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Marine Le Pen voulait faire du RN un groupe à l’image respectable, un camp sérieux qui évite le chahut et les coups d’éclat dans l’hémicycle. Avec quels résultats jusqu’à présent ? Éléments de réponse dans Code source avec Alexandre Sulzer et Quentin Laurent, journalistes du service politique du Parisien, en charge de la droite.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : BFM, LCP, France TV, RMC, France Inter.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le dimanche 19 juin 2022, le Rassemblement National a décroché 89 sièges de députés.
00:18Ce score inédit pour le parti fondé par Jean-Marie Le Pen en a fait le premier groupe d'opposition
00:24à la majorité présidentielle.
00:26Depuis, la présidente de ce groupe parlementaire, Marine Le Pen, fait tout pour donner du RN une image de parti
00:32respectable, responsable, prêt à gouverner le pays.
00:36Après avoir échoué au second tour des deux dernières présidentielles, avec 34% des suffrages en 2017, puis 41,5
00:44% en 2022, elle ambitionne de s'imposer en 2027.
00:49Jusqu'ici, sa stratégie est-elle payante ? Comment s'est comporté le groupe RN à l'Assemblée depuis 10
00:54mois ?
00:54Élément de réponse dans CodeSource aujourd'hui, avec deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la droite,
01:01Alexandre Sulzer et Quentin Laurent.
01:06On a choisi de commencer ce podcast le mercredi 20 avril 2022, c'est le débat de l'entre-deux
01:12-tours de l'élection présidentielle.
01:13Alexandre Sulzer, Marine Le Pen est face au président sortant, Emmanuel Macron, elle est comment ?
01:19Elle a retenu les leçons de 2017. Cinq ans auparavant, Marine Le Pen, on le sait, avait raté son débat,
01:24elle l'avait largement reconnu, parce qu'elle avait été beaucoup trop agressive contre son rival.
01:28Cette fois, c'est une Marine Le Pen beaucoup plus posée.
01:31Il sait pertinemment que je suis une femme absolument et totalement libre, et que je défends parce que je suis
01:38une patriote, et que je l'ai démontré toute ma vie, la France et les Français.
01:42Qui affrontent un président de la République qui, lui, est beaucoup plus frontal, et les deux, en fait, jouent un
01:49peu à front renversé.
01:50Ils ne vont pas chercher plusieurs millions dans une banque russe liée au pouvoir qu'ils ne remboursent pas. C
01:55'est ça la différence.
01:56Ne dites pas, monsieur Macron, je ne peux pas vous laisser dire, non, je ne peux pas vous laisser dire,
02:01non, monsieur Macron, je ne peux pas vous laisser dire qu'on ne rembourse pas.
02:04Même si Marine Le Pen ne fait pas une démonstration de force sur le fond, le fait de ne pas
02:08avoir complètement raté son débat par rapport à 2017 efface ce souvenir, et c'était le but recherché.
02:21Emmanuel Macron est réélu le dimanche 24 avril. Marine Le Pen réunit près de 41,5% des suffrages.
02:27Elle se présente aux législatives qui suivent, contrairement à Jean-Luc Mélenchon, par exemple, et le dimanche 19 juin, au
02:34soir du second tour, le Rassemblement National décroche au total 89 sièges de députés à l'Assemblée.
02:41Elle-même est élue dans le Pas-de-Calais. Cette vague RN, c'est une surprise pour Marine Le Pen
02:46?
02:46Alors oui, complètement. En fait, Marine Le Pen s'attendait à avoir un groupe. Je rappelle que pour avoir un
02:51groupe, il faut 15 députés à l'Assemblée Nationale, mais c'était plutôt une vingtaine de sièges que le parti
02:56envisageait.
02:57Et là, on se retrouve avec une situation évidemment beaucoup plus importante, auquel même Marine Le Pen ne croyait pas.
03:03D'ailleurs, sur place, Aïna Beaumont, elle et son entourage, on le voit, reçoivent les résultats en direct sur leur
03:09smartphone, et eux-mêmes n'en reviennent pas.
