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Diagnostiqué autiste à l’âge de 6 ans, Mohamed Iberraken s’est révélé grâce à la pratique des échecs, et au combat de ses parents pour qu’il bénéficie d’une prise en charge adaptée. Pour Code source, Ambre Rosala a recueilli le témoignage de Malika et Mohamed Iberraken.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

#autisme #échecs

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11En France, on estime qu'environ 700 000 personnes vivent avec un trouble du spectre autistique,
00:18un chiffre qui englobe des réalités différentes.
00:20Publié fin mars et écrit avec un journaliste du Parisien,
00:24un livre raconte le combat d'une mère pour son fils Mohamed.
00:28Son fils atteint d'autisme et qui a prononcé son premier mot à l'âge de 7 ans.
00:34Aujourd'hui âgé de 17 ans, Mohamed a rattrapé son retard scolaire,
00:37en grande partie grâce à sa passion pour les échecs,
00:41et il a réussi à intégrer le renommé lycée militaire de Saint-Cyr.
00:45Aux côtés de son fils, Malika Iberaken raconte son histoire,
00:48aujourd'hui dans Codesource, au micro d'Ambre Rosala.
00:59Malika Iberaken et sa famille habitent dans un joli appartement
01:02au dernier étage d'un immeuble du Blanc-Ménil, en Seine-Saint-Denis.
01:06Elle a 44 ans, elle est petite, brune et bien apprêtée.
01:09C'est la maman d'Asia, 11 ans, et Mohamed, 17 ans.
01:13Quand je les rencontre, un jeu d'échecs traîne sur la table de la salle à manger.
01:17Diagnostiqué autiste depuis plus de 10 ans, Mohamed est passionné d'échecs.
01:22Parmi toutes les pièces du jeu, il se compare lui-même à une tour.
01:25Elle se déplace tout droit, en ligne ou en colonne, sans coup tordu,
01:29et Mohamed m'explique qu'il aime ce qui est clair et simple.
01:32Sa mère Malika, elle, serait la dame.
01:35Parce que la dame, c'est une pièce la plus importante.
01:37La mère, c'est la personne la plus importante.
01:40C'est une personne qui ne va jamais te lâcher, qui ne va jamais te trahir.
01:47Malika Iberaken est née au Maroc le 2 mai 1977.
01:51Quand elle a 6 mois, ses parents quittent le Maroc pour s'installer en France,
01:55à Chantilly, dans le département de l'Oise.
01:57Son père est ouvrier chez Renaud,
01:59et sa mère ne travaille pas pour s'occuper de Malika et de ses frères et soeurs.
02:02Deuxième d'une fratrie de 6 enfants, Malika grandit avec un grand sens des responsabilités.
02:08A sa majorité, elle se lance dans des études d'administration,
02:11et elle enchaîne les petits boulots pendant ses week-ends pour gagner un peu d'argent.
02:15J'avais hâte de prendre mon indépendance, j'avais hâte d'avoir ma propre famille,
02:20d'avoir mes enfants, parce que comme je suis issue d'une famille nombreuse,
02:24je voulais également avoir beaucoup d'enfants.
02:27Je me dis 3, 4, avoir une grande famille pour pouvoir profiter, faire beaucoup de choses.
02:33Parce que moi, c'est vrai qu'étant plus jeune,
02:34les moyens aussi de mes parents ne permettaient pas qu'on puisse faire beaucoup d'activités,
02:41partir en vacances, ce genre de choses.
02:44Et moi, je ne voulais pas reproduire cela,
02:46et c'est pour ça que j'avais quand même mis un point d'honneur,
02:49même si j'avais beaucoup d'enfants,
02:51de devoir travailler pour pouvoir leur offrir les choses que moi,
02:54je n'ai pas eues quand j'étais plus jeune.
02:56Pendant un job d'été, Malika rencontre Karim.
02:59Ils deviennent d'abord amis, puis ils tombent amoureux.
03:01Ils emménagent ensemble au Blanc-Ménil, en Seine-Saint-Denis,
03:04puis ils se marient en 2003 quand Malika a 26 ans.
03:08Elle devient gestionnaire de paye,
03:10et en 2004, Malika et Karim décident d'avoir un enfant.
03:13Quand je suis tombée enceinte, j'étais la plus heureuse du monde.
03:16Vraiment, Mohamed est né le 12 juillet 2005.
