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À l’automne 1984, en l’espace d’un mois, huit femmes âgées sont assassinées à leur domicile, pour la plupart dans le 18ème arrondissement de Paris. Dans les mois qui suivent, celui que l’on surnomme le « tueur de vieilles dames » frappe à nouveau. Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

#crime #ThierryPaulin

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Transcription
00:01Vous écoutez Crime Story, l'affaire du tueur de vieilles dames, deuxième et dernier épisode.
00:11Entre l'automne 1984 et l'été 1985, 16 vieilles dames sont sauvagement agressées et tuées chez elles, dans leurs
00:19appartements parisiens.
00:21Principalement concentrées dans le 18e arrondissement de Paris, ces attaques terrorisent la population.
00:26Au point que des policiers mettent en place des patrouilles de surveillance spéciales.
00:30Mais l'enquête n'avance pas et rien ne permet d'identifier des suspects.
00:34A partir de juin 1986, les meurtres s'arrêtent, avant de reprendre à l'automne 1987.
00:45Le mercredi 25 novembre 1987, un nouveau meurtre a lieu, celui de Rachel Cohen.
00:52Cette femme de 79 ans est tuée chez elle, rue du Château d'Eau, dans le 10e arrondissement.
00:59Le même jour, à environ 1 km, Berthe Finaltteri est violemment agressée, rue d'Alsace où elle habite.
01:06Mais elle est secourue et survit.
01:09Deux jours plus tard, Geneviève Germont, 73 ans, est étranglée dans son appartement du 22 rue Caille.
01:16Grâce au témoignage de Berthe Finaltteri et d'un de ses voisins qui a croisé un homme dans la cage
01:21d'escalier,
01:22les enquêteurs ont une description précise de l'agresseur.
01:25Il mesure environ 1m80, à une vingtaine d'années.
01:29Il est métisse, avec des cheveux crépus teints en blond platine.
01:33Et il porte un anneau à l'oreille gauche.
01:35Le samedi 28 novembre, cette description et un portrait robot sont transmis à toutes les polices de Paris.
01:42Trois jours plus tard, le mardi 1er décembre, le commissaire du 10e arrondissement, Francis Jacob,
01:48discute avec des commerçants du quartier.
01:50Il arpente les rues, le portrait robot dans la poche,
01:53quand soudain, rue du Faubourg-Saint-Denis,
01:56il croise un homme qui ressemble énormément au dessin de l'homme recherché.
02:00Il est métisse, à l'allure sportive et des cheveux blonds décolorés.
02:05Le commissaire s'avance vers lui et lui demande ses papiers.
02:09Le visage de la photo sur la carte d'identité n'est pas le sien.
02:13Il emmène donc l'homme au commissariat pour une simple vérification.
02:17Dans les locaux de la police, ses empreintes sont prélevées.
02:20Et elles correspondent avec celles retrouvées sur les scènes de crime.
02:24Le tueur de vieille dame a enfin un nom, Thierry Paulin.
02:28Et grâce au témoignage de Berthe Finaltéry
02:30et au flair du commissaire Francis Jacob,
02:32il est neutralisé.
02:36Au commissariat du 10e arrondissement,
02:38le commissaire Jacob a suivi toute l'affaire.
02:41Hier après-midi, à quelques pas de là,
02:43il rencontre un homme qui correspond exactement au signalement diffusé.
02:47Arrestation immédiate, sans aucune difficulté.
02:50Sa réaction a été un petit peu surprenante.
02:52Il a été vraiment dérouté.
02:54Il n'a pas réagi.
02:56Ça s'est passé très calmement.
02:58Il n'a pas cherché à fuir.
03:01Bon, je me méfie un petit peu.
03:03Mais il n'a pas cherché à fuir.
03:05Et il m'a accompagné jusqu'au commissariat.
03:08Où, à ce moment-là,
03:10il a demandé ce qui se passait,
03:13désirant voir un avocat immédiatement.
