Depuis un mois, les nouveaux députés ont pris place à l’Assemblée nationale. Trois blocs se font face : LREM, la NUPES et le RN. Et la coexistence n’est pas toujours sans heurts. Récit.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clara Garnier-Amouroux, Thibault Lambert et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : LCP, BFM, TF1.
#lfi #nupes #rn
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le dimanche 19 juin, le second tour des législatives a été marqué par une percée inédite du RN de Marine
00:20Le Pen avec 89 députés élus.
00:23De son côté, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, grâce à sa stratégie d'union à gauche, est passée
00:29de 17 à plus de 70 députés.
00:32Comment les élus RN et LFI se comportent-ils dans l'hémicycle qu'ont-ils obtenu comme poste important à
00:38l'Assemblée ?
00:39Quelle est leur stratégie ?
00:40Cet épisode de Codesources est raconté par deux journalistes du service politique du Parisien,
00:45Alexandre Sulzer, en charge du Rassemblement National, et Pierre Morère qui suit à gauche.
00:59Alexandre Sulzer, décrivez-nous les coulisses de l'Assemblée Nationale.
01:02Il y a l'hémicycle où les textes sont débattus, mais il y a aussi la salle des quatre colonnes
01:06qui est importante médiatiquement.
01:08C'est une salle qui a un lieu de passage pour les députés pour aller dans l'hémicycle,
01:13et c'est le lieu où se trouvent aussi tous les journalistes qui permettent des échanges soit filmés, soit plus
01:20informels.
01:21Elle s'appelle la salle des quatre colonnes tout simplement parce qu'il y a quatre colonnes corinthiennes qui la
01:25structurent.
01:26Et c'est vraiment le cœur médiatique de l'Assemblée Nationale.
01:28C'est là que les politiques font leurs déclarations, crient leur exaspération ou leur soutien au projet du gouvernement.
01:40Alors on va décrire le chaudron qui est devenu l'Assemblée depuis les dernières législatives.
01:44Et justement, on commence ce podcast au second tour de ce scrutin, le dimanche 19 juin.
01:50Les sondeurs, les observateurs s'attendent à une percée de la France insoumise avec sa coalition de gauche, la NUP.
01:57Alexandre Sulzer, la surprise vient du Rassemblement National.
02:00Oui, en effet, le Rassemblement National a fait une campagne un petit peu en demi-teinte.
02:04Marine Le Pen, au début de la campagne, a dit que de toute façon, Emmanuel Macron aurait sa majorité et
02:11elle semblait un petit peu résignée.
02:13Or, le Rassemblement National fait un bon score.
02:16Et contrairement à il y a cinq ans, le Rassemblement National arrive à gagner des députés dans 89 circonscriptions,
02:26ce qui est très, très au-delà des propres espérances de Marine Le Pen, qui tablait au mieux sur une
02:32cinquantaine.
02:32Parmi les 89 députés RN, il y en a beaucoup qui sont inconnus, y compris de la tête de leur
02:37parti.
02:38Pour la grande majorité d'entre eux, ce sont au mieux des conseillers régionaux.
02:42Parfois, ce sont des conseillers municipaux. Parfois, ce ne sont rien du tout.
02:46Ce sont des gens, de simples militants qui ont été mis là parce qu'il fallait mettre quelqu'un.
02:49Et donc, il y a des gens parfaitement inconnus du parti.
02:52Par exemple, Katiana Levavasseur, dans l'heure, est une militante qui n'a eu aucun mandat jusqu'alors.
02:58Ça inquiète, y compris à la tête du Rassemblement National ?
03:01Au Rassemblement National, on se dit que la plupart ont été quand même à peu près bien castés en amont
03:05lors des commissions nationales d'investiture.
03:07Mais on reconnaît que sur l'ensemble, il y aura bien quelques crétins.
03:12C'est le mot qu'utilise une huile du parti, mais que ça se comptera sur les doigts d'une
03:15main.
03:16Et Marine Le Pen, qui préside le groupe RN à l'Assemblée, donne des consignes très strictes à tous ses
03:22députés.