03:21Quand j'ai vu la première fois Mohamed, j'ai vu la tête de mon mari.
03:25Mais vraiment, j'étais impressionnée,
03:27la ressemblance qu'il avait avec son papa.
03:30Les premiers mois, tout se passe très bien,
03:32même si Mohamed est un bébé qui ne dort pas beaucoup.
03:34Mais quand Mohamed fête ses deux ans,
03:36Malika commence à se poser des questions sur son fils.
03:39Quand on se retrouvait le vendredi soir chez mes beaux-parents,
03:42il y avait tout le monde.
03:43Et c'est vrai que Mohamed ne jouait jamais avec ses cousins-cousines,
03:46et pourtant on est issus d'une famille nombreuse.
03:48Il y avait beaucoup d'enfants.
03:49Mohamed, non, il restait avec les adultes.
03:51Il avait tendance à se mettre devant la machine à laver,
03:54regarder le tambour tourner.
03:56Je regardais les enfants de mes belles-sœurs,
03:59et je voyais qu'ils introduisaient la parole,
04:02ils disaient papa, ils disaient maman,
04:04alors que Mohamed ne disait toujours pas,
04:05ni papa, ni maman.
04:06Il ne parlait pas, il s'exprimait en sautant, en criant,
04:09en serrant les poings.
04:11C'était sa façon de s'exprimer.
04:13Et ce qui m'avait interloqué,
04:15c'était vraiment le fait qu'il ne regardait pas les personnes dans les yeux.
04:19C'est-à-dire même moi, sa maman, il ne me regardait pas.
04:21Il avait toujours le regard fuyant.
04:24Karim, le mari de Malika, lui dit de ne pas s'inquiéter,
04:27que leur fils va à son rythme et qu'il va finir par parler.
04:30Mais ça ne vient pas.
04:31Au moment de diversifier son alimentation,
04:34Mohamed refuse tout ce que Malika et Karim lui proposent,
04:37et il n'accepte de manger que des petits pots au saumon et à la carotte.
04:41Quand il a trois ans, Mohamed fait son entrée à l'école maternelle.
04:44Et dès les premières semaines,
04:46sa maîtresse dit à ses parents qu'il refuse de faire la sieste,
04:49qu'il ne mange rien d'autre qu'un bout de pain à la cantine,
04:51et surtout, qu'il ne joue jamais avec les autres enfants.
04:55Quand le midi, je rentrais à la maison, je passais devant l'école,
04:59je voyais que c'était la récréation, je me permettais de regarder,
05:02et je voyais Mohamed tout seul, dans un coin,
05:05en train de tourner sur lui-même.
05:07Il ne partageait pas forcément des moments avec ses camarades,
05:10et ça, ça m'arrachait le cœur.
05:15Malika raconte au pédiatre de Mohamed ce qui se passe,
05:18et il lui conseille de se rapprocher d'un centre médico-psychologique.
05:21Là-bas, Mohamed est pris en charge par une psychomotricienne
05:25qui explique à Malika que son fils semble évoluer dans une bulle autistique.
05:29C'est la première fois qu'elle entend ce terme,
05:31qu'elle ne comprend alors pas vraiment.
05:33Nous, autour de nous, que ce soit mon mari ou moi-même,
05:36on n'a jamais été touchés par un proche en situation d'handicap.
05:40Jamais.
05:40C'était l'inconnu pour nous.
05:42Et voilà, à ce moment-là, j'ai entendu, mais sans le prendre en compte.
05:47Je n'ai pas réagi plus que ça, parce que je l'ai laissé de côté.
05:51Sans qu'aucun diagnostic ne soit encore posé,
05:53Mohamed continue d'être pris en charge par la psychomotricienne.
05:56À 4 ans et demi, le fils de Malika ne parle toujours pas,
05:59s'exprime toujours en criant ou en sautant,
06:01et ne fait rien tout seul.
06:03Malika fait alors une demande pour qu'à l'école,
06:06Mohamed soit accompagné par une auxiliaire de vie scolaire.
06:09En 2011, quand Mohamed a 6 ans,
06:11et alors qu'il est toujours à la maternelle,
06:13les médecins annoncent à Malika et Karim
06:15que leur fils est atteint d'autisme sévère.
06:18Pendant plusieurs années, on avait cet espoir
06:20en se disant, bon, ben voilà, c'est du retard,
06:22il va pouvoir avancer, il va...
