- il y a 9 heures
C’est une affaire qui a refait parler du débat sur la fin de vie. Mi-octobre, une série de perquisitions a mis au jour un trafic de Nembutal, un médicament interdit aux particuliers en France, dont l’ingestion peut provoquer la mort. 134 flacons ont été saisis. Ce médicament est souvent acheté par des personnes âgées en quête d’un moyen de mettre un terme à leur vie le moment venu. Cette histoire est racontée par Clawdia Prolongeau et Iris Peron, journalistes au Parisien. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Garnier-Amouroux et Stéphane Geneste - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol et Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15C'est une affaire qui a fait reparler du débat sur la fin de vie.
00:19Mi-octobre, une série de perquisitions a mis au jour un trafic de nain butale,
00:24un médicament interdit en France dont l'ingestion peut provoquer la mort.
00:27134 flacons ont été saisis, achetés souvent par des personnes âgées,
00:32en quête d'un moyen de mettre un terme à leur vie le moment venu.
00:36On a toujours pensé à se donner la mort quand on le désirait.
00:42Aussi loin que mes souvenirs me portent, on n'a jamais eu de dissension là-dessus.
00:49Iris Perron, vous avez signé une longue enquête sur ce sujet pour le Parisien le 24 novembre.
00:54C'est quoi d'abord le nain butale ?
00:56Alors l'inbutale, c'est un barbiturique qui est interdit en France depuis 1996, hors usage humain.
01:01Donc les vétérinaires peuvent l'utiliser.
01:03C'est un médicament qui, avant 1996, était utilisé comme somnifère et on pouvait aussi l'utiliser comme tranquillisant.
01:09Il est fabriqué par un laboratoire danois et on le trouve par contre en Belgique et en Suisse,
01:13où le suicide assisté est autorisé.
01:15A quoi sert ce médicament ?
01:16Alors à faible dose, c'est un anesthésique et par contre quand on l'utilise à forte dose, il peut
01:20s'avérer létal.
01:22Comment a commencé cette affaire ?
01:23Les douanes américaines ont fait un signalement à la France parce qu'ils sont tombés sur des colis qui contenaient
01:28du nain butale
01:29et qui étaient à destination de la France.
01:31Sachant que ces produits sont interdits en France, ils ont transmis la liste des destinataires.
01:35Et les gendarmes ont mené des perquisitions chez une centaine de particuliers en même temps, le 15 octobre dernier.
01:41Qu'ont dit celles et ceux qui avaient acheté du nain butale ? Qu'ont-ils dit aux enquêteurs ?
01:45Moi, la majorité des personnes que j'ai eues au téléphone qui ont pu me raconter un petit peu ces
01:49perquisitions-là,
01:50m'ont dit qu'ils ont été complètement honnêtes, qu'ils ont complètement avoué avoir acheté ce produit dans l
01:57'idée, dans le dessin de mettre fin à leur jour.
01:59Et la plupart avaient encore des fioles chez eux et ont pu les remettre aux enquêteurs.
02:03Et Claudia Prolongeau a rencontré l'une de ces personnes dans les hautes scènes pour qu'elle nous raconte elle
02:08-même son histoire.
02:12Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec Suzy Zahn.
02:14C'est une dame coquette et souriante de 81 ans, avec une incroyable chevelure bouclée blonde platine et de grandes
02:20lunettes rouges au verre légèrement fumée.
02:23Astrophysicienne à la retraite, Suzy m'accueille tout sourire dans son appartement chaleureux d'Antony, au sud de Paris.
02:29Une de ses voisines, Nicole, est là aussi.
02:31Comme elle, c'est une adhérente à l'ADMD, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité,
02:35et à Ultime Liberté, une autre association pro-euthanasie.
02:39Suzy prend la parole en premier et raconte comment elle en est venue à se procurer d'une ambutale.
02:47Brusquement, je me dis que la solution à mes problèmes, c'est tout simplement d'avoir chez moi un produit
02:53qui me permette, le jour où je le désire, de quitter la vie tranquillement.
02:58Vous pouvez trouver tout sur Internet si vous le voulez.
03:01Il y a absolument tous les renseignements qu'il vous faut.
03:04Vous pouvez vous renseigner à l'étranger, dans les pays où c'est permis, où ce n'est pas du
03:09tout interdit.
03:11Donc, ce n'est pas difficile d'obtenir les renseignements.