03:23Très rapidement, des instructions sont données pour la rentrée des parlementaires.
03:28Elles demandent à tous les députés de venir bien habillés, en cravate, avec des costumes pour les hommes,
03:34avec évidemment une tenue aussi plutôt élégante pour les femmes.
03:38L'objectif, c'est la crédibilité.
03:40Et surtout, c'est de jouer le match avec la NUP et surtout avec la France Insoumise
03:44que le Rassemblement National désigne comme une opposition bouilleuse, irresponsable.
03:49Eux veulent vraiment séduire les Français sur leur crédibilité.
03:53Pierre Maurer, le mardi 21 juin, vous voyez à l'Assemblée beaucoup de députés élus pour la première fois.
03:58Oui, alors ce n'est pas la grande effervescence non plus, mais c'est surtout les petits nouveaux qui font
04:03leur entrée.
04:04Par exemple, il y a Karl Olive, qui est député Renaissance, maire de Poissy et proche d'Emmanuel Macron,
04:08qui est arrivé le premier à 8h30, qu'il le répète à tout le monde dans la salle des 4
04:12colonnes.
04:13Le protocole est très bien organisé, c'est-à-dire que les nouveaux députés arrivent,
04:18passent les lourdes portes de la cour d'honneur, ils sont accueillis par des huissiers,
04:22puis ensuite ils vont récupérer leur mallette qui contient la cocarde, la fameuse écharpe tricolore,
04:28et puis ils vont faire la photo officielle.
04:31C'est aussi l'occasion pour tous ces petits nouveaux de se confronter à la horde des journalistes,
04:35ils ne sont pas forcément habitués, on en voit beaucoup qui tremblent un peu face aux journalistes,
04:39et qui sont un peu déstabilisés.
04:41On parlait de Marine Le Pen, chez les Insoumis, qui va diriger le groupe ?
04:45C'est Mathilde Panot, qui en fait était déjà la présidente du groupe des Insoumis sous la dernière législature,
04:50puisque Jean-Luc Mélenchon lui avait passé la main en 2021.
04:54C'est une jeune femme de 33 ans qui a une carrière et une trajectoire fulgurante au sein de LFI,
04:59puisqu'elle est arrivée dans le sillage de Jean-Luc Mélenchon aux alentours de 2017,
05:04avec la nouvelle vague des députés Insoumis.
05:07Le mardi 28 juin, c'est la séance inaugurale de la 16e législature,
05:11en clair le mandat de 5 ans pendant lequel cette assemblée va exercer.
05:15Pierre Morer, c'est la tradition, le doyen des députés va prononcer le discours d'ouverture,
05:21vous êtes à ses côtés, à l'Assemblée, juste avant son entrée dans l'hémicycle et qu'il ne monte
05:26à la tribune.
05:27Cet homme, c'est un député RN de 79 ans, un certain José González.
05:32Oui, alors il a un brin d'excitation mêlé à de l'appréhension.
05:36On le voit, il tient dans ses mains une chemise rouge.
05:39Il nous explique que c'est son discours, qu'il l'a préparé depuis 2-3 jours,
05:42que tout a été relu par Marine Le Pen, qui n'a rien trouvé à redire,
05:47ce sont les mots de José González, et surtout qu'il ne veut pas faire de polémique de vague.
05:52Je déclare ouverte la 16e législature de l'Assemblée nationale.
05:59À la tribune, José González évoque l'Algérie française, il est lui-même né à Oran.
06:04Ce symbole d'unité touche l'enfant d'une France d'ailleurs, que je suis,
06:10arraché à sa terre natale et drossé sur les côtes de Provençal par le vent de l'Histoire en 1962.
06:15En fait, il témoigne devant les autres parlementaires de sa nostalgie de l'Algérie française.
06:20Il est visiblement très ému.
06:22J'ai laissé là-bas une partie de ma France et beaucoup d'amis.
06:25Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie.
06:31Excusez-moi, je pense à mes amis que j'ai laissés là-bas.
06:34Là, est-ce qu'il y a des réactions dans l'hémicycle ?
06:36Alors à ce moment-là, en fait, la majorité des députés applaudissent José González.
