Le 12 juillet 2013, le déraillement d’un train en gare de Brétigny-sur-Orge entraîne la mort de sept personnes et en blesse plus de 400 autres. Près de neuf ans après, la SNCF et un cheminot sont jugés pour “homicides et blessures involontaires". Code source vous raconte ce 12 juillet 2013, les années d’enquête ainsi que l’ouverture du procès au tribunal correctionnel d’Evry avec Nolwenn Cosson, du bureau de l’Essonne, et Vincent Vérier, chargé des transports au service économie.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Ambre Rosala et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : INA, France Inter, BFMTV.
#Brétigny #accident #procès
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le vendredi 12 juillet 2013, en début de soirée, un train déraille en gare de Brétigny-sur-Orge en Essonne.
00:19Le bilan est lourd, 7 morts, des centaines de personnes blessées et traumatisées.
00:24Selon l'enquête judiciaire, cette catastrophe aurait pu être évitée.
00:28Elle est la conséquence d'un mauvais entretien des voix dans le secteur de Brétigny.
00:33Un procès très attendu par les victimes s'est ouvert le lundi 25 avril, devant le tribunal correctionnel d'Evry
00:39-Courcouronne.
00:40La SNCF, SNCF Réseau et un cadre de l'entreprise sont jugés jusqu'à la mi-juin pour homicides et
00:47blessures involontaires.
00:49Code Source fait le point aujourd'hui avec deux journalistes du Parisien, Nolwenn Cosson du bureau de l'Essonne qui
00:54couvre cette audience
00:55et Vincent Verrier en charge des transports au service économie.
01:05Se mettre à la place des victimes et résumer l'horreur d'une journée de juillet 2013,
01:10voilà comment la présidente du tribunal correctionnel d'Evry a décidé d'ouvrir le procès de la catastrophe ferroviaire de
01:15Brétigny-sur-Orge.
01:17Nolwenn Cosson, le procès de la catastrophe de Brétigny-sur-Orge, c'est un procès hors normes.
01:22C'est la première fois que le tribunal d'Evry-Courcouronne va accueillir un procès avec autant de parties civiles.
01:29Elles sont 175, cela a nécessité pour accueillir toutes ces personnes d'importants travaux au sein du tribunal.
01:35La salle d'assises a été réquisitionnée, elle a été transformée en salle correctionnelle, donc le box a été démonté.
01:40Et comme la salle est trop petite, ils ont réquisitionné une seconde salle où les parties civiles sont présentes
01:46pour pouvoir suivre en temps réel ce qu'il se dit dans la première salle, grâce à des écrans qui
01:51ont été installés spécialement pour l'occasion.
01:53Et s'ils ont besoin, évidemment, ils peuvent se rendre dans la première salle pour intervenir s'ils en ressentent
01:59le besoin à un moment donné.
02:00La première salle, donc, où siègent les magistrats, est destinée aux proches des personnes décédées
02:04et à ceux qui ont été grièvement blessés au moment de l'accident.
02:08Le jour de la catastrophe ferroviaire, il y a six personnes qui sont décédées le jour même.
02:13Quatre se trouvaient sur le quai et ont été fauchées par le wagon quand il est passé.
02:17Deux autres se trouvaient dans le train.
02:19Quelques jours plus tard, une septième victime est décédée à l'hôpital des suites de ces blessures.
02:24À cela s'ajoutent 21 personnes qui ont reçu des interruptions temporaires de travail de plus de trois mois
02:29et qui se trouvaient ou sur le quai ou dans le train et qui ont été grièvement blessés durant l
02:34'accident.
02:34Qui sont les autres victimes qui assistent à l'audience dans l'autre salle ?
02:38Ce sont des personnes qui étaient présentes ce jour-là, mais qui n'ont pas été grièvement blessées.
02:42Ils ont par exemple reçu des morceaux de ballast quand le wagon s'est couché,
02:46des morceaux de cailloux, des projections de cailloux,
02:48mais aussi des personnes qui ont été psychologiquement traumatisées par cet accident.
02:52Au total, il y a eu 306 victimes qui ont été ou blessées très légèrement,
02:56ou choquées, traumatisées par cet accident.
03:02Nolwenn Cosson, à l'approche de l'ouverture de ce procès,
03:05vous avez publié dans Le Parisien une série de cinq articles sur cette catastrophe.
03:10Vous avez rencontré des victimes, des témoins du drame,
03:13qui vous ont livré, neuf ans après, leurs témoignages.
03:16Vous avez notamment échangé avec des habitants de Bretigny-sur-Orge,
03:20qui sont toujours très marqués.
03:22Et parmi eux, une femme qui réside tout près de la gare.
03:25Elle s'appelle Dalila.
03:27Oui, tout à fait. Il suffit de se promener autour de la gare
03:30et d'évoquer cette catastrophe pour que les gens, très rapidement,
03:34nous disent « Ah mais oui, j'y étais, je me souviens ».
