- il y a 9 heures
Ce mardi 31 mars, Guillaume Paul a reçu Christian Fontaine, directeur de la rédaction du magazine Le Revenu, et Félix Baron, fondateur du Club des investisseurs indépendants, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Tout pour investir, le déchiffrage.
00:06Le déchiffrage, ils sont en train de s'installer pour notre plus grand plaisir.
00:10Nos deux déchiffreurs du jour, pour un bon quart d'heure, Christian Fontaine est avec nous.
00:14Bonjour Christian.
00:14Bonjour Guillaume.
00:15Bienvenue, directeur de la rédaction du magazine Le Revenu.
00:17Puis Félix Baron qui est avec nous.
00:19Bonjour Félix.
00:20Bonjour Guillaume.
00:21Fondateur du club des investisseurs indépendants.
00:23Bah oui, c'est le chiffre qu'on va décrypter.
00:26Alors ce sont les chiffres, parce que tout est en train de tomber en cascade au moment où on se
00:29parle.
00:30Bah oui, on nous attendait, on nous donnait les chiffres pour 11 heures de l'inflation en zone euro.
00:33Alors je rappelle donc la France, spectaculaire, 1,7% fin mars, nous sommes fin mars, 0,9 fin février.
00:42Voyez, on en est.
00:42Et à l'instant, je vous donne le chiffre du côté de la zone euro.
00:46Nous sommes à 2,5% à la fin mars.
00:50Condéré par l'Allemagne.
00:53Oui, heureusement.
00:55Ça commence à faire.
00:56Mais en l'espace de quelques semaines.
00:57Enfin Christian, je veux dire, c'est quand même...
00:59Vous attendez des chiffres de cette ampleur ?
01:01Bien sûr.
01:01Alors pas forcément.
01:02C'est vrai que...
01:04Alors 1,7% pour la petite anecdote, il me semble que c'est exactement la projection de la Banque
01:09de France pour l'ensemble de l'année.
01:11Alors on va voir ce que ça va donner.
01:12Par contre, c'est vrai que c'est un doublement, un quasi doublement de l'inflation d'un mois sur
01:17l'autre,
01:18tiré bien sûr par les hydrocarbures, par le hausse du prix du gaz.
01:22En fait, l'inflation est vraiment un paramètre essentiel à suivre lorsqu'aujourd'hui on est investisseur en bourse.
01:31D'abord parce que l'inflation va déterminer l'évolution de la politique monétaire des deux côtés de l'Atlantique.
01:36Ensuite, et ça on le dit beaucoup moins parce que cela va ou cela devrait directement impacter la politique des
01:43investisseurs.
01:44Et là, si vous permettez un petit zoom.
01:45La plupart des épargnants, lorsqu'ils placent leur argent en France sur des livrets A ou sur un contrat d
01:50'assurance et en euros,
01:51si à la fin de l'année, ils n'ont effectué aucun retrait ou aucun versement,
01:54et s'ils ont plus d'argent en compte qu'en début d'année, ils sont contents.
01:58Attention, là c'est parce qu'on regarde la performance, le taux nominal, le taux d'intérêt nominal.
02:02Mais ce qui compte, c'est la performance réelle, c'est-à-dire déduction faite de l'inflation.
02:07Et si à la fin de l'année, vous avez plus d'argent sur votre livret A,
02:09mais que vous pouvez acheter moins de biens et services, ça pique, ça coince.
02:15Et les épargnants ne se rendent pas assez compte de l'impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat
02:21de leur épargne.
02:22Ce n'est pas pour rien que Keynes disait que l'inflation, c'était l'euthanasie du rentier.
02:26Et souvenez-vous ce qui s'est passé en 2022 et 2023.
02:30C'est deux années où l'inflation était autour de 5%.
02:32En France, il y a environ 2 000 milliards d'euros placés sur des placements à taux fixe.
02:37Ça signifie que ces deux années-là, il y a eu des dizaines de milliards d'euros
02:42de pertes de pouvoir d'achat sur l'épargne des Français.