06:40Et à ce moment-là aussi, il rend hommage à Édouard Frédéric Dupont,
06:44qui est un ancien député du Front National,
06:46qui avait participé aux manifestations antiparlementaires de 1934,
06:51des manifestations à l'époque des ligues factieuses.
06:54Et donc, au-delà des rangs du RN, certains députés l'applaudissent pour qu'il continue,
06:57sans forcément se rendre compte de la portée de ses propos à ce moment-là.
07:01Ce qu'il dit après son discours, dans les quatre colonnes, va choquer.
07:05Devant les journalistes, José González enfonce le clou,
07:09puisqu'il explique qu'il n'a pas à juger si l'OAS,
07:12cette organisation terroriste d'extrême droite,
07:15avait commis des crimes pendant la guerre d'Algérie.
07:18Des crimes en Algérie dans l'armée française, je ne pense pas.
07:20Il y a encore moins un crime contre l'humanité.
07:22Franchement, je ne suis pas là pour juger si l'OAS a commis des crimes.
07:25Je ne sais même pas ce que c'était l'OAS, ou presque pas.
07:27Ce qui a été pourtant explicité et attesté par les historiens.
07:35Alexandre Sulzer, un peu plus tard, les députés désignent la députée LREM,
07:39Yael Bronpivé, présidente de l'Assemblée nationale.
07:42C'est la première fois qu'une femme est élue à ce poste,
07:44quatrième poste le plus important dans l'État français.
07:48Le candidat RN s'est retiré pour faciliter son élection.
07:51Oui, ce que veut montrer le Rassemblement national,
07:55c'est qu'il est bon élève, qu'il va être responsable,
07:58qu'il n'a pas la capacité, évidemment, de prétendre présider l'Assemblée nationale.
08:02Donc, il ne va pas jusqu'au bout de la démarche.
08:04Il se retire avant pour faciliter l'élection de Yael Bronpivé.
08:08L'objectif, c'est qu'en faisant, comme ça, en donnant des gages de bonne volonté,
08:12lui-même pourra en tirer des bénéfices,
08:14parce que lui-même vise des postes de vice-président
08:17et aimerait également obtenir la présidence de la Commission des finances.
08:21Pierre Maurer, pendant cette élection, un jeune député insoumis
08:24refuse de serrer la main d'un élu d'extrême droite.
08:27Oui, c'est Louis Boyard, qui est un jeune député de la NUP de 21 ans,
08:32qui refuse de serrer la main à Philippe Ballard,
08:35qui est, lui, un député RN beaucoup plus âgé.
08:38Et quand on lui pose la question de savoir pourquoi il a refusé,
08:42il explique de manière ironique.
08:45Vous êtes nombreux à savoir qu'actuellement, nous sommes dans un contexte de pandémie
08:48et que donc, il faut prendre ces précautions.
08:50Une pandémie de racisme, une pandémie d'antisémitisme,
08:53une pandémie d'islamophobie.
08:55Donc du coup, de mon point de vue, je reste fidèle au principe,
08:58face au Rassemblement National, pour respecter les gestes barrières.
09:01Alexandre Sulzer, le mercredi 29 juin,
09:04les députés élisent les vice-présidents de l'Assemblée Nationale.
09:07C'est une élection qui a lieu dans l'hémicycle
09:10et qui doit représenter à peu près le poids des députés dans l'Assemblée.
09:14Et le Rassemblement National réussit à faire élire deux vice-présidents.
09:19Il s'agit de Sébastien Chenu, député du Nord,
09:23ainsi qu'Hélène Laporte, députée du Lot-et-Garonne.
09:26Concrètement, ça veut dire quoi, le fait que le RN ait deux vice-présidents ?
09:29Ça veut dire que ces deux personnes vont être amenées à présider les séances dans l'hémicycle,
09:34en séance plénière, pour supplier parfois à Yael Bron-Pivet,
09:37qui ne peut pas présider toutes les séances de l'Assemblée Nationale.
09:40Donc ce sont eux qui sont amenés à distribuer la parole,
09:43à être un peu l'arbitre des débats.
