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  • il y a 9 heures
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La romancière américaine, Mary Higgins Clark, est décédée le 31 janvier dernier. Elle a écrit plus de 40 livres vendus à des millions d’exemplaires. Code source vous raconte son histoire.

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00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Elle était la reine du suspense, souvent comparée à Agatha Christie, dont elle avait lu tous les livres.
00:21La romancière américaine Mary Higgins Clark s'était un tiers à l'âge de 92 ans.
00:26Mary Higgins Clark a passé à l'âge de 92 ans.
00:29Clark, known to her fans as the queen of suspense, died on Friday.
00:33Romancière populaire assumée, ses livres se sont vendus à quelques 100 millions d'exemplaires dans le monde.
00:39Née dans le Bronx, dans une famille originaire d'Irlande, elle est devenue millionnaire en écrivant des histoires fascinantes auxquelles
00:46tout le monde pouvait s'identifier.
00:48Peu de temps avant sa mort, à l'âge de 92 ans, elle continuait d'écrire des histoires.
00:52Deux reporters du service culture du Parisien, Catherine Ball et Sandrine Bajos, nous racontent la vie de Mary Higgins Clark.
01:08Sandrine Bajos, le 31 janvier dernier, Mary Higgins Clark est morte. Que disent les hommages ? Que disent les gens
01:13?
01:14On a appelé son éditeur, sa traductrice, et on a eu Arlan Coben aux Etats-Unis. C'était très émouvant.
01:20Pour Arlan Coben, c'était qui, Mary Higgins Clark ?
01:24C'était son mentor. Ils étaient très proches, ils habitaient pratiquement dans la même résidence.
01:34Il pleurait presque parce qu'il m'expliquait que d'abord c'était pour lui la meilleure écrivaine, bien sûr,
01:39mais c'était aussi sa meilleure amie.
01:41Il m'expliquait à Arlan que des fois, quand il n'arrivait pas à écrire, il pensait à elle, il
01:44se remettait au travail.
01:45Et il disait surtout que c'était une personne délicieuse. Il était très émouvant.
01:54Catherine Ball, elle était comment, Mary Higgins Clark ?
01:56Ce qui était assez drôle, c'est que même à 85 ans, là, ces dernières années, elle assurait moins la
02:00promotion de ses livres parce qu'elle devait être assez fatiguée.
02:03Mais elle venait en France, par exemple, presque chaque année quand un de ses romans sortait pour assurer le service
02:08après-vente.
02:09Et elle le faisait avec un enthousiasme intact, avec une énergie.
02:12Elle était infatigable. Son éditeur racontait qu'il pouvait l'emmener dans des librairies en province, rencontrer des lectrices.
02:18Elle était toujours ravie. C'était ce qu'on appelle une très bonne cliente, c'est-à-dire qu'elle
02:22était très sympa.
02:23Elle était très drôle. Elle faisait tout le temps des petites blagues.
02:25Alors, c'était un petit peu tout le temps les mêmes.
02:26Elle racontait, moi, j'écris parce que quand on m'offre une fleur, je la mets dans un vase et
02:31elle meurt.
02:31Et quand je fais un gâteau, il brûle au four.
02:34Donc, pourquoi est-ce que je ferais autre chose qu'écrire ? Puisque c'est le seul truc que je
02:36sache faire.
02:37Mais elle était vraiment très chaleureuse, très directe.
02:41Elle avait aussi une façon de parler de l'argent très décomplexée, vraiment à l'américaine.
02:45Elle disait, mais moi, je publie des polars parce que je pense à mes droits d'auteur.
02:48Je gagne beaucoup d'argent et c'est très agréable de gagner beaucoup d'argent.
02:53Elle avait aussi la réputation d'avoir été fidèle avec les gens avec qui elle travaillait.
02:57Elle aimait les gens. Tout le monde me l'a dit.
