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L'ancien président des États-Unis est aujourd’hui inculpé dans quatre affaires différentes, notamment pour avoir cherché à inverser le résultat des élections en 2020. Le candidat républicain, toujours très populaire malgré ses démêlés judiciaires, continue sa campagne en vue de la présidentielle 2024, en dénonçant un complot fomenté par les démocrates. Cet épisode de Code source est raconté par Yona Helaoua, journaliste et correspondante du Parisien à Washington.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : Forbes, Fox News, 60 minutes, CBS, NBC, PBS

#donaldtrump #presidentamerica #maisonblanche

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Alors qu'il fait campagne en vue de la prochaine présidentielle américaine en 2024,
00:16Donald Trump doit en même temps affronter une série de poursuites judiciaires.
00:20Cette situation est complètement inédite.
00:23Au cours des six derniers mois, l'ancien président des États-Unis a été inculpé dans quatre affaires différentes.
00:28Elle concerne toutes ses candidatures aux élections présidentielles passées.
00:32Il est notamment accusé d'avoir cherché à inverser le résultat du scrutin en 2020 dans le but de rester
00:39à la Maison-Blanche.
00:40L'intéressé dénonce une manipulation orchestrée par Joe Biden et les démocrates au pouvoir.
00:51Aujourd'hui dans Codesource, on vous résume la campagne mouvementée de Donald Trump et les affaires qui le visent
00:56avec Yona Elhawa, correspondante du Parisien aux États-Unis.
01:00Elle est en ligne avec nous depuis Washington.
01:11Yona Elhawa, lorsqu'il était président des États-Unis, entre 2016 et 2020,
01:16Donald Trump se servait énormément de Twitter.
01:19Il pouvait publier des dizaines de tweets par jour.
01:21Il avait ensuite été banni du réseau social après l'assaut contre le Capitole.
01:26C'était en janvier 2021.
01:28Puis finalement réintégré plus tard, mais il ne s'en servait pas.
01:32Jusqu'à cet été, le vendredi 25 août, il fait son retour avec un tweet fracassant.
01:38Ce tweet, c'est une photo de lui, mais ce n'est pas n'importe quelle photo.
01:42C'est un mugshot, c'est-à-dire un cliché judiciaire,
01:45qui vient d'être pris quelques minutes plus tôt dans une prison d'Atlanta, en Géorgie.
01:50Donald Trump était là-bas puisqu'il vient de se rendre dans cette prison
01:54avant d'être libéré sous caution pour avoir été inculpé par la justice de Géorgie.
01:59Donc autant dire qu'en général, un mugshot, c'est plutôt pas glorieux.
02:03C'est de nature à mettre fin à une carrière politique.
02:06Mais pour Donald Trump, c'est un peu comme une médaille qu'il va aller afficher sur Twitter.
02:11Donc voilà, c'est une posture de défi vis-à-vis de la justice.
02:13Et d'ailleurs, pas seulement vis-à-vis de la justice de Géorgie,
02:16mais pour tous les derniers déboires judiciaires qu'il a eus ces derniers mois,
02:20à la fois à Justice fédérale, en Géorgie, mais aussi à New York.
02:29Alors on va retracer ensemble le fil des événements qui ont mené à cette photo historique
02:34et faire le point sur les affaires qui menacent aujourd'hui Donald Trump.
02:37Pour cela, on a choisi de remonter à la date du mardi 15 novembre 2022.
02:42Ce jour-là, le milliardaire organise une grande conférence de presse
02:46dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.
02:49Qu'est-ce qu'il annonce ?
02:50Il annonce sa candidature à la présidentielle 2024.
03:02Il dit, je cite, qu'il veut rendre à l'Amérique sa grandeur et sa gloire.
03:06Donc à ce moment-là, ce n'est pas vraiment une surprise.
03:08Tout le monde s'attend à ce qu'il se présente à nouveau.
03:11Mais le discours est un peu morne.
03:13Il y a peu d'entrains dans sa voix.
03:15Les ténors républicains ne sont pas très enthousiastes vis-à-vis de cette candidature.
