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Le dimanche 21 juillet, le président américain, Joe Biden, annonce renoncer à être candidat à sa réélection en novembre prochain. Une semaine plus tôt, son rival, Donald Trump a échappé de justesse à une tentative d’assassinat, alors que l’ancien président était en plein meeting en Pennsylvanie.
Code source retrace la folle semaine qui a rebattu les cartes de cette campagne avec Yona Helaoua, correspondante du Parisien à Washington.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : CNN, Forbes News, Righ Side Broadcasting Networks
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Code source retrace la folle semaine qui a rebattu les cartes de cette campagne avec Yona Helaoua, correspondante du Parisien à Washington.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11L'élection présidentielle, qui doit se tenir le 5 novembre prochain aux Etats-Unis,
00:16ne verra pas s'affronter comme en 2020 Donald Trump et Joe Biden, contrairement à ce qui était prévu.
00:22Le président américain a choisi de renoncer à sa candidature le dimanche 21 juillet,
00:27un mois seulement avant de décrocher l'investiture de son parti.
00:30Joe Biden, jugé trop vieux à 81 ans, trop fragile pour briguer un second mandat,
00:36a fini par céder face à la pression de son camp.
00:39Une semaine plus tôt, son adversaire Donald Trump a quant à lui échappé de justesse
00:44à une tentative d'assassinat en plein meeting.
00:47CodeSource revient sur ces 10 derniers jours qui ont fait basculer le cours de cette campagne
00:51avec Yona Elawa, correspondante du Parisien aux Etats-Unis.
00:55Elle est en ligne avec nous depuis Washington.
01:10Yona Elawa, le samedi 13 juillet, Donald Trump est en meeting de campagne à Butler, dans l'état de Pennsylvanie.
01:16Décrivez-nous l'ambiance au début de ce meeting et le début du discours de l'ancien président.
01:21Au départ, c'est un meeting comme les autres, assez festif.
01:25Vous savez, les gens, quand ils viennent voir Trump, ils viennent voir une sorte de spectacle.
01:29Donc ce jour-là, ce sont des milliers de personnes qui sont rassemblées sur un grand terrain
01:33qui sert d'habitude aux expositions agricoles.
01:36Il fait très très chaud.
01:38Et Trump arrive, il arrive en terre conquise parce que c'est un comté, le comté de Butler,
01:42qui a massivement voté pour lui en 2020.
01:45Il commence son meeting.
01:47Très exactement à 18h03, il monte sur scène.
01:50Il démarre son discours.
01:57Rapidement, il se met à parler d'un de ses thèmes de campagne favori, c'est l'immigration.
02:02Et à 18h11, donc vraiment quelques minutes plus tard, alors qu'il est en train de commenter
02:07un graphique qui apparaît à l'écran, on entend trois détonations.
02:13Et on voit Trump se toucher l'oreille.
02:15Il se baisse sous son pupitre.
02:17Et là, les agents du secret de service se jettent sur lui.
02:23Vous nous raconterez plus en détail ce moment précis où la campagne présidentielle américaine
02:28a basculé et la semaine folle qui a suivi.
02:31Mais d'abord, on va résumer rapidement ce qu'il s'est passé les mois précédents.
02:35Commençons par la date du mardi 15 novembre 2022.
02:39Donald Trump, depuis sa maison de Mar-a-Lago en Floride,
02:42annonce son intention de se relancer dans la course pour la Maison-Blanche.
02:46Yonah Elawa, à ce moment-là et dans les mois qui suivent,
02:49est-ce qu'il apparaît en mesure de l'emporter ?
02:51Pas vraiment.
02:52D'abord, il est assez isolé au sein de son propre parti républicain
02:56parce que quelques jours avant, c'était les mid-terms, les élections de mi-mandat.
03:01Et la droite s'attendait à ce qu'elle appelait une vague rouge
03:04qui allait déferler sur le pays.
03:07Et puis finalement, pas du tout.
03:08Elle récupère le contrôle seulement de la Chambre des représentants,
03:12mais avec une très faible majorité.
03:14Donc à ce moment-là, on considère que c'est Trump le responsable
03:17de ce mauvais résultat, notamment parce qu'il a refusé d'admettre
03:21qu'il avait perdu face à Joe Biden en 2020.