02:59Et notamment sa traductrice, Anne d'Amour, me raconte un jour qu'elle va la chercher à l'hôtel Plaza
03:04pour l'emmener rencontrer des journalistes.
03:06Tout d'un coup, elle voit Marie Higgins Clark sortir et elle voit deux gars en blouson noir se jeter
03:11sur elle.
03:12Et alors, elle se dit, oh, c'est pas possible, on va me la kidnapper.
03:15En fait, pas du tout. C'était juste deux fans qui attendaient l'écrivaine de leur rêve pour avoir un
03:20autographe.
03:21La traductrice m'a dit ce qui m'a surtout vraiment surpris, c'est qu'elle n'a pas du
03:24tout eu un geste de recul.
03:25Elle n'a pas eu peur. Elle était contente que les gens lui parlent.
03:28Elle était contente de rencontrer les lecteurs.
03:30Même si elle ne disait pas un mot de français, c'était vraiment important pour elle de venir régulièrement en
03:34France.
03:35Quel est ce lien en particulier avec la France ?
03:36C'est là où elle a eu connu le plus de succès. C'est là où elle a vendu le
03:39plus de livres.
03:40Je pense qu'il n'y a pas un foyer en France où il n'y a pas un vieux
03:43bouquin d'elle qui traîne.
03:44La nuit du renard, la clinique docteur H, nous n'irons plus au bois.
03:48Alors ce qui est drôle, c'est que malgré tout, elle n'a jamais appris un mot de français.
03:51Elle devait savoir dire bonjour, merci, au revoir, je vous aime, point barre.
03:56Elle ressemblait à quoi, Marie Higgins-Clark ?
03:59Marie Higgins-Clark, c'est la super mamie, hyper chic, limite kitsch.
04:03C'est-à-dire qu'elle a les joues surpoudrées de roses, elle a un collier de perles,
04:07elle a toujours des chemisiers de soie, des tailleurs pantalons.
04:10Elle faisait très très attention à son apparence.
04:12D'ailleurs, si sa coiffeuse maquilleuse n'était pas dans les parages, elle paniquait.
04:15Elle avait gardé cette espèce de chignon banane qu'ont les hôtesses de l'air,
04:19peut-être de ces années où elle-même travaillait comme hôtesse de l'air.
04:22Elle était vraiment tirée à quatre épingles.
04:28Quelle place elle avait dans le monde de la littérature ?
04:30Elle écrivait des Polars.
04:31Le Polar, c'est le genre qui est le plus vendu.
04:34Donc, elle était incontournable.
04:36Et surtout, elle était lue par tout le monde.
04:39Des adultes, des enfants, des parents.
04:41On peut commencer à lire Marie Higgins-Clark très tôt.
04:43Elle a vendu 100 millions de livres à travers le monde, dont 20 millions en France.
04:48Donc, c'est une star du Polar.
04:49Et d'ailleurs, on l'appelait la reine du suspense.
04:51Et c'est la France qui a inventé ce terme.
04:53100 millions de livres vendus, ça doit représenter une fortune énorme.
04:56Elle a amassé une fortune.
04:58Elle a fini ses jours très très riche.
05:00Mais par contre, l'édition et les chiffres ne s'aiment pas trop.
05:03C'est impossible de savoir quels étaient les droits qui ont dû être vus régulièrement, régulièrement à la hausse.
05:08Elle a été comparée à Agatha Christie ?
05:10Oui, parce que c'était deux femmes dans un milieu, le milieu du Polar, très masculin.
05:14Deux mères de famille qui écrivaient des histoires très sombres.
05:18Même si, ni chez Agatha Christie, ni chez Marie Higgins-Clark, il n'y a pas de gore, il n
05:23'y a pas de sang.
05:24D'ailleurs, Marie Higgins-Clark disait, pour qu'il y ait du suspense, on n'a pas besoin que le
05:27sang dégouline.
