00:00Les municipales, c'est une sorte pour vous de grande répétition démocratique avant à la présidentielle.
00:04Quelles sont les leçons que vous tirez des résultats du second tour ?
00:07D'abord qu'on a eu une fin de course assez haletante, Laure, avec une issue incertaine dans une soixantaine
00:12de villes de plus de 30 000 habitants.
00:14On a eu un nombre important de triangulaires, de quadrangulaires et parfois plus.
00:20Même si, il faut mettre un peu en recul, il y a quand même 96% des mairies qui ont
00:25eu un maire dès le premier tour.
00:26Mais la première leçon, c'est qu'il n'y a pas qu'à l'Assemblée que la France est
00:30fracturée.
00:30On retrouve une partie de cette France divisée au niveau local aussi.
00:36Alors qu'est-ce qui ressort des votes ?
00:38D'abord que les partis traditionnels ne sont pas morts, contrairement à ce qu'on aurait pu croire.
00:42LR et PS demeurent de très loin les deux premières forces locales du pays.
00:50La gauche modérée conserve les trois plus grandes villes du pays, Paris, Lyon, Marseille.
00:55La droite, elle, reste solidement ancrée dans les villes de plus de 30 000 habitants et plus.
01:01Et ensuite, et c'est peut-être la plus grande leçon de ce scrutin,
01:05c'est que les partis de gouvernement n'ont pas besoin des extrêmes pour s'imposer.
01:11LFI a beau se féliciter d'une percée historique avec ses victoires symboliques à Roubaix et à Saint-Denis,
01:18le RN a beau claironner un nombre record d'élus dans les mairies,
01:23la réalité c'est que les deux extrêmes sont les grands battus de ces municipales.
01:29Les accords passés notamment entre le Parti Socialiste et la France insoumise
01:35contre les consignes d'Olivier Faure sont globalement un échec.
01:39Quand le PS a gagné, il a gagné seul à Paris, à Marseille, à Lille, au Mans ou à Rennes.
01:45Et à contrario, dans les villes symboles comme Toulouse, Limoges ou Clermont-Ferrand,
01:49le rapprochement entre le Parti Socialiste et la France insoumise a été un échec.
01:54À Clermont-Ferrand, ville de gauche depuis plus de 80 ans, c'est même la droite qui passe au final.
02:01Ça veut dire une chose, c'est qu'il y a un effet repoussoir de LFI chez les électeurs de
02:07la gauche modérée.
02:08Sauf à Nantes.
02:09Nantes s'est passé...
02:09C'est la seule, effectivement. C'est l'exception qui confirme la règle.
02:12À l'extrême droite, quel est le bilan ?
02:14Alors, côté RN, même si on a un ancrage qui se consolide dans le sud-est de la France
02:19et dans le Pas-de-Calais, c'est une soixantaine de municipalités au final.
02:24Eh bien, les grandes victoires attendues dans les grandes villes ne sont pas venues,
02:28notamment à Toulon, où la Valette a été battue,
02:32et à Marseille, où le RN a été tenu en échec aussi.
02:37Là, ça veut dire aussi qu'il existe toujours un plafond de verre dans les grandes villes
02:42pour le rassemblement national.
02:45Après, attention, les élections locales ne sont pas les élections présidentielles.
02:50Je rappelle qu'en 2020, Anne Hidalgo a fait près de 50% à Paris
02:54et 1,75% à la présidentielle deux ans plus tard.
02:59Le score le plus bas de l'histoire du PS à une élection présidentielle.
03:03Et à l'inverse, en 2021, En Marche et le RN se font humilier aux élections régionales
03:11et se retrouvent au second tour de la présidentielle.
03:15Alors, attention, évidemment, de ne pas surinterpréter ces résultats,
03:18mais quand même, quand même, je suis curieux de savoir
03:21comment va se passer la reprise demain à l'Assemblée nationale,
03:24notamment entre le Parti Socialiste et les Insoumis.
03:28ça va être à surveiller de près pour la suite.
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