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  • il y a 10 heures
A l’occasion de la journée mondiale contre les LGBTphobies, le 17 mai, cette restauratrice de 61 ans raconte son parcours personnel et professionnel à Code source.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Thibault Lambert et Salomé Robles. - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : France TV.

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News
Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Vous avez peut-être lu dans le Parisien, le 9 mai, l'histoire d'Emma, une femme transgenre de 61
00:17ans,
00:18qui a ouvert à Paris en août dernier un restaurant, un établissement qu'elle souhaite accueillant pour tout le monde.
00:23A l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, le 17 mai,
00:28on a eu envie chez Codesource de prendre le temps d'écouter Emma pour qu'elle nous raconte elle-même
00:34son parcours personnel et professionnel.
00:37Elle témoigne aujourd'hui au micro de Claudia Prolongeau.
00:49Bonjour.
00:50Emma m'ouvre la grille devant chez elle avec un grand sourire.
00:54Je la suis dans la cour qui mène à son appartement, une ancienne boulangerie entièrement refaite avec encore quelques briques
01:00rouges au mur.
01:02Mon micro ne la trouble pas.
01:06Le seul truc qui me stressait avec le podcast, c'est la voix, parce que je n'ai pas une
01:09voix parfaite.
01:10J'y travaille depuis 5 ans et puis c'est un vrai calvaire.
01:14C'est difficile de se concentrer sur le ton et puis de ne pas être trop perché non plus.
01:20Elle porte une robe foncée, des créoles argentées et des lunettes rouges assorties à son vernis.
01:26Elle a des cheveux blonds, un regard pétillant et elle commence à me raconter son enfance dans le Val-de
01:31-Marne.
01:33Alors moi je suis né, mes parents habitaient Charenton, il y a déjà 61 ans.
01:38Je suis l'aîné d'une famille de 5 enfants.
01:41Mon père était courtier d'assurance et puis ma mère, elle l'aidait un peu et puis elle s'occupait
01:47surtout d'une famille nombreuse.
01:48On est 5 enfants qu'elle a eus en 7 ans, donc c'était quand même soutenu comme activité.
01:54Et c'est... j'ai beaucoup de mal à fixer l'âge, mais je pense que c'était aux alentours
01:59de 7-8 ans que le trouble a commencé à se manifester.
02:03J'ai commencé à piocher dans un sac de linge sale un vêtement féminin.
02:10Alors c'est le tout début, c'est la première chose dont je me souviens, mais c'est vrai qu
02:13'après ça m'a occupé l'esprit toute ma vie.
02:17Au tout début, je ne comprenais pas trop, c'était quelque chose qui venait vraiment de l'intérieur.
02:23Assez rapidement, quand vous arrivez à la période de l'adolescence où il y a la sexualité qui commence à
02:28se manifester,
02:29je me suis dit, bon, c'est un fantasme comme un autre, c'est pas du fétichisme, mais c'est
02:33un travestissement.
02:36Mais plus le temps passe, plus ce côté sexuel s'efface et en fait c'est quelque chose qui est
02:43profondément en vous
02:45et qui vous envahit petit à petit.
02:48En dehors de ce trouble qu'elle perçoit très fort mais n'identifie pas encore,
02:53Emma, qui est alors un jeune homme, mène un début de vie d'adulte plutôt classique.
02:58À vrai dire, quand j'étais jeune, je n'avais pas beaucoup d'idées, je ne savais pas trop quoi
03:02faire,
03:02je n'étais pas doué en maths, alors vraiment, c'était une catastrophe même.
03:05J'ai eu le bac, je me suis inscrit dans une fac de droit dans laquelle j'ai surtout fréquenté
03:10la cafétéria plus qu'autre chose.
03:13Donc j'ai traîné deux ans dans une fac de droit pour rien, puis après j'ai pris un petit
03:17boulot,
03:19j'installais, je livrais des chaînes ici, j'ai fait ça pendant deux ans,
03:23puis un jour je me suis dit, bon, allez, je ne vais pas faire ça toute ma vie quand même.
03:25J'ai trouvé un boulot dans lequel je suis resté pendant 36 ans, grossi sans métal électrique,
03:31j'ai été employé, puis ensuite j'ai racheté des parts au fondateur de la boîte,
03:35après ça a fait boulot de neige et ça a plutôt bien fonctionné.
03:38Est-ce que vous pouvez me raconter comment vous avez rencontré votre femme, à quel âge ?
