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Connu des services de police pour avoir attaqué un camp de migrants en 2022, l’homme de 69 ans a causé la mort de trois membres de la communauté kurde à Paris le 23 décembre dernier. Pour Code source, Ronan Folgoas, journaliste au service police-justice du Parisien, retrace le parcours criminel de William Malet.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : TF1, France 24.

#attentat #kurdes

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 23 décembre, un homme de 69 ans a fait trois morts, rue Danguin dans le 10e arrondissement,
00:17deux hommes et une femme, membres de la communauté kurde.
00:21Les autorités françaises parlent jusqu'ici d'un crime raciste,
00:24mais au sein de la communauté kurde, beaucoup sont convaincus qu'il s'agit en fait d'un attentat
00:30probablement téléguidé par la Turquie, pays dont les Kurdes sont l'une des minorités.
00:35Maîtrisé puis arrêté, le tueur William Mallet est en détention provisoire.
00:39Qu'est-ce que l'on sait de lui, de son profil, de son itinéraire et de ses possibles motivations
00:44?
00:44Élément de réponse aujourd'hui dans Codesource avec un journaliste du service police-justice du Parisien,
00:49Ronan Folgoas.
01:01Ronan Folgoas, le vendredi 23 décembre, William Mallet a tué trois personnes,
01:06une femme et deux hommes et fait trois blessés.
01:09L'un des morts était un chanteur âgé de 29 ans, connu de la communauté kurde.
01:14Oui, il s'appelait Myr Pervers, un chanteur kurde engagé, réfugié politique.
01:20Et ces funérailles dans l'est de la Turquie ont d'ailleurs donné lieu à des incidents.
01:26Les autorités turques ont empêché la foule d'accéder au cimetière.
01:32Et ça donne évidemment une idée aussi de la popularité qui l'entourait.
01:37Un chanteur très très connu, mais tout de même assez réputé dans la communauté kurde.
01:56Parmi les victimes, je le disais, il y a une femme. Qu'est-ce que l'on sait d'elle
01:59?
02:00Il s'agit d'Emine Cara, une femme d'une cinquantaine d'années,
02:03qui est responsable du mouvement des femmes kurdes de France.
02:06C'est une ancienne combattante et militante au sein du PKK, le parti des travailleurs kurdes.
02:13Un groupe qualifié de terroriste d'ailleurs par la Turquie.
02:17Cette femme a participé au combat contre l'état islamique, à Kobané et à Raqqa notamment.
02:22C'est une figure très connue de la communauté kurde, assez emblématique.
02:25Et donc elle a été enterrée au Kurdistan côté irakien.
02:29Et qui est la troisième victime ?
02:30La troisième victime est un retraité qui s'appelle Abdurrahman Kizil,
02:33âgé d'une soixantaine d'années.
02:35Lui aussi était originaire du nord-est de la Turquie.
02:39Un homme qui a été persécuté semble-t-il en Turquie.
02:42Et qui a donc migré ensuite en France pour échapper aux autorités turques.
02:53Le samedi 24 décembre, la communauté kurde se mobilise à Paris ou encore le lundi 26 à Rennes.
02:59Démarche en hommage à ces trois victimes.
03:01Quel est le sentiment qui domine à ce moment-là dans les cortèges ?
03:05La peur d'abord et la colère ensuite.
03:08La peur parce que ce sont trois personnes qui ont été visées pour leur appartenance à la communauté kurde.
03:14Et donc au sein de cette communauté il y a évidemment une peur contagieuse d'être eux aussi à leur
03:19tour visés.
03:20Et puis la colère parce que assez rapidement à leurs yeux, les autorités françaises, et notamment Gérald Darmanin, ministre de
03:28l'Intérieur,
03:29vont diffuser l'idée que cette tuerie de la rue d'Anguin n'est pas à dimension terroriste ou politique.
03:36Il s'agit finalement d'une attaque raciste certes, mais l'œuvre d'un homme isolé.
03:41Nous savons très bien que c'est un attentat terroriste.
03:46Le motif raciste ne peut seulement être retenu.
03:50Que l'État français n'attend pas de nouveau ni croit à cette version.
03:56Il s'agit d'un assassinat politique, il s'agit d'un assassinat terroriste,
04:01il s'agit d'un assassinat orchestré par la Turquie de Recep Tayyip Erdogan.
04:07Ronan Folgoas, vous êtes journaliste au service police-justice du Parisien,
04:11et vous, vous avez travaillé sur l'itinéraire et la personnalité du tueur William Mallet.