03:24Et il y a un deuxième élément, c'est qu'il y a des affaires en justice
03:27qui commencent à s'accumuler contre Trump
03:29avec des menaces d'inculpation de toutes parts,
03:32de la part de tribunaux fédéraux, mais aussi locaux.
03:43Le président américain Joe Biden officialise sa candidature
03:47six mois plus tard, en avril 2023.
03:49Yuna Elawa, avant d'aller plus loin, rappelez-nous
03:52toutes les étapes par lesquelles Donald Trump et Joe Biden
03:54doivent passer avant d'être officiellement investis par leurs partis respectifs.
03:59Oui, alors les deux grands partis organisent des élections
04:02qu'on appelle des primaires, qui permettent aux candidats
04:05de faire campagne pendant quelques mois
04:07et de débattre à plusieurs reprises.
04:09Et une fois le candidat choisi, en général,
04:11on a une bonne idée de son nom au printemps.
04:14Il doit être officiellement investi par les délégués du parti
04:17au moment de la convention, donc l'été avant l'élection.
04:21Joe Biden, en tant que président sortant,
04:23a le soutien de son camp, le parti démocrate.
04:25Donald Trump, quant à lui, devance largement ses concurrents
04:29dans la campagne pour les primaires.
04:31Cette année, en mars 2024, malgré toutes les affaires
04:34qui pèsent sur lui, le milliardaire devance Joe Biden
04:37dans les sondages. Pourquoi ?
04:39En fait, alors que certains le disaient fini après les mid-terms,
04:42il va remonter petit à petit.
04:44D'abord, il montre qu'il est toujours maître dans son camp.
04:47Et puis, on se rend compte que les affaires en justice contre lui,
04:51qui vont se traduire vraiment par des inculpations au pénal,
04:54à New York ou en Géorgie, ou alors au niveau fédéral
04:58pour l'affaire des documents classés confidentiels,
05:00ou surtout pour l'affaire du 6 janvier,
05:02de l'attaque contre le Capitole.
05:04Eh bien, toutes ces inculpations vont asseoir encore
05:06sa domination dans les sondages.
05:08Elles valident la thèse qu'il brandit de la chasse aux sorcières.
05:12Lui, il se présente comme une sorte de martyr,
05:14de résistant persécuté par l'administration Biden.
05:17Et en face, justement, vous avez un Joe Biden qui a du mal
05:21à mettre en avant les réussites de son mandat,
05:23notamment au niveau économique.
05:25Les chiffres de l'emploi sont bons, la bourse est en pleine forme,
05:29la pauvreté a diminué, mais il y a l'inflation,
05:32qui ces dernières années a été spectaculaire.
05:34Le marché de l'immobilier est bloqué à cause de ça,
05:38à cause des taux d'intérêt qui ont augmenté.
05:40Et ça, les Américains, ils ne lui pardonnent pas, à Joe Biden.
05:44Au même moment, Yona Elawa, la santé de Joe Biden
05:47devient petit à petit un sujet majeur de cette campagne.
05:50Déjà, ce n'est pas nouveau.
05:52Il faut rappeler que même pendant la campagne 2020,
05:55on disait déjà que Joe Biden était trop vieux pour être candidat.
05:58Mais au final, avec seulement trois ans de différence avec Trump,
06:01aujourd'hui, Biden a 81 ans, Trump a 78 ans,
06:04on a plutôt retenu l'idée d'un duel entre seniors.
06:08Le problème, c'est que ces derniers mois, Joe Biden,
06:11il multiplie les gaffes.
06:12Quand il fait des apparitions en public, il a du mal à se déplacer.
06:15Il a parfois le regard complètement agar.
06:18Et puis, évidemment, tout ça, c'est capturé en vidéo
06:21et ça tourne en boucle sur les réseaux sociaux.
06:23Vous avez aussi le procureur spécial Robert Herr,
06:26qui était en charge de l'enquête sur les documents classés confidentiels.
06:30C'est l'enquête qui visait Joe Biden cette fois.
06:33Et dans son rapport, il explique qu'il ne va pas inculper Joe Biden,
06:35mais par contre, il le décrit comme un homme âgé
06:38qui a la mémoire défaillante.
06:39Il dit par exemple qu'il ne se souvient pas de la date de la mort de son fils Beau.
06:44Donc ça, c'est vraiment assez explosif comme témoignage.
