Passer au playerPasser au contenu principal
🎥 Pour ne rater aucune de nos vidéos, abonnez-vous et n'oubliez pas d'activer la cloche. https://youtube.com/@LeParisien

Le dimanche 27 octobre 1985, le chef-d’œuvre de Claude Monet est dérobé. Un casse en plein jour et un butin d’une valeur inestimable.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA

Pour ne rien manquer de l’actualité du Parisien :

🔔 Suivre toute l’actualité avec notre abonnement : https://urlr.me/!abonnementleparisien

✉️ En savoir plus sur l’actualité avec notre newsletter : https://bit.ly/new-sletters

👂 Retrouvez nos différents podcasts :

Code Source: L’actualité quotidienne du Parisien : https://bit.ly/_Codesource
Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien : https://bit.ly/_Crimestory
Le Sacre: Revivez le parcours d’un médaillé olympique : https://bit.ly/_Lesacre

Suivez-nous :
Instagram : https://instagram.com/leparisien/
Facebook : https://facebook.com/leparisien/
Tiktok : https://tiktok.com/@leparisien
X : https://twitter.com/@le_Parisien
Snapchat : https://snapchat.com/t/pr3nDoxv
Bluesky : https://bsky.app/profile/leparisien.fr
Threads : https://threads.net/@leparisien

#crimestory #truestory #museemarmottan #musee #peinture #claudemonet

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Vous écoutez Crime Story, vol au musée Marmottan en 1985, l'autre case du siècle, deuxième et dernier épisode.
00:13Le dimanche 27 octobre 1985 à 10h, 5 hommes qui viennent de payer leur entrée au musée Marmottan à Paris
00:21sortent des armes et immobilisent gardiens et visiteurs.
00:24En moins de 10 minutes, ils découpent soigneusement 9 toiles de mètre, les sortent de leurs cadres et prennent la
00:30fuite en voiture.
00:31Dans le coffre, plus de 100 millions de francs de butin et surtout, un des plus grands chefs-d'œuvre
00:36de l'impressionnisme, le tableau de Claude Monet, Impression Soleil-Levent.
00:40Deux ans plus tard, Mireille Balestrasi prend la tête de l'OCRV de Zoa, l'Office central de la répression
00:46des vols d'œuvres et d'objets d'art.
00:48Elle planche sur le vol de 5 tableaux de Kami Koro, survenus un an avant le vol du musée Marmottan,
00:54dans un petit musée en Bourgogne.
00:56Quand elle apprend que les empreintes laissées par les voleurs ont été retrouvées dans une camionnette après un braquage au
01:03Japon.
01:05Les enquêteurs japonais ont immédiatement pensé à un coup réalisé par des braqueurs étrangers.
01:10Car les Yakuza, comme on appelle les membres de la mafia japonaise, ont l'habitude d'agir dans l'ombre.
01:15Un braquage, réalisé en plein jour, à la vue et au su de tous, ne peut, selon eux, avoir été
01:21réalisé par des japonais.
01:23Dès le lendemain, les policiers retrouvent la camionnette qui a servi aux malfaiteurs.
01:27Ils y découvrent des vêtements et des cigarettes de marques étrangères,
01:31ainsi qu'une partie du butin en petite coupure, sur lesquelles les enquêteurs prélèvent des empreintes digitales.
01:37Surprise ! Passées dans le fichier d'Interpol, ces dernières correspondent,
01:41avec celles retrouvées dans le musée municipal de Semur-en-Aussoie,
01:44où cinq tableaux de Jean-Baptiste Corot ont été dérobés dans la nuit du 18 octobre 1984.
01:51Comment cette petite bourgade, au cœur de la Bourgogne, se retrouve-t-elle mêlée à un trafic international ?
01:56Les policiers devront attendre encore un an pour le découvrir.
02:00En septembre 1987, un certain Shinichi Fujikuma est arrêté à Tokyo.
02:06Ce japonais, connu pour ses relations avec les Yakuza, est appréhendé pour un vol de fourrure.
02:11Au commissariat, il passe vite aux aveux et n'hésite pas à retracer son parcours criminel,
02:16qui l'a notamment conduit à purger une peine de prison en France dans les Yvelines, à Poissy.
02:22C'est là qu'il a croisé la route de Philippe Jamin, dit gros fifi,
02:25et de Youssef Kimoun, appelé Yo-Yo.
