Passer au playerPasser au contenu principal
Joe Biden a annoncé à la fin du mois d’avril son intention d’être candidat à sa réélection. Mais la cote de popularité du président américain est en baisse, et son âge apparaît plus que jamais comme un défi majeur.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : CNN, ABC News, Euronews, USA Today .

#joebiden #usa

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le président des États-Unis, Joe Biden, est officiellement candidat à la prochaine élection présidentielle
00:17qui aura lieu dans un an et demi, en novembre 2024.
00:21Le démocrate l'a annoncé le 25 avril dans un clip de campagne.
00:25Il brigue un second mandat de 4 ans pour, je cite, « finir le travail », mais plusieurs défis s
00:31'imposent à lui.
00:31Son impopularité auprès d'une majorité d'Américains, la détermination de son rival, Donald Trump, à retourner à la Maison
00:38-Blanche
00:39et surtout son âge, Joe Biden a aujourd'hui 80 ans.
00:43Aujourd'hui dans CodeSource, on dresse un premier bilan de son mandat avec Yona Elahua, journaliste correspondante aux États-Unis.
00:51Elle est en ligne avec nous depuis Washington.
01:01Yona Elahua, le jeudi 30 mars, c'est le traditionnel dîner des correspondants à la Maison-Blanche,
01:06cette soirée qui réunit chaque année à Washington tout le gratin médiatique et politique du pays.
01:12La coutume veut que le président fasse preuve d'auto-dérision pendant cette cérémonie,
01:16qu'il accepte de se faire bousculer par des humoristes devant les invités.
01:20Et ce soir-là, Joe Biden, qui vient d'annoncer sa candidature pour 2024 quelques jours plus tôt, n'est
01:27pas épargné par les moqueries.
01:28Ce soir-là, c'est l'humoriste Roy Wood Jr. qui se colle à l'exercice.
01:32Et il évoque les manifestations en France contre la réforme des retraites pour se moquer de l'âge de Joe
01:38Biden.
01:48Ils se sont révoltés parce qu'ils ne voulaient pas travailler jusqu'à 64 ans.
01:54Et pendant ce temps, en Amérique, nous avons un homme de 80 ans qui nous supplie de travailler 4 ans
01:58de plus.
01:59Joe Biden, il le prend plutôt bien.
02:01Évidemment, il devait s'y attendre.
02:02Et il réplique en disant, je cite, « Traitez-moi de vieux, j'appelle ça être chevronné. »
02:08Ou encore, « On dit que je suis un ancien, moi, je dis que je suis sage. »
02:18Alors, on va voir pourquoi Joe Biden pense qu'il a des chances, à 80 ans passés, de briguer un
02:23second mandat de président.
02:24Pour ça, Yona Elawa, vous allez nous raconter comment s'est déroulé sa présidence jusqu'à maintenant.
02:29On a choisi de commencer cet épisode, donc, à la date du mercredi 20 janvier 2021, jour de son investiture
02:36au Capitole, à Washington.
02:38En quelques mots, Yona Elawa, c'est un vétéran de la politique américaine qui devient président ce jour-là.
02:44Oui, Joe Biden, c'est l'un des plus anciens politiciens de Washington.
02:48Il a passé 36 ans au Sénat, 8 ans à la Maison-Blanche en tant que vice-président de Barack
02:53Obama.
02:54Donc, il connaît tous les rouages du Congrès et des négociations entre partis.
02:58Et il a déjà une expérience à l'international.
03:01Et c'est d'ailleurs en partie là-dessus qu'il a fait campagne en 2020.
03:05Dans quelle ambiance se déroule cette investiture ?
03:07Alors, c'est très tendu.
03:08Le 6 janvier 2021, donc deux semaines plus tôt, des partisans de Donald Trump avaient violemment attaqué le Capitole
03:15parce qu'ils n'acceptaient pas la victoire de Joe Biden.
03:17Donc, le pays est encore sous le choc de ces violences.
