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  • il y a 1 jour
Cette francilienne écrit des romances à succès en dehors de ces heures de bureau. En près d’une décennie, ses histoires publiées dans la collection Harlequin se sont vendues à plus d’un demi-million d’exemplaires. Elle livre son témoignage au micro de Clawdia Prolongeau.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Ambre Rosala, Clara Hage, Thibault Lambert et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian.

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La française Émilie Blaine, 39 ans, a une double vie.
00:16Le jour, elle travaille à la SNCF dans les ressources humaines.
00:19La nuit, elle écrit des romances.
00:21Elle est même une star de la collection Arlequin et elle a déjà vendu à ce jour un demi-million
00:26de livres.
00:27Émilie Blaine, dont le Parisien a déjà parlé plusieurs fois, a accepté de raconter son histoire à Claudia Prolongeau pour
00:33Codesource.
00:45Émilie m'accueille chez elle, en région parisienne, dans la maison qu'elle a enfin fini de faire construire avec
00:51son mari.
00:51Le jardin est toujours en travaux, mais justement, le paysagiste sonne à la porte.
00:57Elle trouve que ça fait très snob d'avoir un paysagiste, elle qui ne l'est vraiment pas du tout.
01:03Mais ça fait aussi un peu désuée. Et ça, c'est quelque chose qu'elle aime bien.
01:06Je suis une grande fan d'Agatha Christie. En fait, ce que j'aime, c'est le côté suranné des
01:11choses.
01:13Et Agatha Christie, pendant tout l'adolescent, je l'ai lue et il y avait un côté très mystérieux.
01:18Je trouve qu'il y a un truc qui est un peu magique quand même.
01:21Émilie Blaine a grandi dans le nord de la Bretagne, dans une petite ville à côté de Saint-Brieuc.
01:26Mon père était chauffeur-livreur et ma mère, elle travaille dans une usine, dans un abattoir précisément.
01:31Et vous avez des frères et sœurs ?
01:32J'ai un frère qui est plus petit. Et donc j'ai vécu là-bas pendant 17 ans.
01:37Après, j'ai émigré deux ans à Quimper pour faire mes études.
01:41Et après, je suis arrivée sur Paris pour faire mes études et ensuite travailler.
01:45Dans un premier temps, Émilie s'oriente vers le commerce.
01:48Parce que c'est ce que ses parents ont fait et c'est ce qu'ils lui conseillent de faire.
01:51Mes parents, c'est des gens extrêmement travailleurs, qui ont une vision très rationnelle des choses.
01:56Il faut avoir un salaire à la fin du mois.
01:58Et donc mes parents m'ont élevée là-dedans en disant que c'est important d'avoir un travail, d
02:01'être indépendant.
02:02Et pour avoir un travail, c'était surtout pas avoir un métier artistique.
02:05Donc du coup, cette partie-là, c'est pas du tout un sujet que j'ai exploré.
02:09Ça me venait même pas à l'idée pour moi tellement c'était farfelu.
02:13Donc voilà.
02:14Émilie commence par travailler dans la grande distribution, avant d'être embauchée par la SNCF.
02:19Elle fait des ressources humaines, un peu de recrutement, mais surtout de la gestion de carrière.
02:23C'est à peu près au moment où elle intègre cette nouvelle entreprise,
02:26qu'elle rencontre celui qui deviendra son mari, un militaire.
02:30On s'est rencontrées sur Internet.
02:32Et je crois que le lendemain, j'ai donné la clé de chez moi.
02:35Et au bout de deux mois, on s'est dit, c'est quand même petit mon studio,
02:37donc il va falloir qu'on trouve un appartement plus grand.
02:40Amoureuse et épanouie au travail,
02:42Émilie n'a pas de place pour l'écriture.
02:44D'ailleurs, ce n'est même pas une préoccupation,
02:46ou quelque chose qu'elle imagine comme une possibilité.