03:17Damien Delsenis, Thierry Paulin,
03:19aurait pu être coincé, en fait, beaucoup plus tôt.
03:21Oui, parce qu'on va apprendre
03:22que les empreintes digitales de Paulin,
03:25elles avaient été archivées par la police de Toulouse.
03:29dès 1982.
03:31Ça veut dire que de nombreuses victimes
03:33auraient pu être épargnées
03:33parce que je se souviens que sur la première scène de crime,
03:36on trouve l'empreinte.
03:37On sait être celle de Paulin, maintenant, sur le miroir.
03:40Mais qu'à l'époque, il n'y a pas d'informatique.
03:42Il n'y a pas de réseau.
03:44On n'est pas en réseau entre les commissariats.
03:46Et que les empreintes qui sont rangées
03:48dans un tiroir à Toulouse,
03:50elles ne peuvent pas être consultées
03:51par les policiers de Paris.
03:53Donc, ça paraît aujourd'hui totalement fou,
03:55totalement improbable.
03:56Mais à l'époque, c'est comme ça que ça marche.
03:57Et ça va amener, ce trou énorme dans la raquette
04:00qui n'a pas permis d'identifier Paulin avant,
04:02ça va amener les policiers à réfléchir
04:03et l'État à réfléchir à la création,
04:06avec les progrès évidemment techniques de l'informatique,
04:08d'un fichier national automatisé
04:10des empreintes digitales,
04:12le fameux FNAED,
04:12qui existe toujours aujourd'hui.
04:14Il y a le FNAED qui fait les empreintes génétiques
04:15et le FNAED qui fait les empreintes digitales.
04:17Et ce fichier qui n'existait pas à l'époque,
04:19c'est quelque part l'affaire Paulin
04:21qui va permettre de le créer.
04:23Qu'est-ce qu'on sait du parcours
04:24de cet homme Thierry Paulin ?
04:26Alors au moment où il est interpellé et identifié,
04:28il vient tout juste d'avoir 24 ans.
04:31Ce qu'on sait de lui,
04:32c'est qu'il est originaire de Fort-de-France,
04:33il est né en Martinique.
04:35Alors là-bas, il a été élevé
04:36par sa grand-mère paternelle
04:37parce que son père était parti s'installer
04:39en métropole deux jours après sa naissance.
04:42Et que sa mère, qui avait 16 ans à l'époque,
04:44elle était très jeune
04:44quand elle a accouché de Thierry Paulin,
04:46ne s'est plus occupée de lui,
04:48il a en quelque sorte abandonné
04:50lorsqu'il avait 18 mois.
04:51Puis à l'âge de 10 ans,
04:53son père va le faire venir à Toulouse
04:55où il vit toujours à l'époque.
04:57Et donc là, Thierry Paulin,
04:59il s'installe à Toulouse avec son père.
05:00Il est jeune, il va échouer à plusieurs CAP.
05:03Et puis il va émettre le souhait
05:04de s'engager dans l'armée.
05:06Il a 17 ans,
05:07mais là, à ce moment-là,
05:09il découvre aussi quelque part
05:10son homosexualité.
05:11On est fin des années 70,
05:13au tout début des années 80.
05:15L'homosexualité,
05:16c'est encore un sujet assez tabou en France.
05:17Donc il va être pas mal victime
05:19de moqueries et de pressions
05:21à cause de ça.
05:22Et ça va être une de ses difficultés
05:24d'adolescence et de fin d'adolescence.
05:26Il est installé dans la capitale
05:28au moment de son arrestation.
05:30Et c'est un habitué
05:31de la vie nocturne parisienne.
05:32Oui, alors il fait des petits boulots
05:34par intermittence.
05:35Il va se mettre à travailler
05:35dans des cabarets,
05:36notamment la nuit.
05:38Il va vivre beaucoup,
05:39beaucoup la nuit.
