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  • il y a 1 jour
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:05Bonsoir à tous, un mois de guerre, 30e jour de guerre, on continue d'évoquer bien évidemment tous les paramètres
00:10de ce conflit au Moyen-Orient.
00:11Bonsoir Olivier Truchot.
00:12Bonsoir Alain, bonsoir à tous.
00:14Et c'est vrai que c'est rythmé à la fois par les bombardements et les déclarations de Donald Trump
00:18qui sont quasiment quotidiennes,
00:19parfois que l'on a du mal à suivre, mais qui continuent de peser dans les négociations.
00:24C'est ce qu'il dit avec l'Iran, visiblement les Américains ont trouvé des interlocuteurs et il les menace
00:30de tout faire exploser
00:31ou de prendre par la force l'île de Cargue si jamais il ne se plie pas aux exigences.
00:36Donc on va poser tous les paramètres en commençant par aller à Washington, tout de suite retrouver Axel Meunier en
00:42direct pour BFM TV.
00:44Ensuite nous retrouverons nos correspondants, nos envoyés spéciaux à la fois à Téhéran, dans les pays du Golfe, nous serons
00:49aussi en Israël et au Liban.
00:51Mais Axel, c'est vrai que cette actualité militaire, ce conflit, il est rythmé par les déclarations quasiment quotidiennes de
00:57Donald Trump
00:57et cette fois-ci c'est une nouvelle menace d'anéantir l'île de Cargue, de faire tout exploser.
01:05Oui effectivement, Donald Trump pose deux conditions.
01:08D'abord il faut que l'accord soit conclu très rapidement entre les Etats-Unis et l'Iran
01:13et ensuite que le détroit d'Hormuz soit, je cite, immédiatement débloqué.
01:17Faute de quoi effectivement, il menace l'Iran de frapper les centrales électriques, les stations de dessalement, l'île de
01:25Cargue et les puits de pétrole.
01:26Alors cela pose plusieurs problèmes.
01:28D'abord il pourrait s'agir de crimes de guerre dans la mesure où ça vise des installations civiles.
01:33Et puis le deuxième problème c'est qu'il y a un risque d'accentuer ainsi la crise économique et
01:38pétrolière mondiale.
01:40Donald Trump le sait, surtout que le baril de pétrole a augmenté, qu'on a dépassé désormais 34% d
01:47'augmentation du prix à la pompe
01:49et que les Américains sont de plus en plus dubitatifs face à ce conflit et notamment face à une expansion
01:55terrestre.
01:56Bref, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte et Donald Trump lui-même souffle le chaud et
02:01le froid en parlant de discussions sérieuses.
02:04Il dit même que l'Iran pourrait avoir accepté presque les 15 points du plan détaillé qui avait été envoyé
02:10par les Etats-Unis à Téhéran via le Pakistan.
02:14Bref, on ne sait plus trop à quel sein se vouer.
02:15C'est compliqué d'avoir une vision très claire à la fois de la stratégie et de la volonté de
02:20Donald Trump.
02:21Il y aura tout à l'heure ici dans la salle de presse de la Maison Blanche une conférence de
02:24presse justement de la porte-parole.
02:26Caroline Devitt, elle aura sans doute beaucoup de questions pour essayer d'éclaircir la situation actuelle.
02:32Axel Mouni à Washington pour BFM TV, d'autant que Donald Trump envisage une opération militaire au sol.
02:38C'est ce qu'on va voir maintenant avec Nargis Hadji.
02:40L'objectif, bonsoir Nargis, c'est de mettre la main sur l'uranium enrichi et c'est ce qu'on
02:45peut appeler une mission à haut risque.
02:47Absolument, puisque la mission c'est donc mettre la main sur les près de 440 kg d'uranium enrichi à
02:53près de 60% que posséderait l'Iran de l'uranium protégé, enfoui.
02:58Vous le voyez jusqu'à 200 mètres sous terre. Où serait stocké cet uranium ?
03:02Selon Raphaël Grossi, le directeur de l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, deux sites concentrent l'essentiel
03:09de cet uranium.
03:11D'abord à Ispahan, c'est à 340 km au sud de la capitale Téhéran.
03:17Et enfin à Natanz, juste ici, c'est l'un des sites nucléaires importants en Iran.
03:23A quoi ressemblerait donc cette opération au sol pour s'emparer de cet uranium ?
03:27Eh bien, selon différents experts militaires qui se sont entretenus avec nos confrères du Wall Street Journal,
03:33des équipes des forces militaires américaines devraient donc rejoindre les sites en question
03:37et entrer à l'intérieur pour s'emparer de cet uranium enrichi.
03:41Il serait stocké dans 40 à 50 cylindres des conteneurs métalliques.
03:46Nous avons fait cette infographie pour que vous voyez à quoi cela ressemble,
03:49puisqu'elles ressembleraient à des bouteilles de plongée, c'est ce qu'expliquent nos confrères du Wall Street Journal.
03:54Et pour les protéger des accidents, une fois qu'ils les ont récupérés et qu'ils sont sortis,
03:58ces bouteilles devraient être placées dans des conteneurs spécialisés, des conteneurs de transport.
04:02Cela pourrait remplir plusieurs camions.
04:05Enfin, c'est l'une des hypothèses envisagées, un aérodrome de fortune pourrait être installé
04:09pour ensuite emmener le matériel, le tout très certainement sous le feu des missiles ou encore des drones iraniens.
04:16Une opération donc extrêmement risquée, selon d'anciens officiers, experts et militaires,
04:21toujours à nos confrères du Wall Street Journal.
04:24Toute tentative de s'emparer de l'uranium par la force serait complexe et dangereuse.
04:31Elle figurait parmi les opérations les plus difficiles ordonnées par Donald Trump.
04:35Une opération dangereuse et longue.
04:37Elle pourrait prendre des jours, voire des semaines pour être menée à bien.
04:40Merci Narji Sadi.