02:48On travaille la journée, le soir on se retrouve, on regarde un film.
02:51Il n'y a pas d'espace libre pour penser à ce genre de choses.
02:54Donc non, à cette époque, pas du tout.
02:55Mais un événement, fin 2008, va tout changer.
02:58Le déclic, ça a été mon congé maternité.
03:01La perspective d'être toute seule à la maison et de me sentir globalement assez inutile,
03:05quelques semaines avant l'accouchement.
03:07Ce qui est assez faux pour le coup, parce que ce n'est pas inutile quand on est enceinte.
03:11Mais j'avais cette sensation-là.
03:13Et le jour où je me suis retrouvée effectivement seule dans l'appartement,
03:16avec un mari qui travaille, et moi qui étais vraiment énormissime à attendre la date d'accouchement,
03:21ça a été une angoisse absolue de ne pas parler à quelqu'un.
03:27Et c'est à ce moment-là que je me suis dit que je vais trouver de quoi me distraire.
03:32Et du coup, je me suis dit que je vais lire.
03:33Et quand il a fallu trouver quelque chose à lire, je ne trouvais rien qui me branchait.
03:38Et donc je me suis dit que ce n'est pas grave, je vais écrire un truc qui me branche.
03:41Émilie veut écrire quelque chose de léger et d'optimiste.
03:44Sur un site internet dédié, elle se met à produire de la romance.
03:48Comme à l'époque, il n'en existe pas énormément,
03:50puisque ce genre sera popularisé par la sortie de 50 nuances de Grey,
03:54d'abord sur internet et ensuite en librairie.
03:57Alors j'ai commencé à écrire ce qu'on appelle de la fanfiction.
03:59On prend des personnages de romans ou de films et on leur donne une autre vie.
04:03C'est typiquement ce qu'a fait E.L. James avec Fifty Shadows Grey,
04:06quand elle a pris les personnages de Twilight.
04:07Donc je l'ai parfaitement imité la dame,
04:09et donc j'ai pris les personnages de Twilight et j'en ai fait quelque chose d'autre.
04:13Et donc j'ai partagé ça.
04:15Et là, les retours sont immédiats, parce qu'en fait, vous avez un compte,
04:18vous avez une section commentaire, et donc vous les voyez.
04:20Donc c'est très amusant, honnêtement.
04:22Pendant plus de deux ans, Émilie fait ça dans son coin,
04:25et il prend beaucoup de plaisir.
04:26Mais il est absolument hors de question d'en parler à quiconque.
04:30C'est et intime, et en même temps,
04:32quand vous n'êtes pas né, entre guillemets, dans un monde ultra artistique,
04:37c'est pas un truc, comment dire, dont vous faites publicité, quoi.
04:39Et donc à ce moment-là, vous n'en parlez pas non plus à votre mari ?
04:41Ah non, non, surtout pas !
04:43Non, non, surtout pas.
04:44C'est un truc vraiment intime, secret, sur lequel je ne veux pas de jugement de personne,
04:50qui ne regarde que moi et moi-même, finalement.
04:52Donc non, et c'est très bien comme ça, en fait.
04:54Vraiment.
04:55Quand elle retombe enceinte, en 2010,
04:58cette deuxième période lui apparaît comme une possibilité d'écrire encore plus.
05:01Elle prend un congé parental, en plus du congé maternité,
05:04et comme ses deux enfants dorment bien et beaucoup, elle continue.
05:08Fin 2012, une de ses amies, qui était à l'origine une de ses lectrices sur le site,
05:13l'encourage à envoyer un texte,
05:15à un concours d'écriture organisé par la maison d'édition Arlequin.
05:18Émilie refuse, mais son amie insiste.
05:22Je lui ai dit, écoute, je vais le faire, je vais me planter.
05:26Et donc, comme ça, le sujet sera clos,
05:28parce que ça faisait déjà plusieurs fois qu'elle me lançait sur le sujet,
05:30et qu'elle estimait que, etc.
