- il y a 4 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir à l'actualité internationale, la guerre au Moyen-Orient, parce que ce qui focalise la tension aujourd
00:05'hui c'est ce qui se passe du point de vue énergétique.
00:08Les marchés commencent à s'inquiéter largement, les attaques contre les raffineries, les attaques contre les infrastructures en Iran, au
00:17Qatar et même en Israël
00:18où on va retrouver Chloé Giraud en direct pour BFM TV parce que c'est une raffinerie d'Haïfa qui
00:23a été touchée.
00:26Oui tout à fait, en fait ce seraient les débris d'un missile intercepté qui sont donc tombés sur cette
00:33raffinerie de Haïfa en fin d'après-midi
00:36et ce qui a provoqué sur les images que l'on a pu voir cet immense panache de fumée noire
00:41qui s'échappait donc de cette raffinerie.
00:44D'après les informations transmises par le ministre de l'énergie ici en Israël, il n'y a pas de
00:50victimes, il n'y a pas non plus de dégâts conséquents sur cette infrastructure.
00:54Et pas de crainte non plus de fuite d'une matière dangereuse. En revanche, il y a eu un certain
00:59nombre de coupures d'électricité qui sont décrites comme localisées et mineures
01:03et qui sont en cours de rétablissement. Cette attaque, elle a été revendiquée par l'Iran, notamment au travers de
01:09la télévision iranienne.
01:11Iran qui a affirmé avoir mené cette attaque en représailles à l'attaque israélienne sur un gisement de gaz.
01:19Cette raffinerie, elle fait partie des deux seules raffineries ici sur le territoire israélien et elle est responsable pour plus
01:26de 50% de l'approvisionnement en carburant.
01:29On voit donc que c'est une infrastructure essentielle et stratégique ici.
01:31Et il y a déjà des conséquences économiques puisque la société qui exploite cette raffinerie de Raifa, ses actions ont
01:39chuté de 8% juste après cette frappe.
01:43Voilà, Chloé Giraud en direct d'Israël pour BFNT avec Simon Pires des Souza.
01:46– Donc le gaz attaqué, le pétrole attaqué, je voudrais commencer par vous Francis Pouce parce que forcément les Français
01:52regardent ça et se disent
01:53« bon bah alors donc ma facture de gaz va augmenter, particulier entreprise d'ailleurs, le carburant c'est déjà
01:58le cas, les prix à la pompe ».
02:00Et puis on regarde ce qui se passe en Italie. Le gouvernement italien a adopté un décret carburant qui vise
02:06à réduire pour une période de 20 jours,
02:08de 25 centimes par litre le prix de l'essence et du gasoil pour aider les Italiens à passer cette
02:14épreuve, ce moment difficile.
02:15Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce qu'on devrait faire la même chose en France
02:17?
02:18– Écoutez, en tout cas ce n'est pas du tout l'intention des ministres qu'on a rencontré cet
02:22après-midi.
02:23– Oui, on a entendu Maude Bréjean nous dire ce matin qu'on n'avait pas d'argent.
02:25– Oui, c'était confirmé cet après-midi à Versy, je vous le confirme.
02:28Donc pour l'instant il n'y a pas de… aucune intention d'agir sur le prix du carburant, en
02:33tout cas avec l'argent public n'est prévu.
02:36– Donc ça va continuer de monter.
02:37– Donc ça va continuer de monter.
02:39– Est-ce que c'est efficace ce que décide la première ministre italienne ?
02:43– Alors j'ai cru calculer que ça représentait 500 millions d'euros, c'est pour 20 jours.
02:49Le problème c'est qu'est-ce qu'on fait au bout de 20 jours ?
02:52Est-ce qu'on débranche la perfusion et à ce moment-là les consommateurs italiens vont redemander ?
02:57Et ça peut durer longtemps parce qu'il y a autour de la table des spécialistes du conflit.
03:02Je ne suis pas sûr que ça s'arrange très rapidement.
03:05Donc à partir du moment où vous mettez le doigt dans cet engrenage, vous êtes obligés de continuer quelque part.
03:10– Sur le conflit en lui-même, regardez les experts disent attention, on peut arriver à la guerre énergétique totale.