03:42Alors ma femme, j'ai rencontré, on s'est croisés dans une soirée, on avait 16-17 ans,
03:47je n'ai pas trop fait attention sur le moment, puis on s'est recroisé,
03:50et puis là c'est parti, c'était l'amour fou, on s'est mariés assez rapidement, en fait deux
03:57ans après,
03:58et puis quelques années après, on a commencé à avoir des enfants.
04:03Dans la famille qu'ont fondée Emma et sa femme, tout va bien.
04:06Emma est chef d'entreprise, sa femme professeure de danse,
04:09la famille est unie, les parents s'aiment, les trois enfants grandissent sereinement.
04:14Emma se travestit de temps en temps, dans son coin, quand personne n'est là.
04:19Elle achète des habits de femme, les porte, puis elle a honte et les jette.
04:24C'est son rituel, son secret, et pendant un temps, elle s'en accommode.
04:31Jusqu'à mes 40 ans, ça a été à peu près, d'abord en plus j'étais très occupé par
04:35le travail,
04:35et puis à la quarantaine, l'entreprise a commencé à se porter un peu mieux,
04:41je commençais à pouvoir avoir quelques moments de liberté,
04:43ce n'était pas énorme, mais c'était...
04:45Et puis ensuite, alors là, ça m'a repris fortement,
04:48puis là j'ai arrêté de jeter, parce que je me suis dit que ça coûte cher, c'est idiot.
04:52Et puis j'ai eu une longue, longue période de travestissement, évidemment.
04:56J'en parlais strictement à personne, même ma femme n'était pas au courant,
04:59personne n'était au courant.
05:01Pendant toutes ces années, Emma cache dans des locaux de son entreprise
05:05tous les vêtements et les accessoires féminins qu'elle accumule.
05:08Dès que sa femme part avec leurs enfants pour les vacances scolaires,
05:12elle ramène tout à la maison et s'autorise à être elle-même.
05:16Donc là, j'en profitais évidemment pour me changer, je ne dormais pas beaucoup,
05:20mais je rangeais tout en panique, je remettais tout à sa place,
05:25je refaisais les retours au boulot pour replanquer les affaires.
05:28En fait, c'est quand même une vie complètement dingue.
05:32En fait, je trouve que j'aime bien insister sur cette partie de la vie,
05:37parce que souvent les trans n'aiment pas trop en parler,
05:40parce que d'abord, ce n'est pas un très bon souvenir,
05:42alors que moi, je préfère parler du passé, je préfère dire qui j'étais.
05:47C'est important pour moi.
05:50Oui, je n'ai pas eu une vie de femme jusqu'à maintenant,
05:53j'ai eu une vie d'homme, pas complètement satisfaisante,
05:58mais pas malheureuse non plus.
06:01Au début des années 2000, grâce à l'accès à Internet,
06:06Emma réalise que d'autres aussi semblent mener une double vie.
06:09À peu près à ce moment-là, et profitant toujours de l'absence de sa famille,
06:13elle commence à sortir dehors, avec ses vêtements de femme,
06:17son maquillage et ses bijoux.
06:19D'abord dans la rue, la nuit, juste quelques minutes,
06:23juste pour voir, puis un peu plus loin, puis le jour.
06:30Je me mettais des challenges,
06:33il fallait qu'à chaque fois, j'aille un tout petit peu plus loin,
06:36j'y arrivais souvent, j'y arrivais pas.
06:38J'étais vraiment prise par la peur,
06:40la peur qu'on me calcule, qu'on sache qui j'étais vraiment.
06:44C'est arrivé qu'il y ait des sorties avortées,
06:47je sors, quelqu'un me regarde de travers,
06:49et hop, je rentre immédiatement.
06:51Je n'osais pas me mettre les pieds dans un magasin,
06:53je n'osais pas, j'étais muette comme une carpe,
06:56je n'osais pas parler, je n'osais pas m'exprimer.
06:58C'est très frustrant, en fait.
07:00On a passé deux heures dehors,
07:02et puis on revient, puis on se démaquille,
07:06et on reprend l'apparence masculine.
07:09Et puis ça, ce moment-là est particulièrement frustrant.
07:13On se dit, mais pourquoi je n'ai pas le droit d'exister en étant moi-même ?
07:17On se pose des questions pendant des années,
07:19savoir, je me disais, qu'est-ce qui te ferait le plus plaisir dans la vie ?
07:22Qu'est-ce qui te rendrait le plus de bonheur ?
07:26En fait, c'était d'être moi-même, c'était d'être une femme.
