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  • il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:04Nous en sommes au 25e jour de guerre au Moyen-Orient.
00:08Que retenir de cette journée qu'Israël a été frappé par un missile venu d'Iran,
00:12ce qui prouve donc la capacité encore de réplique de l'Iran.
00:15Le gouvernement israélien rappelle 400 000 réservistes.
00:18Les équipes de BFMTV sont sur place.
00:20Clémence Dibout et Mathieu Le Peigny sont en Israël
00:23et ils ont pu se rendre près des sites stratégiques où les habitants vivent dans la peur.
00:32Aïfa, au nord d'Israël, voici la plus grande raffinerie du pays.
00:37L'un des sites stratégiques les plus protégés et pourtant frappé par l'Iran le 19 mars,
00:43entraînant un incendie sans faire de dégâts majeurs ni toucher les habitations autour.
00:48Et les premières maisons, les premières habitations sont parfois à seulement un kilomètre de ces installations.
00:53Une concentration d'usines pétrochimiques au milieu de la troisième ville du pays
00:57et à portée de tir du Hezbollah au nord et de l'Iran au sud.
01:01Une absurdité pour Eric.
01:03C'est pour ça, maintenant le gouvernement doit penser peut-être sortir ça d'ici
01:09et ne pas mettre des choses qui risquent les habitants ici.
01:14Ce n'est pas une place.
01:15Et pour la mairie, depuis le début de la guerre, c'est un conseil de sécurité quotidien qui se dit.
01:22Ici, on raffine du pétrole et c'est plein de produits dangereux et inflammables.
01:29Donc on a diminué les stocks au maximum.
01:32Mais il y a toujours un risque en cas d'attaque.
01:36Un gros risque de pollution.
01:40Sécurité maximale autour des infrastructures du pays, menacées par l'Iran.
01:45Et parmi les infrastructures citées nommément par les médias iraniens,
01:48cette centrale électrique au nord du pays, à elle seule, elle produit pas moins de 20% de l'électricité
01:54nationale.
01:54Une seule de ces cheminées fonctionne.
01:56Les trois autres, anciennes au charbon, ont été gardées par précaution.
02:01Si la nouvelle venait à être ciblée.
02:04On imagine des habitants qui, près de ces sites stratégiques, ciblent des missiles.
02:08Ils peuvent être atteints, ils peuvent être détruits.
02:10Chaque année, le Hezbollah menace de tirer sur Haïfa.
02:14Chaque fois qu'il y a eu un épisode de guerre entre Israël et le Hezbollah, c'est arrivé.
02:17Parce que Haïfa n'est pas seulement un port.
02:19L'un des deux principes pour port.
02:20Au sud, on a Ashdod.
02:21Au nord, on a Haïfa.
02:23Comme l'a très bien expliqué la reporter de BFM TV,
02:25c'est le plus grand site de pétrochimie israélien.
02:29Autrement dit, si le Hezbollah tire et vise l'un de ces sites,
02:32les dégâts peuvent être considérables.
02:33Moi, je me souviens d'un tournage que j'avais fait à Haïfa.
02:36L'une des rues qui sort justement de ces sites
02:38et qui arrive sur la région résidentielle
02:40est surnommée la rue des cancers.
02:41Parce qu'il y a une telle activité pétrochimique
02:44que ça se répand dans l'atmosphère
02:45et que ça joue évidemment sur la santé des aliments.
02:49Effectivement, dès qu'on est dans un pays
02:51où il y a une grosse industrie,
02:53dont une grosse industrie militaire,
02:55on est très vite à proximité de sites
02:57qui peuvent être des cibles.
03:00Regardez en France, il y a plein de villes
03:01où on trouve encore des casernes au milieu des villes
03:03ou des sites industriels dans l'immédiat de proximité.
03:06Donc, c'est évidemment un sujet.
03:09Normalement, lorsqu'il y a des risques comme ça,
03:11les infrastructures ont aussi été adaptées
03:14et les processus de sécurité font en sorte
03:16que des risques de roquettes ou de kamikazes,
03:20par exemple, normalement,
03:20ne peuvent pas passer comme ça
03:21et se faire sauter au cœur du réacteur.
03:25Il faut préciser, pardon, qu'on a affaire à un tout petit pays.
03:28Israël, c'est grand comme deux fois la Corse.
03:29Donc, de toute façon, mettre une centrale
03:32ou des sites de pétrochimie à l'écart,
03:34on se demande où, à part peut-être à Dimona,
03:36où il y a le site supposé nucléaire,
03:38qui est en plein désert.