06:24Et c'est vrai que quand le diagnostic est tombé,
06:26là, c'était le monde qui nous tombe dessus.
06:29Je me pose tellement de questions, je me dis, mais j'ai peur.
06:33Tout de suite, je pense à l'avenir.
06:34Quel va être l'avenir de mon enfant ?
06:36Et heureusement qu'avec mon mari,
06:39on était soudés.
06:41Il y a eu des moments où lui, il avait des baisses de morale,
06:43et moi, j'ai eu...
06:45Voilà, heureusement qu'on ne les a jamais eues en même temps,
06:48mais c'est vrai qu'on s'est énormément soutenus.
06:50Pour notre enfant, on s'est énormément soutenus.
06:53Malika et Karim se posent la question d'avoir un deuxième enfant.
06:56Ils ont peur que l'autisme de Mohamed soit génétique,
06:58alors ils passent tout un tas d'examens,
07:00et on leur apprend que ce n'est pas le cas.
07:02Ils décident alors d'avoir un deuxième enfant,
07:04et la petite sœur de Mohamed, Asiya, naît le 14 juin 2011.
07:09Mohamed commence une quatrième année de maternelle,
07:11mais Malika, Karim et l'institutrice de Mohamed
07:14se disent que pour qu'il soit pris en charge le mieux possible,
07:17ils devraient intégrer un établissement spécial.
07:20Malika et Karim font alors une demande
07:21pour un institut médico-éducatif, un IME,
07:24qui pourrait accueillir Mohamed tous les jours
07:26et lui proposer des activités thérapeutiques
07:29adaptées à ses besoins.
07:30Après neuf mois d'attente,
07:32Malika a une réponse.
07:34La situation de Mohamed est compatible
07:36avec trois IME différents,
07:38dont un dans leur ville.
07:42Donc moi je me suis dit, super,
07:44il y en a un sur le Blanc-Ménil,
07:45je suis super contente,
07:46donc j'appelle l'établissement,
07:48en leur disant, voilà,
07:49je vous appelle suite à la réception
07:50de la notification de la MDPH
07:52concernant mon fils Mohamed
07:54pour une place au sein de l'IME.
07:56On m'a dit clairement, il n'y avait pas de place,
07:58donc je suis redescendue vraiment de mon nuage.
08:02Mohamed ne sera pas pris à l'IME au Blanc-Ménil.
08:05Bon, je vais essayer les autres établissements.
08:07C'était la même chose.
08:09Je me suis dit, mais qu'est-ce qu'il va faire
08:10Mohamed l'année prochaine ?
08:11En juin 2012,
08:13Mohamed n'a toujours pas de place en IME.
08:15Un matin, au lieu d'emmener son fils à l'école,
08:17Malika prend la direction
08:18de l'Institut médico-éducatif du Blanc-Ménil avec lui.
08:22J'y suis allée au culot,
08:23donc on s'est retrouvés devant l'IME,
08:25et je me suis mis à la hauteur du regard de Mohamed
08:28et je lui dis, Mohamed, s'il te plaît, regarde-moi.
08:30Aujourd'hui, c'est ton avenir qui se joue.
08:32S'il te plaît, mon fils, ne crie pas,
08:34ne saute pas, ne fais pas de bêtises,
08:37sois exemplaire.
08:38On est rentrés dans l'établissement,
08:39j'ai demandé à rencontrer le directeur.
08:41Le directeur n'a pas voulu me recevoir
08:43parce que je n'avais pas pris de rendez-vous
08:45et qu'il ne pouvait pas me recevoir.
08:47Donc j'ai insisté, insisté auprès de la secrétaire
08:49et il m'a reçu.
08:51On est rentrés dans son bureau,
08:52il nous a reçu
08:53et donc moi j'ai expliqué la situation de Mohamed
08:56en lui disant que voilà,
08:58Mohamed ne pouvait pas intégrer un cursus normal,
09:01qu'il fallait vraiment qu'on lui donne ses chances.
09:04J'ai argumenté comme je pouvais
09:05et à ma grande surprise, Mohamed n'a pas bougé.
09:09Le directeur de l'IME dit à Malika
09:11qu'ils vont étudier son dossier.
09:12Sans nouvelles à la rentrée de septembre 2012,
09:15Mohamed commence une cinquième année de maternelle
09:17alors qu'il vient d'avoir 7 ans.
09:19Quelques semaines plus tard,
09:21le directeur de l'IME du Blanc-Ménil
09:23appelle Malika.