03:11Ils sont là, oh mais t'as vu, un tel est élu, un tel est élu, mais en fait, qui
03:15n'est pas élu ? C'est vraiment un carton plein.
03:17Au terme de cette longue séquence électorale de mise en place des institutions pour le quinquennat qui vient, le peuple
03:25s'est exprimé.
03:27Il a décidé d'envoyer un très puissant groupe parlementaire de députés Rassemblement National à l'Assemblée.
03:38Est-ce que ce soir-là, et dans les jours qui suivent, les cadres du Rassemblement National ont peur qu
03:42'il y ait des brebis galeuses, des députés pas au niveau parmi les 89 ?
03:46Le parti ne repère pas de brebis galeuses au sens où un profil n'irait pas du tout.
03:50Ça, c'est un travail qui a quand même été fait en amont lors des commissions nationales d'investiture.
03:54En revanche, très clairement, maintenant qu'ils sont dans le groupe, toutes leurs initiatives devront passer, être contrôlées par le
04:01secrétaire général du groupe.
04:01Les députés Rennes font leur rentrée à l'Assemblée au Palais Bourbon le 28 juin et ils ont reçu, Quentin
04:07Laurent, des consignes très précises.
04:09C'est une journée importante pour Marine Le Pen. Elle rentre au sein de l'Assemblée Nationale à la tête
04:15d'un groupe important.
04:16Il faut à tout prix faire bonne figure. Il y a des consignes qui ont été données.
04:19La plus emblématique, c'est qu'il a été conseillé aux députés de porter la cravate.
04:24Pas question de donner l'impression que c'est n'importe qui qui rentre à l'Assemblée.
04:28Les 89 députés du Rassemblement National doivent faire bonne figure. C'est important pour la suite.
04:34Ce jour-là, le mardi 28 juin, le premier discours à l'Assemblée est prononcé par le député le plus
04:39âgé, le doyen, c'est la tradition.
04:41Et c'est un député RN qui a cet honneur.
04:44Cette fois-ci, un certain José González, 79 ans.
04:48Et il tient des propos polémiques sur sa nostalgie de l'Algérie française.
04:51Oui, lors de son discours, ce natif d'Oran rappelle le souvenir des personnes qui ont disparu pendant la guerre
04:58d'Algérie.
04:59J'ai laissé là-bas une partie de ma France et beaucoup d'amis.
05:02Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie.
05:06Excusez-moi, je pense à mes amis que j'ai laissés là-bas.
05:10Mais ce qui va vraiment choquer, c'est après son intervention, lorsque devant les journalistes, la question de l'OAS
05:17et les crimes de l'OAS lui est posée,
05:19il refuse de condamner cette organisation prétextant de ne pas la connaître.
05:22Des crimes en Algérie dans l'armée française, je ne pense pas.
05:25Et encore moins un crime contre l'humanité.
05:27Franchement, je ne suis pas là pour juger si l'OAS a commis des crimes.
05:29Je ne sais même pas ce que c'était l'OAS ou presque pas.
05:31Ce qui renvoie à une mauvaise image puisque, évidemment, l'OAS est une organisation terroriste qui a tenté d'assassiner
05:38le général de Gaulle.
05:39Et c'est précisément de cette image que l'ORN veut se débarrasser.
05:44Marine Le Pen réagit en affirmant qu'il ne s'agit pas d'un dérapage.
05:48Elle évoque au contraire un discours très digne et républicain.
05:51Dans les premiers jours de cette législature, le Rassemblement National se bat pour décrocher des postes importants à l'Assemblée.
05:58Le Rassemblement National dispose donc de 89 députés.
06:01Il est le premier groupe d'opposition, la NUPES étant elle-même divisée en réalité en quatre groupes distincts.
06:06Et il y a des règles non écrites à l'Assemblée Nationale qui supposent que les postes à responsabilité dépendent
06:13du poids de chacun des groupes.
