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  • il y a 2 jours
Les clefs d'une vie de Marlène Schaff

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-26##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:04Vous avez aidé des talents en herbe à pousser la note jusqu'à obtenir une voix aussi solide qu'un
00:10rock.
00:10Ce rythme, le rock qui a abercé votre vie.
00:13Vous avez décidé de vous raconter sur scène en vous dissimulant paradoxalement derrière un maquillage.
00:18Bonjour Marlène Schaaf.
00:19Bonjour Jacques, merci pour cette belle introduction.
00:22C'est la moindre des choses, vous avez une actualité très forte, on va en parler.
00:26Vous avez un parcours très étonnant, c'est le principe des clés d'une vie que de l'évoquer.
00:30Et la Star Academy est pour beaucoup.
00:32Donc le principe c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:36Et puis ce spectacle bien sûr, Queen is Born, que vous jouez à Paris, que vous allez jouer à Avignon,
00:40ce qui est un événement.
00:41Alors, la première date, elle n'est pas liée à vous directement mais elle est importante dans votre parcours.
00:46Le 9 juin 1998, un groupe entame au Zénith à Paris une tournée mondiale.
00:52Écoutez.
00:57M-M-B-O-P, les Hanson, ça vous dit quelque chose ?
01:00M-B-A-P, oui, oui, oui.
01:02La chanson d'un groupe qui m'a vraiment, sans le savoir, donné l'autorisation de faire vraiment la musique
01:09que j'avais envie de faire.
01:10En fait, c'est un trio qui avait le même âge que vous.
01:11C'est ça.
01:12Il avait 16, 14 et 11 ans.
01:13Et il chantait les valeurs de la vie.
01:15La chanson a été numéro 1 dans 27 pays.
01:17Et il y a même une bière qui a été lancée avec le titre de cette chanson.
01:22M-Hop.
01:22Exactement.
01:23Ça veut dire quoi ?
01:23Parce que Hop, c'est le nom du houblon en anglais.
01:26D'accord.
01:27Voilà.
01:28Alors, il se trouve que ce trio est vraiment à l'origine, Marlène Schaaf, de votre vocation.
01:32C'est vrai, oui, absolument.
01:34Moi, je faisais du piano dans ma chambre.
01:38J'écoutais essentiellement les Beatles ou beaucoup de Michel Berger.
01:43Et je rêvais de pop.
01:46Je rêvais de pouvoir mettre la musique au service de cette énergie débordante que j'avais en moi.
01:54Mais je n'arrivais pas à trouver la bonne clé.
01:58Le piano, c'est quand même un instrument qui est très romantique.
02:01Et c'est vrai que quand les Hansons sont arrivés,
02:05déjà le piano, il était debout derrière.
02:08Et je trouvais que, pour moi, c'était la première fois où vraiment j'entendais de la pop avec le
02:14piano au centre du propos.
02:16Et ça m'a donné une direction nouvelle pour composer des chansons.
02:21Et ça m'a tout simplement donné l'autorisation, en fait.
02:24Et jouer du piano debout, comme disait Michel Berger.
02:26Sauf que lui, il restait assis, Jacques.
02:28Ça n'a aucun sens.
02:31C'est le paradoxe.
02:32Alors, vous êtes née à Strasbourg.
02:34Mais vous avez grandi dans un petit village au cœur des Vosges qui s'appelle la Bresse.
02:37Qui est une station de montagne, je crois, qui culmine à 1350 mètres d'altitude.
02:41C'est ça.
02:41Alors, en revanche, je suis née quand même dans les Vosges.
02:44J'ai fait quelques études à Strasbourg.
02:45Mais je suis 100% vosgienne.
02:47Je suis née dans une bourgade qui porte le doux nom de Remiremont.
02:52Oui.
02:52Voilà, c'est un petit peu moins.
02:54On a beaucoup de fromage dans les Vosges.
02:56Mais c'est vrai que ça sonne un petit peu, on va dire, plus montagnère que Strasbourg.
03:01Mais Strasbourg étant en Alsace, vous savez, les Vosgiens et les Alsaciens, il ne faut pas les contredire.
03:07Donc, je suis 100% vosgienne.
03:09Alors, votre famille est musicienne.
03:11Et quand on voit les membres de votre famille, il y a une mère qui a joué de la cordée
03:14aux enfants.
03:15Un oncle et une cousine pianiste classique.
03:17Un cousin qui joue de la guitare.
03:18Et on se retrouve à Noël pour faire de la musique.
03:20Exactement, un papa qui joue de la guitare aussi.
03:23Oui, on est tous très mélomanes dans la famille.
03:25Et c'est vrai que Noël dans les Vosges, c'est une fête très particulière, Marlène Schaaf.
03:30Ben, disons que j'ai déjà en fait la Saint-Nicolas dans les Vosges.
03:34On fait double ration de cadeaux.
03:37Oui, le 6 décembre.
03:38Voilà, Saint-Nicolas, le Père Pouetard et le Père Noël, la totale.
03:42Voilà, il se trouve qu'au départ, ce n'était pas le piano, votre instrument, c'était la flûte traversière.
03:47Ça n'a rien à voir, c'est beaucoup plus petit.
03:49Oui, et puis j'avais choisi ça parce que mes parents, ça faisait partie des conditions de leur éducation.
03:56Tu sauras parler une seconde langue et tu joueras d'un instrument de musique.
04:01Donc sur la langue, je n'avais pas le choix puisque mon père étant allemand, il me parlait en allemand.
04:06Sur l'instrument de musique, j'ai eu le choix.
04:07Donc j'ai choisi la flûte traversière, mais je ne saurais pas vraiment vous dire pourquoi.
04:14Et d'ailleurs, je ne savais tellement pas pourquoi que concrètement, je ne faisais pas grand-chose avec la flûte.
04:21Donc ça a duré un an.
04:22Mon père a rendu la flûte, il a dit « Bon, tu as eu le choix, mauvais choix, maintenant tu
04:26fais piano ».
04:26Vous aviez 9 ans, je crois.
04:28Et l'heure de piano, au départ, ce n'était pas votre truc, ce n'était pas un moment joyeux
04:31?
04:32Non, du tout.
04:32C'était vraiment, je répondais à l'injonction parentale.
04:36Et ce qui a compté, c'est que petit à petit, en jouant du piano, vous avez commencé à chanter
04:40instinctivement, notamment du Whitney Houston.
04:42Whitney Houston, exactement.
04:44Oui, qui était vraiment une des chanteuses que j'écoutais le plus régulièrement quand j'étais dans ma chambre jeune
04:50adolescente.
04:51Et oui, c'est vrai que j'ai commencé à, je faisais semblant de jouer du piano et puis je
04:56chantais par-dessus.
04:57Je me disais « C'est quand même super cool de pouvoir s'accompagner en chantant ».
05:00Et je crois que La Révélation, c'est un concours national de chansons à Amnéville quand vous avez 16 ans.
05:05C'est ça, oui.
05:07Oui, j'avais monté mon groupe de rock quand j'étais au lycée et on a donc participé à ce
05:14concours.
05:15Et ça a été une expérience formidable.
05:18On a gagné, on a pu jouer devant 4000 personnes aux galaxies d'Amnéville.
05:24C'était un énorme souvenir.
05:27Il se trouve que la galaxie, c'est une scène modulaire près de Metz qui est construite sur les anciens
05:32terrils,
05:33au temps où l'industrie, c'était l'industrie sidérurgique.
05:38Oui, oui, oui.
05:39Et là, on a mis une grande salle à la place où vous avez triomphé.
05:43Et je crois que la guitare, vous l'avez apprise instinctivement, et le piano aussi, grâce aux méthodes de votre
05:49père.
05:49Oui, c'est vrai, tout à fait.
05:51Mon père était musicien autodidacte, donc il avait des petits bouquins cachés dans le siège du piano pour apprendre vite
06:00les accords.
06:01Et puis moi, je ne comprenais tellement pas la méthode rose, les partitions, je ne comprenais pas ce qu'on
06:07me faisait jouer.
06:08Donc j'allais de plus en plus faire fouiller dans ce qui serait aujourd'hui, je pense, apprendre le piano
06:13pour les nuls.
06:15Et puis, en fait, j'ai appris les accords, tout seul.
06:18Et puis une fois que j'ai connu les accords, après, c'était parti.
06:22C'est parti.
06:22Ah ouais.
06:23Alors, au départ, il y a eu la danse aussi.
06:25Je crois qu'il y a une salle Camille Claudel où vous avez dansé habillée en poney.
06:30Oui, oui, ça a été ma première expérience sur scène.
06:36Je jouais le rôle d'un petit poney à 4 ans sur la salle des fêtes de mon village.
06:42Et puis ensuite, il y a eu Cyrano à 9 ans, je crois.
06:44Cyrano à l'école.
06:45Oui, au collège, effectivement.
06:47J'avais deux profs formidables au collège.
06:50Ma prof de français et ma prof de latin, Mademoiselle Sibylle et Mademoiselle Renard,
06:55qui nous avaient fait un des plus beaux cadeaux qu'on puisse faire à des jeunes élèves.