03:20À Washington, il y a des barrières de police partout.
03:22Mais finalement, l'investiture va bien se passer.
03:25This is America's day.
03:28This is democracy's day.
03:31A day of history and hope.
03:33Joe Biden prête serment.
03:34Il devient le 46e président des États-Unis.
03:37Et il promet ce jour-là, comme il l'a fait d'ailleurs pendant sa campagne,
03:41de réconcilier l'Amérique,
03:42de réunifier un pays très divisé politiquement.
03:54Quelle est sa première mesure au moment où il prend ses fonctions ?
03:57C'est une mesure symbolique.
03:58Il signe un décret qui ordonne le retour dans les accords de Paris sur le climat.
04:03Je vous rappelle, c'est un accord qui a été signé en 2016
04:05et qui visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
04:09Donald Trump, qui était climato-sceptique,
04:11avait retiré les États-Unis de l'accord pendant son mandat.
04:14Et pour les démocrates et Joe Biden,
04:17c'était inacceptable que la première puissance mondiale
04:19ne soit pas un leader en matière environnementale.
04:22Donc Joe Biden revient dans l'accord.
04:24Là aussi, c'était une de ses promesses de campagne.
04:27Qu'est-ce qu'il fait ensuite au cours des semaines suivantes ?
04:29Il va notamment signer une loi qui s'appelle American Rescue Plan.
04:33C'est un plan de relance à 2 milliards de dollars
04:35qui permet d'envoyer des chèques aux Américains,
04:37d'augmenter les allocations chômage,
04:40les allocations familiales et de financer la distribution des vaccins.
04:43Alors les démocrates, ils disent qu'il s'agit d'aider les Américains
04:46à sortir la tête de l'eau,
04:47alors que les républicains, eux, ils disent que ça va favoriser l'inflation
04:51au moment où justement l'économie américaine
04:53commence à reprendre des couleurs.
04:56Quelques mois plus tard, en août 2021,
04:58l'armée américaine qui occupe l'Afghanistan depuis 2001
05:01est contrainte de quitter le pays après la victoire des talibans
05:04et ce retrait des troupes est perçu comme un fiasco
05:07pour l'administration Biden.
05:09En fait, Joe Biden a promis de mettre fin à cette guerre
05:11qui dure depuis 20 ans
05:13et Donald Trump aussi voulait y mettre fin
05:15et ramener les soldats américains à la maison.
05:17Donc ce n'est pas le retrait en lui-même qui est mal vu.
05:20Le problème, c'est que quand l'administration Biden s'y colle,
05:23les événements lui échappent complètement
05:25et en quelques jours, Kaboul tombe aux mains des talibans.
05:29Du coup, c'est la panique.
05:30Les pays occidentaux évacuent leurs ressortissants
05:32et certains suivis l'Afghan le plus vite possible
05:35et ça crée à l'aéroport de Kaboul des scènes de chaos
05:38qui vont faire la une des journées.
05:41Depuis ce dimanche, des milliers d'Afghans paniqués
05:44se ruent à l'aéroport pour fuir par les airs
05:47leur pays tombé aux mains des talibans.
05:49Et le 26 août, il y a un terroriste du groupe Etat islamique
05:52qui se fait exploser devant l'aéroport.
05:54Il tue 170 personnes, dont 13 soldats américains.
05:58Là, c'est vraiment la catastrophe pour Joe Biden.
06:01Tout le monde lui tombe dessus et l'accuse
06:03de n'avoir pas suffisamment préparé ce retrait.
06:09Dans les semaines qui suivent, au mois d'octobre et de novembre,
06:12le Congrès américain examine un plan d'investissement
06:14annoncé par Joe Biden.
06:16Il est colossal celui-ci.
06:18De quoi parle-t-on exactement ?
06:19Celui-ci s'appelle Infrastructure Investment and Jobs Act.
06:23On parle de 1 200 milliards d'investissements
06:25dans les infrastructures vieillissantes du pays.
