00:00Et la justice, qu'est-ce qu'elle a dit dans le cas de Jean-Marc Morandini ?
00:03Elle a dit deux ans de prison avec sursis.
00:06Sursis, ça veut dire deuxième chance.
00:07Et puis après, il y a une deuxième vertu qui s'affronte, c'est le pardon.
00:12Les dirigeants de CNews, je pense, ont pris les bonnes décisions.
00:23Alors, M. Bolloré, je ne souhaitais pas particulièrement que vous veniez dans cette commission.
00:28Et comme vous l'avez dit, vous n'avez pas grand-chose à dire, si ce n'est votre avis
00:31personnel.
00:32Sur cette petite caste, alors ce serait intéressant, vous nous en disiez plus.
00:35Moi, je considère que vous faites partie de cette grande caste des ultra-riches qui êtes vraiment extrêmement protégée.
00:41Et si elle était moins protégée, peut-être la France aurait moins de problèmes financiers.
00:45Alors, vous nous avez dit que les médias étaient des outils de puissance.
00:48On voit bien donc pourquoi vous avez investi dedans.
00:50Vous seriez le bouc émissaire facile, peut-être parce que vous utilisez à fond vos outils de puissance.
00:55Alors, ma question est simple. Avez-vous demandé aux directions de vos médias, pour retourner le stigmate,
01:02et faire en sorte que le débat se déplace de bollorer la concentration des médias à bout le service public
01:08pas gentil,
01:08avez-vous demandé à M. Pro, à d'autres dans les médias que vous possédez,
01:13de mener la véritable, je dirais, campagne contre le service public qu'ils ont mené,
01:18notamment le 9 septembre dernier, mais ce n'est qu'un exemple.
01:20M. Pro a dit, tous les jours, je dis bien tous les jours, nous parlerons de France Inter et de
01:25France Télévisions,
01:26tous les jours.
01:28Donc, l'avez-vous demandé ?
01:29Alors, vous allez certainement me dire, non, non, je n'interviens jamais.
01:32Mais comme on l'a vu et comme l'a dit ma collègue, la vice-présidente de l'Assemblée nationale,
01:36il a été démontré que votre non-ingérence, non-intervention était de fait fausse,
01:41et que vous intervenez régulièrement dans les médias que vous possédez.
01:46J'ai une dernière question, M. Bolloré. Pensez-vous que le soutien sans faille de la direction de CNews à
01:53M. Morandini
01:54était juste, étant donné le pouvoir d'influence et d'exemplarité dont fait preuve la télévision dans notre société ?
02:06D'abord, je ne suis pas du tout d'accord sur ce que vous dites.
02:09Je n'interviens pas, je l'ai redit, je présente des gens, mais je n'interviens pas.
02:13Les gens qui sont chez nous, il y a une ligne de commandement qui est extraordinairement importante.
02:18Ensuite, si on voulait faire de la politique, on n'investirait pas à l'étranger.
02:21On ne ferait pas un groupe international, on ferait un groupe purement français.
02:25On concentrerait, si notre objectif était uniquement politique, en France, on investirait tout en France.
02:33Troisièmement, on est tout petit par rapport aux autres, donc vous pouvez faire toutes les lois de concentration,
02:37ce n'est pas nous que ça touchera.
02:39Donc, vos trois propos liminaires sont malheureusement ou heureusement faux.
02:44En ce qui concerne l'affaire Morandini, évidemment, bien sûr, je condamne absolument tous les faits délictuels.
02:53Et c'en est un grave sur lequel tout le monde est d'accord.
02:56Parce que les problèmes, moi j'ai quatre enfants, neuf petits-enfants, on a tous des enfants, ou pas d
03:00'ailleurs.
03:01Mais ce sont des sujets insupportables.
03:04Il n'en reste pas moins que dans ces moments-là, il y a deux forces qui s'affrontent.
03:12Il y a d'abord la justice.
03:14Quelqu'un fait quelque chose comme ça, il doit être condamné.
03:18La justice, elle est passée.
03:20Et la justice, qu'est-ce qu'elle a dit dans le cas de Jean-Marc Morandini ?
03:23Elle a dit deux ans de prison avec sursis.
03:26Sursis, ça veut dire deuxième chance.
03:28Ça veut dire tant que vous ne faites rien, vous ne ferez pas de la prison.
03:30Si vous recommencez, vous irez en prison.
03:34Mais la justice est passée.
03:36Et puis après, il y a une deuxième vertu qui s'affronte, c'est le pardon.
03:40Est-ce qu'on pardonne aux gens qui ont fait des choses ?
03:43Ça, c'est un vaste sujet.
03:45Et autant c'est facile de pardonner aux gens qui sont très lointains et ça vous est égal.
03:52Autant le pardon, quand c'est un préjudice qui vous concerne, c'est presque insupportable.
03:57Mais je vous l'ai dit tout à l'heure, je suis chrétien, nous sommes 2 milliards.
04:02Et je récite tous les jours le Notre Père, dans lequel je dis, Notre Père qui est aux cieux, pardonnez
04:07-nous les offenses comme nous pardonnons les offenses.
04:09Voilà, donc je pardonne.
04:10Les dirigeants de CNews, je pense, ont pris les bonnes décisions.
04:18C'est-à-dire d'abord, ils ont laissé M. Morandini regretter amèrement par écrit ce qu'il avait fait.
04:25Il a fait une déclaration en disant « je regrette amèrement ».
04:28Et ensuite, il a démissionné, il est parti.
04:31Voilà, donc je pense que malheureusement, justice est passée et maintenant, miséricorde doit passer.
04:37La miséricorde, le pardon, ce n'est pas une faiblesse, c'est une force.
04:41Parce que la miséricorde, elle vous libère.
04:43Elle libère l'autre, mais elle vous libère.
04:45Et moi, je ne fais pas partie, je n'ai jamais fait partie et je ne ferai jamais partie de
04:49ceux qui hurlent avec les loups sur tout problème.
04:53Voilà, donc ce sont des histoires dramatiques, mais dans toute structure humaine, vous avez ce genre d'histoire qui arrive.
04:58Et donc il faut justice et miséricorde.
05:11M. Bolloré, au-delà du fait que je suis assez choquée d'entendre à l'Assemblée nationale un cours de
05:17catéchisme,
05:18je vois que vous avez été invité aujourd'hui pour vous offrir une tribune.
05:22Et pourtant, vous êtes l'exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire, puisque vous vous êtes échiné
05:26à faire maintenir à l'antenne un pédocriminel notoire.
05:28Vous vous êtes ingéré dans vos rédactions, notamment pour interdire un certain nombre de sujets.
05:32Et vos gènes, elles ont été quand même très longtemps ultra déficitaires.
05:35Alors en parlant de sous, j'ai également été choquée de vous entendre dire tout à l'heure que les
05:394 milliards de l'audiovisuel public,
05:41c'est beaucoup quand la France est en difficulté.
05:43Est-ce que ça ne vous dérange pas, M. Bolloré, de demander à ce que l'on fasse les fonds
05:46de tiroirs de l'audiovisuel public,
05:48quand on sait en plus que vous avez bénéficié vous-même pendant des années de cadeaux colossaux d'argent public
05:54?
05:54Je pense notamment aux 300 millions de cadeaux fiscaux qui ont été faits pour vous éviter de payer une amende.
06:00Et je voudrais savoir aussi, M. Bolloré, si vous maintenez votre mensonge.
06:03Tout à l'heure, vous avez dit que Canal est un groupe qui n'a pas été aidé.
06:07Je vous rappelle que Hollande est intervenue pour sauver Canal+, dans le cadre d'une intervention,
06:12enfin dans le cadre d'un appel d'offres, où il est intervenu pour permettre à Canal+, de garder
06:18le football.
06:19Juste, Mme Soudet, pour vous rappeler que j'ai convoqué M. Vincent Bolloré, je le remercie d'être d'ailleurs
06:24rendu disponible,
06:25parce qu'il est actionnaire de Baniget, qui est l'une des principales sociétés de production avec lesquelles travaille France
06:30Tévision,
06:31que par ailleurs, c'est un acteur important du paysage audiovisuel français.
06:35Il ne s'agit pas de donner une tribune à quiconque dans une commission d'enquête.
06:38Une commission d'enquête, on pose des questions, les personnes additionnées y répondent.
06:41Et je vais donc laisser M. Bolloré répondre à vos questions.
06:44Mme Soudet.
06:45Je suis désolé du cours de catéchisme que je ne voulais pas vous imposer,
06:49mais c'est inhérent, ma foi est inhérente, elle rend joyeux et paisible.
06:54Et comme vous m'interrogez sur des sujets, enfin vos collègues m'interrogent,
06:57je suis obligé d'expliquer d'où viennent les décisions et comment ça se passe.
07:00Alors d'abord, on n'a jamais eu d'argent public, en tout cas par rapport aux impôts qu'on
07:04paye, c'est une blague.
07:07Franchement, regardez le bilan fiscal, l'histoire des 300 millions, je crois que j'en ai entendu parler,
07:10je crois que même M. Coquerel lui-même est allé vérifier et s'est aperçu qu'il n'y avait
07:14pas de problème,
07:14enfin sous réserve de vérification.
07:16Donc on n'a jamais eu de cadeaux fiscaux.
07:17Et alors quant à François Hollande qui nous aide, ça ce serait une première,
07:21et ça ce serait sympa que vous me disiez ce qu'il a fait,
07:24parce que c'est lui qui a commencé la vendetta dans son livre en disant Bolloré catholique,
07:29on a le droit d'être tout sauf catholique.
07:31Donc je ne suis pas sûr qu'il ait aidé à quoi que ce soit, à ma connaissance.
07:34Mais peut-être qu'il a aidé et je lui en suis reconnaissant, si c'est vrai.
07:39Merci.
08:08Sous-titrage MFP.
Commentaires