04:42Le général Bernard Norlin est avec nous, l'ancien commandant de la Force aérienne de combat.
04:45Bonsoir.
04:46Vous y croyez à cette opération, je reprends le terme de Nargis, risquée, à haut risque,
04:52aller chercher l'uranium dans des tunnels, quasiment à main nue, sous le feu des bombes, des missiles ?
04:58Pas vraiment.
04:59Non.
05:00Franchement, pas vraiment.
05:01Bon, vous savez, dans la vie, rien n'est impossible, bien sûr.
05:04Tout peut arriver, mais bon, c'est tellement une opération qui est lourde en termes de logistique opérationnelle d'une
05:14façon générale,
05:15tellement risquée que, d'abord, il y a le problème de la localisation.
05:19On dit que Grossi dit qu'il est dans deux sites, mais on n'en est pas sûr.
05:22On ne sait pas.
05:23Ils ont peut-être déplacé.
05:24Ils ne sont quand même pas idiots, les Iraniens, ils l'ont montré.
05:26Ils ont peut-être disséminé encore plus ces cylindres d'uranium en Russie.
05:32Donc, c'est la localisation.
05:34Ensuite, même s'il n'y a que deux sites, il faut sécuriser deux sites pendant un temps long,
05:41sur une superficie, une surface quand même très large.
05:45Et donc, il est évident que les Iraniens ne vont pas laisser faire.
05:50Ils se doutent bien que c'est annoncé depuis si longtemps que,
05:54bon, ils ont dû certainement prendre pris leurs précautions pour parer ce genre d'attaque.
05:58Donc, franchement, ça me paraît complètement invraisemblable,
06:04mais je vous dis, rien n'est impossible dans la vie.
06:06– Dans cette guerre, Christian Proutot est avec nous également,
06:09le fondateur et le premier commandant du GGN.
06:11Bonsoir, Christian.
06:12– Bonsoir.
06:12– Il faut combien d'hommes et de femmes pour réaliser une telle opération, selon vous ?
06:16– À mon avis, il en faudrait tellement que ça me paraît impossible,
06:22pour une raison simple, c'est que…
06:23– Ah, ils ont les commandos, ils ont les CIL, ils ont les Delta Force, etc.
06:27– Bien sûr, CIL, c'est Delta Force.
06:28La Delta, je la connais d'autant mieux que les premiers cadres de Delta
06:31ont été formés au GGN, que je connais bien Becouy,
06:35le colonel Becouy, ce qui avait fait l'opération Eagle Crow,
06:38qui a été un véritable désastre, qui ressemble un peu dans le montage à ça.
06:42– Rappelez-nous cette opération.
06:44– Alors, Eagle Crow, c'était une opération faite pour,
06:47ce qu'on dit dans notre jargon,
06:48ont exfiltré les otages qui étaient à l'ambassade de Téhéran.
06:53– En 79, oui.
06:54– Oui, en 79, la prise otage.
06:57– 80.
06:57– Et l'opération en avril 80.
07:0080, c'est une opération à l'américaine montée avec moult systèmes,
07:07et comme tout ce qui est compliqué, il y a toujours, et c'est le cas de le dire,
07:11un grain de sable qui se met dans le système,
07:13c'est-à-dire qu'il y a eu une tempête de sable.
07:15Ils n'avaient pas les filtres qui allaient bien, comme on dit chez les militaires.
07:19Moralité, sur les 8 hélicoptères prévus pour l'évacuation,
07:25il y en a eu qu'il y en avait deux qui ne pouvaient plus décoller,
07:29parce que les turbines étaient pleines de sable.
07:32– Depuis, les moyens ont évolué, les troupes ont évolué,
07:35les moyens de renseignement aussi.
07:37– Est-on sûr des sites qui abritent cet uranium ?
07:41– Alors, un, est-on sûr des sites ?
07:44Quand on monte une opération, il faut savoir ce qu'on fait, où on le fait,
07:46vous avez tout à fait raison.
07:48Mais ce n'est pas la seule chose, c'est que quand vous annoncez à l'avance
07:51ce que vous allez faire, moi je veux bien qu'on prenne les Iraniens pour des idiots,
07:55mais ça fait je ne sais pas combien de temps qu'ils se doutent
07:57que le seul objectif qu'a Trump, c'est justement d'aller chercher l'uranium.
08:04Et dans un pays dont vous n'avez pas le contrôle.
08:10Et déjà dans Eagle Crow, ils avaient prévu deux jours,
08:13ce qui me paraissait déjà à l'époque énorme.
08:15J'en ai parlé à Becquist qui a démissionné après cet échec quelques mois après.
08:21Et il a démissionné parce qu'on lui avait imposé un mot d'opératoire.
08:24Et ce qui fait que, en plus, tenez-vous bien,
08:27avec ce qu'on appelait déjà à l'époque une aide à la décision.
08:31Donc c'est contrairement à ce qu'on dit, ce n'est pas Carter qui a pris les décisions,
08:34c'est une bécane qui a dit en dessous de six hélicoptères,
08:38de sept hélicoptères on ne fait pas l'opération.
08:40On n'a même pas demandé à Becquist.
08:41– Peut-être que là, le jour où ils lancent l'opération,
08:44c'est qu'ils ont les renseignements nécessaires, toutes les décisions.
08:48– Non, je voulais juste répondre d'une manière précise à ce que vous disiez,
08:51ça a changé, mais pas du tout.
08:52Quand on met des hommes au sol, ça ne change pas.
08:55C'est le même type d'arme et d'eau, si vous n'avez pas l'endroit où il faut…
08:59– Donc on n'est pas à l'abri d'un fiasco ?
09:00– Non, moi j'ai aidé les Saoudiens à monter l'opération libération de la Grande Mosquée.
09:07Si vous n'avez pas la surprise, vous faites quoi ?
09:09On vous attend.
09:10– Mais là, il n'y aura pas la surprise forcément.
09:12– Alors, on va aller à Téhéran, retrouver Siyavosh Ghazi en direct pour BFM TV.