03:17Et même du côté d'ENGIE, le numéro 1 français de l'énergie, on se dit on se rapproche du
03:22scénario du pire du point de vue militaire.
03:25Ça va, pardon mais bombarder tous azimuts sur les infrastructures pétrolières, c'est ce que veut l'Iran ?
03:29– Alors en fait, il faut voir que veulent dire les experts quand on dit ça.
03:33En fait, pour l'instant, les frappes qui ont eu lieu sur l'énergie, et je le rappelle, déclenchées par
03:39l'Iran,
03:39c'est quand même eux les premiers qui ont déclenché la guerre sur l'énergie,
03:43même dans la riposte américaine et israélienne, pour l'instant, ça n'a pas touché les systèmes de manière durable.
03:51C'est-à-dire que ça reste encore maîtrisé, ça devient dangereux parce que ça s'étend,
03:56mais ça reste maîtrisé dans les infrastructures et la destruction des infrastructures.
04:01Si ça commence à taper sur des infrastructures avec des capacités, des structures lourdes,
04:07et c'est ça qu'essayent d'éviter Trump et les Israéliens,
04:13parce qu'à la fois, ils veulent arrêter les frappes iraniennes sur l'énergie,
04:18en les menaçant de détruire leurs capacités iraniennes,
04:23mais ils ne veulent pas vraiment le faire.
04:25D'où cette espèce d'entrochat entre les Israéliens qui bombardent,
04:29des drones qui sait parfaitement qu'ils bombardent et qui leur donnaient le feu vert,
04:32et qui derrière disent...
04:33Pourtant, il a dit tout à l'heure...
04:34Mais ils respirent.
04:35Ah bon, parce qu'il a dit, oui, j'ai demandé au Premier ministre israélien
04:38d'arrêter de frapper les sites énergétiques.
04:41Voilà, donc en fait, vous avez bien compris que c'est...
04:42Il ment, là.
04:43Non, en fait...
04:44Tout ça est coordonné.
04:44C'est très coordonné.
04:45Donc là, c'est le mauvais flic et le gentil.
04:47Mais pourquoi on frappe ?
04:48Alors, pourquoi Israël frappe, par exemple, le site gazier offshore iranien ?
04:51Pour leur dire, si vous continuez à faire les cons,
04:53nous aussi, on est capables de jouer aux cons.
04:55Voilà, c'est aussi simple que ça.
04:56Enfin, grosso modo, c'est ça.
04:58Les Iraniens ont frappé, à plusieurs reprises,
05:01le site gazier et même des sites pétroliers d'Arabie Saoudite
05:05et bloquent le territoire d'Hormuz.
05:06Mais justement, parce que l'Arabie Saoudite se réserve le droit de répliquer militairement.
05:09C'est ce que disent les autorités saoudiennes.
05:11C'est concevable comme scénario, ça, la réplique saoudienne ?
05:14Et quelles sont les forces militaires saoudiennes ?
05:16Comme pour le Qatar, pour les Émirats arabes unis,
05:20ils ont des capacités aériennes qui sont non négligeables,
05:23vu le nombre d'avions qu'ils ont achetés pendant des décennies.
05:26Ils ne sont pas trop bien à s'en servir.
05:28Les Émirats arabes unis, oui, très bien.
05:30Ils ont été formés par les Français.
05:31Oui, la problématique pour les États du Golfe et de l'Arabie Saoudite,
05:37c'est qu'ils sont en position défensive.
05:39Donc, tant qu'ils sont en position défensive,
05:41ils peuvent tenir le moment où s'ils décident de passer à l'offensive,
05:43ça veut dire quoi ? Ça veut dire aller frapper sur le territoire iranien.
05:47Donc là, on change complètement de dimension,
05:49avec là quelque chose dont on ne maîtrise pas.
05:53Parce que pour l'instant, ce sont les forces américaines israéliennes
05:56qui protègent les pays du Golfe.
05:58Non, les Français participent à la défense des Émirats arabes unis.
06:03Par contre, les frappes sur le territoire iranien,
06:06c'est exclusivement les Américains et les Israéliens.
06:09Oui, mais les frappes iraniennes sont interceptées par qui ?
06:12Par les Américains, les Qataris, les Français, les Émiratis, les Anglais.
