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  • il y a 2 jours
Epilogue d’une retentissante affaire où le mari éploré a fini par avouer le meurtre de sa femme. Il a été condamné à 25 ans de prison. Récit détaillé de ces six jours d’audience en deux épisodes avec Louise Colcombet.


Code Source est le podcast d’actualité du Parisien disponible chaque soir du lundi au vendredi.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Journalistes : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian - Archives : BFM-TV, RTL, France 3.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le samedi 21 novembre, à Vesoul, Jonathan Daval a été condamné par la cour d'assises de la Hudson
00:18à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Alexia.
00:24Cette actualité vous a peut-être passionné, peut-être pas.
00:27En tout cas, vous avez forcément entendu parler de ce procès.
00:31Dans Codesource, on va prendre le temps de vous le raconter en une demi-heure et deux épisodes
00:36avec Louise Colcombé, journaliste au service police-justice du Parisien.
00:40Elle a suivi toutes les audiences, elle qui avait toqué à la porte de Jonathan Daval
00:45à Grélaville au tout début de l'affaire.
00:58Louise Colcombé, le dimanche 15 novembre, à la veille du début du procès,
01:02vous signez un avant-papier dans Le Parisien et vous proposez un titre. Lequel ?
01:06C'était Alexia et Jonathan Daval, ce couple qui nous ressemblait tant.
01:10Pourquoi ce titre ?
01:11De ce qu'on en connaissait alors, ils avaient des problèmes relativement classiques.
01:16La maison tente avec la belle-mère, le type qui ronfle la nuit, les reproches,
01:19t'es un peu mou, aide-moi pour les travaux.
01:23Les problèmes d'infertilité d'Alexia, c'est une maladie qui ont beaucoup de françaises
01:27et qui se soignent, qui n'est pas du tout insurmontable.
01:29Et lui, il avait des problèmes d'érection et ça ne me semblait pas insurmontable.
01:35Dans ce papier, vous vous rappelez l'histoire de ce couple parfait en apparence,
01:39en fait au bord de la rupture, et vous donnez un détail.
01:42Ils se sont mis ensemble jeunes, Alexia avait 17 ans et lui 21 ans.
01:46Pendant ses études, elle a eu un coup de cœur pour un autre jeune homme.
01:49Et c'est sa mère qui l'a raisonnée.
01:51Ils avaient pris des cours de cuisine ensemble, en fait.
01:53Et il y avait dans ce cours un pâtissier.
01:55Et elle avait eu un petit coup de cœur, un coup de béguin pour ce garçon.
01:58Mais elle était déjà en couple depuis un petit moment avec Jonathan,
02:01qui était bien sous tout rapport, etc.
02:02Et donc Isabelle m'a raconté qu'elle avait dit à sa fille, écoute, réfléchis.
02:07Mais là, il me semble que t'as trouvé le bon.
02:09Puis Alexia avait réfléchi, elle était restée avec Jonathan.
02:12Louise Colcombé, vous êtes journaliste au Parisien.
02:14Vous avez couvert cette histoire depuis le début.
02:16Et Jonathan Daval, vous l'avez rencontré quand on croyait encore qu'il était une victime dans cette histoire.
02:23Quand moi je vais le voir, on vient de découvrir le corps carbonisé d'Alexia.
02:26Et on est le lendemain matin, je sonne chez lui.
02:28Et non seulement il me répond, mais très poliment, parce que je lui demande s'il veut parler.
02:32Et il me dit non, pas maintenant.
02:34Mais avec un sourire très poli, là où il devrait, bon, logiquement, m'envoyer pêtre.
02:38Et ça m'avait très étonnée.
02:40Donc je lui ai dit, mais plus tard, il m'avait dit oui, non, non, oui, non, bon.
02:43Ça m'avait semblé très bizarre.
02:45Il avait l'air très détaché.
02:46J'étais presque plus mal à l'aise que lui.
02:48Vous l'avez ensuite aperçu environ un mois plus tard dans le bar PMU des parents d'Alexia, Isabelle et
02:53Jean-Pierre Fouillot.
