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  • il y a 9 heures
En France, un policier se tue tous les quatre jours. Manque de moyens, de considération... Le malaise n’est pas nouveau, mais il semble empirer. Il y a eu 48 suicides au sein de la police depuis le premier janvier 2019, alors qu’on en déplore en moyenne 43 chaque année. Ouverture d’une “Cellule de vigilance” par le ministère de l’intérieur, enquête lancée par un syndicat : il y a eu plusieurs initiatives pour essayer d’enrayer ce fléau. Clawdia Prolongeau a rencontré un policier à la retraite qui a failli passer à l’acte et qui veut aujourd’hui aider ses anciens collègues. Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Garnier-Amouroux et Jeanne Boezec - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian - Archives : BFM TV.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11En France, un policier se tue tous les 4 jours.
00:15Manque de moyens, de considérations, le malaise n'est pas nouveau, mais il semble empirer.
00:20Près de 50 suicides au sein de la police depuis le 1er janvier 2019,
00:24alors qu'on en déplore en moyenne 43 chaque année.
00:27Ouverture d'une cellule de vigilance par le ministère de l'Intérieur, enquête lancée par un syndicat,
00:32il existe plusieurs initiatives pour essayer d'enrayer ce fléau.
00:37Claudia Prolongeau a rencontré un policier à la retraite qui a failli passer à l'acte
00:41et qui veut aider, aujourd'hui, ses anciens collègues.
00:47C'est via Facebook que je rentre en contact avec Franck Baudry.
00:51C'est un ancien policier, aujourd'hui administrateur de la page Alert Police en souffrance,
00:56qui compte plus de 1200 inscrits.
00:59Quelques jours plus tard, je le rencontre dans un café, près de la gare du Nord, à Paris.
01:04Je suis rentré dans cette administration le 1er octobre 1980.
01:10Je ne voulais pas être policier au départ, je voulais être vétérinaire.
01:12C'est bizarre, mais bon.
01:13Et puis il se trouve que je n'étais pas franchement bon en maths,
01:16et on m'a fait comprendre que c'était un petit peu voué à l'échec.
01:20Et puis, en classe de 3e, donc ça m'est venu quand même relativement tôt,
01:25je ne sais pas pourquoi, j'ai eu cette vocation.
01:28On n'était pas bercés par les séries policières.
01:30A l'époque, il n'y en avait pas autant qu'aujourd'hui.
01:33Dans mon entourage, dans ma famille, dans mes amis,
01:36je n'avais personne qui appartenait au monde policier.
01:38Donc c'est vraiment une vocation.
01:40Et vous avez aimé ce métier ?
01:42Ah oui, je l'ai aimé.
01:43Oh que oui !
01:45Oui, oui.
01:46J'ai aimé pendant 30 ans.
01:47Parce que bon,
01:49quels sont les services qui sont ouverts 24h sur 24 ?
01:54Les urgences des hôpitaux,
01:56les commissariats de police.
01:59Donc on se tourne vers l'un ou vers l'autre
02:01quand on est en détresse.
02:03Donc c'était vraiment apporter mon aide.
02:07Parce qu'il faut d'abord savoir être à l'écoute
02:09de la personne qu'on a en face.
02:11Qu'il soit délinquant ou qu'il soit victime.
02:14Je ne vais pas dire que j'ai détesté la dernière année.
02:17Mais bon, voilà.
02:18J'ai vécu des épreuves
02:20qui font que j'ai décidé de refermer le livre
02:24et puis d'en rouvrir un autre.
02:27Franck est grand, a le visage serein,
02:30porte des lunettes rectangulaires,
02:32une barbe poivre et sel et un polo bleu ciel.
02:35J'ai quitté la police nationale
02:37avec beaucoup de regrets.
02:39parce que c'est vrai que c'est une maison qui est...
02:41On l'appelle la maison ou la boîte.
02:43C'est quelque chose qui est très prenant.