02:28Ces deux bandits appartiennent au Gang d'Aubervilliers,
02:31un groupe criminel spécialisé dans le trafic de voitures volées en Ile-de-France.
02:35Le malfrat japonais leur fait miroiter un nouveau marché,
02:38le pays du soleil levant, qui abrite de nombreux amateurs de peinture française.
02:43À cette époque, au milieu des années 1980,
02:47le Japon s'ouvre timidement, mais sûrement, aux étrangers.
02:52Damien Delsenie, cet homme, Shinichi Fujikuma, raconte comment,
02:57une fois sorti de prison, il organise, avec gros fifi et Yo-Yo,
03:01le braquage du musée de ce mur en ossoie.
03:03On vient de le dire, les toiles, notamment celles de Kamikoro,
03:06sont très en vogue sur le marché nippon,
03:08et donc les cinq toiles qui ont été dérobées sont vendues,
03:11via le japonais Shinichi, à des collectionneurs locaux.
03:15Mireille Balestrasi, la patronne de cet office qui traque les trafiquants d'œuvres d'art,
03:20elle enquête évidemment toujours sur le vol de ces tableaux,
03:23et elle va se rendre au Japon, à la fin de l'année 1987,
03:26pour essayer de récupérer les quatre tableaux de Corot
03:29qui ont été localisés dans différents musées,
03:32ou au sein de collections personnelles dans l'archipel,
03:36chez des collectionneurs qui, a priori,
03:38n'avaient aucune idée de leur provenance, plus que suspecte.
03:42Mireille Balestrasi, la directrice de l'Office central pour la répression des vols d'œuvres et objets d'art,
03:47a alors 33 ans,
03:49et localement, sa venue au Japon est vraiment un événement.
03:53Oui, légèrement teintée de sexisme,
03:55une jeune policière française brune de 33 ans qui débarque,
04:00ça attire évidemment beaucoup de journalistes,
04:02sa visite est très couverte,
04:04tout le monde devient un peu d'ailleurs fan de cette femme
04:06qui représente aussi, sans le vouloir vraiment,
04:09l'élégance à la française,
04:10un porc altier, cheveux courts,
04:13imposante boucle d'oreille et tailleur impeccable.
04:15Elle va jouer de ça,
04:17mais avec beaucoup de diplomatie,
04:18elle va obtenir surtout ce qu'elle est venue chercher,
04:20c'est-à-dire la restitution des quatre toiles
04:22auprès des acheteurs qui n'étaient pas obligés,
04:24par la loi japonaise,
04:26de rendre ses œuvres à la France,
04:28mais qui vont quand même le faire.
04:30Trois mois plus tard,
04:31le cinquième tableau,
04:32le portrait de Madame Baudot,
04:33est retrouvé, lui aussi,
04:34cette fois chez un collectionneur coréen,
04:36qui tient, lui, un salon de Mahjong à Tokyo.
04:40Il va être rendu à la France peu après,
04:42donc là, vraiment,
04:43c'est une mission totalement accomplie
04:45pour Mireille Balestrasi
04:46qui devient une forme de star localement.
04:49« Charme, diplomatie, efficacité,
04:51ce sont les qualités chocs
04:53de la belle Mireille Balestrasi
04:54qui rentre de Tokyo
04:56avec quatre coraux,
04:58quatre tableaux,
04:58qui demeurent cependant
05:00sous contrôle judiciaire.
05:02Trois sont en bon état,
05:04le quatrième endommagé est resté enroulé.
05:07Selon la législation japonaise,
05:09les propriétaires des tableaux volés
05:10depuis plus de deux ans
05:11ne sont pas tenus
05:12de restituer leurs biens.
05:15Si un des coraux a été offert
05:17officiellement à la France
05:18par son propriétaire,
05:20trois toiles demeurent en revanche
05:22propriété japonaise.
05:23Cependant,
05:24on nous a affirmé
05:25au ministère de l'Intérieur
05:26que les tableaux seraient restitués
05:28sans que l'État français
05:29ne débourse un franc.
05:31Des pourparlers diplomatiques
05:32sont en bonne voie.
05:34Mais ce n'est pas
05:35tout ce qu'elle a découvert au Japon.