09:16Siyavosh, qu'elle est là ? Que dit-on à Téhéran après ces menaces du président des États-Unis ?
09:23– Écoutez, la réponse est venue du chef de la force Roth des gardiens de la Révolution,
09:28le général Rahani, qui a publié un tweet.
09:31Il a affirmé que désormais, les Américains devaient s'habituer au nouvel ordre régional,
09:38nouvel ordre décidé par Téhéran, mais aussi ses alliés du Hezbollah, du Houssi au Yémen.
09:45Il affirme que dans ce tweet, il affirme qu'il y a désormais un seul centre de commandement de la
09:52résistance
09:53qui est à Téhéran et qui mène différentes opérations.
09:57Et les Américains doivent donc s'habituer à cet nouvel ordre dans la région.
10:03Pas question de céder face aux pressions américaines, pas question de négocier avec les Américains.
10:08Les Américains doivent même quitter toute la région.
10:11L'Iran demande au monarchie arabe du Golfe Persique de fermer les bases américaines dans la région,
10:16des bases américaines qui sont de plus en plus frappées durement par les gardiens de la Révolution.
10:22Le général Moussavi, qui est le chef de la force aérospétiale des gardiens de la Révolution,
10:27a affirmé hier dans un autre tweet que les attaques allaient s'intensifier contre les bases américaines
10:34et les forces américaines dans la région, sur tous les fronts.
10:38Et donc il n'est pas question de céder.
10:40Il faudrait que les Américains quittent totalement cette région.
10:43Ainsi à Vosgesi, en direct de Téhéran pour BFM TV.
10:46Leva Rinelle, expliquez-nous précisément ces 400 kg d'uranium contenus dans des cylindres.
10:52Comment ça se transporte ?
10:54Alors quand les cylindres sont en bon état, c'est quand même un sujet,
10:58ça se transporte avec un convoi assez lourd, mais dans des configurations assez simples.
11:06Vous avez déjà un contrôle de sécurité avec du personnel, des ingénieurs chimistes
11:10qui s'assurent qu'effectivement, quand vous mettez ces cylindres,
11:14ça se fait dans des conditions optimales et sécurisées.
11:17Ça prend du temps, déjà, en temps normal.
11:20On est parfois à quelques heures.
11:22Je rappelle quand même qu'on parle de sites qui ont été bombardés depuis le mois de juin.
11:25Donc j'ai envie de vous dire, excaver ces bonbonnes,
11:29alors qu'on nous a dit que c'était plus accessible,
11:32je ne sais pas si on imagine, ce n'est pas d'abord des forces spéciales qu'il nous faut,
11:36ce sont des gens de BTP.
11:40Des spéléologues à la limite.
11:42À moins qu'elles aient été déjà déplacées.
11:45Oui, mais en fait, la partie américaine nous dit qu'on a bombardé depuis le mois de juin.
11:49Donc on comprend que ce site est inaccessible et c'était l'objectif.
11:52Très bien, mais si c'est inaccessible pour les Iraniens,
11:54il n'y a pas un code secret de pierre pour que les Américains et les Israéliens puissent y rentrer.
11:59Donc déjà, on a un problème d'accès.
12:01Donc ça veut dire que vous envisagez de rester longtemps.
12:04Donc c'est exposer encore son armée.
12:06Là, pardon, Lovage, je vous interromps,
12:08mais ces images qui ont été prises en juin 2021, c'est le site de Natanz.
12:13Oui, et là, c'est un site en bon état.
12:15Oui, mais ça ne ressemble sans doute plus à ça.
12:19Franchement, avec toutes les bombes qu'ils ont envoyées,
12:21ça ressemble encore à ça, c'est qu'il y a un problème au niveau de la qualité des bombes.
12:24Mais après...
12:25Non, de la profondeur.
12:27Encore une fois, quand on nous dit que c'est inaccessible,
12:31il se peut qu'effectivement ce soit intact, mais encore faut-il y aller.
12:34Et pardon, avant de parler de transport,
12:36je mets au défi quiconque est capable de reconnaître un cylindre
12:39avec de l'uranium enrichi à 3,5, à 20% ou à 60%.
12:43Les Iraniens, je suis persuadée que s'ils avaient laissé encore les bonbonnes,
12:47ils se seraient amusés à mettre des bonbonnes vides,
12:49des bonbonnes avec de l'enrichissement.
12:51Donc le risque, c'est qu'ils viennent avec...
12:53Admettons qu'ils y arrivent.
12:54Très bien.
12:55Avec des bonbonnes, moi, là, vous montrez les bonbonnes,
12:58je suis incapable de vous dire si c'est de l'uranium enrichi à 60%.
13:02Les seuls qui peuvent la tester, c'est l'AEA.
13:04C'est-à-dire que ces bonbonnes, avec quand même une question juridique,
13:07à qui appartiennent cet uranium, on est sur du vol de matériel.
13:12Si et seulement si cet uranium n'a pas été déclaré à l'AEA,
13:15effectivement, on est sur un matériel contesté, mais un vide juridique.
13:19A priori, c'est de l'uranium qui n'a pas été déclaré, c'est ce que dit...
13:21Oui, non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut s'attendre aussi à des 60%
13:26enrichis.
13:27L'AEA, s'ils nous donnent le point, c'est qu'ils savent qu'il existe.
13:30Oui, absolument.
13:31Et donc, du coup, il y a comme une question juridique,
13:33mais on est sur la contre-prolifération, mesure d'exception, passons.
13:36Il n'y a que l'AEA, en fait, qui peut se prononcer pour savoir si, effectivement, ces bonbonnes sont...
13:40Donc, en fait, entre le moment où on nous dit ces sorties et la vérification,
13:44il faudra attendre plusieurs semaines, peut-être quelques mois.