06:15Donc, le Rassemblement National revendique des postes de questeurs, des postes de vice-présidents.
06:20Il revendique même la présidence de la Commission des Finances qui, normalement, est attribuée à l'opposition depuis une réforme
06:26de Nicolas Sarkozy.
06:27La gauche, les insoumis en particulier, s'oppose à ce que le RN dispose de ses attributions extrêmement honorifiques.
06:35Et finalement, après débat, le RN n'aura pas de questures, n'aura pas la présidence de la Commission des
06:42Finances.
06:43En revanche, elles bénéficient de deux vice-présidences.
06:47Sébastien Chenu, député du Nord, et Hélène Laporte, une députée du Lot-et-Garonne, deviennent vice-présidents.
06:54C'est-à-dire qu'ils vont présider des séances.
06:56C'est un poste extrêmement honorifique.
06:58Évidemment, une grande première pour l'extrême droite française.
07:01Quentin Laurent, au début de cette législature, le jeudi 30 juin, Marine Le Pen demande à ce que ses députés
07:07ne siègent pas tout à fait à droite dans l'hémicycle.
07:09Oui, tout à fait. Les députés les plus à droite ou à l'extrême droite, donc siègent traditionnellement tout à
07:15droite de l'hémicycle.
07:16Marine Le Pen, c'est son positionnement politique.
07:18Elle a toujours revendiqué le « ni droite, ni gauche », et encore plus, elle conteste l'étiquette d'extrême
07:23droite.
07:23Donc, elle avait demandé de pouvoir être à la gauche des députés LR, donc finalement une position assez centrale dans
07:29l'hémicycle.
07:29Mais elle ne va pas obtenir gain de cause, et ce qui fait qu'elle et ses 88 comparses vont
07:34bien devoir s'installer tout à la droite de l'hémicycle.
07:37Le 3 novembre, dans l'hémicycle, un député insoumis parle à la tribune d'un bateau avec à son bord
07:42324 migrants coincés en Méditerranée à ce moment-là.
07:46Et cet élu insoumis est interrompu par un député RN.
07:50Oui, alors dans le brouhaha des débats au sein du Palais Bourbon à ce moment-là, on va entendre une
07:54phrase, quelque chose qui va ressembler à « retourne en Afrique ».
07:58Les personnes secourues se trouvent dans une situation d'urgence absolue.
08:00Les prévisions météo indiquent une détérioration significative du climat.
08:05Pas du tout.
08:06Cette phrase va provoquer un tollé parce que le député insoumis qui la prononce, Karl Bilingo, est lui-même noir.
08:15Interruption de séance, tollé complet.
08:17Je vous propose, compte tenu de l'émotion légitime qui s'est emparée de l'ensemble des membres de cette
08:23Assemblée, de l'ensemble du gouvernement, de suspendre la séance de questions au gouvernement.
08:28Finalement, on va se rendre compte que la phrase qui a été prononcée par ce député, c'est « qu
08:32'il retourne en Afrique », que ce soit le bateau ou les migrants.
08:36Mais c'était trop tard, ça avait déjà enflammé l'Assemblée.
08:39Alexandre Sulzer, ce député RN, Grégoire de Fournasse, à ce moment-là, il est pressenti pour devenir porte-parole de
08:45la nouvelle direction du Rassemblement national.
08:48Et cette nomination doit être officialisée au congrès du RN, prévu deux jours plus tard, le samedi 5 novembre.
08:54Ce député était un peu perçu comme un des éléments les plus prometteurs.
08:57Il devait donc bénéficier de cette promotion.
09:00Mais évidemment, elle n'aura pas lieu, cette promotion.
09:03Et Jordan Bardella, qui prend les règnes du parti, décide de ne pas le nommer porte-parole.
09:07Il restera simple député.
09:09Est-ce qu'il est recadré par Marine Le Pen ?
09:11Marine Le Pen, sur le fond, viendra à sa rescousse.