05:37Non, parce qu'en plus
05:38de récupérer ses précieux tableaux,
05:39de réussir cette opération
05:41de police un peu diplomatique,
05:43Mireille Balestrasi apprend
05:44qu'à l'époque
05:45où Philippe Jamin
05:46était en France,
05:47il aurait déjeuné à Paris
05:49avec un émissaire des Yakuza
05:51de ses mafieux japonais
05:53et qu'il aurait caché
05:54en banlieue parisienne
05:56les tableaux impressionnistes
05:58volés au musée Marmottan.
06:02Pour preuve,
06:03Shinichi Fujikuma
06:05aurait pris ses tableaux
06:06en photo
06:06pour permettre à l'organisation
06:08de tenter le chantage
06:09auprès de l'ambassade de France
06:10à Tokyo.
06:12Chez lui,
06:13les policiers
06:13qui perquisitionnent
06:14retrouvent un catalogue
06:15du musée Marmottan
06:16avec les neuf toiles volées
06:18entourées au stylo.
06:19Pour Mireille Balestrasi,
06:21le mystère commence
06:22à s'éclaircir.
06:23Il est très probable
06:24que le gang d'Aubervilliers
06:26qui a dérobé les coraux
06:27ait poursuivi sa collaboration
06:29avec Shinichi Fujikuma
06:30en échafaudant
06:32le vol du musée Marmottan.
06:34De retour en France,
06:35elle se lance à leur trousse.
06:37L'année qui suit,
06:38certains des malfaiteurs
06:39sont cueillis.
06:40Nordin Tifra,
06:41petite main
06:41qui aurait participé
06:42aux deux casses
06:43en Bourgogne
06:44et à Tokyo,
06:45est arrêtée
06:46en région parisienne
06:46à Bobigny.
06:48Philippe Jamin,
06:48lui,
06:49est interpellé au Mexique.
06:50Mais Youssef Kimoun,
06:52réfugié en Algérie,
06:53échappe à la police.
06:55Richard Leroy,
06:56un autre parrain
06:57de cette pègre
06:57de la région parisienne,
06:59a été assassiné
07:00en 1987
07:01à coup de chevrotine
07:02devant son bar
07:03à Aubervilliers.
07:04L'action en justice
07:05s'éteint
07:06et il est mort innocent.
07:08Les deux premiers,
07:09en revanche,
07:09seront respectivement
07:10condamnés en 1990
07:12pour recel de tableaux
07:14puis en 1992
07:16pour l'attaque
07:16du fourgon au Japon.
07:18C'est une première
07:19victoire importante.
07:20Mais ça ne dit pas
07:21où se trouvent
07:22les tableaux volés
07:23du musée Marmottan.
07:24Dès son retour du Japon,
07:26en 1988,
07:28Mireille Balestrasi
07:29commence à soupçonner
07:30une autre piste.
07:31En effet,
07:32elle a appris
07:33d'un conservateur japonais
07:34qu'une tentative
07:35de transaction
07:35a été faite
07:36par des Corses
07:37au pays du soleil levant.
07:38Et elle veut enquêter
07:39sur l'île de beauté.
07:41En Corse, donc,
07:42des policiers
07:43sont chargés
07:43de suivre cette affaire
07:44à travers notamment
07:45des écoutes téléphoniques.
07:47Une nouvelle étape
07:48dans cette enquête
07:49qui durera encore
07:50deux ans.
08:00Damien,
08:01les œuvres sont,
08:02d'après la commissaire,
08:03invendables
08:04et c'est la raison
08:05pour laquelle
08:05l'enquête
08:06dure aussi longtemps.
08:07Oui, Mireille Balestrasi
08:08considère qu'il n'y a
08:09pas d'urgence.
08:10En fait,
08:10elle ne craint pas
08:11que ces pièces,
08:12ces œuvres
08:13changent d'endroit.
08:14Elles sont, selon elle,
08:15sans doute cachées
08:15quelque part.
08:16Et l'idée,
08:16c'est de ne pas
08:17faire trop de bruit,
08:18trop de vagues,
08:18pas de coup de pied
08:19dans la fourmille,
08:20pas de grande rafle
08:21de peur que ceux
08:22qui détiennent ces tableaux
08:23ne les détruisent
08:24par peur d'être interpellés.
08:26Elle a raison
08:26sur ce point d'y croire
08:28parce que,
08:28pendant longtemps,
08:29l'enquête
08:30ne semble rien donner.