09:45Le lendemain, le jeudi 30 juin,
09:47c'est l'élection pour la présidence de la Commission des Finances,
09:50un poste clé.
09:51Alexandre Sulzer, pourquoi d'un mot ?
09:53La Commission des Finances, elle est importante évidemment,
09:56parce que non seulement c'est la commission dans laquelle sont étudiés les textes financiers,
10:00qui sont des textes extrêmement importants,
10:02le projet de loi de finances,
10:03le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
10:06Et le président de la Commission des Finances dispose en plus de pouvoir de contrôle
10:11sur l'action du gouvernement,
10:12mais également des pouvoirs en matière fiscale.
10:16Il a accès à certains dossiers fiscaux, malgré le secret fiscal.
10:20Et c'est le candidat de la France Insoumise qui est élu,
10:23Éric Coquerel, problème, Pierre Morère.
10:26Éric Coquerel fait l'objet d'accusations d'harcèlement sexuel.
10:29Oui, il est accusé par Sophie Tissier,
10:31qui est une ancienne figure des Gilets jaunes,
10:34qu'Éric Coquerel a pu croiser au cours des différentes luttes
10:36auxquelles ils participent tous les deux.
10:38Au départ, elle l'accuse dans un premier temps
10:41sans avoir la volonté de porter plainte,
10:43puis elle finira par déposer plainte.
10:45Elle l'accuse notamment d'avoir eu des gestes déplacés
10:47lors d'une soirée en 2014,
10:49puis de lui avoir envoyé des SMS assez insistants
10:52pour qu'elle le rejoigne dans son taxi, puis à son hôtel.
10:55Au-delà de cette affaire,
10:56Éric Coquerel a cherché à rassurer,
10:59notamment, La République En Marche.
11:01Pendant la semaine qui a précédé le vote,
11:04il se présente souvent dans la salle des quatre colonnes.
11:07Il déclare aux journalistes que son but n'est pas
11:10de faire de cette commission un lieu de vendetta politique.
11:14Et ses premiers mots, une fois qu'il est élu,
11:17c'est qu'il n'y aura ni chasse aux sorcières,
11:19ni buzz sous sa présidence.
11:23Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés.
11:26Le mercredi 6 juillet, Elisabeth Borne est à la tribune de l'Assemblée,
11:30la Première Ministre prononce son discours de politique générale
11:32et elle est chahutée.
11:34Elle est vilipendée, elle est interpellée,
11:36notamment par des députés comme François Ruffin,
11:39comme Mathilde Panot.
11:40Notre pays a besoin d'une réforme de son système de retraite.
11:45Elle ne sera pas uniforme et devra prendre en compte
11:49les carrières longues et la pénibilité.
11:51Mon gouvernement l'amènera dans la concertation avec les parents.
12:01Certains crient hypocrite.
12:03Et plusieurs fois, Elisabeth Borne est obligée de se tourner
12:05vers Yaël Braun-Pivet, qui est la présidente de séance.
12:09S'il vous plaît, mes chers collègues, laissez Madame la Première Ministre continuer.
12:12Et qui est obligée de rappeler ses collègues à l'ordre,
12:15parfois sans résultat.
12:16François Ruffin, Mathilde Panot, on voit que ce sont surtout
12:19les Insoumis qui se sont fait entendre.
12:21Comment se sont comportés les députés Rassemblement National,
12:23Alexandre Sulzer ?
12:24Pendant le discours, à plusieurs reprises,
12:27ils ricanent, ils sourient pour montrer qu'ils sont en désaccord,
12:31mais ils évitent globalement de hurler
12:33pour jouer, là encore, le contraste avec la France Insoumise.
12:40La semaine du 4 juillet, la NUP a déposé une motion de censure.
12:43Le vote se déroule le lundi 11 juillet.
12:45Qu'est-ce qu'il donne Pierre Morer ?
12:46Sans grande surprise, cette motion n'est pas adoptée.
12:50La coalition de la NUP n'a pas obtenu les 289 voix qui étaient requises.
12:55Elle en obtient 146.