03:19Et d'ailleurs, dans la salle où il fait son annonce,
03:20il y a peu de grands noms qui sont là pour le soutenir.
03:23C'est parce que quelques jours avant, il y a eu les résultats des midterms,
03:27ce sont les élections de mi-mandat.
03:29Et les chiffres ont été très décevants pour la droite,
03:32notamment pour les candidats que Trump a soutenus.
03:35Donc en fait, il est considéré à ce moment-là
03:37comme un candidat qui ne peut plus mener son parti à la victoire.
03:41Trump, lui, il n'est évidemment pas de cet avis.
03:43Il est donc le tout premier à se déclarer candidat pour 2024.
03:47Yonah Elawa, en quelques mots, il n'a jamais digéré sa défaite à la présidentielle de 2020.
03:52Ah non, non, mais c'est même un euphémisme.
03:54Il n'a pas reconnu sa défaite.
03:56Ça fait bientôt trois ans qu'il crie, sans preuve valable,
03:59qu'on lui a volé la victoire,
04:01qu'il y a eu des fraudes électorales dans les États-clés.
04:03Et d'ailleurs, c'est comme ça qu'il justifie ses efforts
04:06entre novembre 2020, c'est-à-dire l'élection,
04:08et janvier 2021, c'est-à-dire la prise de pouvoir de Joe Biden.
04:12C'est comme ça qu'il justifie ses efforts pendant cette période
04:15pour rester au pouvoir.
04:16Maintenant, aujourd'hui, il veut prendre sa revanche sur Joe Biden,
04:19qui est lui aussi à nouveau candidat côté démocrate.
04:22Deux jours après l'annonce de sa candidature,
04:25le ministre de la Justice décide de nommer un procureur spécial
04:28pour enquêter sur deux affaires qui concernent l'ancien président.
04:32D'abord, qui est ce procureur ?
04:34Alors, il s'appelle Jack Smith.
04:35C'est quelqu'un d'assez expérimenté,
04:37qui a commencé sa carrière dans les années 90.
04:40Il a travaillé pour le ministère de la Justice,
04:42mais aussi pour la justice internationale à l'AE.
04:45Donc voilà, c'est quelqu'un qui est nommé procureur
04:47avec une certaine expérience.
04:48Et ce poste de procureur spécial,
04:51il va l'occuper en promettant d'enquêter de manière indépendante,
04:55puisque c'est précisément ce qu'on lui demande.
04:57C'est pour ça qu'on nomme un procureur spécial.
04:59C'est pour que l'administration Biden évite
05:01que cette enquête soit perçue comme un conflit d'interesse.
05:04d'intérêt, si vous voulez,
05:05étant donné le profil politique de Donald Trump,
05:07le profil de l'opposant à Joe Biden.
05:09Et donc ce procureur, il doit enquêter sur quoi précisément ?
05:12Il a deux dossiers explosifs à gérer.
05:15Le plus gros morceau, c'est l'enquête fédérale
05:17sur l'assaut du 6 janvier 2021 sur le Capitole,
05:20et plus globalement, sur les efforts de Donald Trump
05:23pour rester au pouvoir et renverser le résultat de 2020.
05:27Et l'autre enquête, c'est sur les archives de la Maison-Blanche,
05:30où Trump est soupçonné d'avoir volontairement
05:33emporté des documents confidentiels dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride,
05:37au lieu de les remettre, comme le veut la loi,
05:40à l'administration des archives nationales en quittant la Maison-Blanche.
05:44Comment se déroule la campagne de Donald Trump
05:46dans les premières semaines, fin 2022, début 2023 ?
05:50Ça ne démarre pas super bien.
05:52Dans les premières semaines, il se fait plutôt discret.
05:55Et quand il commence ses visites dans les États-clés,
05:57il a du mal à réunir des soutiens de leaders politiques locaux.
06:01Côté financement aussi, c'est assez compliqué.
06:03Un peu moins d'argent levé qu'espéré.