06:47Et puis, vous avez aussi un papier du Wall Street Journal qui sort début juin
06:51et qui fait remonter des témoignages de proches collaborateurs de Joe Biden
06:55qui disent qu'il est sénile, en somme.
06:57Donc tout ça, immédiatement, c'est démenti par la Maison Blanche, évidemment.
07:01La Maison Blanche, elle rétorque que Donald Trump, lui aussi, fait des gaffes.
07:05Alors, certes, c'est vrai, Donald Trump, il fait des gaffes, il radote.
07:09Parfois, il est complètement décousu, il raconte n'importe quoi.
07:12Mais il dégage une telle énergie sur scène
07:15que le contraste finalement entre les deux hommes,
07:18malgré la faible différence d'âge, il est assez fort.
07:25Le jeudi 27 juin, un premier débat télévisé est organisé
07:29sur la chaîne CNN entre Donald Trump et Joe Biden.
07:32Et pendant ce débat, qui est considéré comme le véritable lancement
07:36de la campagne présidentielle,
07:37le président livre une prestation complètement catastrophique.
07:41Catastrophique, oui, c'est le mot.
07:43C'était vraiment difficile à regarder.
07:45Vous avez un Joe Biden qui perd complètement,
07:48mais complètement le fil de ses pensées.
07:50Il ne finit pas ses phrases, il ne trouve pas ses mots.
08:11Et à l'inverse, quand c'est au tour de Trump de parler,
08:15Biden le regarde mais complètement à gare,
08:17la mâchoire décrochée.
08:22On a vraiment l'impression qu'il est ailleurs
08:24et surtout l'impression qu'il ne fait pas le poids face à Trump.
08:27Et Trump, je dois quand même le souligner,
08:29en face, il en profite pour raconter mensonge sur mensonge,
08:32par exemple sur l'immigration ou sur l'économie.
08:35Mais comme en fait, dans ce genre d'exercice de débat,
08:38la forme compte plus que le fond,
08:40et bien ça passe comme une lettre à la poste pour Trump.
08:42Et donc ce débat, il profite vraiment à Donald Trump ?
08:45Oui, bien sûr. Déjà parce qu'objectivement,
08:47il a livré une meilleure performance que Biden.
08:49Il n'y a pas photo, encore une fois sur la forme.
08:52Et ensuite parce que dès la fin du débat ce soir-là,
08:55la Maison démocrate commence à craquer.
08:57C'est-à-dire que les médias rapportent que déjà,
09:00à ce moment-là, dans les cercles de pouvoir du parti,
09:02vraiment quelques minutes après la fin du débat,
09:04on commence à évoquer la possibilité d'un autre candidat.
09:07Ce qui est quand même assez énorme à 4 mois de la présidentielle
09:11et dans un parti qui, juste ici,
09:13avait réussi à dépasser, si vous voulez, ces différences.
09:19On en revient au début de cet épisode,
09:21Yona Elawa, le samedi 13 juillet,
09:24à Butler, en Pennsylvanie.
09:25Il est 18h11,
09:27Donald Trump est seul sur scène,
09:29entouré d'une foule de supporters.
09:30Il est derrière son pupitre et déroule son discours
09:33quand, tout à coup, on entend des détonations.
09:36Oui, c'est vraiment l'affaire de quelques secondes.
09:39On nous voit se toucher l'oreille
09:41sans vraiment comprendre ce qui lui arrive
09:42et il se baisse par réflexe immédiatement.
09:45Les gardes du corps se jettent sur lui
09:47et puis assez vite, ils l'aident à se relever
09:49et ils lui disent qu'il faut évacuer la scène.
09:52Mais là, Trump insiste, il leur dit
09:54« Attendez, attendez ! »
09:55Il lève la tête face au public.
09:57C'est là qu'on voit d'ailleurs qu'il est couvert de sang.
09:59Il lève le poing en l'air et il crie
10:01« Fight, fight, fight !
10:03Battez-vous, battez-vous, battez-vous ! »
10:05Lui, il a été épargné
10:06mais on a un spectateur qui est touché
10:08mortellement ce jour-là
10:09et deux autres personnes qui sont blessées.
10:14Est-ce qu'on sait rapidement d'où proviennent les coups de feu ?
10:17Au bout d'un moment, on commence à comprendre.