02:43Et ce qu'il faudrait absolument éviter en 2026, c'est un phénomène identique
02:48ou semblable à ce qui s'est passé en 2022 et 2023.
02:52C'est pour ça qu'il faut surveiller l'inflation comme le lait sur le feu.
02:55Et c'est pour ça que si l'inflation accélère, il faut absolument s'interroger
02:59sur son allocation d'actifs et notamment sur le poids des placements à taux fixe
03:04dans son patrimoine et oser aller un tout petit peu plus vers les actions,
03:07voire les actions américaines qui sont le plus protégées aujourd'hui dans la crise
03:12puisque les États-Unis sont exportateurs nets de pétrole et de gaz.
03:15Alors, on va avoir encore un petit peu du temps, évidemment, pour donner quelques pistes.
03:19C'est évidemment, mais Félix, pareil, voilà, même question.
03:20C'est cette inflation qu'on n'attendait pas et qui revient au galop.
03:25Alors, je vous donne donc 2,5 en zone euro fin mars contre 1,9 en février.
03:30Donc, ça a été plus violent en France qu'à l'échelle de la zone euro en proportion, finalement.
03:34Voilà ce que dit le...
03:34Oui, globalement, c'est normal que les deux locomotives industrielles de l'Europe,
03:38à savoir l'Allemagne et la France, soient plus impactées par l'augmentation du coût des matières premières
03:43que la Pologne ou la Lituanie.
03:45Évidemment.
03:46Parce qu'on est des plus gros consommateurs d'énergie.
03:49Mais tout de suite, on peut le dire par rapport à l'Allemagne,
03:50qui a une projection à plus de 2,8 %, peut-être qu'elle aurait dû se mettre au nucléaire.
03:54C'est là où on est globalement comparatif.
03:56Mais vous avez vu que les esprits changent en Allemagne.
03:58Les discours commencent à changer un petit peu.
04:00Oui, mais les esprits mettent du temps à être construites.
04:01Oui, oui, ça met du temps.
04:02On a peut-être un coup à jouer.
04:04C'est qu'on pensait vraiment au début d'année,
04:07et c'est là où on coïncidait peut-être avec les plus hauts historiques boursiers,
04:09que 2026, ce serait l'année de la détente ou de la baisse des taux.
04:13Et on est probablement même 95%, à mon avis, l'année du retour de l'inflation.
04:19Et attention, ce n'est pas une inflation qui va baisser quand le conflit en Iran sera arrêté.
04:25Malheureusement, quand l'inflation est liée à un choc d'offres, comme c'est le cas actuellement,
04:28c'est-à-dire à partir du pétrole, elle est là pour durer.
04:31Mais pour une raison assez simple, non seulement vous avez le baril qui monte,
04:36donc une répercussion sur les coûts, mais en plus de ça, vous avez une désorganisation du trafic mondial.
04:40Donc vous avez deux effets qui s'ajoutent pour faire montrer le pétrole.
04:45Plus des installations pétrolières ou gazières qui ont été touchées dans la région,
04:49dont on ne sait pas combien de temps elles vont remettre à redémarrer.
04:51Oui, c'est ça. Et même si on a des réserves, en fait, les chocs d'offres sont toujours inflationnistes,
04:55sont toujours au démarrage de cycles inflationnistes.
04:57Et le problème de l'inflation, c'est que c'est...
04:59Alors là, vous nous parlez, vous avez raison, de projections d'inflation qui montent rapidement,
05:03mais malheureusement, je suis désolé, ça n'est que le début,
05:05parce que l'inflation dans l'économie réelle, elle se propage lentement.
05:09Parce que vous avez d'abord une répercussion sur les coûts de l'énergie,
05:12et ensuite sur les coûts industriels, le coût des intrants industriels,
05:14pour, vous en parliez tout à l'heure, les Thalès, les Saint-Gobain, les Air Liquide, etc.
05:18Et puis, au bout de la chaîne, en fait, c'est les coûts pour le panier de la ménagère,
05:24pour les loyers, pour les salaires, etc.