06:23Là, il y a une ligne de défense.
06:25Mais ce n'est pas la même chose de passer à l'offensive.
06:28Mais on entend Donald Trump répéter à longueur de conférences de presse,
06:31que nous avons anéanti les missiles, les capacités militaires iraniennes.
06:36Et pourtant, chaque jour, les Iraniens arrivent à frapper.
06:40À frapper aussi bien d'ailleurs en Israël, qu'en Arabie Saoudite ou au Qatar.
06:43La conduite de la guerre par Donald Trump, c'est compliqué à lire.
06:46Moi, personnellement, je n'y arrive pas.
06:47Il ne faut pas l'écouter.
06:49Moi, je préfère écouter.
06:51Enfin, il faut l'écouter, puisque c'est le chef politique.
06:53Donc à la fin des fins, c'est lui qui décide.
06:54Mais si on veut comprendre un peu comment ça fonctionne aujourd'hui,
06:57réellement, au quotidien, la campagne,
06:59il vaut mieux écouter le général Dan Kaine,
07:02qui lui, pour le coup, explique morceau par morceau ce qu'il compte faire.
07:05Voilà.
07:06Et ce qu'il fait.
07:07Donc, il fait une conférence tous les jours.
07:09Et là, c'est un peu plus lisible.
07:10Honnêtement, Donald Trump est plus dans l'explication politique par rapport à sa base,
07:15garder l'opinion publique, faire baisser les prix du pétrole,
07:18que sur la lecture réelle de la campagne militaire telle qu'elle est.
07:21Justement, parce qu'on évoque Donald Trump,
07:22il a parlé il y a quelques minutes, le président des Etats-Unis,
07:24il était avec la première ministre japonaise, Mme Takechi,
07:27et Antoine Lard, ce que l'on retient, entre autres,
07:31parce qu'il a dit beaucoup de choses, comme à chaque fois Donald Trump,
07:33c'est qu'il n'y aurait pas d'envoi de troupes au sol.
07:39Oui, Donald Trump déclare qu'il n'envoie pas de troupes en Iran,
07:42mais dans la même phrase, il dit que s'il avait l'intention de le faire,
07:45de toute façon, il ne le dirait pas publiquement.
07:47Donc, c'est une sorte de démenti assez mou de la part du président américain,
07:51après les informations données par Reuters la nuit dernière.
07:54Reuters qui indique que Donald Trump est en train de préparer la prochaine phase de la guerre,
07:58et que dans ce cadre, il envisagerait d'envoyer des milliers de soldats supplémentaires en renfort au Moyen-Orient,
08:04des troupes qui pourraient être déployées au sol,
08:06notamment sur les rives, les côtes iraniennes, pardon, pour sécuriser le détroit d'Hormuz.
08:12Ces informations, si elles se confirment, si ce scénario se confirme,
08:15on entrerait vraiment dans une nouvelle dimension de la guerre,
08:17parce que jusqu'ici, lorsque Donald Trump évoquait la possibilité de déployer les troupes au sol,
08:21c'était uniquement pour des opérations commandos très courtes,
08:24très ciblées sur des sites stratégiques.
08:26Alors, ce que dit Reuters aussi, c'est qu'à ce stade, aucune décision définitive n'a été prise,
08:31ce sont simplement des options qui ont été présentées à Donald Trump,
08:34signe en tout cas que les États-Unis se préparent probablement à une guerre longue.
08:39Le Pentagone a demandé une rallonge budgétaire exceptionnelle au Congrès,
08:44200 milliards de dollars pour financer les opérations en Iran.
08:48Merci Antoine Lard à Washington.
08:49Alors justement, on va regarder avec vous, Général Pélistrand, on va regarder la carte.
08:53Au cas où les troupes américaines débarqueraient au sol,
08:57comment est-ce qu'elles pourraient débarquer ?
08:58Où pourraient-elles débarquer ?
09:00Alors, on peut penser qu'il y a, à mon avis, trois options.
09:05Il y a, on pourrait le voir au nord, tout au fond du golfe arabo-persique,
09:11il y a cette fameuse île de Karg, ce fameux terminal pétrolier,
09:15pour y avoir une opération aéroportée pour, en fait, se saisir de cette île
09:19par laquelle l'Iran exporte tous ses hydrocarbures.