04:16Le lundi 26 décembre, vous avez rencontré ses parents dans leur appartement à Paris,
04:21dans le deuxième arrondissement, pas très loin du lieu de la tuerie, dans le dixième rue d'Anguin.
04:26Des parents très âgés, la mère a 90 ans.
04:29D'un mot, qu'est-ce qu'ils ressentent alors que leur enfant a commis le pire ?
04:32Ils sont effondrés. Quand ils me reçoivent dans leur petit appartement,
04:36au sixième étage d'un immeuble du quartier Montorgueil,
04:39ils sont animés par une envie principale, celle de démentir l'idée que leur fils pourrait être manipulé par la
04:46Turquie, par exemple.
04:48Pour eux, cette idée est complètement invraisemblable.
04:52Leur fils, s'il a commis ces actes terribles,
04:55c'est d'abord parce qu'ils seraient animés, traversés depuis des années et des années,
04:59par un fort ressentiment à l'égard des étrangers en général,
05:03et non pas des cures en particulier.
05:04William Mallet vivait juste à côté de chez eux depuis des années, où concrètement ?
05:08William Mallet vivait dans une chambre de bonne,
05:12une chambre de 6 mètres carrés avec un lit, une armoire,
05:15et les toilettes sur le palier.
05:17Cette chambre de bonne est contiguë, elle touche l'appartement parental,
05:21et donc William Mallet partageait les repas avec ses parents depuis, en réalité, plusieurs années.
05:28Qu'est-ce que ses parents racontent de son enfance ?
05:30Il m'explique d'abord que William Mallet a été confié très jeune à sa grand-mère maternelle,
05:35qui habitait métro Château d'Eau, dans le 10e arrondissement de Paris.
05:39Ses parents, à l'époque, sont très jeunes, ils ont une vingtaine d'années,
05:41ils commencent dans la vie professionnelle,
05:43et ils ont des professions relativement exigeantes.
05:46Le père est dessinateur industriel,
05:48la maman travaille dans la confection de textiles,
05:50de robe de mariée en particulier,
05:52et ils rejoignent au bout de quelques années le même immeuble que la grand-mère maternelle,
05:58et donc ils retrouvent leur fils.
06:00Ils ont un deuxième enfant, un garçon aussi,
06:02qui est trois années plus jeune que William Mallet.
06:05Et dans leurs souvenirs, William Mallet a toujours été un enfant très discret,
06:10très effacé, peu affectueux, disent-ils, à leur égard.
06:14William Mallet fait son service militaire au début des années 70,
06:17dans un régiment de parachutistes, à Carcassonne, dans l'Aude.
06:21Ensuite, il fait carrière à la SNCF.
06:24Oui, il est conducteur de train, sur des lignes, d'abord secondaires,
06:28qui partent principalement de la gare Saint-Lazare, en direction de la Normandie,
06:31et puis, au fil des années, il monte dans la hiérarchie,
06:36et il devient conducteur de TGV, sur la ligne Paris-Marseille-Nice,
06:41et donc, il a atteint, en fin de carrière, entre 40 et 50 ans,
06:46le poste peut-être le plus envié à la SNCF, celui de conducteur de TGV.
06:51William Mallet mène une vie isolée, il a très peu d'amis.
06:54Très peu d'amis, très peu de relations sociales,
06:56avec quand même un ancrage fort, qui est son club de tir.
07:00Il est licencié d'un club de tir sportif à Paris, dans le 14e arrondissement,
07:04et il devient aussi licencié d'un autre club de tir, dans les Yvelines,
07:09qui est connu pour abriter des stands de tir de longue distance.
07:13Et donc, c'est pour cela que William Mallet rejoint ce club situé à Versailles.
07:18Est-ce qu'il a une vie amoureuse ?
07:19Alors, d'après ses parents, d'après un ami aussi,
07:23ou une connaissance, en tout cas, que j'ai pu rencontrer,
07:26William Mallet n'a strictement aucune vie sentimentale.
07:29Il se présente auprès de ses parents comme étant asexuel,
07:32et à un moment donné, ses parents se sont posé la question
07:35de savoir s'il était homosexuel, par exemple.
07:39Et là, William Mallet a répondu que cette simple idée lui faisait horreur.
07:42Voilà ce qu'il répond alors à ses parents.
07:45C'est quelqu'un de cultivé.