10:19En fait, il y a une personne, un tireur
10:21avec un fusil d'assaut
10:23qui se trouve sur le toit d'un bâtiment
10:25à un peu plus d'une centaine de mètres de la scène.
10:28Et ce bâtiment, il se trouve à l'extérieur
10:29du périmètre de sécurité.
10:32Cette personne, c'est un jeune homme, il a 20 ans.
10:34Il s'appelle Thomas Matthew Crooks.
10:36Il habite à une centaine de kilomètres de là, en Pennsylvanie.
10:40Et on ne sait pas grand-chose,
10:41et d'ailleurs, on ne sait toujours pas grand-chose de lui,
10:43si ce n'est qu'il était adhérent au Parti républicain,
10:46mais qu'il avait fait un don à une organisation progressiste.
10:49En seulement quelques minutes,
10:51la photo de Donald Trump,
10:52le visage ensanglanté, le poing levé,
10:55fait le tour du monde.
10:56Il y a tout de suite un effet de sidération.
10:58Oui, en fait, il y a quelques photographes
11:00qui ont réussi à s'approcher de la scène au moment du drame
11:02et qui ont pris des clichés spectaculaires.
11:05Il y a celui d'Evan Vucci, notamment de l'agence AP.
11:08C'est peut-être celui que l'histoire retiendra
11:10en raison de sa composition.
11:12Vous avez un Trump, le regard défiant,
11:14le poing levé, encadré par ses agents de sécurité.
11:17Il est comme abrité par le drapeau américain
11:20qui flotte au-dessus de lui, à sa droite.
11:22Vraiment, on dirait un tableau, cette photo.
11:24Et d'ailleurs, le camp Trump, très vite,
11:27il en prend conscience
11:27et il va utiliser cette image pour sa campagne.
11:30Deux heures après cette tentative d'assassinat,
11:32le président Joe Biden prend la parole
11:35depuis la Maison-Blanche.
11:36Qu'est-ce qu'il dit ?
11:37Il dit qu'il n'y a pas de place
11:38pour ce genre de violence en Amérique.
11:40Il appelle à l'apaisement et à l'unité.
11:52À ce moment-là, il est dans sa maison de plage du Delaware
11:55et puis, parce que c'est le week-end, vous savez,
11:58et donc il va retourner en urgence à la Maison-Blanche
12:00ce soir-là pour suivre le déroulement de l'enquête.
12:03Mélania Trump, la très discrète ancienne première dame,
12:06la femme de Donald Trump,
12:08s'exprime à son tour sur les réseaux sociaux.
12:10Elle désigne le tireur comme, je cite,
12:12« un monstre qui a tenté d'éteindre la passion de son mari ».
12:16Le patron du réseau social X, Tesla et de SpaceX,
12:20Elon Musk apporte dans la foulée
12:22son total soutien à Donald Trump.
12:24Oui, alors on savait depuis un moment
12:26qu'on savait de quel côté penchait Elon Musk,
12:29politiquement, plutôt à droite, bien sûr.
12:30Mais là, c'est la première fois, officiellement,
12:33qu'il lui apporte son soutien.
12:34Et quelques jours plus tard, on apprend
12:36qu'il compte donner 45 millions de dollars par mois
12:40à ce qu'on appelle une PAC,
12:41un comité d'action politique.
12:43En fait, c'est un groupe qui est géré indépendamment
12:45de la campagne officielle,
12:47mais qui œuvre pour le candidat Trump, en l'occurrence.
12:50Le dimanche 14 juillet,
12:51quelques heures seulement après avoir été touché à l'oreille,
12:54Donald Trump livre ses premières déclarations à la presse.
12:57Au journal Le New York Post,
12:59qu'est-ce qu'il dit dans cette interview ?
13:01C'est une interview assez grave.
13:03Il dit qu'il ne devrait pas être là,
13:04qu'il devrait être mort,
13:06qu'il a vécu une expérience surréaliste.
13:08Il dit que c'est un miracle qu'il soit là.
13:10Il rend aussi hommage aux agents du secret de service
13:13qui l'ont évacué.
13:14Et il félicite le sniper,
13:16qui a immédiatement tué d'une balle dans la tête,
13:19le tireur.
13:21Yonah Elawa, dans les 48 heures qui suivent cette tentative d'assassinat,
13:25l'attention médiatique se porte sur ce drame.
13:28Les démocrates se retrouvent donc empêchés par les circonstances de faire campagne.