03:36Ils se souviennent parfaitement de ce jour, exactement ce qu'ils faisaient.
03:40Dalila, c'est une femme qui est à la quarantaine
03:42et qui habite depuis des années à Bretigny-sur-Orge.
03:44Son immeuble se trouve juste en face de la gare de Bretigny.
03:48Et en fait, ce jour-là, elle était dans sa cuisine
03:51et tout d'un coup, elle a entendu un grand boom.
03:53Elle s'est rendue dans son salon.
03:54De son balcon, on voit les rails de la gare.
03:57Et c'est là où elle a vu les trains coucher,
04:00les gens paniquer, sortir du train.
04:03C'est quelque chose qui l'a beaucoup choqué,
04:05qui l'a beaucoup traumatisé,
04:06à tel point qu'elle avait pensé à déménager
04:07parce que le souvenir était trop difficile.
04:09On va revenir ensemble sur cette catastrophe
04:11à partir des témoignages que vous avez recueillis
04:14et de ce que l'on sait de l'enquête.
04:16Vincent Verrier, tout commence le vendredi 12 juillet 2013.
04:21En fin d'après-midi, un train quitte la gare d'Austerlitz à Paris.
04:24Oui, il est 16h53, c'est un train, c'est une intercité.
04:28On est à la veille du week-end du 14 juillet, fête nationale.
04:31Donc c'est des périodes de l'année où les trains sont assez chargés,
04:34les quais sont bondés.
04:35Et ce train doit relier Limoges à 20h05.
04:39Cette intercité doit passer sans s'arrêter
04:41par la gare de Bretigny-sur-Orge.
04:44Nolwenn-Cauchon, c'est une voie très empruntée.
04:46Oui, tout à fait.
04:47Il y a d'abord le RERC qui passe par là,
04:48mais pas seulement, il y a les trains de marchandises.
04:50Et il ne faut pas oublier qu'on est à 30 km de Paris.
04:52Donc beaucoup d'intercités de TGV empruntent cette voie.
04:56Le train entre en gare de Bretigny-sur-Orge à 17h11.
05:00En entrant en gare de Bretigny,
05:02il a une vitesse à peu près de 137 km heure.
05:05La limitation, c'est 150.
05:07Eh bien, vous avez les trois premières voitures qui passent,
05:09il n'y a pas de difficultés.
05:11Malheureusement, la quatrième voiture, ça déraille,
05:13ça entraîne toute la fin du convoi.
05:14Donc on a quatre voitures qui se couchent sur les voies
05:17et une qui vient balayer le quai ou attendent des voyageurs.
05:21Dans l'accident, le conducteur a le réflexe de tirer le signal d'alarme
05:24qui alerte les autres trains qui circulent sur la voie
05:28parce qu'il y avait un train qui venait de Toulouse
05:30qui allait entrer en gare et qui lui donc s'arrête à temps.
05:33L'un des passagers de ce train, Jean-Luc Marissal,
05:36vous a raconté précisément comment il a vécu ce déraillement.
05:40Il rentre du travail, c'est un trajet qu'il fait régulièrement
05:43et dans le train, il travaille sur son ordinateur.
05:46Quand tout d'un coup, ça commence à baloter, ça bouge.
05:49En fait, le train est en train de dérailler.
05:51Il ne le comprend pas tout de suite, mais lui, il s'accroche à son siège
05:54pour tenir le choc.
05:56Il ne raconte pas exactement ce qui s'est passé,
05:58mais en tout cas, quand il reprend ses esprits,
06:00il y a des corps partout, les bagages ont volé.
06:03Et lui, il se dit, je dois sortir de là.
06:05Et en fait, il se rend compte qu'il ne peut pas sortir l'entrée de son train
06:10et encombrer.
06:11Et du coup, il s'accroche à son siège et en fait,
06:13il tape avec ses pieds dans la fenêtre qui était déjà bien fragilisé par l'accident.
06:17Et c'est comme ça qu'il sort.
06:19Il est blessé, il a du sang partout,
06:21mais ce ne sont pas des graves blessures.
06:23Il rejoint le parvis où il y a d'autres passagers comme lui
06:26qui sont sortis du train.
06:27Il retrouve un collègue.
06:29Il lui emprunte son téléphone parce que lui,
06:30dans la précipitation et dans la peur,
06:32il a tout laissé sur place.
06:33Il appelle sa famille qui n'était pas encore au courant
06:35qu'il y avait eu un accident.
06:36Il les rassure comme il peut.
06:38Et ensuite, il attend.
06:39Vous avez parlé aussi avec Renaud.
06:42Son prénom a été modifié pour conserver son anonymat.
06:45Il est l'un des premiers policiers à arriver sur les lieux.
06:48Quand il arrive sur place, à peu près une demi-heure
06:51après le déraillement,
06:53il monte directement sur le quai.
06:54Et là, de ce qu'il me raconte,
06:56c'est qu'il s'attendait à une crise d'hystérie,
06:58des gens qui courent partout, paniqués.