05:25Et ça, c'est des coûts qui ne baissent jamais.
05:28On ne va pas les baisser, c'est les loyers, les salaires, etc., une fois que la guerre est terminée.
05:32Donc, préparez-vous, messieurs-dames, mais 2026, c'est le retour,
05:37je ne sais pas si c'est une hyperinflation, mais d'une inflation forte,
05:39puisque la diffusion dans l'économie réelle, à partir d'un choc d'offres,
05:42ce n'est pas quelque chose qui s'arrête.
05:44Éventuellement, il y aura une détente sur le coût des matières premières,
05:47mais l'impact qui est fait, finalement, sur les biens de consommation
05:51et sur les services du quotidien, ça, ça ne baisse jamais.
05:54Je suis désolé, j'ai des mauvaises nouvelles.
05:58Tout va dépendre, quand même, de la durée du conflit.
06:01Alors, je serais peut-être un peu moins pessimiste, quand même, sur Félix,
06:05sur cette hausse, sur ce choc d'offres.
06:08Par contre, ce qui est vrai, c'est qu'au-delà de la conjoncture,
06:10il y a des phénomènes structurels qui expliquent que l'inflation pourrait repartir à terme.
06:14Et donc, les phénomènes structurels, vous les connaissez,
06:17vous en parlez souvent sur votre antenne et au revenu aussi,
06:18c'est bien sûr tout ce qui est transition énergétique,
06:20ça va coûter plus cher de se chauffer de façon propre, entre guillemets.
06:26Transition démographique, transition militaire, tout ça,
06:29il y a des raisons structurelles qui font que, je dirais,
06:33réindustrialisation, qui font que les hausses des prix pourraient accélérer.
06:36En fait, il faut bien voir qu'à l'exception des deux années que j'ai citées tout à l
06:40'heure,
06:402022-2023, depuis 20 ans, l'inflation en France,
06:43c'est un phénomène quasiment, je dirais, oublié,
06:46puisque l'inflation tournait autour de 1%.
06:48Et souvenez-vous, il y a une dizaine d'années,
06:50on avait même des années de l'inflation à 0%.
06:52Absolument.
06:52Donc, c'est quelque chose que les épargnants ont oublié,
06:55en fait, d'intégrer la hausse des prix dans leur raisonnement.
06:59Et donc, il va falloir réintégrer ça,
07:01et donc, forcément, aller chercher davantage de rendement
07:04pour éviter cette euthanasie.
07:07Donnez-nous quelques pistes.
07:08Alors, on va se prendre quelques minutes pour donner quelques pistes, éventuellement.
07:11On voit bien que depuis un mois, finalement,
07:13aucun actif n'a vraiment été épargné.
07:16Donc, qu'est-ce qu'on va aller trouver au bout d'un mois
07:17qui n'est pas vrai ?
07:18Alors, vous citiez, alors là, on va directement rentrer
07:21dans une classe d'actifs particulière,
07:23mais vous citiez Total tout à l'heure.
07:25Alors, par exemple, là, c'est vraiment la plus forte hausse du CAC 40
07:28depuis le début de l'année.
07:2945% depuis le début de l'année.
07:3145%, voilà.
07:32Donc là, c'est une valeur qui fait plus que protéger
07:35contre le choc d'offres et de la hausse du prix du pétrole,
07:39à tel point qu'on peut même s'interroger sur aujourd'hui
07:40est-ce que ce n'est pas le moment un tout petit peu de s'alléger
07:42ou de prendre, en tout cas partiellement, ces bénéfices.
07:45En période d'inflation,
07:46quelles sont les classes d'actifs qui, généralement, en profitent ?
07:48Alors, il y a effectivement les actions
07:50où les entreprises ont un vrai pricing power.
07:53Et puis après ça, il y a tous les actifs réels.
07:55C'est vrai qu'a priori, normalement, l'immobilier,
07:58les forêts, les voitures de collection,
08:00a priori, les actifs réels protègent mieux de l'inflation.