13:32L'heure est à la retenue.
13:34C'est même plus une question politique,
13:35c'est une question de morale, une question d'éthique.
13:38Donc on retient ses coûts,
13:39on appelle à l'apaisement, à l'unité,
13:42on condamne toute forme de violence politique.
13:44Le problème, c'est que ce week-end-là,
13:47le débat sur la candidature de Joe Biden
13:49était en train de monter en puissance.
13:50Et que juste avant la tentative d'assassinat,
13:53on s'attendait à ce qu'un grand nombre d'élus démocrates
13:56appellent Joe Biden à se retirer.
13:58Du coup, ce qui arrive à Trump,
14:00ça met un petit peu un coup d'arrêt à cette polémique,
14:03en tout cas publiquement.
14:04Et ça offre un répit à Biden.
14:07Alors certes, il ne peut plus vraiment attaquer Trump
14:09pendant quelques jours,
14:10mais lui-même peut respirer un petit peu
14:12et il peut espérer prouver à son camp
14:14qu'il est toujours le maître à bord.
14:18Le lundi 15 juillet,
14:19quelques heures avant l'ouverture
14:21de la convention du Parti républicain,
14:23qui doit officiellement investir un candidat
14:25pour la présidentielle de novembre,
14:27Donald Trump apprend qu'il vient de remporter
14:29une bataille judiciaire.
14:31Laquelle ?
14:31Alors il s'agit de l'affaire fédérale,
14:33des documents classés confidentiels.
14:35C'est une affaire qui a été chapeautée
14:37par une juge de Floride qui avait été nommée
14:40par Donald Trump.
14:41Et donc ce jour-là, la juge,
14:42elle affirme que les charges retenues contre Trump
14:45sont rejetées,
14:46parce que, voilà, son argument,
14:48c'est que la nomination d'un procureur spécial
14:51dans cette affaire aurait violé la Constitution.
14:54Donc en fait, elle évite à Trump un nouveau procès.
14:57Et Donald Trump, lui, évidemment, il est ravi.
14:59Il estime que c'est la preuve
15:00qu'il était bien visé par une chasse aux sorcières,
15:03qu'il n'a rien à se reprocher.
15:04Et il va même réclamer que toutes les autres affaires
15:07contre lui, en cours, soient classées.
15:10À ce moment-là, Yona Elawa,
15:11vous vous êtes à Milwaukee, dans le Wisconsin,
15:13pour couvrir cette convention républicaine.
15:16Quel est l'état d'esprit des militants
15:18avant l'arrivée de Donald Trump sur place ?
15:20Ils sont tous derrière leurs champions.
15:22C'est Trump le miraculé,
15:24Trump le survivant, qu'ils attendent.
15:26Et il y a carrément une dimension religieuse
15:29pour beaucoup,
15:29qui estime que c'est Dieu
15:32qui a épargné Donald Trump,
15:33que c'est le signe
15:34que Donald Trump doit les guider vers la victoire.
15:37À ce moment-là,
15:38on a complètement oublié les querelles
15:39entre les partisans de Nikki et Eli
15:41et les autres.
15:42Le mot d'ordre, c'est vraiment
15:43l'unité du parti républicain.
15:46Décrivez-nous l'entrée de Donald Trump
15:48dans le Pfizer Forum,
15:49cet immense complexe
15:50où se tient la convention du parti.
15:52Alors, chose inhabituelle,
15:54il va apparaître
15:55dès le premier soir de la convention.
15:57Normalement, vous savez,
15:58le candidat arrive le dernier jour
15:59pour son discours.
16:01Là, donc, il arrive dès le lundi.
16:03Il arrive en musique.
16:04C'est très solennel.
16:05C'est la première fois
16:06qu'il prend un bain de foule
16:07depuis la tentative d'assassinat.
16:09Il s'avance dans la salle
16:11de la convention
16:12avec un grand carré blanc
16:14pour lui bander l'oreille.
16:15Il a un air grave.
16:17Il sourit,
16:18mais on sent bien qu'il est ému.
16:19Et la salle est complètement électrisée.
16:21C'est une ovation pour Donald Trump
16:23au cri de « Fight, fight, fight ».
16:28« Battez-vous, battez-vous, battez-vous ».