05:40Et il est réputé
05:41pour être assez flambeur
05:42pour dépenser pas mal d'argent.
05:44Donc il paye des taxis,
05:46des restaurants,
05:47des boîtes de nuit,
05:47des hôtels.
05:48On se demande à ce moment-là
05:49un peu d'ailleurs
05:50avec quel argent
05:50il peut financer tout ça.
05:51Mais enfin,
05:52oui, il a un espèce
05:53de train de vie
05:53très flamboyant.
05:55Alors qu'en réalité,
05:56bon voilà,
05:56il fait quelques prestations
05:57dans des cabarets la nuit.
05:58Mais c'est à peu près tout quoi.
06:00Et les policiers vont apprendre
06:01que dans cette vie
06:02un peu dissolue
06:03de Thierry Paulin,
06:04il y a un détail
06:05qui fait froid dans le dos.
06:06C'est que le 28 novembre,
06:07c'est-à-dire
06:08on est trois jours
06:10avant son interpellation,
06:11il fête son anniversaire
06:12et il invite 50 personnes
06:14dans un restaurant des Halles
06:16qui s'appelle le Tourtour.
06:17Et cette fête,
06:18elle est organisée
06:19alors qu'au cours
06:20des trois jours précédents,
06:22il vient de tuer
06:22trois vieilles dames.
06:24Thierry Paulin
06:24est placé en garde à vue
06:26à la brigade criminelle
06:27du 36 Quai des Orfèvres.
06:29Pendant 43 heures,
06:30il est interrogé.
06:32Oui, alors il va raconter
06:33un peu dans le désordre
06:35d'ailleurs
06:35les crimes
06:36qui lui sont reprochés.
06:37Il faut dire qu'il y en a tellement
06:38qu'il ne se souvient pas forcément
06:39de tous les détails.
06:40D'ailleurs,
06:40il mélange un peu parfois
06:42dans ses aveux
06:44un meurtre
06:45avec un autre.
06:46Il va confondre des dates,
06:47il va confondre des noms.
06:48Il n'y a aucun remord,
06:49aucune forme de remord
06:50dans le récit
06:51qu'il fait de ses faits.
06:52Ce qu'il va raconter,
06:54c'est qu'il repérait
06:55en fait
06:55ces vieilles dames
06:56au marché
06:56ou dans la rue.
06:57D'ailleurs,
06:57il y en a beaucoup
06:58qui ont été tuées
06:59au retour de marché
07:00avec leur sac de commission.
07:01Et puis,
07:02il les suivait
07:03jusque chez elles.
07:04Il engageait parfois
07:05la conversation
07:06pour un petit peu
07:08endormir leur méfiance
07:09et gagner un tout petit peu
07:10leur confiance.
07:11Et puis,
07:12une fois qu'elles étaient
07:13devant le pas de leur porte,
07:14la violence commençait.
07:16Il les poussait
07:17dans l'appartement,
07:17il les agressait.
07:18Il va reconnaître
07:19en tout
07:2021 meurtres.
07:22C'est d'ailleurs
07:22beaucoup plus
07:23que ce qui était comptabilisé
07:24par les policiers.
07:25Les magistrats
07:26vont estimer
07:27qu'il en a peut-être
07:28comme une trentaine,
07:29mais il faut faire ensuite
07:30des rapprochements
07:31avec d'autres faits.
07:32C'est un volume
07:34qui est vraiment
07:34encore une fois
07:35considérable.
07:36Il reste un mystère
07:37important à élucider.
07:39Est-ce que Thierry Paulin
07:40a un complice ?
07:41C'est le commandant
07:42de police,
07:42Bernard Létier,
07:43qui l'interroge
07:44à ce sujet
07:44et qui essaye
07:45de le faire craquer.
07:46Comment est-ce qu'il s'y prend ?
