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Lundi 4 novembre s’ouvre un second procès dans l’affaire Samuel Paty, ce professeur décapité en octobre 2020 par un jeune terroriste islamiste.
Huit adultes sont accusés d’avoir joué un rôle dans l’engrenage qui a conduit à l’attentat.
Cet épisode de Code source est raconté par Pascale Égré, journaliste au service police-justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler, Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : Daily Mail
#samuelpaty #terrorisme #justice
Huit adultes sont accusés d’avoir joué un rôle dans l’engrenage qui a conduit à l’attentat.
Cet épisode de Code source est raconté par Pascale Égré, journaliste au service police-justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler, Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le vendredi 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d'histoire à Conflans-Saint-Honorin dans les Yvelines,
00:18était assassiné sauvagement par un jeune terroriste islamiste qui sera tué quelques minutes plus tard par les forces de l
00:25'ordre.
00:25Avant sa mort, l'enseignant subissait une campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux
00:30parce qu'il avait montré à ses élèves en classe des caricatures du prophète Mahomet.
00:35Quatre ans après ce drame, huit adultes comparaissent à partir du lundi 4 novembre devant la cour d'assises spéciale
00:41de Paris.
00:42Ils sont jugés pour complicité d'assassinat et association de malfaiteurs terroristes.
00:47Alors qui sont ces accusés ? Quel rôle la justice leur reproche-t-elle d'avoir joué dans l'engrenage
00:52qui a conduit à cet attentat ?
00:54On fait le point dans Côte-Source avec Pascal Aigré qui suit ce procès, journaliste au service police-justice du
01:00Parisien.
01:05Pascal Aigré, entre le moment où Samuel Paty a montré des caricatures du prophète Mahomet
01:10publiées dans Charlie Hebdo à ses élèves de 4e, dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression
01:16et son assassinat par un terroriste islamiste de 18 ans à la sortie des cours le 16 octobre 2020,
01:22il s'est passé 11 jours. Dans ce podcast, on a choisi de raconter le déroulé des faits qui ont
01:27conduit à ce drame
01:29tels qu'ils ont été établis par l'enquête judiciaire, en s'arrêtant à chaque fois sur le rôle présumé
01:34de chacun des adultes accusés et jugés dans cette affaire.
01:38Avant toute chose, rappelons que l'assaillant, Abdoulak Anzorov, n'est pas poursuivi
01:43puisqu'il a été tué par la police quelques minutes après son attentat terroriste.
01:47Quel était son profil ?
01:49Abdoulak Anzorov, à 18 ans, il est né en Russie, il est issu d'une famille de réfugiés tchétchènes,
01:57il est l'aîné d'une fratrie de 6 garçons et la famille s'installe à Évreux, dans l'heure,
02:04où vit déjà une communauté tchétchène. C'est une famille qui pratique plutôt un islam rigoriste,
02:12mais pas radicale. Et en fait, sa radicalisation, on pense qu'elle débute à l'été 2019
02:19parce qu'à ce moment-là, il coupe un peu les ponts avec tous ses copains,
02:23notamment son ami de collège, son ami d'enfance, qui est l'un des accusés.
02:27Sa mère elle-même dit que son fils a commencé à prier 5 fois par jour de manière ultra stricte,
02:33qu'il n'écoutait plus de musique. Apparemment, il regardait à peine les femmes,
02:38même dans le rétroviseur de sa voiture, il essaie de trouver un angle pour ne pas avoir de femmes.
02:44Il est également connu comme quelqu'un de bagarreur, et même à l'occasion de l'enterrement
02:51de leur copain, qui a été tué par balle lors d'une rixe dans leur quartier,
02:57c'est un jeune tchétchène également, il se bagarre lors de cet enterrement.
03:01Il tient aussi des propos assez virulents à l'encontre des auteurs de la mort de son copain,
03:07en disant qu'il faudrait leur couper la tête. Il est donc déjà clairement dans une logique
03:11de passage à l'acte. A l'été 2020, d'après l'enquête, il commence à chercher une cible.
03:22Pascal Aigré, venons-en à l'enquête. L'élément déclencheur, d'après elle,
03:26c'est le mensonge d'une élève qui invente une excuse à ses parents le 7 octobre
03:30pour justifier de son exclusion temporaire du collège.
03:33Qui est-elle à ce moment-là, cette adolescente ?
03:36C'est une adolescente de 13 ans. Elle est en quatrième au collège du Bois-d'Aulnes.
03:41Donc à ce moment-là, elle sait qu'elle va être exclue deux jours du collège
03:45pour des problèmes de comportement.