02:45On s'y investit énormément,
02:47quelquefois au détriment de la famille.
02:49Ce qui a été mon cas parce que, bon,
02:51mon fils, je ne l'ai pas franchement vu grandir.
02:55Mais j'ai aimé ce métier.
02:56Ce n'est pas permis.
02:57Avec un souci du détail auquel il semble tenir,
03:01il me raconte toutes les étapes de sa carrière.
03:04Elle commence au bas de l'échelle, dans un commissariat.
03:07Puis pendant près de 30 ans, il gravit les échelons,
03:10passe à la direction centrale de la police judiciaire,
03:13à la brigade anticriminalité et devient chef de service.
03:17Et en 2008, j'ai été nommé chef de circonscription,
03:20donc, bon, entre guillemets, patron d'un commissariat
03:25toujours en Ile-de-France,
03:27avec, disons, un taux de délinquance relativement important
03:32pour une petite commune.
03:33Mais malheureusement, beaucoup de fonctionnaires
03:36sont partis par le biais de mutations
03:39et n'ont quasiment pas été remplacés.
03:42Ce qui fait que, bien entendu,
03:44les chiffres de la délinquance ont augmenté.
03:46Si moins il y a de fonctionnaires présents sur le terrain,
03:48ben, bien sûr, plus il y a de risques
03:52de voir des délits se commettre.
03:54Et je m'en suis ouvert auprès de mes autorités hiérarchiques.
03:58L'une d'entre elles n'a pas voulu entendre mon message.
04:03Cette personne était axée vraiment sur la politique du chiffre
04:07qui était en vogue à l'époque.
04:09Et il a commencé à s'en prendre à moi.
04:14Et c'est là que l'acharnement a réellement commencé.
04:18Il m'a conseillé d'aller voir un psychiatre.
04:20Il m'a poussé dans mes derniers retranchements.
04:22Un dimanche de permanence
04:24où il s'en était pris violemment, très violemment à moi.
04:27J'ai ouvert le tiroir de mon bureau.
04:30J'ai sorti mon arme de service.
04:32J'ai pensé à mon épouse.
04:33J'ai pensé à mon fils.
04:34Ça a été un moment furtif.
04:36J'ai sorti l'arme.
04:37Je l'ai regardé.
04:38Et puis je l'ai posé sur mon bureau.
04:41Je l'ai regardé à nouveau.
04:42Et puis je l'ai rangé.
04:43Et donc je n'ai pas mis le canon dans la bouche.
04:48C'était peut-être pour me dire
04:50je peux passer à l'acte.
04:51Est-ce que vraiment j'en ai envie ?
04:53Est-ce que je n'en ai pas envie ?
04:55Bon, j'ai rangé mon arme.
04:57Je n'en ai pas parlé à ma femme.
04:59J'ai failli passer à l'acte.
05:01Je ne lui en ai jamais parlé.
05:07Je me suis rapproché du médecin de l'administration
05:09qui connaissait un petit peu mon cas
05:12et qui m'a dit
05:13« Monsieur Baudry, écoutez, moi,
05:15si je peux vous donner un conseil,
05:16c'est la lutte du pot de terre contre le pot de fer.
05:18Il veut votre tête.
05:20Vous allez vous user.
05:22Ce n'est pas la peine de persister.
05:24Demandez à être placé en congé longue maladie.
05:27Et lors de la prochaine commission
05:28qui se réunit très prochainement,
05:30j'accepterai votre demande.
05:33Donc j'étais placé en congé longue maladie
05:35pendant une période de fois six mois.
05:37Lui me voyait prolonger par la suite
05:40en congé longue durée,
05:41c'est-à-dire deux années supplémentaires.
05:44J'ai réfléchi et comme j'avais la possibilité
05:49de prétendre prendre ma retraite par anticipation,
05:52j'ai fait ce choix
05:53parce que je ne me voyais pas rester trois ans
05:55sans rien faire.