12:57Six députés du groupe PS ont refusé de la voter.
13:00Par contre, petite surprise, c'est Nicolas Dupont-Aignan,
13:04le député de Debout-la-France, qui a voté cette motion.
13:07Alexandre Sulzer, le RN, lui, n'a pas participé au scrutin.
13:11Pourquoi ?
13:11Marine Le Pen estime que voter une motion de censure,
13:14à ce stade, en début de législature,
13:16alors que le gouvernement vient d'être nommé,
13:19n'a fait passer encore aucun texte,
13:21serait contre-productif, ne serait pas compris par les électeurs.
13:24Un peu plus tard, le même jour, dans la soirée,
13:26débute l'examen du projet de loi de sécurité sanitaire.
13:29Projet de loi qui doit permettre de continuer à collecter des données de santé
13:33sur les tests de dépistage et la vaccination,
13:36ou encore autoriser un possible pass sanitaire aux frontières.
13:41Alexandre Sulzer, justement, cette idée de créer un pass sanitaire aux frontières
13:45mobilise les députés RN.
13:46Ils ont toujours été opposés à ce pass,
13:48donc c'est l'occasion pour eux de s'opposer à nouveau
13:51au rétablissement, même potentiel, de ce pass,
13:54puisque le projet de loi en l'État ne prévoit qu'une possibilité de rétablissement.
13:59Et donc ils votent contre, ils déposent des amendements dans ce sens,
14:03qui sont les mêmes d'ailleurs que certains amendements de la France insoumise.
14:07Et la conjonction des votes de la France insoumise,
14:10du Rassemblement national et d'une partie du groupe LR
14:12permet de détricoter complètement ce texte gouvernemental.
14:16Et donc la possibilité de rétablir un pass sanitaire aux frontières
14:20et supprimer du projet de loi.
14:22Le scrutin est clos pour 195 contre 219.
14:26Alexandre Sulzer, toujours le 11 juillet,
14:29un député RN nouvellement élu,
14:31commet un dérapage à l'Assemblée
14:33pendant une conférence de presse sur les Uberfiles,
14:36les accusations de collusion entre Emmanuel Macron
14:38quand il était ministre de l'économie
14:40et l'application de VTC Uber.
14:42Oui, à l'issue de la conférence de presse,
14:45Jean-Philippe Tanguy, qui est quand même numéro 2 du groupe,
14:47il est président délégué du groupe,
14:49fait un long dégagement devant les caméras sur Emmanuel Macron,
14:52qui selon lui n'avait pas de compétences bancaires spécifiques
14:56lorsqu'il a été embauché chez Rothschild.
14:58Il ne connaît rien aux droits bancaires,
15:00il ne connaît rien à la pratique financière.
15:01D'ailleurs, M. Rothschild l'a dit lui-même dans plusieurs témoignages.
15:04Il a pris M. Macron parce qu'il était sympa
15:05et qu'il savait solliciter les aspirations homo-érotiques
15:09d'un certain nombre de cadres,
15:10visiblement, qui pensaient que M. Macron
15:13allait leur apporter de l'intérêt à leur carrière en fin de carrière.
15:17Une sortie un peu étonnante
15:18qui provoque une série de tweets d'opposants au Rassemblement National.
15:22Donc l'ordre du jour appelle ces questions au gouvernement.
15:25La première question sera posée par Mme Marine Le Pen.
15:28Le lendemain, le mardi 12 juillet,
15:30c'est la première séance des questions au gouvernement
15:32de cette 16e législature.
15:33Et Marine Le Pen, en tant que présidente
15:35du plus gros groupe d'opposition,
15:37pose la première question.
15:39Une question pour Mme la Première Ministre.
15:41Alexandre Sulzer, le thème de cette question
15:43n'est pas choisi au hasard.
15:45Elle choisit de questionner le gouvernement
15:47sur la double peine, c'est-à-dire la possibilité
15:49pour les autorités d'exclure des étrangers
15:52qui ont été condamnés pour des infractions graves.
15:54Dimanche, votre ministre de l'Intérieur déclarait vouloir,
15:58je le cite, permettre l'expulsion
16:00de tout étranger reconnu coupable
16:02d'un acte grave par la justice.