03:47Elle est considérée par le corps enseignant comme une élève difficile, insolente.
03:53Elle n'a pas de très bons résultats scolaires.
03:56Elle souffre aussi un peu de la comparaison avec sa soeur jumelle,
04:00qui, elle, réussit très bien dans le sport de haut niveau.
04:04Et ses parents ont un peu toujours tendance à prendre son parti contre l'école
04:10quand l'école leur signale des problèmes.
04:13Par exemple, ils lui rendent son téléphone portable alors qu'il a été confisqué
04:17ou bien ils justifient le fait qu'elle ne fasse pas ses heures de coll.
04:22Alors quel mensonge est-ce qu'elle raconte à ses parents ?
04:24Elle raconte à son père que son professeur d'histoire-géographie, Samuel Paty,
04:30lors d'un cours sur la liberté d'expression,
04:34aurait montré d'abord des caricatures du prophète,
04:37aurait montré le prophète, une image du prophète nue,
04:41qu'il aurait demandé aux élèves musulmans de lever le doigt
04:45et de sortir de la salle.
04:48Elle dit qu'elle aurait refusé et que c'est à cause de ça
04:51qu'elle va être exclue du collège.
04:54Alors en quoi ce qu'elle dit n'est pas vrai ?
04:56Pour une première raison déjà, c'est qu'elle n'a pas assisté aux cours dont il s'agit
05:00et lors de ces cours, effectivement, Samuel Paty a montré trois caricatures du prophète
05:07et des caricatures de Charlie Hebdo.
05:10Effectivement, très maladroitement, parce qu'il pensait préserver ainsi la sensibilité de ses élèves,
05:14il a proposé aux élèves qui le souhaitaient, qui avaient peur d'être choqués,
05:19de sortir de la classe ou bien de fermer les yeux.
05:21Cette collégienne en parle donc à son père, qui s'appelle Brahim Chnina.
05:25Qui est-il et quel est son profil ?
05:27Brahim Chnina, il a 52 ans, il est né en Algérie, mais il est de nationalité marocaine.
05:34Il a épousé très jeune sa femme.
05:36Ensemble, ils ont six enfants, dont cinq filles, dont il s'occupe beaucoup.
05:39Et c'est un homme qui décrit comme très pieux, qui a été marqué par la maladie génétique
05:46dont est mort l'un de ses frères, au point de créer une association qui vient en aide
05:52aux personnes malades et handicapées.
05:55Avec cette association, il fait beaucoup de pèlerinage à la Mecque.
05:58Il emmène beaucoup de gens là-bas, donc il est aussi assez souvent absent.
06:03Il ne vit plus avec sa femme, mais il continue à s'occuper beaucoup de ses filles.
06:08Mais sa femme lui reproche souvent de s'occuper davantage de ses associations que du foyer.
06:13Et c'est peut-être ce qui explique l'investissement,
06:17enfin le fait qu'il se fonce tête baissée dans cette histoire qui concerne une de ses enfants.
06:22Quand sa fille lui raconte ce mensonge, cet homme indigné envoie une série de messages
06:27à tous ses contacts WhatsApp le 7 octobre, et aussi sur Facebook, il écrit quoi ?
06:32Il écrit un message à tous ses contacts, donc pour leur demander de l'aider à obtenir
06:40du ministère de l'Éducation nationale, enfin des autorités, une décision d'émission
06:45ou de licenciement du professeur.
06:48Il le dit dans des termes très crus, puisqu'il dit qu'il faut virer ce malade.
06:52Et il relaie le mensonge de sa fille, en fait.
06:55Mais il va au-delà, puisqu'il communique l'adresse du collège et l'identité du professeur.
07:01Un peu avant 1h du matin, il va enlever ses éléments parce qu'il a été mis en garde.
07:06On lui a dit non, mais il ne faut pas donner ce type d'éléments.
07:09Mais c'est trop tard.
07:10Ces éléments ont déjà circulé, ont déjà été repris.
07:14Et ce père de famille, Brahim Shnina, est contacté tout de suite par un homme
07:17avec qui il avait échangé quelquefois un prédicateur de la région
07:22qui s'appelle Abdelhakim Sefrioui.
07:24Qui est-il ?
07:25Abdelhakim Sefrioui, c'est un homme de 65 ans, un régénère du Maroc,
07:30qui vit en France depuis très longtemps.
07:33On peut le décrire de façon assez simple,
07:36comme un militant islamiste pro-palestinien
07:39qui s'est rêvé un destin dignitaire de l'islam en France.
07:44Mais il a échoué parce qu'il a une personnalité extrêmement virulente,
07:49voire aux yeux de certains violente, en tout cas une violence verbale très forte.