05:28Et pour qu'il y ait de l'amour, on n'a pas besoin de rentrer dans la chambre à
05:31coucher.
05:32C'était quelqu'un d'extrêmement gentil.
05:34Et elle racontait des histoires horribles.
05:37Marie Higgins-Clark, le premier Polar qu'elle écrit, alors que c'est une apparemment gentille mère de famille de
05:42cinq enfants,
05:43c'est l'histoire d'une mère qui est accusée d'avoir assassiné ses deux enfants.
05:47Donc on les a comparées toutes les deux.
05:49Catherine Bell, vous avez rencontré à plusieurs reprises Marie Higgins-Clark.
05:52Vous allez notamment nous raconter l'une de ces rencontres qui vous a marquées en 2013.
05:57On va y revenir, mais d'abord on va raconter l'histoire de Marie Higgins-Clark.
06:01Sandrine Bajos, où est-ce qu'elle grandit ?
06:04Elle est née en 1927 dans le Bronx.
06:07Elle vient d'un milieu populaire, ses parents sont des immigrés irlandais, elle vient d'un milieu très modeste.
06:14Famille catholique, pratiquante ?
06:15Très pratiquante, très catholique, comme tous les Irlandais qui arrivent à New York à cette époque.
06:20Que font ses parents ?
06:21Alors ses parents tiennent un peuple irlandais, ils sont cafetiers.
06:24A quoi ressemble son enfance ?
06:25A priori heureuse, avec un grand frère, une petite soeur, des parents qui travaillent.
06:28Et elle aimait raconter que dès qu'elle a su écrire, vers 6-7 ans, elle s'est mise à
06:33écrire des poèmes et a toujours rêvé d'être écrivaine.
06:35Elle aime écrire, raconter des histoires.
06:40Quand elle a 12 ans, en 1939, elle rentre de la messe et tombe devant chez elle sur un attroupement.
06:47Alors il y a énormément de monde parce que son papa vient de décéder, son père vient de décéder d
06:51'une crise cardiaque dans son sommeil.
06:53Et ça va être un drame pour la famille parce que plus de père, plus de boulot, ça va vraiment
06:58changer toute leur façon de vivre.
07:00Sa mère se retrouve seule avec trois enfants et la petite, Marie, va devoir travailler pour l'aider.
07:07Très tôt parce qu'il faut ramener de l'argent dans le foyer.
07:10Alors la mère va louer des chambres dans l'appartement familial et Marie va passer un diplôme de standardiste d
07:17'Aquilo.
07:17Et elle va tout de suite se mettre à travailler, enchaîner les petits boulots pour aider sa mère, son frère
07:21et sa soeur.
07:22Elle va commencer comme secrétaire, elle sera plus tard hôtesse de l'air.
07:26Mais quand elle a 15 ans, sa famille est à nouveau endeuillée.
07:30Cinq ans après le décès de son père, elle va perdre son frère qui va mourir d'une méningite.
07:35Et ce n'est pas fini parce que quelques mois plus tard, elle va perdre son neveu de 15 mois.
07:40C'est un drame atroce qui va se tuer accidentellement en tombant d'une fenêtre.
07:45Et Marie Higgins-Clark se dira, le pire peut arriver.
07:47Et c'est peut-être pour ça qu'elle a toujours été une battante, qu'elle n'a jamais baissé
07:51les bras.
07:52Tous ces drames l'ont aidé à devenir ce qu'elle est devenue.
07:55En 1949, à 22 ans, Marie Higgins-Clark se marie.
07:59À ce moment-là, elle est essentiellement hôtesse de l'air et elle rencontre l'un des patrons d'une
08:05compagnie aérienne.
08:06Et il se marie, elle a 22 ans, lui il est un petit peu plus âgé.
08:10Elle va devenir mère de familles nombreuses.
08:12Marie Higgins-Clark a été élevée dans une famille très catholique.
08:15Elle est restée très catholique jusqu'à la fin de sa vie.
