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  • il y a 9 heures
L’affaire des policiers brûlés à Viry-Chatillon en 2016 a connu son épilogue judiciaire le mercredi 4 décembre. La cour d’assises de l’Essonne a condamné 8 des 13 prévenus à des peines allant de 10 à 20 ans de prison. Les 5 autres sont acquittés. Cette affaire avait profondément ému l’opinion publique. Des policiers surveillaient un mât de vidéosurveillance quand des individus cagoulés ont essayé de les tuer, en projetant dans leur voitures des cocktails Molotov et en bloquant les portières pour les empêcher de s’enfuir. Cet épisode de Code source est raconté par Nicolas Goinard et Sébastien Morelli de l’édition de l’Essonne du Parisien. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian - Archives : BFM TV, CNEWS. 

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Des peines de 10 à 20 ans de prison pour 8 accusés et 5 acquittements.
00:19Verdict de la cour d'assises de l'Essonne le mercredi 4 décembre
00:23dans l'affaire dite des policiers brûlés à Viry-Châtillon.
00:26Le 8 octobre 2016, à l'entrée du quartier de la Grande-Borne,
00:29des policiers surveillaient un mât de vidéosurveillance
00:32quand des individus cagoulés ont jeté dans leur voiture des cocktails Molotov.
00:38L'attaque ultra-violente a ému l'opinion et entraîné des manifestations de policiers partout en France.
00:44Aujourd'hui, Codesources refait le film de ces événements
00:47avec Nicolas Gouanard et Sébastien Morelli de l'édition de l'Essonne du Parisien.
00:52Sébastien Morelli, cette histoire se déroule dans l'Essonne, dans le quartier de la Grande-Borne.
00:57Vous pouvez nous décrire ce quartier ?
00:58C'est un quartier le plus sensible de l'Essonne, qui est à cheval sur deux communes.
01:01En grande majorité sur la commune de Grigny et un peu sur la commune de Viry-Châtillon,
01:06où vont se dérouler les faits.
01:07C'est une cité qui ne ressemble pas à une cité classique,
01:10avec des grandes barres d'immeubles ou des grandes tours, pas du tout.
01:13On a des immeubles de faible hauteur, 3-4 étages, pas plus.
01:18C'est assez arrondi, c'est pas franchement laid.
01:20On y trouve même des mosaïques, des sculptures.
01:22Mais c'est un véritable labyrinthe, ce qui fait que, quand on s'engage dans cette cité pour des policiers,
01:27c'est pas facile.
01:28C'est facile d'y dresser des embuscades.
01:31Ils subissent assez régulièrement des caillassages au sein de cette cité.
01:34C'est difficile pour eux d'intervenir à l'intérieur.
01:37Le samedi 8 octobre 2016, à la Grande-Borne, donc, à Viry-Châtillon,
01:41deux voitures de police sont stationnées au carrefour dit du Fournil.
01:45Le Fournil, c'est une grande boulangerie qui fait l'angle sur ce carrefour.
01:49Elle est située juste en face d'une des principales entrées de la Grande-Borne.
01:53C'est là que ça va se passer.
01:55A ce carrefour, aux alentours de ce carrefour, se déroulent très régulièrement
01:58des attaques à la portière assez violentes.
02:01C'est-à-dire que les automobilistes qui s'arrêtent à ce feu sont agressés.
02:06Des jeunes surgissent de derrière les haies, brisent les vitres de la voiture
02:10pour s'emparer généralement des sacs qui se trouvent sur le sieste passager.
02:14Si vous avez le malheur de résister, que vous soyez une femme ou un homme,
02:16vous êtes frappé.
02:17Il y a eu énormément d'agressions, d'où l'implantation de cette caméra pour les faire cesser.
02:23Que se passe-t-il avec ce mât de vidéosurveillance ?
02:26Ce mât de vidéosurveillance va être attaqué à de très nombreuses reprises,
02:29soit par des voitures ou des camions béliers.
02:31Il va tenter d'être scié à plusieurs reprises.