06:06Et certains donateurs républicains lui tournent le dos.
06:08Certains gros donateurs lui tournent le dos.
06:10Et surtout dans les sondages, on voit qu'il y a d'autres candidats
06:13qui pourraient peut-être lui faire de l'ombre.
06:15Alors justement, qui sont les autres candidats
06:17qui se déclarent face à lui dans la primaire républicaine ?
06:20Alors, ils ne vont pas tous en même temps officialiser leur candidature.
06:24Mais aujourd'hui, les plus connus,
06:26c'est l'ancienne ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley,
06:30le sénateur de Caroline du Sud, Tim Scott,
06:32l'ancien gouverneur du New Jersey, Chris Christie,
06:35ou encore l'ancien vice-président Mike Pence.
06:38Mais surtout, le profil le plus en vue, c'est Ron De Santis.
06:42C'est le gouverneur de Floride.
06:44Et il est connu pour sa guerre culturelle
06:46contre ce que la droite appelle le wokisme.
06:49Donc lui, il annonce sa candidature en mai 2023.
07:09Et bien avant ça, il est considéré comme celui
07:12qui pourrait détrôner Donald Trump chez les républicains.
07:15En décembre-janvier, donc décembre 2022-janvier 2023,
07:18on a même certains sondages qui donnent Ron De Santis gagnant
07:21face à Donald Trump dans les primaires.
07:25Cette année, à la fin du mois de mars,
07:27un jury d'un tribunal de New York décide d'inculper l'ancien président
07:31dans un dossier qui porte sur ses comptes de campagne en 2016,
07:34soit avant d'entrer à la Maison-Blanche.
07:37On ne va pas rentrer dans les détails ici.
07:38Je renvoie les auditeurs à l'épisode de Côte-Source
07:41que nous avions consacré à cette affaire au mois d'avril.
07:44Mais en bref, Yona Elhawa, dans ce dossier,
07:46qu'est-ce qui est reproché à Donald Trump et à ses avocats ?
07:49Alors en fait, au moment du lancement de sa première campagne en 2016,
07:54son avocat Michael Cohen avait payé une actrice de film X,
07:57elle est célèbre maintenant, c'est Stormy Daniels,
07:59pour qu'elle garde le silence sur une supposée relation sexuelle
08:02qu'elle aurait eu 10 ans plus tôt avec Donald Trump.
08:05Et cette somme de 130 000 dollars que Michael Cohen sort de sa poche,
08:09il se la fait rembourser par Trump en tant que frais d'avocat.
08:13Et ça, pour le procureur de New York, c'est pas possible.
08:16Cet argent-là aurait dû apparaître dans les comptes de campagne de Trump
08:19puisqu'il a servi à éviter un scandale qui aurait pu nuire à sa réputation.
08:23Donc il est inculpé de fraude comptable dans cette affaire.
08:27Il y a 34 chefs d'inculpation.
08:29Et il y a aussi une autre affaire dont on a moins parlé,
08:31mais qui fait partie du même dossier,
08:33avec une autre femme, la playmate Karen McDougall,
08:36où c'est un petit peu la même chose qu'il lui a reproché dans cette histoire.
08:40Et donc cette première inculpation, à ce moment-là, elle est historique ?
08:43Ah oui, oui, c'est la première fois qu'un ancien président américain
08:46fait l'objet d'une inculpation par la justice au pénal.
08:50Et à ce moment-là, les médias sont en boucle sur cette histoire,
08:54notamment le 4 avril, le jour où il comparaît devant le tribunal de New York
08:58et où il plaide non-coupable.
09:06Devant le tribunal, ce jour-là, il y a des partisans, il y a des opposants,
09:09et surtout il y a des centaines de journalistes qui sont là
09:11pour capturer ces images qui ont fait le tour du monde.
09:23Un mois et demi plus tard, le mardi 13 juin,
09:26Donald Trump est une nouvelle fois inculpé dans l'une des deux enquêtes
09:30menées par le procureur Jack Smith,
09:32ce procureur spécial dont on parlait un peu plus tôt.
