00:00On va revenir sur la situation, sur la crise entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:03Les négociations auront lieu à Oman demain vendredi,
00:06mais l'option militaire n'est pas complètement écartée.
00:07D'ailleurs, il suffit de regarder ce qui se passe dans le Golfe en ce moment.
00:11L'USS Lincoln qui est en plein exercice.
00:13Alors Didier François, est-ce qu'on appelle ça exercice de routine réellement
00:17ou c'est de la préparation à l'attaque ?
00:20On voit le pont du porte-avions.
00:22Alors l'exercice est une préparation à l'attaque.
00:24C'est même le but du jeu, c'est-à-dire qu'on s'entraîne,
00:26en fait c'est ce qu'on appelle le drill dans les armées,
00:29on répète, on répète, on répète.
00:32Parce que quand même, vous voyez là, c'est accéléré.
00:34Enfin, il faut quand même penser que vous allez décoller
00:36sur une piste qui certes, quand vous êtes dessus, peut paraître grande,
00:39mais quand c'est perdu au milieu de l'océan.
00:42Rajoutez à ça les vagues et possiblement un temps pas tellement clément
00:49et que vous devez poser votre avion sans vous rater.
00:53Il n'y a que trois brins à l'arrière du porte-avions
00:56qu'on va attraper avec un petit crochet.
01:00Il y a une catapulte pour les envoyer.
01:01Pour les envoyer, mais pour se poser, c'est vraiment pas un sport de masse.
01:05Donc vous imaginez bien que plus on va répéter l'affaire
01:08et plus on va être efficace.
01:10Puis vous voyez bien que là, pour le coup, c'est fluide,
01:13ça se passe bien, c'est très professionnel.
01:15Donc là aussi, il y a une démonstration à l'adversaire
01:18qui est qu'on sait faire.
01:19On sait faire.
01:20Et d'ailleurs, Donald Trump l'a dit lui-même,
01:22le président américain, le guide suprême, l'ayatollah Roménaï,
01:26devrait se faire beaucoup de soucis.
01:29Je dirais que le guide suprême devrait se faire beaucoup de soucis.
01:32Oui, il devrait.
01:33Comme vous le savez, il négocie avec nous.
01:36Ils envisageaient de lancer un nouveau site nucléaire
01:38dans une autre partie du pays.
01:40Nous l'avons appris et j'ai dit, si vous faites ça,
01:42nous vous ferons subir de très mauvaises choses.
01:45Alors justement, c'est intéressant, c'est la menace,
01:48mais c'est surtout ce qu'il vient de dire.
01:49L'Iran est en train de construire un nouveau site nucléaire.
01:51Emmanuel Galiché, vous qui êtes spécialiste du nucléaire,
01:55enseignante, chercheuse et consultante chez nous,
01:57ça veut dire quoi ?
01:58Ce site nucléaire, effectivement,
01:59est en train d'être construit par les Iraniens ?
02:01Oui, en fait, ils n'ont pas à déclarer leur site
02:04leur construction industrielle.
02:06Les Iraniens, personne ne les oblige.
02:08Et effectivement, déjà en juin,
02:10on avait eu vent de ce...
02:12Je pense que c'est le site de la montagne de la Pioche,
02:16qui est un site encore plus bien nommé,
02:18encore plus enfoui que Fort-Dôme,
02:20et qui a été découvert il y a très peu de temps,
02:23quelques semaines.
02:24Donc malgré les bombardements,
02:25cette guerre de 12 jours,
02:27menée par Israël et l'armée américaine,
02:30les Iraniens n'ont pas abandonné l'idée
02:32d'avoir cette fameuse arme nucléaire.
02:36Alors, arme nucléaire, je n'en sais rien.
02:37Par contre, ils n'ont pas abandonné l'idée
02:39d'avoir des installations
02:40où on enrichit l'uranium de manière autonome.
02:44Et comment les Américains savent que ce site existe ?
02:46Parce qu'en fait, ils ont quand même dit,
02:50les Iraniens ont dit qu'ils étaient en train de construire,
02:52ils ont donné des plans aux Américains,
02:57en disant, là, on est en train de construire
02:58avec des nouvelles centrifugeuses ultra-modernes.
03:00Mais on n'a jamais pu faire un état des lieux réel
03:03de l'impact de la guerre des 12 jours,
03:04savoir ce qui avait été détruit ou pas ?
03:05Non, absolument.
03:06Et on n'a pas...