03:14Le seul problème, c'est qu'il faut vous décider à risquer de perdre de l'argent.
03:23Voilà.
03:24Parce que vous écrivez à quelqu'un, vous envoyez de l'argent, vous ne savez pas si vous allez recevoir
03:30un produit en échange.
03:32Le suicide assisté, c'est exactement pareil que ce qu'on a connu au moment de l'avortement.
03:39C'est exactement pareil.
03:41C'est-à-dire qu'il faut des cas et des cas et des cas pour arriver à quand même
03:46dire,
03:47bah oui, il y a un problème, il faut qu'on le résout.
03:50On ne demande pas que ça soit d'abord appliqué à tout le monde.
03:52On demande que chacun choisisse sa fin de vie.
03:56C'est tout.
03:58Quand je l'ai commandé, je ne savais même pas que c'était du Nabutal.
04:01Je crois qu'on ne l'appelait pas un tome arbitral.
04:03On ne l'appelait pas Nabutal.
04:05J'ai envoyé une lettre à l'adresse qu'on peut trouver et j'ai reçu en réponse envoyer 650
04:14dollars à telle adresse par la Western Union.
04:18Et vous recevrez le produit et j'ai reçu le produit une semaine plus tard.
04:22Et ça me rend tout à fait sereine.
04:25Quand je l'ai, ce produit, je me mets dans un coin de mon placard.
04:28Je ne pense plus d'ailleurs.
04:30Voilà.
04:31Le 15 octobre, six mois après cette commande passée en ligne, des gendarmes se présentent chez Suzy.
04:36Je n'y pensais plus au point que quand les policiers sont arrivés, c'était le dernier de mes soucis
04:43et surtout la dernière de mes idées pour que c'était pour cette raison qu'ils pouvaient venir.
04:49Alors là, ils ont essayé à 6h du matin mais ils n'ont pas réussi à me réveiller.
04:54Ils ont réussi à réveiller le gardien, mes voisins, mais pas moi parce que moi je revenais d'un voyage
05:00au Canada.
05:00Et j'étais un petit peu décalée donc je dormais un peu le matin et ils sont revenus et là
05:08ils ont tapé très fort sur la porte.
05:10Ils ont téléphoné sur mon téléphone portable.
05:12J'ai fini par entendre quelque chose.
05:14J'ai déboulé en bas et je suis arrivé et ils m'ont dit, avant au téléphone, ils m'ont
05:20dit, madame c'est la police.
05:23Je me suis tout de suite affolée, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui se passe.
05:25Ne vous faites pas de soucis madame, alors venez nous ouvrir s'il vous plaît, on est devant votre porte.
05:31Alors je suis venue leur ouvrir et j'ai trouvé les deux personnes qui m'ont montré leur carte de
05:37police, enfin de gendarmerie, je ne sais pas.
05:40Et qui m'ont dit, voilà madame, est-ce qu'on peut rentrer s'il vous plaît ?
05:44J'ai eu le temps de penser dans les quelques secondes qu'il était arrivé quelque chose à mon fils,
05:50ma petite-fille, mes petits-enfants de notre côté, enfin quelque chose comme ça.
05:54Ou alors que j'avais fait quelque chose que j'ignorais.
05:57Mais je n'ai pas pensé une seconde que ça pouvait être ce problème de produit.
06:03Et ils ont trouvé le produit tout seul ou ils vous ont demandé ?
06:06Non, c'est moi qui l'aurais donné.
06:08Je ne voulais pas qu'ils perquisitionnent.
06:11Et puis, bon, quelque part, je n'avais pas envie de leur raconter des bobards.
06:18J'ai dit, j'ai effectivement le produit, vous voulez bien nous le donner ou bien vous voulez qu'on
06:24perquisitionne la maison ?
06:26J'ai dit, non, je vais vous le donner et je l'aurais donné.
06:29Voilà, ça s'est passé comme ça.
06:33Après, ça a duré longtemps, ça a duré 4 heures à peu près, pendant lesquelles ils m'ont pris, ils
06:40ont pris toutes mes paroles, ils prenaient sur son ordinateur, l'un des deux policiers.
06:48Et puis, ils ont vu mon petit ordinateur qui devait d'ailleurs être posé là, où il est toujours.
06:52Et ils m'ont dit, ah, est-ce qu'on peut avoir votre ordinateur ?