13:46Mais sur l'opération en elle-même, sincèrement, de ce qu'on a vu,
13:51rappelez-vous, vous m'avez interrogé sur les analyses des images,
13:54sur des potentielles extractions, une sortie de la partie iranienne de bonbonnes
14:00quelques jours avant l'opération israélienne du mois de juin,
14:02moi, je pense que, depuis le début de jeudi, on ne sait même pas si ces bonbonnes sont là.
14:07Enfin, ces silas sont là.
14:09– Vous avez peut-être dépassé avant juin.
14:09– Oui, donc, encore une fois, la qualité du renseignement, je n'ai pas en douté.
14:14– On a bien compris que vous n'y croyez pas vraiment.
14:16– Je suis assez sceptique.
14:17– L'autre menace qui est peut-être plus sérieuse, je me tourne vers vous, Marie-Laure Buisson,
14:22c'est la menace que Donald Trump porte souvent,
14:26celle d'anéantir l'île de Karg,
14:28qui est le grand site pétrolier essentiel à l'Iran.
14:32Ça, c'est plus simple, puisqu'il s'agit de bombarder,
14:34si Donald Trump veut détruire ce site.
14:38– Oui, alors, il est clair que là, aujourd'hui,
14:40Donald Trump pousse le thermostat de sa menace à son maximum,
14:43il est en train d'augmenter la pression,
14:46il en a assez, il veut que ça se débloque.
14:48Oui, en effet, il pourrait détruire le terminal de l'île de Karg.
14:51Le problème, c'est qu'une fois que c'est détruit, qu'est-ce qu'on fait ?
14:53– Les gens ont coupé quand même toutes les ressources iraniennes,
14:56c'est vrai, mais on peut fermer le robinet sans avoir à tout détruire.
15:01N'oubliez pas que Donald Trump est avant tout un homme d'affaires,
15:04et que depuis toujours, à travers ses deux mandats,
15:08ce qu'il a cherché à faire, c'est à mettre la main sur le pétrole,
15:11enfin, faire en sorte que les endroits où il opérait,
15:15notamment le Venezuela, ne soient pas complètement neutralisés,
15:18et que le pétrole puisse continuer à couler.
15:20Donc, il peut fermer, en effet, le robinet du pétrole à Karg,
15:26mais en revanche, tout bombarder, ce serait une bêtise,
15:28parce qu'ensuite, ça mettrait des dizaines d'années à être construit.
15:31– Il peut prendre possession de l'île.
15:32– Il peut prendre possession de l'île, mais c'est compliqué.
15:35L'île de Karg, elle est toute en falaise,
15:37il faut 5 litres d'eau par GI, par jour et par personne à rabatailler,
15:43parce que c'est bien gentil de parler d'un débarquement,
15:46mais il faut penser à la logistique derrière, la logistique, c'est fondamental.
15:51Une fois que vous avez fait débarquer des hommes sur l'île de Karg,
15:54ensuite, ils sont comme des canards qui sont prêts à être pris dans le feu,
15:58des Iraniens qui, de l'autre côté, vont jouer au tir au pigeon,
16:01c'est exactement ce qui va se passer.
16:03Donc, en fait, où est la logistique ?
16:05Est-ce que tout ceci est bien préparé ?
16:07Je ne sais pas du tout, personne ne sait.
16:09Oui, en effet, ils peuvent débarquer sur l'île de Karg.
16:11C'est une possibilité.
16:13Maintenant, tout casser, ce serait une catastrophe,
16:16puisqu'ensuite, le site serait inopérant pour des années et des années.
16:20– Ulysse Gosset, néanmoins, ils sont optimistes aux États-Unis.
16:24Marco Rubio, le patron de la diplomatie américaine, le secrétaire d'État,
16:29dit qu'on a, au sein du régime iranien,
16:33trouvé des gens qui sont prêts à discuter.
16:37Il assure qu'il y a des fractures au sein de la direction iranienne
16:40et que ces fractures au sein du leadership iranien
16:43pourraient profiter aux Américains dans une négociation.
16:45De quoi parle-t-il ?
16:47– D'un mot, je dirais que les Américains soufflent le chaud et le froid.
16:50On l'a vu avec Trump très clairement.
16:52Il dit, les progrès sont importants dans les négociations
16:56et on va aboutir à un accord très vite.
16:58Et puis, il ajoute dans la deuxième partie de son message,
17:01si ce n'est pas le cas, alors je vais anéantir.
17:03Il ne parle pas du transfert des 440 kilos d'uranium enrichi.
17:08Il dit, je vais anéantir l'île de Cargue,
17:10c'est-à-dire c'est bombarder l'île et détruire ce centre d'exportation du pétrole
17:15puisque c'est là qu'arrivent les pipelines des puits de pétrole.
17:19Donc, il menace de détruire Cargue et de détruire,
17:21c'est le plus important,
17:23toutes les installations électriques et les usines électriques du pays.
17:27Donc, c'est vraiment semer le chaos.
17:31Du côté du ministre des Affaires d'Étrangers, Marco Rubio,
17:34il a annoncé qu'il y aurait, ainsi que Steve Whitcoff, l'envoyé spécial,
17:38des rencontres cette semaine,
17:40probablement à Islamabad, entre les deux parties.
17:43Alors, qui va aller à Islamabad ?
17:45Est-ce que ce sont les plus hauts dignitaires iraniens
17:47et des grands négociateurs américains,
17:50comme le vice-président, comme Marco Rubio ou comme Steve Whitcoff ?
17:53Ou bien est-ce que c'est des équipes préliminaires pour préparer une vraie négociation ?
17:57On ne le sait pas.
17:57Mais clairement, on est dans une semaine assez critique
18:00parce que Trump, ce matin, quand on l'a interrogé sur deux faits importants,
18:04d'abord Haïfa, où une centrale, enfin une raffinerie a été à nouveau touchée.
18:11Haïfa, c'est la troisième ville industrielle d'Israël.
18:13Et puis, deuxième chose, une usine de dessanisation d'eau a été touchée au Koweït.