08:17Elle allait à la messe tous les dimanches, elle participait à des dîners de charité.
08:20Et comme dans toutes les bonnes familles catholiques, 9 mois après le mariage vient le premier enfant.
08:2513 mois après le premier enfant vient le deuxième enfant.
08:27Bref, en 4 ans, elle a déjà 3 enfants et elle en aura 5.
08:32Elle s'arrête de travailler pour s'occuper de ses enfants, mais est-ce qu'elle continue à écrire ?
08:36Oui, Marie Higgins-Clark, elle n'a jamais cessé d'écrire depuis, dans son souvenir, ses 6 ans.
08:40Et elle écrit là des petites nouvelles.
08:43Elle commence à écrire des feuilletons pour la radio.
08:46Voilà, en étant à la tête d'une famille de 5 enfants,
08:48elle racontera d'ailleurs plus tard qu'elle écrivait le matin très tôt, entre 5h et 7h du matin.
08:52Tous ces moments perdus, elle en profite pour prendre sa plume.
08:56En 1964, elle a 36 ans et elle perd son mari.
09:00Son mari, en fait, quelques années plus tôt, on lui diagnostique une angine de poitrine sévère.
09:05En 5 ans, il va avoir 3 crises cardiaques et puis la 4ème va lui être fatale.
09:10Son mari s'appelle Warren Clark et sa propre mère était venue le visiter.
09:13Et quand la belle-mère de Marie Higgins-Clark voit le cadavre de son fils sur son lit,
09:18elle meurt à son tour.
09:18Donc Marie Higgins-Clark se retrouve avec deux cadavres sur les bras.
09:24La malédiction familiale se répète.
09:26Comme sa mère, elle devient veuve très jeune et donc à la tête d'une famille de 5 enfants à
09:30gérer.
09:31Elle se retrouve donc seule avec ses enfants.
09:33Que fait-elle pour survivre ?
09:35Elle écrit de plus en plus.
09:36Elle écrit des nouvelles.
09:37Elle écrit des feuilletons pour la radio.
09:38Marie Higgins-Clark, il faut savoir que quand elle s'est mariée,
09:41elle a arrêté d'abord de travailler mais elle s'était inscrite à des cours d'écriture à l'université
09:45de New York.
09:46Elle avait fondé un petit atelier d'écriture avec quelques amis dont d'ailleurs la légende dira que
09:51jusqu'à presque la fin de sa vie, il se retrouvait chaque semaine pour écrire et commenter ce que les
09:56uns et les autres avaient écrit.
09:58Donc voilà, elle ne s'arrête pas.
10:00Elle envoie les nouvelles qu'elle écrit et notamment sa première nouvelle,
10:03elle va l'envoyer à plein d'éditeurs et elle va essuyer 40 refus.
10:07Elle reprend des petits boulots en parallèle ?
10:09Elle n'a pas le choix.
10:10Il faut qu'elle fasse vivre cinq enfants.
10:12Donc elle reprend un boulot de dactylo puisqu'elle a un petit diplôme.
10:15Comme c'est déjà une super super bosseuse,
10:18elle va travailler, elle va écrire la nuit,
10:20elle va écrire le matin avant de nous voir ses enfants
10:23et jusqu'au jour où un éditeur va accepter de publier son premier roman.
10:36Elle publie son premier roman à l'âge de 41 ans en 1968.
10:41Racontez-nous ça.
10:42À ce moment-là, Marie-Ginz Clark a une agente littéraire,
10:45qu'elle va d'ailleurs garder pendant plus de 20 ans,
10:47et elle écrit une biographie romancée de l'ancien président des Etats-Unis, George Washington,
10:53qui s'appelle George et Martha.
10:54C'est un échec total.
10:56Pourtant, elle n'abandonne pas et en 1975,
10:59elle publie un nouveau livre, cette fois, c'est un roman policier.