07:01Elles nous ont fait l'offrande de leur temps,
07:03puisque bénémolement, elles ont monté le club théâtre.
07:06Et elles ont changé ma vie.
07:10Pourquoi ? Ça vous a vraiment plu ?
07:12Ah ben, j'ai compris à quoi je servais.
07:15Avec Cyrano ?
07:16Parce que, voilà, c'était au début, on allait sur la petite estrade du réfectoire de notre collège de 250
07:23élèves.
07:23On n'est pas sur le galaxie d'Amenéville, là.
07:27Et voilà, on apprenait les grandes tirades.
07:30Donc j'ai appris, voilà, la tirade du nez de Cyrano de Bergerac.
07:33J'ai appris au rage, au désespoir, du corneille.
07:38Enfin voilà, on commençait comme ça.
07:40Et puis après, des petits sketchs, notamment de Anne Roumanoff.
07:44J'ai repris beaucoup de Muriel Robin et de Anne Roumanoff.
07:47Et alors, il se trouve aussi que vous n'étiez pas douée que pour ça,
07:49car, et c'est assez rare, dans cet univers, vous avez eu le bac avec un an d'avance.
07:54Oui, c'est vrai.
07:55C'est rare, c'est fort.
07:57Ben, je ne sais pas.
07:58Écoutez, j'avais une maman qui était instite, donc elle m'avait appris à lire tout de suite.
08:04Donc comme je savais lire, j'ai été exantée de la dernière année de maternelle pour passer tout de suite
08:11au CP.
08:12Mais après, c'était la pression, parce qu'il ne fallait pas la perdre.
08:15Non seulement vous passez le bac, mais vous allez le repasser en Oklahoma,
08:19car vous partez un an en Oklahoma, un état qui essaie pour ses cow-boys, bien sûr, les films de
08:24cow-boys.
08:25D'ailleurs, il y a encore là-bas des ranches où on peut manier le lasso,
08:28où on peut conduire un troupeau, monter à cheval.
08:30Je ne sais pas si vous le savez.
08:31Oui, bien sûr, puisque mon premier petit boulot, quand je suis arrivée en Oklahoma,
08:36c'était que je nettoyais les écuries de chevaux des Clydesdales,
08:40qui sont des énormes chevaux très magnifiques.
08:43Donc, j'allais au lycée la journée, puis le soir, j'allais nettoyer les boxes.
08:47Alors, pourquoi cette envie de partir dans l'Oklahoma, dans une famille qui vous a très bien accueillie ?
08:52Alors, déjà, premièrement, parce que pour moi, c'était capital de parfaitement maîtriser l'anglais.
08:58Parce que, comme je vous le dis, et puis en plus, petite parenthèse,
09:02mais il s'avère que les Hansons, le groupe qui m'a autorisé vraiment à faire ce métier,
09:07vient d'Oklahoma.
09:08Et c'est vraiment un hasard de la vie que je me sois retrouvée à être accueillie dans une famille
09:12dans ce même état.
09:13Mais comme ma manière de m'exprimer, d'écrire mes chansons à l'époque,
09:20je faisais du mimétisme avec la musique que j'écoutais,
09:22qui était quand même essentiellement de la pop ou le saxonne.
09:25Donc, j'écrivais en anglais et je me sentais très limitée.
09:28Donc, je voulais absolument maîtriser cette langue.
09:30Et donc, j'avais fait une sorte de contrat avec mes parents.
09:34« Si je réussis à avoir mon bac et garder mon année d'avance,
09:38est-ce que j'ai le droit, pendant un an, de faire ce que je veux ? »
09:41Oui, mais vous êtes la seule personne que j'ai rencontrée qui passait son bac deux fois.
09:45Oui !
09:45Parce que vous l'avez repassé, mais dans une version artistique, je crois.
09:48Voilà, c'est ça, exactement.
09:50Dans un lycée français ?
09:51Non, non.
09:52Lycée américain, public.
09:54J'étais vraiment comme les autres.
09:57Et pourquoi vous passiez le bac une deuxième fois ?
09:59Parce que je ne voulais pas être fille au père.
10:02Je voulais...
10:03C'était vraiment très important pour moi.
10:05Je m'en souviens encore dans mon cerveau d'ado.
10:09Je me disais, si je veux apprendre vraiment à parler anglais,
10:13ce n'est pas juste parler la langue.
10:15Parler une langue, c'est comprendre la culture,
10:18comprendre les expressions,
10:20c'est comprendre l'humour aussi.
10:22Et donc, pour moi, c'était capital que je sois vraiment une personne fondue dans la masse.
10:29Donc, je voulais être dans une famille,
10:31aller à l'école comme tout le monde.
10:34La famille n'était pas rémunérée pour m'accueillir.
10:38C'était un choix pour eux, un échange culturel.
10:41Et je ne sais pas comment vous l'expliquez mieux que ça.
10:44Vraiment, je voulais pendant un an faire semblant d'être née là-bas.
10:50Et vous n'avez pas fait que semblant,
10:52puisqu'il y a une prof de théâtre qui vous a dit un jour,
10:54ça vous a marqué, la peur n'est pas une option.
10:57Oui.
10:59Rhonda Hartwick, c'était ma prof de théâtre.
11:01Et ça vous a guéri presque, ça vous avait envie d'aller plus loin ?
11:05Je lui parle encore régulièrement.
11:08Elle a juste continué de me donner l'autorisation, à vrai dire.
11:14Avant, les autorisations et les injonctions, les interdictions,
11:18toutes ces choses-là, elles étaient dans ma tête.
11:21Et parce que les quelques fois où j'osais dire que je souhaitais faire une carrière artistique,
11:27ce n'était pas vraiment accueilli avec de la bienveillance et de...
11:33Mais bien sûr, on va t'aider Marlène !
11:35C'était beaucoup de moqueries.
11:38Et je crois que Rhonda Hartwick, ma prof de théâtre au lycée où j'étais,
11:46elle a tout de suite compris que c'était ça que je voulais faire.
11:48Et c'était, ok, voilà les choses qu'on va mettre en place pour te professionnaliser.
11:52Et ça a marché.
11:53Il y a une autre date d'ailleurs qui en témoigne,
11:55c'est le 25 janvier 2013.
11:57A tout de suite sur Sud Radio avec Marlène Schaaf.
12:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
12:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité Marlène Schaaf.
12:06Nous parlons tout à l'heure de A Quiz is Born,
12:08un spectacle que vous allez jouer à Paris et surtout à Avignon cet été,
12:12pendant dix jours.
12:13Alors, le 25 janvier 2013, j'ai repéré votre première télévision en France.
12:18C'est un reportage sur France 3,
12:20à l'occasion de la création de Lost in the Supermarket
12:23au théâtre Ici et Là, à Mansiol, à côté de Briet.
12:26Vous vous en souvenez ?
12:27Ah oui, je m'en souviens très très bien.
12:28Et vous vous êtes interviewée à ce moment-là.
12:31Alors, je ne pensais pas que c'était de ça dont vous allez me parler,
12:34mais en revanche, oui, je me souviens très très bien.
12:36On a fait une tournée en France avec ce spectacle
12:39qui était mis en scène par Laurent Vaché.
12:41Et ça a été une énorme expérience de vie pour moi,
12:46parce que, je ne sais pas comment vous dire,
12:51je ne me sentais presque pas à ma place d'être dans ce spectacle.
12:54Moi, je suis une amoureuse des comédies musicales
12:57et c'est vrai que ma culture est quand même une culture très populaire.
13:01Et quand je me suis retrouvée dans ce spectacle,
13:03j'ai très vite compris, en lisant le livret,
13:07qu'on était dans un spectacle beaucoup plus intellectuel
13:11que les choses auxquelles j'étais généralement voisine, dirons-nous.
13:18Et je me suis retrouvée entourée, on était neuf comédiennes sur le plateau,
13:24donc de huit femmes qui étaient toutes des actrices aguerries.
13:29Et j'ai énormément appris à leur côté.
13:33Ça a ouvert une porte et ça m'a ouvert aussi la porte sur de nouveaux intérêts,
13:39notamment du théâtre un peu plus pointu, dirons-nous.
13:43Il se trouve que cette histoire, c'était la révolte des femmes
13:46qui avaient travaillé pour les charbonnages.
13:48Donc c'était un récit très, très, très historique.
13:51Et vous avez dit, on n'est pas habitué à avoir des comédies musicales
13:55où le jeu n'est pas très important.
13:56L'intérêt est d'avoir des formes d'expression pour faire passer un message.
14:00Vous avez dit ça ?
14:01Ok, punaise, ça me ramène un petit peu loin.
14:04Mais oui, c'est vrai que moi, je suis une amoureuse
14:07des spectacles musicaux du West End et de Broadway.
14:12Parce que pour moi, je dirais que c'est le summum de notre art.
14:17Quand on va voir un spectacle tel que Les Misérables, par exemple,
14:22pour utiliser un livret français,
14:24on voit le top du top,
14:27c'est-à-dire des gens qui maîtrisent aussi bien la danse
14:31que le jeu et le chant.
14:34Et tout à des niveaux extrêmement hauts.