09:35De quoi est-il accusé cette fois-ci ?
09:37Cette fois, c'est l'affaire des archives de la Maison Blanche,
09:40et donc c'est une inculpation de la justice fédérale,
09:43donc de l'État américain,
09:44et donc encore une première historique pour un ancien président.
09:48Cette fois, Trump est visé par une quarantaine de chefs d'inculpation,
09:51parmi lesquelles rétention illégale d'informations
09:54portant sur la sécurité nationale,
09:56entrave à la justice et faux témoignages.
09:58Il risque en cumuler jusqu'à 450 ans de prison.
10:08Le procureur spécial Jack Smith tient une conférence de presse
10:11pour détailler son enquête.
10:13Il y a les éléments qu'on connaissait déjà,
10:15comme ces photos révélées dans la presse,
10:17où l'on voit des dizaines et des dizaines de cartons
10:19remplis de documents,
10:21stockés dans la villa de Donald Trump, en Floride,
10:24parfois dans des endroits insolites comme une salle de bain.
10:27Au-delà de ces preuves, il y a d'autres éléments accablants ?
10:30Oui, par exemple, dans son dossier qu'il va présenter,
10:33il y a un enregistrement qui vient démonter
10:36une des stratégies de défense de Trump.
10:38Cette stratégie, c'était de dire que,
10:40grâce à ses pouvoirs présidentiels à l'époque,
10:43il aurait déclassifié tous les documents de façon automatique,
10:46donc avant de quitter le bureau Oval,
10:48et que donc il avait le droit d'emporter ces documents.
10:50Sauf que, dans l'enregistrement présenté par le procureur,
10:54on entend Trump qui discute avec des visiteurs
10:56de son club de golf du New Jersey,
10:58et il leur dit qu'il aurait bien aimé leur montrer
11:00un plan militaire hautement confidentiel,
11:02mais que c'est impossible, parce qu'il est classé secret.
11:05Donc ça, c'est la preuve qu'il n'avait pas déclassifié
11:08toutes les archives en sa possession.
11:10Autre chose, dans le dossier,
11:11il y a des notes qui sont assez incriminantes,
11:14écrites par l'un des avocats de Donald Trump,
11:16et elles montrent les efforts de Donald Trump
11:19au printemps 2022 pour ne pas rendre ces documents aux archives.
11:22Cette nouvelle mise en accusation,
11:24c'est un coup dur pour sa campagne ?
11:25Non, pas vraiment.
11:27Ça fait des semaines qu'on lit partout
11:28que ces affaires en justice vont l'handicaper,
11:31surtout là, avec cette histoire des archives,
11:33on touche à la sécurité nationale,
11:34donc c'est vraiment un sujet très grave aux Etats-Unis.
11:37Mais en fait, non seulement il va faire un bond dans les sondages,
11:40mais en plus, les donations vont commencer à affluer pour sa campagne,
11:43et ses rivaux des primaires républicaines
11:46vont se sentir obligés de le soutenir publiquement
11:48pour ne pas froisser la base qui reste fidèle à Trump.
11:51Il y a même un des candidats qui s'appelle Vivek Ramaswamy
11:54qui promet de lui accorder son pardon présidentiel s'il est élu.
11:58Parce que je vous le rappelle, on est dans une affaire fédérale,
12:01donc le président des Etats-Unis peut accorder son pardon.
12:09Le mardi 1er août, Donald Trump écope d'une 3e mise en accusation.
12:14Pour quelle affaire cette fois-ci ?
12:15C'est l'autre enquête fédérale du procureur spécial,
12:19et c'est l'affaire de l'assaut sur le Capitole,
12:21et donc plus généralement des efforts de Donald Trump
12:23pour inverser les résultats de 2020.
12:25Et les chefs d'inculpation qui le visent dans ce dossier,
12:27ils sont graves ?
12:28Oui, là c'est vraiment l'affaire la plus sérieuse pour son avenir,
12:31aussi bien politique que son avenir tout court.