05:56Et donc j'ai retrouvé un emploi au conseil général
05:58et j'ai travaillé encore pendant deux ans environ.
06:02Et maintenant je suis définitivement retiré des affaires,
06:06définitivement en retraite.
06:10Un an et demi après son départ,
06:13Franck a dû retourner au commissariat
06:14pour chercher des documents.
06:16Puis il n'y a plus jamais mis les pieds.
06:18Comme il le dit lui-même,
06:19il a refermé le livre.
06:21Jusqu'au 12 novembre 2018.
06:23Ce jour-là,
06:24Maggie Biskupski,
06:25policière médiatisée
06:26pour avoir fondé l'association Policiers en Colère
06:28et pour alerter fréquemment
06:30sur le mal-être dans la profession,
06:32met fin à ses jours.
06:33Pour Franck,
06:34comme pour tous les collègues,
06:35c'est un choc.
06:36Et tout remonte.
06:37On apprend ce soir la mort d'une gardienne de la paix
06:39qui était devenue un visage emblématique
06:42du malaise des policiers.
06:43Elle était la figure du ras-le-bol
06:45des membres des forces de l'ordre.
06:47Maggie Biskupski
06:48s'est suicidée hier soir chez elle
06:51avec son arme de service.
06:52Elle était visée par une procédure
06:54de la police des polices
06:55pour être sortie de son devoir de réserve.
06:56Elle aurait laissé une lettre à ses collègues
06:59pour expliquer son geste.
07:00C'était avant, disons,
07:02cette vague de suicides
07:03qu'on a connue depuis le début de l'année.
07:05C'était en novembre 18.
07:07J'ai dit, il faut faire quelque chose.
07:09Il faut créer une association.
07:11Au travers d'une association,
07:12on peut être entendu,
07:14on peut demander des audiences,
07:16on peut espérer être reçu.
07:18Donc il fallait absolument passer par là.
07:20Et je suis resté un petit peu en stand-by
07:23parce que c'est vrai,
07:24je me suis dit, en fait,
07:25tout le monde te dit,
07:26mais écoute, arrête,
07:27consacre-toi de ta retraite,
07:28va à la pêche,
07:29fais ce que tu veux,
07:30mais jardine, fais autre chose.
07:33Et puis non,
07:34je n'ai pas pu,
07:35parce que c'était ancré en moi,
07:37repenser à mon vécu,
07:38à ma fin de carrière.
07:40Et donc, j'ai des proches
07:41qui m'ont dit,
07:42non, vas-y,
07:43crée ta propre page Facebook
07:44et crée cette association.
07:46C'est ce que j'ai fait.
07:48Notre page,
07:49elle est très récente.
07:51Elle est du 6 août 2019.
07:52Et les statuts de l'association
07:56ont été signés hier.
07:58Donc, cette association
07:59qui s'appelle
08:00Alerte Police en Souffrance,
08:02APS,
08:03va être créée.
08:05Vous êtes combien sur cette page actuellement ?
08:07Ça évolue de jour en jour.
08:09On est 1200,
08:10mais bon,
08:11on a chaque jour,
08:13ça varie.
08:14Il y a des jours
08:14où en me mettant devant l'ordinateur,
08:16je constatais qu'il y avait
08:17100, 120 demandes.
08:18Puis,
08:19il y en a d'autres
08:19qui arrivent dans la journée.
08:20Et je sais qu'à partir du moment
08:23où cette association
08:24aura une vie légale,
08:26il est clair qu'on va fédérer du monde.
08:28Il est clair qu'on va fédérer
08:29parce qu'il existe des associations.
08:32Mais nous n'avons qu'un seul but,
08:34c'est de venir en aide
08:35aux collègues
08:36qui sont réellement en détresse,
08:38qui sont proches du passage à l'acte
08:40ou qui vivent
08:41des problèmes personnels
08:43ou professionnels
08:44qui sont susceptibles
08:46de les pousser
08:47un jour ou l'autre
08:48au passage à l'acte.