02:54J'ai été retournée parce que c'était une énigme.
02:56Et je voulais voir un peu comment Grès vivait la possibilité qu'il y ait un tueur dans la nature.
03:01Et puis, évidemment, voir cette famille, ce mari et l'endroit pour voir ça, c'était le bar.
03:08Donc je m'étais assise discrètement.
03:10J'avais regardé un peu les parents qui continuaient à travailler.
03:12Et puis à ce moment-là, Jonathan arrive.
03:13Il se fait un petit café derrière le bar et puis s'assied au fond sur les canapés.
03:18Et là, je les vois.
03:18Ça symbolise vraiment cette affaire.
03:20C'est-à-dire que je les vois tous les deux s'asseoir à côté de lui et l'entourer
03:23de leurs bras comme si c'était un fils.
03:31Vous nous avez rappelé les faits dans un précédent épisode de Code Source.
03:35Vous allez aujourd'hui nous raconter ce procès qui s'ouvre le lundi 16 novembre devant la cour d'assises
03:41de Vesoul en Haute-Saône.
03:42Vesoul est confiné, assez déserte.
03:44Mais alors par contre, il y a une effervescence inhabituelle sur la place du palais de justice.
03:48Il y a énormément de cas régis de journalistes.
03:50Il est 8 heures ce matin quand le convoi s'engouffre par l'arrière du tribunal de Vesoul.
03:54Derrière ses vitres teintées, impossible de distinguer la silhouette de Jonathan Daval,
03:59transférée sous haute sécurité depuis la maison d'arrêt de Dijon.
04:02À l'intérieur, la cour d'assises et la salle en tant que telle est très belle.
04:06C'est une salle en lambrissé, en bois.
04:08Il y a deux salles de retransmission prévues pour les journalistes parce qu'en plus à cause du Covid,
04:12il y a un problème de place.
04:13Donc on a prévu tout ce qu'il fallait pour pouvoir rendre tous les à côté et tout ce qui
04:19se passe pendant ce procès.
04:20Vous, vous êtes où précisément ?
04:22Alors très peu de journalistes avaient accès à la salle d'audience.
04:24Donc moi j'avais pris place dans une salle de retransmission.
04:27On avait des caméras sur tout le monde, sur l'accusé, sur le président et sur les avocats
04:33et la personne qui témoigne à la barre.
04:35Donc on avait une vision panoptique, on va dire, et avec les journalistes qui étaient à l'intérieur,
04:39qui pouvaient donner des précisions par une boucle WhatsApp
04:41pour qu'on se décrive exactement les réactions des uns et des autres et qu'on ne rate rien.
04:44Les parents d'Alexia, qu'est-ce qu'ils espèrent de ce procès ?
04:47Ils arrivent en voulant une réponse à une question très simple, c'est pourquoi ?
04:52Je n'en peux plus d'attente parce qu'en trois ans, plus les jours passent et plus Alexia me
04:58manque.
04:59On est en attente de savoir ce qu'il est encore capable de raconter comme mensonge.
05:06Moi j'attends juste qu'on mette le mot coupable sur sa tête.
05:10Eux, ils ont une thèse, ils pensent qu'Alexia, ce n'est pas juste une dispute avec des mots blessants,
05:15c'est qu'elle voulait divorcer.
05:21Et la mère de Jonathan Daval va elle aussi assister au procès ?
05:25Oui, alors elle est témoin dans ce procès.
05:27Normalement les témoins n'ont pas le droit d'assister tant qu'ils n'ont pas déposé.
05:30Sa déposition était prévue en toute fin d'audience.
05:33Et donc exceptionnellement par ce qu'on pensait, le président a pensé que ça pouvait libérer l'accusé,
05:37que sa mère soit là. Il l'a autorisé par un semi-artifice à être là,
05:43c'est-à-dire qu'il l'a fait déposer au tout début, il lui a posé une petite question
05:46pour qu'ensuite, légalement, elle ait le droit d'être dans la salle.