07:01Et en fait, pas du tout.
07:02C'est un silence de mort.
07:03Les gens sont très disciplinés.
07:05Ils attendent.
07:06Ils voient des gens blessés.
07:08Ils saignent de la tête, des jambes, des bras.
07:10Mais ils ne sont pas grièvement blessés.
07:13Les secours sont déjà sur place
07:14et s'occupent déjà d'eux.
07:16Pendant quelques secondes,
07:17il perd un peu son sang-froid.
07:19Et puis très vite, il se reprend.
07:20C'est un policier.
07:21C'est un accident.
07:22Ça, il sait faire.
07:23Donc, il reprend comme si c'était un accident lambda.
07:26Établir un périmètre de sécurité
07:27pour éviter que les gens entrent dans la guerre.
07:30Beaucoup de gens étaient curieux
07:31et voulaient voir ce qui se passait.
07:32Et surtout, établir un périmètre
07:34pour que lorsque les inquiéteurs seront sur place,
07:36ils puissent mener leur investigation
07:37dans les meilleures conditions possibles.
07:38Nolwenn Cosson, à ce moment-là,
07:40vous travaillez pour un journal concurrent,
07:42Le Républicain de l'Essonne.
07:44Déjà, comment est-ce que vous entendez parler de cet accident ?
07:46Je suis à la rédaction.
07:47On reçoit un coup de téléphone.
07:49On nous dit qu'il s'est passé quelque chose
07:50en gare de Bretigny.
07:52Un déraillement, mais sans trop de détails.
07:54Un de mes collègues me dit
07:55« Ah, bah, je vais aller voir. »
07:57On est un vendredi soir.
07:58Ça allait être le début du week-end.
07:59Donc, moi, je rentre chez moi.
08:02Et quelques minutes plus tard,
08:04je commence à comprendre
08:04que c'est plus grave que ce qu'on pensait.
08:07J'appelle mon collègue.
08:08Et là, il me dit
08:08« Non, Nolwenn, il faut que tu viennes. »
08:10L'information vient de tomber un train à dérailler
08:13en gare de Bretigny-sur-Orge.
08:16C'est dans l'Essonne.
08:16Il y aurait des victimes.
08:17On verra cela dans un instant.
08:19Vous arrivez à la gare
08:20à peu près deux heures après l'accident.
08:22Décrivez-nous l'ambiance sur place.
08:24Le quartier est déjà bouclé
08:25par les forces de l'ordre.
08:26Je me gare très, très loin.
08:28Je remonte toute la gare.
08:29Il fait très chaud ce jour-là.
08:31Je vois des centaines de personnes.
08:33Il y a les forces de l'ordre, les pompiers,
08:35mais aussi des passagers
08:35qui ne sont pas blessés,
08:36mais qui attendent
08:37parce qu'eux devaient rejoindre Limoges
08:39et on doit les rapatrier sur Paris
08:40pour qu'ils puissent repartir.
08:42Il y a un monde fou.
08:43Les gens veulent savoir,
08:44les journalistes aussi,
08:45mais c'est très calme.
08:47Pas de pleurs, il n'y a pas de cris.
08:49Une heure après mon arrivée,
08:51on commence à voir arriver
08:52les politiques, le gouvernement.
08:53Manuel Valls,
08:54qui était à l'époque
08:54ministre de l'Intérieur,
08:55mais qui était l'ancien maire d'Evry,
08:56qui connaît très bien
08:57Bretigny Surorch,
08:58qui était présent.
08:59Et dans le même temps,
09:00le président de la République de l'époque,
09:01François Hollande,
09:02arrive sur place.
09:03Je voulais également
09:05dire aux familles
09:06notre solidarité.
09:07Il y a un moment
09:09qui va être très long
09:10pour l'identification
09:12des victimes.
09:13Les enquêtes
09:14sont en cours
09:15et dès qu'il sera possible
09:17de donner les noms
09:18et de prévenir les familles,
09:19bien sûr,
09:19ça sera fait,
09:20mais je peux comprendre
09:22l'appréhension
09:22et la douleur.
09:25Celui qui est alors
09:25le patron de la SNCF,
09:27Guillaume Pépi,
09:27se rend aussi sur les lieux.
09:29Il ne cache pas son émotion
09:31devant les journalistes,
09:32Vincent Verrier.
09:32Oui, assez rapidement,
09:34il explique un peu
09:35ce qui s'est passé,
09:36en tout cas,
09:36les premiers éléments
09:36qu'il a.
09:37Il insiste sur la situation
09:39des victimes
09:40et là,
09:41il commence à avoir
09:42des trémots dans la voix.
09:43La première pensée
09:44que nous avons tous,
09:45c'est la solidarité
09:46vis-à-vis des victimes
09:47et de leur famille
09:48et une très,
09:48très grande émotion
09:49parce que les catastrophes
09:51ferroviaires
09:51sont quelque chose
09:52qui bouleverse
09:53l'ensemble de l'opinion
09:54et l'ensemble
09:55de ceux qui sont attachés
09:56au train d'un autre pays.