07:46De cultivé, d'assez intelligent,
07:49et effectivement, quelqu'un qui passe beaucoup de temps
07:51dans l'apprentissage des langues.
07:53En autodidacte, il apprend ainsi la langue russe,
07:57et il apprend aussi l'hébreu, par l'intermédiaire d'un professeur.
08:00Il est connu pour avoir une culture générale assez impressionnante
08:05sur les sujets d'actualité, sur l'histoire de France aussi,
08:07qui le passionne.
08:09Il est féru notamment de l'histoire des rois de France,
08:12et il affiche assez clairement, auprès des amis
08:15ou des connaissances avec lesquelles il est en confiance,
08:17il affiche assez clairement des idées, on va dire, nationalistes.
08:20On sait justement où il se situe politiquement ?
08:22Il est clairement sur l'échiquier politique situé à l'extrême droite.
08:28Est-il un électeur fidèle de la famille Le Pen comme sa maman ?
08:33Ça, je ne peux pas l'affirmer, mais il est de ce bord-là de manière assez nette.
08:38Et donc, d'un mot, il a malgré tout un ami.
08:39Pour William Mallet, oui, c'est un ami.
08:42Cette personne, je l'ai rencontré, c'est un homme âgé de 75 ans.
08:46Cet homme, lui, est un peu surpris de cette présentation.
08:49Lui, lui, il se définit plutôt comme une connaissance fidèle de William Mallet,
08:54un ami du club de tir, on va dire.
08:56Mais cette personne-là que j'ai rencontrée n'avait que très très peu de contact
09:00avec William Mallet en dehors du club de tir.
09:07Ronan Folgoas, William Mallet n'a pas toujours habité à côté de ses parents.
09:11Il avait une maison à Livry-Gargan dans le département de Seine-Saint-Denis.
09:15Oui, une maison qu'il a achetée en 1983.
09:18Il a alors 29 ans.
09:20Et donc, il a acheté cette maison en meulière.
09:23Vous savez, c'est une maison en pierre typique de la région parisienne.
09:26Et il a une vie assez singulière quand même.
09:30Ce n'est pas le voisin classique.
09:32Il dit à peine bonjour.
09:34Ses volets restent souvent fermés.
09:36Et puis, à l'arrière du jardin, il a un petit passe-temps.
09:39Il prépare ses munitions, des balles,
09:41qu'il va ensuite se servir dans son club de tir.
09:43Donc, c'est un voisin, pas méchant, me dit-on, mais très discret, très fuyant.
09:50Il habite dans cette maison, dans cette meulière de Livry-Gargan,
09:53jusqu'à une nuit où tout bascule,
09:55la nuit du vendredi 26 au samedi 27 février 2016.
10:00Oui, c'est un vendredi soir.
10:01Et il rentre d'un dîner chez ses parents, dans le deuxième arrondissement de Paris.
10:05Et en rentrant chez lui, il constate que trois hommes sont présents dans son salon.
10:13Ces hommes sont d'origine maghrébine.
10:15Ils se présentent, en fait, comme des squatteurs.
10:18Ils sont déterminés à rester dans la maison, à ouvrir le frigo, se servir allègrement.
10:23Et évidemment, il y a une première phase d'affrontement avec William Mallet,
10:28qui lui est surpris.
10:29Et donc, ces squatteurs qui se servent d'un couteau pour intimider William Mallet,
10:34celui-ci finit par accéder à l'étage, laissé libre par les trois hommes.
10:40Et il se munit, en réalité, d'une dague,
10:43sa dague de parachutistes qu'il a conservée depuis son année au service militaire.
10:47C'est un couteau à longue lame.
10:49Et William Mallet, qui est donc à l'époque à 62 ans,
10:51qui est assez ventripotent,
10:53eh bien, il ne va pas hésiter à aller au contact des trois hommes.
10:56Et il va en blesser grièvement deux, au cou et au bras.
11:01Le troisième va réussir à s'esquiver.
11:03L'affrontement ne s'arrête pas là,
11:05parce que les deux hommes blessés assez gravement quittent les lieux,
11:09tant bien que mal.
11:10Et William Mallet va les poursuivre dans la rue.
11:12Il va les poursuivre avec un fusil mitrailleur.
11:15Cette scène va être vue par des voisins qui vont évidemment alerter la police.
11:22William Mallet fait quelques semaines de détention provisoire.