08:31Mais à la fin
08:32de l'année 1990,
08:34elle est contactée
08:35par un commissaire de police
08:37qui travaille en Corse
08:38et qui, lui,
08:39a une piste
08:40et il lui demande
08:41s'il peut aller
08:42perquisitionner un logement.
08:44C'est celui
08:44d'un jeune barman
08:46corse au chômage,
08:47un certain
08:47Donatien Comiti.
08:49Le mardi 4 décembre 1990,
08:52donc,
08:52cette opération d'envergure
08:54est mise en place.
08:55Oui, donc,
08:55sous le commandement
08:56de Mireille Balestrasi,
08:576h du matin,
08:58perquisition qui commence.
09:00Alors, aujourd'hui,
09:01policier retraité,
09:02Gilbert M.
09:03se souvient,
09:04après avoir toqué
09:05à la mauvaise porte,
09:06raconte-t-il,
09:06nous entrons dans une maison
09:08occupée par 5-6 personnes
09:10que nous réunissons
09:10au même endroit,
09:11puis nous faisons
09:13le tour des pièces
09:13avec le propriétaire.
09:15Bon, c'est une perquisition,
09:16donc, ce propriétaire,
09:17c'est le barman du coin
09:19Donatien Comiti.
09:20Il ne trouve rien à l'étage
09:22et rien au rez-de-chaussée.
09:23Oui, mais au sous-sol,
09:25le même policier,
09:25Gilbert M.,
09:26insiste
09:27pour procéder
09:28à une fouille
09:30méticuleuse
09:30d'un atelier
09:31de bricolage
09:32qui se trouve
09:33à cet endroit.
09:34Il se dit,
09:34les boîtes à outils,
09:35c'est le meilleur endroit
09:37pour cacher des bijoux,
09:38par exemple,
09:39assure-t-il,
09:39il en a l'expérience.
09:40Et là,
09:41dans une boîte
09:42qui contient des vis,
09:43les policiers soulèvent
09:45un fond blanc,
09:46un faux fond,
09:47presque invisible,
09:48et ils vont découvrir,
09:50sous ce faux fond,
09:51des photographies
09:52des œuvres recherchées.
09:56Le propriétaire
09:57qui plaide l'ignorance
09:58est emmené
09:59au commissariat.
10:00C'est un receleur
10:01et les policiers
10:02identifient vite
10:03que dans cette affaire,
10:04il n'a qu'un rôle
10:05de subalterne
10:06et certainement pas
10:07de cerveau de l'opération.
10:09Les gars l'ont cuisiné
10:10de longues heures,
10:11poursuit Gilbert M.
10:12dans un article
10:13du Parisien.
10:14Il n'a jamais donné
10:15de nom,
10:16mais une adresse.
10:17En pleine nuit,
10:19l'équipe force
10:19l'entrée d'un appartement
10:20à Porto Vecchio,
10:21au sud de l'île.
10:23L'appartement
10:24est presque vide
10:24et poussiéreux.
10:26Dans un placard
10:27du salon,
10:27ils trouvent
10:28une caisse en bois.
10:29Ils déclouent le couvercle
10:31avec un pied de biche.
10:32Puis ils en sortent,
10:34une à une,
10:35l'étoile.
10:36Les neuf chefs-d'œuvre
10:38du musée Marmottant
10:39sont là,
10:39sous leurs yeux,
10:40soigneusement enveloppés
10:41et rangés
10:42les uns contre les autres.
10:44Sans rien qui indique
10:45ni leur nom,
10:47ni celui de leur auteur.
10:48C'était le soulagement
10:50suprême,
10:50un moment magique,
10:52confie le policier,
10:53lui-même grand amateur d'art.
10:55Cinq ans après leur disparition,
10:57ces joyaux de l'impressionnisme
10:58ont été retrouvés.
10:59Le lendemain,
11:00les journaux du monde entier
11:02annoncent la nouvelle.
11:03Et Mireille Balestrasi,
11:04nouvelle star
11:05de la police française,
11:06pose avec son équipe
11:07et les œuvres retrouvées
11:08en une de Paris Match.
11:10Une douzaine de personnes
11:11sont interpellées
11:12et un homme seulement
11:13est déféré au parquet
11:14pour recel.
11:16Les enquêteurs espèrent
11:17remonter jusqu'au voleur.