06:28Donc ça consiste à rénover ou créer des routes,
06:31des ponts, des voies ferrées, des ports, etc.
06:33Le plan injecte aussi de l'argent
06:35dans les réseaux électriques et Internet.
06:37Au départ, Joe Biden, lui, il voulait
06:392 300 milliards de dollars d'investissement.
06:42Mais il y a eu des négociations avec les Républicains
06:45et donc il a revu ses ambitions à la baisse.
06:47Mais quand même, son administration présente ce plan
06:50comme le plus important de toute une génération
06:52pour améliorer les infrastructures
06:54et pour faire face à la compétition chinoise.
06:56Et ce plan très ambitieux divise au sein même
06:59du parti du président le Parti démocrate.
07:01Pourquoi ça ?
07:02Parce qu'il y a un autre plan qui se concentre
07:04sur ce que Joe Biden appelle les infrastructures humaines
07:06qui est étudié au même moment au Congrès.
07:09Et dans ce plan, il y a par exemple
07:10l'école maternelle gratuite
07:12ou des dépenses pour lutter contre le changement climatique.
07:15Or, l'aile gauche du Parti démocrate,
07:17elle, elle tient beaucoup à ce deuxième volet
07:19et elle veut s'assurer que ce plan-là est bien adopté
07:23en même temps que le plan sur les infrastructures.
07:25Donc le vote, en fait, est retardé.
07:26Il y a une forme de chantage qui se crée.
07:28Mais finalement, la plupart des progressistes
07:30finissent par se laisser convaincre.
07:32Et donc cette loi sur les infrastructures est adoptée,
07:35y compris avec des voix républicaines.
07:38Il y a 13 républicains qui la votent.
07:40Donc ils promulguent la loi le 15 novembre.
07:42Mais son plan sur les infrastructures humaines,
07:44lui, il va faire pchit.
07:45À la fin de l'automne, Yona Elawa,
07:47la cote de popularité de Joe Biden est au plus bas.
07:50Si on prend la moyenne des sondages,
07:52plus de 51% des Américains désapprouvent son travail
07:56entre novembre et décembre 2021.
07:58Il n'y a que Donald Trump qui a été plus impopulaire que ça
08:02au même moment de sa présidence.
08:04Alors pourquoi ces chiffres ?
08:05Eh bien parce que malgré tous ces chèques,
08:08toutes ces aides reçues par les Américains,
08:10l'inflation commence à se faire sentir.
08:12Vous avez une administration qui se targue
08:14de transformer la vie des Américains,
08:16mais quand les gens sont interrogés,
08:17ils disent qu'en fait pas grand-chose n'a changé pour eux.
08:20Et ce qu'ils voient surtout,
08:21ce sont les prix qui montent à la pompe,
08:23au supermarché, partout.
08:25Le 24 juin 2022, la Cour suprême,
08:28la plus haute juridiction des Etats-Unis,
08:30rend une décision historique
08:32qui remet en cause le droit des femmes
08:34à pouvoir avorter dans tout le pays.
08:36Expliquez-nous ça.
08:37Donald Trump, à la fin de son mandat,
08:38il a fait basculer la Cour suprême
08:40du côté conservateur,
08:41en nommant une juge conservatrice.
08:43Et donc cette Cour nouvellement constituée,
08:46elle va annuler l'arrêt qui s'appelle
08:48Roe versus Wade.
08:49Et cet arrêt, depuis 1973,
08:51il garantissait un droit à l'avortement
08:53au niveau fédéral.
08:55La conséquence de ça,
08:56c'est que chaque Etat désormais
08:57a le droit d'édicter sa propre politique
08:59en matière d'avortement.
09:01Donc vous avez de nombreux Etats conservateurs
09:03qui vont très très vite adopter des lois
09:05pour restreindre, voire interdire l'IVG.
09:08Et donc aujourd'hui, aux Etats-Unis,
09:10il y a une quinzaine d'Etats sur 50
09:12qui sont dans ce cas-là.