18:18Et on le dit, alors qu'est-ce que vous allez faire pour répondre ?
18:20C'est le président de la chambre des représentants qui l'avait interrogée.
18:24Il a dit, vous allez voir, ça va venir très vite.
18:26Donc, on voit qu'il y a une pression très forte des Américains
18:30et que les Iraniens, eux, ont commencé à donner des signes de dialogue.
18:34Mais rien n'est fait, en réalité, très concrètement.
18:37Donc, on est dans une sorte de flou, de confusion, de messages contradictoires
18:41qui ouvrent la porte à toutes les hypothèses.
18:43Et les frappes se multiplient.
18:44Et alors que les attaques se multiplient.
18:47On va continuer d'en parler aussi avec vous, Maya Akadra, enseignante et journaliste spécialisée du Moyen-Orient.
18:51Du Moyen-Orient, on va retrouver nos envoyés spéciaux aussi du côté de Haïfa en Israël,
18:56du côté du Liban, avec les frappes qui continuent sur Bérou.
19:00Bref, à tout de suite.
19:03On va continuer d'examiner, bien évidemment, la situation au Moyen-Orient
19:07avec ces nouvelles menaces de Donald Trump.
19:09Il veut anéantir l'île de Cargue si jamais les Iraniens ne répondent pas à ces sollicitations,
19:16à ces négociations.
19:18Avant d'aller justement à Bérou, d'aller en Israël, de retrouver l'analyse de nos experts,
19:22un mot quand même sur ce qui est peut-être lié à la situation au Moyen-Orient.
19:27Avez-vous Paul Conge du service Polyjustice de BFM TV ?
19:29C'est cette tentative d'attentat devant les locaux de la Bank of America.
19:33Durant le week-end, il y a eu de nouvelles interpellations.
19:35Oui, absolument.
19:36Selon nos dernières informations, deux nouveaux suspects ont été arrêtés aujourd'hui,
19:40ce qui porte donc à cinq, le nombre de personnes qui sont interpellées dans cette affaire.
19:44On ne sait pas grand-chose encore de ces nouveaux suspects,
19:45mais on sait en tout cas qu'il y a les deux qui avaient été surpris devant la Bank of
19:49America
19:50dans la nuit du 28 mars.
19:51Il y a ce suspect qui allait mettre le feu à l'engin explosif devant la banque.
19:56Et puis il y a ce deuxième suspect qui avait pris la fuite.
19:58Il allait normalement filmer la scène avec un téléphone portable.
20:01Ce sont deux mineurs.
20:03L'un d'eux est connu pour des faits de délinquance de droit commun.
20:06Pour les autres, on attend encore quelques informations sur leur profil.
20:08Banque qui avait reçu des menaces ?
20:10Oui, absolument.
20:11Ce qu'on a pu effectivement déterminer ce matin,
20:13c'est que des menaces très explicites avaient déjà visé la Bank of America
20:17de la rue de la Bouhessi à Paris.
20:18Parce qu'en fait, on la voit apparaître dans une vidéo publiée le 21 mars dernier
20:22sur une chaîne Telegram par un mystérieux groupuscule pro-iranien
20:26qui se fait appeler les compagnons de la droiture,
20:28Achab Al-Yamin, sur une vidéo.
20:30Donc on voit à l'image, sur Google Maps d'abord,
20:33un zoom sur Paris, puis sur cette banque,
20:35puis cette cible qui désigne directement la banque
20:37comme étant une potentielle future cible d'actes terroristes
20:41avec un message en arabe qui l'accompagnait,
20:42qui disait, partez avant qu'il ne soit trop tard,
20:44dernier abattissement, quittez la banque immédiatement.
20:47La banque était désignée comme étant au service des intérêts israéliens.
20:52Donc c'est aussi ce qui amène aujourd'hui les enquêteurs
20:54à se poser la question d'une éventuelle implication iranienne dans cette action.
20:57Merci Paul Conch du service Polyjustice de BFM TV.
21:00Maya Kadra, avec vous, revenons sur ce qu'a dit Marco Rubio,
21:02le secrétaire d'État américain,
21:04qui estime qu'il est plutôt optimiste pour les négociations.
21:06Alors au même moment, le président menace de frapper
21:10et d'anéantir le site pétrolier de Carg.
21:13Il y a Marco Rubio qui dit, on avance dans les négociations,
21:15d'autant plus qu'il y aurait des fissures au sein de la direction iranienne,
21:19il y aurait des éléments qui seraient prêts à discuter.
21:23Alors de quoi s'agit-il ?
21:24Alors ces divisions au sein même du corps des gardiens de la révolution
21:28ont commencé à se pressentir bien avant cette guerre,
21:30à partir de la guerre des 12 jours,
21:32et même je dirais à partir de la guerre qui a opposé le Hezbollah et Israël,
21:37parce qu'on a tous entendu parler de cette fameuse taupe iranienne
21:41qui aurait balancé le secrétaire général,
21:43l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
21:46L'infiltration impressionnante du corps des gardiens de la révolution aussi,
21:52que ce soit de la part du Mossad ou bien de la CIA,
21:55donc du renseignement,
21:57montre aussi que l'Iran n'est pas un pays qui est souverain
22:00en termes de souveraineté ou bien des informations
22:07qui entourent les gardiens de la révolution,
22:09les institutions, la position du guide suprême aussi.
22:13Donc tous ces éléments nous montrent que déjà le terrain est préparé
22:17au niveau du renseignement et que déjà Donald Trump a des interlocuteurs.
22:21Est-ce qu'on peut imaginer une révolution de palais en quelque sorte ?
22:24C'est-à-dire qu'une partie de ces gardiens de la révolution se retournent
22:27et pour sauver leur peau décident finalement de faire allégeance au président américain ?
22:32Il y a un paramètre très important qui régit le fonctionnement de cet appareil-là,
22:37qui est le gardien de la révolution, c'est le clientélisme.