16:30Vous savez, ce sont les mêmes mots
16:31qu'il avait prononcés
16:32deux jours plus tôt
16:33quand il a échappé à la mort.
16:35Juste avant son arrivée,
16:36Donald Trump a dévoilé
16:38le nom de son colistier,
16:39celui qui deviendra
16:40le vice-président des Etats-Unis
16:42en cas de victoire.
16:43Il s'agit de James David Vence,
16:4539 ans,
16:46sénateur de l'Ohio.
16:48Pourquoi ce choix ?
16:49C'est le choix de la continuité.
16:51Même s'il faut quand même souligner
16:52qu'au début,
16:53il a beaucoup critiqué Trump,
16:55ce J.D. Vence,
16:56comme beaucoup d'ailleurs
16:57au sein du parti.
16:58Et puis, il a fini par se rallier
17:00à Donald Trump.
17:02Certains disent qu'il apporte
17:03pas grand-chose
17:03au ticket présidentiel
17:05parce qu'il ressemble
17:06beaucoup à Donald Trump,
17:07à la fois dans le style
17:08et dans les idées,
17:09mais en plus jeune.
17:11J.D. Vence,
17:11il est connu pour son livre
17:12« Hill, Billy, Elegy »,
17:14qui parle de son enfance difficile
17:15dans une ancienne zone
17:16industrielle de l'Ohio.
17:18En fait, si vous voulez,
17:19il parle à l'Amérique,
17:20l'Amérique masculine et blanche.
17:22L'Amérique déçue
17:23par la mondialisation.
17:25Et il comprend assez bien
17:26l'électorat de Trump.
17:27Il est vraiment considéré
17:28comme l'héritier direct
17:29de son idéologie.
17:31En le nommant Trump,
17:33il courtise des États
17:34du Midwest.
17:35Ce sont les États
17:36de Pennsylvanie,
17:37du Michigan,
17:37du Wisconsin.
17:38Ce sont vraiment
17:39des États cruciaux
17:40qu'il doit à tout prix
17:41gagner en novembre.
17:43Au deuxième jour
17:44de la Convention républicaine,
17:46le 16 juillet,
17:47les anciens rivaux
17:48de Donald Trump
17:48décident de lui apporter
17:50leur soutien.
17:50Oui, vous avez Ron De Santis
17:52et Nikki Ely notamment
17:53qui se succèdent à la tribune
17:55et qui s'alignent
17:56derrière Trump.
17:57Donald Trump
17:58est clair
17:58sur qui est notre ami
18:00et qui est notre ennemi.
18:01En fait,
18:02ils n'ont plus vraiment
18:03le choix.
18:04Le parti républicain
18:05maintenant,
18:05c'est Trump.
18:06C'est rien que Trump.
18:07Pour Nikki Ely notamment,
18:09c'est assez énorme
18:09parce qu'elle avait résisté
18:11très longtemps
18:11avant de jeter l'éponge.
18:13Elle insistait vraiment
18:14sur ses différences idéologiques
18:16majeures
18:16entre elle et Trump.
18:18et puis maintenant,
18:19elle rentre dans le rang
18:20comme les autres.
18:21Le lendemain,
18:22le président américain,
18:23Joe Biden,
18:24annonce qu'il a été testé
18:25positif au Covid-19
18:27et qu'il doit respecter
18:28une période d'isolement.
18:30Yuna Elawa,
18:31ça tombe vraiment
18:31au pire moment pour lui.
18:32Oui, c'est le cas de le dire.
18:33Vous avez un Trump
18:34qui semble avoir
18:35une chance inouïe
18:37entre cette tentative
18:38d'assassinat
18:39qui échoue littéralement
18:40à un cheveu,
18:41cette décision de justice
18:42en sa faveur
18:43plus cette immunité
18:44du parti derrière lui.
18:45Et en face,
18:46vous avez Joe Biden
18:47contesté dans son camp,
18:49affaibli
18:49et qui maintenant
18:50doit s'isoler
18:51parce qu'il a le Covid.
18:52Vous vous rendez compte,
18:52le contrat,
18:53c'est vraiment terrible.
18:56Le jeudi 18 juillet,
18:58au quatrième jour
18:59de la convention,
19:00Donald Trump
19:00prend la parole.
19:01Il prononce un discours
19:02pour accepter
19:04l'investiture républicaine.
19:05Qu'est-ce qu'il dit
19:06à la tribune ?