08:50Au sein de notre page,
08:51on a une psychothérapeute
08:54qui est fonctionnaire de police.
08:55On a une conseillère en psychologie
08:58qui a des diplômes de psychologue.
09:02Et donc, on conseille
09:03à ses collègues
09:03qui sont vraiment mal
09:05de se rapprocher
09:06de psychologues
09:07mais qui ne dépendent pas
09:08de l'administration.
09:09Parce qu'il y a toujours,
09:10on va dire,
09:11allez,
09:12ce tabou,
09:14cette appréhension,
09:15je veux dire,
09:16même ce refus
09:17d'aller voir un psychologue
09:18de l'administration
09:19parce que, quelque part,
09:21on a peur que ça revienne
09:22aux oreilles de la hiérarchie.
09:24Ce dernier point
09:25que soulève Franck Baudry
09:26a toute son importance,
09:27surtout dans un milieu
09:28où on cultive
09:29un sens de la hiérarchie
09:30aussi fort.
09:32C'est d'ailleurs pour cette raison
09:33qu'on peut douter
09:33de l'efficacité de la CAPS
09:35pour cellule alerte
09:36prévention suicide
09:37dont la mise en place
09:38a été annoncée
09:39par Christophe Castaner
09:40en avril dernier.
09:42Au téléphone,
09:43le ministère de l'Intérieur
09:44me confirme
09:45que ce numéro vert,
09:46accessible 24h sur 24,
09:48fonctionne depuis
09:49le début du mois d'août.
09:50Pour en discuter,
09:51je retrouve Frédéric Galea
09:52d'Alliance.
09:54Il me reçoit
09:54dans les locaux
09:55de son syndicat
09:55dans le centre de Paris.
09:57Cette cellule,
09:58elle existait déjà.
09:59Certes pas 24h-24,
10:00mais il y a une cellule
10:02la journée
10:02où vous pouvez contacter
10:03des SSPO,
10:04des psychologues
10:04de notre administration,
10:06enfin du ministère
10:06de l'Intérieur.
10:08Mais ça pose
10:09une question
10:09de bon sens.
10:11Si aujourd'hui,
10:11les collègues
10:12n'appelaient pas
10:13entre 8h et 20h,
10:14pourquoi ils le feraient
10:14entre 20h et minuit ?
10:15L'opposition majeure
10:17que nous avons
10:17avec notre administration,
10:18c'est cette incompréhension.
10:20Aujourd'hui,
10:21il faut lutter
10:21et mettre les moyens
10:23sur la détection
10:24des agents
10:25les plus fragiles
10:26et sur l'accompagnement
10:27de ces agents.
10:28Mais ce que l'on dit
10:29nous également,
10:30c'est que nous,
10:31on ne veut pas agir
10:33exclusivement
10:33sur la détection
10:34des agents fragilisés.
10:35On veut empêcher
10:36la fragilisation
10:37de ces agents.
10:38On peut multiplier
10:38par deux les psychologues,
10:39on peut multiplier
10:40par deux le nombre
10:40de médecins de prévention.
10:41Mais si on ne trouve
10:42pas les moyens
10:43d'éradiquer
10:44ou en tout cas
10:44de lutter contre
10:45la souffrance au travail,
10:46contre la souffrance
10:48des policiers,
10:49on n'arrivera pas
10:50à arrêter ce phénomène.
10:51Ça fait combien de temps
10:52en réalité
10:53que ce phénomène existe ?
10:54Ce phénomène,
10:54il a existé
10:55depuis qu'on a
10:57les statistiques.
10:57Depuis 95,
10:58on a en moyenne
11:0043 suicides par an.
11:02Depuis 20 ans,
11:041000 collègues,
11:051000 policiers
11:06ont mis fin
11:06à leur jour.