02:34Et du coup, il est mis sous surveillance.
02:36On surveille la caméra de surveillance.
02:38Il y a donc deux voitures de police,
02:39avec dans chacune des voitures deux fonctionnaires de police
02:42pour surveiller ce mât de vidéosurveillance.
02:44C'est ça.
02:45Que se passe-t-il le 8 octobre 2016,
02:48donc à ce carrefour du Fournil, vers 15h ?
02:51Une partie de la scène a été filmée par une autre caméra
02:54qui se trouvait dans la caserne des pompiers.
02:56On voit au moins 16 jeunes armés de cocktails monotophes
03:00qui sortent de la grande borne,
03:02qui vont longer la caserne des pompiers
03:05pour faire un tour
03:06et en fait prendre les voitures des deux policiers à revers.
03:10C'est-à-dire que ces derniers, en fait,
03:11ne vont les voir qu'au dernier moment dans leur rétroviseur.
03:13Et donc, ils ont 16 jeunes qui vont se précipiter sur leur voiture
03:17et lancer des cocktails monotophes.
03:19La première voiture est prise d'assaut.
03:21Les jeunes brisent les vitres avec des pavés
03:23et lancent des cocktails monotophes enflammés
03:26directement sur les deux policiers qui sont à l'intérieur,
03:28qui sont Vincent et Jenny.
03:30Jenny va réussir à s'extraire assez rapidement de la voiture,
03:33mais elle est en feu.
03:34Son collègue Vincent, lui, la portière, est bloquée par les jeunes,
03:39ce qui fait qu'il est très gravement touché.
03:41Il parvient finalement à s'extraire de la voiture,
03:43mais il continue à brûler.
03:45L'autre voiture, c'est un peu le même scénario,
03:47sauf que là, les policiers parviennent à sortir tout de suite.
03:50Ils vont plutôt être frappés,
03:52ils vont prendre des coups de poing, des pierres.
03:55L'un des deux, Sébastien, va se porter au secours de Vincent,
03:58qui est en flamme.
03:59Il va notamment parvenir à lui retirer son polo
04:02qui est en train de brûler.
04:03Et ensuite, ils vont se réfugier à l'intérieur d'un immeuble.
04:06Que se passe-t-il ensuite ?
04:07Il y a des riverains qui ont assisté à ce qui s'est passé,
04:10donc ils vont prévenir les secours,
04:12qui vont intervenir et prendre en charge les quatre policiers.
04:15Dans quel état sont les quatre policiers après l'attaque ?
04:18Vincent est très gravement brûlé,
04:20notamment au visage et sur le torse,
04:23brûlé à 30% sur le corps.
04:25Jenny est également gravement atteinte au visage, aux mains.
04:28Quand Jenny parvient à sortir de la voiture,
04:30donc elle est en feu,
04:31elle réclame de l'aide,
04:33elle dit qu'elle est maman,
04:33qu'elle a des enfants,
04:34et pour toute réponse,
04:35en fait, elle prend à nouveau des coups et des jets de pierre.
04:38Sébastien, qui a porté secours à Vincent,
04:40est également brûlé gravement aux mains,
04:43et sa collègue souffre, elle, de contusions, de plaies.
04:46Elle a pris des coups.
04:56Nicolas Gouanard,
04:56deux jours après cette attaque,
04:58vous avez pu recueillir le témoignage
04:59de l'une des victimes,
05:00un policier, Sébastien,
05:02dont on vient de parler.
05:03Qu'est-ce qu'il vous raconte ?
05:04Lui, il est très choqué après les faits.
05:06Il raconte que quand il s'est rendu le lendemain,
05:09donc le dimanche,
05:10à la direction départementale de la sécurité publique
05:12pour être auditionné,
05:14il a demandé à sa femme de contourner le quartier de la Grande-Borne
05:17parce qu'il ne voulait pas passer à proximité.
05:19Donc il en garde un réel traumatisme.