19:07Alors,
19:08c'est un discours
19:08très attendu.
19:09Déjà parce que
19:10c'est son discours
19:10d'acceptation
19:11donc assez solennel.
19:13C'est censé donner
19:14la direction
19:14du reste de la campagne
19:15avant l'élection
19:16du 5 novembre.
19:18Ensuite,
19:18c'est la première fois
19:19qu'il prend la parole
19:20depuis la fusillade
19:20et il a fait monter
19:22le suspense avant ça
19:23en disant que
19:24ça l'avait obligé
19:25à tout réécrire,
19:26qu'il appellerait
19:27à l'unité du pays.
19:30Vous savez,
19:30ça fait plusieurs jours
19:31qu'on nous vend
19:32un nouveau Trump,
19:33un Trump plus présidentiel
19:34au-dessus de la mêlée
19:35comme si l'expérience
19:36l'avait assagi.
19:38Et bien,
19:38autant vous dire
19:39que c'est raté.
19:40Déjà,
19:40c'est super,
19:41super long.
19:42une heure et demie
19:43de discours.
19:44Vous avez des spectateurs
19:45dans la salle
19:45qui n'attendent qu'une chose,
19:46c'est que ça s'arrête.
19:48Et ensuite,
19:48alors,
19:49certes,
19:49au début du discours,
19:50il va revenir
19:51sur son expérience
19:52d'avoir frôlé la mort,
19:54il dit qu'il ne devrait pas
19:54être là.
20:06Il rend hommage
20:07au spectateur décédé,
20:08il appelle à l'unité,
20:09ok.
20:09mais alors très vite,
20:11il sort du script
20:12et là,
20:13ça se transforme
20:13en un medley
20:14interminable
20:15de ces meetings
20:16de campagne
20:16avec des propos
20:17par voie décousus,
20:19incohérents,
20:20des invectifs
20:20contre les démocrates.
20:22Bref,
20:22l'ancien Trump
20:23est de retour
20:24et le naturel
20:25revient au galop.
20:27Le dimanche 21 juillet,
20:29un peu avant 14h,
20:30à l'heure de Washington,
20:31Joe Biden annonce
20:32dans une lettre
20:33aux Américains
20:34qu'il renonce
20:35à maintenir sa candidature
20:36à l'élection présidentielle.
20:38Yona Elawa,
20:39quels sont ses mots
20:40et qu'est-ce qu'il a finalement
20:41convaincu de passer la main ?
20:43Dans sa lettre,
20:44il commence par faire
20:45la liste de ses accomplissements
20:46en tant que président,
20:47donc au niveau de l'économie,
20:49de la santé,
20:50des armes à feu,
20:51du climat.
20:52Et puis,
20:53il écrit
20:53« Ce fut le plus grand honneur
20:55de ma vie
20:55de vous servir
20:56en tant que président
20:58et même si j'avais l'intention
20:59de me représenter,
21:00je crois que cela vaut mieux
21:01pour mon parti
21:02et pour le pays
21:03que je me retire
21:04et que je me concentre
21:06sur mes devoirs de président
21:07jusqu'à la fin de mon mandat. »
21:09Donc,
21:09ça veut dire
21:09qu'il va continuer,
21:11ça c'est important,
21:12qu'il va continuer son mandat
21:13jusqu'à janvier.
21:14Et qu'est-ce qu'il a convaincu ?
21:16Eh bien,
21:17on en a parlé,
21:17trois semaines de pression intense
21:19dans son camp
21:20et Dieu sait qu'il a résisté,
21:22il était soutenu
21:23par sa famille
21:23pour continuer.
21:25Ce week-end d'ailleurs,
21:26c'était particulièrement haletant
21:27parce qu'on avait
21:29vendredi des infos
21:29qui nous disaient
21:30que son désistement
21:31n'allait vraiment plus tarder,
21:32que c'était juste
21:32une question d'heure.
21:34Et puis samedi matin,
21:35son équipe annonce
21:36qu'en fait,
21:36non, non,
21:36il reste candidat
21:38et il va même faire campagne
21:39la semaine prochaine.
21:40En fait,
21:41avec le recul,
21:42on se dit que c'était
21:42peut-être juste
21:43une façon de gagner du temps.
21:44On sait d'ailleurs
21:45qu'il a parlé
21:46avec Kamala Harris
21:47notamment
21:47avant de publier sa lettre.