09:22Donc, pour ça, il faut des troupes parachutistes.
09:26Ensuite, il y a la possibilité du détroit d'Hormuz.
09:29Mais le détroit d'Hormuz, vous le voyez,
09:33il faut le contrôler sur une grande distance.
09:35Donc là, il faudrait mettre des troupes importantes au sol.
09:39On sait qu'aujourd'hui...
09:41Important, ça veut dire quoi ?
09:42Bah, c'est plusieurs milliers d'hommes.
09:44Il faut contrôler, enfin, plusieurs dizaines de milliers.
09:47En fait, il faut refaire le 6 juin.
09:51Il n'y a pas 36 solutions.
09:52Ah bah oui !
09:52En Irak, ils avaient mis 50 000 hommes.
09:55Et la troisième option serait une opération spéciale,
09:58par exemple, si on avait la localisation exacte
10:01des 400 et quelques kilos d'uranium.
10:05Mais il faut souligner que,
10:07hormis des opérations spéciales très ponctuelles,
10:09menées par forces spéciales,
10:12sur des points très particuliers,
10:15s'engager au sol nécessiterait des mois de préparation
10:19et un transfert massif de forces terrestres
10:22vers la péninsule arabique.
10:24Mais la question qu'on se pose,
10:25et Marie-Laure Busson, je voudrais vous la poser,
10:27puisque vous êtes colonel de réserve de l'armée de l'air,
10:29pour l'instant, ce sont donc des frappes,
10:31ce sont des interventions aériennes.
10:33Est-ce que les Américains et les Israéliens
10:35peuvent finalement obtenir leurs objectifs,
10:40accomplir leur mission,
10:42sans troupes au sol ?
10:43C'est ce qu'ils espèrent.
10:44Parce que les troupes au sol,
10:46ce serait le bourbier assuré.
10:47Et là, c'est terminé.
10:48À partir du moment où vous mettez un pied,
10:49one boot on the ground,
10:51et après, vous y êtes pour des mois et des mois.
10:53Et c'est certainement ce que Trump ne veut pas.
10:56Il ne veut pas, mais est-ce qu'il ne sera pas obligément donnée ?
10:59Notamment pour sécuriser le détroit d'Hormuz ?
11:01Absolument, je ne suis pas Madame Soleil,
11:02ce que je sais malheureusement.
11:04Ce que je sais, c'est que là,
11:05la guerre vient de changer de nature.
11:06Elle était une guerre militaire.
11:08On frappait des installations militaires,
11:09maintenant on frappe des installations énergétiques.
11:11C'est devenu une guerre de l'énergie, du pétrole et du gaz.
11:14Absolument, et elle a changé de perspective,
11:16puisque c'était une guerre pour quelques jours,
11:17un peu comme en 1914.
11:20Oui, c'est ça, quand tout le monde partait la fleur à la boutonnière
11:22en disant que ça viendra pour quelques semaines.
11:24En réalité, ça va durer a priori très longtemps.
11:27Ce qui est quand même très étonnant,
11:29enfin, étonnant, pas étonnant,
11:31mais ce qu'il faut remarquer,
11:31c'est que les Iraniens sont les spécialistes du message.
11:35Et là, quand ils sont allés taper en Arabie Saoudite
11:40le fameux port de Yambou,
11:42qui est de l'autre côté de l'Arabie Saoudite,
11:44qui ne donne pas sur le golfe Persique,
11:46mais qui donne sur la mer Rouge.
11:48C'est une façon de dire,
11:49on vous aura où que vous soyez,
11:50et on va mettre en l'air, détruire le système énergétique mondial.
11:57Et alors, pour nous autres Français,
11:58parce que je parle d'un point de vue, pardon, d'une française,
12:01c'est intéressant parce que nous avons des bateaux dans la zone,
12:04notamment la mission Aspides,
12:05et on peut être en mesure de répondre à l'attente,
12:08à la demande de nos alliés saoudiens,
12:11avec une protection,
12:13notamment les protéger contre tout tir de missiles
12:15depuis nos bateaux.
12:17– Thierry Arnaud, c'est vrai qu'avec Donald Trump,
12:20c'est vrai, la vérité d'aujourd'hui
12:21n'est pas forcément celle de demain et d'après.