08:03En tout cas, que les placements à taux fixe,
08:06type épargne réglementé, voire même assurance vie en euros.
08:09C'est pour ça qu'on conseille de diversifier
08:12son contrat d'assurance vie.
08:14C'est la fameuse stratégie 60-40 que j'exprime souvent sur votre antenne.
08:1760% de fonds en euros et 40% investis en actions internationales.
08:22En tout cas, il faut vraiment,
08:24si on se place dans la mentalité de l'épargneur français
08:26qui joue les placements à taux fixes,
08:28il faut revenir et accepter de modifier un tout petit peu son mindset
08:34pour éventuellement placer autrement
08:35et ne pas être victime d'une accélération de l'inflation.
08:38Félix Baron.
08:40Moi, je suis d'accord avec Christian.
08:41En effet, il faut diversifier.
08:43Il faut aller chercher des actifs réels, donc des actions.
08:45Mais le problème, si les marchés anticipent une baisse des taux,
08:48si les banques centrales n'ont pas le choix
08:49que d'augmenter les taux pour contrer l'inflation.
08:51Qui anticipe encore une baisse des taux ?
08:54En tout cas, ce qui est intéressant, c'est qu'on pensait
08:56que les banques centrales pilotaient l'économie
08:58parce qu'elles pouvaient baisser les taux.
08:59Mais on se rend compte qu'elles subissent encore une chose
09:02et que les matières premières contrôlent encore les banques centrales.
09:05Donc, il y a encore un peu de souveraineté
09:07au-dessus des banques centrales liées au cours des matières premières.
09:10Mais pour revenir à cette histoire de hausse des taux qui est anticipée,
09:14si il y a une hausse des taux, il y aurait une baisse des valorisations.
09:15C'est mathématique.
09:16Donc, les valeurs de croissance, donc les valeurs tech.
09:18Tout ça, ça ne veut pas dire que c'est plus intéressant.
09:20C'est toujours aussi intéressant.
09:22Mais ça va peut-être redevenir abordable ou moins cher.
09:25Quoi qu'il en soit, on est quand même dans une rotation sectorielle.
09:28Pardon, Félix.
09:29Les valeurs tech, vous dites, n'en sortiront pas indemne, de toute façon.
09:32D'un point de vue...
09:33Ce qui sera un bon prétexte pour dégonfler la bulle, au passage.
09:37Oui, voilà.
09:38Alors, ça, pour le coup, c'est excellent.
09:39Parce que si c'est un choc d'oeuf qui permet de la dégonfler,
09:41pour une question énergétique, à la limite,
09:43il y aura peut-être un peu de friction sur le data center
09:46qui est très énergivore.
09:48C'est déjà un peu dans les cours.
09:50Si vous regardez l'évolution du Nasdaq
09:52ou l'évolution des valeurs de luxe à Paris
09:55et qui font des parcours...
09:57Il me semble que l'LVMH doit être l'une des plus fortes baisses
09:59du CAC 40 depuis le début de l'année.
10:01Il y aura des cours à faire.
10:03Je suis tout à fait d'accord avec Christian sur Total Energy.
10:06J'ajouterais que les majors pétrolières
10:08en France ou en Europe ou aux États-Unis,
10:11en fait, ce qu'il ne faut pas négliger,
10:12en plus de la hausse du prix du baril,
10:14c'est que dans une période où 30% du trafic mondial de pétrole est perturbé,
10:18elles ont un pricing power.
10:20Si elles disent « Demain, nous, on vend 2,70 à la pompe »,
10:24on n'a pas le choix.
10:25On ne fera pas de notre pétrole dans notre garage nous-mêmes.
10:27Donc, à court terme, c'est un trade peut-être intéressant.
10:31Peut-être, comme le disait Christian,
10:33c'est à légeux, je ne sais pas, mais acheter sur repli,
10:35parce que là, c'était 80 hier, 78 ce matin.