06:56Donc, ils ont pris cet ordinateur et puis là, ils avaient toute une liste de mots-clés et ils ont
07:03tapoté, ils ont trouvé tout ce qu'ils voulaient avec les mots-clés.
07:06Le mot « ultime liberté », le mot « nimbutale », le mot qui d'ailleurs, je ne sais même
07:12pas s'il était quelque part.
07:15Et puis, ils ont regardé tous les mails que j'ai, enfin, ils sont pénétrés de façon, ils m'ont
07:21demandé mes mots de passe, etc.
07:23Et ils ont regardé tout ce qu'il y avait dans mon ordinateur, grosso modo.
07:26Et alors, qu'est-ce qu'ils ont trouvé ?
07:28Ben, tout ce qu'ils voulaient.
07:30Tous mes mails, ils ont pu lire tous mes mails.
07:33Je ne pense pas qu'ils aient pu identifier la personne à qui j'avais envoyé de l'argent.
07:36De toute façon, il y avait une adresse qui était...
07:39J'avais gardé le produit dans son état, dans son emballage, et il y avait l'adresse, tout ça venait.
07:44Donc, ils avaient tous les renseignements directement sur le produit.
07:50Le reste, des conversations que j'ai eues par mail avec différentes personnes,
07:56Nicole, plusieurs amis avec qui je parlais, de mes soucis, du besoin que j'avais de pouvoir...
08:05que j'étais contente d'avoir un produit ou des choses comme ça.
08:08Tout ça, ils ont pu, puisqu'ils ont absolument trouvé tout ce qu'il fallait.
08:15Comme je n'avais rien caché dans mon ordinateur, je devais même avoir un dossier qui devait s'appeler Ultime
08:22Liberté ou quelque chose comme ça.
08:26Tout ce que j'ai appris par cette histoire-là, que je ne savais pas, c'était que c'était
08:31un groupe, disons une espèce de mafia, on pourrait dire ça,
08:37aux Etats-Unis, qui envoyait ces produits.
08:40Moi, je ne savais pas.
08:43Et maintenant, de savoir que vous n'avez plus ce petit flacon dans votre armoire, qu'est-ce que ça
08:46vous fait ?
08:47Ça me fait que je me dis qu'ils vont que j'en trouve un autre, ou plus exactement, que
08:51je trouve une autre façon,
08:53peut-être que je m'organise pour aller en Suisse.
08:56De toute façon, je vais chercher à le remplacer.
09:01Je ne me suis pas encore renseigné sur la Suisse. Je vais le faire.
09:05Voilà. Je ne sais pas du tout, du tout, quelles sont les modalités encore pour organiser ça.
09:12De toute façon, ça coûtera moins cher à mes enfants, petits-enfants, que s'ils m'avaient à leur charge,
09:20pendant dix ans, impotente.
09:23Voilà.
09:24Si Suzy a adhéré à Ultime Liberté, c'est grâce à Nicole qui lui a parlé de cette association qu
09:28'elle ne connaissait pas.
09:31Eh bien, écoutez, on s'est rencontrés parce que, comme vous avez vu, Nicole habite la même résidence.
09:38On s'est rencontrés au Secours Populaire, à la vente du muguet, du Secours Populaire.
09:43Voilà. Je vendais le muguet du Secours Populaire. Je ne sais plus quand c'était, Nicole.
09:47En 2015, certainement, ou 2016, hein ? 2016, oui. Oui, oui.
09:52Et Nicole m'a reconnue, là, comme étant une membre de cette résidence.
09:59Ce qui a rapproché Nicole et Suzy, c'est la mort du mari de Suzy, survenue brutalement à l'été
10:042015.
10:05Mon mari, qui était un homme que vous pouvez voir dans plusieurs photos qu'il y a autour de vous,
10:11un homme très actif, très brillant, connu.
10:16Et à un moment donné, il était déjà retraité. Il a commencé à perdre ses facultés intellectuelles.
10:23Ce dont il ne s'est pas vraiment rendu compte tout de suite. Il avait de nombreux petits ennuis qu
10:29'on attribuait à des problèmes physiologiques.
10:33Et puis, peu à peu, on a eu l'idée de consulter des neurologues.
10:39Parce qu'il avait, en particulier, il faisait une conférence et il avait perdu brutalement la possibilité de s'exprimer.
10:47Mais il s'est tué et il n'arrivait plus à s'exprimer.
10:51Donc, c'est là qu'on a deviné qu'il s'agissait de quelque chose qui venait du cerveau.