12:34Parmi les chefs d'accusation, il y a complot à l'encontre de l'Etat américain,
12:38entrave à une procédure officielle,
12:40c'est-à-dire la procédure de certification des résultats au Congrès le 6 janvier,
12:44ou encore atteinte aux droits électoraux.
12:46Je vais vous lire un morceau du document du bureau du procureur.
13:16Il dit
13:19décolle dans les sondages.
13:20Alors il était déjà bien remonté depuis quelques mois,
13:23et là surtout, il va commencer à creuser l'écart avec Ron De Santis,
13:27donc le gouverneur de Floride, qui était vu comme son principal rival.
13:31Donc pour vous donner une idée, en février, il était au coude à coude,
13:34et au mois d'août,
13:35Trump est entre 50 et 54% des intentions de vote,
13:40républicaines,
13:40avec plus de 35 points d'avance sur De Santis, c'est énorme.
13:44En revanche, côté finances pour Trump,
13:47il y a quand même une petite alerte rouge,
13:48parce que sur les 6 premiers mois de l'année,
13:50sa campagne a récolté plus de 50 millions de dollars,
13:53avec à chaque fois un pic dans les donations après ses inculpations,
13:56comme on l'a vu,
13:57mais il a dépensé plus de 40 millions de dollars en frais de justice.
14:01Et ça, c'est pas fini.
14:04Le lundi 21 août,
14:06deux jours avant le premier débat télévisé des primaires du Parti républicain,
14:10celui qui doit vraiment lancer la campagne présidentielle,
14:13Donald Trump annonce qu'il refuse d'aller débattre en plateau avec ses adversaires.
14:18Pourquoi ça ?
14:18Il considère, très ouvertement d'ailleurs,
14:21qu'il mène cette course de très loin,
14:23et qu'il n'a pas besoin de débattre.
14:24En clair, il n'a pas besoin de faire ses preuves,
14:27une majorité d'électeurs républicains lui font déjà confiance.
14:30Et comme il a toujours aimé la provocation,
14:32il propose une contre-programmation.
14:34Donc ce soir-là, le soir du débat,
14:36on pouvait voir Trump sur Twitter,
14:38interviewé par Tucker Carlson,
14:39l'animateur d'extrême droite.
14:41Et pendant ce temps-là,
14:42les autres candidats étaient en train de débattre entre eux,
14:44mais évidemment, ils n'ont pas pu éviter de parler de Donald Trump.
14:51Il y a notamment eu un moment assez gênant,
14:54mais aussi assez révélateur, je dirais,
14:57au moment où les modérateurs leur ont demandé
14:59s'ils soutiendraient toujours Trump en cas de condamnation.
15:01À ce moment-là, ils étaient huit sur scène,
15:03il n'y en a que deux qui ont répondu non.
15:05Et parmi les six autres,
15:07il y en a beaucoup qui ont levé la main pour dire oui,
15:09mais seulement après avoir vu leurs camarades faire pareil.
15:12En fait, ils ont suivi le mouvement.
15:26Le lendemain de ce débat, le jeudi 24 août,
15:29Donald Trump se rend à Atlanta, dans l'état de Géorgie,
15:32où il est une nouvelle fois inculpé dans une enquête,
15:35Yonah Elawa,
15:36qui concerne toujours des soupçons de fraude électorale,
15:39mais cette fois-ci à un niveau local.
15:42Oui, toujours pour l'élection de 2020,
15:43mais cette fois, on est en Géorgie,
15:45où il est inculpé de 13 chefs d'inculpation,
15:48avec 18 co-accusés,
15:49dont son ancien avocat Rudy Giuliani,
15:51l'ancien maire de New York.
15:53La procureure locale a recouru à une loi
15:55en vigueur en Géorgie
15:56sur la délinquance en bande organisée.
15:58C'est une loi qui est d'ordinaire utilisée,
16:00notamment contre les gangs,
16:02et qui prévoit des peines de 5 à 20 ans de prison.
16:05La Géorgie, je vous le rappelle,
16:06c'est un état clé que Joe Biden a remporté
16:08avec une toute petite marge,
16:10un peu plus de 12 000 voix.
