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  • il y a 7 semaines
Dans son édito du 10/11/2025, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Mathieu, on commence avec votre sujet. Najat Vallaud-Belkacem a fait parler d'elle ces derniers jours en proposant avec son association France Terre d'Asile
00:08la naturalisation de 250 000 clandestins, ce qui rapporterait selon elle 3 milliards d'euros à l'État.
00:17De quoi parlons-nous exactement Mathieu ?
00:19D'une blague, d'une très bonne blague, mais nous allons décrypter la blague pour savoir exactement de quoi nous sommes.
00:25C'est quand même, on peut faire des blagues comme ça dans la vie, manger 3 tonnes de gâteaux et maigrisser.
00:30Ah bon ?
00:31Alors, soyons dans des sujets qui me parlent.
00:33Oui, c'est ça.
00:34Et en plus, pour l'histoire, c'est paru dans l'humanité, dans l'humain. On en a la totale.
00:40Je suis abonné.
00:40Alors, moi aussi.
00:41Alors, point de départ, point de départ, elle nous dit, il y a, donc si on naturalise, et si, autrement dit, globalement, on dégage les clandestins, on les naturalise, on les inscrit sur le mode du citoyen français,
00:52eh bien, c'est réglé. On contribue d'ailleurs à la santé financière de l'État.
00:57Donc, il y a 3,3 milliards d'euros d'économie, nous dit-elle.
01:02Alors, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
01:04Et là, on décrypte un peu ce que nous proposait le Figaro, d'ailleurs, dont on nous dit, par exemple, français d'asile,
01:09qu'on pourrait économiser une quarantaine de millions d'euros en cessant de prononcer des OQTF.
01:16Donc, globalement, à ceux qui doivent quitter le territoire français, on ne leur dit plus qu'ils doivent quitter le territoire français, on s'offre de l'argent.
01:24De la même manière, 219 autres millions économisés en diminuant le nombre de places dans les centres de rétention administratives.
01:32Mais c'est du génie.
01:33Donc, on ne cherche plus à réguler.
01:34Et ça continue d'être bien allé.
01:36Une quinzaine de millions économisés en construisant des places dédiées pour héberger des demandeurs d'asile plutôt que les dispositifs d'hébergement d'urgence.
01:44On va encore, je résume, on pourrait aller dans le détail.
01:46Mais pour lutter contre la pression migratoire, il faut donc accueillir la pression migratoire.
01:52Pour être capable de favoriser la contribution de l'immigration aux finances publiques, il faut tout simplement décider qu'il n'y a plus de problèmes liés à l'immigration.
02:03Dès lors, plus de soucis.
02:04Elle ajoute aussi, c'est pas mal, que la régularisation de 250 000 travailleurs sans papier ferait gagner près de 3 milliards d'euros par année à l'État.
02:13Donc, en contribution, en impôts et ainsi de suite.
02:14Donc, globalement, c'est la solution miracle, miraculeuse, géniale, que personne n'avait vue, mais pour d'excellentes raisons, elle n'existe pas vraiment.
02:22Parce que ce qui est complètement oublié dans ce machin qui se présente comme une étude,
02:26c'est les coûts de l'intégration, c'est-à-dire, à un moment donné, faire venir des gens dont l'intégration n'est pas assurée, ça coûte de plus en plus cher.
02:32Les coûts liés à l'explosion de l'insécurité, on a oublié de le documenter.
02:36Mais il y a le lien entre immigration et insécurité.
02:38Les coûts de l'insécurité augmentent significativement.
02:40Le coût de la sécurité, si vous préférez, eh bien ça, c'est sur les départements, mais c'est caché.
02:45Enfin, il n'y pense même pas.
02:46Le coût sur la confiance sociale, soit dit en passant.
02:49C'est-à-dire, à un moment donné, on constate qu'une société de plus en plus hétérogène, de plus en plus diversifiée, de moins en moins cohérente,
02:54eh bien il y a un coût à ça, c'est documenté d'excellents travaux de vrai.