12:23Mais là, il a mis l'air,
12:24c'est assez sûr de lui en tout cas,
12:26en ce qui concernait les troupes américaines, non ?
12:29– Oui, en même temps que plusieurs milliers de Marines
12:32sont en route pour les côtes de l'Iran,
12:35potentiellement depuis le Japon,
12:36et ça, ça a été annoncé.
12:37Donc de fait, la perspective d'avoir des troupes au sol
12:42déployées sur le théâtre d'opération,
12:44elle existe.
12:44– Il peut le faire sans demander la balle du Congrès,
12:46il peut le faire tout seul ?
12:47– Alors, la réponse est compliquée,
12:49parce que ce qui a été créé dans la Constitution des États-Unis,
12:52c'est que le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre,
12:55mais ce n'est pas une déclaration formelle de guerre,
12:58vous répondrait-on à la Maison-Blanche ?
13:00Il y a eu une loi qui a été votée en 1973 aux États-Unis,
13:03qui dit que, et ça sera la date clé,
13:06si jamais le conflit dépasse 60 jours,
13:09en gros cette loi le dit,
13:0948 heures pour prévenir le Congrès
13:11si on engage les forces armées,
13:12et ensuite passer un délai de 60 jours,
13:14une fois qu'on a entamé des opérations,
13:16il faut effectivement l'accord du Congrès.
13:19Donc, on n'en est pas encore là,
13:20puisqu'on arrive au 20ème jour de guerre,
13:22mais de toute façon,
13:25quand on écoute ce qu'on a entendu
13:27de la part de Donald Trump aujourd'hui,
13:28on comprend bien que c'est avant tout pour lui
13:30un problème de politique intérieure aujourd'hui.
13:31– Il parle aux Américains quand il y fait ça.
13:33– Il parle aux Américains,
13:33et quand il parle aux Américains de…
13:35Voilà, un dollar, c'est l'augmentation du prix
13:40de l'essence à la pompe pour le gallon
13:42depuis le début de la guerre.
13:43On flirtait avec les 3 dollars,
13:45aujourd'hui on est proche des 4 dollars,
13:47et c'est en train de devenir le sujet majeur pour lui.
13:49– L'autre information de la journée,
13:51ce sont ces pays, six pays,
13:53dont la France et le Royaume-Uni,
13:54qui se disent prêts à contribuer
13:56à sécuriser le détroit d'Hormuz.
13:58Donc il y a Paris, Londres,
13:59mais aussi l'Allemagne, l'Italie,
14:00les Pays-Bas et le Japon,
14:01et la première ministre japonaise
14:03était reçue à la Maison Blanche par Donald Trump.
14:06– Alors, concernant les pays européens,
14:08c'est assez logique que la France et le Royaume-Uni,
14:10qui sont déjà, je rappelle,
14:12les leaders de la coalition des volontaires pour l'Ukraine,
14:15parce que tout est lié,
14:18s'engagent, et d'autant plus que
14:20les marines les plus puissantes en Europe,
14:22c'est bien sûr la marine nationale.
14:25Bon, la Royal Navy a quelques problèmes pour le moment,
14:27mais bon, ce sont des marines puissantes,
14:30parce qu'il y a bien une dimension maritime
14:33et aéronavale pour sécuriser,
14:35mais sécuriser après, en quelque sorte, une fin…
14:39– On sécurise comment ?
14:40Qu'est-ce que c'est qu'une opération ?
14:41– Parce que moi, j'avais cru comprendre
14:42qu'on interviendrait quand la guerre serait finie,
14:45c'est ce qu'avait dit Emmanuel Macron.
14:46– Oui, mais ça veut dire qu'il faut, en fait, avoir…
14:49– Avec notre porte-avions, le charme.
14:50– Le porte-avions, il pourrait être dans le golfe d'Omane,
14:53exactement là où est actuellement le porte-avions américain Lincoln,
14:57et faire des patrouilles, escorter les…
15:00comme on le fait, finalement, en mer rouge,
15:03cette sécurisation.
15:04La problématique, c'est que si, en face,
15:08il y a toujours une résistance armée…
15:10– Il faudra ouvrir le feu.
15:11– Là, c'est ça, la problématique.