09:24Il veut bien prendre Mohamed à l'essai pendant 15 jours
09:26et si tout se passe bien,
09:28il pourra intégrer son établissement.
09:30C'était les 15 jours les plus difficiles de notre vie
09:34avec mon mari.
09:35Vraiment, on avait la boule au ventre
09:37et on nous a appelé au bout des 15 jours
09:40en nous disant qu'il gardait Mohamed.
09:42J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps.
09:45J'étais là plus heureuse du monde.
09:47J'ai été intégré à l'institut médico-éducatif à l'IME.
09:52Ça a changé beaucoup de choses sur moi
09:55parce que déjà, on a fait pas mal d'activités
09:58comme activités cuisine, la danse.
10:02Le fait que je sois dans ces activités-là,
10:05que je fasse ces activités-là
10:07m'a permis en quelque sorte de me développer,
10:10de changer ma vie en quelque sorte
10:11parce que si j'avais pas ces activités-là,
10:14je serais plus le moins d'aujourd'hui.
10:18Grâce à l'encadrement des professionnels,
10:20Mohamed commence à faire des progrès.
10:22D'abord, avec une approche thérapeutique des repas,
10:24il se met à manger de tout.
10:26Et en décembre 2012,
10:28deux mois après avoir intégré l'IME,
10:29Mohamed, qui a 7 ans, prononce son premier mot
10:32alors qu'il est chez lui avec ses parents.
10:34D'un coup, il se met à dire « maman ».
10:37C'était son premier mot.
10:38« Maman » comme ça, inespérée.
10:40Et ça, ça a été le plus beau cadeau du monde.
10:44C'était mon souhait le plus cher qu'il m'appelle « maman ».
10:46Et j'ai attendu 7 ans après sa naissance
10:48qu'il puisse m'appeler « maman ».
10:50Petit à petit, Mohamed se met à parler correctement.
10:53Il commence aussi à suivre une classe spécialisée
10:56au sein de l'IME.
10:57Il rattrape tout ce qu'il n'a pas pu apprendre en maternelle.
11:00Après 2 ans et demi dans l'établissement,
11:02les éducateurs estiment que Mohamed peut retourner à l'école
11:04dans une classe ULIS,
11:05une classe spéciale pour les élèves atteints d'un handicap
11:08intégrée dans une école ordinaire.
11:10Et il conseille à Malika et Karim
11:12de proposer à leur fils le plus d'activités possibles
11:14pour qu'ils progressent.
11:16Il fait alors de l'équitation,
11:17de la natation ou encore du jujitsu.
11:20Et un jour, quand Mohamed a 10 ans,
11:22son oncle lui montre son jeu d'échecs
11:23et il s'y intéresse tout de suite.
11:25C'est surtout les pièces qui m'attriguaient.
11:27J'avais envie de les toucher,
11:28j'avais envie de savoir quelle matière ils ont,
11:31ces pièces, ces pions, etc.
11:33Et j'y jouais une partie.
11:34Et au départ, je n'avais pas cette expérience échequienne.
11:38Je perdais parce que j'étais débutant.
11:39Et par la suite, mon oncle m'a appris
11:41comment déplacer les pièces et les pions.
11:45Il m'a expliqué au fur et à mesure
11:46les règles du jeu d'échecs.
11:50À la même période,
11:52un club d'échecs se crée justement en Blanc-Ménil.
11:54Malika décide alors d'y inscrire son fils.
11:56J'ai été voir le président du club d'échecs
11:59en lui disant
12:00« Voilà, Mohamed est différent,
12:02Mohamed est autiste.
12:03Est-ce qu'il peut intégrer votre club ? »
12:06Et Philippe Moreira,
12:07le président du club d'échecs de Blanc-Ménil,
12:10tout de suite m'a dit
12:11« Oui, évidemment, pas de problème.
12:14Moi, ça ne me cause pas de problème. »
12:15Il a ouvert ses bras.
12:16Et puis Mohamed, tout de suite,
12:17quand il a commencé à jouer aux échecs
12:19au sein du club,
12:20il a accroché tout de suite.
12:22Le fait que je me suis inscrit au club d'échecs,
12:25ça m'a permis non seulement
12:27de rencontrer des personnes,
12:29mais en plus, ça m'a aussi développé
12:31en moi une exigence.
12:33Le fait de toujours trouver des solutions
12:35et de comprendre la situation.