16:11Et Donald Trump, il a estimé que cette marge
16:13était imputable à des fraudes de la part des démocrates,
16:16et que la victoire lui a été volée.
16:18Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé dans cet état
16:19pendant la présidentielle de 2020, selon l'enquête ?
16:23Selon l'accusation,
16:24les co-accusés se sont rendus coupables,
16:25entre autres, de fausses déclarations et faux documents,
16:29usurpation de fonctions publiques,
16:30faux et usage de faux,
16:32pression sur des témoins.
16:33Il y a aussi toute une série de délits informatiques
16:35et des accusations de parjure.
16:37Et au cœur de cette enquête,
16:39il y a, ce qui est désormais célèbre aujourd'hui,
16:42un appel téléphonique
16:43que Trump a passé en janvier 2021,
16:46à un haut responsable électoral de Géorgie.
16:49Et il lui demande, je cite,
16:51« de lui trouver les 12 000 voix qui lui manquent
16:54pour battre Joe Biden dans cet état ».
17:04À l'époque, la conversation,
17:06elle a été enregistrée et publiée dans les médias.
17:08Et c'est comme ça, en fait,
17:10que cette enquête a commencé en Géorgie.
17:12On en revient donc au début de cet épisode.
17:15Le vendredi 25 août,
17:17Donald Trump publie ce qu'on appelle
17:19un mugshot,
17:20en clair, sa photo d'identification
17:22en tant qu'homme poursuivi par la justice.
17:24Décrivez-nous cette photo.
17:26Il regarde droit dans l'objectif,
17:28il a la bouche fermée,
17:29les yeux noirs,
17:30un air de défi.
17:31C'est l'image combative qu'il a envie de renvoyer,
17:34même s'il se serait bien passé de l'exercice.
17:37Je vous rappelle que ce mugshot
17:38a été réalisé à la demande de la procureure
17:41du comté de Fulton, en Géorgie.
17:43Et pour les autres affaires,
17:44à New York ou au niveau fédéral,
17:46les procureurs ont estimé
17:47qu'il n'y avait pas besoin de mugshot
17:48parce que Trump est mondialement connu,
17:51donc pas besoin de prendre sa photo.
17:52Mais en Géorgie, la procureure,
17:54elle, elle a voulu lui réserver
17:55le même traitement
17:56que n'importe quel autre accusé.
17:57Et vous l'avez dit,
17:58c'est Donald Trump lui-même
17:59qui décide de rendre cette photo publique.
18:02Pourquoi ça ?
18:02Il fallait s'y attendre.
18:03Il utilise cette photo
18:04comme la preuve que la justice
18:06s'acharne sur lui.
18:07Il se met dans la posture du martyr,
18:09de la victime,
18:09mais en même temps de celui qui combat.
18:11Et on l'a vu au début de cet épisode,
18:13la première chose qu'il fait
18:14avec cette photo,
18:15c'est de la poster sur Twitter.
18:17Sous la photo,
18:17il écrit
18:18« Never surrender »,
18:20ça veut dire « Ne vous rendez jamais ».
18:21Entre parenthèses,
18:22c'est ce qu'il vient de faire.
18:23Il vient de se rendre à la prison.
18:24Et il renvoie à son site de campagne
18:27sur lequel on peut donner de l'argent
18:28pour la présidentielle de 2024.
18:30Et en quelques jours,
18:31il lève plus de 7 millions de dollars.
18:33Donc on peut vraiment dire
18:34que ses partisans sont galvanisés.
18:36La photo se retrouve sur des t-shirts,
18:37sur des mugs,
18:38sur tout un tas d'objets
18:39qui deviennent aujourd'hui
18:40des objets collecteurs.
18:42Les démocrates communistes
18:44et la juge d'Atlanta
18:45ont fait une photo de moi à la prison
18:47parce que j'ai dit
18:48que l'élection présidentielle de 2020
18:50était truquée.
18:51Nous savons tous
18:52ce qu'ils essaient de faire.