14:36Et il est vrai que j'étais tellement heureuse
14:41de voir que les spectacles musicaux
14:44venaient enfin en France.
14:46Parce que c'est vrai que je n'ai jamais compris
14:49cet argument de
14:50que ce n'est pas dans notre culture.
14:52Alors que c'est à 100% dans notre culture.
14:54Je veux dire, la France, c'est la culture du cabaret,
14:56de l'opérette, de l'opéra,
14:57de l'opéra comique,
15:00où il y a des opérettes sans cesse.
15:02Je ne vois pas pourquoi on passerait à côté
15:03de ce que l'on appelle très mal,
15:06les comédies musicales.
15:08Les premières comédies musicales
15:10sont nées à Broadway, chez Ziegfeld,
15:12qui s'étaient inspirées d'un spectacle à Paris,
15:14au Folie-Bergère.
15:15Oui, non mais bien sûr.
15:16Et puis voilà, la quête de Jacques Brel,
15:19c'est issu de l'Homme de la Mantechac,
15:21qui est un spectacle musical.
15:23Bref, donc vous aurez bien compris, mon cher Jacques,
15:25que je suis contre cet argument.
15:27Les Français méritent des spectacles
15:29aussi qualitatifs que ceux que l'on peut voir
15:32à Broadway ou au West End,
15:35ou en Allemagne, ou partout.
15:37Et effectivement, je trouve que
15:39le côté jeu,
15:42théâtre,
15:43est souvent négligé
15:45dans les spectacles français.
15:47C'est assez vrai, je crois.
15:48Alors, il faut savoir que
15:49Lost in the Supermarket,
15:51ce n'est pas seulement
15:51le titre d'un spectacle.
15:57Le clash a fait ce morceau
15:59Disco Rock.
16:00C'est vrai, ça a peut-être inspiré
16:01d'ailleurs le titre du spectacle.
16:02Complètement, c'était le côté
16:04Punk Rock
16:05de notre metteur en scène.
16:08Alors, il se trouve qu'un jour,
16:09vous faites vos études,
16:10vous revenez à Strasbourg
16:11faire une licence d'anglais,
16:12je crois, pour vous occuper,
16:13mais vos parents vivent en Allemagne
16:14et puis vous vous sentez plus à l'aise
16:15dans les Vosges.
16:16Oui, c'est surtout que
16:19je venais de vivre vraiment
16:23ce que je souhaitais faire
16:24aux Etats-Unis
16:25et que j'avais pu...
16:27Enlevez-moi le frein à main,
16:28laissez-moi faire
16:29ce que j'ai envie de faire.
16:30Et vous avez fait
16:30ce que vous vouliez,
16:31c'est-à-dire que vous avez passé
16:32d'abord deux ans
16:33dans l'école d'Alice Donat à Paris.
16:35Oui.
16:35Vous l'avez choisi,
16:35ce studio des variétés.
16:37Et le problème,
16:38c'est que la première fois
16:39que vous avez été auditionnée,
16:40vous avez interprété cette chanson.
16:44Ah, il est fort.
16:45Ah, il est fort.
16:49Une chanson de Faith Hill
16:51qui est une chanteuse américaine
16:54de country
16:54qui a vendu, je crois,
16:5635 millions d'albums
16:57et qui a été classée
17:00dans les 30 femmes
17:00les plus puissantes des Etats-Unis.
17:02Ah, wow, j'ignorais ça d'elle,
17:04mais oui, Faith Hill,
17:06c'est vraiment une de mes chanteuses
17:08préférées.
17:11Sauf qu'Alice Donat
17:12n'aimait pas vraiment ça.
17:15Ben, disons qu'à cette époque-là,
17:19on était à une époque des quotas,
17:21déjà premièrement à la radio,
17:23où il fallait,
17:24alors je ne me souviens plus,
17:25sans doute,
17:25vous devez le savoir,
17:26c'est 30 ou 40%
17:29de quotas de chansons françaises.
17:31Donc, si tu veux être
17:33une chanteuse en France,
17:34il faut chanter en français.
17:35Donc moi, je suis arrivée
17:36avec ma chanson de country,
17:38en plus, j'avais mon accent
17:39bien gras d'Oklahoma
17:41qui était sur le devant de la scène.
17:44Donc elle a dit, c'est bien,
17:45mais on ne va plus faire ça, Marlène.
17:47Et vous avez commencé
17:49à écrire et à chanter en français.
17:50Oui.
17:51Et ça n'a pas été
17:52trop difficile au départ ?
17:53Non, j'ai adoré.
17:54De toute façon,
17:55moi, ce que j'aime,
17:56c'est chanter
17:56et puis écrire des chansons.
17:59Donc, je me suis...
18:01Ça a été encore une fois
18:02une nouvelle porte
18:03sur l'apprentissage
18:05de la poésie française,
18:06connaître les auteurs.
18:09Et moi,
18:10quand je fais quelque chose,
18:11je le fais de manière
18:13peut-être un peu
18:14trop obsessionnelle parfois.
18:16Donc, je me suis inscrite
18:17absolument
18:18en toutes les masterclass,
18:19tout ce qui était possible.
18:21Et je me suis retrouvée ainsi
18:22à travailler
18:23avec l'immense Claude Lemel
18:25qui a fait partie
18:27de mes profs
18:27pour m'apprendre à écrire.
18:29Oui, d'ailleurs,
18:30qui régulièrement
18:31donne des cours,
18:32des masterclass personnels
18:33chez lui
18:34ou dans les environs
18:34à Montmartre
18:35pour aider les jeunes.
18:36Il continue à le faire aujourd'hui.
18:37C'est vrai.
18:38À l'époque,
18:38c'était aux ateliers
18:39Alice Donat.
18:40J'ai pu travailler également
18:42avec Jean Fouque
18:43qui est un des auteurs
18:45légendaires de Bachung.
18:47Enfin bref,
18:48je me suis vraiment passionnée
18:49pour ça.
18:50Et puis,
18:50de la même manière
18:51que si tu chantes
18:52des chansons en anglais,
18:53Marlène,
18:54tu vas parfaitement maîtriser
18:55cette langue
18:55sans accent
18:56et sans faute
18:57de grammaire.
18:58Quand on m'a dit
18:59qu'il faut écrire en français,
19:00je me suis dit
19:01ok,
19:01mais je ne veux pas écrire mal.
19:03Ça ne vous a pas empêché
19:04Marlène Schaaf
19:04de donner des cours d'anglais
19:05pour vivre
19:06parce qu'il fallait bien vivre.
19:07Vous avez fait du babysitting,
19:08vous avez donné
19:09des cours de piano.
19:10Vous avez même été
19:10hôtesse d'accueil
19:11dans une société
19:12qui vendait de l'aluminium.
19:13Oui, c'est vrai.
19:15Est-ce qu'il fallait vivre ?
19:17Oui,
19:17les petits boulots à côté.
19:18C'était important pour moi.
19:20C'était très important pour moi.
19:21Vous avez vendu du chocolat
19:22pour le plaisir de vos amis.
19:24Ah, ça, oui.
19:25J'ai eu aussi un petit boulot
19:26où je vendais du chocolat.
19:27Effectivement,
19:28comme on devait mettre
19:30des dates de péremption,
19:31quand les dates étaient passées,
19:33on nous offrait les chocolats.
19:35Donc, je ne vous cache pas, Jacques,
19:37que j'avais beaucoup d'invitations
19:38à dîner à cette époque.
19:40Alors, c'est quand même courageux
19:42parce qu'il faut se battre
19:43alors que vous étiez tranquille
19:44dans les Vosges
19:45pour avancer justement
19:46dans ce métier
19:47en ne connaissant personne au départ.
19:49Oui, mais vous savez,
19:51je pense que se battre,
19:55sans vouloir vous contredire,
19:57malheureusement,
19:57je ne crois pas
19:57que ce soit une de mes qualités.
19:59Je ne crois pas
20:00que je ne sais pas me battre.
20:02Mais vous l'avez fait quand même.
20:04J'ai travaillé.
20:05Voilà.
20:05Mais je ne me suis pas battue.
20:06Alors, je crois que
20:07la première chance,
20:09ça a été une comédie musicale
20:10qui s'appelle
20:10Les coups de foudre.
20:11Oui.
20:12Qui a été montée,
20:13je crois, en 2010 à Paris.
20:14C'est ça, absolument.
20:15Là, ça a été
20:16votre première chance
20:17dans le spectacle.
20:17Ça a été la première fois
20:19où j'ai eu un rôle
20:20dans une comédie musicale.
20:21Pour le coup,
20:22c'est vraiment une comédie.
20:23Où il y avait
20:24des tas de chansons
20:25des années 50 à aujourd'hui
20:27basées sur l'amour.
20:28C'est ça.
20:28C'était un jukebox,
20:29ce qu'on appelle
20:30les jukebox musicaux
20:31comme Mamma Mia
20:32en est un également.
20:33Ce sont des chansons
20:34issues du répertoire
20:35de la pop française
20:36qui sont réadaptées
20:39avec des arrangements
20:40de comédie musicale.
20:41Et ça vous a plu
20:41parce que vous avez pu
20:42apprendre des tas de choses.