11:08L'administration
11:08ne réagit que
11:09quand elle a un pic
11:10dans le phénomène suicidaire
11:11et elle ne se réintéresse
11:13au problème.
11:13Notre administration,
11:14notre management
11:15ne se réinvestit
11:16dans le problème
11:17qu'uniquement
11:18quand on a ses pics.
11:19Ça n'est pas une façon
11:20de pouvoir gérer
11:22un problème
11:22aussi important.
11:25Quelles peuvent être
11:25les raisons
11:26pour lesquelles
11:27un collègue
11:28en vient là ?
11:29Les causes,
11:29elles sont multifactorielles.
11:31Elles sont à la fois
11:32recherchées
11:32dans des causes personnelles,
11:34familiales
11:34et dans des causes
11:35professionnelles.
11:36C'est une profession
11:37qui est exigeante,
11:38qui est éprouvante,
11:39qui est usante.
11:40On a toujours
11:40un peu tendance
11:41à se retrouver face
11:42à un management
11:43très hiérarchisé,
11:45particulièrement organisé.
11:46Et aujourd'hui,
11:47les policiers,
11:48quand vous en interrogez
11:48à un bon nombre,
11:49ils n'ont plus confiance
11:51dans leur employeur.
11:52Ils n'ont plus confiance
11:53dans leur hiérarchie.
11:53Donc,
11:54ils ne se confient pas.
11:56Certains sont reclus
11:57dans le silence
11:57et bien évidemment,
11:59nous le considérons
11:59les statistiques,
12:00bien souvent,
12:01vous apercevez
12:02que des policiers
12:03qui ont mis fin
12:03à leur jour,
12:04quand vous étudiez
12:04un petit peu la situation,
12:06il n'y a pas eu
12:07de préalerte.
12:08Donc,
12:08tous ces éléments
12:09mis bout à bout,
12:10plus une profession
12:10qui est de plus en plus
12:12confrontée à la violence.
12:132015,
12:14ça a été le début
12:14des attentats terroristes
12:15sur le territoire national.
12:16Ça a été
12:17une terrible découverte.
12:19Le policier a pris conscience
12:20qu'il devenait également
12:21une cible.
12:22Mais à ce moment-là,
12:23ça se passait plutôt bien
12:24avec la population.
12:25Il y a même eu un moment,
12:26on se souvient
12:27de ces policiers
12:28qui ont défilé
12:29juste après les attentats
12:30du 7 janvier,
12:31pendant la marche du 11 janvier
12:32et où tout le monde
12:33les applaudissait
12:33et ça,
12:34ça a un peu changé.
12:37En 2015,
12:38après les premiers attentats,
12:39les parquachis,
12:40l'hypercachère,
12:41les policiers ont été encensés.
12:43Ils étaient la dernière ligne
12:44de protection
12:44face aux terroristes.
12:46Et puis derrière,
12:47se sont enclenchés
12:48des mouvements sociaux.
12:49La loi El Khomri,
12:50les gilets jaunes,
12:52délinquance de droit commun,
12:53de plus en plus violente également.
12:54On est confronté
12:55à une criminalité organisée,
12:56on est confronté
12:57à tout un ensemble de choses
12:58qui aujourd'hui
12:59fait que peut-être
13:00certains d'entre nous,
13:01les plus fragilisés
13:03ou fragiles,
13:04n'étaient pas prêts.
13:04C'est un peu compliqué aussi
13:05quand on est policier,
13:06qu'on rentre par vocation.
13:08C'est un jour,
13:08je suis conspué,
13:09un jour,
13:10je suis encensé,
13:10un jour,
13:11je suis considéré
13:12comme la dernière barrière
13:14face à la délinquance
13:15et au terrorisme
13:16et le lendemain,
13:17je suis considéré
13:18comme un oppresseur
13:19en matière sociale.
13:20Cette usure professionnelle
13:21peut venir à bout
13:23des plus forts.