03:07Ben non, parce qu'il faudrait pour cela
03:08que l'AIEA, les experts de l'AIEA,
03:11l'Agence internationale de l'énergie atomique,
03:13puissent se rendre sur place
03:15les portes ouvertes de toutes les installations
03:18et qu'ils puissent faire un vrai état des lieux,
03:22finalement, de ce qui s'est passé
03:23et de ce qui est en mauvais état.
03:26On a Nicolas Poincaré,
03:28notre envoyé spécial qui est à la frontière
03:30entre l'Irak et l'Iran.
03:32Et Nicolas, si vous êtes en direct avec nous,
03:34c'est parce que vous avez pu obtenir
03:36des vidéos inédites
03:37qui montrent bel et bien
03:39la violence et l'intensité
03:41de la répression en Iran.
03:45Voilà, c'est un récit
03:46et ce sont des images
03:47qui nous ont été envoyées
03:49par un activiste, un commerçant
03:51qui habite dans la petite ville de Bradé,
03:53à l'intérieur de l'Iran,
03:56donc dans la partie Kurde,
03:57à quelques kilomètres d'ici.
03:58Alors, ce qu'il nous a raconté,
04:00tout en nous faisant parvenir
04:01quelques images,
04:02c'est que le 18 janvier
04:05a eu lieu dans cette petite ville
04:06de 4 000 habitants
04:06une première manifestation
04:08qui s'est bien passée.
04:10Et puis le lendemain, le 19,
04:12les choses ont dégénéré.
04:13D'abord des insultes
04:14entre les manifestants
04:15et les forces de l'ordre.
04:16Et puis ensuite,
04:16les forces de l'ordre
04:17ont tiré en l'air
04:18et ensuite,
04:18ils ont tiré sur la foule,
04:21principalement avec des carabines
04:23à plomb
04:23qui ont provoqué
04:24très nombreux blessés,
04:26des petites blessures
04:27avec le plomb,
04:27mais tout de même.
04:28Ensuite,
04:29les blessés ont été conduits
04:30à l'hôpital
04:31et puis les gardiens
04:32de la Révolution
04:32ont tout simplement
04:33enfoncé la porte
04:35du dispensaire
04:36pour essayer de retrouver
04:38les blessés à l'intérieur.
04:40Et ce sont des images
04:40de panique
04:41dans ce dispensaire
04:43que l'on a pu recevoir
04:44et authentifier.
04:46C'est assez impressionnant.
04:47Le bilan pour cette seule ville
04:48et cette seule nuit
04:49de 5 morts
04:51et quelques dizaines
04:52de blessés.
04:54Mais 5 morts,
04:55ça peut paraître peu,
04:56mais ça s'est passé comme ça
04:57à l'échelle
04:57dans tout le pays,
04:59dans tout l'Iran.
05:00Et c'est comme ça
05:01qu'on arrive au bilan
05:02assez terrible
05:03pour ce qui s'est passé
05:04pendant ces 2 jours.
05:05Ces images,
05:06elles n'ont pas pu être envoyées
05:07par Internet
05:08parce que le réseau est coupé.
05:09Ce sont donc principalement
05:11à pied,
05:11à travers la montagne,
05:13que des hommes
05:13sont exprès sortis
05:15pour rejoindre le Kurdistan irakien
05:17ici
05:17et pouvoir les transmettre
05:20et les faire connaître
05:21au monde entier.
05:22Des échanges
05:23que vous avez pu avoir
05:23ou des renseignements
05:25que vous avez pu avoir,
05:25la répression s'est complètement
05:26arrêtée en Iran
05:27là ou pas, Nicolas ?
05:28Et même de ce côté-ci
05:29de la frontière.
05:33Alors,
05:33ce que me raconte
05:34mon interlocuteur
05:34toujours dans cette ville
05:35de Bradé,
05:36c'est qu'il y a eu encore
05:37malgré,
05:39au lendemain de cette nuit
05:40de répression
05:41dont je vous parle,
05:42encore des attaques,
05:43encore une nuit
05:43où un commissariat
05:45une petite caserne
05:46des gardiens de la Révolution
05:47a été attaquée,
05:48des banques
05:48ont également été attaquées
05:50et puis ensuite,
05:51à cause de la répression,
05:52de la peur,
05:53les gens ont cessé
05:54de manifester.
05:55Notre interlocuteur,
05:56par exemple,
05:56il a été blessé lui-même
05:58par des plombs,
06:00il n'a pas osé
06:01aller à l'hôpital
06:02et donc une quinzaine
06:03de jours
06:04a essayé de témoigner
06:05mais surtout
06:06à avoir peur
06:07que ça s'infecte,
06:08à ne pas pouvoir
06:08être soigné.