09:58Ce n'est pas vraiment étonnant
09:59parce que la SNCF,
10:00c'est une grande maison,
10:01une grande famille
10:02et pour les avoir côtoyés
10:03pendant de nombreuses années,
10:04c'est des gens
10:04qui sont quand même
10:05attachés à leur métier.
10:06Leur job,
10:07c'est quand même
10:07de faire rouler des trains
10:08en toute sécurité
10:08et là,
10:09la SNCF a failli.
10:10Donc,
10:11du simple cheminot
10:12jusqu'à la tête
10:12de l'entreprise publique,
10:14c'est dur.
10:14C'est une journée qui est compliquée.
10:15Le soir même,
10:16plusieurs experts
10:17sont mandatés sur place
10:18pour comprendre
10:18les causes de ce déraillement.
10:20Oui,
10:21ils se rendent à la fois
10:21sur les voies,
10:22dans les bureaux
10:23pour récupérer
10:23de la documentation
10:24sur les expertises
10:26qui ont pu avoir lieu
10:26les jours,
10:27les semaines précédentes.
10:29Et là,
10:29assez rapidement,
10:30ils se rendent compte
10:31que l'origine de l'accident
10:33provient d'une éclisse.
10:34L'éclisse,
10:35c'est quoi ?
10:35C'est une agrafe métallique
10:36qui doit faire
10:37une dizaine de kilos
10:39et 30 cm de long
10:40avec des trous
10:42sur lesquels
10:42vous mettez des boulons
10:44et qui vont venir
10:45rattacher deux rails.
10:46Vous imaginez bien
10:47qu'on ne produit pas
10:47des rails de 200 km,
10:48elles sont fragmentées
10:49et donc pour les relier,
10:50on met ces attaches métalliques.
10:52Et bien là,
10:52on s'aperçoit
10:53qu'une de ces attaches
10:54s'est détachée,
10:55qu'elle est simplement
10:56rattachée à la voie
10:57avec un boulon.
10:58Les trois autres boulons
10:58sont tombés.
10:59Elle est venue pivoter
11:00et s'encastrer
11:01dans ce qu'on appelle
11:02un cœur de voie.
11:03Le cœur de voie,
11:04c'est quoi ?
11:04C'est un endroit
11:04où les rails se croisent.
11:06Quand cette éclisse
11:07vient s'encastrer
11:08dans cet espacement
11:09où les rails se croisent,
11:10ça fait un effet tremplin
11:11et donc vous avez
11:12les roues du train
11:13qui déraillent.
11:14Ils se rendent compte aussi
11:15que la portion de voie
11:16où s'est déroulé l'accident
11:18n'est pas très bien entretenue.
11:20Ils découvrent
11:20des tire-fonds
11:23c'est des pièces métalliques
11:25qui servent à accrocher
11:27la voie au sol.
11:28Ils découvrent
11:29des boulots manquants.
11:30Pour ces experts
11:31qui ont l'habitude
11:31de traîner leur guêtre
11:32sur les voies françaises,
11:34l'état de cette partie de voie
11:36n'est pas normal.
11:36Il y a un problème,
11:37il y a un souci.
11:38Que répond la SNCF
11:39à ses premières constatations ?
11:40Ce qu'elle va dire
11:41suite à ses différents témoignages,
11:43c'est que s'il y a un désordre,
11:45donc s'il manque des choses
11:46dans cette portion de voie,
11:47c'est à cause de l'accident.
11:48Grosso modo,
11:48c'est le train
11:49qui a balayé tout sur son passage
11:50et donc tout est en désordre
11:52à cause de ça.
11:54Et sa deuxième réponse,
11:55c'est de dire aussi,
11:56parce que quand les experts
11:57viennent sur Bretigny,
11:59ils essayent de récupérer
12:00la documentation
12:00et la documentation,
12:01il n'y a pas grand chose.
12:02On ne voit pas de rapport
12:03très détaillé
12:03sur la maintenance
12:04qui a été faite
12:05et donc la SNCF dit
12:06que ce n'est pas parce
12:07qu'il n'y a pas de rapport
12:08qu'il n'y a pas eu maintenance.
12:09Peut-être que les gens
12:10ont fait leur travail
12:10mais derrière,
12:11ils n'ont pas rédigé
12:12un document qui explique
12:14en détail ce qui a été fait.
12:15Dès le surlendemain,
12:16de hauts cadres de la SNCF
12:18rendent visite
12:19aux proches
12:19des personnes disparues
12:20et à plusieurs victimes
12:22dans différents hôpitaux.
12:23Alors c'est vrai
12:24que c'est un épisode
12:24qui est assez surprenant.
12:25Il faut imaginer,
12:26on est deux jours
12:26après l'accident
12:27et là,
12:27vous avez des membres
12:28du COMEX.