05:32J'ai envoyé un texte pas abouti, en plus très court,
05:35qui n'est pas un format qui me convient très bien.
05:37Et j'ai envoyé ça, mais genre deux jours avant la deadline.
05:40Et puis, j'ai oublié cette histoire, mais vraiment oublié.
05:44Une fois que c'était envoyé, pour moi, ma mission était faite, j'ai oublié.
05:48Et puis, quelques mois plus tard, en février ou mars, je crois,
05:52c'est Arlequin qui m'a fait un mail pour me dire,
05:54« Félicitations, vous êtes shortlisté. »
05:56J'ai fait, et zut, c'était pas du tout le plan.
05:59Et donc, ils avaient fait une shortlist à dix personnes.
06:01Et puis, une semaine après, ils m'appellent,
06:03« Bon, en fait, c'est dans les cinq gagnants. »
06:06On est content d'avoir gagné, parce qu'on est toujours content d'avoir gagné.
06:09Mais en même temps, je ne savais pas trop où je mettais les pieds.
06:12Et puis là, la machine s'est un peu emballée.
06:13« On vous parle de contrat d'édition, on vous parle d'administratif. »
06:18Et là, je me suis dit, zut, il va falloir que je le dise.
06:21À l'époque, on avait un compte commun avec mon mari.
06:22On l'a toujours, d'ailleurs.
06:24Donc, je me suis dit, quand il va voir l'argent arriver,
06:26même si ce n'était pas une somme énorme,
06:27il va quand même se demander d'où ça vient.
06:29Émilie choisit un soir devant le JT quand les enfants sont couchés.
06:32C'est l'époque du début de la vague de 50 nuances degrés.
06:35Et un reportage vient de passer sur le sujet.
06:37Il me dit, tu vas faire comme la fille de 50 nuances degrés.
06:40Et je me suis dit, j'aimerais bien, ce serait cool d'avoir une telle réussite.
06:44Et à la fois, je me suis dit, non, en même temps,
06:46je n'ai pas très envie d'être auteur à plein temps.
06:48Ce n'est pas du tout mon histoire.
06:50La nouvelle éditrice d'Émilie lui demande alors d'envoyer d'autres textes.
06:54Elle en tire un de ses tiroirs, persuadée qu'il est beaucoup trop long.
06:57Mais une semaine plus tard, son éditrice la rappelle
07:00en lui disant qu'il va être publié.
07:02Cela donnera Dear You, une série de trois tomes
07:05qui sera vendue à des dizaines de milliers d'exemplaires.
07:09Là, je commençais à me dire, quand même, ça va vite.
07:13Enfin, voilà, il y avait un côté un peu, pas précipité,
07:16mais j'avais la sensation d'être un peu poussée par le truc.
07:19Le truc me dépassait un peu, en fait.
07:21Mais ce sont les débuts de la romance en France.
07:23Et même si Émilie connaît un certain succès,
07:25elle n'est pas du tout sûre que cela dure.
07:27Sauf que c'est le cas.
07:29Au bout de quelques temps, Arlequin,
07:31qui a été racheté par HarperCollins,
07:33met à la disposition d'Émilie Blaine une attachée de presse
07:36qui, très vite, lui annonce qu'elle va donner une interview à Ouest-France
07:39puisqu'elle est originaire de Bretagne.
07:41Au début, ça devait être dans l'édition du soir,
07:44qui était une édition numérique.
07:45Et je dis, OK, pas de souci.
07:46Et donc, on y va, on fait le truc.
07:48Ça dure une après-midi, je me rappelle, un vendredi,
07:50on fait le truc à Rennes, là, dans leurs locaux.
07:53Et puis, à la fin de l'entretien,
07:54le rédacteur en chef vient nous voir et il dit,
07:56bon, en fait, on va faire la dernière page de demain, dans le journal.