06:09Donc la situation,
06:10en tout cas,
06:10dans cette ville,
06:11c'est que les manifestations
06:12se sont arrêtées
06:14mais que la peur
06:15est toujours là
06:15et qu'il y a
06:16des blessés
06:16qui ne sont pas soignés.
06:18Voilà,
06:18Nicolas Poinquer
06:18avec Jérémy Muller
06:19à la frontière,
06:20Soleimani,
06:20la frontière
06:21entre l'Irak
06:22et l'Iran.
06:22Didier François,
06:23ces négociations,
06:24demain à Oman,
06:26tout va bien,
06:27qui va négocier
06:29et que va-t-on négocier ?
06:30Alors c'est toute la question
06:31parce qu'en fait
06:32on passe cette journée
06:33et n'oublions pas
06:35que les Etats-Unis
06:36ont encore un peu plus de temps
06:37parce qu'il y a
06:37le décalage horaire.
06:39En fait,
06:39on est dans l'organisation
06:41du combat,
06:41entre guillemets.
06:42C'est-à-dire qu'ils sont
06:43en train de négocier
06:43sur la nature
06:44des négociations.
06:45Donc déjà,
06:46Oman peut-être,
06:48Dvitkov a envoyé
06:50une proposition
06:51de rester en Turquie.
06:53Après,
06:53ça passera peut-être
06:54à Oman,
06:54il n'y a pas de sujet
06:55là-dessus.
06:56En revanche,
06:56que les Américains
06:58ont accepté,
06:59un peu sur pression,
07:00des pays de la région,
07:02des pays arabes de la région
07:03qui étaient inquiets,
07:04c'est de séquencer
07:06la possibilité
07:07de négociation
07:08et d'accepter
07:09que ça commence
07:10par le nucléaire,
07:11en bilatéral,
07:13en tête-à-tête,
07:13avec trois options
07:15pour les Américains.
07:16La question
07:17des 400 kilos
07:19et quelques
07:19enrichis à plus de 60%,
07:21donc ce qui permettrait
07:22de faire la bombe,
07:23qui doivent être
07:23enlevés
07:25sous contrôle international
07:26et sous contrôle américain.
07:27Les 180 kilos
07:28à 20%
07:29dans les mêmes conditions,
07:30plus une discussion
07:32sur comment
07:33les Iraniens
07:34pourraient garder
07:35de l'uranium enrichi
07:37à moins de 5%
07:38pour des centrales nucléaires
07:39civiles
07:41et qui là
07:41devraient être enrichies
07:42non plus en Iran
07:43mais à l'extérieur,
07:44soit aux Etats-Unis,
07:45soit avec un consortium local.
07:47Téhéran souhaite
07:48des discussions
07:48uniquement sur le nucléaire.
07:49et ils ne veulent que là-dessus.
07:51Et donc,
07:51les Américains
07:52restent sur
07:54l'interdiction totale
07:56d'enrichissement,
07:57ce que refusent
07:57les Iraniens
07:58et disent toujours
08:00qu'après les discussions
08:01sur le nucléaire,
08:01il faudrait qu'il y ait
08:02des discussions
08:02sur le reste,
08:04ce que les Iraniens
08:05refusent aussi.
08:05Mais pardon,
08:06mais il y a un an
08:07quasiment,
08:07c'était au printemps 2025,
08:09on avait
08:09commencé
08:11des pourparlers
08:12et puis finalement,
08:14il y avait aussi
08:14une médiation manèse
08:15et puis finalement,
08:16il y a la guerre en juin
08:17qui éclate.
08:18Donc,
08:18on a l'impression
08:19de revivre à chaque fois
08:19le même scénario.
08:21Oui,
08:21oui,
08:21vous avez raison
08:21et je ne vois pas
08:23comment les Iraniens
08:24vont pouvoir accepter
08:25ce qui est dit là
08:28parce que
08:29c'est largement moins
08:30que le JCPOA
08:32de 2015,
08:33ils avaient accepté
08:34beaucoup plus.
08:35Ils pouvaient enrichir
08:35jusqu'à 367
08:37à l'époque.
08:38Donc,
08:38vous voyez que
08:38si on leur dit
08:39non,
08:39vous n'enrichissez plus,
08:40c'est nous qui le faisons
08:41pour vous,
08:42ça,
08:42ce n'est pas acceptable.