10:57Et ils ont fini par détecter une maladie neurodégénérative qui n'est ni Parkinson ni Alzheimer et qui est donc
11:07très difficile à détecter.
11:09Et qui, la dernière année, s'est aggravée assez rapidement.
11:17Le mot maladie neurologique a été prononcé seulement à peu près deux ans avant sa mort.
11:26Le 12 juillet 2015, Jean-Paul demande à sa femme de contacter leur médecin traitant.
11:31Il a 80 ans et sa maladie lui devient insupportable.
11:34Ce qu'il a exprimé, c'est qu'il voulait rentrer à l'hôpital.
11:38Parce qu'il n'en pouvait plus de tous les petits ennuis qu'il avait.
11:42Et tous les deux, ensemble, on a téléphoné à notre médecin.
11:47D'ailleurs, c'était un jour, je me souviens que c'était un dimanche.
11:51Et on a téléphoné quatre fois à notre médecin.
11:54Jean-Paul expliquant, je veux rentrer à l'hôpital.
11:57On a refusé complètement.
11:59On a dit qu'il fallait qu'il se soigne.
12:03On lui disait que s'il rentrait à l'hôpital, comme il ne saurait pas comment le soigner,
12:08pour tous ces multiples petits ennuis qu'il avait,
12:11il le mettrait sous somnifère.
12:14Et lui, allait devenir un légume.
12:19Donc, je pense qu'il savait parfaitement que c'était une sorte de soin palliatif.
12:25La suite survient quelques jours après, le 15 juillet.
12:28En fait, j'étais assise à ce bureau là-bas,
12:30et j'envoyais un mail à l'orthophoniste,
12:33en lui disant, écoutez, Jean-Paul n'est pas bien, il ne veut pas venir.
12:37Elle habitait un peu plus loin.
12:39Et pendant que j'envoyais ce mail,
12:41c'est à ce moment-là qu'il est monté en haut,
12:44là, et qu'il s'est suicidé,
12:45en se jetant de la terrasse qui est au-dessus.
12:50Il s'est passé deux, trois minutes
12:52pendant lesquelles j'étais en train d'écrire ce mail.
12:56La veille au soir, on était assis là,
12:59on regardait la télé là,
13:01parce qu'il avait une passion pour les chanteurs d'opéra
13:05qu'on a toujours eu ensemble.
13:06On écoutait les chanteurs,
13:08on se tenait la main et on écoutait ça.
13:12J'ai assisté de ma fenêtre à la chute de son mari.
13:16Je n'ai pas vu la chute, mais je l'ai vue par terre.
13:19J'ai vu tout ce qu'il y a eu autour.
13:22Je ne l'ai pas vue tomber,
13:24mais j'ai entendu les cris de Suzy dans la cour.
13:27Ce qui a fait qu'avec mon fils,
13:29on s'est mis à la fenêtre, on a regardé.
13:31Moi, sur le coup, j'ai cru que c'était un monsieur
13:33qui avait eu une crise cardiaque.
13:36Et après, j'ai appris qu'il s'était suicidé.
13:42Mais Suzy criait, hurlait.
13:46Vous ne vous connaissiez pas encore ?
13:48Non.
13:48Et vous, vous vous êtes dit quoi
13:50quand vous avez appris que c'était un suicide ?
13:53Je comprenais ce geste
13:55et c'était affreux de finir comme ça.
13:58C'est-à-dire d'arriver à cette solution.
14:01Oui, je me suis dit que j'aurais dû comprendre
14:03et que j'aurais dû faire l'effort
14:05en fait de l'aider à mourir
14:07pour qu'il ne soit pas obligé
14:09de faire cet acte épouvantable.
14:11Mais c'était trop tard.
14:14Il s'est suicidé comme ça
14:16parce qu'il n'avait pas d'autre solution.
14:20Quand les pompiers s'acharnaient sur son mari
14:23pour essayer de le réanimer,
14:25j'ai entendu Suzy hurler
14:28« Laissez-le partir ».
14:31Et c'est pour ça que je me suis un petit peu
14:33à rapprocher d'elle
14:34et surtout à la suite de cette lettre
14:36qu'elle a faite à l'ADMD
14:38pour expliquer ce suicide.
14:40Juste après la mort de son mari,
14:41Suzy envoie en effet une longue lettre
14:43que l'ADMD publie près d'un an plus tard
14:45dans son journal numéro 137 de juin 2016.