22:39Ils tiennent en amadouant un peu le peuple iranien,
22:42ils ont mis en place tout un système d'économie qui se base sur la corruption
22:47et donc pour protéger peut-être leurs intérêts et leurs acquis,
22:52ils pourraient à un moment donné craquer, faire défection
22:55et dialoguer avec Donald Trump.
22:57Et il y a déjà des relais, il y a déjà de la communication qui se passe
23:00entre l'administration américaine et de potentiels dissidents de ce régime.
23:04Est-ce qu'on peut parler d'un changement de régime ?
23:07Parce que Donald Trump, un peu péremptoire, dit ça y est,
23:09on est en train d'obtenir un changement de régime.
23:11Mais lui, Trump considère qu'il y a déjà eu changement de régime.
23:14Parce que le régime suprême est mort.
23:16Donc ceux qui sont là, c'est les nouveaux d'une certaine manière.
23:19C'est ton fils.
23:19Un peu comme au Venezuela.
23:22Non mais sur les dissensions, on a été marqué par la déclaration
23:25du président iranien, Pézéchian, qui met en avant les risques
23:29pour l'économie iranienne qui pourrait s'effondrer
23:31ou en tout cas connaître de sérieux problèmes dans les trois semaines.
23:34Une façon de dire, il faut absolument négocier.
23:37Donc la ligne, non pas modérée, mais la ligne de ceux qui seraient
23:39favorables à une négociation rapide, donc incarnée par le président.
23:42C'est pas lui qui a le pouvoir, le président iranien.
23:44Il est président et il n'a pas le pouvoir.
23:47Celui qui a le pouvoir aujourd'hui, c'est le président du Parlement
23:50qui incarne aujourd'hui la structure la plus forte au sein du pays
23:54car il a le soutien des gardiens de la révolution.
23:57Ceux qui ont le pouvoir, ce sont les gardiens.
23:59Et justement, c'est la deuxième composante de ce dont vous parlez.
24:02C'est-à-dire d'un côté le président, une ligne qui voudrait des pourparlers
24:06et les gardiens les plus durs qui, eux, sont convaincus
24:08qu'il faut aller jusqu'au bout et ne jamais capituler,
24:11et ne jamais négocier.
24:13Il y a un nouveau chef, un nouveau commandant des gardiens de la révolution
24:15qui est peu connu, qui est très discret depuis sa nomination,
24:18mais c'est lui qui est le cadre.
24:22Le commandant en chef du gardien de la révolution, il s'appelle Ahmad Vaiddi.
24:25C'est un monsieur qui est très discret, encore une fois,
24:28qui est certainement sur la liste des Israéliens,
24:31la liste des dirigeants à éliminer.
24:33Donc la question est de savoir qui va l'emporter
24:36et est-ce que ceux qui veulent négocier avec Trump vont pouvoir le faire ?
24:39Parce qu'ils sont sous la pression, d'abord la menace générale du conflit,
24:43qui fait qu'ils sont eux aussi menacés d'une certaine manière.
24:45Mais si en plus, à l'intérieur, il y a des forces qui leur interdisent de le faire,
24:49ça complique un peu les choses.
24:50Donc vous avez raison de signaler ces fissures,
24:52mais qui ne sont pas encore des craquures qui peuvent...
24:55Pas de fracture, c'est peut-être trop fort.
24:56Exactement.
24:57Marie-Laure Buisson ?
24:58En tout cas, celui qui pourrait être le plus à même de céder aux sirènes de Trump,
25:02si je puis dire, ce serait probablement Khali Baff,
25:04cet homme de 64 ans qui est le président du Parlement.
25:07Je rappelle quand même qu'il a été maire de Téhéran de 2005 à 2017
25:10et qu'il a été connu à cette époque pour être particulièrement corrompu.
25:14Il a fait construire des immeubles absolument partout.
25:16Il était un grand taïcoun de l'immobilier de Téhéran,
25:19immeubles qui se sont effondrés, car c'était naturellement de mauvaise qualité,
25:22parce que l'idée était de prendre le plus d'argent possible
25:25en faisant les pires constructions qui soient de moins bonne qualité possible,
25:29mais peu importe.
25:30Ce que je veux dire, c'est qu'il est corrompu, donc corruptible.
25:33Et par ailleurs, il y a toujours eu des liens
25:35entre les gardiens de la Révolution et les États-Unis.
25:38Moi, je n'ai jamais entendu nulle part, personne, dire que, par exemple,
25:41la fille de M. Larijani, Fateme Larijani,
25:44elle était encore professeure à l'université d'Emory à Atlanta,
25:51en Caroline du Nord, jusqu'au 26 janvier dernier, date à laquelle ?
25:54– En Georgie.
25:55– En Georgie, pardon, date à laquelle on lui a révoqué son visa.
25:59Elle était professeure et elle a fait toutes ses études aux États-Unis,
26:02la fille de Larijani, Fateme.
26:05Donc ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas croire que ce soit absolument étanche.
26:10Il y a une porosité entre les gardiens de la Révolution
26:12et la culture américaine et les autorités américaines.
26:17– On va aller au Liban, retrouver Hugo Smag et Aristide Saadna pour BFM TV.
26:23Non, pardon, ils sont en Israël, ils sont à Haïfa,
26:26où la raffinerie a été bombardée, touchée par des frappes.
26:29Hugo ?
26:32– Oui, c'est la raffinerie la plus importante du pays
26:35qui a été ciblée ce matin, a priori, par un missile à fragmentation,
26:40donc à une attaque conjointe avec le Hezbollah
26:42qui a également envoyé une salve d'une dizaine de roquettes sur cette ville de Haïfa.
26:47Un incendie s'est déclaré dans cette raffinerie que vous voyez juste derrière moi.
26:53Et donc tout à l'heure, nous avons pu rencontrer un des pompiers
26:56qui est intervenu sur cet incendie ce matin.
26:59Je vous propose justement de l'écouter.
27:03– Un des missiles a touché un gros conteneur de benzène, un carburant,
27:07et a provoqué un incendie.