05:50Donc elle était en fauteuil parce qu'elle a fait des siatiques à répétition,
05:53qu'elle est venue en fauteuil roulant soutenir son fils pendant son procès.
05:57Décrivez-nous Jonathan Daval quand il apparaît dans son box.
06:00On a tous le regard rivé sur les écrans pour le regarder
06:04et il donne ce même visage qu'on a vu lors des marches blanches
06:08ou lors de ses interventions.
06:10Il a cette espèce de visage un peu...
06:12Alors là, il n'est pas en pleurs, mais un peu apeuré.
06:14On a l'impression vraiment d'avoir une petite chose prise dans les phares d'une voiture.
06:17Il cligne des yeux, on a l'impression qu'il a un petit enfant qui a peur.
06:22Il a sa même coiffure qu'on connaît, c'est-à-dire coupée court
06:25avec une sorte de petite houppette, puis du gel.
06:28Enfin, il est très apprêté.
06:30Et il a une marinière bleue à rayures rouges.
06:32Et son visage semble comment ?
06:33En ce premier jour, on sent qu'il est très nerveux.
06:35Il a des cernes, il est très tiré, il a légèrement émaigri.
06:38On le sent très inquiet.
06:40A l'ouverture du procès, le président du tribunal lui pose une première question.
06:43Oui, il lui demande, et ce n'est pas anodin,
06:45parce que c'est quand même un accusé qui a donné des multiples versions.
06:48J'avais compté cinq, à un moment en fait, on se rend compte que c'est même sept.
06:51Il a donné sept versions.
06:52Et là, il lui demande s'il reconnaît toujours,
06:55comme dans cette dernière version, être l'auteur du crime
06:58et être le seul, puisque l'histoire de la complicité avait été évoquée.
07:00Et là, il répond oui, il confirme donc qu'il est seul impliqué.
07:07Pendant cette première journée d'audience,
07:09les gendarmes racontent qu'ils ont très rapidement soupçonné Jonathan Daval
07:12et ils l'ont placé sur écoute.
07:14Et ils disent à la barre ce qu'ils ont entendu.
07:16Oui, ils sont très frappés du fait que Jonathan Daval, il a un ton différent
07:22quand il a ses proches au téléphone et quand il a sa belle famille.
07:26Comme s'il jouait une sorte de rôle.
07:29Mais ça va au-delà parce qu'il va même raconter des mensonges.
07:32Parce qu'à ce moment-là, Jonathan Daval, il a accès au dossier.
07:34Il est parti civil, il est constitué dans le dossier,
07:37donc il sait ce qui rentre dans l'enquête.
07:39Et par exemple, il y a l'analyse du bol alimentaire qui était déterminante,
07:42puisque ça peut dire l'heure de la mort en fonction de ce que la victime a ingéré.
07:46Et il va dire, un truc qui est complètement faux puisqu'on le sait maintenant,
07:49il va dire à sa belle-mère,
07:50« Ah mais le bol alimentaire en gros me disculpe. »
07:53Et elle lui dit, de toute façon, tu n'as pas de quoi t'inquiéter.
07:56Il dit, « Oui, oui, non, non, mais bon, quand même, les heures que j'ai données sont les bonnes.
08:02»
08:02Louise Colcombé, le lundi soir, la famille d'Alexia Daval et ses proches quittent la salle
08:07parce que les photos de son corps vont être projetées à l'audience.
08:11Oui, c'est le moment le plus dur du procès.
08:14Et ils partent parce qu'ils savent que ce qu'ils vont voir va les marquer à vie
08:18et que c'est trop dur.
08:20En fait, on progresse dans le bois des moulins, c'est là où le corps d'Alexia a été retrouvé.
08:24Donc on a d'abord un chemin herbeux, on voit les traces de pneus, etc.
08:27Puis on se rapproche, on se rapproche, on se rapproche, on se rapproche.
08:30On arrive entre les deux troncs, on voit le corps aurulé, on devine de la peau.
08:35Et puis on se rapproche, on se rapproche.