03:39Mais sinon, de toute façon, pour l'activité pétrochimique,
03:41il faut être près d'un cours d'eau
03:42ou près d'un bord de mer.
03:44Donc, de toute façon, il n'y avait pas énormément de possibilités.
03:47Bien sûr. Il y a cette guerre militaire,
03:49il y a la guerre énergétique, bien évidemment,
03:51aussi sur place,
03:52qui concerne tous les pays de la région
03:54et les pays du Golfe,
03:56qui, eux, ne sont pas dans le conflit a priori.
03:58C'est Boris Karlamov qui est à Doha, au Qatar,
04:01parce qu'avec ce qui se passe,
04:02avec les cibles aujourd'hui qui sont visées par l'Iran,
04:05on s'inquiète de l'effondrement de la sécurité
04:08pour certains pays du Golfe, Boris.
04:12Oui, absolument.
04:13Déclaration ce matin du porte-parole
04:15du ministère des Affaires étrangères
04:17ici au Qatar
04:18à l'occasion d'une conférence de presse
04:21à laquelle BFMTV a pu assister.
04:24Il faut dire que depuis le 28 février dernier,
04:26de nombreuses infrastructures énergétiques
04:28et stratégiques sont la cible de l'Iran.
04:33Plusieurs pays du Golfe
04:34font face à des salves quotidiennes
04:37de missiles ainsi que de drones.
04:41Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères
04:44qui a également soutenu aujourd'hui
04:46et affirmé que tous les efforts diplomatiques
04:49pour, je cite, mettre fin à la guerre
04:51sont enclenchés,
04:53mais tout en ne participant pas directement,
04:58que le Qatar ne participe pas directement
05:00à toutes ces négociations.
05:02Ce même porte-parole qui a également indiqué
05:04que le Qatar œuvrait pour la paix régionale
05:07plutôt que pour une escalade des tensions
05:10dans la région.
05:11Cela fait désormais quatre jours ici au Qatar
05:14que nous n'avons entendu aucune alerte anti-missiles,
05:17aucune alerte anti-drones,
05:19signe que la vie reprend.
05:20Les cours ont repris ce matin
05:23de façon progressive en présentiel
05:25et certaines entreprises ont mis fin au télétravail.
05:28Mais la situation est bien différente.
05:30Tout d'abord à Bahreïn,
05:33où là, un soldat émirati a été tué
05:35en repoussant une attaque iranienne
05:37selon les autorités locales.
05:39Enfin, aux Émirats arabes unis,
05:41depuis ce matin,
05:42ce ne sont pas moins de cinq missiles balistiques
05:44et 17 drones qui ont été interceptés
05:47par le système de défense aérien.
05:50Les systèmes de défense aérien
05:53de tous ces pays du Golfe
05:54qui sont mis à rude épreuve
05:56depuis le 28 février dernier,
05:59c'est pour cette raison-là,
06:00bien que le Qatar évoque une guerre
06:03qui provoque un effondrement
06:04du système de sécurité dans le Golfe.
06:07Boris Karlamov avec Margot Sev
06:09à Doha, au Qatar.
06:10L'Orpalaise, le Qatar,
06:11qui est peut-être l'un des pays
06:12les plus touchés parmi tous ces pays du Golfe
06:13par cette guerre ?
06:14Oui, c'est ce qu'on entend,
06:15effectivement.
06:16Il y a des clauses apparemment
06:17qui sont déjà mises en jeu
06:18pour des non-paiements.
06:19C'est vraiment un pays affecté,
06:20tout comme le Bahreïn.
06:22Et on voit finalement,
06:23que c'est peut-être les signataires
06:24des accords d'Abraham
06:25qui ont été visés par l'Iran.
06:29C'est le cas du Bahreïn en particulier
06:31et des Émirats arabes unis.
06:33D'autres pays le sont moins
06:35et finalement,
06:37ils sont touchés par cet enjeu diplomatique.
06:39Mais Général Gomart,
06:40quand le Qatar dit
06:41la sécurité s'effondre,
06:43ça veut dire quoi ?
06:44C'est-à-dire qu'ils sont tous les jours
06:45l'objet de tirs
06:47et je ne sais pas quel est le stock
06:49effectivement de missiles antimissiles,
06:51quelles sont les capacités réelles
06:52de tirer pour empêcher les drones
06:55ou les missiles de frapper le sol qataris.
06:58C'est peut-être ça
06:58qui est le mesure.