07:29En 2005, alors que le rituel d'Emma est bien rodé,
07:32elle fait une erreur, et sa femme s'en aperçoit.
07:35Elle revenait de vacances, donc j'avais tout rangé,
07:37sauf un produit, j'avais oublié, un flacon de démaquillant
07:40dans la salle de bain, qui n'était pas du tout de la marque qu'elle utilise.
07:44Donc là, le soir, elle me dit, c'est à qui ce flacon de démaquillant ?
07:48Elle pensait que j'avais une maîtresse qui était venue,
07:50enfin voilà, qui avait oublié.
07:52Et puis là, je lui dis, non, c'est à moi.
07:53Et là, j'ai déballé mon histoire.
07:56Elle était surprise, elle m'a plutôt bien accueilli.
07:59Et curieusement, je ne sais pas pourquoi,
08:01je n'ai pas su lui faire confiance à ce moment-là.
08:03On s'est renfermés dans un silence après,
08:05pendant 3-4 ans à peu près.
08:07Et puis, il y a un moment, je lui dis, non, c'est idiot quand même.
08:10Elle sait quelque chose de moi.
08:12Elle tolérait en fait ces travestissements occasionnels
08:14qu'elle ne voyait pas,
08:15parce qu'au départ, elle ne voulait même pas voir de photos de moi.
08:18Et puis, j'ai un petit peu forcé quand même pour qu'elle accepte.
08:22Puis un jour, elle a fini par accepter au moins déjà de voir mes photos.
08:26Et puis un jour, elle m'a dit,
08:28bon, viens, on sort ensemble.
08:29Je ne sais plus, on était en Belgique ou à Amsterdam.
08:32Elle voulait que ce soit à l'étranger, dans un endroit neutre,
08:34où a priori, on ne risquait pas de croiser quelqu'un qu'on connaissait.
08:37Bon, ce n'était pas très souvent.
08:38C'était aller 2-3 fois par an, un grand maximum.
08:42Mais ça m'a aidé aussi à mieux m'accepter également.
08:47En 2009, Emma décide de passer une étape
08:50en s'offrant une épilation définitive des jambes.
08:53Cela lui fait plaisir, d'autant que personne ne le remarquera.
08:57Pour autant, à ce moment-là,
08:59il n'est pas question pour elle de transition.
09:01Elle n'imagine pas que par la suite,
09:03elle pourra aller plus loin.
09:05Et ce n'est pas par ce terme
09:06qu'elle définit ce qu'elle est en train de vivre.
09:12Moi, je ne me rendais pas compte dans quelle direction j'allais.
09:15Donc, j'ai commencé à toucher à mon corps.
09:19Alors, l'épilation, ce n'est pas trop méchant,
09:20parce qu'on commence par les jambes, le corps.
09:21C'est des choses qui ne se voient pas tous les jours.
09:25Et puis, je me suis occupé, surtout après, en 2015,
09:31j'ai commencé à attaquer l'épilation du visage,
09:35qui est le plus important, parce que c'est ce qu'on voit.
09:37Et puis, pendant deux années,
09:40tout se passait pas trop mal, on va dire.
09:42Et puis, en 2017, je me souviens d'une sortie
09:44que s'était bien passée.
09:44Il n'y avait pas eu de soucis particuliers.
09:46Mais en rentrant, j'ai eu un ras-le-bol.
09:48Il y a eu, c'était, je ne sais pas comment l'expliquer,
09:52je n'en sais rien, mais j'en ai eu marre
09:54de ne pas être libre d'être moi-même.
09:56J'ai dit, ça suffit, ma vie m'appartient,
09:57mon corps m'appartient.
09:59Et puis, là, j'ai pris mon courage à deux mains.
10:02J'ai appelé une endocrinologue, une psy également.
10:06Et puis, voilà, la transition a réellement démarré en 2017.
10:19Emma en parle à sa femme
10:20et elle entame son traitement hormonal en juin 2017.
10:23Les bouleversements ne sont pas immédiats,
10:25ce qui lui laisse encore un peu de temps
10:27avant de l'annoncer au reste de son entourage.
10:29Mais début 2018, elle doit se lancer.
10:32Sur la totalité des gens à qui je devais faire l'annonce,
10:35je devais avoir au moins une centaine de personnes.
10:37C'est lourd.
10:40En fait, on est prêts à tout.
10:42Qu'on soit trans, homme ou femme, ça ne change rien.
10:45On est prêts à tout perdre.