16:05Je salue donc ce pas vers nous,
16:07puisque nous défendons en effet cette mesure
16:09depuis des décennies.
16:10Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,
16:12avait dit qu'il était favorable à cette politique
16:15que Nicolas Sarkozy avait supprimée il y a bien longtemps.
16:18Et donc Marine Le Pen ironise,
16:20elle demande quand est-ce que cette politique
16:21sera mise en place,
16:22parce qu'elle serait ravie, évidemment,
16:24de voter en sa faveur.
16:26Pierre Maurer, comment répond Elisabeth Borne ?
16:28Alors elle lui fait une réponse cinglante
16:30pour évacuer toutes les suspicions d'accord
16:33entre la majorité présidentielle
16:34et le Rassemblement national ?
16:36Alors vous le savez,
16:37j'ai reçu tous les groupes parlementaires
16:39pour des consultations,
16:41tous,
16:42car vous avez tous été élus par les Français.
16:45Mais au cours de notre rencontre,
16:46Mme Le Pen,
16:47je crois qu'on peut le dire,
16:48il n'y a pas vraiment eu de convergence.
16:51Et après ma déclaration de politique générale,
16:53je vous ai écouté, Mme Le Pen,
16:55et je vous le confirme,
16:57je n'irai pas chercher les voix
16:58du Rassemblement national.
17:00Parce que dans les faits,
17:02le parti d'extrême droite
17:03ne partage pas les valeurs de la République.
17:06Le dimanche 17 juillet,
17:08alors que la France commémore
17:09les 80 ans de la rafle du Valdive,
17:11un tweet de l'insoumise Mathilde Panot
17:14crée une polémique.
17:15D'abord, Alexandre Sulzer,
17:17que tweet la présidente du groupe Insoumis ?
17:19Alors elle rappelle évidemment
17:20qu'il y a eu la rafle du Valdive,
17:22et elle dit
17:22ne pas oublier ses crimes aujourd'hui plus que jamais
17:25avec un président de la République
17:27qui rend honneur à Pétain.
17:29Mathilde Panot ne précise pas,
17:30mais c'est une référence
17:31à une interview du président de la République
17:34en 2018,
17:35dans laquelle Emmanuel Macron
17:36rendait effectivement hommage
17:38à Pétain,
17:40général de la Première Guerre mondiale,
17:42vainqueur de Verdun,
17:44mais dans laquelle il prenait soin de préciser
17:46qu'il avait fait des choix funestes
17:48pendant la Seconde Guerre mondiale.
17:49Pierre Maurer, cela crée un tollé.
17:51Oui, ça crée un tollé,
17:53et au-delà du camp présidentiel,
17:54ça s'étend même à la NUP.
17:56Par exemple, il y a le député PS,
17:57Jérôme Gage,
17:58qui prend ses distances avec ce tweet.
18:01Globalement, ce qu'on reproche à Mathilde Panot,
18:03c'est une comparaison douteuse
18:04le jour des 80 ans
18:06de la commémoration de la rafle du Valdive.
18:11Le lundi 18 juillet,
18:13les députés commencent à examiner le projet de loi
18:15sur le pouvoir d'achat
18:17dans un climat tendu.
18:19Au bout de 4h30 d'échange,
18:21jusque dans la nuit,
18:22les députés ne sont pas venus à bout
18:24de l'article 1 du texte
18:25qui prévoit la poursuite de la prime Macron.
18:28Marine Le Pen dit appeler les oppositions
18:30à travailler ensemble pour,
18:32je cite,
18:32« Imposer des compromis à Emmanuel Macron ».
18:36Alexandre Sulzer,
18:37on voit que Marine Le Pen
18:38cherche à normaliser son parti
18:40le plus possible.
18:41Jusqu'ici, est-ce qu'elle y arrive ?
18:43Alors, jusqu'ici,
18:44elle a effectivement réussi à décrocher
18:45deux vice-présidences de l'Assemblée nationale.
18:48C'est vraiment un pas important pour elle
18:51en termes de crédibilité
18:52et de notabilité du parti.