11:25Il est ensuite libéré dans l'attente de son jugement,
11:28avec interdiction de se rendre en Seine-Saint-Denis.
11:32Oui, parce que les policiers, quand ils arrivent sur place,
11:35ils réalisent la perquisition de la maison.
11:37Ils veulent comprendre à qui ils ont affaire.
11:39Ce n'est pas banal quand même d'être équipés comme ça d'un fusil mitrailleur.
11:43Et les policiers vont découvrir sur place un arsenal.
11:45Une trentaine d'armes lourdes, dont une quinzaine de fusils mitrailleurs,
11:49que William Mallet conserve dans deux coffres, assez précieusement.
11:53Il dira au cours de l'audience que ses armes, ce sont ses bébés.
11:57Et donc en 2017, il est condamné à six mois de prison avec sursis,
12:01pour détention d'armes prohibées.
12:03Une condamnation qui est assortie d'une interdiction de détenir une arme,
12:07et donc d'aller tirer à son club de tir favori dans les Yvelines.
12:12Ronan Folgoas, William Mallet va faire appel.
12:15Visiblement, il ne comprend pas pourquoi il est condamné pour ces violences commises
12:19suite à une intrusion chez lui dans sa maison.
12:22Pour lui, c'est le monde à l'envers.
12:24C'est l'inversion de la culpabilité.
12:26Il s'estime, lui, victime d'une intrusion d'homme sans domicile fixe, d'origine maghrébine.
12:34Pour lui, c'est un élément important à ses yeux, dans son idéologie.
12:37Et il ne comprend pas qu'il soit comme ça poursuivi pour violence.
12:42Et puis que cette affaire soit le début de ses ennuis juridiques
12:45liés à la détention des armes lourdes qu'il conservait précieusement et secrètement jusqu'alors.
12:51En 2021, le jour où il doit être jugé en appel approche.
12:56L'audience est prévue au tribunal de Bobigny le 9 décembre.
13:00Et la veille, le 8, il attaque à Paris un campement de migrants dans le parc de Bercy, dans le
13:0612e arrondissement.
13:07Oui, une attaque aux sabres.
13:09Il s'est présenté sur les lieux comme un simple joggeur.
13:12Et il a dégainé son sabre, attaqué des tentes occupées par des migrants,
13:17en hurlant « mort aux migrants ».
13:20Il y a là des hommes d'origine soudanaise, érythréenne.
13:25Et il va en blesser plusieurs assez gravement.
13:29Que se passe-t-il judiciairement après cette agression menée par William Mallet contre des migrants ?
13:33Il a été mis en examen pour violence avec armes et non pas pour tentative d'homicide.
13:39Ceci a une importance puisqu'il est placé en détention provisoire.
13:43Mais dans le cadre d'une affaire de violence, la détention provisoire ne peut excéder une durée d'un an.
13:49Et c'est pour cette raison qu'il est remis en liberté en décembre 2022, le 12 décembre exactement.
13:56Ce jour-là, William Mallet sort de la prison parisienne de la santé et il revient dans l'appartement de
14:02ses parents, dans le 2e arrondissement.
14:04Ses parents le trouvent changé.
14:05Oui, ils sont marqués par la lenteur de ses gestes, par ses regards fixes qui se prolongent pendant plusieurs minutes
14:12lorsqu'ils sont à table.
14:14William Mallet ne s'anime que pour les parties de Scrabble, cette passion qu'il partage avec sa maman.
14:20Le reste du temps, il est toujours aussi taiseux.
14:24Il ne confie pas grand-chose.
14:25Ses parents devinent qu'il est peut-être sous traitement médicamenteux, mais ils n'en sont pas complètement certains.
14:31En tout cas, il le compare à un zombie.
14:34Un zombie qui s'échappe une fois, en particulier de son cadre habituel du 2e arrondissement,
14:40pour se rendre le 17 décembre dans son club de tir dans les Yvelines.
14:44Alors qu'il n'a pas le droit d'y aller.
14:45En réalité, il n'a pas le droit de tirer.
14:47Il n'a pas le droit de porter une arme et de tirer.
14:49Mais il peut accéder au club.
14:52Il peut prendre des nouvelles des uns, des autres, converser.
14:55Et c'est à cette occasion qu'il apprend que 4 de ses camarades sont décédés.
15:00Dans l'année couler une nouvelle qui va profondément chagriner.
15:03Et il a tristé, selon sa maman.
15:06Le jeudi 22 décembre au soir, comme les soirs précédents, il joue au Scrabble avec sa mère.