11:18En fait,
11:19nous avons élucidé
11:20une affaire de pur banditisme,
11:22décrypte la commissaire,
11:23n'ayant aucun lien
11:25avec le FLNC,
11:26le Front de Libération Nationale Corse,
11:29ou les amateurs d'art.
11:30Il s'agit là de voyous classiques,
11:32embarrassés par la notoriété des œuvres,
11:35ils n'avaient pas l'envergure
11:36pour les revendre.
11:38Le jeudi 6 décembre 1990,
11:41les tableaux sont transférés
11:42au siège de l'Office central
11:43de la répression
11:44des vols d'œuvres
11:44et d'objets d'art
11:45à Nanterre.
11:46Il reste encore aux policiers
11:48à déterminer
11:49si des membres du milieu corse
11:50ont agi seulement
11:51comme recéleurs
11:52ou s'ils ont été commandités
11:54pour ce vol sans précédent
11:55afin d'en tirer une rançon
11:57et si c'est le cas,
11:58par quelle organisation ?
12:09Damien, finalement,
12:10est-ce qu'on a le fin mot de l'histoire ?
12:11Alors, on sait que les œuvres
12:13attendaient la conclusion
12:14d'un deal très laborieux
12:16avec les Yakuza.
12:18Donc, cette piste
12:18de la mafia japonaise
12:20était la bonne,
12:20mais que les découvertes
12:22faites par la police
12:23suite au fameux braquage
12:25du fourgon
12:25dans les rues de Tokyo
12:26en 1986
12:29ont en quelque sorte
12:31largement perturbé
12:32voire mis un coup d'arrêt
12:33aux transactions
12:34qui devaient avoir lieu
12:35entre le milieu corse
12:36et le milieu japonais.
12:38En fait, revendre des œuvres
12:40c'est assez compliqué
12:41et dans ce cas-là,
12:43comme l'a dit la commissaire,
12:44c'était quasiment
12:44mission impossible.
12:45Oui, c'est un peu
12:46comme les bijoux
12:47qui viennent d'être volés
12:48au Louvre en octobre.
12:50Alors, voler un tableau
12:51de maître
12:52même dans un musée
12:53connu,
12:54ce n'est pas un jeu d'enfant
12:55mais ce n'est pas
12:56ce qu'il y a de plus compliqué.
12:57Là où l'affaire se corse toujours,
12:59c'est quand il s'agit
13:00de renégocier une vente,
13:02de trouver un acquéreur.
13:04Là, c'est évidemment
13:04beaucoup plus difficile
13:05et plus les tableaux
13:06ou les pièces volées
13:07sont connues,
13:07plus c'est compliqué.
13:09Alors, des collectionneurs
13:10prêts à tout,
13:11notamment à acheter
13:12un tableau volé,
13:13ça existe.
13:14Il y a des filières
13:14au Japon,
13:15il y a des filières
13:16aux Etats-Unis.
13:17On parle aussi
13:17d'amateurs en Suisse
13:18qui questionnent assez peu
13:19l'origine des œuvres
13:20qui leur sont proposées
13:21mais ils ne sont pas légion.
13:24Ils sont aussi connus
13:25en général des services
13:26de police
13:27qui ont l'habitude
13:28de traiter ce type d'affaires
13:29et surtout,
13:30ces amateurs
13:31un peu spéciaux,
13:32ils commanditent
13:33le plus souvent.
13:34Ils font commettre
13:35le vol du tableau
13:36par une équipe,
13:36ce n'est pas eux
13:37qui mettent les mains
13:37dans le cambouis
13:38si j'ose dire.
13:39Ils passent une commande,
13:40des voleurs vont voler
13:41les tableaux
13:42ou les pièces
13:42qu'ils ont désignées.
13:44C'est plutôt comme ça
13:44qu'ils procèdent
13:45plutôt que d'attendre
13:46qu'on vienne leur proposer
13:47des pièces ou des toiles
13:48dont ils ne veulent pas.
13:49Finalement,
13:50il semble que le vol
13:51du musée Marmottan
13:52n'était pas commandité.
13:53Si ça avait été le cas,
13:55les tableaux n'auraient
13:55sans doute
13:56jamais été retrouvés.