09:13Et comment réagit Joe Biden à cette décision ?
09:15En fait, il est assez impuissant
09:16après la décision
09:17parce qu'il n'a pas de possibilité
09:19de recours en tant que président
09:21vis-à-vis de la Cour suprême.
09:22Donc sa réaction, c'est de dire
09:26C'est un jour triste pour le pays
09:28et d'appeler le Congrès à voter une loi
09:30pour garantir le droit à l'avortement
09:32au niveau fédéral.
09:39Le mardi 16 août,
09:41Joe Biden promulgue un nouveau plan d'investissement,
09:44là encore massif,
09:45mais cette fois-ci pour le climat et la santé.
09:47Quel est ce plan dans les grandes lignes ?
09:49Celui-là, il s'appelle Inflation Reduction Act,
09:51mais en fait, ce n'est pas vraiment lié à l'inflation.
09:53C'est un plan à 750 milliards de dollars
09:56qui constitue l'investissement dans la transition énergétique
09:59le plus massif de l'histoire du pays.
10:01L'objectif, c'est de réduire les émissions carbone
10:03de 40% d'ici à 2030.
10:06Et c'est un texte qui permet aussi
10:08de négocier le prix de certains médicaments
10:10et qui instaure une taxe de 15% minimum
10:13sur les grandes entreprises.
10:14Mais ce plan provoque des tensions
10:16avec les autres puissances étrangères
10:18et notamment l'Union européenne.
10:20Pourquoi ça ?
10:20Parce qu'il y a des subventions
10:21et des ristournes fiscales
10:23qui sont prévues par ce texte.
10:24Et ce sont des subventions
10:25qui visent les véhicules électriques,
10:28les batteries et les énergies renouvelables
10:30made in USA,
10:30donc fabriquées aux Etats-Unis.
10:32Donc les entreprises européennes
10:34se retrouvent pénalisées par cette loi.
10:36Et l'argument de l'Union européenne
10:38quand elle proteste vis-à-vis de Washington,
10:40c'est de dire que ce n'est pas
10:41dans l'intérêt des Etats-Unis
10:42d'affaiblir son allié,
10:44surtout dans le contexte
10:45de la guerre en Ukraine.
10:47Trois mois plus tard,
10:48le mardi 8 novembre,
10:49se tiennent les mid-terms,
10:50les élections de mi-mandat
10:51qui visent à renouveler pour 4 ans
10:54les deux chambres du Congrès.
10:55C'est généralement un tournant
10:57pour le camp du président en exercice
10:58qui perd sa majorité à ce moment-là.
11:01Comment ça se passe pour Joe Biden ?
11:03Eh bien pas si mal en fait.
11:04Ça faisait des semaines
11:05que les conservateurs prédisaient
11:06une vague rouge,
11:07donc une vague républicaine.
11:09Et finalement,
11:10les républicains, certes,
11:11ont repris la majorité
11:12à la Chambre des représentants,
11:14mais vraiment de pas grand-chose.
11:15Et les démocrates, eux,
11:17ils ont réussi à garder
11:18la majorité au Sénat.
11:19Ce qui fait qu'en fait,
11:20les républicains ne peuvent pas
11:21mettre en œuvre
11:22une grosse partie
11:23de leur agenda politique.
11:24Comment expliquer
11:25que ça se soit
11:25plutôt bien déroulé pour lui ?
11:27À ce moment-là,
11:28il y a beaucoup d'analystes
11:29qui estiment que Joe Biden,
11:31encore une fois,
11:31a été sous-estimé.
11:33Et qu'en fait,
11:34même si sa popularité
11:36est faible,
11:37ce n'est pas si important
11:37que ça dans un pays
11:38aussi polarisé.
11:40Autrement dit,
11:41les démocrates ne vont pas
11:41aller voter républicains
11:43juste parce qu'ils n'aiment
11:44pas Joe Biden.
11:45Donc, les électeurs votent
11:46pour leur camp
11:47et ils changent peu de camp.