20:44J'ai adoré.
20:45De toute façon,
20:46ce spectacle,
20:46c'était un spectacle
20:47dont j'étais fan déjà.
20:49J'avais quelques amis
20:50qui jouaient dedans.
20:51Donc, ça faisait plusieurs fois
20:53que je le voyais.
20:54Et quand ils ont fait passer
20:56des auditions
20:56pour remplacer un rôle,
20:58je me suis jetée
20:59sur l'occasion
21:00et j'étais vraiment
21:02tellement heureuse
21:03de décrocher un rôle.
21:04Et vous n'avez pas
21:05oublié l'anglais
21:06et le déclic
21:07s'est produit un soir
21:08à Bercy.
21:14Là, c'est un retour aux sources
21:16pratiquement pour vous ?
21:17Oui.
21:19Je m'étais un petit peu perdue
21:20parce que même si
21:21j'ai énormément appris
21:22à écrire
21:24et à ne plus chanter
21:26qu'en français,
21:28j'avais quand même
21:29fermé une grosse partie
21:32de ce qui fait battre mon cœur.
21:34Comme je vous l'ai expliqué,
21:35l'anglais, c'est au-delà
21:36de juste la langue.
21:38Ça fait partie de ma culture.
21:40Ça fait partie de...
21:41La première fois que j'ai aimé,
21:42c'était aux Etats-Unis.
21:44La première fois que j'ai...
21:45Je suis devenue moi,
21:47en fait, là-bas.
21:48J'ai encore ma famille
21:49et mes amis là-bas
21:50que j'aime plus que tout.
21:54Et là, j'avais fermé tout, en fait.
21:57Et en plus, vous avez ensuite
21:58chanté jusqu'à l'extrême
21:59puisque je crois que vous avez
22:00été à faune pendant quelque temps.
22:02En fait, tout était
22:04à peu près au même moment.
22:04C'est-à-dire qu'à cette époque-là,
22:07j'étais résidente dans un piano-bar
22:08dans le quartier latin de Paris.
22:13Je...
22:14Ouais, je...
22:16J'étais plus exactement
22:17au bon endroit.
22:18Je faisais des chansons
22:19qui ne me ressemblaient plus.
22:21Je chantais pour des gens
22:22qui...
22:23Ils n'écoutaient pas ?
22:24Moins fort, le piano.
22:25Moins fort.
22:27Le pianiste avec lequel
22:28je travaillais parfois,
22:30il me disait
22:30il faut qu'on chante pas plus fort
22:32que le bruit des glaçons
22:32dans les verres.
22:33Oui, donc c'est pas terrible.
22:34Et un soir,
22:35donc bah oui,
22:36je perdais ma voix
22:37puisque généralement
22:38quand on perd sa voix,
22:39c'est qu'il y a des choses
22:40qu'on n'arrive pas à dire.
22:41Donc, à un moment,
22:42le corps nous aide.
22:44T'arrives pas à dire les trucs,
22:45et bah, allez,
22:46hop, on coupe tout.
22:48Vous avez ensuite retrouvé la voix
22:50fort heureusement
22:50et il y a une date
22:52encore importante
22:53dans votre parcours
22:53que vous n'avez pas oublié,
22:54le 15 octobre 2022.
22:56A tout de suite
22:57sur Sud Radio
22:57avec Marlène Schaaf.
22:59Sud Radio,
23:00les clés d'une vie,
23:01Jacques Pessis.
23:02Sud Radio,
23:02les clés d'une vie,
23:03mon invité Marlène Schaaf,
23:05nous avons évoqué
23:05vos débuts
23:06dans la chanson,
23:08on évoquera tout à l'heure
23:09Queen Is Born,
23:10votre spectacle,
23:11et on en revient
23:12au 15 octobre 2022,
23:14votre retour
23:14dans cette émission.
23:1910e saison de Star Academy
23:21et vous êtes répétitrice
23:22avec Lucie Bernardoni
23:24et c'est une nouvelle aventure
23:26pour vous.
23:28Oui, oui, oui,
23:29absolument.
23:33En fait, répétitrice,
23:35c'est vraiment un rôle clé
23:36pour les candidats.
23:37Ah oui, oui, oui,
23:38bien sûr.
23:39Il faut les guider.
23:40En fait,
23:40c'est pas le bon titre.
23:43Mais on en a déjà,
23:44c'est pas la première fois
23:45que je l'évoque,
23:46on a parlé des heures
23:48avec Lucie,
23:49mais parce que c'est vrai
23:50que le métier de répétiteur,
23:52c'est un vrai métier,
23:53surtout dans,
23:55généralement,
23:55l'opéra,
23:56le chant lyrique,
23:57etc.
23:58Les chanteurs font appel
23:59à des répétiteurs
24:00puisque tout est fait
24:01sur partition,
24:02dans les tonalités d'origine.
24:03Et donc, effectivement,
24:04il faut des répétiteurs
24:05qui jouent les œuvres au piano
24:06et qui permettent aux chanteurs
24:10juste de répéter leurs morceaux.
24:12En revanche,
24:14ce rôle-là n'existe pas
24:15dans la pop.
24:17Là,
24:18Lucie et moi,
24:19pendant deux ans,
24:20et aujourd'hui,
24:21Lucie avec Fanny
24:22font exactement la même mission,
24:24on doit préparer
24:26tous les morceaux
24:26des émissions en direct,
24:28que l'on appelle
24:28les primes.
24:30Et donc,
24:30c'est un travail
24:31tellement au-delà
24:32de la répétition
24:34puisqu'on doit,
24:35nous,
24:36apprendre les morceaux.
24:38Moi,
24:38je les jouais au piano également,
24:40donc je relevais les partitions,
24:42je les jouais au piano.
24:43Et puis,
24:43il faut savoir
24:44les apprendre aux chanteurs.
24:46Donc,
24:47on doit trouver les tonalités,
24:49ce qu'un répétiteur
24:49ne fait pas normalement
24:50dans le classique
24:51puisqu'on joue
24:51toutes les œuvres
24:52dans les tonalités d'origine.
24:54Là,
24:54évidemment,
24:55on adapte.
24:57Ensuite,
24:57il faut qu'on transmette
24:58tout ça aux musiciens
24:59qui vont ensuite
25:00devoir les jouer
25:01sur le plateau.
25:02Et puis,
25:02on doit également
25:03apprendre
25:04aux élèves
25:04comment chanter
25:06ces chansons.
25:06Donc,
25:07on est musicienne,
25:09on est répétiteur,
25:11on est coach vocal,
25:12on leur donne évidemment
25:13des clés d'interprétation.
25:16Donc,
25:17on est
25:18tous les rôles
25:19du corps professoral
25:20en un rôle,
25:21en fait.
25:21D'autant plus
25:22que vous arrivez
25:22dans cette émission
25:23avec l'expérience
25:24de l'école Alice Donat
25:25qui vous a servi
25:26parce que vous avez appris
25:27beaucoup de choses
25:28chez Alice Donat.
25:29Ah oui,
25:29bien sûr.
25:30Bien sûr,
25:31mais j'ai appris
25:33énormément de choses.
25:34Chez Alice Donat,
25:35c'est que c'est simple,
25:36j'ai appris
25:37comment interpréter
25:38une chanson.
25:39J'ai appris
25:39ce que ça voulait dire
25:40de lire un texte
25:42et de le comprendre.
25:44J'ai appris
25:44le mot du sens
25:45comprendre,
25:46en fait.
25:47et en même temps,
25:48tout ce que vous faites
25:49aujourd'hui
25:49dans l'enseignement,
25:50à la base,
25:51ce sont ses études
25:52chez Alice Donat.
25:53Oui,
25:53et aussi beaucoup
25:54ma prof de théâtre
25:56aux Etats-Unis.
25:57Alors,
25:57il se trouve que
25:58Star Academy,
25:58vous y arrivez,
25:59mais 20 ans plus tôt,
26:01vous étiez déjà présenté
26:02et vous aviez été recalé.
26:04Oui,
26:05oui,
26:06c'est Jacques,
26:07c'est pas la peine
26:07d'en parler non plus.
26:08C'est bon.
26:09Surtout,
26:10vous étiez préparé
26:11et puis vous a reproché
26:12votre tenue au départ.
26:13Ah oui,
26:14comme on était
26:16Alice Donat,
26:18c'est toujours d'ailleurs,
26:20c'est la maman
26:20de Raphaël Ritchie
26:21qui était la prof
26:23emblématique
26:24d'expression scénique
26:25de la Starac
26:26et donc,
26:27évidemment,
26:29Alice,
26:30elle était
26:31la directrice
26:32de cette école,
26:33on n'était que
26:33des chanteurs de pop
26:34donc on était tous
26:35conviés à auditionner
26:36pour la Starac.
26:37Je crois qu'on y était
26:38tous allés,
26:39on avait tous
26:40été recalés
26:42et effectivement,
26:43moi j'avais eu
26:44un retour
26:46critiquant
26:47ma tenue vestimentaire.
26:48Bon,
26:49ben voilà.