12:28Alors le COMEX,
12:29c'est quoi ?
12:29C'est grosso modo
12:30l'équipe dirigeante
12:31de la SNCF
12:32qui fait le tour
12:32des hôpitaux
12:33où les victimes
12:34de l'accident
12:34ont été hospitalisées
12:36et commencent
12:36à distribuer des chèques.
12:37Et des chèques,
12:38ce n'est pas des petites sommes
12:38puisque pour les proches
12:40des personnes décédées,
12:41c'est 50 000 euros.
12:42Pour ceux qui sont restés
12:42plus de deux jours,
12:43c'est également 50 000 euros.
12:44Pour ceux qui sont restés
12:45moins de deux jours,
12:46c'est 10 000 euros.
12:47Normalement,
12:47quand on fait ce genre de chèques,
12:48ces chèques sont défalqués
12:50de la somme
12:50qui sera versée
12:51à la fin aux victimes.
12:52Et là,
12:53ce n'est pas le cas.
12:53On a un protocole d'accord
12:54qui dit quoi ?
12:54Qui dit que ces sommes-là,
12:55c'est des simples dons.
12:57Alors là,
12:57ça pose une difficulté.
12:58Ça pose une difficulté
12:58parce que c'est de l'argent public.
13:00On ne distribue pas
13:00comme ça des chèques.
13:02Tout ça est très encadré.
13:03Et puis,
13:04il y a une petite polémique qui naît,
13:05c'est est-ce que
13:06la SNCF a essayé d'acheter
13:08ces victimes ?
13:09Vous avez même des victimes
13:09qui ont refusé
13:10d'encaisser le chèque
13:11de peur que derrière,
13:12elles ne puissent pas
13:13porter plainte
13:14contre l'entreprise publique.
13:15Même si à la base,
13:16on peut imaginer
13:16que ça part d'une bonne intention,
13:18au final,
13:18ça crée un malaise.
13:19Dans les jours qui suivent,
13:20le parquet d'Evry
13:21ouvre une information judiciaire
13:23pour rechercher
13:24et déterminer
13:25les responsabilités
13:26du déraillement.
13:27À partir de là,
13:28Vincent Verrier,
13:29deux théories vont s'affronter
13:30tout au long de l'enquête.
13:32Lesquelles ?
13:33Vous avez la théorie
13:34de la SNCF
13:34qui explique
13:35que la rupture
13:37de l'église
13:38est venue brutalement.
13:40C'est-à-dire que
13:41tous les trains passent
13:42pendant la journée,
13:42le seul coup,
13:43elle cède,
13:43hop,
13:44et on a un train
13:44qui déraille.
13:45Ça, c'est la version
13:45de la SNCF.
13:46Et la version
13:47des juifs d'instruction,
13:48c'est plutôt que
13:49la maintenance
13:49sur le secteur de Bretigny
13:50a été mal réalisée,
13:52mal organisée,
13:54et qu'on est arrivé
13:55à une détérioration
13:56de cette partie de voie
13:57et que petit à petit,
13:59les boulons ont cédé,
14:00les fissures se sont développées,
14:02l'église se sont retournée
14:03et a occasionné l'accident.
14:04Fait inédit
14:05dans le cadre
14:06d'une enquête
14:06sur une catastrophe ferroviaire,
14:08les enquêteurs
14:09décident de placer
14:10plusieurs cheminots
14:11sur écoute.
14:12Ils ressentent
14:13que la SNCF
14:14ne joue pas le jeu,
14:15que la SNCF
14:15leur cache des choses.
14:16Donc, ils décident
14:17de cibler quelques cheminots
14:18et ils écoutent.
14:20Et là,
14:21ce qu'ils apprennent,
14:21c'est quand même
14:22un petit peu surprenant,
14:23notamment le service juridique
14:24qui décide
14:25de convoquer
14:25les personnes
14:26qui ont été entendues
14:26par les policiers
14:27pour les briefer.
14:30de son salarié.
14:31Sauf que là,
14:32on leur dit
14:32écoute,
14:33fais des réponses courtes,
14:35ne rentre pas trop
14:35dans le détail,
14:36n'importe pas de documents
14:37avec toi.
14:38Donc, on sent
14:38qu'il y a une volonté
14:39quand même de l'entreprise
14:39de ne pas tout dire.
14:40On s'aperçoit aussi,
14:42autre élément troublant,
14:43que la SNCF
14:44est en possession
14:46du rapport
14:46que doit rendre
14:48le BATT.
14:49C'est le bureau
14:49enquête et accident.
14:50C'est l'enquête administratif
14:52qui est organisée
14:53chaque fois qu'il y a
14:53un accident
14:54de transport collectif
14:55en France.
14:56Eh bien, la SNCF
14:56a déjà eu le rapport
14:57avant que sa version officielle
15:00Il y a plusieurs petites choses
15:01comme ça qui apparaissent.