10:37Si vous voulez, entre guillemets, profiter du désordre logistique,
10:41qui n'est pas encore résolu, là, c'est beaucoup plus court terme,
10:43vous avez les transporteurs, vous avez les GTT, par exemple,
10:45vous avez les Technip Energy.
10:47Et puis, s'il y a vraiment une remontée des taux,
10:50là, c'est le secteur bancaire qui va en profiter.
10:53Je n'ai pas l'habitude de faire les louanges du secteur bancaire,
10:57mais BNP, Société Générale, Crédit Agricole, SA,
11:01profiterait mécaniquement d'une remontée des taux,
11:03puisqu'elles auraient augmenté leur marge d'intérêt,
11:05leurs produits nets bancaires, mathématiquement.
11:07Christian ?
11:08Oui, effectivement, Félix vient de dire faire son marché.
11:11Effectivement, on peut commencer à se poser la question
11:13de faire son marché lorsqu'on regarde l'évolution des grands indices
11:16depuis le début de l'année, elle est trompeuse,
11:17parce qu'on est autour de moins 4, moins 5,
11:19a priori, des deux côtés de l'Atlantique.
11:21Wall Street, on est à moins 8, oui, c'est ça, à peu près.
11:23Alors, par contre, il y a des très belles valeurs,
11:27Safran, BNP, Schneider, etc.,
11:29où les baisses sont plutôt entre moins 10 et moins 20.
11:32Safran, ça doit frôler sur un mois les moins 20%.
11:35Donc là, on peut commencer à se poser la question
11:37est-ce que ce n'est pas le moment d'y revenir ?
11:39En tout cas, c'est plus intéressant au cours actuel qu'il y a un mois.
11:42Donc, commencez à faire son marché,
11:43commencez à regarder les belles valeurs
11:45que vous n'avez pas en portefeuille,
11:48ça peut être intéressant.
11:49Si vous n'avez que des valeurs de croissance,
11:51c'est peut-être le moment de se positionner
11:52sur des valeurs cycliques qui sont un petit peu,
11:55je pense à Saint-Gobain, par exemple,
11:57un tout petit peu matraquées en ce moment.
11:58Si vous n'avez pas de bancaire,
12:00pourquoi pas commencer à se construire
12:01une petite ligne de BNP ?
12:03Encore une fois, vraiment,
12:04il faut bien penser la phrase de Warren Buffett.
12:08Est-ce que c'est aujourd'hui qu'il faut acheter ?
12:09Est-ce que c'est demain ou est-ce que c'est dans un mois ?
12:11Et Warren Buffett répondait toujours,
12:12mais ça dépend de votre situation personnelle.
12:14J'aurais tendance à dire,
12:15ça dépend de ce que vous avez déjà en portefeuille.
12:16Mais commencer à faire son marché,
12:18ça peut être une bonne stratégie.
12:21Félix ?
12:22Notamment sur Schneider Electric.
12:24Là, je notais religieusement
12:26ce que nous disait Christian.
12:28C'est une valeur qui,
12:29vraiment à une épingle,
12:31à tirer du jeu de l'IA,
12:33mais vraiment très importante,
12:34avec une forte croissance,
12:35notamment dans les interconnexions
12:37système électrique des data centers.
12:39Elle va être assez discrète
12:40dans un contexte de taux qui remontent
12:42ou en tout cas de marché qui corrigent.
12:44Et ça sera, justement,
12:45sur son repli,
12:46l'occasion d'acheter,
12:47pour moi,
12:47une des plus belles valeurs françaises
12:50qui a un potentiel de croissance
12:53pas infini,
12:54mais très important jusqu'à 2030
12:55tant qu'on continue
12:57à construire l'infrastructure
12:59autour de l'IA.
12:59Il est temps de faire son marché.
13:00Je voudrais avoir votre avis
13:01sur l'état du marché obligataire.
13:03Vous voyez,
13:03le 10 ans français,
13:04on s'est étendu,
13:05là,
13:05on est tombé aux alentours
13:06des 3,72,
13:073,73.