05:21Il explique aussi qu'en tant que policier sur ce secteur,
05:24il était habitué à être caillassé,
05:25mais jamais il aurait pensé que les jeunes allaient venir au contact
05:28et essayer de les tuer dans une voiture
05:30et leur mettre le feu.
05:31Il dit qu'ils ont voulu nous tuer.
05:32Après cette attaque, comment réagit la classe politique ?
05:36Manuel Valls, qui était Premier ministre à l'époque
05:38et connu en tant qu'élu dans l'Essonne,
05:40dit qu'il n'y a pas de territoire de non-droit
05:43mais des territoires difficiles dans la République.
05:45Quand on s'attaque à des policiers
05:48et qu'on veut tuer donc des policiers,
05:50on veut tuer des flics,
05:51mais on s'en prend à ce qu'ils représentent,
05:53c'est-à-dire l'autorité de l'État.
05:55Il n'y a pas de zone de non-droit.
05:57Et il promet que les auteurs de cette attaque
05:59seront traqués et traduits en justice.
06:01Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur à ce moment-là,
06:05condamne ces faits et promet des sanctions lourdes
06:08contre les auteurs de cette attaque.
06:09C'est une véritable attaque barbare, sauvage,
06:14qui était destinée à tuer.
06:15Et ces individus seront rattrapés
06:17parce que la police judiciaire travaille,
06:19elle travaille bien.
06:20Donc toute la classe politique va condamner ces actes.
06:21Lundi 10 octobre,
06:23Manuel Valls et Bernard Cazeneuve
06:25se déplacent dans les trois commissariats
06:27d'où sont originaires les policiers attaqués.
06:29Ils mesurent l'ampleur de l'événement.
06:31Pour eux, c'est aussi une manière de répondre
06:33à la grogne qui commence à monter chez les policiers
06:35et d'annoncer aussi un certain nombre de mesures
06:39parce que notamment, il est courant de dire
06:41qu'en Essonne, il manque énormément de fonctionnaires.
06:43Les syndicats avancent le chiffre de 300 fonctionnaires
06:46manquants en Essonne.
06:47Et dans les jours suivants,
06:49Bernard Cazeneuve va forcément annoncer
06:50des arrivées supplémentaires de fonctionnaires,
06:52une centaine,
06:53qui au bout du compte ne seront pas réellement
06:55100 fonctionnaires affectés au département,
06:57mais environ 80.
06:59Malgré ce déplacement sur le terrain
07:01de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve,
07:03la grogne monte chez les policiers ?
07:04La grogne va monter crescendo
07:06jusqu'à donner des manifestations
07:08qui vont avoir lieu une semaine après les faits.
07:10Ça commence devant le commissariat de Savigny-sur-Orge
07:12d'où est originaire Vincent,
07:14le policier le plus gravement brûlé.
07:16Ils vont se rassembler,
07:17ils vont faire une chaîne humaine devant le commissariat,
07:20chanter la marseillaise.
07:21La nuit suivante,
07:23ça sera devant la préfecture de l'Essonne
07:24où 70 fonctionnaires de nuit,
07:27principalement des backeux,
07:28des policiers qui sont affectés
07:29aux brigades d'entrée criminalité,
07:31vont se réunir.
07:32Et la semaine suivante,
07:34ce sera des défilés sur Paris
07:36avec, en point d'orgue,
07:37un rassemblement réunissant 500 policiers
07:39de toute l'Île-de-France
07:40devant l'hôpital Saint-Louis
07:42où est hospitalisé Vincent.
07:44défilé qui terminera sur les Champs-Elysées
07:46avec les véhicules de service,
07:47avec les gyrophards.
07:49Un même cri,
07:52une même colère
07:55et les mêmes revendications.
07:57Jean-Marc Falcone,
07:58qui à l'époque était le directeur
08:00de la police nationale,
08:01réagit en disant que des sanctions
08:03seront prises contre les fonctionnaires
08:04qui ont manifesté sur les Champs-Elysées.
08:08Pour tous les policiers de France,
08:09c'est vraiment l'agression de trop ?
08:10Ah oui, oui, oui.