15:11Et 11 jours après être sorti de prison, le vendredi 23 décembre,
15:16William Allais se rend à Saint-Denis, près de Paris, en Seine-Saint-Denis.
15:20Est-ce qu'on sait pourquoi ?
15:21C'est une zone d'ombre dans cette affaire.
15:23William Allais se rend effectivement à Saint-Denis très tôt.
15:26Il part de chez lui vers 6h30, 6h45.
15:30Et il passe un certain temps à Saint-Denis.
15:33William Allais explique qu'il comptait déjà attaquer des personnes étrangères, non européennes.
15:40Mais qu'il a finalement renoncé, puisque son accoutrement vestimentaire l'empêchait, semble-t-il, de recharger son arme de
15:49manière discrète.
15:49Bon, c'est des explications assez confuses à ce stade.
15:52Il y a vraiment une question qui se pose sur l'objectif de ce déplacement à Saint-Denis.
15:56Une chose est sûre, c'est qu'il fait machine arrière.
15:59Il rentre chez lui dans le deuxième arrondissement.
16:01Et là, il repart en direction de la rue d'Anguin, située à un kilomètre à peu près du domicile
16:07familial.
16:08Et il va en particulier s'arrêter au niveau du centre culturel kurde, au 18 de la rue d'Anguin.
16:20D'un mot, c'est quoi ce centre culturel ?
16:22C'est un centre culturel qui abrite une vingtaine d'associations kurdes.
16:27C'est aussi le siège du CDKF, le Conseil démocratique kurde en France,
16:31qui est l'instance politique représentative de la communauté kurde de Kurdistan, n'est pas d'un État reconnu.
16:36Et donc, le CDKF fait office d'organes politiques officieux.
16:41Et là, William Mallet ouvre le feu avec un revolver, un Colt 45.
16:45Il tire à plusieurs reprises en touchant trois personnes qu'il atteint à la tête.
16:51Et il achève Éminé Carat à bout touchant, en affichant là sa détermination extrême.
17:01Ensuite, il se dirige vers un salon de coiffure une centaine de mètres plus loin.
17:05Il chemine toujours à pied et s'arrête pendant une dizaine de secondes.
17:09C'est ce que m'explique le patron de ce salon de coiffure.
17:12Il s'arrête, il observe et il marche en direction du salon de coiffure.
17:17Là, c'est la panique, évidemment.
17:18À l'intérieur de ce salon, il y a sept personnes, trois employés, quatre clients.
17:23Six d'entre eux vont se réfugier dans un Cajibi exigu, où il y a aussi les toilettes.
17:28Et une septième personne est à l'extérieur.
17:30Cette septième personne, un homme d'une stature assez imposante,
17:34qui ne peut pas rentrer dans ce local exigu.
17:36Il va être de manière assez surprenante et heureuse,
17:39en mesure de déstabiliser William Mallet,
17:42qui lui tire dessus, mais sans le toucher mortellement.
17:46Et les personnes qui sont coincées et à l'abri dans ce local exigu,
17:51ouvrent la porte, ressortent de ce local,
17:53et réussissent, pour l'un d'entre eux, à neutraliser William Mallet
17:56en lui infligeant des coups au visage.
18:05William Mallet est donc maîtrisé.
18:07Est-ce qu'il voulait se tuer ?
18:08C'est en tout cas ce qu'il exprime aux policiers de la brigade criminelle.
18:11Il leur dit que la dernière balle était prévue pour lui.
18:14Que dit le tueur aux enquêteurs pendant sa garde à vue ?
18:17Il explique être animé par une haine devenue pathologique,
18:21ce sont ces termes, des étrangers non-européens,
18:24une terminologie qui reprend un peu le phrasé de l'extrême droite.
18:28Il formule un reproche assez peu classique à l'encontre des Kurdes en général,
18:32en disant que, lors de leur combat contre l'État islamique,
18:36ils ont fait prisonnier certains membres de Daesh,
18:39alors qu'ils auraient mieux fait, selon lui, de les tuer.
18:41Le même jour, les enquêteurs perquisitionnent sa chambre
18:44et l'appartement de ses parents dans le deuxième arrondissement.
18:47Menotté, William Mallet est entouré par des policiers,
18:50et là, ses parents échangent quelques mots avec lui.
18:52Il échange quelques mots, notamment avec sa maman,
18:54en lui disant « Adieu maman, je n'ai que ce que je mérite ».