07:54Il est aussi adepte d'actions coups de poing
07:57qui l'ont conduit à beaucoup de dérapages,
08:00déjà dans des collèges,
08:02où des collégiennes musulmanes pouvaient se plaindre, par exemple,
08:06de ne pas pouvoir porter leur voile,
08:08mais aussi à l'encontre d'imams qu'il juge trop modérés
08:11ou avec cette dimension très antisémite,
08:15en quelque sorte vendus aux juifs.
08:17Il a ainsi déjà, au début des années 2010,
08:20déclenché une cabale contre l'imam de Drancy,
08:24M. Chalgoumi.
08:24Donc voilà, c'est quelqu'un qui en fait se saisit
08:27de tout ce qu'il peut trouver,
08:29qui est également très présent sur les réseaux sociaux.
08:31Et là, il tombe sur la vidéo de Brahim Chnina,
08:34il réagit immédiatement puisqu'il lui écrit tout de suite,
08:37sans chercher à vérifier la véracité de ce qui s'est passé.
08:40C'est très grave, il faut absolument qu'on agisse.
08:42Donc en gros, il lui propose de l'aider.
08:45Et le lendemain, le 8 octobre,
08:47le père de la collégienne et cet ex-imam
08:50se rendent tous les deux au collège du Bois d'Aulne,
08:52à Conflans-Saint-Honorine.
08:53Ils veulent parler à la principale du collège.
08:56Comment ça se passe ?
08:57Ça se passe très très mal.
08:59Déjà, à la loge,
09:01ils harcèlent la gardienne pour exiger
09:03d'être reçue par la principale du collège.
09:05C'est plutôt Abdelhakim Sefrui
09:07qui mène la danse.
09:09Ils affirment
09:11notamment qu'ils auraient été mieux reçus
09:13et qu'ils n'attendraient pas s'ils étaient juifs.
09:16jusqu'à obtenir un rendez-vous avec la principale.
09:21Lors de cet entretien,
09:22ils demandent la mise à pied ou la démission,
09:25le licenciement du professeur Paty.
09:27Et surtout, ils n'écoutent pas ce qu'elle dit.
09:30Elle, la principale, leur explique
09:31les raisons de l'exclusion de la fille de Brahim Schneena.
09:35C'est-à-dire qu'elle dit vraiment
09:37que ce sont des problèmes de comportement,
09:39que ça n'est absolument pas lié à ce cours.
09:41Mais de toute façon,
09:42quoi qu'elles disent,
09:43ils ne l'écoutent pas.
09:45Ils repartent comme ça.
09:46Que se passe-t-il dans les heures qui suivent ?
09:48De son côté,
09:49le père de la collégienne va diffuser
09:51une première vidéo,
09:53très vue sur les réseaux sociaux,
09:55qu'il appelle
09:56« Touche pas à mes enfants »,
09:58où il demande de nouveau
10:00à ce que Samuel Paty,
10:03qu'il qualifie de voyou,
10:04soit viré de l'éducation nationale.
10:06L'histoire est de plus en plus déformée,
10:09déjà dans cette vidéo,
10:10puisque la caricature est devenue
10:11une photo,
10:12une photo du prophète nu.
10:15Je n'aime plus employer ce mot « prof »,
10:18c'est un voyou,
10:19un voyou d'histoire,
10:21qui est censé leur apprendre
10:23l'histoire et la géographie.
10:25Alors cette semaine,
10:25il s'est permis de leur dire
10:28« les musulmans,
10:29les élèves musulmans,
10:30lèvent la main ».
10:31Ils ont levé la main,
10:33et il leur a dit
10:34« voilà, vous sortez ».
10:36Certains élèves sont sortis,
10:37ma fille n'est pas sortie.
10:40Effectivement,
10:41il leur a montré
10:41un homme tout nu.
10:43Il a dit que c'était
10:44le prophète des musulmans.
10:47Le lendemain,
10:48le 9 octobre,
10:49Brahim Shnina
10:49est contacté sur WhatsApp
10:51par le futur terroriste,
10:53Abdoulak Andzorov.
10:54Est-ce qu'on sait
10:55ce qu'ils se disent
10:55à ce moment-là ?
10:56Non, on ignore
10:57ce qu'ils se sont dit.
10:59Ils ont neuf contacts,
11:00dont un appel téléphonique,
11:02après lequel Brahim Shnina
11:04lui envoie un message
11:05pour le remercier de son soutien.