08:11Ils ironisent beaucoup
08:12sur les véhicules qui ont été attaqués.
08:15Ils disent qu'ils étaient en Kangoo,
08:16dans une cité sensible.
08:18Il y a un policier qui dira
08:19qu'on utilise des véhicules familiaux
08:21pour venir dans des quartiers compliqués.
08:23Voilà, c'est vraiment le symbole,
08:25cette attaque,
08:25d'une police qui va très mal
08:27et notamment qui n'est pas équipée
08:28pour répondre à la délinquance
08:31qu'on peut trouver dans les cités compliquées.
08:34Sébastien Morelli,
08:34l'enquête est menée
08:35par la Sûreté départementale de l'Essonne.
08:37Quels sont les éléments
08:38dont disposent les enquêteurs au départ ?
08:40Les rares éléments qu'ils ont,
08:41ce sont des morceaux de bouteilles,
08:43des pavés,
08:44puis quelques images de vidéosurveillance.
08:46Mais ce sont des gens
08:47qui sont tous encagoulés,
08:48donc on ne voit pas leur visage.
08:49Ils n'ont pas d'ADN.
08:51Ça s'annonce très compliqué.
08:52Alors, que font les enquêteurs ?
08:54Ils vont commencer par faire du porte-à-porte
08:57entre 900 et 1000 appartements
08:59dans le quartier de la Grande-Borne.
09:00Mais on voit bien
09:01que c'est la loi du silence
09:02qui prédomine dans ce quartier.
09:03Ça ne va rien donner.
09:04Et les quelques témoins
09:06qui ont pu voir une partie
09:08de ce qui s'est passé
09:09ne sont pas capables, évidemment,
09:11d'identifier les personnes.
09:13Alors, qu'est-ce qu'ils font ensuite ?
09:14Ils vont s'intéresser aux réseaux sociaux
09:16puisqu'il va y avoir
09:18plusieurs vidéos de diffusées.
09:20On voit les voitures brûlées
09:21avec des mots sur les poulets brûlés.
09:25Ils vont identifier des comptes Internet
09:27qui vont leur permettre
09:28du coup d'interroger
09:30ces personnes qui ont publié ces vidéos,
09:32qui ont publié des commentaires
09:33peu amènes sur les policiers.
09:35Et malgré tout,
09:36il y a quand même
09:36quelques personnes de la Grande-Borne
09:38qui vont commencer à parler,
09:40à donner des noms
09:41qui vont permettre aux policiers
09:42d'aller voir ces personnes
09:43et de remonter sur d'autres,
09:44etc.
09:45Alors, ces quelques témoins,
09:46ils sont très peu nombreux
09:48et tous,
09:49et je dis bien tous,
09:50vont être agressés.
09:51Un va être tabassé
09:53et gazé dans son lycée.
09:55Un autre,
09:55qui est un jeune mineur,
09:57va être photographié et filmé.
09:58Ils lui ont mis un énorme serpent
10:01autour du cou
10:01et on voit que le gamin
10:03est totalement terrorisé.
10:05Et un troisième témoin
10:06qui a lui aussi donné des noms
10:08va être agressé devant un café
10:10dans une ville voisine.
10:11Et il y aura un quatrième témoin
10:13qui est, lui, anonyme,
10:15qui va déposer sous X
10:16et qui va aussi donner
10:17une liste de noms.
10:20Il donne une liste de noms
10:21en disant que ces gens-là
10:22ont participé à cette agression
10:24et que cette agression
10:25a été principalement organisée
10:27par une bande dite
10:28Bande de la S.
10:30Bande de la S pour Serpente.
10:32Serpente qui est le nom
10:32d'une rue dans la Grande-Borne.
10:34À ce moment-là,
10:35quelle est l'ambiance dans le quartier ?
10:37J'imagine qu'il y a
10:37beaucoup de policiers
10:38régulièrement sur le terrain
10:39pour mener cette enquête.
10:40C'est une enquête
10:40qui leur tient à cœur ?
10:41C'est une grosse enquête
10:43pour la sûreté départementale.