14:48Mon époux Jean-Paul est mort à 80 ans
14:50le 15 juillet dernier.
14:52Il s'est jeté de notre terrasse au sixième étage
14:54en choisissant l'endroit et l'élan à prendre
14:57pour s'écraser sur un petit morteau de carrelage
14:59évitant les pelouses, les buissons
15:01et les balcons inférieurs.
15:03Il a choisi les quelques minutes
15:05pendant lesquelles il ne s'avait occupé
15:06ne pouvant l'arrêter dans son geste.
15:08Il était malade depuis plusieurs années
15:11d'une maladie intermédiaire entre Parkinson et Alzheimer
15:14dont nous ignorions la nature
15:15et dont nous avions espéré pendant longtemps
15:17qu'elle pouvait être soignée.
15:19L'ADMD n'a jamais répondu à cette lettre
15:21mais cette association n'est pas là
15:23pour aider les gens à mourir.
15:24Elle milite pour qu'une loi aille en ce sens
15:26et c'est justement la raison pour laquelle
15:28Suzy n'a pas pu se tourner vers eux
15:30même si elle en avait déjà parlé avec son mari.
15:32On a toujours pensé à se donner la mort
15:36quand on le désirait
15:37et aussi loin que mes souvenirs me portent
15:41on n'a jamais eu de dissension là-dessus
15:43on a dû adhérer à l'ADMD je dirais
15:45au début des années 90.
15:48Pour Suzy, ce drame a rendu la possibilité
15:50de devenir dépendante encore plus insoutenable
15:52et la nécessité de choisir sa mort encore plus évidente.
15:55Je ne veux absolument pas être une charge pour la société
15:58ni pour ma famille
15:59et tant que je me sentirais utile
16:02je continuerais à vivre
16:04et à partir du moment
16:05où je sentirais que je ne peux plus faire grand-chose
16:09et surtout que je suis devenue
16:12par exemple dépendante
16:14là je le ferais.
16:21Claudia Prolongeau, Suzy Zan
16:22on vient de l'entendre
16:23elle va chercher une autre solution
16:24maintenant qu'elle n'a plus de nain butale ?
16:26Oui, elle va chercher une autre solution
16:27elle a envie notamment
16:29elle doit se renseigner sur la Suisse notamment
16:32mais il se trouve que c'est assez compliqué
16:34puisque c'est un peu pris d'assaut par les Français
16:37il n'y a pas énormément de place
16:39donc bon, elle est un petit peu dans le flou pour l'instant
16:42d'autres personnes qui ont été perquisitionnées
16:44eux ont décidé de se reprocurer d'une nain butale
16:48d'une autre manière.
16:49Iris Perron, que risquent les particuliers
16:51qui ont acheté ce produit sur Internet ?
16:52Alors là on est dans le cadre du Code de la Santé Publique
16:55et une personne qui achète un produit illégal sur Internet
16:57en cours 7 ans de prison et 375 000 euros d'amende.
17:00Pour l'instant, Suzy Zan n'a pas eu de nouvelles de la justice française
17:04est-ce que vous pensez que celles et ceux qui ont acheté du nain butale
17:08vont être vraiment inquiétés par les autorités ?
17:11Alors à ce stade effectivement il n'y a aucune poursuite judiciaire
17:13les personnes perquisitionnelles ont été en tant que témoins
17:16on est encore en cours d'instruction
17:18il y a beaucoup de contenu d'ordinateur et de téléphone
17:20qui doivent encore être analysés
17:22ce qui transparaît pour l'instant
17:23c'est que c'est plutôt les membres des associations pro-euthanasie
17:26qui ont aidé ces retraités à se procurer ce produit-là
17:28et qui pourraient faire face à des poursuites judiciaires.
17:30Merci à Claudia Prolongeau et Iris Perron
17:36Codesource et le podcast d'actualité du Parisien
17:39production Clara Garnier-Amourou et Stéphane Geneste
17:42réalisation Julien Moncou-Kiol
17:45Si vous aimez Codesource n'hésitez pas à en parler à vos proches
17:48ou sur les réseaux sociaux
17:49nous sommes disponibles sur leparisien.fr
17:51toutes les applications de podcast
17:53mais aussi Deezer et Spotify
17:55et vous pouvez dialoguer avec nous par Twitter
17:57ou à l'adresse codesource at leparisien.fr
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