08:37Et même le président le dit, il faut vraiment être prêt pour comprendre que c'est un corps.
08:40Et puis finalement, on voit le visage d'Alexia qui est déformé.
08:43En fait, il est encore visible, mais on voit que la chaleur a fait son effet.
08:46Et une image terrible, moi qui m'a marquée, c'est le corps a ensuite déposé dans un sac mortuaire.
08:51Et en fait, il s'est rétracté.
08:53Ils appellent ça la position du boxeur, les légistes.
08:56Son pied est détaché.
08:57Enfin, c'est absolument terrible.
09:09Oui, c'est la première fois qu'on parle de cela dans ce dossier qui pourtant a été largement médiatisé.
09:15Le fait est qu'il a dit, lui, qu'ils avaient eu une relation sexuelle le mercredi.
09:19Elle est morte un vendredi soir.
09:21Et il y a des traces de sperme dans son corps.
09:23C'est ce qui est compatible avec cette relation.
09:26Ce qui est plus troublant, c'est qu'il y en a aussi sur la petite culotte qu'elle portait
09:29et sur le short qu'elle portait.
09:31Il y a trois endroits où on trouve ce sperme.
09:34Et notamment cette culotte, on a du mal à croire qu'elle aurait pu porter la même culotte que depuis
09:38le mercredi ou remettre une culotte sale.
09:40Donc en tout cas, Jonathan Daval explique la présence de son sperme par ce rapport sexuel, soi-disant le mercredi.
09:46Voilà, un rapport dont on doute tous aussi un petit peu, puisqu'on a appris qu'il n'y avait
09:51quasiment jamais de rapport sexuel entre eux.
09:53Donc c'est une vraie question.
09:54Mais donc, qui parle d'un éventuel viol ?
09:57Alors ce sont les avocats de la famille d'Alexia qui posent ces questions-là parce qu'ils veulent des
10:01réponses.
10:01C'est vrai que c'est assez troublant.
10:04On est plusieurs à s'être étonnés de tout ça, même parmi les journalistes.
10:07Après, il faut noter que, et ça, ça avait été dit dès le début, il n'y a pas de
10:11signe évident de viol, en tout cas de traumatisme sexuel.
10:15Il y a un petit bleu à un endroit, ça peut ne pas être lié.
10:18Mais le légiste a aussi expliqué qu'il existe des agressions qui ne laissent pas de traces.
10:22Donc en fait, on ne peut pas l'affirmer, en tout cas, mais c'est difficile de l'exclure complètement.
10:26Mais donc, quel est le soupçon des avocats de la famille d'Alexia Daval ?
10:29Il pense qu'Alexia a peut-être été violée, soit avant sa mort, soit juste après.
10:34Il faut savoir qu'elle avait aussi du somnifère dans le corps ce soir-là.
10:37Le légiste et d'autres médecins parlent aussi des crises que faisait Alexia Daval, selon son mari.
10:43Oui, alors crise, c'est le terme que Jonathan Daval a utilisé.
10:46Et ça, il en parle dès le premier jour quand il va chez les gendarmes, en expliquant que sa vie
10:49de couple est une catastrophe et que sa femme est très agressive.
10:51Et il explique qu'elle a des sortes de moments où elle s'énerve, elle frappe, elle se frappe elle
10:56-même, elle ne frappe plus, etc.
10:57Puis elle est frappée d'amnésie, elle tombe et elle ne se souvient de rien.
11:00Elle, elle a parlé à ses proches de moments de blackout.
11:03Elle se demandait si ce n'était pas lié à son traitement contre l'infertilité.
11:06Elle avait parlé à sa soeur et une fois sa mère l'avait vue au téléphone, elle avait l'air
11:11d'être, je cite, bourrée.
11:13Et le lendemain, elle la rappelle, elle lui dit, mais alors hier soir, elle lui dit, mais de quoi tu
11:16me parles, elle ne se souvient de rien.
11:17Et ça, ça a été au centre de débat pendant toute une journée avec des neurologues, tout un tas de
11:22médecins qui se sont penchés sur ça.