02:57Mais ceux-là nous disent, à l'instant, à partir d'un certain seuil d'hétérogénéité, une société n'a plus confiance.
03:01Et quand elle n'a plus confiance, ça entraîne des coûts particuliers, mais ça n'existe pas dans cette étude.
03:06Le coût sur les dépenses sociales, les coûts sur la modernisation économique ratée,
03:10et la sous-estimation de l'effet de pompe aspirante.
03:12C'est-à-dire, si vous expliquez à tous ces gens qui arrivent plus de soucis, vous ne risquez pas l'OQTF,
03:16vous ne risquez pas d'être en détention particulière, vous ne risquez aucun souci d'arriver.
03:19Ils seront toujours de plus en plus nombreux à arriver, mais puisque l'immigration massive est une richesse pour la France,
03:24on n'en veut toujours plus, jusqu'à l'ensevelissement total.
03:28Et quand, soudainement, l'argument économique ne fonctionne plus, parce que c'est quand même ça,
03:32quand, soudainement, on nous dit, ah oui, finalement, on ne sera peut-être pas aussi riche que prévu,
03:35là, vous dégainez, un, l'argument humanité.
03:37Donc là, soudainement, ce n'est plus une question d'argent, ce ne sont pas de simples dépenses, ce sont des êtres humains,
03:42et là, vous n'avez plus à tenir compte du calcul des coûts,
03:45parce que le simple fait de devoir dépenser beaucoup, c'est un marqueur d'humanité.
03:48J'ai résumé brièvement, parce qu'il ne faut quand même pas prendre trop au sérieux cette étude,
03:52il ne faut pas faire semblant qu'on est devant quelque chose d'intelligent.
03:55Mais informons les Français.
03:57Mathieu, si cette proposition, elle est absurde, pourquoi l'avancer, du coup ?
04:00Parce qu'il faut voir de quelle manière on truc le débat public de temps en temps.
04:04On est sur le mode de ce que j'appellerais la taxe Zuckman migratoire.
04:08Alors, la taxe Zuckman, qu'est-ce que c'est ?
04:09C'est une taxe épouvantail absurde, et là, à ce point absurde,
04:14que tout le monde se rue sur cette taxe pour en débattre, ça n'a pas de bon sens,
04:17on la détricote, on la déconstruit, on la démonte.
04:19Et au terme de ça, qu'est-ce qu'on voit, qu'est-ce qu'on n'a pas vu ?
04:22Mais des tonnes d'autres de propositions de taxation moins aberrantes, au premier regard,
04:28mais qui sont normalisées, légitimées sur le mode,
04:30au moins, ce n'est pas la taxe Zuckman.
04:31C'est globalement le type qui vous dit, je vais vous couper les deux bras.
04:34Vous dites non, il dit, je vais vous en couper un seul.
04:36Ah, vous dites, bon, je garde un bras au moins, je suis chanceux.
04:39Alors là, on est avec le même type de raisonnement, et l'objectif, c'est...
04:43J'aime bien vos images, on comprend tout de suite.
04:44Je trouve que c'est assez clair.
04:46C'est clair.
04:46Il me reste un moignon, bon.
04:48Et ensuite, la fonction, c'est de transformer les termes du débat public
04:51en obligeant à débattre dans des paramètres nouveaux,
04:54c'est-à-dire l'immigration massive est le paramètre indépassable du débat public.
04:59Et on ne débat plus, pendant ce temps-là, d'une autre option possible, imaginable,
05:03qui est la véritable maîtrise des flux migratoires, la fin de l'immigration massive.
05:08Si je peux me permettre, je ferai la comparaison avec les LFI.
05:10Dans le débat public, on nous invite de plus en plus, en fait, depuis des années,
05:13on doit débattre seulement de LFI.
05:15LFI danger, LFI très dangereux, LFI méchant, LFI pas gentil.