12:37Quand vous avez une position,
12:39vous prenez en compte les faiblesses,
12:41les possibilités d'attaque, etc.
12:45Et ça m'a développé, tout simplement.
12:47Ça m'a développé personnellement,
12:49non seulement de rencontrer les gens
12:50et en plus de comprendre le jeu.
12:52Mohamed se met à lire des livres sur les échecs
12:54et il commence aussi à jouer en ligne pour s'entraîner.
12:57Il devient plutôt bon,
12:58alors le président du club l'inscrit à son premier tournoi.
13:01Mais face à des inconnus,
13:02Mohamed perd ses moyens
13:03et il ne se qualifie pas.
13:04Je n'ai pas pu être qualifié
13:07et ça a déclenché en moi
13:10du dégoût,
13:11de la déception en moi.
13:12J'étais très déçu.
13:14En me disant que je suis nul,
13:17je suis un bon à rien.
13:18Je pleurais de toutes mes larmes
13:21et par la suite,
13:22au fur et à mesure où je participais
13:24à des tournois,
13:25je commençais justement
13:27à gérer mes émotions,
13:29à ne pas succomber aux émotions.
13:32Il y a eu avant les échecs
13:34et après les échecs.
13:35Après les échecs,
13:36ça a développé chez lui
13:37des compétences qu'il n'avait pas.
13:39C'est-à-dire l'exigence,
13:41la concentration.
13:43Mohamed qui sautait partout,
13:44qui criait,
13:45cette concentration,
13:46il ne l'avait pas Mohamed.
13:47Ça lui a permis de se concentrer
13:49et c'est pour ça que scolairement parlant,
13:51il s'est révélé.
13:52Mohamed devient un travailleur acharné.
13:54En CM1, puis en CM2,
13:56l'institutrice de Mohamed
13:58propose à ses parents
13:59de lui faire sauter une classe
14:00parce qu'il progresse vite
14:01et qu'elle a peur qu'il s'ennuie.
14:02Mais Malika et Karim refusent,
14:04de peur de brûler les étapes.
14:06Puis Mohamed entre au collège
14:08et il devient un excellent élève.
14:10Les notes ont explosé.
14:13Mohamed était très exigeant
14:14avec lui-même.
14:15Donc il a eu les félicitations
14:16de la 6e à la 3e,
14:19à chaque trimestre.
14:20Donc vraiment,
14:21il s'est révélé
14:22et on s'est dit
14:23pourquoi pas viser
14:25certains établissements,
14:26pourquoi aller dans un lycée
14:28de quartier
14:28alors que Mohamed
14:29pourrait aller dans un lycée
14:31qui pourrait lui apporter
14:32d'autant plus.
14:33On a regardé sur Internet
14:35puis le lycée militaire
14:38de Saint-Cyr-l'école
14:39nous est arrivé
14:40dans nos recherches
14:41et quand on a vu ça,
14:43on s'est dit
14:43mais pourquoi pas.
14:44Le lycée militaire
14:45de Saint-Cyr
14:46est l'un des établissements
14:47les plus prestigieux de France.
14:49Malika et Karim
14:50souhaiteraient que leur fils
14:51intègre l'internat du lycée
14:52pour qu'il quitte
14:53le berceau familial
14:54et qu'il prenne
14:55un peu plus son envol.
14:56Ils montent un dossier
14:57et quelques mois plus tard,
14:59ils apprennent que Mohamed
15:00pourra intégrer l'établissement
15:02en septembre 2022
15:03pour sa rentrée en seconde.
15:09Quand on nous a annoncé
15:11que Mohamed était pris,
15:13on était les plus heureux du monde.
15:15Honnêtement,
15:15qui l'eût cru vraiment
15:16intégrer cet établissement
15:19prestigieux,
15:20j'en ai pleuré.
15:21J'étais fier
15:22et j'étais content
15:23d'intégrer ce lycée.
15:25Je sais que ça va me permettre
15:27de m'ouvrir au monde,
15:29de m'ouvrir aux autres.
15:30Ce lycée,
15:31c'est un déclencheur chez moi.
15:33Ça va me permettre
15:34de mieux me se confronter
15:36au collectif.
15:38Aujourd'hui,
15:39je me sens plus sereine
15:41et je n'ai plus peur
15:43pour l'avenir de Mohamed.
15:44Je lui souhaite le meilleur,
15:46vraiment qu'il soit heureux,
15:47c'est la priorité,
15:48qu'il soit le plus heureux.