11:03Elle aimait beaucoup les polars, c'est ce qu'elle lisait.
11:05Donc après l'échec de cette biographie romancée à l'eau de rose,
11:09elle se lance dans le polar et elle a bien fait,
11:10puisque ça va être un succès, ça va être son premier succès.
11:13C'est quoi ce livre ?
11:14Alors c'est la maison du guet,
11:15et on retrouve déjà toute la patte de l'auteur,
11:17puisque c'est une histoire de séquestration,
11:19une femme enfermée, un homme qui va la sauver.
11:21Un polar, vous le commencez, vous ne pouvez plus l'arrêter.
11:23C'est extrêmement bien foutu.
11:25La mécanique est implacable, comme dit Guillaume Musso,
11:27et le succès est immédiat.
11:29Alors ce n'est pas un énorme, énorme succès,
11:31comme on a pu le voir après,
11:33mais en tous les cas, la machine est lancée,
11:35et elle ne va jamais, jamais s'arrêter.
11:37Combien elle touche pour ce premier livre ?
11:39On parle de 3000 dollars,
11:41ce qui est à la fois rien du tout, mais énorme,
11:42pour une femme qui commence sa vie d'écrivaine.
11:47Et à partir de là, donc, la machine est lancée,
11:49elle va être très régulière.
11:50Alors elle va être régulière, de plus en plus puissante,
11:53puisqu'elle va publier un livre par an.
11:56Tous les ans, ça sort,
11:57et tous les ans, c'est un succès de plus en plus grand.
12:02Catherine Ball, pourquoi ça marche ?
12:04Il y a vraiment une recette Marie-Higgins Clark,
12:06c'est-à-dire que moi, par exemple, j'en ai lu des dizaines,
12:08et j'en confonds beaucoup.
12:10Déjà, c'est toujours le même genre d'héroïne,
12:12c'est toujours une femme, trentenaire, célibataire,
12:14qui est indépendante, qui s'assume toute seule,
12:16qui est soit avocate, soit dans la finance, soit journaliste,
12:19qui n'est pas tout en haut de l'échelle sociale,
12:20mais qui a plutôt bien réussi,
12:22qui a toujours un très bel appartement à Manhattan.
12:24Alors elle va rencontrer un homme qui va être mystérieux,
12:27qui va s'avérer être mauvais,
12:30il y a quand même le bien et le mal.
12:32Elle va devoir résoudre un problème,
12:34souvent elle va le faire toute seule,
12:36et au cours de cette enquête qu'elle va mener,
12:39elle va rencontrer un autre homme,
12:41qui lui va être beaucoup plus valeureux, bienveillant,
12:45et il va avoir une petite histoire d'amour,
12:47mais qui va se dénouer à la fin de l'histoire,
12:49de manière extrêmement chaste, évidemment.
12:50Mais ce qui est important, c'est que c'est cette femme
12:52qui va affronter un tueur toute seule.
12:55Elle va le résoudre toute seule,
12:56et il y a quand même un parallèle avec la vie de Marie-Higgins Clark,
12:59qui est une self-made woman,
13:01qui s'est faite toute seule,
13:02qui a élevé ses enfants toute seule,
13:03qui a fait sa carrière toute seule.
13:05C'est sa traductrice qui me disait,
13:06en fait, ces femmes, physiquement même,
13:08elles ressemblent un peu à Marie-Higgins Clark,
13:09elles sont toujours très minces,
13:11les cheveux châtains, les yeux bleus marines,
13:13comme Marie-Higgins Clark.
13:16Vous en avez donc lu des dizaines, pourquoi ?
13:19Parce que c'est vraiment le roman de vacances idéal,
13:21c'est-à-dire qu'on sait que dès les premières pages,
13:25le suspense va être installé,
13:27qu'on ne va pas le lâcher.
13:28C'est très facile à lire,
13:29on peut lire Marie-Higgins Clark en surveillant les enfants sur la plage,
13:31on ne va pas être perdu.