10:47Et ce n'est pas que ça nous fasse plaisir,
10:49mais on est prêts à tout perdre pour vivre, enfin, pleinement.
10:52Et ça, c'est vrai que c'est quelque chose
10:53que les gens ne comprennent pas.
10:54Moi, j'ai attendu 60 ans pour vivre ma vie.
10:57Donc, je ne pense pas que je sois égoïste.
10:58Mais il y a un moment, une fois qu'on a compris qui on était,
11:02on ne veut faire qu'une chose, c'est le vivre.
11:04Les premiers à qui elle en parle, après sa femme,
11:07sont ses enfants, désormais adultes.
11:10Et comme attendus, dans un premier temps,
11:12ils ne réagissent pas très bien.
11:15Il y a d'abord un rejet, quand même, dans un premier temps.
11:19Ils ne voulaient pas entendre parler de ça.
11:22Ma femme m'a beaucoup aidé pour faire avancer l'acceptation.
11:25Puis j'y étais progressivement.
11:27C'est-à-dire que je me suis montré petit à petit.
11:28D'abord, en fait, j'ai fait ça dans une période
11:30où j'étais encore dans une période entre deux
11:31où je partais travailler.
11:34C'était un monsieur qui partait travailler.
11:37Et puis, le week-end, pendant les vacances,
11:40je profitais quand même de ces moments de liberté
11:43pour être moi-même.
11:45Mais j'y étais tout en douceur.
11:46Vraiment, j'ai fait le maximum pour ne pas trop les heurter.
11:50Mais en fait, quelle que soit la méthode qu'on utilise,
11:52de toute façon, ça crée une onde de choc qui est forte.
11:56C'est difficile quand même à gérer cette partie-là.
12:00Une fois son coming-out fait auprès de sa famille et de ses amis,
12:03Emma doit aussi en informer son personnel.
12:05Mais elle renonce.
12:07La transition est quand même une période très difficile.
12:09Elle l'annonçait à sa famille, à ses amis.
12:11Il y a des familles nombreuses des deux côtés.
12:13C'était déjà très long.
12:16Se taper tout le personnel
12:17et pour se sentir complètement discrédité,
12:20parce qu'en fait, on va perdre son pouvoir.
12:23Je n'avais pas envie non plus de faire prendre un risque à la boîte
12:26quelconque, parce qu'on allait dire
12:27« Ah, c'est la boîte de l'autre traflot ».
12:29En général, les termes sont crus.
12:32Donc, je n'ai pas voulu prendre ce risque.
12:34Je ne pense pas m'être trompé, d'ailleurs.
12:35Je pense qu'il valait mieux que je parte.
12:38Emma quitte donc son entreprise sans regret.
12:41Le lendemain, elle se débarrasse de tous ses habits masculins.
12:44Ah, ça, c'est un plaisir particulier.
12:49C'est symbolique, évidemment,
12:51mais ça fait du bien de se dire « ça y est, c'est fini ».
12:55C'est terminé.
12:56La période d'avant, ciao.
12:59Immédiatement, elle se lance dans un nouveau projet,
13:01celui du restaurant qu'elle veut ouvrir avec Tara Wells,
13:04une autre femme transgenre devenue son associée.
13:07En juin 2020, c'est chose faite.
13:09L'établissement s'appelle « Oké Latin »
13:11et il est dans le 6e arrondissement de Paris,
13:14à quelques pas de la cathédrale Notre-Dame.
13:17Il n'y a pas que des trans.
13:19D'ailleurs, notre clientèle aujourd'hui,
13:21elle est composée approximativement,
13:24et pour l'instant, la fréquentation, c'est 30% de la clientèle.
13:26On est dans un quartier touristique,
13:28donc le quartier Saint-Michel, c'est quand même très touristique.
13:31En temps normal, évidemment, là,
13:32les touristes, ils manquent un peu pour l'instant,
13:34mais nous, notre but, justement,
13:36c'est de donner une visibilité du monde trans
13:40et qu'il n'y a pas de raison de se faire un monde de ce que nous sommes.
13:45Entre-temps, Emma a pu bénéficier d'une vaginoplastie
13:48et en février dernier, son prénom a officiellement changé.
13:52Désormais, elle attend la modification de genre à l'état civil,
13:56qui devrait intervenir dans quelques semaines.
13:58Elle aura alors un nouveau numéro de sécurité sociale,
14:01qui, comme pour toutes les femmes, commencera par le chiffre 2.