18:58Il ne cherche pas à se défendre, à s'exonérer de quoi que ce soit.
19:01Avec son père, en revanche, l'échange est beaucoup moins affectueux,
19:05c'est très froid, et son père lui reproche d'avoir commis l'irréparable.
19:13On en revient à la mobilisation de la communauté kurde de France
19:17depuis la tuerie de la rue d'Anguin.
19:19Pour nous, c'est un attentat terroriste,
19:21et on est là pour demander justice, paix et soutien.
19:27On aimerait vraiment savoir pourquoi,
19:30pourquoi est-ce qu'il a été relâché, d'où il vient,
19:33pourquoi ça a été fait comme ça, parce que nous ne comprenons pas.
19:37Au sein de la communauté, beaucoup dénoncent aussi le choix
19:39de ne pas avoir confié l'affaire à l'antiterrorisme français,
19:43mais à la brigade criminelle.
19:45Ronan Folgoas, c'est ce que vous dit le dimanche 8 janvier,
19:48maître David Handic, l'avocat des familles des victimes kurdes
19:51de la tuerie de la rue d'Anguin.
19:52Oui, il est l'avocat des familles des trois personnes décédées,
19:55et il pointe le fait que des services spécialisés
20:01type DGSI ou SDAT disposent de moyens bien supérieurs
20:05pour mener des enquêtes d'ordre terroriste,
20:07et que là, un peu trop rapidement à ses yeux,
20:10il a été décidé que le PNAT, le Parquet National Antiterroriste,
20:13ne soit pas saisi du dossier,
20:15parce que William Mallet ne présenterait pas
20:18les caractéristiques d'un homme téléguidé
20:20par une organisation terroriste.
20:22Et pour les clients, on dit qu'il y a forcément
20:25la Turquie derrière cette tuerie ?
20:27Plus largement, c'est une idée répandue
20:30au sein de la communauté kurde,
20:32qui s'est notamment rassemblée ce samedi 7 janvier à Paris.
20:36Pour eux, il ne peut pas y avoir de hasard,
20:40c'est-à-dire qu'ils sont traversés par cette idée
20:42qu'un triple assassinat en plein Paris ce 23 décembre,
20:47cet événement fait écho pour eux
20:49avec le triple assassinat qui a eu lieu il y a 10 ans,
20:52en janvier 2013,
20:54dans ce même dixième arrondissement,
20:55l'assassinat de trois militantes du PKK.
20:59Et là, il y a des raisons de penser,
21:01même si l'enquête ne l'a encore jamais prouvé,
21:04que les services secrets turcs
21:05pourraient être à la manœuvre.
21:07Une idée évidemment que Ankara dément fortement.
21:11Et pour la communauté kurde,
21:13c'est impossible d'imaginer que
21:15William Mallet aurait agi comme ça,
21:17de manière très aléatoire et s'en serait pris à des Kurdes au hasard.
21:21Quelles sont les principales questions qui se posent aujourd'hui dans cette enquête ?
21:24La motivation profonde de William Mallet pose encore question.
21:28Il y a ses déclarations, certes en garde à vue,
21:31mais qui n'embrassent pas toute la complexité de son acte.
21:33A-t-il été manipulé, orienté, téléguidé,
21:38peut-être par un homme ou une organisation,
21:41et pourquoi pas au cours de son séjour en détention à la prison de la Santé ?
21:45Simple hypothèse qui doit être étudiée.
21:47Il y a aussi la question de l'arme.
21:50Comment se l'est-il procurée ?
21:52Et puis, qu'a-t-il fait précisément à Saint-Denis ?
21:55Pourquoi s'est-il rendu à Saint-Denis ?
21:56Qui a-t-il éventuellement rencontré le 23 décembre,
22:00dans les toutes premières heures du jour,
22:02avant de passer finalement à l'acte rue d'Anguin ?
22:04Voilà, ce sont quelques zones d'ombre de cette affaire de la rue d'Anguin.
22:19Merci à Ronan Folgoas.
22:21Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
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22:31Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou,
22:34Thibaut Lambert et Emma Jacob.
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22:42Crime Story, podcast hebdomadaire de faits divers.
22:45Chaque samedi, Claudia Prolongeau raconte une grande affaire criminelle
22:48avec Damien Delsenis, le chef du service police-justice du Parisien.
22:53Crime Story est disponible dès maintenant sur toutes les plateformes d'écoute.
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