26:50Mais ça ne vous a pas
26:51traumatisé,
26:51ça ne vous a pas donné
26:52envie d'arrêter,
26:53au contraire ?
26:53Oh ben non,
26:54non,
26:54non,
26:54j'ai continué
26:56puis je me suis changée.
26:59Alors,
26:59il se trouve que
27:00quelques années après,
27:01donc on est en 2013,
27:0311 ans plus tard,
27:04vous retentez votre chance
27:05mais dans cette émission.
27:10The Voice,
27:11saison 2,
27:12une émission qui est
27:13aujourd'hui regardée
27:14dans une trentaine de pays
27:15et la version française
27:16est la plus regardée.
27:17Oh !
27:18Et là,
27:19ben là vous arrivez,
27:20au départ,
27:21c'est pour,
27:21je crois que
27:22votre idée n'est pas
27:23de participer à The Voice
27:25mais de donner
27:26un peu de pub
27:27à ce groupe.
27:35Votre groupe de rock,
27:36Scharf,
27:38qui existe
27:39et qui se produit
27:40sur les scènes parisiennes.
27:41Exactement,
27:42on venait de terminer
27:43la production
27:44de notre premier album
27:45et on se faisait rejeter
27:48de toutes les maisons de disques
27:49parce que la chanteuse
27:51n'était pas connue.
27:52Voilà.
27:53Mais ça ne vous empêchait pas
27:54de faire des concerts.
27:55Ben non,
27:57je peux vous dire
27:58que moi j'ai vraiment
27:59appris mon métier sur scène.
28:01J'ai dépensé absolument
28:02tous mes deniers
28:03pour mes aventures artistiques
28:06et c'est vrai
28:08que c'est compliqué
28:09quand on n'a
28:09aucune visibilité,
28:12aucune aide
28:13de qui que ce soit
28:15pour remplir
28:17les salles.
28:19Donc moi j'ai fait
28:20des concerts
28:21devant 8000 personnes
28:23et j'ai fait des concerts
28:24devant 4 personnes
28:26mais dans une salle
28:27de 400.
28:28Oui,
28:28mais c'est comme ça
28:29qu'on apprend son métier.
28:30Ah oui.
28:31En même temps,
28:32vous avez trouvé
28:33une formation
28:34avec un bassiste,
28:35un batteur,
28:36un guitariste,
28:37vous avez vraiment
28:37choisi vos musiciens.
28:40Ah oui,
28:40ça a été une aventure
28:41formidable.
28:42Moi,
28:43ce que j'aime
28:44dans la musique,
28:45ce que j'aime
28:47dans le métier
28:47qu'on fait,
28:48que ce soit la musique,
28:49que ce soit la danse,
28:50le théâtre,
28:50peu importe,
28:51c'est qu'on ne peut pas
28:52le faire seul.
28:54Alors il se trouve
28:55que vous arrivez
28:56pour The Voice
28:57avec un répertoire
28:58très différent
28:59et vous passez
29:00devant 4 fauteuils
29:01retournés
29:01avec cette chanson.
29:12Au piano,
29:13toute seule
29:14avec les 4 jurés
29:15qui se regardent.
29:17Michel Berger,
29:18tu es un des rares français
29:19que vous écoutiez
29:20en famille au départ ?
29:21Michel Berger,
29:23France Galles
29:24parce que vraiment
29:24ma mère était fan.
29:26On écoutait évidemment
29:27de Jean-Jacques Goldman
29:27et Véronique Sanson,
29:30mon oncle,
29:32m'a offert
29:32mon premier CD
29:34et c'était
29:37Véronique Sanson
29:38à l'Olympia
29:38en 94.
29:40Il se trouve
29:40que son vibrato
29:41est célèbre.
29:42Elle l'a trouvé
29:42par hasard,
29:43je ne sais pas
29:43si vous le savez,
29:44en cherchant
29:44à obtenir
29:45l'intensité
29:46de la voix
29:46de Dionne Warwick.
29:47C'est venu comme ça.
29:49C'est très curieux
29:50et c'est resté.
29:51Donc,
29:523 fauteuils sur 4
29:53se retournent
29:54à part Jennifer
29:55et là c'est le bonheur
29:56parce que Louis Bertignac
29:57vous regarde
29:58et on sent
29:58qu'il se passe
29:59quelque chose.
30:00Moi,
30:00il est la raison
30:01pour laquelle
30:02j'ai accepté
30:02de faire cette émission
30:04parce que
30:05j'avais quand même
30:05été un petit peu
30:06traumatisée
30:07par les émissions
30:07de télé
30:09donc comment vous dire
30:10que vraiment
30:11je n'avais pas du tout
30:12envie de participer
30:13à The Voice.
30:13C'était vraiment
30:14le dernier
30:16last resort
30:17comme on dit
30:18à Montpellier
30:20et
30:23les deux éléments
30:24qui m'ont convaincue
30:25c'est un
30:25les membres
30:26de mon groupe
30:26qui m'ont dit
30:26bah écoute
30:27de toute façon
30:28qu'est-ce qu'on a
30:29on n'a rien à perdre
30:30on n'a plus
30:32d'autres options
30:33et Louis Bertignac
30:35le fait de savoir
30:36qu'il y avait
30:37un rockeur
30:37au grand coeur
30:38dans le jury
30:40je me suis dit
30:43c'est pas possible
30:44que Louis Bertignac
30:44ça soit un méchant.
30:46Et résultat
30:46vous avez été
30:48un peu éliminé
30:48au Prime
30:49mais vous êtes
30:49réconcilié
30:50avec la télé.
30:50Oui
30:51j'ai quand même
30:53franchi pas mal
30:54d'étapes
30:55je suis sortie
30:56lors des émissions
30:57en direct
30:58face à Louane
30:59d'ailleurs
30:59et Louis Bertignac
31:02une fois que la saison
31:04s'est terminée
31:04m'a appelé
31:05et m'a demandé
31:07de l'aider
31:08à le préparer
31:09vocalement
31:09puisqu'il s'apprêtait
31:10à faire une tournée.
31:11Voilà
31:12et ensuite
31:12il y a eu
31:12The Voice Kid
31:13parce qu'on vous a repéré
31:14également
31:14dans la production
31:16de The Voice.
31:16C'est Louis Bertignac
31:18encore une fois
31:19puisque
31:19dans la foulée
31:20de sa tournée
31:22la France
31:23a lancé
31:24l'émission
31:24The Voice Kids
31:25et ils ont demandé
31:26à Louis
31:26d'être coach
31:27sur cette émission
31:28également
31:28et Louis a dit
31:29oui
31:29à la condition
31:31que Marlène
31:31soit la coach
31:32vocale de mon équipe.
31:33Incroyable.
31:34Et donc là
31:35effectivement
31:35la production
31:36m'a découverte
31:37en tant que coach
31:38j'étais prof diplômée
31:40et en revanche
31:42la production
31:42m'a dans la foulée
31:43demandé
31:44de passer coach
31:45sur The Voice
31:46également
31:46auprès de Mika.
31:48Mais en même temps
31:49on ne travaille pas
31:50avec les enfants
31:51de la même manière
31:51qu'avec les adultes ?
31:52Non.
31:53Non, non.
31:54Moi j'ai adoré
31:54travailler avec les enfants.
31:56Quel avantage
31:56ou quel inconvénient ?
31:58Pour moi
31:59je n'ai vu aucun inconvénient
32:00à travailler avec des enfants.
32:01J'ai adoré ça.
32:02J'ai adoré travailler
32:03avec des enfants.
32:04Les enfants ont des talents
32:05même dans la chanson
32:06Le Petit Prince
32:07en années 60
32:07Roméo
32:08récemment
32:09Georges Brice
32:09qui a fait son retour
32:10et qui avait triomphé
32:12en étant Roméo
32:12dans les années 70
32:14et qui est d'ailleurs
32:15passé dans The Voice
32:17en chantant Roméo
32:18et Florent Pagny
32:19a reconnu la chanson.
32:21C'est assez...
32:22Comme quoi
32:23les enfants
32:23ont des talents
32:24qu'on n'imagine pas
32:25qu'il faut pousser.
32:27Evidemment
32:27et puis il y a
32:28une certaine...
32:30Je trouve
32:31moi pour ma part
32:32en tous les cas
32:32de travailler avec des enfants
32:33ça m'a rappelé
32:34pourquoi je voulais
32:35faire ce métier.
32:36Et quand je travaillais
32:37avec les adultes
32:38je me rappelais
32:38pourquoi je ne voulais
32:39plus le faire.
32:40Alors il y a eu aussi
32:41cet enseignement
32:42dans les écoles
32:42que vous avez fait régulièrement
32:43dans différentes écoles
32:44et puis Disneyland
32:45car vous avez aussi
32:46formé les voix de Disneyland
32:47ce qui n'est pas facile
32:48parce que Disneyland
32:49on joue sous un costume.