13:32C'est vraiment, oui, le bouquin très sympa à glisser dans son sac de voyage.
13:37Je pense que c'est le secret de son succès,
13:39c'est que Marie-Higgins Clark, c'est une valeur sûre,
13:41c'est-à-dire que quand on achète son livre,
13:42on sait qu'on va en avoir pour son argent.
13:44Et d'ailleurs, elle-même, elle disait,
13:46mais pourquoi je changerais,
13:47alors que ça a toujours tellement bien marché pour moi ?
13:52Pour écrire un bon livre, il faut d'abord une bonne histoire.
13:56Et puis aussi une héroïne.
13:58En général, les miennes sont jeunes,
14:00elles ont un job.
14:02Et leur début de carrière va être remis en question
14:04à cause d'un événement horrible.
14:06Après, le tout est de tenir le rythme.
14:17Catherine Ball, vous avez rencontré Marie-Higgins Clark
14:19à plusieurs reprises,
14:21une fois notamment en 2008 à Paris.
14:24C'était au Plaza Athénée,
14:26qui était le palace où elle séjournait
14:27quand elle venait à Paris, donc assez régulièrement.
14:29Quand je suis arrivée, il y avait l'attaché de presse
14:31qui m'accueille en me disant,
14:32mais je suis mortifiée parce qu'il vient de se passer un incident.
14:36La journaliste avant toi est rentrée
14:38dans la chambre de Marie-Higgins Clark.
14:40Elle a frappé, elle est rentrée dans sa chambre
14:41alors qu'elle n'est même pas venue me voir.
14:43Je l'aurais arrêtée.
14:45Il faut vraiment que je m'excuse avant ton interview
14:47auprès de Mary.
14:48Là, Marie-Higgins Clark ouvre la porte de sa chambre.
14:50Ce chignon, elle ressemble à une petite poupée de Dallas
14:53ou des feux de l'amour.
14:55Et là, l'attaché de presse se confond en excuses.
14:57Et là, Marie éclate de rire.
14:59Elle lui dit « Ah, it was so funny ! »
15:01C'était tellement drôle, vraiment.
15:03Il n'y a eu aucun problème.
15:04Elle était sans chichi.
15:07Et vous avez même été à New York en 2013
15:10pour la rencontrer.
15:12Racontez-nous ça.
15:13Elle sortait comme chaque année un roman.
15:15Et quand on est journaliste,
15:16on essaie de chercher des angles un peu différents chaque année.
15:18Je me suis dit « Bon voilà, j'ai déjà interviewé.
15:20Elle est absolument charmante. »
15:21Ce qui serait vraiment formidable,
15:22ce serait d'aller voir comment cette femme de 84 ans travaille.
15:26Comment elle arrive encore chaque année à publier un roman.
15:28Parce qu'il y avait des mauvaises langues qui disaient
15:29« Mais en fait, ce n'est plus elle qui les écrit. »
15:31Elle a des nègres.
15:31J'avais demandé à l'éditeur si c'était possible
15:33d'aller la rencontrer chez elle.
15:34Et de voir dans son bureau comment elle travaillait,
15:35qu'elle me raconte, comment elle écrivait.
15:37L'éditeur Albin Michel m'avait dit
15:39« Oui, elle est tout à fait d'accord pour vous recevoir. »
15:42Donc j'avais pris l'avion pour New York.
15:43On avait rendez-vous dans un appartement de Central Park
15:46qu'elle occupait.
15:46Quand je suis montée dans cet appartement
15:49très chic, moderne,
15:50il y avait Marilyn Clark, son épouse, sa coiffeuse.
15:53Et là, au bout de trois minutes,
15:54je comprends que ce n'est pas du tout là où elle écrit.
15:56Qu'elle vient dormir ici, dans ce très bel appartement,
15:59avec un balcon filant sur Central Park,
16:01quand elle vient à New York pour des dîners de charité,
16:04pour aller à la messe.