08:00Et là, je me suis liquéfiée sur ma chaise en disant,
08:03mais il y aura ma photo ? Oui, oui.
08:06Énorme problème pour Émilie.
08:07Elle est publiée depuis un peu plus de deux ans
08:09et ses parents ne sont toujours pas au courant.
08:12Impossible de quitter la région sans les avoir prévenus avant.
08:15Elle change ses plans,
08:16décide d'aller les voir en sortant d'Ouest-France
08:18et prend le train jusqu'à Saint-Brieuc.
08:20Je me suis dit, il faut faire la technique du pansement,
08:22il faut le dire tout de suite.
08:24Et donc, arrivé à la gare,
08:26mon père vient me chercher et arrive dans la voiture,
08:29il me dit, alors, comment s'est passé ta journée ?
08:31Je dis, ben voilà, j'ai fait ci, j'ai fait ça,
08:33puis j'étais chez l'Ouest-France.
08:34Il me fait, ah bon ? Mais pour le travail ?
08:37Je dis, oui, si on veut.
08:40Je tremblais dans la voiture.
08:41C'est ridicule de se dire qu'on ne peut pas parler à ses parents
08:43de manière détendue et calme.
08:46En plus, de sujets plutôt fêtes.
08:48Je lui annonce pas que j'ai une maladie,
08:49un truc terrible, quoi.
08:52Et donc, il me dit, ah bon, pourquoi ?
08:54Et donc, je lui dis, ben voilà, en fait,
08:55il faut que je te dise, depuis quelques temps,
08:58j'écris des livres et ça marche plutôt bien.
09:01Et du coup, j'ai fait une interview pour Ouest-France
09:03et ça sort demain dans le journal.
09:06Il me regarde, il me fait, d'accord,
09:08tu vas pas quitter ton travail, hein.
09:10J'ai dit, non, non, non, t'inquiète pas, ah, voilà.
09:12Et puis voilà, puis silence radio.
09:14Et puis, donc, le chemin juste qu'à la maison,
09:15il y a 20 minutes en voiture.
09:16Je lui dis, c'est un peu long 20 minutes dans la voiture
09:17quand il y a un silence comme ça.
09:19Et donc, ma mère rentrait tard le soir
09:20et à peine elle a franchi la porte
09:22que mon père a bondi de son fauteuil
09:24et dit, t'as chier, il y a quelque chose à te dire.
09:29J'ai dit, bon, ben voilà, je te préviens
09:31que demain, tu verras ma tête dans Ouest-France
09:34parce que ceci, ceci, cela.
09:35Et je pense qu'elle a bugué, en fait.
09:37Il y a eu un blanc, quoi.
09:38Elle me dit, ah oui, mais tu vas pas quitter ton travail, quand même.
09:41Mais en même temps, c'est légitime
09:42que les parents s'inquiètent de ça.
09:43Enfin, c'est-à-dire, c'était plutôt touchant et tout.
09:45Et je dis, non, je ne vais pas quitter mon travail, maman.
09:47Je fais ça en même temps.
09:48Ah d'accord, très bien.
09:50Et donc, pareil, là, silence radio, quoi.
09:52Et donc, le lendemain, ils sont allés acheter le journal.
09:54Ce qui est leur habitude, pour le coup.
09:56Ils l'ont pas acheté exprès.
09:56Ils ont l'habitude d'acheter le journal.
09:58Et donc, mon père a acheté le journal.
09:59Il a dit à tout le monde que c'était moi.
10:02Il y a 4 500 habitants.
10:03Je pense que les 4 500 habitants sont au courant de ce que je fais.
10:06Et je me suis rendu compte que je m'étais très angoissée
10:08pour pas grand-chose, finalement.
10:10Mais bon.
10:11Et ils étaient très fiers.
10:12Oui, oui, je pense qu'ils le sont toujours.
10:13Mais très pudique.
10:14C'est-à-dire, ça reste quand même.