11:07Lui-même dit
11:08qu'il ne se souvient pas
11:09du contenu de ses échanges
11:10parce qu'à ce moment-là,
11:11la campagne de cyberharcèlement
11:13a commencé tous azimuts
11:15et lui-même,
11:16qui a donné son numéro de téléphone
11:17sur les réseaux sociaux,
11:18reçoit plus de 500 appels par jour.
11:20Deux jours plus tard,
11:22Abdellakim Sefriwi,
11:23le prédicateur,
11:24publie à son tour
11:25une vidéo sur les réseaux sociaux
11:26pour enfoncer Samuel Paty,
11:29vidéo qui sera vue
11:30plus de 13 000 fois.
11:31Qu'est-ce qu'il dit dessus ?
11:32Cette vidéo, déjà,
11:33elle s'appelle
11:34« L'Islam et le prophète,
11:36insulté dans un collège public,
11:37le vrai séparatisme ».
11:39En fait, Abdellakim Sefriwi
11:41engrange des images
11:42dès leur arrivée au collège,
11:44où il parle à d'autres parents
11:45qui les essaient aussi de convaincre.
11:47Il filme une interview
11:49de la fille de Brahim Shnina,
11:52où il lui soutire un peu
11:54les réponses.
11:56Il y a une interview
11:57du père de la collégienne,
11:59et il y a lui
12:01qui commente tout ça
12:02en se présentant
12:03comme membre du Conseil
12:05des imams de France,
12:06donc toujours comme
12:07une sorte d'autorité religieuse.
12:08Et cette vidéo
12:09sera notamment relayée
12:10par une mosquée,
12:11qui sera fermée,
12:12d'ailleurs, après les faits.
12:13Ce qui dit
12:15quelle ampleur
12:15elle peut prendre aussi
12:16dans une partie
12:18de la communauté.
12:20Les enquêteurs
12:21ont vraiment analysé ça
12:23comme des manœuvres
12:24de propagande
12:25propres, selon eux,
12:26à l'idéologie
12:27du salafisme djihadiste.
12:29L'idée, c'est
12:30qu'il y a une guerre
12:32contre l'islam
12:33lancée
12:34par les autorités
12:36de la République,
12:37qu'il y a une stigmatisation
12:38des musulmans de France,
12:39et que, en fait,
12:41cette affaire
12:42dans ce collège
12:42en serait une illustration.
12:48Pascal Aigré,
12:49ces deux hommes,
12:50Brahim Shnina
12:51et Abdelhakim Seffrioui,
12:52sont les deux principaux adultes
12:54accusés dans cette affaire.
12:55Ils comparaissent pour
12:57« association de malfaiteurs
12:58terroristes »
12:59et non pas pour
13:00« complicité d'assassinat »
13:02alors qu'ils avaient été
13:02mis en examen pour ça
13:03au départ.
13:04Pourquoi ?
13:05La plupart des personnes
13:07mises en cause
13:07dans ce dossier
13:08ont, au départ,
13:09été mises en examen
13:10pour « complicité d'assassinat
13:11terroriste ».
13:11On ouvre large
13:13pour refermer ensuite.
13:15En l'occurrence,
13:15les juges d'instruction
13:16estiment qu'ils n'avaient pas
13:17une connaissance précise
13:18des intentions
13:19dans Zoroff,
13:20avec qui il n'y a jamais eu
13:21de réel contact
13:22ou rencontre,
13:23en tout cas.
13:24Mais ils ont retenu
13:25l'association de malfaiteurs
13:28terroristes criminels
13:29parce qu'ils estiment
13:31que toutes ces actions
13:32ont contribué
13:33en fait à la commission
13:34des faits
13:35parce qu'elles ont
13:37conforté
13:38ce jeune homme
13:39dans une volonté
13:40de passage à l'acte,
13:41dans la djihadosphère.
13:43Dire que ce professeur
13:44avait discriminé
13:45les enfants musulmans,
13:47dire qu'il avait montré
13:47le prophète nu,
13:48c'était vraiment désigné
13:50à la djihadosphère
13:50une cible.
13:51Et eux,
13:52comment ils se défendent ?
13:53Ils n'ont pas tout à fait
13:54la même position.
13:55Brahim Shnena,
13:56il a exprimé
13:57durant l'instruction
13:58beaucoup de regrets,
13:59un sentiment
14:00de responsabilité morale.
14:02En revanche,
14:03il n'a jamais eu
14:03l'intention,
14:04dit-il,
14:05que quiconque
14:06fasse du mal
14:06à ce professeur.
14:08Il n'a pas eu
14:08le sentiment
14:09de participer
14:09à une entente.
14:11Il ne s'estime pas
14:12non plus radicalisé.
14:14Donc,
14:15voilà,
14:15il est plutôt
14:16dans une responsabilité morale
14:17mais dans une contestation
14:18de l'accusation.