10:44Donc, ils vont énormément travailler.
10:46Dans le quartier,
10:47il y a plusieurs escadrons de CRS
10:49qui sont mobilisés
10:49et qui vont rester sur place
10:50plusieurs semaines de suite.
10:51Ce qui va énormément,
10:53évidemment, déranger
10:53les trafiquants du quartier.
10:55Du coup, on s'aperçoit
10:57de deux choses après ces faits.
10:58C'est d'une part,
10:59les attaques à la portière
11:01ont totalement cessé.
11:03Les trafics en ont pris un coup.
11:04Et on a beaucoup de moins
11:06de faits divers
11:07qu'auparavant sur la Grande-Borne.
11:08Entre novembre 2016
11:10et mars 2017,
11:11il va y avoir
11:12une série d'interpellations.
11:13Les enquêteurs
11:14vont procéder
11:15à cinq vagues
11:16d'interpellations.
11:17Au total,
11:18ça fait une vingtaine
11:19de personnes
11:20qui vont être interpellées.
11:21Certaines vont être placées
11:22en détention provisoire.
11:24D'autres vont être relâchées
11:25faute d'éléments
11:26et d'autres placées
11:27sous le statut
11:28de témoin assisté.
11:34Le 15 octobre 2019,
11:36le procès commence
11:37devant la cour d'assises
11:38de l'Essonne
11:39à Évry-Courcouronne.
11:40Il y a 13 prévenus.
11:42Quel est leur profil ?
11:43Parmi ces 13 prévenus,
11:44il y en a trois
11:45qui étaient mineurs
11:46à l'époque des faits.
11:47La plupart ont un parcours
11:49chaotique,
11:50que ce soit scolaire
11:51ou avec leur famille,
11:53des situations
11:53souvent assez compliquées.
11:55Un seul d'entre eux
11:57a réussi à décrocher
11:58le baccalauréat.
12:00Certains ont déjà
12:00des casiers judiciaires,
12:02alors des petits casiers,
12:03pas forcément des gros faits.
12:05Et comme trois prévenus
12:06étaient mineurs
12:07au moment des faits,
12:08le procès se déroule
12:09à huit clos.
12:10Ça veut dire quoi concrètement ?
12:11Ça veut dire qu'en dehors
12:13des témoins
12:14et des proches,
12:15personne ne va pouvoir
12:16assister à ce procès.
12:17C'est un huit clos
12:18qui aurait pu être levé
12:20parce qu'entre-temps,
12:21ces trois mineurs
12:22sont devenus majeurs.
12:23Au final,
12:24l'avocat général
12:25n'a même pas demandé
12:26la levée de ce huit clos.
12:28Les avocats de la défense
12:29étaient prononcés
12:30contre la levée
12:30de ce huit clos
12:31pour la sérénité des débats
12:32puisqu'ils craignaient
12:33si du public pouvait
12:34y assister des débordements.
12:36Qui est présent
12:36au procès du coup ?
12:38Alors, côté parti civil,
12:40Jenny et Vincent
12:41vont assister
12:42à une grande partie
12:44du procès.
12:45Sébastien va être là
12:46au début,
12:47mais finalement,
12:48il va quitter le procès
12:49en disant que
12:49c'est trop dur pour lui.
12:51Virginie ne viendra pas
12:52non au procès.
12:53Nicolas Gouanard,
12:54comment se déroule
12:54le procès ?
12:55On ne sait pas trop
12:55comment ça se passe.
12:56Après,
12:57on apprend par des sources
12:59que les accusés
13:00vont avoir
13:01des attitudes
13:02désinvoltes.
13:02On nous apprend
13:03que certains sourient
13:05quand les policiers
13:06s'expriment,
13:07quand les policiers
13:08déposent.
13:08Ce qui sera contesté
13:09par la suite
13:09par la défense
13:11via un communiqué
13:11presse qui dit
13:12que la parole
13:13de chacun
13:13est respectée.
13:14Mais voilà,
13:15on n'en sait pas
13:16beaucoup plus.