32:52Ça aussi pareil
32:52ça a été une aventure
32:54formidable
32:54c'est Guillaume
32:55Coignard
32:56qui était le directeur musical
32:58à l'époque
32:59aujourd'hui
33:00il a un autre rôle
33:01mais mon cerveau
33:03me joue des tours
33:04toujours est-il
33:05que c'est lui
33:05qui m'a demandé
33:06de venir
33:07de venir travailler
33:08sur le parc
33:10à Paris
33:10et effectivement
33:12j'ai coaché
33:12pas mal de chanteurs
33:13sur divers spectacles
33:15En même temps
33:16quand il chante
33:18dans ce costume
33:19c'est pas évident
33:22En fait
33:23j'ai envie de vous dire
33:24pour moi
33:25c'est exactement pareil
33:26que de travailler
33:27avec des acteurs
33:27dans des spectacles musicaux
33:29parce qu'on enfile
33:30un costume
33:30et on chante une chanson
33:33qui n'est pas la nôtre
33:34on est là
33:35au service d'un personnage
33:36et c'était exactement ça
33:38Et puis il y a eu la surprise
33:39d'un coup de téléphone
33:40vous avez cru
33:41que vos interrupteurs
33:42s'étaient trompés de numéro
33:43lorsqu'on vous a proposé
33:44d'être professeur
33:45d'expression scénique
33:46Ah oui
33:47alors ça oui
33:48effectivement
33:49là je suis tombée
33:50de ma chaise
33:51Dans Star Academy
33:54Vous n'attendiez pas à ça ?
33:55Je ne m'y attendais pas du tout
33:56puisque c'était à l'aube
33:59de la troisième saison
34:02je ne sais plus comment on parlait
34:03on est en année
34:05Et oui
34:07j'avais déjà été confirmée
34:08pour reprendre
34:09en tant que répétitrice
34:10et j'avais acceptée
34:13toujours avec Lucie
34:14et quelques mois
34:18après cette confirmation
34:21je reçois un appel
34:22de mon producteur
34:24qui me dit
34:24et qu'est-ce que tu dirais
34:26d'être professeur
34:28d'expression scénique ?
34:32Oui
34:34C'est Marlène
34:35au téléphone
34:36Oui oui je sais
34:37Et résultat ça s'est bien passé
34:39mais là aussi
34:40c'est un travail considérable
34:41parce qu'il faut transmettre
34:43aux jeunes
34:44cette énergie
34:45que vous avez en vous
34:47Bah moi j'adore ça
34:48Moi j'adore
34:49C'est un rôle
34:52qui me plaît énormément
34:53parce qu'il est
34:54à la croisée des chemins
34:55entre les cours de chant
34:56et les cours de théâtre
34:58et j'aime bien
34:59pouvoir
35:01mélanger
35:01toutes les choses
35:02que je fais
35:03puisque c'est
35:04ce que je fais
35:05artistiquement
35:05Oui mais en même temps
35:06il y a la peur
35:07de passer presque
35:08de l'ombre
35:08derrière le rideau
35:09à la lumière
35:11Oui mais
35:13ça faisait déjà
35:14deux années
35:15que j'étais répétitrice
35:17et où j'étais déjà
35:18passée devant les caméras
35:19donc
35:20même pas mal
35:22Et en même temps
35:23vous devez rassurer
35:25les élèves
35:26vous devez leur imposer
35:27une hygiène de vie
35:28parce que c'est aussi important
35:29et ça c'est vraiment
35:29un travail très particulier
35:31où la psychologie joue beaucoup
35:32Oui
35:34Bon après moi je sais
35:35que j'enseigne
35:36ce que je pratique
35:37Moi je sais que
35:39je ne suis pas du tout
35:41quelqu'un à la base
35:42de rigoureux
35:44ou organisé
35:46ou méthodique
35:48mais ce sont des choses
35:49que j'ai
35:51que j'ai
35:51justement
35:52je les ai
35:54comprises
35:54apprises
35:55et puis je me suis rendu compte
35:56que ça m'aidait tellement
35:57en fait dans mon quotidien
35:58donc je m'impose
36:01une certaine rigueur
36:02une certaine routine
36:03dans laquelle je trouve
36:04du plaisir
36:05mais c'est vrai
36:06que je m'y tiens
36:07Et résultat
36:08ça donne d'autres activités
36:09donc on a parlé
36:10du passé
36:11du présent
36:11on parle du futur
36:13avec la date du 4 juillet 2026
36:14A tout de suite
36:15sur Sud Radio
36:16avec Marlène Schaff
36:17Sud Radio
36:18les clés d'une vie
36:19Jacques Pessis
36:20Sud Radio
36:21les clés d'une vie
36:22mon invité Marlène Schaff
36:23on a parlé
36:23de vos activités multiples
36:25de vos débuts
36:26de Star Academy
36:27et puis une nouvelle activité
36:29le 4 juillet 2026
36:30vous êtes à Avignon
36:31pour la première fois
36:32au théâtre du Rouge Gorge
36:34du 4 au 14 juillet
36:35je crois
36:36Oui c'est ça
36:38je vous disais
36:39que j'allais faire
36:39un Avignon de révolutionnaire
36:41où je commence
36:42avec la révolution américaine
36:45pour finir
36:46avec la révolution française
36:47Voilà
36:47c'est le complément
36:48alors le spectacle
36:50ça s'appelle
36:50A Queen is Born
36:51en fait
36:52c'est une envie
36:53depuis longtemps
36:54de faire un spectacle
36:55un seul en scène
36:55Oui
36:56c'est né
36:57parce qu'il y avait
36:57le groupe de rock
36:58mais ça vous suffisait
36:59parce que le groupe de rock
37:00qui a marché pendant des années
37:01mais vous aviez un besoin vital
37:03de remonter sur scène
37:04Oui j'avais un besoin vital
37:06de remonter sur scène
37:06mais je ne savais juste pas comment
37:08je ne savais pas
37:09parce que vous vous dites
37:10il y avait Star Academy
37:12il y avait l'enseignement
37:13il y avait le doublage aussi
37:14vous avez fait un peu de doublage
37:15j'adorais faire ça
37:16ça ne vous suffisait pas
37:17en fait
37:18c'est même pas
37:19que ça ne me suffisait pas
37:19mais c'est que
37:20toutes les choses
37:21que vous venez d'énumérer
37:22ce sont des activités
37:23qui demandent
37:24à plaire aux gens
37:26Oui
37:27à séduire les gens
37:28à auditionner
37:29et à être pris
37:30et moi
37:31je ne sais pas
37:32séduire les gens
37:34En tout cas
37:35vous avez commencé
37:35à les séduire
37:36et ce personnage
37:37que vous avez inventé
37:38vous avez pensé
37:39au drag queen
37:39parce que les drag queens
37:40vous fascinaient
37:42Oui c'est ça
37:42mais je me suis séduite
37:44moi
37:44je n'ai séduit personne
37:45puisque à force
37:47de passer des auditions
37:48et d'être jetée
37:49je me suis dit
37:50je vais l'écrire moi-même
37:52le spectacle
37:52et je vais m'auditionner moi
37:53et je pense que
37:54je vais me prendre
37:55En fait
37:56l'idée des drag queens
37:57est venue comment ?