15:12– Donc c'est trop tôt, en fait, Marie-Laure.
15:14– En fait, je précise qu'à l'heure actuelle, en ce moment,
15:16pendant qu'on est tous en train de parler,
15:17les Américains sont en train de larguer des bunker busters
15:21de 5 tonnes le long des côtes du détroit d'Ormuz.
15:25– Vous pouvez expliquer ce que c'est ?
15:26– C'est des énormes bombes qui explosent absolument tout.
15:28Ça veut dire qu'en réalité, le long…
15:32comment dirais-je ?
15:32L'Iran a 200 kilomètres de côtes,
15:34mais en face du détroit d'Ormuz,
15:36qui est le point qui nous intéresse,
15:37puisque c'est le verrou, c'est la clé que les Iraniens,
15:40pour l'instant, ont à la main,
15:41eh bien, les Américains sont en train de faire du carpet bombing,
15:44c'est-à-dire de tout bombarder pour neutraliser les défenses iraniennes
15:49et pour que les Iraniens ne puissent plus tirer sur les bateaux
15:51qui vont vouloir passer.
15:52C'est important.
15:53– Un mot sur ça, pour terminer ?
15:54– Oui, en fait, c'était hier, dans la nuit,
15:58ils ont envoyé les B1, qui sont les gros bombardiers,
16:00avec ces fameuses bombes GBU-72,
16:03pour spécifiquement détruire la menace des missiles anti-navirs.
16:06Et les C-802, voilà, c'est ça.
16:09Et après, pour ce qui est, attention,
16:12ils se donnent des options pour dans une semaine.
16:14Aujourd'hui, la nouveauté qu'ils ont,
16:15c'est qu'ils ont, pour la première fois dans le sud,
16:18c'est ce que vient d'annoncer le chef d'état-major américain,
16:20ils ont la capacité d'intervenir avec des hélicoptères,
16:24particulièrement les Apaches,
16:25et des bombardiers légers, les A-10,
16:29sur le sud de l'Iran.
16:30Donc là, ça va leur donner une capacité
16:32de pouvoir appuyer des petites opérations.
16:36Encore une fois, ce n'est pas un débarquement,
16:38ce n'est pas l'Irak, etc.
16:39Mais ils commencent à pouvoir traiter de manière assez précise,
16:42et de manière assez régulière,
16:45des cibles qui, jusqu'à présent, étaient difficiles à obtenir autrement.
16:48Là, ça leur donne de la marge.
16:51– Alors, on va vous donner un rendez-vous important ce soir,
16:56à 21h sur BFM TV, puisque c'est l'ambassadeur d'Iran
16:59qui sera l'invité de Maxime Switek et d'Ulysse Gossé,
17:03Mohamed Amin Nejad,
17:05entretien réalisé par Maxime Switek et d'Ulysse Gossé,
17:0721h ce soir.
17:09La guerre sur le terrain, telle que vous la racontent aussi
17:12nos envoyés spéciaux,
17:14c'est Jérémy Normand qui est en direct du Liban,
17:17il est en direct de Beyrouth, Jérémy,
17:19avec toujours ces frappes contre les infrastructures
17:23menées par Israël.
17:24– Exactement, chaque jour qui passe,
17:28voit le Liban s'enfoncer un peu plus dans la guerre.
17:31Hier matin, à Beyrouth,
17:32quel que soit leur âge, leur activité,
17:34qu'ils soient riches ou pauvres,
17:35tous les habitants de la région de Beyrouth
17:37se sont réveillés exactement à la même heure,
17:395h23, heure à laquelle un missile israélien
17:42est venu s'écraser en plein cœur de la capitale,
17:45pulvérisant un immeuble résidentiel
17:47d'une douzaine d'étages.
17:48Tout le monde a entendu cette explosion
17:51et s'est réveillé en sursaut.
17:53Et aujourd'hui, la journée a marqué
17:55une nouvelle escalade dans l'affrontement
17:57entre le Hezbollah et Israël,
17:58puisque désormais l'aviation israélienne
18:00pilonne les infrastructures civiles,
18:02des stations-service affiliées au Hezbollah
18:04et surtout des ponts qui permettent
18:06d'enjamber le fleuve Litani,
18:07au sud duquel l'armée israélienne
18:09cherche à faire évacuer la population
18:11pour créer une zone tampon,
18:12une zone, je cite, de défense avancée
18:15pour empêcher les combattants du Hezbollah.