09:14Il y a quand même une forme de solidarité.
09:16L'argument était de dire qu'il le visait uniquement les réfugiés.
09:19En fait, il souhaitait juste que les clandestins soient envoyés dans leur pays.
09:23Ce qui est en fait la ligne du parti, en réalité.
09:25Donc Marine Le Pen ne peut pas le désavouer sur le fond.
09:27En revanche, sur la forme, elle le recadre effectivement, même publiquement,
09:31en disant que cette façon d'interpeller le député était inappropriée.
09:41Marine Le Pen, qui est présidente du groupe RN à l'Assemblée,
09:45elle préfère ça à son ancienne fonction de présidente de parti
09:48qu'elle a à céder à son bras droit, Jordan Bardella.
09:51Expliquez-nous ça, Quentin Laurent.
09:52En privé, elle le dit assez facilement.
09:54Elle se dit soulagée, libérée de ne plus avoir à gérer, en fait,
09:58le parti du Rassemblement National.
09:59Pour elle, c'était des contraintes.
10:00C'était de l'organisation logistique.
10:01C'était des questions financières à gérer.
10:04Là, elle est à l'Assemblée.
10:06Elle a 88 collègues.
10:07Ils lui sont tous extrêmement fidèles.
10:09Il n'y a pas de problème de discipline, de dissension.
10:12Elle dit, je fais de la politique appliquée.
10:14Politique appliquée, ça veut dire faire des amendements,
10:17essayer de fabriquer la loi.
10:18Même si ça sera plus compliqué,
10:19parce que le RN reste malgré tout mis de côté par les autres partis.
10:23À la mi-novembre, il y a un débat sur la présidence du groupe d'études
10:27sur l'antisémitisme que le RN souhaiterait obtenir.
10:30Les présidences du groupe d'études sont réparties
10:32en fonction du poids de chacun des groupes politiques.
10:35Donc, le RN peut prétendre en avoir un certain nombre.
10:37Et par un petit concours de circonstances,
10:39ils vont réussir à obtenir la présidence du groupe d'études
10:42liée à l'antisémitisme.
10:44Alors, ça va provoquer un tollé,
10:45parce que les autres groupes ne s'y attendaient pas.
10:47Les associations de lutte contre l'antisémitisme
10:50n'acceptent pas que ce parti,
10:52qui a été cofondé en partie par des antisémites notoires,
10:55dont le président, Jean-Marie Le Pen,
10:57a été condamné à de multiples reprises sur le sujet,
11:00puissent se refaire la cerise, en fait, sur leur dos.
11:03Le 24 novembre, l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution
11:06est votée en première lecture à l'Assemblée.
11:09Quelle est la position de Marine Le Pen ?
11:10Elle n'était pas favorable à cette inscription.
11:13Elle disait, voilà, non, c'est de la politique,
11:15c'est un débat américain, ça n'a rien à faire chez nous.
11:17Finalement, Marine Le Pen va un peu revenir sur sa position
11:20en ne s'opposant pas à cette inscription dans la Constitution.
11:24Elle ne participera pas au vote,
11:26mais elle va laisser toute la liberté à ses députés
11:29de voter en faveur ou contre.
11:31Résultat du scrutin,
11:32votant 387, exprimé 369,
11:35majorité 185,
11:36pour 337,
11:38contre 32,
11:39l'Assemblée nationale a adopté
11:41la proposition de loi constitutionnelle.
11:43Fin décembre,
11:45Alexandre Sulzer,
11:46après six mois de cette législature,
11:47six mois d'une assemblée à 89 députés RN,
11:51plusieurs journaux,
11:52dont le Parisien,
11:53font un premier bilan.
11:54Et il est contrasté pour le Rassemblement national.
11:57Parce que le Rassemblement national,
11:59à la fois a réussi à s'implanter
12:01dans le processus législatif,
12:04dans l'institution,
12:05il a des présidences de groupes d'intérêt,
12:08des présidences de groupes d'amitié parlementaire,
12:11il a vraiment une représentation inédite,
12:13mais en même temps,
12:15aucun de ces textes,
12:16n'est aucune proposition de loi
12:17de majorité pour être élu.