18:53même s'ils tentent
18:55de me faire passer pour un criminel.
18:57Je sais que je suis votre président préféré.
18:59Vous le savez,
19:00tout ça est orchestré
19:01par le corrompu Joe Biden,
19:03le pire président
19:04que notre pays ait connu.
19:07Yonah Elawa,
19:08si on fait le bilan,
19:09Donald Trump a été inculpé
19:10en moins de 6 mois
19:11dans 4 affaires différentes,
19:13dont 2 qui relèvent
19:14de la justice fédérale.
19:16Il est visé par 91 chefs d'inculpation.
19:18A chaque fois,
19:19il a plaidé non-coupable.
19:21Et maintenant,
19:22qu'est-ce qui va se passer ?
19:22Est-ce qu'il risque d'être jugé
19:24avant la fin de la campagne présidentielle ?
19:26Oui,
19:26il y a déjà une date de fixé
19:28pour le procès fédéral
19:29sur les tentatives d'inverser
19:31le résultat de la présidentielle.
19:32Donc ce sera le 4 mars prochain.
19:34C'est une date importante
19:36parce que c'est la veille
19:36du Super Tuesday,
19:38c'est-à-dire le Super Mardi.
19:39C'est une des journées
19:39les plus importantes pour les primaires
19:41puisqu'il y a de nombreux États
19:43qui votent en même temps ce jour-là.
19:44Il y a aussi son procès
19:45dans l'affaire Stormy d'Agnès
19:46à New York
19:47qui devait aussi se tenir
19:48au mois de mars.
19:49Mais il est très possible
19:50qu'il soit décalé du coup
19:51pour donner la priorité
19:53au procès fédéral.
19:55Il y a aussi le procès
19:56sur l'affaire des archives présidentielles.
19:57Il est prévu en mai.
19:59Alors évidemment,
20:00je vous donne toutes ces dates,
20:01mais d'ici là,
20:01beaucoup de choses
20:02peuvent encore changer.
20:03Il peut y avoir des recours.
20:04Les dates peuvent être repoussées.
20:06Mais il est quand même probable
20:08qu'il y ait au moins un procès
20:09avant la fin de la campagne.
20:13Alors imaginons que Donald Trump
20:14soit condamné
20:15pendant la campagne.
20:16Qu'est-ce qui se passe ?
20:17Alors si un des procès
20:19arrive à terme
20:19avant la fin de la campagne,
20:21il est possible
20:22qu'il soit condamné
20:23puisqu'il y a beaucoup,
20:24beaucoup de chefs d'inculpation
20:25qui pèsent contre lui.
20:27Donc ensuite,
20:28qu'est-ce qui se passe ?
20:28S'il est condamné,
20:29il peut quand même
20:30être candidat à la présidentielle.
20:32Ça, il n'y a pas d'interdiction
20:33dans la Constitution
20:34pour ce genre de situation.
20:35D'ailleurs, en 1920,
20:37il y a un candidat socialiste
20:39qui s'appelle
20:39Eugene V. Debs
20:40qui a remporté
20:42près d'un million de voix
20:43à la présidentielle
20:44alors qu'il était derrière
20:45les barreaux.
20:46Maintenant, si on continue
20:47dans les spéculations,
20:48admettons qu'il soit condamné
20:49à de la prison,
20:50il ferait appel, évidemment,
20:52et le juge pourrait accepter
20:53ou non
20:54de le laisser en liberté provisoire
20:56le temps du second procès.
20:58Trump, lui,
20:58il a promis déjà
21:00de continuer à faire campagne
21:01depuis la prison
21:02si jamais la situation
21:03se présentait.
21:05Est-ce qu'il pourrait exercer
21:05son second mandat
21:06depuis la prison
21:07s'il était élu ?
21:08Alors là, ça se complique
21:09et on entre vraiment
21:10en territoire inconnu.
21:12Est-ce qu'il peut demander
21:13à son nouveau ministre
21:14de la justice
21:14d'enterrer les affaires
21:15qui ne sont pas encore jugées ?