11:23Savoir, est-ce que tous les médicaments qu'elle a pu prendre auraient pu créer cet effet-là ?
11:29Il n'y a pas de réponse formelle.
11:31On a parlé d'une épilepsie, mais qui ne ressemblerait pas vraiment à une épilepsie.
11:35La famille pense qu'elle aurait pu être soumise chimiquement parce qu'en fait, il y a des médicaments pour
11:41lesquels elle n'avait pas vraiment de prescription, voire pas du tout, assez lourds, comme le tramadol, qui a un
11:46otalgique opiacé assez violent.
11:48Et on a retrouvé ça dans ses cheveux, dans son sang.
11:50Donc, il y a eu des prises répétées pendant plusieurs mois, souvent aussi au moment où elle était au monde
11:54tombée enceinte.
11:55Donc, c'est très surprenant qu'elle ait pu les prendre.
11:57Donc, la question est, est-ce que Jonathan n'a pas pu lui donner ?
12:00Et est-ce que ça, ça ne provoquait pas les crises ?
12:02Mais globalement, cette journée, elle se referme sur cette énigme.
12:05On ne sait pas d'où viennent les crises d'Alexia et on n'a absolument aucune preuve qu'elle
12:08était droguée.
12:14Le mercredi, les parents d'Alexia viennent témoigner à la barre.
12:19Son père, Jean-Pierre Fouillot, prend la parole en premier.
12:22Et d'abord, il rend hommage à la mémoire de sa fille.
12:25Ils ont eu très peur qu'en fait, on vienne salir la mémoire de leur fille.
12:29C'est un peu ce que dit Jonathan quand il dit qu'elle était violente,
12:31qu'elle l'a frappée, qu'elle l'insultait, qu'elle le méprisait, l'humiliait.
12:35Jean-Pierre Fouillot, il dit, mais c'est comme si je devais prouver en permanence
12:38que ma fille était une belle personne, une bonne personne.
12:41Donc, ils expliquent que c'était une fille gentille, qui était douce.
12:44Voilà, certes, elle avait du caractère, c'est-à-dire du caractère dans le sens où elle savait ce qu
12:48'elle voulait faire.
12:48Elle voulait fonder une famille, avoir une maison, etc.
12:50Mais elle n'était pas écrasante pour eux, il rejette ça.
12:53Comment est-ce qu'il a vécu les trois mois pendant lesquels son gendre, Jonathan Daval, a joué la comédie
12:57?
12:58C'est terrible parce que quand il racontait à postériaux, il raconte qu'en fait, il ne s'inquiétait même
13:01pas pour eux.
13:02Il s'oubliait.
13:03Eux, ils soutenaient Jonathan, ils avaient peur qu'il se suicide.
13:06Il pleurait avec eux dans leurs bras, il l'emmenait partout.
13:08Il lui faisait manger pour qu'il n'ait pas à se soucier de ça.
13:11C'est-à-dire qu'ils se sont complètement oubliés pour lui.
13:14Et maintenant, ils se rendent compte qu'ils savaient tout depuis le début.
13:16Il leur a menti. Il a même été jusqu'à accusé en disant « ce serait peut-être bien mon
13:20meilleur ami ».
13:21Il leur a menti de bout en bout.
13:22Et puis après, il y a le complot familial.
13:24Ou alors là, c'est les regards de travers, tout le monde qui les regarde en se disant « il
13:27n'y a peut-être pas de fumée sans feu, ils y sont peut-être pour quelque chose ».
13:29Tout ça, c'est terrible. Isabelle Fouilleau n'est pas sortie de chez elle pendant des semaines.
13:33Ça, Jean-Pierre Fouilleau, quand il est à la barre, il dit qu'il en a beaucoup souffert ?
13:36Oui, bien sûr. Il dit « je vais dans la rue, puis je vois des gens qui se retournent sur
13:39moi ».
13:40Et nous, on sait au fond que c'est n'importe quoi.
13:42Mais n'empêche que les regards, les regards s'apaisent.