11:48Et ce qui a joué
11:49en faveur des démocrates,
11:50c'est notamment la mobilisation
11:52des femmes et des jeunes
11:53qui ont été écoeurés
11:54par la décision
11:55de la Cour suprême
11:56sur l'avortement.
11:59Quelques jours plus tard,
12:00le 15 novembre,
12:01l'ancien président américain,
12:02Donald Trump,
12:03battu en 2020,
12:04annonce sa candidature
12:06à la présidentielle
12:07de 2024.
12:16Yonah El-Awa,
12:17pendant tout ce temps,
12:18le républicain est resté
12:19le principal rival
12:21de Joe Biden ?
12:22La base du parti républicain
12:23continue, ça c'est sûr,
12:25à le voir comme son leader.
12:27Mais je signale quand même
12:28que juste après
12:28les midterms,
12:29Donald Trump,
12:30il n'était pas très en forme.
12:31La plupart des candidats
12:32qu'il avait soutenus
12:33aux primaires
12:34avaient perdu leur élection
12:36et certains ténors
12:37commençaient à se dire
12:38que si les républicains
12:40voulaient gagner en 2024,
12:41il faudrait peut-être
12:41se débarrasser
12:42de Donald Trump.
12:43En parallèle,
12:44on a un profil qui monte
12:45qui est celui du gouverneur
12:46de Floride,
12:47Ron De Santis,
12:48qui a lui été réélu
12:49haut la main en novembre.
12:50Donc si vous voulez,
12:51au moment où il se présente
12:52le 15 novembre,
12:53c'est un petit peu
12:54pour couper l'herbe
12:55sous le pied
12:55de ses concurrents
12:56et pour dire à ceux
12:57qu'il critique,
12:59je suis toujours là.
13:00Cette année,
13:01en 2023,
13:02à partir du 9 janvier,
13:04Joe Biden est mis en cause
13:05dans une affaire
13:06de documents classés
13:07confidentiels
13:08retrouvés chez lui.
13:09De quoi s'agit-il
13:10en résumé ?
13:11Alors,
13:11l'affaire est révélée
13:12en janvier,
13:13mais ce sont des faits
13:14qui datent de novembre.
13:15On a retrouvé
13:16des documents confidentiels
13:17qui datent de la vice-présidence
13:18de Joe Biden
13:19dans des anciens bureaux à lui
13:20et dans le garage
13:21de sa maison du Delaware.
13:23Qu'est-ce qu'il y a
13:23dans ces documents ?
13:24On ne sait pas
13:25puisqu'ils sont confidentiels,
13:26mais en tout cas,
13:27ce qu'on sait,
13:27c'est qu'ils n'auraient pas dû
13:28se retrouver dans sa maison.
13:30Ils auraient dû être confiés
13:31aux archives nationales.
13:32C'est ce que font
13:33les présidents
13:33et les vice-présidents
13:34quand ils quittent
13:35la Maison-Blanche.
13:36Donc,
13:36la justice a ouvert une enquête
13:38qui est menée
13:38par un procureur spécial
13:39dans un souci d'indépendance
13:41du ministère de la Justice.
13:42Joe Biden,
13:43comment il se défend
13:44après ses révélations ?
13:45Il dit qu'il est surpris
13:46et il insiste
13:47sur sa coopération
13:48avec la justice.
13:49Il cherche à se démarquer
13:50de Donald Trump
13:51qui est empêtré lui aussi
13:52dans une affaire
13:53du même genre.
13:54Vous vous souvenez peut-être
13:55de la perquisition spectaculaire
13:56qu'il y a eu
13:57l'été dernier
13:57dans sa résidence de Floride
13:59à Mar-a-Lago.
14:00Le FBI avait retrouvé
14:01là aussi
14:02des documents top secrets
14:03que Donald Trump
14:04avait emportés avec lui
14:05en quittant la Maison-Blanche.
14:07Et là aussi,
14:07un procureur spécial
14:08a été nommé.