10:15Quand j'y vais, bonjour, ça va ?
10:17Oui, ça va.
10:18On discute.
10:19Comment ça se passe le travail ?
10:20Ah ben, ça va bien.
10:22Et la question qui vient, c'est, et les livres ?
10:24Point d'interrogation.
10:25Ça se passe bien.
10:26Ah ben, d'accord.
10:26Et ça s'arrête là, en fait.
10:27Il n'y a jamais de questionnement plus poussé que ça, en fait.
10:30Dans son milieu professionnel, la nouvelle a circulé aussi.
10:33Et globalement, c'est plutôt bien reçu.
10:35Même s'il y a toujours quelques remarques un peu piquantes.
10:38Ben, on m'a dit, mais pourquoi tu restes ici ?
10:40Tu pourrais donner ton emploi à quelqu'un d'autre.
10:42Ou pourquoi tu t'affiches comme ça ?
10:44Ou, ben, faut pas déconner, c'est pas du Zola non plus ce que tu fais.
10:46Enfin, voilà, des trucs un peu...
10:48Mais c'est vraiment réduit à une toute petite partie de la population.
10:52Et c'était pas très, très grave.
10:55Émilie dit que vendre autant de livres n'a pas changé son mode de vie.
10:59Elle admet que parfois, sa famille se fait un peu plus plaisir que d'habitude.
11:03Mais ce qui a vraiment changé, c'est que l'écriture est devenue importante,
11:07et même peut-être essentielle, à sa vie.
11:10Le fait d'avoir cette vie un peu en double, finalement,
11:14ça m'a poussée à, du coup, être hyper organisée sur plein d'aspects.
11:18Que ce soit à la maison, au travail, sur les horaires, sur les rendez-vous, etc.
11:22Et en fait, je pense que l'écriture, c'est la bulle de décompression absolue.
11:28C'est la case de désorganisation parfaite dans l'organisation des journées.
11:32Et donc, je pense que c'est en ça que ça devient nécessaire pour moi.
11:35Ça me fait respirer, en fait.
11:36Vous n'avez jamais envisagé de laisser tomber votre boulot pour ne faire que ça ?
11:40Environ 15 fois par jour, depuis ces 10 dernières années.
11:44Si, si, bien sûr qu'on l'envisage, pas sur l'aspect financier, c'était pas le sujet.
11:48Le sujet, c'était le temps et sur l'énergie que ça demandait.
11:51C'est-à-dire que quand vous associez l'écriture plus la presse, les salons, le week-end, ça fait
11:58beaucoup, en fait.
11:59Et puis, devant les gens, avoir le sourire en permanence, ce qui est normal en demeurant.
12:04Mais des fois, vous avez moins envie, quoi.
12:07C'est plus compliqué.
12:08Et donc, à un moment donné, plusieurs fois, je lui ai dit à mon mari, j'en peux plus.
12:12Je suis fatiguée.
12:13Je dors moins qu'avant.
12:15On se dit, pourquoi on fait ça, quoi ?
12:17Enfin, pourquoi on fait les deux, quoi ?
12:20Mais Émilie se souvient de ses congés maternité.
12:22Et comme le temps, seule chez elle, lui semblait long.
12:25Je crois que j'ai vraiment besoin de lien social.
12:28Et j'ai besoin de mon métier pour nourrir autre chose derrière, en fait, je pense.
12:34Si je dois arrêter quelque chose, ce sera peut-être l'écriture.
12:37En tout cas, la mettre de côté sera peut-être l'écriture, mais pas mon travail, quoi.
12:40Vous êtes heureuse de la vie que vous avez ?
12:42Assez, ouais.
12:43Assez.
12:44Malgré la fatigue et malgré le regard de certains qui n'est pas forcément toujours sympa.
12:50Ouais, franchement, ouais, ça va.
12:52Ce regard dont elle parle, c'est celui des collègues déjà évoqués.