13:45Et d'ailleurs, ils ont aussi vendu leur barre plus tôt que prévu parce que ça devenait insoutenable pour eux.
13:50Nous, on n'a plus d'avenir avec Alexia.
13:53Mais c'est la perpétuité qu'on a.
13:54C'est que jamais on la retrouvera un jour, mais on ne pourra pas lui parler à ce moment-là.
13:59Je me suis tourné vers lui.
14:03Mais Jonathan Fouilleau, mon regard dans la seconde qui suivait.
14:07La mère d'Alexia, Isabelle, vient elle aussi à la barre et elle lit une lettre d'amour adressée par
14:14sa fille à Jonathan en 2013.
14:16Oui, c'est très émouvant parce qu'elle vient expliquer, elle, elle vient prouver presque avec les armes qu'elle
14:21a,
14:22que sa fille était amoureuse et que ce n'était pas la personnalité écrasante.
14:25Ça, c'était un mot qu'avait eu Randall Schwerdorfer, l'avocat de Jonathan Naval au tout début et qu
14:29'il aurait vraiment resté en travers de la gorge.
14:32Donc, elle vient avec cette lettre qui est hyper émouvante.
14:36Mon Valentin, tu es tout pour moi, mon ami, mon confident.
14:39Je t'aime, j'ai besoin de tes caresses, de tes mots, etc.
14:43Tout ça est très, voilà, c'est très long et ça termine par si tu m'aimes, comble-moi, je
14:48t'aime.
14:49Enfin, c'est vraiment enflammé.
14:51C'est une lettre qu'elle écrit huit ans après leur rencontre et donc on comprend qu'en fait, l
14:55'amour, il est encore ultra vivace.
14:57C'est une femme vraiment amoureuse.
14:59Et comment elle décrit son amoureux, Jonathan ?
15:02Alors, elle a cette phrase qui, moi, je trouve très troublante à posteriori.
15:05Elle dit « Tu es un être atypique, aussi gentil que diablotin ».
15:08Et d'ailleurs, elle dit « Je sais qu'on peut te faire confiance, tu es digne de confiance ».
15:11Ça résonne terriblement quand on sait ce qui s'est passé depuis.
15:14Isabelle Fouillot s'adresse directement à son ancien gendre.
15:18Elle lui donne deux hypothèses, en fait.
15:19Elle pense que, quelque part, il ne voulait pas être père parce que lui-même est enfant
15:23et qu'il ne peut pas s'occuper d'un enfant autre que lui-même.
15:26Par ailleurs, elle pense que ça n'allait plus, que peut-être inconsciemment, il a voulu supprimer Alexia
15:30tout en gardant le reste, l'amour de ses parents, la maison, sa petite vie.
15:34Comment est-ce qu'il a réagi, Jonathan Davel ?
15:35Il fend l'armure, il pleure.
15:37On le voit qu'il pleure dans son box.
15:39Il finit par se reprendre, mais il est touché.
15:42C'est là qu'elle lui dit « Sois un homme, une fois dans ta vie ».
15:44Oui, elle lui demande d'assumer, mais elle lui dit « En gros, tu n'as pas grandi,
15:48mais c'est le moment peut-être un jour de nous prouver que tu es capable de quelque chose
15:51et d'assumer ton acte, de nous dire tout ».
15:53Jonathan Davel est invité à s'exprimer sur les faits et il commence par essayer de demander pardon.
15:59Oui, alors il dit « C'est peut-être pas approprié, mais je voudrais demander des excuses.
16:04Je sais que j'ai fait du mal, j'ai détruit la famille, j'ai détruit la mienne,
16:06j'ai menti au Fouillot, j'ai menti au Média, j'ai menti à la France ».
16:11Alors il commence son déroulé des faits, c'est très mécanique.
16:13On a l'impression qu'il débite un procès verbal, en fait, c'est très froid.
16:17Il raconte très factuellement, voilà, une dispute, les mots de trop,
16:20elle me dit « T'es pas un homme, il y a la morsure, je pète un plomb ».