14:10Pour Joe Biden,
14:10en tout cas,
14:11le fait que cette affaire
14:12tombe après celle
14:13de Donald Trump,
14:14ça permet d'en atténuer
14:15la portée
14:15dans l'opinion publique.
14:16Dans le même temps,
14:17Yona Elawa,
14:18un autre dossier
14:18qui date aussi
14:19de l'époque
14:20où il était vice-président,
14:22embarrasse sérieusement
14:22Joe Biden.
14:23Il concerne
14:24les ennuis judiciaires
14:25de son fils.
14:26Oui, en fait,
14:27depuis 2018,
14:28donc sous la présidence Trump,
14:29il y a une enquête fédérale
14:31sur les affaires
14:32de Hunter Biden.
14:33C'est le deuxième fils
14:33de Joe Biden.
14:34Il a 53 ans.
14:35Et dans cette enquête,
14:37il pourrait être inculpé
14:38de fraude fiscale.
14:39On devrait d'ailleurs
14:40en savoir plus
14:40dans les prochains jours.
14:42Et puis,
14:42il y a l'opposition républicaine
14:44qui a fait de Hunter Biden
14:46l'une de ses cibles préférées.
14:48Et certains élus
14:49examinent actuellement
14:50les affaires en Chine
14:52et en Ukraine
14:53que Hunter Biden
14:54a eues par le passé.
14:55Et il cherche à prouver
14:57qu'il a profité de son nom
14:58et du carnet d'adresse
14:59de son père
15:00qui était vice-président
15:01à l'époque.
15:02Donc,
15:02il cherche en fait
15:03des preuves de corruption
15:04et de conflit d'intérêts
15:05et l'enquête est en cours.
15:09On en vient à la date
15:10du mardi 25 avril.
15:12Joe Biden publie
15:13sur son compte Twitter
15:14un tweet
15:15accompagné d'un petit clip
15:16vidéo de 3 minutes.
15:18Que dit ce message ?
15:18Il dit qu'il est candidat
15:19à un second mandat
15:20parce qu'il doit,
15:22je cite,
15:22finir le travail
15:23qu'il a commencé en 2021.
15:27C'est une vidéo
15:34qui commence
15:35avec des images
15:35de l'assaut
15:36du Capitole.
15:38Et Joe Biden
15:38se présente
15:39comme le défenseur
15:40de la démocratie
15:41et des libertés individuelles,
15:43donc le droit à l'avortement,
15:44le droit de vote,
15:45face à l'offensive
15:46conservatrice
15:47sur ses droits.
15:48Il dit, je cite,
15:49chaque génération d'Américains
15:50s'est retrouvée confrontée
15:52à un moment
15:52où elles devaient
15:53défendre la démocratie,
15:55se lever pour nos libertés personnelles,
15:57se lever pour notre droit de vote
15:58et nos droits civiques.
16:13Cette annonce,
16:13d'abord,
16:14est-ce que c'est une surprise
16:15et ensuite,
16:15pourquoi la faire à ce moment-là ?
16:17Alors, c'est pas du tout
16:17une surprise.
16:18Ça fait des mois
16:19qu'il dit
16:19qu'il songe à se représenter,
16:21mais qu'il attend
16:21le bon moment.
16:23Pourquoi maintenant ?
16:24Eh bien,
16:24parce que, d'une part,
16:25c'est le jour anniversaire
16:26de sa candidature
16:27il y a quatre ans,
16:28donc c'est symbolique.
16:30Certains dans son équipe
16:31auraient préféré
16:31qu'il attende
16:32un petit peu plus,
16:33tout en profitant
16:34de son exposition médiatique
16:35de président
16:36pour promouvoir son bilan.
16:38Mais s'il attendait,
16:40ça signifierait
16:40se priver
16:41de financement potentiel,
16:42parce que plus on démarre
16:44la campagne tôt
16:44et plus on récolte
16:45de l'argent.