13:24On est dans une profession
13:25où,
13:26appelé au secours,
13:28ce n'est pas la première
13:29de nos qualités,
13:30en tout cas,
13:30ce n'est pas le premier réflexe.
13:31Donc,
13:32ça commence déjà par ça,
13:33restaurer cette confiance,
13:34cette écoute.
13:35Tout passe déjà
13:36par le dialogue,
13:37restaurer ces moments
13:39où on peut parler,
13:40où on sait
13:41qu'on peut avoir confiance
13:42dans sa hiérarchie
13:43pour exposer un problème
13:45personnel ou professionnel
13:46ou simplement aussi
13:47avoir un peu de temps
13:48pour parler avec des collègues.
13:49Mais dans bon nombre
13:50de commissariats,
13:51on est en sous-effectifs,
13:52on est sur des rythmes horaires
13:54où on ne fait que se croiser,
13:56se chevaucher.
13:57Donc,
13:57ça ne facilite pas
13:58ce réflexe
13:59d'observer autour de soi
14:00si son collègue,
14:02sa collègue,
14:03va bien,
14:04montre un signe de faiblesse.
14:10Claudia,
14:11en avril,
14:12parallèlement à la mise en place
14:13de la cellule
14:13créée par le ministère
14:14de l'Intérieur,
14:15le syndicat Alliance
14:16a lancé sa propre initiative.
14:18Oui,
14:19le syndicat a lancé
14:20un sondage
14:21pour mieux connaître
14:22les conditions de vie
14:23et de travail des policiers.
14:25L'idée,
14:25c'était de comprendre
14:27d'où vient
14:28cette souffrance au travail.
14:29Alors,
14:29ça peut être lié
14:30à l'organisation du travail,
14:31aux sous-effectifs permanents,
14:33au rythme,
14:33mais aussi à la vétustéance
14:35du matériel
14:36et des locaux
14:36qui empêchent parfois
14:37les policiers
14:38de faire leur travail correctement.
14:40Donc,
14:40ce sondage a été lancé.
14:42Il y a eu 15 300 réponses
14:43de policiers,
14:44des hommes,
14:45des femmes,
14:46de tout âge,
14:47qui sont bien répartis
14:48sur le territoire.
14:49Donc,
14:49Alliance estime
14:50qu'ils ont un panel
14:50assez représentatif
14:51de la profession
14:52et ils sont en train
14:53d'analyser ces résultats
14:54qu'ils vont bientôt publier.
14:56Et au-delà de la cellule
14:57du ministère de l'Intérieur
14:57dont tu as parlé
14:58dans le reportage,
14:59quelles sont les mesures
15:00mises en place
15:01par le gouvernement ?
15:02La cellule
15:02alerte prévention suicide,
15:04c'est la mesure la plus récente
15:05mais avant ça,
15:06la direction générale
15:07de la police nationale
15:08a mis en place
15:09d'autres choses.
15:10Un soutien psychologique,
15:11il y a des débriefings
15:12qui sont faits
15:13sur ce sujet
15:13assez fréquemment.
15:14Il y a des équipes
15:15qui sont envoyées
15:16dans les commissariats
15:17à chaque fois
15:17qu'un policier
15:18y a mis fin à ses jours
15:19mais ça ne suffit pas
15:21à enrayer ce phénomène
15:22et donc les syndicats
15:23attendent maintenant
15:24des décisions plus fortes
15:25et surtout des moyens
15:26non pas pour aider
15:27les collègues en détresse
15:28mais pour empêcher
15:29que certains policiers
15:30se retrouvent
15:30dans ces situations
15:31de détresse.
15:32Merci Claudia Prolongeau
15:33et merci à Eric Pelletier
15:35du service
15:36Police Justice du Parisien
15:37pour son aide.
15:46Codesource est le podcast
15:47d'actualité du Parisien
15:48production Jeanne Boézek
15:50et Clara Garnier-Amouroux
15:51réalisation Benoît Gillon
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