12:19Il reste un cordon sanitaire
12:21quand même très fort
12:22parmi la plupart des groupes
12:23de l'Assemblée nationale
12:24qui se refusent à voter les textes
12:27dès qu'ils viennent du Rassemblement national.
12:28Au final,
12:29le RN parvient à faire voter
12:31quelques amendements très techniques
12:32sur certains projets de loi,
12:33mais n'arrive jamais
12:35à faire voter une proposition législative.
12:38Le 12 janvier,
12:39le RN fixe l'ordre du jour à l'Assemblée
12:42dans le cadre de ce qu'on appelle
12:43« La niche parlementaire,
12:44une journée par session
12:45où le groupe parlementaire décide
12:47de l'ordre du jour ».
12:49Alexandre Sulzer,
12:50qu'en fait Marine Le Pen ?
12:51Marine Le Pen a la volonté
12:52de faire de cette journée
12:54une journée d'examen de texte
12:56qui ne soit pas trop connotée
12:57d'extrême droite,
12:58par exemple des textes
13:00qui seraient sur l'immigration,
13:01sur l'insécurité.
13:02Elle sait d'ailleurs
13:02que l'opinion l'identifie déjà à ça,
13:04c'est pas la peine d'en rajouter.
13:05Donc au début,
13:06elle veut même reprendre des textes
13:08proposés par d'autres groupes.
13:09Par exemple,
13:10la proposition de la France Insoumise
13:12de réintégrer le personnel
13:14non vacciné dans les hôpitaux,
13:16qui est une proposition
13:17qu'elle reprend.
13:19Finalement,
13:19elle renonce à pouvoir défendre ce texte,
13:22mais elle va mettre en avant
13:24des textes qui lui semblent
13:25assez consensuels,
13:26comme par exemple
13:27le droit de visite
13:28pour les parlementaires
13:29dans les EHPAD,
13:29pour vérifier si les personnes âgées
13:31qui y sont
13:31sont bien soignées,
13:32par exemple,
13:33ou également défendre
13:35l'uniforme à l'école,
13:37qui est évidemment
13:38une proposition moins consensuelle,
13:39mais qui est largement partagée
13:41au-delà de son groupe,
13:41puisqu'on sait que
13:42la droite
13:43est majoritairement favorable,
13:45et surtout
13:45que Brigitte Macron elle-même,
13:47dans les colonnes du Parisien,
13:49s'est exprimée
13:50en faveur de cette mesure.
13:53On en arrive à l'examen
13:54de la réforme des retraites
13:55à l'Assemblée,
13:55qui est programmée
13:56du 6 au 17 février.
13:58Quant à Laurent,
13:59quelle est la stratégie
14:01adoptée et appliquée
14:02par le groupe de Marine Le Pen ?
14:03On va assez peu entendre
14:04Marine Le Pen et les siens.
14:06Pour preuve,
14:07ils ne vont déposer
14:08que quelques centaines
14:09d'amendements sur ce projet,
14:10ce qui est très peu comparé
14:11aux milliers
14:13d'amendements déposés
14:14par la NUP.
14:14Donc c'est cette stratégie
14:15de discrétion
14:16qui va finalement
14:17laisser la place
14:18à la NUP.
14:19Ces députés de la gauche
14:20qui vont avoir
14:21une attitude
14:22beaucoup plus offensive.
14:23Et donc Marine Le Pen
14:24va un peu se retrancher
14:24derrière ça en disant
14:25« Regardez, nous,
14:26on est sages,
14:28on ne fait pas le bazar,
14:29on est responsable
14:30pour essayer de tirer
14:31la couverture à elle. »
14:32L'autre caractéristique
14:33de sa position
14:34sur la réforme des retraites,
14:35c'est qu'elle va
14:36à la fois encourager
14:38les manifestations
14:39qui vont avoir lieu
14:40pour contester
14:41la réforme des retraites
14:42sans jamais y prendre part
14:43en disant
14:44« Notre rôle,
14:45ce n'est pas être dans la rue. »
14:46D'un mot,
14:46Alexandre Sulzer,
14:47sur les retraites,
14:48quelle est la position
14:49de Marine Le Pen ?