15:03Dans ces écoutes,
15:04on s'aperçoit
15:05que la vision
15:06qu'ont les cadres
15:07de la SNCF
15:08sur les cheminots
15:08qui bossent à Bretigny
15:10est extrêmement négatif.
15:12On a notamment
15:13un échange
15:14où on a un cadre
15:15qui est dépêché
15:16sur Bretigny
15:16après l'accident
15:17qui dit à notre cadre
15:18à Bret,
15:19donc à Bretigny,
15:20c'est tous des burnes.
15:21Il faut tous les virer.
15:22Donc, en substance,
15:23les mecs ne font pas le boulot,
15:25ils n'ont plus rien à faire
15:25à la SNCF.
15:26Dans ces écoutes,
15:27il est aussi question
15:27de la vitesse maximale
15:29des trains dans le secteur.
15:31qui, malgré les recommandations,
15:32n'a jamais été réduite.
15:34On sait qu'un rapport de 2008
15:35dit que la situation
15:37est déjà très compliquée
15:38sur Bretigny.
15:39Il ne faut plus rouler à 150,
15:40il faut rouler à 100.
15:41Or, cette réduction de vitesse
15:43n'a jamais été appliquée.
15:45Et dans les échanges
15:46qu'on a après l'accident,
15:47échange téléphonique,
15:49les experts se disent
15:50qu'il faut réduire la vitesse
15:51sur le secteur de Bretigny
15:52parce qu'il y a un problème.
15:53Mais ils hésitent à le faire
15:54parce qu'ils se disent
15:55que si on le fait,
15:56ça voudra dire
15:56qu'on ne l'a pas fait
15:57en temps et en heure.
15:58Ils préfèrent laisser
15:59une situation un peu de
16:00d'insécurité sur Bretigny
16:02plutôt que de corriger
16:03tout de suite.
16:04Quand ils entendent ça,
16:05les enquêteurs,
16:06ils sont éberlués.
16:10Autre fait qui intrigue
16:12les enquêteurs,
16:12quelques semaines après le drame,
16:14l'ordinateur d'un cheminot
16:16en charge de l'équipe de maintenance
16:17dans le secteur de Bretigny
16:18a disparu.
16:20C'est lui qui a normalement
16:21dans son ordinateur
16:22les rapports de maintenance,
16:23etc.
16:24Et donc,
16:25quelques semaines après l'accident,
16:27son ordinateur disparaît.
16:28Plus de nouvelles de cet ordinateur
16:30pendant plusieurs mois.
16:31D'ailleurs,
16:32même le vol de cet ordinateur,
16:33la SNCF tarde à le déclarer.
16:35Et finalement,
16:36on le redécouvre,
16:36donc il disparaît
16:38fin juillet, début août
16:39et il réapparaît
16:40mi-octobre.
16:41On le découvre
16:42dans un petit atelier
16:43à côté de la gare de Bretigny.
16:45Avec cette particularité,
16:46c'est que l'ordinateur
16:47est vide,
16:47c'est-à-dire que
16:47tout ce qu'il contenait
16:48a disparu,
16:49a été effacé.
16:50Les enquêteurs ont aussi
16:51des doutes
16:51sur certains documents
16:53que leur fournit la SNCF.
16:55Oui,
16:55ils se disent
16:56est-ce que ces documents
16:56ne sont pas des faux ?
16:57Est-ce que ce ne sont pas
16:58des rapports de maintenance
16:59qu'on a remplis
16:59après l'accident
17:00pour expliquer
17:01que le travail avait été fait ?
17:03Et donc,
17:03ils entendent des cheminots
17:05et donc,
17:05on a notamment un cheminot
17:06qui explique
17:07que le soir de l'accident,
17:08il y a un cadre
17:08un peu gradé
17:09qui arrive
17:10et qui aurait demandé
17:11à modifier
17:12certains documents.
17:13Et quand ce cadre
17:13est entendu
17:14par la justice,
17:15il dit
17:15non, non, non,
17:16je n'ai jamais demandé ça,
17:18ces cheminots me chargent,
17:19mais moi,
17:19je n'ai jamais demandé ça.
17:20En juin 2014,
17:22plusieurs rapports
17:23émis par plusieurs experts différents
17:25sont remis à la justice.
17:26Vous voyez,
17:27ces rapports sont très éclairants.
17:28Très éclairants,
17:29pourquoi ?
17:29Parce que ces rapports
17:30expliquent comment
17:31les boulons
17:32se sont désolidarisés
17:35de l'église.
17:35C'est un problème
17:37de maintenance,
17:37un manque de maintenance
17:38qui a fait
17:39qu'à un moment,
17:40cette église
17:41a cédé.
17:42Donc là,
17:42on a plusieurs rapports
17:43qui viennent dire
17:44que la SNCF
17:45n'a pas fait le boulot.