21:17Potentiellement, oui.
21:19Est-ce qu'il peut se pardonner
21:20lui-même ?
21:20C'est pareil,
21:21on n'a jamais vu ce cas de figure.
21:23Potentiellement.
21:23En tout cas,
21:24pas pour le dossier en Géorgie
21:26puisque ce n'est pas
21:26la justice fédérale.
21:28Donc en fait,
21:28il y a beaucoup de questions
21:29qui se posent
21:30et beaucoup de spéculations
21:31parce qu'on n'a jamais vécu
21:31cette situation avant.
21:34Même s'il reste encore
21:35près d'un an
21:36avant que le parti républicain
21:37investisse officiellement
21:38son candidat,
21:40Donald Trump a pour l'heure
21:41de grandes chances
21:42de remporter quand même
21:43ses primaires ?
21:44Oui, il est largement en tête.
21:45Même s'il reste
21:46de longs mois de campagne
21:47et qu'on sait
21:48que tout peut arriver,
21:49un candidat pourrait
21:50prendre le dessus,
21:51on ne sait jamais.
21:52Mais on peut dire
21:53en tout cas
21:53que toutes ses affaires judiciaires
21:55ont galvanisé sa campagne
21:56qui démarrait plutôt mollement,
21:58il faut bien le dire.
21:59Comment expliquer ça ?
22:00À ce stade,
22:01l'explication n'est plus vraiment
22:02à chercher du côté rationnel.
22:04Il a des partisans
22:05qui le suivent,
22:06coûte que coûte.
22:07Plus il est attaqué,
22:08plus il est menacé,
22:09plus ils le soutiennent,
22:11peu importe ce qu'il fait.
22:12Alors malgré tout ça,
22:13il peut quand même
22:13remporter les primaires,
22:14mais dans ce contexte,
22:16est-ce que face
22:17au président des Etats-Unis,
22:18Joe Biden,
22:19il a des chances
22:19d'être battu
22:21à la prochaine présidentielle ?
22:22C'est très serré
22:23et j'ai envie de vous dire
22:25que même si les sondages
22:26disaient le contraire aujourd'hui,
22:27on ne peut pas vraiment
22:28s'y fier aussi loin
22:29d'une élection.
22:30Joe Biden,
22:30il a un gros problème
22:31ses sondages.
22:32Il a 80 ans,
22:33bientôt 81,
22:34et son administration
22:35est frustrée
22:37de ne pas recevoir
22:38davantage de lauriers,
22:39si vous voulez,
22:39pour les lois
22:40qui ont été mises en œuvre
22:42sous son mandat,
22:43notamment sur le dossier économique.
22:45Donc Biden,
22:45il est à 41%
22:47d'opinions favorables
22:48en ce moment,
22:48c'est vraiment pas beaucoup.
22:50Maintenant,
22:50il ne faut pas oublier
22:51que Donald Trump,
22:52si on prend la majorité
22:53de l'opinion publique américaine
22:54et pas juste les républicains,
22:56il n'est pas populaire non plus.
22:58Il est sous la barre
22:58des 40% d'opinions positives,
23:00donc encore pire que Biden.
23:01Et surtout,
23:03les affaires en justice
23:04qui s'accumulent,
23:05ça va lui prendre du temps,
23:06beaucoup,
23:06beaucoup de temps,
23:07pendant sa campagne.
23:08Donc ça veut dire
23:09moins de meetings,
23:10moins de terrain
23:11à la rencontre des partisans.
23:13Donc dans ce sens-là,
23:14oui,
23:14en pratique,
23:15ça pourrait être un handicap.
23:23Merci à Yona Elahua.
23:25Cet épisode de Code Source
23:26a été produit par
23:27Emma Jacob
23:28et Raphaël Pueyo,
23:29réalisation Julien Moncouquiol.
23:31Code Source
23:32est le podcast quotidien
23:33d'actualité du Parisien.
23:35Nous publions un nouvel épisode
23:36chaque soir,
23:37du lundi au vendredi.
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