07:48Il va utiliser,
07:48vous savez,
07:49sur une des scènes de crime,
07:51on découvre
07:52que la victime
07:52a été contrainte
07:54d'ingérer
07:54du white spirit
07:55et qu'à l'époque,
07:56Bernard Létier,
07:57il ramasse
07:57cette bouteille
07:58de white spirit
07:59qui est restée
07:59dans l'appartement
08:00comme une sorte
08:00de pièce à conviction.
08:01Il la garde
08:02dans son bureau
08:03et ce jour-là,
08:04pendant l'audition
08:05de Thierry Paulin,
08:06il va faire quelque chose
08:07qui n'est pas tellement
08:07dans les normes.
08:08Il va sortir cette bouteille
08:10et il va la poser
08:11très violemment
08:11sur le bureau
08:12devant Thierry Paulin
08:13pour provoquer
08:14une sorte d'électrochoc
08:15chez Paulin
08:15parce que c'est
08:16l'abjection du crime
08:17de faire avaler
08:19un détergent
08:19à une vieille dame
08:20pour la tuer
08:21ou pour la faire parler
08:21pour lui faire avouer
08:22où sont ses économies.
08:24Et donc,
08:24comme il sent
08:24que Paulin bloque
08:25sur le complice,
08:26il va faire ce geste
08:27avec cette bouteille
08:28pour essayer
08:28de créer quelque chose
08:29chez Paulin
08:30et effectivement,
08:31ça fonctionne
08:32parce que Paulin
08:33va dire
08:33ah non,
08:34le white spirit,
08:35le détergent,
08:35c'est pas moi
08:35et il va donner
08:36le nom de
08:37Jean-Thierry Mathurin.
08:42Le lendemain
08:43de l'arrestation
08:43de Thierry Paulin,
08:45le mercredi 2 décembre,
08:46au petit matin,
08:48des policiers
08:48de la brigade criminelle
08:49arrivent silencieusement
08:51devant un immeuble
08:52du 14e arrondissement.
08:53C'est là
08:54que Jean-Thierry Mathurin,
08:5622 ans,
08:56habite depuis
08:57qu'il est hébergé
08:58par un homme
08:59qu'il a rencontré
08:59au cabaret
09:00du paradis latin
09:01où il travaille.
09:02Jean-Thierry Mathurin
09:03est interpellé
09:04et conduit à son tour
09:05à la brigade criminelle.
09:07Il avoue sa complicité
09:08pour les 8 meurtres
09:09connus
09:10à l'automne 1984.
09:12Le jeudi 3 décembre,
09:14Thierry Paulin
09:15est inculpé
09:16pour 18 assassinats
09:17et vol aggravé.
09:19Sur les 21 meurtres
09:20qu'il a spontanément déclarés,
09:223 ne semblent pas collés.
09:23Le procédé
09:24n'est pas le même,
09:25les victimes
09:25n'ont pas été étouffés
09:27mais tués à l'arme blanche.
09:28Jean-Thierry Mathurin,
09:30lui,
09:30est inculpé
09:31le lendemain
09:31pour 8 assassinats.
09:34Jean-Thierry Mathurin
09:35est originaire
09:36de Saint-Laurent-du-Maroni,
09:37en Guyane française.
09:39Chef de rang
09:39dans la restauration
09:40et transformiste
09:41à l'occasion
09:42dans des cabarets,
09:43il rencontre
09:44Thierry Paulin
09:44en 1983
09:45au paradis latin.
09:47Les deux hommes
09:48deviennent amants.
09:50Jean-Thierry Mathurin
09:51est le complice
09:51de Thierry Paulin
09:52sur la première série
09:53de meurtres
09:54commise à l'automne 1984.
09:56Quand la psychose
09:57s'empare des Parisiens
09:58et que les policiers
10:00se déploient en nombre
10:00dans le secteur
10:01du 18e arrondissement,
10:03les deux hommes
10:03partent quelque temps
10:04à Toulouse,
10:05chez le père
10:06de Thierry Paulin.