14:19pour Abdelhakim Seffri,
14:21oui,
14:22lui,
14:22il a dit
14:24qu'on n'était même pas sûr
14:25que le terroriste
14:26ait vu sa propre vidéo,
14:28qu'il ne l'avait jamais rencontré,
14:30qu'il n'avait jamais eu
14:31de contact direct
14:32avec lui,
14:33même par appel
14:34ou SMS.
14:35et il proteste
14:38de son maintien
14:39en détention provisoire
14:40parce que tous deux
14:41comparaissent détenus.
14:42Ils sont restés en prison
14:43depuis les faits
14:44en se définissant
14:45comme un prisonnier politique.
14:47Il est dans une contestation
14:49qui lui ressemble.
14:50C'est-à-dire
14:50une contestation
14:51militante et politique.
14:52On en revient
14:53au déroulé des faits.
14:54De son côté,
14:55on sait que le terroriste
14:56de 18 ans,
14:57Abdullah Kandzorov,
14:58est informé
14:59de la polémique
15:00autour de ce cours
15:01de Samuel Paty
15:01dès le 9 octobre
15:03et dans le même temps,
15:04il discute
15:05sur les réseaux sociaux
15:05avec une femme
15:06identifiée comme appartenant
15:08à la mouvance islamiste,
15:10une certaine
15:10Priscilla Mangelle.
15:12Qu'est-ce qu'on sait d'elle ?
15:13C'est une femme
15:14qui vit à Nîmes,
15:15qui est mère de deux enfants,
15:16qui s'est convertie
15:18très tôt à l'islam,
15:19à l'âge de 16 ans.
15:22Elle est vraiment radicalisée.
15:26Elle revendique
15:26une vision patriarcale
15:28de l'islam
15:29avec la femme
15:31doit être soumise à l'homme.
15:32Elle s'est d'abord mariée
15:33avec un Algérien
15:34qui partageait cette vision.
15:36Elle a vécu en Algérie
15:37avec lui.
15:38Elle est rentrée en France
15:39après leur séparation
15:41pour épouser un détenu,
15:44un condamné
15:45pour association
15:46de malfaiteurs terroristes
15:47criminels.
15:47C'est une femme
15:48qui passe ses journées
15:49sur les réseaux sociaux.
15:50Elle vit du RSA
15:51et elle vend
15:52des vêtements islamiques,
15:54des parfums.
15:55Elle s'intéresse
15:56à la calligraphie,
15:57au dessin.
15:57et elle tombe
15:59comme d'autres
16:00en la retweetant,
16:01en la rediffusant
16:02sur la vidéo
16:03de Brahim Shnina.
16:05Et donc,
16:05le soir du 9 octobre,
16:07Priscilla Mangel
16:07échange
16:08avec Abdullah Kanzorov
16:10au sujet
16:10de cette fameuse vidéo
16:12postée par
16:13Brahim Shnina,
16:13le père de la collégienne.
16:15C'est ça ?
16:15Oui,
16:17Hansorov et Priscilla Mangel
16:19échangent par Twitter.
16:21La particularité
16:22de ce que raconte
16:25Priscilla Mangel,
16:25c'est qu'elle fait mine
16:26d'être très au courant,
16:28d'être en contact
16:28avec le père
16:29de la collégienne,
16:30de savoir
16:31que l'éducation nationale
16:33n'entend pas du tout
16:34réagir,
16:35parce que,
16:36de toute façon,
16:37ils sont pour
16:38l'enseignement
16:38du blasphème aux enfants.
16:40En fait,
16:40elle a un discours
16:41qui conforte,
16:43selon l'accusation,
16:44Hansorov,
16:45dans sa conviction
16:45qu'il y a vraiment
16:47quelque chose
16:47qui ne va pas,
16:48on est dans un complot
16:49contre les musulmans
16:50et ce professeur
16:54est le coupable
16:55à punir.
16:56Et donc,
16:56de quoi est-elle
16:57accusée précisément ?
16:58Elle est accusée,
16:59elle aussi,
16:59d'association de malfaiteurs
17:00terroristes criminels
17:01pour avoir donné,
17:02en gros,
17:03des arguments idéologiques
17:04aux terroristes.
17:05Son avocate,
17:07maître Margot Pugliese,
17:08rappelle qu'elle a réagi
17:09aux publications
17:10de Brahim Shnina,
17:11soit que tout était biaisé,
17:13en fait,
17:13puisqu'elle a réagi
17:14à des informations erronées
17:16et qu'évidemment,
17:17elle n'a jamais rien su
17:18des intentions d'Anzorov
17:20et que donc,
17:21pour la défense,
17:22elle n'a absolument pas
17:23participé à la préparation
17:24de cet attentat.