16:46Or, Donald Trump,
16:47lui, il est déjà candidat.
16:48Donc, les levées de fonds
16:49ont commencé côté républicain.
16:51Donc, voilà,
16:51pas de temps à perdre
16:52pour Joe Biden.
16:53Yona Elawa,
16:54cette candidature,
16:55elle est d'emblée
16:55très critiquée,
16:56notamment en raison
16:57de l'âge du président.
16:58Oui, c'est inévitable.
16:59Joe Biden,
17:00c'est déjà le président
17:01le plus âgé
17:02de l'histoire américaine.
17:04Et s'il est réélu,
17:05il aura 86 ans
17:06à la fin de son second mandat.
17:08Donc, les Américains
17:09et en particulier
17:10les seniors, d'ailleurs,
17:11qui peuvent s'identifier à lui,
17:12se demandent
17:13s'il a bien
17:14les capacités physiques
17:15et mentales
17:15pour un job si exigeant.
17:17D'autant plus
17:18que la campagne présidentielle
17:19va être beaucoup plus sportive
17:20que la précédente.
17:22Vous vous souvenez
17:22qu'il y a 4 ans,
17:23on était en pleine pandémie
17:24et Joe Biden
17:25avait fait campagne
17:26depuis sa maison du Delaware.
17:27Donc, il n'était pas
17:28vraiment sorti de chez lui.
17:29Et cette fois,
17:30il va devoir voyager
17:31un peu partout.
17:32Il va devoir tenir
17:32des meetings aux États-Unis.
17:34Et ça,
17:35s'il n'a pas la pêche,
17:36ça va se voir tout de suite.
17:37Surtout qu'on sait
17:38qu'en discours,
17:39il n'est pas vraiment
17:40très très fort.
17:41Il n'a pas un charisme
17:42exceptionnel
17:42et il a tendance
17:43à faire de nombreuses gaffes
17:44quand il parle.
17:45Il doit se présenter
17:46une nouvelle fois
17:47avec sa colistière de 2020,
17:49la vice-présidente
17:50Kamala Harris.
17:51Pourquoi ce choix est important ?
17:52C'est l'idée,
17:53encore une fois,
17:54qu'il faut finir
17:55le travail entamé.
17:56Donc, pour ça,
17:57il garde la même coéquipière.
17:59Elle est plus jeune que lui,
18:00c'est une femme.
18:01Elle est d'origine
18:02jamaïcaine et indienne,
18:03donc elle représente
18:04la diversité.
18:05Donc, finalement,
18:06tout ce que Joe Biden
18:07n'est pas.
18:08Cela dit,
18:08il y a 4 ans,
18:09tout le monde
18:10la présentait
18:11comme son héritière potentiel
18:12à la Maison-Blanche.
18:13Et à l'époque,
18:14on pensait que Joe Biden
18:15ne ferait qu'un seul mandat.
18:16Et d'ailleurs,
18:17c'est comme ça
18:17qu'il avait présenté
18:18les choses un petit peu
18:19en disant qu'il était
18:20une sorte de pont
18:21entre deux générations politiques.
18:24Sauf qu'aujourd'hui,
18:25c'est lui qui se représente.
18:26Donc, ça veut dire
18:27qu'il estime
18:27que Kamala Harris
18:28n'est pas assez populaire,
18:30en tout cas maintenant,
18:31pour être la candidate
18:32du Parti démocrate
18:33et avoir une chance
18:34de battre Donald Trump.
18:37Yonah Elawatou
18:38peut encore changer,
18:39mais à ce stade,
18:40le duel qui s'annonce
18:41pour la présidentielle
18:42de 2024 aux Etats-Unis
18:44est le même
18:45que celui de 2020.
18:46Donald Trump
18:47contre Joe Biden.
18:48Est-ce que ce match
18:49au retour
18:49a de quoi mobiliser
18:50les électeurs ?
18:52Alors,
18:52ce que disent les sondages
18:53et avant même
18:54l'annonce de Joe Biden,
18:55c'est que les Américains
18:57auraient préféré
18:57d'autres candidats
18:58que Trump et Biden.