16:01Ambre,
16:02Malika Iberaken a écrit son livre
16:03« Je n'ai plus peur, maman »,
16:05paru le 29 mars chez Fayard.
16:07Elle l'a écrit en collaboration
16:08avec notre confrère
16:10du service Société du Parisien,
16:11Thomas Poupot.
16:12Comment est-ce qu'ils se sont rencontrés ?
16:14Alors, ils se sont rencontrés
16:15dans le cadre d'un reportage
16:16que Thomas Poupot faisait
16:17sur le succès de la série
16:19« Le jeu de la dame »
16:21qui est sorti en 2020 sur Netflix.
16:23Donc, Thomas a rencontré Mohamed
16:25parce qu'il jouait déjà aux échecs
16:26et que c'était un grand fan de la série.
16:28Et à cette occasion,
16:29il a aussi rencontré sa maman, Malika.
16:31Et c'est comme ça,
16:32en discutant,
16:33que Thomas a appris leur histoire
16:34et qu'ils ont eu envie
16:35d'écrire un livre ensemble
16:37pour raconter l'histoire de Mohamed
16:38et le combat de Malika.
16:40D'un mot,
16:41pourquoi est-ce qu'elle a tenu
16:41à écrire ce livre ?
16:42En fait, elle voulait surtout
16:44donner de l'espoir aux familles
16:45qui ont un enfant autiste
16:47et leur montrer que,
16:48malgré toutes les difficultés,
16:49il y a quand même de l'espoir
16:50et qu'un enfant autiste
16:52pris en charge comme il se doit
16:53dans un IME, par exemple,
16:54comme Mohamed,
16:55peut s'épanouir avec son trouble.
16:57On l'a entendu,
16:58Malika est une maman très investie.
16:59Maintenant que son fils est autonome,
17:01qu'elle a un peu plus de temps,
17:03elle veut s'engager
17:04pour aider les autres familles
17:05concernées par l'autisme.
17:06Oui, c'est ça.
17:07En fait, elle m'a expliqué
17:08qu'elle réfléchissait
17:08à créer son association
17:10parce qu'elle sait
17:11le combat que c'est
17:12de faire prendre en charge
17:13son enfant autiste.
17:14Elle m'a dit que,
17:14quand Mohamed était enfant,
17:16elle s'était vraiment sentie seule,
17:17pas du tout accompagnée
17:18par les administrations
17:19et surtout,
17:20elle déplore le manque de place
17:21et le manque d'instituts spécialisés.
17:24Donc, elle aimerait,
17:24maintenant qu'elle ait sorti
17:25de tout ça,
17:26qu'elle ait un peu plus de temps,
17:27aider les familles
17:27dans leurs démarches administratives
17:29et leur apporter un soutien aussi
17:31à travers une association.
17:32Ambre, dernière question.
17:33Mohamed a 17 ans,
17:35bientôt 18.
17:35Il est donc en seconde.
17:37Qu'est-ce qu'il veut faire plus tard ?
17:38Alors, il m'a dit
17:39qu'il voulait travailler
17:40dans la cybersécurité
17:41parce qu'il adore l'informatique
17:43et puis, bien sûr,
17:44il m'a aussi dit
17:45qu'il allait continuer
17:46sa passion, les échecs,
17:47même si c'est vrai
17:49qu'avec l'exigence
17:49du lycée militaire de Saint-Cyr,
17:51il a un peu moins le temps
17:52d'y jouer.
17:52Mais il m'a dit
17:53qu'il faisait tout
17:53pour trouver du temps,
17:54qu'il espérait monter
17:55dans le classement ELO,
17:56qui est le classement
17:57des joueurs d'échecs.
17:58Et d'ailleurs,
17:59quand je l'ai rencontré,
17:59il était justement
18:00en train de préparer un tournoi.
18:02Merci Ambre Rosala
18:04et merci à Thomas Poupot
18:05pour son aide.
18:06Je redonne le titre
18:07de ce livre
18:08« Je n'ai plus peur maman »
18:09paru chez Fayard.
18:11Cet épisode de Code Source
18:12a été produit par
18:13Clara Garnier-Amourou,
18:14Thibaut Lambert
18:15et Emma Jacob.
18:16Réalisation,
18:17Julien Moncouquiol.
18:18Code Source
18:19est le podcast quotidien
18:20d'actualité du Parisien.
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