10:07C'est ce qui explique
10:08l'arrêt des meurtres
10:09pendant plusieurs mois.
10:10Là,
10:11ils se séparent
10:12et Jean-Thierry Mathurin
10:13rentre seul à Paris.
10:15En décembre 1985,
10:17Thierry Paulin
10:18revient lui aussi
10:18vivre dans la capitale
10:20et les meurtres reprennent.
10:24Damien,
10:25les meurtres
10:26s'étaient à nouveau
10:27arrêtés
10:27entre juillet 1986
10:29et novembre 1987.
10:32Maintenant que
10:33les deux meurtriers
10:33sont arrêtés,
10:34est-ce que l'on
10:35comprend mieux pourquoi ?
10:36Pour une raison toute simple.
10:37Thierry Paulin,
10:38pendant cette période,
10:39il est incarcéré
10:40à la prison de Fresnes
10:40en banlieue parisienne
10:41pour une affaire
10:42de stupéfiants.
10:43C'est assez fréquent
10:44chez les meurtriers
10:46ou les tueurs en série
10:47quand on découvre
10:48des trous dans le calendrier.
10:49Très souvent,
10:49ce trou dans le calendrier
10:50correspond à une incarcération,
10:52souvent pour d'autres choses
10:53d'ailleurs.
10:54Ça explique
10:56l'arrêt des séries
10:57ou la césure d'une série.
10:58Les enquêteurs
10:59organisent une confrontation
11:01entre les deux hommes
11:02pour en savoir un peu plus.
11:03Qu'est-ce qu'il se passe ?
11:05Ça ne se passe pas très bien.
11:06Les amis ne sont plus amis
11:07donc ils refusent
11:08de se parler.
11:09Mathurin,
11:09quand il parle de Paulin,
11:10il ne cite pas son nom,
11:11il dit l'autre.
11:12Paulin, lui,
11:12il est plutôt plus calme.
11:14On sent que Mathurin
11:14est un peu plus nerveux
11:15mais Paulin,
11:16il tente surtout
11:17de faire un peu
11:17porter le chapeau
11:18à Mathurin
11:19pour les choses
11:20les plus violentes,
11:21les plus abjectes
11:22de leurs crimes.
11:23Et puis toujours
11:23avec ce détachement
11:25de Paulin
11:25quand il est entendu
11:26qui est confirmé
11:27d'ailleurs par un de ses proches
11:29qui dira que quand
11:30il partait tuer
11:31des vieilles dames,
11:32alors évidemment
11:32ce proche ne savait pas
11:33ce qu'il allait faire
11:34mais il lui disait
11:34tu vas où ?
11:35Il disait je vais à la banque.
11:36Pour lui,
11:36aller à la banque,
11:37c'était aller tuer
11:37des vieilles dames
11:38et les détrousser
11:39de leurs maigres économies.
11:41Thierry Paulin
11:41est incarcéré
11:42à Fleury-Mérogis
11:43en Essonne.
11:44Il est placé
11:45à l'isolement.
11:46Comment est-ce qu'il se comporte ?
11:47Ce qui peut surprendre
11:48c'est qu'en prison
11:49il va presque se comporter
11:50comme à l'extérieur.
11:51En gros,
11:52il va essayer
11:52d'acheter,
11:52de cantiner
11:53comme on dit en prison,
11:54d'acheter des choses
11:55pour rendre le quotidien
11:56un peu moins compliqué.
11:57Et il va même
11:57emprunter de l'argent
11:58à ses proches,
11:59à sa famille
11:59pour financer
12:00son train de vie carcéral
12:02et qui,
12:02alors ça peut paraître
12:03complètement dingue
12:03mais il a toujours
12:04cette volonté
12:04de même en prison
12:06il faut qu'il brille un peu.
12:07Aujourd'hui,
12:08Thierry Paulin
12:09ça reste l'un des plus effrayants
12:11tueurs en série
12:11en France.