16:24Il ne dit même pas « Je la frappe », il dit « Frapper », mettre le corps dans la
16:27voiture,
16:28me faire un alibi, mentir ».
16:30Voilà, il met tout ça très à distance, en fait, il ne dit jamais « Je ».
16:36Le président du tribunal doute du motif de la dispute. Pourquoi ?
16:41Jonathan Daval, lui, il dit que la dispute, le motif,
16:44c'est qu'elle lui a demandé une relation sexuelle,
16:46qu'elle a presque exigé une relation sexuelle,
16:48puisqu'il explique très bien qu'elle était fixée sur sa grossesse
16:51et que pour elle, c'était « enfant, enfant, enfant ».
16:53C'est une des plus longues phrases qu'il nous a faite durant ce procès.
16:55Et donc, il y a une espèce d'injonction, et lui, il se refuse.
16:58Sauf qu'il y a quelque chose de pas logique,
17:00parce qu'en fait, elle sait à ce moment-là, Alexia Daval,
17:02qu'elle ne va pas tomber enceinte.
17:03Il y a des jours dans lesquels on va tomber enceinte.
17:05Elle sait que ces jours-là, ils sont passés.
17:07On le sait aussi parce qu'elle a un traitement local
17:09qu'elle a inséré par voie vaginale pour recréer un cycle, etc.
17:13Donc, ce n'est pas idéal, tout de même, pour avoir une relation.
17:16Et puis, par ailleurs, elle l'a pris, on lui a donné,
17:18en tout cas, on ne sait pas, mais elle a un somnifère.
17:20Il y a tout un tas de choses étranges.
17:22Ça paraît bizarre qu'elle demande ce soir-là une relation.
17:25Qu'est-ce qu'il dit à Jonathan Daval ?
17:26Il lui dit que ce n'est pas logique.
17:28Il lui parle aussi des médicaments.
17:29Et il dit « Ah, non, je ne sais pas, je n'étais jamais là. »
17:31Je ne sais pas ce qu'elle prenait et dit « Ah, bon, vous n'étiez jamais là, vous rentriez
17:33quand même. »
17:33Ah oui, non, non, non.
17:34Il est très évasif et au bout d'un moment, il le pousse un tout petit peu
17:37et il lui dit « Mais quand même, il y a des contradictions. »
17:39Et là, Jonathan Daval, il est tout blanc.
17:42Et puis, il tombe sur sa chaise.
17:45Il dit qu'il ne se sent pas bien.
17:46Et puis, dans la seconde qui suit, on le voit tomber à la renverse,
17:49être rattrapé par l'escorte.
17:50Il le sort de la cour d'assises.
17:51En fait, il vient de faire un malaise.
17:52Et nous vivons l'actualité en direct à Vézol, à la cour d'assises de Haute-Saône.
17:57Jonathan Daval a pris la parole ce soir pour présenter ses excuses à la famille
18:01de celle qui était son épouse et qui est devenue sa victime.
18:04Mélanie Bertrand, vous êtes sur place pour BFM TV.
18:07Il se trouve que juste après, Jonathan Daval a fait un malaise.
18:10Oui, effectivement, c'est ce que nous a expliqué notre concert.
18:21Merci, Louise Colcombé.
18:22Vous allez nous raconter la suite de ce procès dans le prochain épisode de Codesources.
18:26Il sera question notamment de la personnalité de Jonathan Daval, de son enfance.
18:31Et vous nous raconterez aussi comment Isabelle Fouillot a essayé de faire parler le meurtrier de sa fille.
18:38Codesources est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
18:43Cet épisode a été produit par Raphaël Pueillot et Thibaut Lambert.
18:47Réalisation, Julien Moncouquiole.
18:49Si vous aimez Codesources, n'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode.
18:53N'hésitez pas à laisser des petites étoiles sur votre application de podcast comme Apple Podcast.
18:58Vous pouvez dialoguer avec nous par Twitter, at Codesources, ou par mail, codesources at leparisien.fr.
19:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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