27:11– Nous sommes arrivés très rapidement sur les lieux
27:14avec d'importants effectifs et de nombreux pompiers.
27:18Avec l'aide des pompiers présents à l'intérieur de la raffinerie,
27:25après une heure et demie, nous avons pu confirmer
27:28que la situation était maîtrisée, que le feu était éteint
27:31et que le danger était écarté.
27:33– L'incident est donc terminé désormais,
27:37mais on comprend désormais qu'il y a une stratégie aussi
27:40de l'Iran de viser les infrastructures énergétiques d'Israël.
27:43Hier, c'était Bercheba qui avait été visé
27:45avec des entreprises de produits chimiques.
27:48Aujourd'hui, c'est cette raffinerie.
27:49Le 19 mars dernier, cette raffinerie avait déjà également été ciblée.
27:53Et puis depuis ce matin, Aïfa qui subit de nombreuses alarmes.
27:56On en a eu trois déjà depuis que nous sommes arrivés avec des tirs de roquettes
28:00depuis le Liban ainsi que des missiles iraniens.
28:03– Oui, ce qui prouve encore, Ulysse Gosset, c'est la capacité de réplique des Iraniens,
28:09que ce soit via le Liban ou via l'Iran directement.
28:12– Non, pardon Maya.
28:13– Oui, et ces frappes, en fait, ce ne sont pas…
28:17Ce sont des frappes stratégiques dans le sens où ça vise des structures énergétiques,
28:21mais elles ressembleraient plus aussi à des frappes de harcèlement
28:25parce qu'elles sont inefficaces pour le moment.
28:27Il n'y a pas eu vraiment de dégâts considérables,
28:30que ce soit en Israël, que ce soit sur les bases américaines dans les pays du Golfe,
28:35mis à part le petit épisode de l'Awax.
28:38Donc, voilà, toutes ces frappes, c'est vraiment des…
28:42– C'est un petit épisode symbolique quand même.
28:44– Qui est très symbolique, oui, la force, elle est symbolique,
28:47mais ça ne peut pas handicaper ou paraliser pour le moment les capacités américaines.
28:52Ce n'est pas handicapant au moment où, concernant l'Iran,
28:55les frappes ont été plus ou moins handicapées.
28:58– Oui, vous avez parfaitement raison, c'est vrai que si on analyse objectivement
29:02les dégâts qui ont été commis jusqu'à présent,
29:05quand même il y a eu un Awax pour les Américains, c'est quand même très important.
29:09Mais bon, symboliquement, ça met toute la région en alerte,
29:13et c'est ça l'objectif, ce n'est pas tellement d'arriver à…
29:16Bon, alors évidemment, après ça, s'ils s'en prennent systématiquement
29:19aux usines de dessalement, etc.,
29:21donc ça, ça peut avoir un impact vraiment très important.
29:24Mais bon, déjà, le pétrole, ça a quand même un impact important.
29:27– Ça déstabilise totalement le marché.
29:28– Mais ça désorganise le marché.
29:30Donc il y a quand même, même si ces frappes numériquement,
29:34bon, bien qu'elles n'ont pas les résultats peut-être
29:36qui correspondent au nombre de missiles engagés, etc.,
29:39ça a quand même des répercussions et des résonances,
29:43non seulement dans la région, mais dans le monde entier.
29:45Donc c'est ça l'objectif.
29:46– Oui, parce que l'objectif, c'est de pouvoir titrer
29:48la plus grande raffinerie de pétrole israél a été frappée.
29:50Et finalement, les Iraniens, c'est ce qu'ils veulent démontrer,
29:53qu'ils sont encore là et qu'ils sont en capacité de répondre.
29:56Ça veut dire qu'on n'a pas complètement détruit encore l'arsenal.
29:58– Non, non, mais exactement.
29:59Et donc, ça veut dire qu'en plus, ça veut dire qu'ils ont encore des moyens.
30:03On avait tous spéculé sur le fait qu'ils allaient arriver au bout
30:06à l'extinction de leurs francs de missiles.
30:09On avait dit qu'ils ont 2500 missiles,
30:11comme si on savait exactement le nombre de missiles.
30:13Bon, apparemment, ils en ont encore, encore.
30:15– Vous dites que c'est une erreur de la part de Donald Trump
30:17d'annoncer chaque semaine que tout est anéante.
30:19On voit que les Iraniens ont la capacité à encore frapper.
30:22– Je vais être désagréable, ce monsieur est une erreur déjà.
30:24Alors donc, forcément, systématiquement, il faut qu'il en rajoute.
30:30Vous lui tendez un micro, même s'il n'a rien à dire,
30:33il va trouver quelque chose.
30:35Alors, comme la situation évolue selon ce que lui a envie de dire
30:41au moment où il le dit, son environnement tactique est complètement dépassé.
30:47Moi, je connais très bien le système de base du Pentagone
30:52qui organise ces opérations, il s'appelle le JSOC.
30:55Je peux vous dire que le JSOC, ce n'est pas des crétins,
30:59ce n'est pas eux qui...
31:00Donc, ils mettent effectivement en place des schémas
31:05et ils mettent toujours à côté les risques.
31:09Lui, qu'est-ce qu'il retient ?
31:10Il retient une opération d'exfiltration qui a été le Venezuela.
31:16Il retient le bombardement à haute altitude du site.
31:21Et point, pour lui, la guerre, c'est ça.
31:23Et il se dit, ils vont céder.
31:26Or, Lao Tzu a dit, il ne faut jamais sous-estimer son ennemi.
31:32Sauf que lui, ce n'est pas qui c'est, Lao Tzu.
31:34Il y a encore moins son dessous.
31:35Il faut rappeler d'abord que quand il parle tout le temps,
31:37c'est une stratégie de communication.
31:38Il fonctionne à l'ère des réseaux sociaux et des médias en permanence.
31:45Vous avez raison, Ulysse.