18:17D'attaquer le nord d'Israël
18:18avec leurs roquettes.
18:20Alors nous, lorsqu'on discute
18:21avec les habitants qu'on croise
18:22dans tout le pays depuis une semaine
18:23avec Joao Alankar,
18:24on leur demande comment ils voient les choses
18:26et presque tous adoptent
18:28la même mine résignée
18:30lorsqu'on leur parle de l'issue de la guerre.
18:32Ils ne voient pas d'issue à cette guerre
18:33parce qu'ils nous le disent.
18:34Ils sont pris au piège de cette guerre,
18:36en réalité,
18:36que le Hezbollah a initié,
18:38en solidarité avec le régime de Téhéran,
18:40au lendemain de la mort
18:41de l'Ayatollah Raménaï.
18:42Et ce qu'ils nous disent,
18:43en fait,
18:43c'est que le Hezbollah
18:43est pour eux plus fort
18:45que l'État libanais.
18:45Oui, parce que le Hezbollah,
18:46c'est un État dans l'État
18:48qui serait assis
18:48sur un trésor de guerre
18:50de plusieurs centaines
18:51de millions d'euros.
18:52Alors avec Joao Alankar,
18:53on a essayé de comprendre
18:54comment l'organisation chiite
18:55se finançait
18:56pour mener sa guerre.
18:57Regardez notre reportage.
19:04Pour ces familles de déplacés
19:05qui ont fui les bombardements,
19:07le Hezbollah est souvent bien plus
19:09qu'une simple milice armée.
19:11Beaucoup, comme celle de Nadia,
19:12reçoivent des indemnités généreuses
19:14lorsque des militants
19:15de l'organisation chiite
19:16sont tués
19:16ou que leurs maisons
19:17sont détruites
19:18par les frappes israéliennes.
19:20J'ai perdu mon petit-fils
19:22et ma maison a été détruite
19:23par des frappes.
19:24Mais le gouvernement
19:25ne nous a rien donné.
19:26Pas un centime,
19:27pas de matelas,
19:28ni même un tapis, rien.
19:30Le Hezbollah, lui,
19:31nous a donné 12 000 euros.
19:33Le parti chiite
19:35serait assis
19:35sur un trésor de guerre
19:36de plusieurs centaines
19:38de millions d'euros
19:38mis au service
19:39de sa communauté.
19:41Pour asseoir
19:41sa domination financière
19:43sur le Liban,
19:44le Hezbollah a développé
19:45son propre système bancaire
19:46avec des agences
19:47qui ont pignon sur rue
19:48comme celle-ci
19:48située en plein cœur de Beyrouth,
19:50des agences
19:51que l'armée israélienne
19:51cible sans relâche.
19:53Celle-ci a été pulvérisée
19:54par une frappe
19:55il y a quelques jours.
19:56Sa fortune,
19:57le Hezbollah
19:58la doit en grande partie
19:59à l'Iran
20:00qui parvient
20:01à lui transférer
20:01des fonds
20:02par des circuits détournés
20:03selon ce spécialiste.
20:06L'argent transite
20:07par des pays tiers
20:08comme la Turquie
20:09ou les Émirats Arabes Unis.
20:10Parfois ce sont
20:11des valises de cage
20:12transportées par avion,
20:14parfois via des bureaux
20:14de change
20:15et désormais aussi
20:17via des crypto-monnaies.
20:21Preuve de la détermination
20:22d'Israël
20:23à frapper le Hezbollah
20:24au portefeuille,
20:25l'attaque hier matin
20:25de sept immeubles résidentiels
20:27d'une douzaine d'étages
20:28pulvérisés
20:29par un missile israélien
20:30qui visait selon Tsaal
20:31une partie de la fortune
20:32de l'organisation chiite
20:33qui aurait été cachée
20:34dans ce sous-sol.
20:36Jérémy Normand
20:37qui fait partie des équipes
20:38qui sont sur ce terrain
20:39du conflit
20:40qui était à Beyrouth
20:41pour BFM TV.
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