19:00Sauf que voilà,
19:00ils sont toujours là.
19:01Donc,
19:01aucune personnalité
19:03ni côté démocrate
19:04ni côté républicain
19:05ne semble,
19:07en tout cas à ce stade,
19:08capable de les battre
19:09aux primaires.
19:10Ce que disent aussi
19:11les sondages,
19:12c'est que ce nouveau match
19:13Trump-Biden
19:14va être très serré.
19:16On s'en doute,
19:17puisqu'on le répète suffisamment,
19:18c'est un pays
19:19qui est divisé
19:19et il reste divisé d'ailleurs
19:21malgré tous les efforts
19:22que Joe Biden
19:23a entrepris
19:24pour réconcilier l'Amérique.
19:27Donc,
19:27tout va se jouer,
19:28encore une fois,
19:29dans une poignée
19:30d'États-clés.
19:30Et la question,
19:32ça va être,
19:32étant donné
19:33le peu d'enthousiasme
19:34suscité par ses candidatures,
19:36comment les deux parties
19:38vont réussir
19:38à mobiliser leurs électeurs.
19:40Ça,
19:41ça promet d'être intéressant.
19:42En attendant,
19:42Yona Elawa,
19:43il reste encore
19:43plus d'un an et demi
19:44de mandat à Joe Biden
19:46et un dossier colossal
19:47l'attend,
19:48un dossier qui risque
19:49de peser lourd
19:49dans son bilan.
19:50Oui,
19:51c'est vraiment
19:51le dossier du moment,
19:52c'est le plafond de la dette.
19:53Et le Congrès
19:54doit à tout prix
19:55relever ce plafond
19:57sous peine
19:57de provoquer
19:58un défaut de paiement
19:59des États-Unis
20:00début juin.
20:00Pour vous expliquer rapidement,
20:01le plafond de la dette,
20:02c'est le montant maximal
20:03que le pays peut emprunter
20:05et il a déjà été atteint
20:07mi-janvier.
20:07C'est un plafond
20:08de 31 000 milliards de dollars.
20:10Si ce plafond
20:11n'est pas relevé,
20:13le défaut de paiement
20:13peut arriver
20:14et les conséquences
20:15d'un défaut sur la dette,
20:16c'est terrible.
20:17C'est un potentiel
20:18de déclencher
20:18une crise financière mondiale.
20:20Le problème,
20:21c'est que les Républicains,
20:22pour relever le plafond
20:23de la dette,
20:24ils demandent
20:25une grosse baisse
20:26dans les dépenses.
20:27Et Joe Biden,
20:27lui,
20:28il refuse de céder.
20:29Il dit que
20:29cette dette accumulée,
20:31elle est le fait
20:31des administrations précédentes,
20:33qu'elles soient démocrates
20:34ou républicaines
20:35et que donc,
20:35ça ne devrait pas être
20:36un sujet partisan.
20:37Donc,
20:37on est dans un bras de fer
20:38entre la Maison-Blanche
20:39et les Républicains
20:40de la Chambre des représentants
20:42où chacun se rejette la faute.
20:44Et donc,
20:44pour Joe Biden,
20:45les prochains jours
20:46vont vraiment être déterminants.
20:55Merci à Yona Elahua.
20:57Cet épisode a été produit
20:58par Raphaël Pueyo
20:59et Clara Garnier-Amourou.
21:01Réalisation,
21:02Julien Moncoukiol.
21:04Codesource,
21:04c'est le podcast quotidien
21:05d'actualité du Parisien.
21:07N'oubliez pas
21:07de vous abonner à Codesource
21:09sur votre plateforme
21:10d'écoute préférée,
21:11de laisser des petites étoiles
21:12ou un commentaire.
21:13Et vous pouvez aussi
21:14nous écrire à cette adresse,
21:16codesourceatleparisien.fr
21:18Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations