- il y a 1 jour
Télématin reçoit Jacques Pradel, journaliste, que vous retrouverez demain au complexe CGR à Paris ainsi qu’en streaming pour la présentation du symposium « L’univers du crime 2 ».
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Les grandes affaires criminelles l'ont toujours intéressé, si je vous dis les mobiles, les aveux ou bien les alibis,
00:06c'est son quotidien.
00:07Accueillons Jacques Pradel.
00:14Vous avez vu la musique pour accueillir Jacques ?
00:17Bonjour Jacques Pradel, installez-vous.
00:19De circonstance.
00:20Évidemment, bonjour cher Jacques, soyez bienvenus.
00:22Bonjour Jacques, que vous pourrez retrouver en compagnie d'experts demain soir en présentiel à Paris dans un cinéma, on
00:30vous en parlera, ou bien à distance pour un symposium.
00:32Un symposium, donc c'est une réunion, on va dire un parterre de spécialistes autour des affaires criminelles et la
00:39thématique, ce sont les passages à l'acte.
00:42On y vient dans un instant cher Jacques, vous allez tout nous expliquer, on verra des images, vous nous parlerez
00:47des affaires qui seront évoquées sur scène.
00:49On commence par la petite séquence du Tac au Tac. Une minute de question pour mieux vous découvrir, cher Jacques.
00:54Réponse courte, s'il vous plaît.
00:56Ça va être dur.
00:57À chaque fois, on nous dit ça. Vous allez y arriver. C'est parti, on lance le chrono.
01:00Quand on s'appelle Jacques Pradel, vous êtes plutôt du genre à faire des cauchemars avec hémoglobine et mort, ou
01:05bien vous rêvez de sable, de plage de sable fin ?
01:09Non, je rêve plutôt de plage de sable fin. Je suis extrêmement pacifique comme garçon.
01:15Parfait. À l'école, dans quelle matière excelliez-vous ?
01:19Le français.
01:20Et à l'inverse, vous étiez très mauvais en quoi ?
01:22En maths.
01:24Finalement, est-ce que vous n'auriez pas aimé être inspecteur de police pour mener des enquêtes sur le terrain
01:29?
01:29Pas du tout. On m'a posé la question de multiples fois et je réponds toujours, j'aurais préféré être
01:36psychiatre pour essayer de comprendre.
01:38D'accord. Selon vous, est-ce que le crime parfait existe ?
01:42Oui, bien sûr. Par définition, on n'est pas au courant, mais il existe.
01:47Vous êtes plutôt inspecteur Colombo ou commissaire Maigret ?
01:51J'aime bien les deux. J'aime bien les univers à la Simnon et les crimes à la Simnon, c
01:59'est-à-dire le crime de monsieur et madame tout le monde.
02:01Et j'aime bien Colombo pour l'enquête.
02:04Et enfin, est-ce que vous préférez tuer le temps ou vous tuer à la tâche ?
02:08Pardon ?
02:08Est-ce que vous préférez tuer le temps ou vous tuer à la tâche, cher Jacques ?
02:14J'aurais plutôt tendance à me tuer à la tâche.
02:16On est d'accord. Merci d'avoir répondu à ces questions. On vous retrouve donc demain en compagnie d'experts,
02:21on le disait, au complexe CGR Porte des Lilas à Paris ou en même temps à distance par Internet.
02:26Les gens pourront apprécier et découvrir ce symposium. Voici la bande-annonce de ce qui va se passer demain soir.
02:34Pourquoi certaines personnes passent à l'acte ? Le 27 mars à Paris. L'univers du crime. Saison 2. Au
02:39cœur des grandes affaires criminelles. Un symposium de 3 heures. Enquêteurs. Magistrats. Journalistes. Avocats. Décryptes. En direct à Paris et
02:48en streaming partout.
02:50Alors cher Jacques, vous serez sur scène avec le général François Daoust, ancien directeur du pôle judiciaire de la Gendarmerie
02:56nationale. Il y aura 10 experts autour de vous, notamment Philippe Charlier, médecin légiste, Daniel Zaguri, psychiatre.
03:02Et donc le thème, c'est le passage à l'acte.
03:04Oui, absolument. C'est-à-dire, c'est le mystère du passage à l'acte. Parce qu'on se pose
03:10toujours la même question. Mais qu'est-ce qui fait que quelqu'un qui pourrait être notre voisin de palier,
03:18un collègue ou une collègue de travail…
03:20Non, non, non, mais je ne me dis personne.
03:23Un collègue de travail, c'est arrivé ?
03:24Oui, probablement.
03:26Bien sûr, bien sûr.
03:28Non, qu'est-ce qui fait que des gens comme vous et moi basculent un jour dans l'acte criminel
03:36?
03:36Alors, il n'y a pas une raison. Il y en a 10, 20, 50.
03:40C'est comme les accidents d'avion. Il faut plusieurs…
03:45Ce qui est formidable, c'est la situation psychologique dans laquelle se trouve quelqu'un qui n'a qu'une
03:56idée pour résoudre le problème qu'il ou elle rencontre que de tuer la personne qui incarne son problème.
04:03La personne ou les personnes ? Parce que parmi les affaires traitées, il y a par exemple celle qu'on
04:08a tous en tête qui est l'affaire Xavier Dupont-de-Ligonnès.
04:10Ben oui, bien sûr.
04:11Il a soupçonné d'avoir tué toute sa famille en 2011 à Nantes. Il est le principal suspect. Qu'est
04:18-ce que vous dites de cette affaire par exemple sur scène ?
04:22J'en ai parlé beaucoup avec Daniel Zaguri qui vient de lui consacrer un livre dont le titre est intéressant
04:32parce que le titre du livre de Zaguri, c'est je crois l'énigme public numéro un ou le mythe
04:42public numéro un.
04:43Parce qu'on le voit partout, partout où il ne faut pas non plus parce qu'il y a un
04:51malheureux qui a été arrêté un jour parce que les policiers de Roissy trouvaient que c'était peut-être lui.
05:00Moi je pense intimement, mais c'est parce qu'on me pose toujours la question, je pense comme Zaguri d
05:07'ailleurs qu'il a dû finir par se suicider dans l'endroit…
05:12Oui, parce que c'est un type qui… on n'a jamais eu autant d'informations, des mails, des mails
05:23personnels, des mails avec sa femme, des mails avec ses enfants, des mails avec ses amis,
05:27où il explique un an avant, il explique ses difficultés financières et il dit à ses amis, il appelle d
05:34'ailleurs son mail « testament », quand même incroyable.
05:37Oui, mais ça peut être pour mouiller les pistes.
05:39Oui, oui, mais là je crois, le ton du mail ne se prête pas à ça.
05:47Vous pensez qu'il a fait tout ça pour finir par se foutre en l'air ?
05:51Oui, bien sûr.
05:53Ce n'est pas l'avis de Bruno de Samonrat qui est son meilleur ami qui pense qu'il était
05:55encore en ville.
05:56Oui, bien sûr.
05:57Et d'un ancien enquêteur qui était sur ce plateau il y a quelques semaines, qui venait une enquête aux
06:01Etats-Unis.
06:02C'est évidemment une conviction d'un professionnel du genre, mais ça n'empêche pas, de toute façon on ne
06:10peut avoir que des hypothèses.
06:12Oui, et puis ça n'empêche pas, vous, votre conviction.
06:14Moi j'ajoute non simplement, dans le mail dont je parle, il y a une chose qui m'a accroché,
06:20c'est qu'il disait, de toute façon, quoi qu'il arrive,
06:24parce qu'il disait quand même dans la ligne précédente, si mes problèmes continuent, je serais peut-être obligé de
06:32tuer tout le monde et de mettre le feu à la maison.
06:34Il n'a pas fait, mais il a quand même tué tout le monde, cinq personnes quand même.
06:40Et donc, à la ligne suivante, il dit, de toute façon, je ferai ce qu'il faut pour qu'on
06:46ne puisse jamais prouver que c'est moi.
06:48Mais vous pensez qu'il est mort il y a longtemps, par exemple ?
06:51Je pense qu'il est mort vers le 15 avril 2011, c'est-à-dire le…
06:57Après avoir été saisi par les caméras de Roi Grune sur l'argent.
07:00Oui, voilà, exactement.
07:01Retire de l'argent à un distributeur.
07:02Et il ne faut pas oublier que c'est un homme qui était dans une famille hyper-cathos, si vous
07:09me passez l'expression.
07:12Sa mère avait rendez-vous avec la viange Marie tous les vendredis.
07:16Et lui, on lui avait dit, quand il était adolescent, tu es le prochain Messie.
07:21Oui, oui, il y avait…
07:22Comment le prochain Messie peut tuer cinq personnes ?
07:27Ce n'est pas possible, quoi.
07:28Voilà.
07:28Alors, vous allez parler, donc, pardon Jacques, de cette affaire.
07:31Je suis désolé.
07:31Non, non, mais il n'y a pas de souci.
07:32Et d'autres affaires, notamment…
07:34Et nous, on est là.
07:34L'affaire Flactif, Jacques, du nom de cette famille, les deux parents, les trois enfants tués en 2003 au Grand
07:40Bornand.
07:40Oui, alors c'est François Daoust qui va en parler.
07:43On va commencer d'ailleurs par cette affaire, parce que l'affaire Flactif, on ne va pas rappeler,
07:49mais c'est une famille de cinq personnes également qui disparaît.
07:53Il y a un garçon qui vient voir… c'est une famille recomposée.
07:58L'un des fils de Graziella, la femme, qui s'est remariée avec Xavier Flactif, un promoteur immobilier,
08:07ils lui ont envoyé un billet d'avion et ils ont payé un taxi pour qu'il puisse venir au
08:12Grand Bornand.
08:13Et le jeune homme se pointe à la maison et la maison est fermée.
08:20Il sonne et personne ne répond.
08:22C'est le début de l'affaire.
08:23Mais pourquoi je dis que c'est un peu le dada de François Daoust,
08:29qui a été quand même, il ne faut pas l'oublier, patron de l'IRCGN, c'est-à-dire les
08:33experts de la gendarmerie,
08:34pour lui, c'est une affaire, c'est un cas d'école,
08:40parce que la police scientifique a permis de résoudre cette affaire,
08:45qui était un grand mystère, en deux mois à peu près.
08:48Et tous les experts de l'IRCGN se sont enfermés dans la maison du crime.
08:54Dans le chalet.
08:55Finalement, mais dans lequel on a retrouvé des éléments biologiques, etc.
09:00Des traces de sang qui sont apparues.
09:01Oui, des traces de sang, des traces de dents, d'enfants, pardon du détail.
09:06Et en fait, ils ont trouvé les ADN des cinq membres de la famille.
09:11Et ils ont trouvé aussi un ADN numéro 6,
09:14qui était l'ADN d'un voisin qui se répandait à la télé,
09:19dans la presse, pour dire pique-pendre de la victime,
09:22qui disait, oui, non, mais c'est un salaud, c'est un escroc,
09:27il doit être aux Antilles, sous le soleil, etc.
09:31Donc la scientifique a permis de comprendre le passage à l'acte aussi.
09:37Et comme il avait attiré l'attention sur lui,
09:40la police avait son ADN.
09:42Mais l'ADN numéro 6, c'était lui, quoi.
09:45Et ce qui est formidable, on parlait du passage à l'acte,
09:49c'est pourquoi est-il passé à l'acte ?
09:51On n'a que des suppositions,
09:53mais c'est l'envie, la jalousie de quelqu'un...
09:57Le mobile.
09:58Voilà, qui est tué par haine et par jalousie.
10:01Ce qui fait penser à l'affaire Grégory, également,
10:03dont vous parlez.
10:06On peut y passer la matinée, c'est génial.
10:09Parce que moi, j'écoute des podcasts.
10:13Donc j'ai l'impression de vous entendre.
10:14Mais oui, mais il n'y a rien qui attend,
10:17parce qu'il a envie d'interviewer notre invité,
10:20car vous avez recréé la chambre d'ado de notre invité.
10:23Absolument, j'ai envie d'en savoir un peu plus sur vous, mon cher Jacques.
10:25Alors, j'ai imaginé à quoi pouvait ressembler votre chambre d'adolescent.
10:30Alors, on a mis au mur quelques souvenirs, peut-être, qui vous interpelleront.
10:35Prévert, c'est bien vu.
10:36Alors, on va y aller progressivement.
10:39Commençons, en effet, par Prévert.
10:40Prévert, c'est intéressant, Prévert, parce qu'il a bercé votre enfance, votre adolescence.
10:45Absolument, c'était mon livre de chevet.
10:47C'était un homme que j'admirais particulièrement.
10:51J'admirais l'auteur, le poète.
10:54Et j'ai fini, j'étais au lycée Condorcet, à l'époque, et je m'occupais du journal de Condorcet.
11:03Et donc, j'ai interviewé Jacques Prévert.
11:08C'était un entretien qu'on avait publié en décembre de cette année-là, et où le titre, c'était
11:16« Le Père Noël n'existe pas ».
11:19Alors, il y a Prévert, il y a Rimbaud aussi.
11:21Je sais que vous aimez beaucoup la poésie.
11:23Oui.
11:24Vous n'avez jamais eu envie d'en écrire, vous, de la poésie ?
11:27Ah, mais ça fait partie de la sphère intime, bien sûr, que j'ai gratté des…
11:36Voilà.
11:37Et encore aujourd'hui, vous écrivez des poèmes ?
11:39Non, j'écris surtout des affaires épouvantables.
11:42C'est ton poème.
11:44Oh, toi, le mort.
11:46Le mot poésie ne va pas très bien avec affaires.
11:49Peut-être qu'en Alexandrin, ça ferait un joli recueil d'affaires.
11:53Un autre élément sur lequel on pourrait s'arrêter, c'est l'avion.
11:56Parce que vous rêviez d'être pilote d'avion, c'est ça ?
12:01Oui, bien sûr.
12:02Ça vous a fasciné, en tout cas.
12:03Alors, je suis pilote privé.
12:05Je ne pilote pas des engins comme celui qui est là.
12:10Voilà ce que ça donne si vous pilotez.
12:11C'est un très joli montage, vraiment.
12:13Très bon.
12:14Pas mal.
12:15Vous portez bien l'uniforme, alors.
12:17J'aimerais bien une petite copie, mais la casquette est un peu grande.
12:21On va dire que j'ai la grosse lettre.
12:23Donc, vous pilotez des petits avions ?
12:25Oui, bien sûr.
12:26On l'apprend.
12:27On en apprend.
12:29Il y a également un tract.
12:31Un tract de mai 68.
12:33Ah oui.
12:34Parce que mai 68, vous aviez 21 ans.
12:37Et alors, il paraît que vous vous êtes fait matraquer.
12:40Oui.
12:41Mon père était médecin.
12:45Et quand je suis venu avec la trace dans le dos du bâton avec lequel un CRS SS, à l
12:51'époque, m'avait traqué, mon père m'a donné deux aspirines et il m'a dit « t'avais qu
12:57'à pas être là ».
12:58Voilà.
12:59À la dure.
13:00Mais pardon, mais que faisiez-vous là ?
13:03Je manifestais.
13:04Ah, vous manifestiez ?
13:05Oui, bien sûr, parce que j'étais à Sciences Po.
13:08J'étais à Sciences Po pour faire plaisir à ma famille, parce que moi, je voulais plutôt être comédien.
13:13Enfin bon, mais on m'avait dit « passe tes diplômes d'abord et on verra après ».
13:18Et c'est une année, 68 pour moi, c'est une année bascule, parce que c'est la première fois
13:24que j'ai connu une radio qui, en l'occurrence, était Europe 1.
13:29Vous étiez téléphoniste ?
13:31Oui, où je répondais au téléphone.
13:34J'étais téléphoniste parce qu'on se passait d'étudiant à étudiant.
13:37Oui, les pistes de job.
13:38Les bonnes adresses pour gagner un peu d'argent, les petits boulots, quoi.
13:42Bien sûr.
13:42J'ai même été vir de nuit à Europe.
13:46Oui, qui a fait tout ce qu'on me proposait.
13:47Il a fait tous les métiers, Jacques.
13:49Mais en même temps, c'est une année bascule, parce que du coup, j'ai arrêté mes études en deuxième
13:55année de Sciences Po.
13:56Et je suis parti vers un autre destin, une autre aventure, qui est l'aventure de la radio.
14:03C'est ça, l'aventure de la radio.
14:04Merci beaucoup, Adrien.
14:06Est-ce que vous savez, Jacques, que vous avez pléthore d'enfants spirituels ?
14:10Des vocations que vous avez fait naître ?
14:12Regardez, il y a Fabrice qui a un petit message pour vous.
14:15Regardez, cher Jacques.
14:17Bonjour, Jacques Pradel.
14:18Je voulais simplement vous dire un grand merci.
14:20Avec Perdu de vue, vous avez fait naître beaucoup d'émotions et redonné de l'espoir à des milliers de
14:24familles.
14:24Vous avez changé des vies, la mienne en fait partie.
14:27Très jeune, en vous regardant, vous avez éveillé en moi l'envie de retrouver et de réunir.
14:32Aujourd'hui, je suis détective privé et généalogiste et j'ai contribué à rassembler près de 5000 familles en 30
14:36ans.
14:37Une partie de ce parcours, je vous le dois et je vous remercie.
14:40Et rassurez-vous, vous, je ne vous ai jamais recherché, vous étiez faciles à trouver.
14:46Eh oui, bien sûr.
14:47Vous en recevez beaucoup de témoignages de ce genre, Jacques.
14:50Oui, j'ai des témoignages de journalistes aussi, de jeunes journalistes qui me disent
14:55« je suis devenu journaliste parce que vous m'avez donné envie, etc. »
14:58Ça, c'est un joli compliment.
14:59Et c'est vrai aussi que, Perdu de vue, pour moi, au-delà des polémiques,
15:04bon, on ne va pas revenir là-dessus,
15:06c'était l'occasion de donner la parole à monsieur et madame tout le monde.
15:12Parce qu'à l'époque, au début des années 90, pour entendre, pour voir et entendre à la télé un
15:22monsieur ou une madame tout le monde,
15:23il fallait qu'ils aient fait quelque chose d'abominable et qu'on ait parlé d'eux au journal télévisé.
15:28Alors que là, c'était une émission d'entraide dans notre esprit, bien sûr.
15:33Et on se disait, mais il y avait beaucoup de fugues, mais il n'y avait pas encore la notion
15:39de disparition inquiétante à l'époque.
15:41Donc, on disait, quand les gens allaient au commissariat du quartier ou chez la gendarmerie
15:47pour dire « mon fils ou ma fille a fugué, elle a disparu. »
15:51Ne vous inquiétez pas, monsieur ou madame.
15:53Les statistiques nous disent que dans 9,9 cas sur 10, ils reviennent, on les retrouve.
16:00À l'époque, c'était vrai, mais il n'y avait pas l'alerte-enlèvement, il n'y avait pas
16:06Fourniret, Dutroux et les autres.
16:08C'est une autre époque, évidemment, Jacques.
16:10Merci à Fabrice, en tout cas, pour ce petit message adressé à Jacques Fradel.
16:13Merci beaucoup.
16:14On va plonger dans les archives et c'est Mathilde qui les recherche pour nous.
16:18Et on va retourner à la radio, vous en parliez tout à l'heure.
16:21En 77, vous avez la chance de partager l'antenne de France Inter avec une femme qui a guidé des
16:27générations de parents, Françoise Dolto.
16:31Ce qu'on appelle le complexe d'Édipe, c'est un conflit intérieur à chaque être humain
16:36qui est le conflit entre l'amour du parent du même sexe et la rivalité avec ce parent du même
16:43sexe.
16:43Est-ce qu'il n'est pas dangereux de voir des psychanalystes, des psychologues occupés des heures d'antenne et
16:47distribuer des conseils ?
16:49C'est-à-dire, vous devenez un petit peu celle qui donne des conseils à tous les parents pour élever
16:53tous les enfants.
16:55Vous dites ça et c'est justement ce que je n'aurais pas voulu qu'on dise de cette émission,
16:59qu'elles soient des conseils.
17:02Françoise Dolto qui ne voulait pas livrer des recettes toutes faites comme ça ?
17:05Non, bien sûr que non.
17:06Comment ça se passait avec elle, hors antenne ?
17:10Formidablement.
17:10C'est peut-être la femme la plus importante que j'ai rencontrée dans mon parcours professionnel.
17:18Parce que d'entrée de jeu, quand on s'est rencontrés à France Inter pour parler de l'émission qu
17:25'on allait faire,
17:26elle m'a dit, attendez, à l'antenne, je ne suis pas psychiatre, vous n'êtes pas journaliste,
17:32on est un homme et une femme, et c'est très important, parce que je lui avais dit,
17:36moi, les questions que je vais vous poser, on va les couper au montage et vous parlerez.
17:41Elle m'a dit, non, pas du tout, parce qu'il faut que les gens s'identifient à un couple
17:47de parents.
17:48Alors, peu importe la différence d'âge, mais voilà.
17:51Et c'était une femme formidable, parce que, évidemment, on lui a fait dire,
17:56comme à toutes les personnes un peu célèbres, on lui a fait dire ce qu'elle n'avait jamais dit.
18:02Elle avait dit, l'enfant est une personne, et c'était pour, ça voulait dire, l'enfant doit être respecté.
18:10Ce n'est pas parce qu'on est enfant qu'on peut tout se permettre par rapport à la personnalité
18:17profonde d'un enfant.
18:20Voilà, elle m'a donné beaucoup, beaucoup de, non pas de conseils, mais de leçons, je vais dire, voilà.
18:26Autres archives, Mathilde.
18:27Alors, on vous confie ensuite plusieurs émissions à la télévision.
18:29En 87, vous animez Ligne Directe.
18:32Il y a un moment, je pense, dont vous vous souvenez, c'est l'intervention de Corinne,
18:36une jeune femme qui arrive en tenue de soubrette, sur le plateau.
18:40Vous ne vous souvenez pas ?
18:40C'était un gag.
18:42C'était un gag, mais sur le coup, vous ne savez rien.
18:44C'est une surprise.
18:45Elle est venue s'asseoir sur le milieu.
18:46Oui, on va voir la séquence.
18:47Je me souviens encore.
18:48C'était joli.
18:50Je vous remercie d'être venu cet après-midi dans Ligne Directe, parce que...
18:55Pardon ?
18:56Jacques ?
18:57Oui, excusez-moi.
18:58En captant grâce à mes précieuses antennes quelques ondes hertziennes,
19:04j'ai sournoisement appris que votre nouvelle émission était née de surprise.
19:09Je ne pouvais émettre quelconque son.
19:11Alors, voulant faire la lumière, ne sachant ce qu'il se filait, quel écran s'interposait
19:21entre nous, j'ai émis le désir de venir sur ce plateau.
19:28Oui.
19:29Vous savez que ma famille regarde ?
19:30Oui.
19:31Ma famille regarde.
19:33Ma famille regardait.
19:34Et je vois aussi, je faisais cette émission en co-présentation avec Dominique Verdeillon,
19:42d'ailleurs qui a aussi mal tourné que moi par la suite, puisqu'il est devenu
19:46le spécialiste des affaires criminelles et des procès sur la 2.
19:51Exactement.
19:52Eh bien, dites-donc, surprise là.
19:54C'est les aléas du direct.
19:57Merci beaucoup Mathilde.
19:59On remercie Jacques Pradel d'être venu nous voir.
20:01Donc, l'univers du crime, c'est demain soir, cinéma, CGR à Paris, ou bien à distance.
20:07Et le thème demain soir, ce sera le passage à l'acte.
20:10Merci Jacques Pradel.
20:11Si vous voulez tout savoir, il y a un site internet qui s'appelle universducrime.com.
20:16Voilà.
20:16Voilà, vous savez tout.
20:17Merci d'être venu nous voir, cher Jacques.
20:19Merci beaucoup.
20:19C'est moi qui vous remercie pour cette plongée dans le passé.
20:24Avec grand plaisir.
20:25Merci Jacques.
20:25Très sympa.
20:26À très bientôt.
20:27À bientôt.
20:27Merci beaucoup.
Commentaires