07:00Ce qui me semble intéressant,
07:02c'est que ces pays du Golfe,
07:02petit à petit,
07:03se disent qu'il est temps
07:04de finir cette guerre
07:05et qu'il est temps
07:06qu'Israël et les États-Unis
07:07la finissent.
07:08Et j'en veux pour preuve
07:09que Mohamed Ben Salmane...
07:09Et d'aller jusqu'au bout peut-être.
07:10Et d'aller jusqu'au bout.
07:11Parce que c'est ce que disait
07:12Mohamed Ben Salmane,
07:13qui est le prince héritier saoudien.
07:16Il aurait appelé Trump
07:17en lui disant
07:17écoutez,
07:18aller jusqu'au bout,
07:19ça va remodeler
07:19le prochain Moyen-Orient
07:20et ensuite on pourra vivre en paix
07:22et sans doute signer
07:23les accords d'Abraham
07:23qui avaient été lancés par Trump
07:25souvenons-nous-en
07:26de façon effectivement
07:27à que toute cette partie du monde
07:28soit en paix
07:28alors que l'Iran est vu
07:30comme un pays,
07:31j'allais dire,
07:32adverse.
07:33Mais il y a un autre aspect
07:34dans cette remise en question
07:35des équilibres sécuritaires.
07:37C'est que jusque-là,
07:38les États-Unis étaient le garant
07:39de la sécurité
07:39de l'ensemble de ces pays.
07:40Le fait qu'ils aient
07:41des bases militaires,
07:42qu'ils fournissent des armes,
07:43qu'ils entraînent
07:44les militaires de ces pays
07:45était pour eux
07:46l'assurance
07:47qu'ils ne seraient pas attaqués.
07:49En réalité,
07:50aujourd'hui,
07:50le fait de s'être
07:51autant rapproché
07:52des États-Unis
07:53et de dépendre
07:54autant d'eux
07:54sur le plan sécuritaire
07:55fait que,
07:56un,
07:56ils sont ciblés
07:57et deux,
07:58dans les mois qui viennent,
07:59ils vont devoir racheter
08:00des armes,
08:01des munitions notamment
08:01et ils vont devoir
08:02attendre leur tour
08:03puisque les Américains
08:04vont avoir besoin
08:04d'en racheter.
08:06Donc ça veut dire
08:06que là,
08:06leur sécurité
08:07est totalement remise
08:08en question
08:08par une décision
08:10unilatérale
08:10des États-Unis.
08:11Mais justement,
08:11vous évoquiez
08:12les accords d'Abraham.
08:13Ces pays qui ne bougent pas,
08:14qui subissent,
08:15ce sont dans cette guerre
08:17des alliés objectifs
08:18d'Israël
08:19et ils laissent Israël
08:21faire et aller jusqu'au bout
08:22dans sa guerre
08:22contre le Hezbollah.
08:23En tout cas,
08:24les les saoudiens,
08:24ce que j'ai entendu
08:25de sources israéliennes,
08:27c'est qu'il y a des messages
08:27subliminaux envoyés
08:28justement par ces pays
08:29qui disent clairement
08:30qu'ils veulent
08:31que cette guerre se poursuive
08:34pour définitivement
08:34mettre à bas
08:35la menace
08:35que représente Téhéran.
08:37Alors,
08:37vous donnez très justement
08:38ces trois points,
08:39mais le quatrième point
08:40est que cette menace iranienne
08:42est justifiée aujourd'hui
08:44de par l'ampleur
08:45des missiles envoyés
08:46par Téhéran
08:47et justifie d'autant plus
08:48l'opération israélo-américaine
08:50pour la région
08:50qui dit,
08:51regardez,
08:52ils sont capables
08:52d'envoyer des missiles
08:53de 4000 kilomètres
08:54donc on a raison
08:54de faire cette guerre
08:55poursuivre cette guerre.
08:56Donc,
08:56c'est contradictoire
08:57les signaux qui sont envoyés.
08:58C'est le raisonnement israélien.
09:00Ce n'est pas parce que
09:03l'Iran
09:03est capable
09:04d'envoyer un missile
09:05jusqu'à Paris
09:06qui va le faire.
09:07Des missiles,
09:08tout le monde peut en envoyer
09:09dans tous les frances,
09:09mais s'il n'y a pas de raison
09:10de le faire,
09:11personne ne le fait.
09:12Et c'est bien là
09:12où les pays du Golfe
09:13étaient dans une logique de dire
09:14qu'il n'y a pas de raison
09:15que l'Iran nous a attaques
09:16dont on ne perçoit pas
09:17une menace
09:18si importante que ça.