17:46Après,
17:46il faut bien imaginer
17:47que la SNCF
17:48ne va pas se laisser faire
17:48et donc elle a demandé
17:49plusieurs contre-expertises,
17:51elle a demandé notamment
17:52qu'on analyse
17:52s'il n'y a pas un problème
17:53dans le métal
17:54de l'église,
17:55du rail,
17:55etc.
17:56Les retours de ces expatriés
17:57disent quoi ?
17:57Ils disent oui,
17:58on n'a pas une pièce parfaite,
18:01mais il n'y a pas de pièce parfaite
18:02dans ce type de métier.
18:03Donc,
18:03ce n'est pas ça
18:04qui a causé l'accident.
18:07Trois mois plus tard,
18:08en septembre 2014,
18:09la SNCF
18:10et Réseau Ferré de France,
18:12aujourd'hui SNCF Réseau,
18:14sont mis en examen
18:15pour homicides
18:16et blessures involontaires
18:18et cinq ans plus tard,
18:20le 10 janvier 2019,
18:21un cadre de la SNCF
18:23est à son tour
18:24mis en examen.
18:25D'abord,
18:26Vincent Verrier
18:26qui est cet homme.
18:27Il s'appelle Laurent Vaton,
18:29à l'époque de l'accident,
18:30donc en 2013,
18:31il a 24 ans
18:32et c'est son premier poste
18:34en tant qu'encadrant.
18:35Il est arrivé
18:36quelques mois avant,
18:38c'est un jeune homme,
18:39visiblement,
18:39il satisfait la SNCF,
18:41il n'y a pas de difficultés particulières,
18:43sauf qu'en grattant un petit peu,
18:45on se rend compte
18:45que finalement,
18:46il a du mal à se faire respecter,
18:48que c'est compliqué pour lui
18:49de faire bosser tout le monde,
18:51que le secteur de Bretigny,
18:52il est compliqué
18:54à entretenir,
18:55à gérer,
18:55à contrôler
18:55parce qu'il est sur un terrain
18:57fait de glaise,
18:58on a,
18:59dans la manière
19:00dont les voies ont été construites,
19:01ça tire dans tous les sens,
19:02c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de force
19:04qui s'exerce sur les voies.
19:05Ça tient,
19:06il n'y a pas de...
19:07Mais ça nécessite
19:08des contrôles réguliers
19:09beaucoup plus
19:09que dans d'autres secteurs
19:10de France.
19:11Donc,
19:12ce n'est pas un cadeau
19:12qu'on lui a fait.
19:13Et pour montrer
19:14que c'est dur pour lui,
19:15on a un échange de textos
19:17entre M. Vatton
19:18et puis une collègue
19:19où il dit qu'il est à bout,
19:21grosso modo,
19:21qu'il est extrêmement fatigué,
19:23qu'à Bretigny,
19:24ça pète dans tous les sens.
19:25Il y a des boulons
19:26qui sautent partout,
19:27que les voies sont
19:28assez compliquées
19:28à entretenir.
19:29Et ça,
19:29c'est la veille de l'accident.
19:30Et que reprochent précisément
19:31les magistrats instructeurs
19:33à Laurent Vatton ?
19:34Eh bien,
19:35c'est le dernier cheminot
19:35à avoir fait une tournée
19:37du secteur
19:37où a eu lieu l'accident.
19:38La tournée a eu lieu
19:39une semaine avant,
19:40le 4 juillet.
19:41Et pendant cette tournée,
19:43il ne voit rien de particulier.
19:44Il ne voit pas
19:44qu'il manque des boulons
19:46à cet endroit-là.
19:47Ce qui est étonnant
19:47parce qu'on a des rapports
19:48d'expertise
19:48qui disent quoi ?
19:49Qui disent
19:49les boulons ont disparu
19:51depuis plusieurs jours.
19:52Alors,
19:52est-ce qu'il ment ?
19:53Est-ce qu'il est passé ?
19:55Il n'a pas vu ?
19:56Donc,
19:56lui dit
19:56« Moi,
19:57je n'ai rien vu. »
19:58Et d'ailleurs,
19:59les enquêteurs vont récupérer
20:00le rapport de maintenance
20:02qui a été fait ce jour-là
20:03par Laurent Vatton.
20:03Et en fait,
20:04pour dire que tout va bien,
20:05il fait un smiley.
20:06Donc,
20:06ça participe un petit peu
20:07à cette légèreté
20:09dans la manière
20:10dont la SNCF
20:10a entretenu
20:11le réseau à Bretigny.
20:12Ce cheminot,
20:13Nolwenn Cosson,
20:14est la seule personne physique
20:16poursuivie durant ce procès.
20:17Il risque jusqu'à
20:18trois ans de prison.
20:20Que pensent
20:20les partis civils
20:21à ce sujet ?
20:22Pour eux,
20:23cet homme est un bouc émissaire.
20:24Il n'est pas le seul responsable,
20:25si en tout cas,
20:26il l'est,
20:26de l'accident.