21:50Dans la foulée,
21:51Joe Biden apporte son soutien
21:52sur le réseau social X
21:53à sa vice-présidente,
21:55Kamala Harris.
21:56Cela veut dire
21:57qu'elle est en bonne voie
21:58pour être investie
21:59par les démocrates
21:59fin août.
22:00Que ce soit elle
22:01ou un autre candidat,
22:03en tout cas,
22:03on peut dire
22:03que cet événement historique
22:06relance la campagne
22:06des démocrates.
22:07Complètement.
22:08On pensait assister
22:09à l'affrontement
22:10entre deux candidats
22:11qu'on connaissait déjà
22:12qui ont tous les deux
22:13plus de 75 ans.
22:14Cela ne faisait vraiment
22:15pas rêver les Américains.
22:17Là, tout est relancé.
22:19Cela ne veut pas dire
22:20que Kamala Harris
22:20va gagner.
22:21Attention,
22:22dans les sondages,
22:23elle fait légèrement mieux
22:24que Biden,
22:25mais a priori,
22:25Trump est quand même
22:26en tête face à elle.
22:27En revanche,
22:28il reste trois mois,
22:29trois mois et demi même.
22:31Un nouveau candidat,
22:32cela relance la dynamique.
22:34Déjà,
22:34la dynamique des dons.
22:35À l'heure où je vous parle,
22:36on est dimanche après-midi,
22:38la presse américaine,
22:39elle rapporte déjà
22:40une avalanche de dons
22:41pour les démocrates
22:41une heure après l'annonce
22:43de Biden.
22:44On sait que l'argent,
22:45c'est très important
22:46dans les campagnes américaines.
22:48Ensuite,
22:48il y a la dynamique
22:49des thèmes de campagne.
22:51Passons du principe
22:51que ce sera Kamala,
22:52la candidate.
22:53Vous avez une Kamala Harris
22:54qui s'est beaucoup investie
22:56sur le sujet de l'avortement,
22:57par exemple.
22:58On sait que ça va être
22:58un sujet fort.
23:00La question de l'âge,
23:01ensuite,
23:01le candidat trop vieux maintenant,
23:03ce n'est plus Biden,
23:03c'est Donald Trump.
23:05Et puis,
23:05la question de la démocratie.
23:06Vous avez un candidat,
23:07Donald Trump,
23:08qui a tenté de s'agripper au pouvoir
23:09le 6 janvier 2021,
23:11et une autre
23:12qui succède à Joe Biden,
23:14un Joe Biden
23:14qui s'est sacrifié
23:15en quelque sorte
23:16pour cette même démocratie,
23:18un patriote.
23:19Tout ça,
23:19ça va être mis en valeur
23:20par le camp démocrate.
23:21D'ailleurs,
23:22c'est déjà le cas.
23:23Ce sont les mots
23:25que je viens d'utiliser,
23:25le mot de patriote,
23:26c'est le mot qui est utilisé
23:27par Barack Obama
23:28quand il vient de réagir
23:29à l'annonce de Joe Biden.
23:31Donc voilà,
23:31c'est en train de se mettre en place.
23:33Ça va se mettre en place
23:34dans les prochains jours,
23:35mais en tout cas,
23:36c'est passionnant
23:36et on va suivre ça de près,
23:38évidemment.
23:58Merci à Yona et Laoua.
23:59Cet épisode a été produit
24:01par Barbara Gouy
24:02et réalisé par Julien Moncouquiole.
24:04Si vous aimez Code Source,
24:06parlez-en autour de vous.
24:07Avant le début des Jeux Olympiques de Paris,
24:09vous pouvez rattraper
24:10tous les épisodes
24:11de notre podcast
24:12Le Sacre,
24:13des athlètes médaillés d'or
24:14qui se confient
24:15à la journaliste
24:16Anne-Laure Bonnet.
24:17Ne ratez pas non plus
24:18Crime Story,
24:19le podcast fait divers du Parisien.
24:21Claudia Prolongeau
24:22et Damien Delsenis
24:23reviennent cet été
24:24en six épisodes
24:25sur l'affaire
24:26Dupont-de-Ligonnès
24:27à retrouver en intégralité
24:29sur toutes les plateformes d'écoute.
24:32Sous-titrage Société Radio-Canada
24:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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