14:04L'année dernière, Emma a reçu sur Facebook
14:07un message d'un collaborateur d'Olivier Delacroix,
14:10qui anime sur France 5 l'émission
14:11« Ils font bouger les lignes ».
14:13On lui a proposé de participer à une émission sur la transidentité
14:16et elle a accepté.
14:19Je l'ai fait parce qu'en fait,
14:20j'avais regardé beaucoup d'émissions du même type,
14:24j'avais lu beaucoup de bouquins et ça m'avait aidé.
14:26Je me suis dit, maintenant, c'est à ton tour
14:28d'amener ta petite pierre à l'édifice
14:32et que si ça peut aider les autres,
14:35même si c'est qu'un petit nom, ça devient pas mal.
14:38Emma est de cette génération où personne n'abordait le sujet de la transidentité.
14:43Pourtant, dès l'âge de 8 ans,
14:45elle réalise qu'elle est en réalité une fille.
14:47Parce qu'elle a honte de ce qu'elle ressent,
14:49elle commence à emprunter les vêtements de sa mère
14:52pour se travestir en cachette.
14:53L'émission, tournée en septembre dernier,
14:56est donc parue mardi 11 mai,
14:57dans un contexte particulier pour Emma,
15:00puisque son père n'était toujours pas au courant
15:02de son changement de genre.
15:03Pour les parents, dans une transition,
15:05c'est la partie la plus difficile pour les trans,
15:08encore pire que les enfants.
15:10C'est très compliqué pour eux d'accepter
15:13que leur fils devienne une femme.
15:16C'est très compliqué.
15:18C'est une partie douloureuse.
15:19Mais en même temps, on ne peut pas y échapper éternellement.
15:21Il y a un moment, on est obligé de...
15:23Je ne vais pas me cacher toute ma vie.
15:25Je n'ai pas été à un mariage d'une de mes nièces à cause de ça.
15:29J'avais le prétexte du restaurant,
15:31mais je ne peux pas échapper à ce que je suis.
15:37Claudia, est-ce qu'Emma vit toujours avec sa femme dont elle parle ?
15:40Oui, Emma vit toujours avec sa femme.
15:42Elles sont très amoureuses, très heureuses.
15:45Et sa femme a été d'un très grand soutien pour Emma
15:47tout au long de sa transition.
15:48On imagine qu'elle est heureuse de reprendre le travail
15:50dans son restaurant avec la réouverture des terrasses.
15:53Elle est très, très heureuse, oui.
15:55Alors, comme tous les restaurateurs,
15:56elle n'a pas beaucoup de chance avec la météo.
15:59Mais voilà, elle espère qu'il y aura quand même des clients.
16:02Ça devrait être le cas.
16:03Et elle espère surtout que bientôt,
16:04elle pourra rouvrir l'intérieur de son restaurant à tout le monde.
16:08Une dernière question, Claudia.
16:09Dans ton reportage, tu utilises dès le départ
16:11le prénom qu'elle a choisi, Emma,
16:13et le pronom elle, même pour raconter son enfance.
16:16Et ce n'est pas un hasard ?
16:17En effet, ce n'est pas par hasard.
16:18Il y a une association qui s'appelle l'AJL.
16:20C'est l'association des journalistes lesbiennes,
16:23gays, bi, trans et intersexes.
16:25Cette association, elle a publié un kit
16:27qui s'appelle Informer sans discriminer.
16:29Dans ce kit, on retrouve un chapitre
16:31intitulé Respecter les personnes trans.
16:33Et dedans, il y est expliqué
16:35que nous devons respecter le genre
16:36dans lequel la personne interviewée
16:38ou la personne dont on parle se définit.
16:40Et que même pour parler du passé,
16:42on utilise le prénom actuel de la personne,
16:45donc Emma,
16:45et le bon pronom, donc elle.
16:48Merci Claudia Prolongeau
16:50et merci à Marion Krempe pour son aide.
16:52Cet épisode a été produit par Thibaut Lambert,
16:55Ambre Rosala et Salomé Robles.
16:57Réalisation, Julien Moncouquiol.
16:59Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
17:02disponible chaque soir du lundi au vendredi.
17:04Pour ne rater aucun épisode,
17:06abonnez-vous sur Apple Podcast,
17:08Google Podcast ou encore Podcast Addict.
17:09N'hésitez pas à nous écrire
17:11codesource at leparisien.fr
17:14et puis si vous aimez Code Source,
17:16dites-le nous en laissant des petites étoiles
17:18ou un commentaire sur votre appli préférée.
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