13:58Dans le cas présent,
13:59les tableaux ont
14:00vraisemblablement
14:01été proposés
14:01à un certain nombre
14:03de collectionneurs,
14:03de fourgues,
14:04comme on dit,
14:05de recèleurs
14:05qui ont sans doute
14:07senti que ces tableaux-là
14:09sentaient un peu trop
14:10le soufre
14:11pour pouvoir être récupérés.
14:13Alors,
14:13le prix,
14:14bien sûr,
14:14des œuvres inestimables
14:15dont par définition
14:16ça n'a pas de prix
14:17donc c'est difficile
14:18de la négocier,
14:19tout particulièrement
14:20le monnaie
14:20qui a donné son nom
14:21à l'impressionnisme.
14:23Alors ça,
14:23c'est une éventualité.
14:24L'autre option,
14:26que le butin
14:27soit resté caché
14:28comme ça
14:28dans une caisse
14:29au fond d'un appartement
14:30en Corse,
14:31c'est que les braqueurs,
14:32une fois qu'ils ont volé,
14:33décroché ces tableaux
14:34et qu'ils sont partis avec,
14:35ils n'ont jamais pu trouver
14:36en réalité quelqu'un
14:38pour racheter des tableaux
14:39qui, évidemment,
14:41étaient extrêmement
14:43sulfureux,
14:43donc la possibilité
14:44qu'ils se soient retrouvés
14:45avec un butin
14:46finalement très encombrant.
14:48La résolution
14:49de cette enquête,
14:49elle a marqué
14:50un tournant
14:51dans la carrière
14:52déjà florissante
14:53de Mireille Balestrasi.
14:54Oui,
14:54qui a ensuite occupé
14:55les postes les plus prestigieux
14:57jusqu'à la direction centrale
14:58de la police judiciaire.
15:00En 2010,
15:01elle est même
15:01devenue vice-présidente
15:02pour l'Europe
15:03du comité exécutif
15:04d'Interpol.
15:05On l'a dit,
15:06elle a dirigé
15:07la police judiciaire française
15:08jusqu'en 2018.
15:09Elle a d'ailleurs
15:10fini par raconter
15:11ses mémoires
15:12dans une autobiographie
15:13intitulée
15:14Madame la Commissaire.
15:21Après la récupération
15:22des œuvres
15:22du musée Marmottan,
15:24les investigations
15:24se sont arrêtées.
15:26Le gang d'Aubervilliers
15:27a toujours nié
15:28y avoir pris part
15:29et personne n'a jamais
15:30été condamné
15:31pour ce braquage.
15:32Mais cette affaire
15:33a marqué un tournant
15:34dans la sécurité
15:34des musées français.
15:36En avril 1991,
15:38les neuf œuvres volées
15:40ont retrouvé leur place.
15:41Elles y sont toujours
15:42aujourd'hui
15:43et ne portent aucun stigmate
15:44visible des cinq années
15:45passées loin du musée.
15:47Au dos des tableaux,
15:48une étiquette officielle
15:49rappelle le vol
15:50dont ils ont fait l'objet.
16:00Vous venez d'écouter
16:01Crime Story,
16:02le podcast fait divers
16:03du Parisien
16:03consacré aujourd'hui
16:05au vol du musée
16:06Marmottan
16:06en 1985,
16:08l'autre case du siècle.
16:09Avec à la production
16:11Thibaut Lambert,
16:12Anaïs Godard,
16:13Clara Garnier-Amourou
16:14et Clémentine Spiller,
16:15à la réalisation
16:16Julien Moncouquiole
16:18et à la rédaction en chef
16:19Jules Lavi.
16:22Ce récit était écrit
16:23par Claudia Prolongeau
16:25et raconté
16:25avec Damien Delsenis.
16:27Vous pouvez retrouver
16:28tous nos podcasts
16:28sur le site
16:29leparisien.fr
16:30et sur n'importe quelle
16:31plateforme d'écoute.
16:32Si vous aimez
16:33Crime Story,
16:34vous pouvez vous abonner.
16:35N'hésitez pas
16:36à nous laisser des commentaires
16:37ou des petites étoiles,
16:38c'est ce qui nous aide
16:38le plus à nous faire connaître.
16:40Et surtout,
16:41vous pouvez écouter
16:42Code Source,
16:42notre podcast d'actualité
16:44qui propose
16:45un nouvel épisode
16:46chaque jour.
16:46C'est parti.
16:47C'est parti.
16:47C'est parti.
16:47C'est parti.
Commentaires

Recommandations