08:43Ce serait un accord
08:43plus restrictif
08:44que celui qui avait été
08:45signalé avec Barack Obama
08:46et que Trump avait cassé
08:47en arrivant au pouvoir.
08:48Exactement.
08:49Qui aurait été proposé
08:49par l'Agence internationale
08:51et l'énergie atomique.
08:52Mais de quels appuis
08:53diplomatiques régionaux
08:54ils disposent les Américains
08:55pour peut-être essayer
08:55de faire plier l'Iran ?
08:57Alors,
08:57je pense qu'honnêtement déjà
08:59leur force à eux en soi.
09:01C'est plus qu'ils essayent
09:02de recréer autour d'autres
09:03missions qu'ils n'avaient pas
09:04faites avant.
09:05Parce que le problème,
09:05c'est qu'ils sont partis
09:06un peu billes en tête là
09:08sur la menace
09:09mais sans avoir consulté
09:12les Émiratis et tous les autres
09:13qui ont un peu la trouille.
09:14Donc là,
09:14ils les remettent dans le jeu
09:16en disant
09:16on discutera le coup d'après
09:17de la question des missiles balistiques
09:19parce que c'est ça
09:19qui les inquiète.
09:20Et en fait,
09:22ils essayent de reconstruire
09:22autour d'eux
09:23cette coalition
09:24qui n'existait pas vraiment.
09:25On va retrouver
09:26Igor Saïry
09:26qui lui était en Israël
09:27pour BFMTV.
09:28Justement,
09:29il est à Tel Aviv
09:30parce qu'il y a toujours
09:31cette perspective d'attaque
09:32et Israël,
09:33bien évidemment,
09:34se prépare
09:35à une éventuelle guerre
09:36États-Unis-Iran
09:37renforçant
09:38ses capacités de défense.
09:42Oui, absolument Alain.
09:44En fait,
09:44il y a un sujet
09:45vraiment fondamental
09:46en Israël.
09:47C'est les missiles
09:48balistiques iraniens.
09:50D'ailleurs,
09:51le chef d'état-major
09:52de l'armée israélienne
09:53a plaidé
09:54cette cause-là
09:55auprès
09:55d'abord
09:57du chef d'état-major
09:58interarmé
09:58des États-Unis
09:59lorsqu'il s'est rendu
10:00à Washington
10:01il y a une semaine
10:01au Pentagone
10:02et puis auprès
10:03de Siwitkov
10:04il y a un peu moins
10:04de 48 heures
10:05pour insister
10:06sur cette ligne rouge
10:08israélienne.
10:09Ce matin,
10:10il y a le chef
10:11de l'armée de l'air
10:12israélien
10:13qui a rendu visite
10:14à des soldats
10:16sur l'un des nombreux sites
10:18du Dôme de Fer
10:19pour dire
10:21qu'Israël
10:22effectivement
10:22était en train
10:23de remettre à jour
10:24et de renforcer
10:26ses capacités
10:27de défense
10:28mais aussi
10:28d'attaque.
10:30Et c'est là
10:30que ça devient intéressant.
10:32Ce soir,
10:33dans le journal
10:34Jérusalem Post,
10:35on découvre
10:36que ce chef
10:37d'état-major
10:38de l'armée israélienne
10:39laisse entendre
10:41que depuis
10:41sept mois,
10:42depuis cette guerre
10:42des douze jours,
10:43l'Iran aurait
10:44reconstitué
10:45une partie
10:46de son arsenal
10:47de missiles
10:48balistiques,
10:49notamment
10:49sous terre
10:51et qu'on pourrait
10:52s'approcher
10:53des 1500
10:54à 2000
10:54missiles balistiques
10:55prêts à partir
10:56depuis l'Iran.
10:58Et si les États-Unis
10:59n'arrivent pas
11:00à négocier
11:03dans ce futur deal
11:04avec l'Iran
11:05la limitation
11:06des capacités
11:07balistiques
11:08iraniennes,
11:09ce qu'on dit
11:10dans ce journal
11:11le Jérusalem Post,
11:12c'est qu'Israël
11:12n'exclut pas
11:13elle-même
11:14une attaque surprise
11:15sur des sites
11:17iraniens.
11:18Les Israéliens
11:20seraient prêts
11:21si ce deal
11:22n'est pas convenable
11:23à intervenir
11:24eux-mêmes
11:24en Iran
11:25pour se protéger
11:26de ces missiles
11:26balistiques iraniens.
11:27Merci Igor Saïry
11:28en direct
11:28de Tel Aviv
11:29avec Julie Roseur.
11:30Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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