09:19C'est avoir un régime hostile
09:21qui dispose
09:21de tels moyens militaires
09:23et peut-être nucléaires.
09:24Un régime dangereux.
09:26Menace
09:26qui condamnait
09:27les accords d'Abraham
09:28signés par ces pays
09:29avec Israël.
09:29Oui, parce qu'on rappelle
09:30que s'il n'y avait pas eu
09:30le 7 octobre,
09:31les accords d'Abraham
09:32allaient être signés
09:33par l'Arabie saoudite.
09:34On disait à l'époque
09:34en janvier ou février 2024.
09:36Il y avait de la diplomatie israélienne
09:39qui faisait des allers-retours
09:40déjà avec l'Arabie saoudite
09:41pour préparer l'événement
09:43à la cérémonie
09:43y compris avec les Américains.
09:45C'était prêt,
09:45c'était acté.
09:46Alors certaines sources disent aujourd'hui
09:47non, de toute façon,
09:49Abin Salman n'était pas prêt
09:50de tout ça.
09:50Ce n'est pas ce qu'on dit.
09:51On est à deux doigts
09:52de le faire.
09:52Ça justifie aussi en partie
09:53l'opération du 7 octobre.
09:55Et la connaissance du terrain israélien
09:57quand on voit la précision
09:59des opérations qui ont lieu
10:00aujourd'hui en Iran,
10:01ce n'est pas des bombes
10:02qui sont larguées comme ça
10:03n'importe où,
10:04n'importe comment.
10:04C'est précisément
10:05sur des cibles iraniennes.
10:06Ça prouve bien
10:07que le renseignement israélien
10:08était extrêmement précis
10:10depuis des années sur ce terrain.
10:11Et ça justifie aussi
10:13malheureusement le 7 octobre
10:14parce qu'on voit
10:14que tous les services
10:15étaient concentrés
10:16sur ce qui se passait à Téhéran
10:17et pas sur ce qui se passait à l'Iran.
10:18Oui, mais vous avez cité
10:19l'homme fort de la région,
10:20le pays fort,
10:20c'est l'Arabie saoudite.
10:22Ça veut dire que
10:22Mohamed Ben Salman
10:24regarde ça,
10:25j'ai emploié l'adjectif,
10:26avec bienveillance,
10:27avec neutralité,
10:29de quelle manière alors ?
10:31Il doit être
10:33intérieurement ravi
10:34de voir un voisin
10:35un peu trop puissant
10:36être affaibli.
10:37On va dire ça comme ça.
10:39Oui, il est partagé
10:39entre l'opinion aussi.
10:41Oui, parce qu'il y a l'opinion.
10:42Oui, l'opinion,
10:43même sur les accords d'Arabaham,
10:45je pense qu'il y avait
10:45quand même un problème
10:46de l'opinion derrière
10:47qui n'était pas forcément favorable
10:49en tout cas,
10:49c'est un pays qui semble
10:51être résilient
10:51plus que ceux
10:52qu'on a cités,
10:53Bahreïn, Qatar,
10:54qui sont plus touchés.
10:56En fait, l'Arabie saoudite
10:58aujourd'hui n'est pas
10:58dans la situation
10:59la plus délicate,
10:59c'est-à-dire que ce n'est pas
11:00le pays le plus visé
11:01par l'Iran,
11:02malgré les présences militaires
11:03sur son territoire.
11:04Et puis surtout,
11:05eux, pour sortir leur pétrole,
11:06ils ont quand même un plan B,
11:07c'est-à-dire qu'ils ont
11:08une porte de sortie
11:09du côté de la mer Rouge,
11:10alors qu'il ne permet pas
11:12de sortir le volume
11:13qui pourrait sortir
11:14en temps normal,
11:15mais il y a quand même
11:15une petite sortie de pétrole
11:17et donc une rentrée de devise.
11:18Ce qui n'est pas le cas
11:19de certains autres pays,
11:20notamment les Émirats Arabes Unis
11:21qui sont beaucoup plus exposés,
11:22qui sont le pays le plus visé,
11:24qui sont le pays
11:25le plus exposé
11:26sur le plan économique
11:27et qui sont aussi
11:27une puissance influente,
11:29alors pas avec les mêmes atouts
11:30que l'Arabie saoudite,
11:31mais qui sont un des acteurs
11:32les plus importants
11:33dans les relations
11:34entre notamment l'Europe
11:35et cette région.
11:37On va laisser
11:38le volet militaire de côté.
11:39Merci,
11:40Madame,
11:40Messieurs,
11:41d'avoir été avec nous.
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