33Mais toujours, c'est pas pourrie qu'on en parle si souvent depuis des mois maintenant.
05:36Parce que sur ces plateformes numériques,
05:39c'est former une opinion extérieure aux critères de la respectabilité
05:44portés par le service public, portés par le complexe médiatique dominant.
05:49Donc, c'est former une opinion qui n'est pas aux ordres,
05:52une opinion qui ne fonctionne pas selon les codes officiels du régime.
05:56Eh bien, dès lors, cette opinion, on doit la mater en l'empêchant de s'exprimer.
06:00Rappelons que l'opinion fait partie de la liberté d'expression.
06:03Je ferme la parenthèse.
06:04De votre point de vue, mais manifestement pas du leur.
06:06Oui, mais c'est la définition même.
06:07Je suis d'accord avec vous.
06:09Alors, dans cette logique, qu'est-ce qu'on voit?
06:11C'est la fermeture des médias, les réseaux sociaux.
06:14En France, rappelez-vous, une chaîne télé aussi.
06:16Si je peux me permettre, il y a un an, on l'a oublié,
06:17mais il y a deux ans, ça fait partie du réel.
06:19Il y a aussi la traque des propos inacceptables dans l'espace public,
06:25les lois liberticides, on en parlait la semaine dernière,
06:27la volonté de rendre inéligibles ceux qui se rendraient coupables
06:31de ce qu'ils appellent racisme ou appel à la haine.
06:33Mais dans les faits, on comprend que ça consiste tout simplement
06:35à ne pas être progressiste.
06:37Et je constate que ça s'inscrit dans une tendance lourde,
06:40une régression des libertés qui ne date pas d'hier
06:43et auxquelles nous consentons de plus en plus.
06:45Donc, d'un côté, je le redis, Mélenchon,
06:47qui joue un peu le rôle dans les circonstances,
06:49c'est le méchant, un, numéro un,
06:52mais on ne parle que de lui, on ne parle pas de l'extrême-centre
06:55qui, pour 2027, nous annonce qu'il faut encadrer les élections,
06:58encadrer la parole publique, réguler comme jamais,
07:01pour empêcher l'opposition de prendre forme et de peut-être gagner.
07:04À vous entendre, Mathieu, l'extrême-centre et la gauche radicale
07:08ont plus en commun, finalement, qu'on ne le croit?
07:10Absolument. Parce qu'ils voient le monde de la même manière,
07:12même s'ils n'ont pas le même folklore.
07:15Alors, prenons les différences.
07:16La gauche radicale, Mélenchoniste,
07:18on pourrait dire que c'est la gauche radicale,
07:19un côté un peu bourrin.
07:20C'est « Ah, on veut écraser nos ennemis,
07:22coup de gourdin sur la tête,
07:23on détruit le groupe médiatique qu'on n'aime pas ».
07:26Bon, il y a un côté un peu caricatural là-dedans.
07:28Il y a un histrionisme, il y a un virilisme Mélenchoniste,
07:30c'est-à-dire « Moi, chef,
07:31va me battre contre chef autre,
07:33et moi, chef, va gagner ».
07:34Bon, on comprend cette méthode.
07:36De l'autre côté, c'est beaucoup plus amidonné,
07:38c'est beaucoup plus encadré,
07:40c'est beaucoup plus sophistiqué,
07:41mais c'est beaucoup plus efficace.
07:42Les techniques de contrôle de l'opinion,
07:44les techniques pour créer la stupeur dans l'opinion,
07:47pour sidérer l'opinion,
07:48pour domestiquer l'opinion,
07:50pour amener le commun des mortels
07:51à accepter une régression des libertés,
07:53comme on le voit depuis des années,
07:55l'extrême-centre est très doué là-dedans.
07:57Pendant qu'on est sur l'épouvantail Mélenchon,
07:59on ne s'intéresse pas assez
08:00à ce que nous fait l'extrême-centre,
08:01alors qu'ils ont en commun, je l'ai dit,
08:02l'idéal d'une nouvelle France, comme ils disent,
08:05créolisée d'un côté,
08:06celle du vivre ensemble de l'autre,
08:07mais dans les deux cas hostiles
08:09à ce qu'ils appellent les Français de souche,
08:10qui apparemment n'existent pas,
08:11sauf pour disparaître demain.
08:13Ils ont une forme de même horizon,
08:15même s'ils n'ont pas le même folklore,
08:17et à travers cela,
08:17je terminerai de manière assez sévère
08:19sur ce qu'on appelle la droite.
08:20La droite, elle, ne voit rien passer en ce moment.
08:21La droite réagit aux différents hochets.
08:24La droite réagit, vous savez,
08:26la cape rouge pour le taureau dans la tauromachie.
08:29Donc là, on se jette sur Mélenchon,
08:30on se jette sur la querelle du jour,
08:32on se jette sur la suivante,
08:33et on ne voit pas que les libertés se réduisent.
08:35Et comme si la droite, aujourd'hui,
08:37peut-être passer le bonnet d'âme du diable à Mélenchon,
08:41elle ne voit pas qu'en ce moment,
08:42les libertés publiques sont sacrifiées
08:44par l'extrême-centre,
08:45comme si, d'une certaine manière,
08:46elle rêvait d'être cooptée par lui.
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