13:16Après,
13:17les accusés,
13:17quand ils vont être
13:18entendus,
13:19vont continuer
13:19à nier,
13:20à dire qu'ils n'étaient
13:21pas présents
13:21et qu'ils n'ont
13:22rien à voir
13:22avec tout ça.
13:23Donc voilà,
13:24c'est exactement
13:24ce qu'on peut avoir
13:25comme information
13:26au sein de la Cour d'Assise.
13:28Sur quoi repose
13:29l'accusation concrètement ?
13:30L'accusation va reposer
13:31sur des témoignages
13:32et toute la difficulté,
13:34ça va être
13:34que les témoins
13:35viennent déposer à la barre.
13:36Il y a énormément
13:37de témoins absents.
13:38Il y a beaucoup de témoins
13:39que la police
13:41n'a pas réussi
13:41à localiser.
13:42Il y a même un témoin
13:43dont on apprend
13:44qu'il a fui au Mali.
13:45Durant l'enquête,
13:46les policiers
13:46ont réussi à le localiser
13:47et à l'auditionner
13:49via une visioconférence
13:51depuis l'ambassade de France
13:52à Bamako.
13:53Mais après,
13:54durant tout le procès,
13:55ils ont essayé
13:56de le localiser.
13:57Les autorités françaises
13:58ont été en contact
13:58avec la police malienne
13:59pour essayer de le retrouver.
14:01Personne n'a réussi
14:01à remettre la main dessus.
14:03Donc du coup,
14:03il ne s'est pas exprimé
14:04à nouveau au procès ?
14:04Il ne s'est pas exprimé
14:05au procès.
14:06En fait,
14:06ce qui se passe
14:06à ce procès,
14:07c'est que soit
14:08les témoins ne viennent pas,
14:10soit ils sont totalement
14:11amnésiques.
14:12C'est-à-dire que
14:13tous ceux qui avaient
14:14dit des choses
14:15ne sont pas là
14:17ou alors ne se souviennent
14:18plus de rien
14:18se sont rétractés.
14:21Comment est exploité
14:22le témoignage
14:22de la personne
14:23qui a parlé
14:24de façon anonyme ?
14:26Alors ce témoin sous X
14:27va témoigner
14:27devant la cour d'assises
14:28mais il n'est pas présent
14:29évidemment.
14:30Ça se fait par visioconférence.
14:32Son visage est masqué
14:33et sa voix est déformée.
14:34Donc si on se résume,
14:35finalement il n'y a pas
14:36d'éléments matériels
14:37contre les prévenus ?
14:38Non, il n'y a pas
14:39d'éléments matériels,
14:40il n'y a pas d'ADN,
14:41il n'y a pas d'empreinte digitale,
14:42il n'y a pas de vidéo
14:43où on voit leur visage.
14:45Néanmoins,
14:45durant le procès,
14:46Jenny va dire
14:47qu'elle reconnaît
14:48un de ses agresseurs.
14:49Elle avait dit
14:49qu'elle avait vu
14:50ce jour-là
14:51son regard chargé
14:52de haine
14:53à travers la cagoule.
14:54Elle ne voyait
14:55que son regard
14:56et elle a dit
14:56qu'elle ne l'oublierait jamais
14:57et à l'audience
14:58elle dit avoir reconnu
14:59le regard
15:00de cet homme-là
15:01qui lui
15:01en réponse nie.
15:05Le 28 novembre,
15:07l'avocat général
15:07prononce ses réquisitions
15:08et ça prend du temps.
15:10Ça prend quasiment
15:11toute la journée
15:12donc ce sont
15:13des réquisitions lourdes
15:14puisque pour 2D mineurs
15:16elle va requérir
15:1720 ans de réclusion criminelle
15:18ce qui est le maximum.
15:19Pour le 3ème mineur
15:21elle va demander
15:22la levée
15:22de son excuse
15:23de minorité
15:23ce qui peut porter
15:24la peine maximum
15:25à 30 ans
15:26et c'est ce qu'elle requiert.