12:55Mais aussi celui des intellectuels et professionnels du livre, pour qui la romance est un genre mineur.
13:00Moi, je n'ai pas vocation à changer le monde, je le sais.
13:02Mais par contre, si vous avez passé une heure ou deux à lire le livre et que pendant cette heure
13:07ou deux-là, vous vous êtes senti bien,
13:09et bien voilà, ma mission, elle est accomplie.
13:10Et du coup, qu'on juge ce lectorat, ça me chiffonne un peu.
13:13Vous vous posez réellement la question de savoir si vous allez tenir encore longtemps ?
13:17Je me pose tout le temps la question.
13:20La seule grosse limite que je me suis mise, je me suis dit, si un jour, un de tes livres
13:25est adapté en film ou en série, là, il faudra s'arrêter.
13:28En tout cas, il faudra prendre une décision sur qu'est-ce qu'on arrête et qu'est-ce qu
13:31'on fait, qu'est-ce qu'on ne fait plus.
13:33Parce que si ce jour-là arrive, et je me le souhaite, ça demande un investissement quand même en temps
13:38et en énergie.
13:39Donc je pense que c'est vraiment, alors après, c'est une barrière hypothétique et idéale, voilà, tout ce qu
13:45'on veut.
13:46Moi, ça me ferait plaisir.
13:47Mais ouais, là, il faudrait trouver une solution.
13:49Ce n'est pas possible, en fait.
13:50Enfin, je ne vois pas comment c'est possible.
13:57Claudia, est-ce qu'on sait combien elle gagne avec ses romans ?
14:00Alors non, je ne sais pas exactement.
14:02Elle ne me l'a pas dit précisément, mais elle m'a assuré que ça n'avait pas modifié son
14:06train de vie
14:06et que même si, pour tout un tas de choses, ils étaient quand même un peu plus larges,
14:11globalement, il n'y avait rien d'extraordinaire qu'elle faisait et qu'elle ne gagnait pas des milliers de
14:14cents.
14:15Et elle m'a dit que, comme on sait, les auteurs ne sont pas les mieux payés de la chaîne
14:18du livre
14:19et que donc c'était aussi valable pour elle.
14:21Elle s'appelle vraiment Emily Blaine ?
14:23Emily Blaine n'est pas son vrai nom, c'est un pseudonyme qu'elle a trouvé avec l'aide de
14:27son mari
14:27juste après lui avoir dit qu'elle écrivait en secret depuis plusieurs années.
14:31Lui, il était très enthousiaste, il trouvait que c'était vraiment super
14:34et donc ça les a amusés de trouver ensemble ce nom-là.
14:37Dernière question, Claudia.
14:39Est-ce qu'Emily Blaine lit elle-même de la romance française ?
14:42Alors, elle lit très peu de romance française parce qu'elle a peur de faire du plagiat involontaire,
14:46m'a-t-elle dit.
14:47C'est quelque chose qui inquiète beaucoup.
14:49Quand une phrase lui vient trop vite, elle se dit
14:50« Oh mon Dieu, je l'ai peut-être lu quelque part ».
14:52Donc voilà, pas de romance française.
14:54Elle lit un peu de romance américaine,
14:56mais en fait, elle ne lit pas beaucoup
14:59parce que tout simplement, elle n'a pas vraiment le temps de lire.
15:03Merci Claudia Prolongeau.
15:04Cet épisode a été produit par Ambre Rosala, Thibault Lambert, Raphaël Puyot et Clara Hage.
15:10Réalisation, Julien Moncouquiol.
15:12Code Source est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi ou vendredi.
15:17Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcast, Google Podcast ou encore Podcast Addict.
15:23N'hésitez pas à nous écrire codesource at leparisien.fr
15:27et puis si vous aimez Code Source, dites-le nous en laissant des petites étoiles
15:30ou un commentaire sur votre application préférée.
15:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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