12:12Oui,
12:12c'est effrayant par le nombre.
12:14C'est une vingtaine de crimes.
12:16C'est effrayant
12:17parce qu'il s'est attaqué
12:18à des vieilles femmes seules.
12:21C'est effrayant
12:22parce qu'il a commis
12:23ses meurtres
12:23avec des violences extrêmes
12:25que ce soit au niveau
12:25des coups,
12:27le fait de faire boire
12:28du détergent.
12:29Les conditions
12:30des meurtres
12:30sont vraiment
12:31d'une extrême violence.
12:32Il y a évidemment
12:33comme beaucoup de tueurs
12:34en série
12:35une absence totale
12:36de remords,
12:37d'empathie,
12:37de recul
12:38sur ce qu'il a pu faire.
12:40Il avait cette particularité
12:41Thierry Paulin
12:41en plus de pouvoir
12:42commettre ses crimes
12:43presque en rafale
12:45c'est-à-dire
12:46même on l'a vu
12:47de commettre
12:48deux crimes
12:48dans la même journée
12:49ce qui est assez rare
12:50aussi en matière
12:51de tueurs en série.
12:55Le 10 mars 1989
12:58alors qu'il est incarcéré
12:59en attente
13:00de son jugement
13:01Thierry Paulin
13:01est extrait
13:02de sa cellule
13:02pour être transporté
13:03à l'hôtel Dieu.
13:05Malade du sida
13:06il tombe dans le coma.
13:07Le procès
13:08de Thierry Paulin
13:09n'en aura sans doute
13:09jamais lieu.
13:10Celui qui avait reconnu
13:11une vingtaine
13:11d'assassinats
13:12de vieille dame
13:12est aujourd'hui
13:13à l'hôpital
13:13dans un état
13:14désespéré.
13:16Soigné à l'aide
13:17d'antibiotiques
13:17pendant plusieurs semaines
13:18il est transféré
13:19à l'hôpital
13:20des prisons
13:20de Fresnes.
13:21Il y meurt
13:22dans la nuit
13:22du dimanche
13:23au lundi 16 avril
13:24sans avoir été jugé.
13:28Jean-Thierry Mathurin
13:29comparé devant
13:30la cour d'assises
13:31de Paris
13:31en décembre
13:331991.
13:34L'ignoble
13:35et le sordide
13:35aujourd'hui
13:36devant la cour d'assises
13:36de Paris
13:37Jean-Thierry Mathurin
13:38est jugé
13:38pour le meurtre
13:39de huit vieilles dames
13:40mais ce sera aussi
13:41le procès
13:41posthume
13:42de son complice
13:42Thierry Paulin.
13:45Dans la soirée
13:46du vendredi 20
13:46le verdict tombe
13:48il est condamné
13:49à la réclusion criminelle
13:51à perpétuité
13:52assorti d'une peine
13:53de sûreté
13:53de 18 ans.
13:55Le lundi 26 janvier 2009
13:56après 18 ans
13:58passés derrière
13:58les barreaux
13:59Jean-Thierry Mathurin
14:00sort de prison
14:01à 44 ans.
14:03Il n'a depuis
14:04plus fait parler de lui.
14:29Vous venez d'écouter
14:30Crime Story
14:31le podcast
14:32fait divers du Parisien
14:33avec à la production
14:35Thibault Lambert
14:36à la réalisation
14:37Julien Moncouquiole
14:38et à la rédaction
14:39en chef
14:40Jules Lavi.
14:41Si vous avez aimé
14:42cet épisode
14:43vous pouvez nous le dire
14:44avec des petites étoiles
14:45et nous laisser vos commentaires.
14:47Crime Story
14:48est un podcast
14:49raconté
14:49avec Damien Delsenis
14:51et à retrouver
14:52chaque samedi
14:52sur leparisien.fr
14:54et sur toutes
14:55les plateformes d'écoute.
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