14:50Marine Le Pen défend
14:51ce qu'elle a déjà défendu
14:52lors de la présidentielle,
14:53c'est-à-dire qu'elle
14:55préconise
14:55que la retraite
14:56reste à 62 ans,
14:58sauf pour les personnes
15:00qui ont commencé tôt,
15:01avant 20 ans.
15:01Pour ces personnes-là,
15:02elle préconise
15:03un départ à la retraite
15:04à 60 ans.
15:06Le lundi 13 février,
15:07un député
15:07de la France insoumise,
15:08Aurélien Saint-Toulle,
15:10dérape face au ministre
15:11du Travail Olivier Dussopt.
15:12Le député insoumis
15:14dénonce en résumé
15:15l'augmentation
15:15des accidents
15:16du travail mortels
15:17et il traite
15:18le ministre
15:19d'assassins.
15:20« Vous avez la responsabilité
15:21de ces choix politiques.
15:22Vous êtes un imposteur
15:24et un assassin. »
15:26Il s'excusera
15:26un peu plus tard
15:27face au tollé.
15:28Quant à Laurent,
15:29comment réagit Marine Le Pen ?
15:30Marine Le Pen va surprendre
15:31son monde.
15:32Elle se lève,
15:33elle va à la tribune
15:33et elle va prendre
15:34la défense d'Olivier Dussopt
15:35en disant
15:36« Si on pouvait se rappeler
15:37juste une chose,
15:38c'est qu'en politique,
15:39on n'a pas d'ennemis,
15:40on a des adversaires. »
15:42Alexandre Tulser,
15:43finalement,
15:43pendant cette séquence
15:44des retraites,
15:45le RN s'est montré
15:46très discret.
15:47On n'en a pas beaucoup parlé ?
15:49Non,
15:49le Rassemblement National
15:49a fait le choix
15:50de ne pas être
15:51dans l'obstruction parlementaire.
15:52Là encore,
15:53c'est conforme
15:53à sa stratégie globale
15:54d'institutionnalisation,
15:55d'opposition responsable.
15:57LFI a fait le choix contraire
15:58de bordéliser,
15:59c'est leur expression,
16:00l'Assemblée Nationale.
16:01Et donc,
16:02c'est vraiment,
16:03très largement,
16:04l'ANUP,
16:05la France Insoumise,
16:06qui a pris le dessus
16:07lors des débats.
16:08Le RN a été
16:09un peu invisibilisé.
16:13Invité de la matinale
16:14de France Inter,
16:15le 9 mars,
16:16Marine Le Pen
16:16est interrogée
16:17sur la réforme des retraites
16:18et elle promet
16:19de revenir dessus
16:20en cas de victoire
16:21à la présidentielle 2027.
16:23Même si cette réforme
16:24des retraites,
16:24ce que je ne souhaite pas
16:26est votée,
16:27elle sera défaite
16:29lorsque je serai élue.
16:31Pourquoi est-ce que
16:31ce n'est pas complètement
16:32anodin d'entendre ça ?
16:33C'est que Marine Le Pen
16:34ne fait pas que dire
16:36qu'elle sera candidate
16:37en 2027,
16:38ce qui est déjà
16:38un peu inédit.
16:39Elle se projette
16:40carrément
16:40à l'Elysée.
16:41Quelques semaines plus tard,
16:42Alexandre Sulzer,
16:43au mois d'avril,
16:44plusieurs sondages
16:45montrent que Marine Le Pen
16:46semble progresser
16:48dans l'opinion.