17:26Pascal Aigret,
17:27le lundi 12 octobre 2020,
17:29d'après l'enquête,
17:30Abdoula Kandzorov
17:31est déjà décidé
17:32à s'en prendre
17:33à Samuel Paty.
17:34Il cherche
17:34à se procurer des armes.
17:36Il contacte un ami
17:37qu'il avait rencontré
17:38à la salle de sport,
17:39un ami qui s'appelle
17:40Naïm Boudaoud.
17:41Comment ce jeune homme
17:42est-il décrit
17:43par l'accusation
17:44et qu'est-ce que
17:44l'assaillant lui demande
17:45à ce moment-là ?
17:46Naïm Boudaoud,
17:47il est lui aussi très jeune,
17:49il a 19 ans,
17:50il a grandi lui aussi
17:51dans le quartier
17:51de la Madeleine à Évreux.
17:52Dans l'enquête,
17:54il est décrit
17:54par tout le monde,
17:55par ses copains,
17:56comme un garçon gentil,
17:57serviable,
17:59influençable aussi,
18:00un peu complexé
18:01sur le plan physique
18:02et qui ne sait pas
18:02dire non.
18:03Ce jour-là,
18:04le 12 octobre,
18:05Kandzorov lui demande
18:06de le conduire à Rouen
18:07chez un ami
18:07qui s'appelle Azim
18:08qui vit là-bas
18:09avec sa copine.
18:11Cet ami,
18:11Azim Epsirkenov,
18:13est censé trouver
18:14une arme
18:15à Abdoula Kandzorov,
18:16c'est ça ?
18:17Ce qu'il faut rappeler,
18:18c'est que
18:18Abdoula Kandzorov
18:20et cette Azim
18:21ont des liens
18:22très forts
18:23puisqu'ils sont issus
18:24de la même communauté,
18:25ils ont à peu près
18:26la même histoire familiale.
18:28Ils se sont rencontrés
18:30au collège
18:31et quand Epsirkenov
18:32le sollicite,
18:34ils sont un peu en froid
18:35depuis un an
18:36et Epsirkenov
18:37pense que son copain
18:38revient vers lui.
18:40Il lui demande
18:41de trouver une arme
18:42puisqu'il y a eu
18:43cette histoire
18:43de jeune tué
18:44dans le quartier
18:44parce qu'il craindrait
18:46des représailles.
18:47Il lui donne
18:48de l'argent pour ça,
18:49800 euros
18:50et Azim lui
18:52se dit
18:52qu'il va bien
18:53pouvoir gratter
18:54quelques billets
18:55et une petite commission
18:55au passage.
18:56Donc il fait un peu
18:57semblant
18:58de répondre
18:59favorablement
19:00à son copain
19:00alors qu'il sait
19:01très bien
19:01que ça va être
19:02difficile
19:02de trouver une arme.
19:04Le jeudi 15 octobre,
19:06Naïm Boudaoud
19:07conduit donc
19:08Abdoula Kandzorov
19:09d'Evreux
19:09jusque chez son amie
19:11à Rouen.
19:11Qu'est-ce que
19:12tous les trois
19:12font ensuite
19:13pendant cette journée ?