31:47Premièrement, et deuxièmement, ce que je trouve très intéressant,
31:49ce que vous dites, c'est sur le fonctionnement du Pentagone.
31:51Il faut rappeler que Trump, lorsqu'il est arrivé dans son deuxième ordre,
31:54il a décapité, il a viré tous les généraux
31:56avec lesquels il n'avait pas une confiance absolue.
31:59Donc, ceux qui sont là, ils font ce qu'il dit, même s'ils sont contre.
32:03Et donc, c'est là le problème.
32:03C'est pour ça qu'on dit que Trump est une erreur.
32:06C'est ce que dit Christian Proutot.
32:08Oui, mais il faut expliquer pourquoi on en est arrivé là.
32:13Et la question, c'est, est-ce qu'aujourd'hui,
32:15compte tenu du fait que la guerre dure depuis maintenant
32:17un tout petit peu plus d'un mois,
32:19est-ce que quelqu'un peut lui faire entendre raison
32:20et l'empêcher, par exemple, de se lancer dans une aventure un peu folle,
32:24comme par exemple la recherche des 440 kilos d'uranium ?
32:28Effectivement, la grande question, une des questions, pardon,
32:31c'est l'attitude des militaires américains.
32:33Et du Pentagone en particulier, parce que, bon, eux, ils ont les pieds sur terre,
32:37même si, c'est vrai, il a décapité une grande partie des états-majors.
32:44Donc, bon, ils ne sont quand même pas des idiots.
32:49Ils savent très bien, ils connaissent quand même très bien
32:52les capacités militaires américaines et les possibilités.
32:56Et comme l'a dit forcément Christian Proutiot, bon, il y a une présentation du risque.
33:00Donc maintenant, la question se pose, est-ce qu'un jour, demain ou après-demain,
33:06les militaires vont pouvoir jouer un rôle dans la stratégie,
33:11ou si on peut appeler ça une stratégie, la politique de Donald Trump ?
33:14Est-ce qu'ils sont capables ?
33:15Parce qu'ils obéissent aux politiques ?
33:17Oui, alors attendez, attendez.
33:17Et que Trump ne supporte pas quand ils résistent.
33:19Attendez, rappelez-vous, rappelez-vous quand même,
33:21premier mandat de Trump, le général américain, je crois que c'était Matisse,
33:25qui avait dit, si Trump veut utiliser la bombe atomique...
33:29On l'en empêchera.
33:30On l'en empêchera.
33:31Donc rappelez-vous ça.
33:33Alors, est-ce que maintenant, les états-majors américains,
33:35le Pentagone, la tête du Pentagone, est capable de ça ?
33:39Ils savent qu'ils doivent leur existence et leur survie professionnelle à Donald Trump,
33:44mais quand même, il y a un moment où quand même,
33:46on peut se poser la question de savoir s'ils n'auront pas la capacité de résister,
33:50et de faire peut-être comprendre des choses à Donald Trump.
33:54Nous avons commencé depuis un peu plus d'une demi-heure, quasiment trois quarts d'heure.
33:59Il y a un pays qu'on n'est pas encore allé voir,
34:01c'est le Liban.
34:02C'est Nicolas Kouadou qui est sur place,
34:03c'est Nicolas avec Théo Touché,
34:05où les frappes continuent.
34:09L'immeuble derrière moi a été visé ce matin,
34:11peu après 10h, vers 10h20, par une frappe israélienne.
34:14Et si vous regardez bien les images de Théo Touché,
34:16on voit que c'est le troisième étage de cet immeuble
34:18qui a été frappé par l'aviation israélienne.
34:21Les dégâts sont certes très impressionnants sur cet immeuble,
34:24puisque sur l'entièreté du bâtiment,
34:26ce troisième étage a été totalement détruit par la frappe.
34:28En revanche, cette frappe est extrêmement ciblée,
34:30parce que le reste de l'immeuble n'a pas du tout été endommagé
34:35par cette frappe.
34:37Alors, qu'est-ce qui a été visé par l'armée israélienne
34:39dans cette frappe qui a eu lieu ce matin ?
34:41Selon une source sécuritaire qui s'est confiée à nos confrères de l'AFP,
34:44il s'agirait de trois responsables du Hezbollah
34:47qui auraient été tués sur le coup.
34:49En revanche, le ministère de la Santé libanais
34:51vient de communiquer un bilan très différent,
34:53puisqu'il nous parle d'un mort et de 17 blessés dans cette frappe.
34:56Pour vous situer un petit peu le quartier, on est à Riab.
34:59C'est un quartier chiite de la banlieue sud de Beyrouth,
35:02à proximité immédiate de Darier, un fief donc du Hezbollah.
35:05C'est un quartier qui est connu pour être très populaire,
35:08pour accueillir notamment beaucoup des réfugiés syriens,
35:10des réfugiés palestiniens également.
35:12Et c'est un quartier, et c'est important de le dire,
35:14qui est tenu d'une main de fer par le Hezbollah.
35:16C'est d'ailleurs l'organisation chiite qui nous a invités
35:20à venir filmer ces dégâts ici, dans ce quartier-là,
35:22parce qu'habituellement, il est impossible pour les médias internationaux
35:26de venir faire des images dans ces zones-ci.
35:28C'est un quartier chiite tenu par le Hezbollah.
35:31Et rien qu'en arrivant, on a pu voir des hommes en armes
35:35qui encadraient le quartier.
35:37Voilà, ça en dit beaucoup de l'ambiance ici, sur place.
35:39Il y a beaucoup de journalistes actuellement,
35:41plus d'une quinzaine de médias,
35:42qui sont ici pour faire des images dans ce quartier sud de Beyrouth,
35:46qui a été frappé ce matin vers 10h20.
35:49Je précise également qu'il y avait eu une alerte
35:52quelques heures avant, deux heures avant la frappe,
35:55finalement, alerte lancée par l'armée israélienne
35:57qui a appelé à évacuer totalement ce quartier.
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