16:48Un sondage IFOP révèle
16:49que 58% des Français,
16:50par exemple,
16:51trouvent que Marine Le Pen
16:52est proche des préoccupations
16:53des Français.
16:54C'est deux points de plus
16:55qu'une année auparavant.
16:5657% des Français
16:58pensent même
16:58qu'elle est attachée
16:59aux valeurs démocratiques.
17:00Ça, c'est une augmentation
17:01de quatre points.
17:02Et encore plus impressionnant,
17:0451% des Français
17:05pensent qu'elle est capable
17:06de réformer le pays.
17:07Ça, c'est important
17:08pour sa crédibilité.
17:09Ça, c'est une augmentation
17:10de huit points en un an.
17:12Les députés RN
17:13n'ont pas été très présents
17:14dans le débat.
17:15Et pour autant,
17:16c'est eux qui récoltent
17:17le fruit
17:18de ce débat parlementaire.
17:19Il semblerait
17:20qu'ils soient bénéficiaires
17:22de deux choses.
17:23À la fois,
17:24l'opposition
17:24sur le fond au texte.
17:26Le texte est très impopulaire
17:27comme le RN
17:28est quand même
17:28très frontalement opposé
17:30à ce texte.
17:30Ils sont du bon côté
17:32de l'opinion.
17:33Et sur la forme,
17:34ils n'ont pas
17:35bordé l'idée,
17:36ils n'ont pas
17:36zadifié à l'Assemblée Nationale.
17:38Et ça, l'opinion,
17:39lui, en fait crédit.
17:40Elle a su
17:40s'opposer au texte
17:41sans pour autant
17:42être dans une surenchère
17:43sur la forme.
17:45Alexandre Sulzer,
17:46est-ce qu'une victoire
17:46de Marine Le Pen
17:47à la présidentielle 2027
17:49est devenue
17:49un scénario
17:50probable aujourd'hui ?
17:52C'est un scénario
17:53qui est devenu
17:53très largement possible,
17:54en tout cas,
17:55au vu des résultats,
17:56puisqu'on voit
17:56une augmentation
17:57vraiment constante,
17:58régulière,
17:59analysée par tous
18:00les sondages.
18:01En revanche,
18:02il n'y a absolument
18:03rien d'inéluctable,
18:04puisqu'on est quand même
18:054 ans avant la présidentielle,
18:064 ans,
18:07c'est très long en politique,
18:08il peut se passer
18:08beaucoup de choses,
18:09et il y a encore
18:10de vrais freins structurels
18:12à une victoire
18:13pour Marine Le Pen.
18:14Elle est encore
18:15très faible
18:15dans certaines catégories
18:16de la population,
18:17chez les retraités notamment.
18:19Or,
18:19ce sont eux
18:20qui se mobilisent
18:20le plus aux élections,
18:21et elle n'a pas encore
18:22démontré une capacité
18:23à rassembler,
18:24puisqu'on le voit
18:25encore aujourd'hui,
18:26elle est quand même
18:26très isolée
18:27à l'Assemblée Nationale.
18:28Emmanuel Macron,
18:29quand il prend le pouvoir
18:30en 2017,
18:31il arrive à agréger
18:32autour de lui
18:33beaucoup de monde,
18:34François Bayrou,
18:35des gens venus de LR,
18:36des gens venus du PS,
18:37ce n'est absolument pas
18:38le cas pour Marine Le Pen
18:39aujourd'hui.
18:45Merci à Alexandre Sulzer
18:47et Quentin Laurent,
18:48l'actualité politique
18:49est à suivre en direct
18:50sur leparisien.fr.
18:52Codesources est le podcast
18:53d'actualité du Parisien,
18:55cet épisode a été produit
18:56par Clara Garnier-Amourou,
18:58Thibaut Lambert
18:59et Emma Jacob,
19:00réalisation Julien Moncouquiol.
19:02Vous pouvez nous suivre
19:03sur Twitter,
19:05ou nous écrire directement
19:06pour nous faire des retours,
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