19:14Ils errent
19:15un peu
19:15à droite
19:16à gauche
19:16ils vont avaler
19:17un McDo
19:18faire un tour
19:19au musée
19:19Andzorov leur demande
19:20de s'arrêter
19:21à la mosquée
19:21pour une prière
19:22et puis à un moment
19:23donné
19:23il va leur demander
19:24de l'accompagner
19:25dans un magasin
19:27l'idée a dû
19:28germer
19:29dans sa tête
19:30et il leur dit
19:31mais en fait
19:31je veux faire
19:32un beau cadeau
19:33à mon grand-père
19:34je veux lui offrir
19:34un beau couteau
19:36donc ils se retrouvent
19:37tous les trois
19:37dans cette coutellerie
19:38à donner leur avis
19:39sur le grand couteau
19:40que Andzorov choisit
19:42c'est aussi un couteau
19:43dont Andzorov
19:44demande plusieurs fois
19:45s'il est bien aiguisé
19:46Le lendemain
19:47le vendredi 16 octobre
19:48Naïm Boudaoud
19:49fait la route
19:49avec le tueur
19:50et il le dépose
19:51à proximité
19:52du lieu de l'attentat
19:53Dès l'aube
19:54Abdelhak Andzorov
19:55harcèle Naïm Boudaoud
19:57pour lui dire
19:59qu'il veut absolument
19:59qu'il le véhicule
20:01et Naïm Boudaoud
20:03finit par le chercher
20:04et puis il suit
20:05ses instructions
20:05alors ils vont d'abord
20:06à Sergi
20:07où Andzorov achète
20:08deux pistolets
20:09airsoft
20:10et des munitions
20:11des billes
20:12il lui offre
20:13un des deux pistolets
20:14en rigolant
20:14il lui dit
20:15tiens c'est un cadeau
20:16avant que je meure
20:18et ensuite
20:18il lui demande
20:19de l'emmener
20:20à Mante-la-Jolie
20:20en réalité
20:21dans le GPS
20:23il inscrit
20:23l'adresse
20:24du collège
20:25du Bois d'Aulne
20:26à Conflans-Saint-Honorin
20:27et c'est là
20:28que Naïm le dépose
20:29ses deux amis
20:30Naïm Boudaoud
20:31et Azim Ebsirkanov
20:32sont considérés
20:33par l'accusation
20:34comme complices
20:35de l'assassinat
20:35de Samuel Paty
20:36oui parce que
20:37de fait
20:38ils ont apporté
20:38une aide
20:39et une assistance
20:40à l'auteur
20:40de l'attentat
20:41l'accusation
20:42elle considère
20:43que quoi qu'il en soit
20:44qu'ils ne pouvaient pas
20:45ignorer l'embrigadement
20:46idéologique
20:47et donc
20:48d'une certaine manière
20:48le type de projet
20:50que pouvaient nourrir
20:50leurs copains
20:52après eux
20:53en défense
20:54contestent évidemment
20:55cette accusation
20:56parce qu'ils disent
20:57mais jamais
20:57on aurait pu se douter
20:59on n'a jamais eu
21:00connaissance
21:01du tout
21:01de ces intentions
21:02criminelles
21:05Pascal Aigret
21:06la suite tragique
21:07de cette journée
21:07du 16 octobre 2020
21:09est connue
21:10Abdullah Kanzorov
21:11aborde des élèves
21:12à la sortie du collège
21:13du Bois d'Aulne
21:13il leur propose
21:14contre de l'argent
21:15de lui désigner
21:16Samuel Paty
21:17le terroriste
21:18ne leur dit pas
21:19qu'il a l'intention
21:20de le tuer
21:20mais qu'il veut
21:21en gros
21:21lui faire honte
21:22l'afficher sur les réseaux
21:24peut-être le frapper
21:25quand l'enseignant
21:26quitte le collège
21:27un peu après 16h30
21:28Abdullah Kanzorov
21:29le suit dans une rue
21:30avant de le poignarder
21:32et de le décapiter
21:33il revendique ensuite
21:34son crime
21:35avec une photo
21:36de la tête de sa victime
21:37sur les réseaux sociaux
21:38et notamment
21:39sur plusieurs groupes Snapchat
21:40la justice a passé
21:42au crible
21:42ces groupes Snapchat
21:43et parmi tous ceux
21:44qui en faisaient partie
21:45trois d'entre eux
21:46comparaissent devant
21:47la cour d'assises spéciale
21:48pour quelles raisons ?
21:49les membres de ces groupes
21:50qui sont donc plutôt jeunes
21:51eux-mêmes radicalisés
21:52échangent donc tous ces contenus
21:54à connotation djihadiste
21:57mais l'enquête
21:58va montrer que
21:58s'ils approuvaient déjà
22:00les convictions
22:01d'Andzorov avant
22:02ils ont aussi
22:02semble-t-il approuvé
22:04son acte terroriste
22:05puisqu'ils ont envoyé
22:07qui des émojis
22:08qui des hommages
22:11posthumes
22:12à Andzorov
22:14ce qui
22:15pour l'accusation
22:17est la preuve
22:17de leur approbation
22:19en fait
22:20à son acte
22:22Pascal Aigret
22:22trois ans après
22:23cet attentat
22:24qui a bouleversé
22:25la France
22:25un premier procès
22:27s'est tenu
22:27au mois de décembre
22:282023 à Paris
22:29celui des personnes
22:31mineures au moment
22:32des faits
22:33six anciens collégiens
22:34sont jugés
22:35à huis clos
22:35par le tribunal
22:36pour enfants
22:37dont la collégienne
22:38qui avait menti
22:39sur le cours
22:39de Samuel Paty
22:40et ses camarades
22:41qui ont montré
22:42le professeur au tueur
22:43quelles sont les peines
22:45prononcées
22:45à l'issue de l'audience
22:46Ces adolescents
22:48qui sont devenus
22:49de jeunes adultes
22:50ont été jugés
22:52comme des mineurs
22:52de 13-15 ans
22:54et sans qualification
22:55terroriste
22:56ils ont couru
22:58finalement
22:59deux ans et demi
23:00de prison
23:00et ils ont été condamnés
23:01à des peines
23:02de 14 mois
23:03avec sursis probatoire
23:05et pour l'un
23:07à une peine
23:07de six mois ferme
23:08Comment ont réagi
23:09les partis civils
23:10à l'issue de ce procès
23:11et de ce verdict ?