16:06Mais quand je lui dis « Asseyez-vous à votre bureau »,
16:07il y avait un photographe,
16:08on va faire une photo de vous à votre bureau,
16:10je vois qu'il n'y a rien sur le bureau.
16:11Et elle me dit « Mais ce n'est pas ici que j'écris. »
16:13Moi, ce que je voulais voir,
16:13c'était vraiment l'atelier de fabrication
16:15des polars de Marilyn Clark.
16:16Très naturellement, elle me dit
16:17« Mais non, là où j'écris,
16:19c'est dans ma maison du New Jersey,
16:20c'est là où j'habite,
16:21c'est à 40 minutes d'ici,
16:26on était dans la voiture en bas de l'immeuble
16:29avec le chauffeur et son mari à l'avant
16:31et à l'arrière, le photographe,
16:33Marilyn Cerck au milieu et moi à sa gauche.
16:36Et on a discuté en voiture pendant 40 minutes.
16:39Donc je commençais un petit peu mon interview,
16:41j'essayais de prendre des notes dans les bouchons,
16:43dans les tournants.
16:44Et on est allé dans sa maison du New Jersey
16:46où elle habitait la plupart du temps.
16:51À quoi ressemble cette maison ?
16:52Alors c'était très très chic,
16:54c'était un quartier déjà hyper résidentiel
16:56avec des très grosses maisons
16:57dans des écrins de verdure.
16:59La banlieue ultra friquée de New York.
17:03C'était une grosse maison
17:04avec plein de pièces.
17:06Elle m'a fait tout visiter.
17:07Elle m'a fait visiter chaque chambre.
17:09C'était décoré comme un peu
17:10dans un hôtel de luxe.
17:11C'était un peu bonbonnière,
17:12c'était un petit peu kitsch.
17:14Il y avait des petits coussins
17:15sur tous les lits et tout ça.
17:16Enfin, j'ai vraiment tout vu.
17:17J'ai eu la visite du propriétaire.
17:19Puis enfin, on est rentré dans son bureau,
17:22son atelier qui était ce pour quoi
17:23j'avais pris l'avion.
17:24Je me souviens d'un bureau
17:25avec des livres partout,
17:27évidemment des livres de Marie-Ginclère partout,
17:29comme quand on va chez un écrivain.
17:30De toute façon, il y a toujours
17:31les livres de l'auteur lui-même,
17:33souvent dans différentes langues.
17:35C'était un très beau bureau,
17:36un peu comme on imagine
17:37le bureau dans une université américaine,
17:39avec des boiseries très chic.
17:42Et elle est comment avec vous
17:43pendant tout ce temps ?
17:45C'est comme si on s'était toujours connus,
17:47comme si elle avait tout son temps devant elle,
17:49comme si j'étais une amie
17:50qui venait lui rendre visite.
17:51Elle m'accueille très chaleureusement.
17:53Elle sort même un album photo de famille
17:55parce qu'il y a eu le mariage
17:57de la petite cousine,
17:58la petite nièce le week-end précédent.
18:00Elle me montre chacun de ses enfants,
18:02de ses petits-enfants.
18:03En photo, c'est vraiment la mamie
18:04qui vous accueille
18:05et qui vous montre ses photos.
18:08Tout ça se fait très naturellement.
18:10Et dans le fil de la conversation,
18:11l'heure tourne,
18:12mais est-ce que vous avez faim ?
18:13Oui, j'ai faim, mais je vais vous laisser.
18:15Merci beaucoup de m'avoir accueillie.
18:17Elle dit, mais non,
18:18mon cuisinier va préparer quelque chose.
18:19Restez donc.