18:54Elle a réussi à faire échouer certains textes.
18:57On l'a vu sur le projet de loi sanitaire.
18:59Donc, cette stratégie, elle fonctionne.
19:01même si on voit qu'il y a eu déjà
19:04quelques polémiques
19:05et qu'au vu des pédigrés
19:07et des CV des députés,
19:09il pourrait y en avoir encore
19:10dans les semaines qui viennent.
19:10Pierre Maurer, à la France Insoumise,
19:12on assume une politique
19:13beaucoup plus offensive
19:14vis-à-vis du gouvernement ?
19:15Oui, c'est une stratégie
19:16qui a toujours été utilisée
19:17par Jean-Luc Mélenchon.
19:19Il l'a théorisé lui-même,
19:20le bruit et la fureur, en 2012.
19:23Alors, même si depuis,
19:23il s'est un peu calmé
19:24et que ses troupes sont rentrées au Parlement,
19:26ils se sont un peu notabilisés
19:28et qu'ils connaissent mieux
19:29le jeu parlementaire,
19:30ils veulent apparaître
19:31comme les premiers opposants,
19:33c'est-à-dire se faire entendre
19:33sur les plateaux télé,
19:34dans les radios,
19:35mais aussi à l'hémicycle
19:36et surtout en prenant
19:39la place de premiers opposants
19:40aux troupes de Marine Le Pen.
19:42Quitte parfois à choquer
19:43en utilisant des attaques
19:44très frontales
19:45qu'ils savent eux-mêmes
19:47parfois un peu outrancières.
19:49Alexandre Sulzer,
19:50au-delà de ce qui va se passer
19:51à l'Assemblée
19:52dans les cinq ans qui viennent,
19:53Marine Le Pen vise déjà
19:55la prochaine présidentielle.
19:56Pour l'instant, officiellement,
19:58elle avait dit
19:58qu'elle envisageait
19:59de ne pas se représenter.
20:02Mais ça, c'était avant
20:03d'avoir un groupe
20:03de 89 députés
20:05à l'Assemblée nationale.
20:06Depuis,
20:07on voit bien
20:08qu'elle est beaucoup plus
20:09au centre du jeu.
20:11Elle prend un nouveau plaisir
20:12à avoir un rôle
20:13vraiment
20:13qu'elle n'a jamais eu
20:15dans la vie politique française.
20:17Et donc,
20:17il est évidemment probable
20:19qu'elle soit effectivement
20:20reboostée
20:21et relancée
20:21plus que jamais
20:22dans la compétition présidentielle.
20:24C'est la même chose
20:25pour la France Insoumise
20:26et Jean-Luc Mélenchon ?
20:27Oui, alors,
20:27Jean-Luc Mélenchon,
20:28pendant un certain temps,
20:29il a laissé planer le doute.
20:31Au sein de ses troupes,
20:32certains aussi ont pu espérer
20:34qu'il commence
20:34à passer la main.
20:36En réalité,
20:37on l'a vu
20:38avec ses déclarations
20:39de ces dernières semaines,
20:40il répète
20:41qu'en cas de dissolution,
20:42il espère encore
20:42être Premier ministre.
20:43Donc,
20:44sur le plan national,
20:45Jean-Luc Mélenchon
20:46n'a pas lâché l'affaire.
20:47Le seul problème,
20:48c'est qu'il n'a pas été
20:49élu député
20:50puisqu'il ne s'est pas présenté.
20:51Donc,
20:51il ne bénéficie pas
20:53de la même exposition médiatique
20:54qu'auparavant.
21:04Merci à Alexandre Sulzer
21:06et Pierre Maurer.
21:07Cet épisode de Code Source
21:08a été produit par
21:09Clara Garnier-Amourou,
21:11Thibaut Lambert
21:11et Lola Sauti.
21:13Réalisation,
21:14Julien Moncouquiol.
21:15Code Source
21:16est le podcast
21:16d'actualité du Parisien.
21:18Un nouvel épisode
21:18chaque soir de la semaine
21:20pour n'en rater
21:21aucun.
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