37:58En fait
37:59l'univers du drag
38:00c'est un univers
38:01que je côtoie
38:02depuis toujours
38:04puisque mes premières amours
38:06et là où j'ai appris
38:08vraiment à faire mon métier
38:09ça a été sur les scènes
38:10des cabarets
38:11et donc
38:12je travaillais
38:13avec des transformistes
38:14tout le temps
38:15donc
38:17c'est eux
38:17qui m'ont appris
38:18à me maquiller
38:19et puis
38:20et puis
38:21c'est vrai que
38:22d'aussi loin
38:23que je me souvienne
38:24il n'y avait pas une année
38:25où je n'ai pas partagé
38:26la scène
38:27avec des transformistes
38:27alors aujourd'hui
38:29on les appelle
38:30des drag queens
38:31parce que
38:32RuPaul est passé par là
38:33elle a démocratisé
38:35cet art
38:35grâce à l'émission
38:36RuPaul's Drag Race
38:37aux Etats-Unis
38:38mais
38:40on n'a pas attendu
38:41RuPaul
38:42pour avoir des drags
38:43en France
38:43on a des merveilleux transformistes
38:45depuis
38:47pareil
38:48ça fait complètement partie
38:49de notre ADN
38:50moi je suis de la génération
38:51qui rêvait
38:53de pouvoir aller
38:54chez Michou
38:54Michou
38:55qui avait commencé
38:55pour un soir
38:56il avait une discothèque
38:57il trouve des costumes
38:58avec un copain teinturier
39:00il fait ça un soir
39:00pour s'amuser
39:01ça a duré 60 ans
39:02et
39:04la scène était toute petite
39:06les coulisses encore plus petites
39:07et
39:07les serveurs
39:09avaient appris
39:09à se maquiller
39:10à se transformer
39:11en quelques minutes
39:12mais c'est merveilleux
39:13c'est la liberté
39:14tout ça pour moi
39:15alors il se trouve
39:15qu'au début des irakouils
39:16je me suis un peu renseigné
39:17ça date des années 20
39:19aux Etats-Unis
39:20en fait
39:21et même d'avant
39:22puisque l'utilisation du terme
39:23datait du 18ème siècle
39:25il était qualifié
39:27il était utilisé
39:28pour qualifier
39:29les hommes travestis
39:30qui laissaient traîner
39:31leurs jupes sur le sol
39:32car
39:33tout drague
39:34signifie laisser traîner
39:35alors oui
39:36sauf que c'est malheureusement
39:37même un peu plus triste
39:38que ça
39:39puisque c'est pas des hommes
39:40travestis
39:41c'était des femmes
39:42qui étaient interdites
39:43de théâtre
39:44donc les rôles de femmes
39:46étaient joués par des hommes
39:47qui mettaient effectivement
39:49des vêtements de femmes
39:50avec les traînes
39:51qui traînent par terre
39:53on appelle ça
39:54drag clothes
39:55to drag
39:56c'est voilà
39:56ça traîne derrière
39:57donc il y a effectivement
39:59cette explication
40:00au nom drag queen
40:01il y en a d'autres
40:02qui disent que drag
40:03c'est aussi
40:03l'acronyme de
40:04dress as a girl
40:07moi je dis juste
40:08que le drag
40:09c'est une manière
40:10de trouver
40:11son super héros
40:13en l'occurrence
40:14ma super héroïne
40:14il se trouve aussi
40:16que vous avez un modèle
40:16qui est Bianca Rio
40:17qui est un transformiste
40:19très célèbre aux Etats-Unis
40:20Bianca Rio
40:21c'est vraiment
40:22c'est
40:24bah pour moi
40:25elle représente
40:26la quintessence
40:27de ce que j'aime
40:27dans le drag
40:28puisque
40:29le drag
40:30est un art
40:30qui nécessite énormément
40:32de
40:33pardon le mot
40:34ne vient plus
40:35en français
40:35de skills
40:36de savoir-faire
40:39voilà
40:39de savoir-faire
40:41et c'est des savoir-faire
40:43qui demandent
40:43des années
40:44et des années
40:45de travail
40:46pour les parfaires
40:47et je trouve
40:48que Bianca Rio
40:49à la base
40:50c'est une humoriste
40:52voilà
40:52donc déjà
40:53ça c'est un savoir-faire
40:54en soi
40:55et donc
40:56qui fait des spectacles
40:57depuis des lustres
40:58mais en plus de ça
40:59elle est également
41:00costumière
41:01donc son alter ego
41:03masculin
41:03était costumier
41:05à Broadway
41:06donc
41:07déjà
41:08vous vous rendez compte
41:09un peu
41:09le savoir-faire
41:10de savoir-faire
41:11des costumes
41:12de scène
41:12c'est exceptionnel
41:14et en plus
41:15elle a développé
41:15des talents
41:16c'est elle
41:17qui fait toutes ses perruques
41:18qui coiffe ses perruques
41:19c'est un travail de dingue
41:20moi j'ai horreur
41:20de faire ça par exemple
41:21le maquillage
41:23et donc
41:23et tout
41:24pour moi
41:25sur une échelle
41:26de 0 à 10
41:27je dirais que
41:27Bianca Rio
41:28ou même
41:29James Monsoon
41:30on est sur du
41:319 sur 10
41:32au niveau
41:32de l'excellence
41:34il se trouve en plus
41:35que ce personnage
41:36de Petra
41:36que vous avez imaginé
41:37il vient d'un souvenir
41:39d'enfance
41:39je crois
41:39de votre père
41:40et de poupée
41:41c'est ça
41:43donc moi
41:43j'ai grandi
41:45à la Brest
41:45qui est un petit village
41:46où on n'avait pas
41:47de magasin de jouets
41:48ou de choses comme ça
41:49et mon père
41:50lui
41:50donc allait travailler
41:52en Allemagne
41:52et quand j'étais sage
41:54il me ramenait
41:54un jouet
41:55et il lui arrivait
41:57de me ramener
41:58des poupées Barbie
42:00sauf que c'était pas
42:01la marque Barbie
42:01c'était la marque allemande
42:02et c'était des Petra
42:03qui étaient beaucoup
42:04moins chères que les Barbie
42:05donc il y avait
42:06un succès phénoménal
42:07et je crois que Petra
42:08avait un fiancé Fred
42:10et une petite sœur Peggy
42:11en tous les cas
42:12moi j'avais la maison
42:13de Petra
42:14dans ma chambre
42:14donc quand vous avez
42:16imaginé ce spectacle
42:17vous avez immédiatement
42:18pensé à Petra
42:19oui
42:19je voulais avoir
42:21c'est ma super héroïne
42:22donc il fallait que je trouve
42:24un
42:24donc c'est moi
42:26c'est moi
42:27c'est pas
42:28je me cache pas
42:28derrière elle
42:29et donc je voulais lui trouver
42:30un nom qui
42:32qui soit très proche de moi
42:33donc c'était important
42:34qu'il y ait un côté allemand
42:37prononçable en français
42:38et puis une petite touche
42:39d'humour
42:41pour moi quoi
42:42alors il y a eu
42:42l'écriture du spectacle
42:43mais il y a eu surtout
42:44des répétitions
42:45pendant des heures
42:46devant une glace
42:47Marlène Schaff
42:48oui
42:49les répétitions
42:50devant la glace
42:50ça ça a été
42:52pour
42:53ça a été avant
42:54que Petra naisse
42:55oui
42:55parce que pour faire naître
42:56Petra
42:57il a fallu
42:58que je me réconcilie
43:00avec moi
43:02et que je
43:04tout simplement
43:05je m'aime
43:06et une fois
43:07que j'ai trouvé
43:08ça
43:09je ne voulais plus
43:10mettre Marlène
43:11sur scène
43:12et en fait
43:13ce personnage
43:15répéter
43:16dans une glace
43:16c'est quelque chose
43:17que les artistes
43:18d'hier et d'avant-hier
43:19faisaient
43:19piaf répéter
43:20devant une glace
43:21montant
43:21répéter
43:22pendant des journées
43:23devant sa glace
43:23c'est comme ça
43:24qu'on apprend
43:24vraiment son personnage
43:27bon
43:27c'est une méthode
43:28c'est une méthode
43:29elle a bien marché
43:31ça a été
43:33dur
43:33ça a été très dur
43:34ça a été violent même
43:35oui mais en même temps
43:36il y a eu un spectacle
43:37qui vous a marqué
43:38et qui est aussi
43:39dans la lignée de ça
43:40c'est Bridget Jones
43:41que vous avez joué à Londres
43:42oui
43:42ouais ouais
43:44ah bah ça
43:44ça a été un des
43:45plus beaux moments
43:47de ma vie
43:47pourquoi ?
43:48bah parce que
43:49déjà
43:51comme je vous le dis
43:52l'anglais ça fait vraiment
43:54partie de ma vie
43:54et comme l'allemand
43:56fait partie de ma vie
43:57mais quand je suis en Allemagne
43:59et que je parle en allemand
44:00bah je vais pas avoir
44:00le même humour
44:01que quand je suis en France
44:02en français
44:02et pareil avec l'anglais
44:03et donc
44:05bah on m'a
44:06très vite fait comprendre
44:08que j'emmerdais tout le monde
44:09avec mon anglais
44:10ma culture
44:11anglo-saxonne
44:12etc
44:12et donc
44:14ok bah puisque
44:15j'emmerde tout le monde
44:16bah je vais garder
44:16mes petits trucs à moi
44:17puis je vais aller à Londres
44:18dès que j'ai 5 minutes
44:19toute seule
44:19comme une grande
44:20et puis j'allais
44:21j'allais vivre
44:23mon rêve là-bas
44:24et
44:25bah de fil en aiguille
44:28j'ai rencontré
44:29une personne
44:30qui est aujourd'hui
44:31dans ma vie
44:32et qui a monté
44:33donc ce jukebox musical
44:34sur Bridget Jones
44:35à Londres
44:35et
44:36et elle m'a proposé
44:38le rôle de Bridget Jones
44:39quand on voit le film
44:40quand on voit le film
44:40on voit qu'elle fume sans arrêt
44:41il faut savoir que
44:42la comédienne
44:43Reza Elvegaard
44:44ne fumait pas
44:44donc c'était des cigarettes
44:46à base de plantes
44:47ah oui bah nous
44:47on fumait pas non plus
44:48on fumait pas
44:49vous avez fait un tabac
44:50quand même
44:52merci Jacques
44:52alors vous reviez en France
44:53et là il y a une rencontre
44:55de quelqu'un
44:55avec qui vous avez travaillé
44:56au début
44:56qui est Jean-Baptiste Tarnal
44:58qui était dans
44:58Coup de Foudre
44:58c'était le metteur en scène
45:00de Coup de Foudre
45:00absolument
45:01et là c'est une complicité
45:02qui naît pour ce spectacle
45:03bah en fait
45:04quand Jean-Baptiste
45:06avait eu quelque chose
45:08de rare
45:09c'est que
45:09il comprenait justement
45:11cette double culture
45:13que j'avais
45:13il connaissait très très bien
45:15l'univers des transformistes
45:17du drag
45:17en fait
45:18j'ai pas eu besoin
45:19de lui expliquer
45:20ce que je voulais faire
45:21il comprenait
45:23et en plus
45:24c'est un metteur en scène
45:25de talent
45:27qui a une finesse
45:29et une rigueur de travail
45:30qui me parle
45:31donc
45:33pourquoi aller chercher ailleurs
45:34et le point de départ
45:35du spectacle
45:36je crois que c'est une rencontre
45:37avec un psy
45:38entre Pétra et un psy
45:39c'est ça
45:39parce que vous-même
45:40vous avez été
45:41vous avez consulté un psy
45:42pendant des années
45:43oui bien sûr
45:44j'ai fait une psychanalyse
45:45pendant que j'étais en train
45:46en fait avant même
45:47d'être diplômée
45:49quand j'ai fait ma formation
45:51pour passer mon diplôme
45:52de prof de chant
45:52j'avais des cours
45:53de
45:56pédopsy
45:57je ne sais plus comment ça se dit
46:00de pédagogie
46:02et de psychopédagogie
46:04voilà
46:04exactement
46:05et
46:06en fait ça a été
46:07mais
46:08je ne sais pas comment vous expliquer
46:10c'est
46:12j'ai compris que
46:13enseigner
46:16c'était
46:17beaucoup de responsabilité
46:18et que
46:20on ne pouvait pas prendre ça
46:21à la légère
46:22je me suis rendu compte
46:23en apprenant à devenir prof
46:26à quel point
46:27certains profs
46:28avaient changé ma vie
46:30dans le bien
46:31comme dans le moins bien
46:32et je me suis dit
46:34évidemment que si je fais ce métier là
46:36c'est pour
46:38apporter du bien
46:39et il est hors de question
46:41que par ignorance
46:42je fasse du mal
46:43donc
46:44j'ai
46:45j'ai entamé une
46:47psychanalyse
46:47et résultat
46:49il y a ce spectacle
46:49ce spectacle finalement
46:50où votre personnage Petra
46:52dit tout haut
46:53ce que vous n'osez pas dire
46:54tout bas Marlène
46:56absolument
46:56oui c'est vrai
46:57complètement
46:58ça vous permet de vous libérer
46:59complètement
46:59tout en faisant de la musique
47:00et du piano
47:01c'est ça
47:02en fait
47:04ce spectacle là
47:06c'est
47:07moi
47:08mais
47:08vous aviez envie de dire des choses
47:10qui ne sortaient pas de vous
47:12bien sûr
47:12vous voyez
47:13j'ai perdu ma voix
47:14à un moment de ma vie
47:16il se trouve aussi
47:17qu'il y a deux stars
47:18qui vous ont inspiré
47:19Emma Thompson
47:21et Meryl Streep
47:21ah oui
47:24pourquoi ?