20:27Pour eux,
20:28il y a d'autres personnes,
20:29d'autres techniciens
20:30qui travaillent avec lui,
20:31mais aussi sa hiérarchie
20:34Vincent Verrier,
20:35que risque la SNCF
20:36dans ce procès ?
20:37C'est des personnes morales
20:38qui sont mis en examen
20:39du côté de la SNCF.
20:41Donc,
20:41pas de peine de prison.
20:42Ce serait uniquement
20:42une peine d'amende.
20:43Et c'est une peine d'amende
20:44plutôt légère
20:45puisque c'est 225 000 euros.
20:47Donc,
20:47l'enjeu de la SNCF,
20:48c'est pas tant
20:48ces 225 000 euros.
20:50Je vous rappelle
20:51le chiffre d'affaires de la SNCF,
20:52c'est plusieurs milliards d'euros,
20:52c'est plus de 20 milliards d'euros.
20:54Non,
20:54l'enjeu pour la SNCF,
20:55c'est sa réputation.
20:56Si elle est condamnée pour ça,
20:57c'est-à-dire que la SNCF
20:58n'a pas fait le job.
20:59C'est une question
21:00qui est importante pour elle
21:01parce que lorsque l'accident
21:02s'est produit,
21:02je me souviens d'une discussion
21:03que j'avais eue
21:04avec un cadre dirigeant.
21:05Pendant quelques instants,
21:06ils se sont posés la question
21:07est-ce qu'il faut arrêter
21:07tous les trains ?
21:08Est-ce que ce qui s'est passé
21:09à Britannique,
21:09on peut l'avoir
21:10à d'autres endroits en France
21:12parce que c'est un accident
21:13qui n'a jamais dû arriver ?
21:16Nolwenn Cosson,
21:16ces dernières années,
21:17vous avez pu longuement
21:18échanger avec Thierry Gomez
21:20qui est parti civil
21:22dans ce procès
21:22en tant que président
21:24de l'association
21:25Entraide et Défense
21:26des victimes
21:27de la catastrophe de Bretigny.
21:28Il a perdu ses deux parents
21:30ce jour-là.
21:31Oui, Marc et Geneviève,
21:33âgés de 81 et 82 ans,
21:35étaient sur le quai de la gare.
21:37Ils attendaient le RERC
21:38pour se rendre
21:40chez Thierry Gomez
21:41pour passer le week-end
21:43en famille
21:43pour le 14 juillet.
21:45Et en fait,
21:46ils ont été fauchés
21:47par le train.
21:48Ils sont morts sur le coup.
21:49Thierry Gomez,
21:50lui, les attendait
21:51à la gare près de chez lui.
21:53Quand il a vu d'abord
21:54les écrans de la SNCF
21:55s'éteindre,
21:56sans explication,
21:58il a évidemment
21:58cherché à joindre ses parents,
22:00mais ils étaient déjà
22:01injoignables.
22:02Le lendemain,
22:03il prend sa voiture,
22:03il vient sur Bretigny,
22:04il fait le tour
22:05de tous les commissariats,
22:06de tous les hôpitaux,
22:06de toutes les gendarmeries.
22:08Il se dit que peut-être
22:09ils sont montés dans un bus
22:10avec d'autres passagers
22:11et qu'ils sont dans
22:12une autre ville
22:12et qu'ils n'ont plus
22:13les moyens de le contacter.
22:15Il cherche partout,
22:16en vain.
22:17C'est que le lundi
22:18qu'officiellement,
22:19il apprendra
22:19qu'ils sont morts
22:20lors de l'accident.
22:23Thierry Gomez
22:24et les autres victimes,
22:26qu'est-ce qu'elles attendent
22:27de ce procès ?
22:28La vérité,
22:29elles veulent obtenir
22:30enfin des réponses.
22:31Après neuf ans d'attente,
22:33le procès se tient.
22:34Enfin,
22:34ils avaient hâte
22:35et aujourd'hui,
22:36ils veulent comprendre
22:36comment et pourquoi
22:37cette catastrophe est arrivée.
22:38Ils ont aussi hâte
22:40d'entendre l'audition
22:41de Guillaume Pépi
22:41et qu'ils reconnaissent
22:43la responsabilité
22:43de la SNCF.
22:47Merci à Nolwenn Causson
22:48et Vincent Verrier.
22:49Cet épisode a été produit
22:51par Ambre Rosala
22:52et Raphaël Pueillot.
22:54Réalisation,
22:54Julien Moukoukiol.
22:56Code Source,
22:57c'est le podcast
22:57d'actualité du Parisien.
22:59Nous publions
22:59un nouvel épisode
23:00chaque soir de la semaine.
23:02Pour n'en rater aucun,
23:03n'oubliez pas de vous abonner
23:04sur votre application audio préférée.
23:06Et puis,
23:07si vous aimez Code Source
23:08et que vous voulez
23:08nous le dire
23:09ou simplement
23:10nous laisser un commentaire,
23:11n'hésitez pas
23:12à nous écrire.
23:13code source
23:13at leparisien.fr
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