05:19Mais pendant qu'on débat de LFI, on oublie complètement de débattre du fait
05:22que la situation catastrophique du pays aujourd'hui,
05:25ce n'est pas l'héritage de LFI.
05:26C'est la bande au pouvoir, c'est la clique d'extrême-centre,
05:29ce sont tous les fédérés, les ratés, les proscrits du régime présent
05:32qui se sont rassemblés sous le pavillon de la compétence.
05:34Mais là, on se dit, attention, LFI danger, LFI danger.
05:37Et pendant ce temps-là, les dangers au pouvoir qui nous gouvernent
05:40sous le signe de la compétence autoproclamée,
05:41eux, se présentent comme les gardiens de la démocratie.
05:44Dans le même état d'esprit, on a le débat qui nous est proposé là,
05:48suite à cette proposition Valo-Belkacem,
05:51c'est deux possibilités.
05:52L'immigration sans contraintes rédemptrices et merveilleuses
05:55ou l'immigration massive régulée.
05:57Choisissez.
05:58Et si vous êtes pour l'immigration massive régulée,
05:59vous êtes au seuil de l'extrême droite.
06:01Donc, vous avez un débat, et chassez complètement de ce débat.
06:04L'autre option, je le disais, la fin de la submersion migratoire.
06:08On a recadré le débat pour que cette option n'existe plus.
06:11Vous noterez que c'est la même chose quand on voit le débat sur l'identité française.
06:15On nous dit aujourd'hui, vous avez deux options,
06:17multiculturalisme ou universalisme républicain.
06:20Mais l'autre option, le peuple historique français,
06:23les mœurs françaises, la culture française, l'identité française,
06:26ça, c'est chassé, ce n'est pas dans le débat.
06:28C'est ainsi qu'on confisque un débat public.
06:31Mais alors, si vous êtes cohérent, Mathieu,
06:34ne pourrait-on pas dire que vous êtes tombé finalement dans le piège que vous dénoncez ?
06:38Oui, je n'aurais pas dû parler de ça.
06:40Je suis d'accord.
06:41J'ai vu ça, je me suis dit, est-ce qu'on en parle ?
06:42Est-ce qu'on en parle ?
06:43Le problème, c'est quand on se retrouve devant quelqu'un dans le débat public
06:46qui nous explique que la lune est un fromage.
06:48Et pas n'importe qui, quand même.
06:49Ah, bien sûr, c'est madame Valo-Belkacem.
06:51Il y a la Cour des comptes.
06:51Un ancien ministre qui a joué un grand rôle dans l'amélioration positive de l'éducation en France.
06:56Ça aussi, c'est une blague.
06:57Donc, quand on est devant, dans le débat public, quelqu'un qui vous explique que la lune est un fromage.
07:02Bon, vous pourriez dire qu'on ne va pas en parler.
07:04Mais là, quand une bonne partie du service public et des médias subventionnés vous disent
07:07« Mais c'est tout à fait intéressant cette proposition que la lune est un fromage, on pourrait s'en prendre une partie.
07:10Quel type de fromage s'agit-il exactement ? »
07:12Là, vous vous dites un instant.
07:14Il y a deux possibilités.
07:15Soit vous commencez à débattre avec les gens pour leur expliquer que la lune n'est pas vraiment un fromage
07:19ou un fromage d'un type très particulier.
07:22Ou alors vous cherchez à démonter l'arnaque médiatique que vous avez devant vous.
07:25Vous montrez de quelle manière, quand on débat comme ça, comment on piège les termes du débat,
07:30comment le débat public version Nadja de Valo-Belkacem est une manière de déréaliser le débat public,
07:35de nous empêcher de parler d'immigration réellement, de nous empêcher de parler de ses coûts,
07:39de nous empêcher de parler du désastre migratoire qui est à bien des égards aujourd'hui,
07:43la situation partout en Europe.
07:45Donc ces débats artificiels, financés par des gens qui reçoivent des fonds publics,
07:50servent en fait à nous couper de la réalité.
07:52Il fallait, je crois, le dire.
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