15:27Et pour les 10 autres prévenus
15:29qui encourent
15:30la réclusion criminelle
15:31à perpétuité
15:32elle va requérir
15:32des peines
15:33de 25 à 30 ans
15:34de prison
15:34en disant que
15:35si elle ne requiert pas
15:36la perpétuité
15:37c'est en raison
15:38de leur jeune âge.
15:46Le verdict est rendu
15:47dans la nuit
15:47du 4 au 5 décembre.
15:49Quel est-il ?
15:50Il y a d'abord
15:505 accusés
15:52qui sont acquittés
15:53parmi eux
15:54il y a 2 mineurs.
15:55Les 8 autres
15:55sont condamnés
15:56alors il y en a un
15:57qui prend 10 ans
15:58de prison
15:592 autres qui prennent
16:0012 ans
16:01de réclusion criminelle
16:023 18 ans
16:03de réclusion criminelle
16:05et 2 autres
16:0520 ans
16:06de réclusion criminelle
16:07c'est bien en dessous
16:08des réquisitions
16:09demandées par l'avocat général.
16:11Un verdict
16:11qui ne satisfait personne
16:13les avocats des policiers
16:14parlent
16:14de peines très faibles
16:15Nous avons l'impression
16:16avec ces peines
16:17qui sont de 10 à 20 ans
16:18que les peines prononcées
16:20ne sont pas
16:20à la hauteur du crime.
16:21Lorsque l'on dit
16:22qu'on a voulu tuer
16:23des policiers
16:23il faut que les peines
16:25soient à la hauteur du crime.
16:26Et les défenseurs
16:27des 8 condamnés
16:27dénoncent
16:28l'absence de preuves
16:29dans ce dossier.
16:30Les 5 acquittements
16:31sont fondés
16:31sur exactement
16:32les mêmes éléments
16:33que les 8 personnes
16:35qui ont été condamnées.
16:36Pourquoi la fragilité
16:38du dossier
16:38a été admise
16:40dans un cas
16:40et pas dans l'autre
16:41c'est l'incertitude
16:43terrible
16:44de l'action judiciaire.
16:47Nicolas Gouanard
16:48Sébastien Morelli
16:48que deviennent
16:49les 4 policiers
16:50agressés
16:51et notamment Vincent
16:52qui a été
16:53le plus touché.
16:53Je l'ai vu 2 fois
16:55au premier jour
16:56et au dernier jour
16:56du procès
16:57donc il garde
16:58cette casquette
16:58vissée sur la tête
17:00la plus grande partie
17:01de son visage
17:02a été brûlée
17:03on voit qu'il a dû
17:04subir des grèves de peau
17:06son oreille
17:07aussi a été
17:08très abîmée
17:09de même que son nez
17:10oui il est très marqué.
17:11Vincent fait toujours
17:12partie des effectifs
17:13du commissariat
17:14de Savigny-sur-Orge
17:15il n'a pas repris
17:16le travail
17:16depuis les faits
17:18puisqu'il doit subir
17:19régulièrement
17:20des interventions
17:21en centre hospitalier
17:22il devrait être promu
17:24en tant que gardien
17:25de la paix
17:25vu qu'il n'était
17:26que adjoint de sécurité
17:27au moment des faits
17:27pour les autres policiers
17:29tous ont repris le travail
17:30ils ont tous obtenu
17:31une mutation
17:32Sébastien par exemple
17:33qui souhaitait
17:34revenir en Charente-Maritime
17:36d'où il est originaire
17:37a réussi à avoir
17:38sa mutation
17:38à la suite de ces faits-là
17:40les autres policiers
17:41travaillent dans des commissariats
17:42de province
17:42sur le terrain
17:43ils ont beaucoup de mal
17:44avec tout ce qui est
17:45violences urbaines
17:46ils appréhendent beaucoup
17:47les interventions
17:49mais ils voulaient rester
17:50les policiers
17:50parce que c'est un métier
17:51qu'ils aiment
17:55Merci à Nicolas Gouanard
17:57et Sébastien Morelli
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