47:26parce que
47:27j'aspire
47:30j'aspire
47:31à pouvoir
47:34dégager
47:35ne serait-ce que
47:351%
47:36de ce que ces femmes
47:37dégagent
47:38parce que
47:38en fait
47:39déjà
47:40elles ont pour moi
47:41la tout séduction
47:42le plus important
47:44elles sont intelligentes
47:46et elles utilisent
47:47leur intelligence
47:48au service
47:49de l'humanité
47:50en choisissant
47:51des projets
47:52qui ont du sens
47:52en agissant
47:54avec du coeur
47:54en mettant
47:56cet humour
47:58tellement
48:00gourmand
48:01dans tout ce qu'elles font
48:03elles me fascinent
48:04et surtout
48:05je crois que
48:06ce qui me fascine
48:07c'est
48:10leur façon
48:10de travailler
48:13Meryl Streep
48:14si elle est
48:15l'actrice qu'elle est
48:16qu'elle a la carrière
48:16qu'elle a
48:17celle qui a eu
48:18le plus de nominations
48:19aux Oscars
48:20aux Golden Globes
48:22c'est pas
48:23c'est pas par hasard
48:25c'est pas par hasard
48:26c'est du travail
48:27le travail
48:28donc à commencer
48:28Queen is Born
48:30c'est un titre anglais
48:30parce que
48:30évidemment
48:31vous ne pouviez pas
48:32imaginer un autre titre
48:33qu'en anglais
48:36mon spectacle
48:37c'est un spectacle
48:38où je dis
48:40stop
48:40à tous vos conseils
48:42donc je vais faire
48:44exactement
48:44ce que j'ai envie de faire
48:46donc c'est un
48:47c'est un doigt d'honneur
48:48mais avec des paillettes
48:50et plein d'amour
48:51et ça correspond aussi
48:53à quelque chose
48:53qu'une dame vous a dit
48:54dans un train
48:55quand vous aviez 10 ans
48:56oui le temps perdu
48:57ne se rattrape jamais
48:58et vous avez envie
48:59de rattraper ce temps là
49:00aujourd'hui
49:00bah non
49:01puisque je le rattraperai
49:02jamais
49:03mais en revanche
49:04je vais arrêter
49:05d'en perdre
49:05alors il se trouve aussi
49:06qu'il y a une expérience
49:07qui vous a marqué
49:08c'est le paradis latin
49:10vous avez été maîtresse
49:11de cérémonie
49:11là c'est aussi une étape
49:12vers ce spectacle
49:13bah ça ça a été
49:14vraiment fabuleux
49:15puisque
49:16donc j'ai audition
49:17Kamel Wally
49:20j'essaye de m'en souvenir
49:24j'ai travaillé sur
49:25j'étais coach
49:26j'ai travaillé sur une émission
49:27moi j'étais coach
49:28vocal sur cette émission
49:29je me souviens même plus
49:30le nom de l'émission
49:31peu importe
49:32et Kamel Wally
49:33travaillait en tant que
49:34directeur artistique
49:35sur cette émission
49:36donc on s'est connus
49:37comme ça
49:37et
49:39on échange
49:41rapidement
49:42et
49:43je lui dis
49:44que
49:44j'ai un personnage
49:46de drag
49:48ah ok
49:49point
49:49basta
49:50on va faire nos vies
49:51moi j'enchaîne
49:53je fais la
49:54donc cette première saison
49:55de la Starac
49:56et
49:57pendant cette saison là
49:58Kamel m'appelle
49:59et me dit
50:02j'aimerais que tu viennes
50:03auditionner au paradis latin
50:05pour le rôle
50:06de la maîtresse de cérémonie
50:07mais je voudrais
50:08que tu viennes en drag
50:09et c'est la
50:11Kamel a été
50:11la première personne
50:13à me demander
50:14de venir en drag
50:16parce que
50:16moi j'ai fait mon personnage
50:18mais comme je vous l'ai dit
50:19c'est un personnage
50:19qui n'a pas demandé
50:20l'autorisation
50:21et donc
50:23je me disais
50:24vous voulez pas de moi
50:25j'ai pas le droit
50:25de m'appeler une drag queen
50:26une femme qui fait du drag
50:27c'est nul
50:27enfin bref
50:28je
50:29je m'en fais des
50:31je me fais des colis
50:33avec vos perles
50:33et là Kamel lui
50:35il me dit
50:35non non non
50:36je veux que tu viennes
50:36en drag
50:37avec ton personnage
50:39donc ça a été un
50:41un
50:42ça m'a donné
50:43énormément confiance
50:44bien entendu
50:44et donc
50:45au lendemain de la finale
50:46de cette première saison
50:48à 10h du match
50:49j'étais en drag
50:51au paradis latin
50:52pour auditionner
50:53pour ce rôle là
50:54la suite ce sera donc
50:56d'abord les 15 avril
50:57et 19 mai à Paris
50:58je crois
50:59à la Lambra
50:59et puis ensuite
51:00du 4 au 14 juillet
51:02la révolution
51:03si j'ose dire
51:04Marlène Schaaf
51:05avec ce spectacle
51:06au festival d'Avignon
51:08qui est un lieu
51:09très particulier
51:09vous allez découvrir
51:10encore une nouveauté
51:11bah là
51:13déjà jouer à la Lambra
51:14c'est
51:15c'est un cadeau de la vie
51:17c'est vraiment exceptionnel
51:18donc déjà rien que ça
51:19j'en suis tellement heureuse
51:24et le fait
51:25qu'on m'apprenne
51:27que j'allais aller
51:28au festival d'Avignon
51:30bah là je crois
51:30que c'est
51:34je suis en train
51:35de penser à une chanson
51:36en fait je suis en train
51:37de penser à une chanson
51:38des Misérables
51:38I Dreamed a Dream
51:39mais en fait ça c'est
51:40a dream that I didn't dare to dream
51:42voilà
51:42je n'aurais même pas
51:43osé rêver
51:46Avignon
51:46le rêve va devenir réalité
51:48et on vous souhaite
51:48le succès que vous méritez
51:49Marlène Schaaf
51:50je prends
51:50car il faut aller toujours
51:52au bout de ses envies
51:53et de ses idées
51:54vous avez bien raison
51:55merci beaucoup
51:56continuez ainsi
51:57vivez vos rêves
51:58je crois que c'est l'essentiel
52:00merci pour tout
52:01merci pour votre invitation
52:02les clés d'une vie
52:03c'est terminé pour aujourd'hui
52:04on se retrouve bientôt
52:05restez fidèles
52:05à l'écoute de Sud Radio
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