13:08On n'est pas,
13:08on était à 3,86.
13:10C'est une semaine,
13:11ce qui était,
13:11alors,
13:12niveau le plus élevé
13:12depuis juin 2009,
13:14qui n'est pas anodin.
13:14Vous êtes à cheval
13:15entre la crise des suprimes,
13:16c'est le début,
13:17le commencement,
13:17les prémices de la crise
13:18de la dette souveraine
13:19en zone euro.
13:20Ça vous inquiète ou pas,
13:21Christian ?
13:22On voit bien
13:22que la stratégie anglo-saxonne,
13:24puisque français,
13:25historiquement,
13:26la moitié d'action
13:27et puis la moitié d'obligation,
13:28en fait,
13:29ne fonctionne pas trop
13:30en ce moment.
13:30Si vous voulez,
13:31le coussin amortisseur
13:31ne fonctionne pas.
13:32Nous, au revenu,
13:33on a plutôt tendance
13:34à conseiller,
13:35dans la situation actuelle,
13:36en fait,
13:36de toujours jouer
13:37le coussin obligataire
13:39via l'assurance-vie en euro.
13:40On a, en France,
13:41un outil exceptionnel.
13:42Alors, je sais bien
13:43qu'il y a l'assurance-vie en euro,
13:44c'est en fait
13:45qui vous permet
13:45d'être investi
13:46sur les marchés obligataires
13:47tout en profitant
13:47d'une garantie
13:49sur le capital.
13:50Ça, c'est essentiel
13:50parce que lorsque les taux
13:51augmentent,
13:52la valeur des obligations
13:53baisse
13:54et donc,
13:55si vous en avez en portefeuille,
13:56vous perdez de la valeur.
13:57En France,
13:57il est très difficile
13:58pour les particuliers,
13:59voire quasiment impossible
14:00d'investir dans des obligations
14:01en direct.
14:01Ce n'est pas le cas à l'étranger,
14:02mais en France,
14:03c'est le cas.
14:03Et donc,
14:04le conseil du revenu,
14:05c'est de jouer les obliques
14:06plutôt via
14:09l'assurance-vie en euro.
14:10Et là,
14:11vous profitez plutôt
14:11d'une conjoncture favorable
14:13puisqu'en fait,
14:14aujourd'hui,
14:15les assureurs collectent beaucoup
14:16et ils placent
14:17à des taux
14:18autour de 3, 5, 4 %.
14:19Et donc,
14:20il y a un effet relutif.
14:22En fait,
14:22ça augmente
14:25la température moyenne du bain,
14:27c'est-à-dire en fait
14:27le rendement moyen
14:28du portefeuille.
14:29Donc, il faut regarder.
14:30Oui, Félix, là-dessus.
14:31Un grand fan de l'assurance-vie,
14:32mais il faut bien reconnaître
14:34ce qui est mathématique.
14:35Oui, si aujourd'hui,
14:36vous pouvez placer
14:37de la trésorerie
14:39dans des fonds euros,
14:40alors la garantie du capital,
14:41je n'y crois pas forcément,
14:42mais pour construire
14:44une poche
14:44éventuellement de distribution,
14:46c'est sûr qu'à 3,5, 4 %,
14:48c'est plus intéressant
14:49qu'il y a deux ans.
14:50Ce qu'il faudra voir,
14:51c'est quelle sera
14:51la capacité
14:52de ces assureurs-vie
14:54à verser toujours
14:55ces intérêts-là
14:57quand,
14:58dans 3, 4, 5 ans,
14:59les taux recommenceront à verser.
15:01Parce que,
15:01je reviens à ce qu'on disait
15:02tout à l'heure,
15:03au final,
15:03quand les banques centrales
15:05ne subissent plus
15:06les matières premières,
15:06elles se remettent
15:07à piloter l'économie
15:08en baissant les taux.
15:09C'est la seule manière.
15:10Il ne faut pas faire peur
15:10aux Français
15:11sur l'assurance-vie en euros.