23:12Les partis civils
23:13surtout la famille
23:14de Samuel Paty
23:15a réagi assez mal
23:16en fait
23:16en estimant
23:17que la gravité
23:18des faits
23:18n'avait pas été
23:19prise en compte
23:20c'est aussi parce que
23:21pour eux
23:22l'audience
23:22s'est avérée
23:23assez frustrante
23:23Ils attendaient
23:25de ces collégiens
23:26qu'ils aient un peu
23:28pris davantage conscience
23:29de la gravité
23:30de ce qui s'était passé
23:31et ils ont eu le sentiment
23:33que les anciens collégiens
23:34n'avaient pas du tout
23:35abouti ce chemin-là
23:38Et les partis civils
23:39qu'est-ce qu'elles espèrent
23:40cette fois-ci
23:41avec le procès
23:42des adultes ?
23:42Les parents
23:43de Samuel Paty
23:44accordent beaucoup
23:45d'importance
23:45aux hommages
23:47à leur fils
23:48parce qu'ils estiment
23:49que ça permet
23:51de perpétuer
23:52sa mémoire
23:52Je pense que pour eux
23:53ce procès
23:54est aussi
23:54un moment
23:55où la mémoire
23:57de leur fils
23:57va être rappelée
23:58honorée
23:59y compris le contenu
24:01de son cours
24:02au-delà de ça
24:03ils en attendent
24:04des explications
24:05sur ce qui s'est passé
24:10Pascal Aigré
24:11cette audience
24:11devrait aussi revenir
24:12sur la façon
24:13dont Samuel Paty
24:14a vécu
24:15les 11 derniers jours
24:16de sa vie
24:16isolé et aux abois
24:18ce qu'il faut savoir
24:19ce qu'il faut savoir
24:19c'est que Samuel Paty
24:20a fait le choix
24:21de continuer à travailler
24:22à donner ses cours
24:23dans une ambiance
24:24où la grande majorité
24:26de ses collègues
24:26le soutenait
24:27et où de multiples démarches
24:30qui visaient à l'alerter
24:31à le protéger
24:32ont été faites
24:33par la principale
24:34du collège
24:35dont les alertes
24:36sont étrangement
24:38restées sans effet
24:39il n'a jamais bénéficié
24:40de protection
24:41par exemple
24:41ni le collège
24:42d'ailleurs
24:43il a aussi dû
24:44s'expliquer
24:45à maintes reprises
24:45sur ce cours
24:46il est allé aussi
24:48porter plainte
24:49pour dénonciation
24:50calomnieuse
24:50au commissariat
24:51mais il a été gagné
24:53comme ses collègues
24:54par la peur
24:55parce que la campagne
24:56de haine
24:57sur les réseaux sociaux
24:58une forme
24:59de cyber harcèlement
25:00avait vraiment pris
25:01une ampleur
25:02très forte
25:04très importante
25:05en fait
25:06ce vendredi là
25:07on est
25:08à la veille
25:09des vacances
25:09scolaires de la Toussaint
25:11tout le monde espère
25:12que cette trêve
25:13va permettre
25:14à la situation
25:15de s'apaiser
25:17c'est aussi
25:18une fin de journée
25:20où contrairement
25:20au jour d'avant
25:21aucun de ses collègues
25:22n'était disponible
25:23pour le raccompagner
25:24chez lui
25:25il avait été raccompagné
25:26par des collègues
25:27tous les jours
25:28précédents
25:28ce soir là
25:29personne ne peut
25:30tout le monde part
25:31un peu en vacances
25:32et donc Samuel Paty
25:34part seul
25:35vers chez lui
25:36il habite pas très loin
25:37ce que découvriront
25:39les enquêteurs
25:39c'est que dans son sac
25:41Samuel Paty
25:41avait caché un marteau
25:50merci à Pascal Aigret
25:51cet épisode a été produit
25:53par Clara Garnier-Amourou
25:54Clémentine Spiller
25:55et Clara Grouzis
25:57réalisation
25:58Julien Moncouquiol
25:59si vous aimez
26:00Code Source
26:00le podcast d'actualité
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