18:20Donc là, je suis avec le photographe
18:23engagé par le Parisien pour l'occasion
18:24et on se retrouve dans cette situation
18:26un peu surréaliste
18:27à déjeuner à quatre
18:28avec le photographe,
18:30moi, Marie-Ginnes Clark,
18:31et son époux, le cuisinier,
18:33hyper sympa, qui nous sert.
18:34C'était délicieux,
18:35mais hyper simple.
18:36Il a dit, mais c'est sur le pouce,
18:38mais mangez,
18:39parce que sinon vous allez avoir faim
18:41en repartant à New York.
18:43J'en profitais pour gratter
18:44toutes les informations
18:45que je pouvais avoir en plus.
18:46Donc là, on parle d'Arlène Coben,
18:48c'est mon amie très chère,
18:50je l'adore,
18:50on se voit souvent,
18:51il n'habite pas loin d'ici.
18:53On parle de ce qu'elle fait
18:54quand elle est à New York,
18:55on parle de la France,
18:56elle a un rapport très particulier
18:58à la France,
18:58elle me raconte,
18:59mais j'adore faire des croisières
19:01avec mon mari.
19:01Elle a une vie hyper privilégiée,
19:04Marie-Ginnes Clark,
19:04donc elle a plein de choses à raconter.
19:05Elle va dans des dîners très chics,
19:07elle fait des croisières,
19:08elle voyage énormément.
19:09La conversation est hyper facile.
19:16Après le déjeuner,
19:17moi je la remercie beaucoup,
19:18je suis quand même déjà assez embarrassée
19:19parce qu'on s'est quand même
19:20un peu imposée chez elle.
19:22Et là, elle me dit
19:22mais mon chauffeur,
19:23bien sûr,
19:24va vous raccompagner
19:25où vous voulez,
19:26vous lui donnez une adresse
19:26et il vous raccompagne à New York.
19:28Elle est hyper chaleureuse,
19:29on a l'impression presque
19:30qu'on lui a fait plaisir
19:31en lui rendre visite
19:32parce qu'elle a ce côté
19:34vraiment très amical,
19:36très souriant.
19:36Quand on sort de chez elle,
19:37on est avec le photographe,
19:38on est un peu étourdi
19:39et ce n'est vraiment pas
19:41la journée qu'on pensait vivre
19:43à New York ce jour-là.
19:46Depuis cette rencontre,
19:47vous avez une affection particulière
19:48pour Marie Ginzlark ?
19:50Vous savez,
19:50quand les gens sont très connus,
19:51l'entourage nous dit toujours
19:52« Ah mais en fait,
19:53il est hyper sympa,
19:54il est hyper accessible,
19:55hyper direct. »
19:56Bon, mais ce n'est pas toujours vrai.
19:58Là, Marie Ginzlark,
19:59franchement,
20:00j'en ai fait l'expérience
20:01que c'était vraiment
20:01une femme extrêmement généreuse,
20:03simple,
20:04qui nous a laissé,
20:05avec le photographe du Parisien,
20:07accéder à vraiment son intimité.
20:08On est quand même allé chez elle
20:09de manière imprévue.
20:10Voilà,
20:11ce n'est pas du pipeau
20:12quand les éditeurs disent
20:14« Tu sais,
20:15elle est hyper sympa. »
20:20Merci à Sandrine Bajos
20:22et Catherine Bann,
20:23épisode conçu et préparé
20:24par Clara Garnier-Amourou,
20:26production Marion Bottorel,
20:28réalisation Alexandre Ferreira.
20:34Codesource est le podcast
20:36d'actualité du Parisien,
20:37disponible chaque soir
20:38du lundi au vendredi
20:39à 18h.
20:40Si vous aimez Codesource,
20:42n'oubliez pas de vous abonner
20:43sur votre application de podcast
20:45comme Apple Podcast
20:46ou Podcast Addict.
20:48Vous pouvez aussi nous mettre
20:49des petites étoiles
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20:51à nous envoyer vos suggestions,
20:52vos commentaires,
20:53codesource at leparisien.fr.
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