15:13Il ne faut pas faire peur
15:13aux Français
15:14sur l'assurance-vie en euros.
15:14L'assurance-vie en euros,
15:15elle est solide.
15:17Elle a déjà connu
15:17des périodes
15:18de remontée des taux
15:20significatives.
15:20les réserves sont importantes.
15:23Il y a une garantie contractuelle
15:25assureur par assureur.
15:26Je suis d'accord
15:27qu'en cas de crise systémique,
15:28on pourrait en reparler.
15:29Mais en tout cas,
15:30l'assurance-vie
15:31est un placement solide
15:32et c'est une façon
15:33astucieuse
15:33de jouer le coussin
15:35obligataire
15:35plutôt que d'investir
15:37dans des obligations
15:37en direct
15:38ou via des fonds obligataires.
15:40Le coussin amortisseur.
15:41Il nous reste 45 secondes
15:42sur l'or.
15:43Je voulais vous poser une question.
15:44Est-ce qu'on y retourne déjà ?
15:45Est-ce que vous croyez
15:45la nouvelle remontée ?
15:47L'or a toujours fait rêver
15:50et fait encore rêver
15:51depuis la nuit des temps.
15:54C'est sans doute préférable
15:56de se constituer
15:57un coussin amortisseur
15:58sur l'or aujourd'hui
15:59que par rapport
15:59à il y a un mois
16:00comme le cours a déjà bien.
16:02Si vous êtes très inquiet
16:03pour l'avenir,
16:04pourquoi pas ?
16:05Mais plutôt
16:05à travers de l'or physique,
16:08des pièces,
16:09des lingots,
16:10des lingotins.
16:11Pourquoi ?
16:11Parce qu'en fait,
16:12lorsque vous allez
16:12sur de l'or papier,
16:13il y a toujours
16:14un problème de contrepartie
16:15et en cas de crise systémique,
16:18je dirais,
16:19il peut y avoir
16:21un défaut.
16:22Donc effectivement,
16:23à hauteur de 5 à 10 %
16:24de vos placements,
16:25pourquoi pas un peu d'or physique.
16:264 569,
16:28l'once d'or aujourd'hui,
16:29Félix.
16:30Oui,
16:31mais moi,
16:31je continue à en acheter
16:33tout le monde.
16:33Je ne me pose pas la question
16:34parce que j'estime
16:36que le cours de l'or
16:37dépend du niveau des taux réels.
16:40C'est-à-dire
16:40les taux d'intérêt
16:40moins le taux d'inflation.
16:42Comme le taux d'inflation
16:43va avoir tendance
16:44à augmenter,
16:44même si les taux remontent,
16:45je pense que même
16:46en taux réels,
16:47on va continuer
16:48à rester assez faible
16:49voire négatif
16:50et l'or a toujours
16:51augmenté pour ça.
16:52Ce n'est plus vraiment
16:53un...
16:54L'or monte pendant les crises,
16:55ce n'est plus vraiment ça.
16:56Il monte quand
16:57les taux réels
16:58sont faibles ou négatifs.
16:59Et bien voilà
16:59pour nos conseils du jour.
17:00Il est temps de faire son marché
17:01en quelque sorte,
17:02de regarder d'un peu plus près
17:03ce qui se passe
17:04à l'aune de ces chiffres
17:05de l'inflation.
17:06Je vous rappelle donc
17:06alors l'Italie,
17:07pareil,
17:07on est à 1,7 en mars
17:08sur un an
17:09comme en France
17:09et puis au niveau
17:10de la zone euro
17:10donc 2,5%
17:12datant tout le détail
17:13des chiffres
17:13pays par pays
17:14de la zone euro
17:15qu'on va vous donner
17:15bien sûr d'ici midi
17:17sur BFM Business.
17:18Merci messieurs
17:19d'être passés.
17:20Christian Fontaine,
17:20directeur de la rédaction
17:21du magazine Le Revenu,
17:22Félix Baron,
17:23fondateur du Club
17:24des Investisseurs Indépendants.
17:25Merci messieurs.
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